ORGANES PARAGANGLION NAÏR ES
fois, sur 17 sujets, il n’en existait qu’un, l’autre faisant défaut (3 fois du côté droit, 14 fois du côté gauche). 2
3° Structure. — Les
recherches de Kohn ont établi que le paraganglion abdominal ou organe de Zuckerkandl (c’est le nom qu’on lui donne parfois) présentait exactement la meme structure fondamentale que les autres
formations paraganglionnaires : un réticulum
conjonctif, emprisonnant dans ses mailles un riche réseau de capillaires et des amas de cellules chromaffines. C’est un organe chromaffine typique.
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Fig. 920.
Coupe transversale du paraganglion abdominal d'un chat adulte (d’après Kohn).
1, cellules chromaffines (en jaune) disposées en cordons. — 2, cellule nerveuse ganglionnaire située à la périphérie du paraganglion. — 3, un vaisseau sanguin, coupé en travers.
4° Signification mor phologique. — La signification morphologique des paraganglions abdominaux est encore assez obscure.
Le développement nous apprend nettement que, comme tous les paraganglions, ils dérivent de l’ébauche du sympathique et, aussi, qu’ils sont, chez l’embryon et chez le fœtus, relativement très volumineux : sur la figure 921 représentant une coupe de l’abdomen chez un embryon humain de 44 millimètres , les deux paraganglions juxtaposés sur la ligne médiane ont trois fois la largeur de l’aorte.
D’autre part, il parait acquis qu’ils n’existent plus chez l’adulte ou, tout ou moins, qu’ils n’y existent qu’à vestiges :
Fig. 921.
Les paraganglions abdominaux, vus sur une coupe transversale d’un embryon humain de 44 millimètres passant par Faorte abdominale (d’après Kohn).
1, aorte, avec, sur les côtés, les deux veines cardinales. — 2, colonne vertébrale. — 3, uretère. — 4, paraganglion abdominal, divisé en deux portions latérales, avec, sur les côtés, deux masses de substance ehromaffine (paraganglions accessoires ; un autre corps de même nature se voit eu dedans de l’uretère gauche. — 5, ganglion sympathique droit. — 6, petite masse de cellules chromalïines occupanl la partie postérieure du ganglion sympathique gauche. — 7. zone périphérique des paraganglions constitués par des cellules nerveuses sympathiques.
l’état de
ils régressent donc, comme le fait le thymus, au fur et à mesure que le sujet se développe.
Zuckerkandl, d’abord, puis Biedl (Soc. de Méd. de Vienne. 1902), en s’appuyant, le premier sur des recherches histologiques, le second sur des faits expérimen-
GLANDES A SÉCRÉTION INTERNE
taux, inclinent à penser que les organes en question sont des glandes surrénales accessoires , dont les fonctions, simplement transitoires, seraient limitées à la période embryonnaire et qui disparaîtraient ou tout au moins s’atténueraient peu à peu après la naissance, remplacés alors par les glandes surrénales de l’adulte.
Sans nous élever contre une pareille interprétation, qui paraît assez rationnelle, nous croyons devoir faire remarquer que les paraganglions abdominaux ne sauraient être homologués à la capsule surrénale tout entière, mais seulement à sa substance médullaire (voy. Glande surrénale ),
5° Vaisseaux et nerfs. — Les artères des paraganglions abdominaux, relativement volumineuses, proviennent généralement de l’aorte et de la mésentérique inférieure. Elles peuvent provenir aussi, mais beaucoup plus rarement, de l’artère spermatique (ovarienne chez la femme), de la colique moyenne, de la rénale, des lombaires, etc. — Les veines sont également très développées. Elles se jettent ordinairement : 1° à droite, dans la veine cave inférieure; 2° à gauche, selon les cas, dans la veine spermatique (ovarienne chez la femme), dans la veine rénale, dans la mésentérique inférieure, dans une veine de l’uretère, etc. — Les lymphatiques sont inconnus.' — Les nerfs émanent du grand sympathique. Ils forment, dans l’épaisseur du paraganglion, un riche réseau (Zuckerkandl, Kohn), sur les mailles duquel se voient ça et là un certain nombre de cellules nerveuses.
Voyez, au sujet du paraganglion abdominal : Zuckerkandl, Ueb. Nebenorgane des Sympathicus in retroperitonecilraum d. Menschen, Verh. d. Anat. Gesellsch. Bonn., 1901 ; — Bonnamour et Pinatelle, Note sur l'organe parasympathique de Zuckerkandl , Bibl. anat., t. XI, 1902 ; — Kohn, Die Paraganglien, Arch. f. mikr. Anat. Bd. LXII, 1903: — Pellegrini, Contrib. allô studio délia morfologia dell' organo parasimpatico dello Zuckerkandl, Monit. Zool. ital., 1906; — Sperino et Balli, La circolazione delV organo parasimpatico dello Zuckerkandl nelVuomo . Mem. d. R. Accad. d. Scienze, Lettere et Arti, Modena, 1907.
§ IV. — Paraganglion cocgygien
Le paraganglion coccygien, qui présente les plus grandes analogies avec le paraganglion carotidien, se développe dans la profondeur de la cavité pelvienne, sur le trajet de l’artère sacrée moyenne. Luschka l’a décrit depuis longtemps (1860) sous le nom de glande coccygienne , dénomination que lui donnent encore la plupart des auteurs.
1° Situation. — Le paraganglion coccygien ou glande de Luschka (fig. 922, 3) se présente, chez l’homme sous la forme d’une petite masse arrondie ou lobulée, impaire et médiane, directement appliquée contre la pointe du coccyx. Il mesure, en moyenne, 2 ou 3 millimètres de diamètre.
On le voit parfois constitué par un certain nombre de nodules (3 à 6) plus ou moins distincts.
Il est constant chez l’homme, tant chez le fœtus qu’après la naissance (chez le nouveau-né, chez l’enfant et chez l’adulte).,
2° Rapports. — La glande coccygienne se trouve placée, non pas au-devant de la dernière pièce du coccyx, comme on l’écrit souvent, mais immédiatement au-dessous de sa pointe, sur un point qui est plus rapproché du plan antérieur de l’os que du plan postérieur. Elle présente des rapports importants avec des muscles, avec l’artère sacrée moyenne, avec le grand sympathique.
a. Avec des muscles. — La glande coccygienne répond, à droite et à gauche, aux faisceaux transversaux de l’ischio-coccygien et du releveur, qui, comme on le sait,
OHGANES PARAGANGLIONNAIRES
viennent se fixer sur le bord du coccyx et, au-dessous du coccyx, sur le raphé anococcygien. La glande répond à l’extrémité postérieure de ce raphé et elle repose là au milieu d’une gangue conjonctive, dont les faisceaux, de provenances diverses, s’entrecroisent dans tous les sens.
b. Avec la sacrée moyenne. — L’artère sacrée moyenne, en atteignant la dernière pièce du coccyx, s’engage dans le tissu conjonctif, toujours très dense, qui la recouvre. Elle descend ainsi vers la glande coccygienne, l’atteint bientôt et se termine à son pôle supérieur : la formation glandulaire paraît ainsi comme suspendue à l’extrémité terminale du vaisseau.
c. Avec le grand sympathique. — Le sympathique sacré, au niveau de l’articulation sacro-coccygienne ou un peu au-dessous de cette articulation, nous présente
Fig. 922.
La glande coccygienne. vue en place .
1, sacrum. — 2, coccyx. — 3. glande coccygienne. — 4, artère sacrée moyenne. — 5, sympathique sacré. — 6, dernier ganglion sacré. — 7, ganglion impair, avec ses rameaux descendants. — 8, dernier nerf sacré. — 9, nerf coccygien. — 10, grand fessier. — 11, ischio-cuccygien. — 12, releveur de l’anus. — 13, raphé auo-coccygien.
un ganglion plus ou moins volumineux, mais assez constant : c’est le dernier des ganglions sacrés. Des anastomoses transversales, rectilignes ou ansiformes, le relient à celui du côLé opposé. — Ce ganglion donne naissance par en bas à un rameau descendant, qui continue sur le coccyx le cordon du sympathique et que l’on pourrait appeler le sympathique coccygien. 11 se porte obliquement en bas et en dedans et, sur la ligne médiane, se fusionne avec celui du côté opposé. Au point de fusion des deux rameaux existe un petit renflement ganglionnaire, constituant le ganglion impair ou ganglion coccygien. — Le ganglion coccygien, à son tour, émet de nombreux rameaux, qui descendent le long du coccyx vers la région occupée par la glande* de Luschka. Un certain nombre d’entre eux se perdent vraisemblablement dans la glande elle-même.
3° Structure. — La constitution anatomique de la glande coccygienne rappelle assez exactement celle de la glande carotidienne. Gomme cette dernière, elle se décompose en un certain nombre de nodules assez irréguliers.
GLANDES A SÉCRÉTION INTERNE
Chacun d’eux nous présente (fig. 923) une enveloppe conjonctive et une partie centrale. Cette dernière, qui forme la partie essentielle de l’organe, est constituée
par un lacis de petits vaisseaux, fïexueux, variqueux, renflés par place, sinusoïdaux dans le sens attribué à ce mot par Minot et Lewis, tout autour desquels se disposent des amas de cellules glandulaires de nature chromaffîne (Kohn, Walker). Ces cellules ont naturellement ici la même nature morphologique que dans les autres paraganglions elles dérivent génétiquement d’une ébauche sympathique. Il convient d’ajouter, cependant, que la réaction chromaffîne, constatée par certains histologistes, n’a pas été retrouvée par Stoerk (1906) et par von Schumacher (1907). Nous y reviendrons plus loin.
Eberth a décrit, en outre, dans la partie centrale de la glande coccygienne des
formations cellulaires spéciales, qui, par leur forme et leur structure, rappellent assez bien les corpuscules concentriques du thymus. Von Schumacher les a retrouvées et décrites à nouveau sous le nom de corpuscules lamellaires ( Lamellen kôrperchen).
Coupe d’un nodule de la glande coccygienne (d'après Sertoli).
Cette coupe nous montre à la fois l’euveloppe conjonctive du nodule et, en dedans de cette enveloppe, des amas de cellules polyédriques et des vaisseaux.
Fig. 924.
Coupe transversale à travers un vaisseau dé la glande coccygienne (d’après Schumacher).
E, endothélium du vaisseau qui est au centre de la coupe. — S, stroma conjonctif. — eZ, cellules épithélioïdes.
l’expression plus moderne, une glande ment son rôle? On l’ignore.
Tous les histologistes, cependant, n’<
4° Signification morphologique. — La
signification de la glande coccygienne est restée longtemps inconnue et est encore fort obscure. C’est vraisemblablement, comme la glande carotidienne, comme la thyroïde, comme le thymus, une glande vasculaire sanguine ou, pour employer à sécrétion interne. Mais quel est exacte-
ptent pas cette manière de voir, qui du
3° Vaisseaux et nerfs. — Le paraganglion coccygien reçoit constamment un ou plusieurs rameaux de l’artère sacrée moyenne. Les veinules se rendent aux veines les plus voisines. Ses nerfs proviennent des rameaux pelviens du sympathique.