‹ Traité d'anatomie humaine (volume 5)Chapitre 105 sur 176 · A R T I C U L A T 1 0 X S I N T E R P II A L A X G I E N N E S · texte numérisé non relu

A R T I C U L A T 1 0 X S I N T E R P II A L A X G I E N N E S

\isible que sur le cadavre, quand on a lixo le métacarpien el qu'on essaie do l'aire tourner sur lui la phalange qui lui correspond.

Muscles moteurs. — Les muscles moteurs de la première phalange des duigls si' dislingueni l'n fléchisseurs, extenseurs, adducteurs et abducteurs :

1° Fléchisseurs : directement, les interosseux et les lombrieaux ; accessoirement, le fléchisseur commun superficiel et le lléchisseur commun profond des doigts.

2° Extenseurs : — l'extenseur commun des doigts, l'extenseur propre du petit doigl, l'extenseur propre de l'index.

3" Adducteurs (par rapport à l'axe de la main) : les interosseux palmaii'cs. 't" Abducteurs (par rapport au même axe) : les interosseux dorsaux.

La première phalange du pouce possède des muscles spéciaux. Ce sont : 1° pour la flexion, le long fléchisseur, le court fléchisseur et le court abducteur du pouce ; 2° pour l'extension, le long extenseur et le court extenseur du pouce ; 3° pour l'adduction, l'adducteur du pouce ; 4" pour l'abduction, le long abducteur du pouce.

Au sujet de l'articulation métacarpo-phalangienne du pouce, notamment au sujet du rôle que jouent les sésamo'ides dans certaines luxations dites irréductibles, lisez Farabeuf, De la luxalion du pouce en arrière, in Bull, et Mém. de la Soc. de Chirurgie, Paris, 1876, p. 21. — Voyez aussi Parson, On the movement of llie metacarpo-p/ialangeal Joint of the Thumb, Journ. of Anat. and Physiol., vol. XXIY. 1895.

E. — A HT I c l' I.ATI DNS IXTKHI'UALAMIIEXN'KS UES UUlUTS

Sur chacun des doigts, la première phalange s'articule avec la seconde, la seconde avec la troisième. 11 existe donc deux articulations pour chaque doigt, à l'exception du pouce qui, n'ayant (pie fleux phalanges, ne possède qu'une seule articulation. Ces articulations, dWe^ plialaiigiennes ou inlerphalangiennes, appartiennent au genre des trochléarthroses. Au double point de vue anatomique et fonctionnel, elles sont constituées sur le nièiue type. .\ous les comprendriuis toutes dans une même description.

1" Surfaces articulaires. — Les surfaces articulaires des articulations inlerphalangiennes sont très différentes suivant qu'on les examine du côté supérieur ou du côté inférieur :

a. Du côté supérieur ou proximal (extrémité inférieure de la première phalange, extrémité inférieure de la seconde), nous rencontrons une véritable poulie, avec une gorge médiane dirigée d'avant en arrière, et deux parties latérales légèi^ment bombées en forme de condyle. Cette facette articulaire, recouverte de cartilage dans toute son étendue, s'élargit graduellement d'arrière en avant. De plus, elle s'étend plus loin du côté palmaire que du côté dorsal, du moins pour la première phalange, car, pour la seconde, elle remonte à peu près à la même hauteur en avant et en arrière. Sur les côtés de la poulie, se voient deux petites dépressions, circulaires ou ovalaires ; elles sont destinées, comme nous le verrons tont à l'heure, à l'insertion des ligaments latéraux.

b. Du calé inférieur ou distal (extrémité supérieure de la première phalange, extrémité siipérieui^e de la seconde), nous avons, comme représentant la surface articulaire : l" une crête mousse à direction antéro-postérieure, qui répond à la gorge de la poulie ; 2« de chaque côté de cette crête, deux petites

t^'ig. 468.

Articulation interphalangienne ouverte par sa face dorsale.

.\, première phalange, vue par sou extrémité distale. — 2, deuxième phalange, vue par sou extrémilé proximale.

— 1 , fibro-cartilage glénoïdieu . — 2, parlio anlérieure do la capsule. — 3 el 4, ligaïueul latéral externe el ligament latéral interne, seclionnés, avec a, leur faisceau plialangieu, el i, leur faisceau glénoïdieu. — 6, feule linéaire dans laquelle s'insinue la synoviale. — 6, cul-dc-sac synovial prétrochléen.

ARTHHOI.rxilK

••avités glénoïdes, qui se muulont fxaeteinent sur les parties latérales de cette même poulie. Encore ici nous rencontrons, sur les côtés de la surface articulaire, deux petits tubercules, plus ou moins arrondis, pour l'insertion des ligaments latéraux.

2" Fibro-cartilage d'agrandissement. — Comme pour les articulations métacarpo-phalangiennes. la surface articulaire inférieure, celle qui s'oppose à la poulie, se trouve agrandie, à sa partie antérieui'c, par une lame fibro-cartilagineuse, qui présente, dans sa disposition, la plus grande analogie avec les fibrocartilages glénoïdiens précédemment décrits. Comme ces derniers, les lîbro-cartilages phalangiens se fixent, par leur bord inférieur, un peu au-dessous du rebord antérieur de la facette articulaire qu'ils sont destinés à agrandir: ils ne présentent avec la facette articulaire opposée que de simples rapports de contiguïté et se fusionnent sur les côtés avec les ligaments latéraux.

3" Moyens d"union. — Une capsule fihi'euse et deux ligaments latéraux, tels sont les moyens d"union des articulations interpbalangiennes :

a. Capsule. — fia capsule est un mancbon fibreux, qui s'insère par sa circonférence supérieure sur le poui'tour de la facette articulaire située au-dessus, par sa circonférence inférieure sur le pourtour de la facette articulaire située au-dessous. Ici. comme pour l'articulation métacarpo-pbalangienne, l'insertion capsiUaire se fait à une cciiaiiie distance du revêtement cartilagineux. T.a ligurr 4()9 nous montre

Les articulalions iiH''lacarpo-ijliM iantiicnnes et interphalangiennes. vues sur une coupe sagitlale

ilrs doigts (sujet congelé).

M, métacarpien. — P', P", P'", prcniièi-e, deuxième et troisième phalanges. — i, capsule articulaire. — 2, fibro-cartilage glénoïdien. — 3, cul-dc-sac synovial palmaire. — 4, cul-de-sac synovial dorsal. — H, fente étroite dans laquelle s'insinue la synoviale.

nettement cette disposition. Assez mince à sa face dorsale, la capsule interphalangienne est renforcée, à sa face palmaire, par le fibro-cartilage d'agrandissement.

b. Ligaments latéraux. — f^es ligaments latéraux, l'un interne, l'autre externe, rappellent exactement, par leur forme et par leurs connexions, les ligaments de même nom des articulations métacarpo-phalangiennes. En haut, ils s'insèrent dans ces dépressions rugueuses qui se trouvent situées sur les côtés de la poulie. En bas. ils s'attachent : 1° par leux's fibres postérieures ou phalangiennes, sur les côtés de la phalange sous-jacente ; 2° par leurs fibres antérieures ou capsufaires, sur la partie antérieure de la capsule et sur le fibro-cartilage d'agrandissement.

4° Synoviale. — Chacune des neuf articulations interplialangiennes possède une synoviale. Cette synoviale présente la même disposition que pour les articulations métacarpo-phalangiennes : elle revêt successivement la surface intérieure de la capsule et toute la portion d'os qui s'étend de la ligne d'insertion capsulaire à la limite du revêtement cartilagineux. Comme on le voit nettement sur la figure 469, elle envoie un petit prolongement entre le bord inférieur du fibro-cartilage et la partie correspondante de la surface articulaire et, d'autre

ARTICULATIONS DU BASSIN

part, forme à la face palmaire de la phalange sous-jacent.e un cul-de-sac {cul-desac prétrochléen) de 6 à 8 millimètres de hauteur.

5° Rapports. — Les articulations interphalangiennes répondent, en avant aux tendons fléchisseurs, en arrière aux tendons extenseurs, sur les côtés aux vaisseaux et nerfs collatéraux des doigts.

6° Artères et nerfs. — Les artères et les nerfs destinés aux articulations interphalangiennes sont fournis, les artères par les branchps collatérales des doigts, les nerfs par les nerfs collatéraux (médian, cubital ou radial, suivant les articulations que l'on considère).

Mouvements. — La deuxiènia et la troisiènu plialange exécutent sur la phalang-e qui la précède des mouvements de flexion et des mouvements d'extension. La flexion incline les phalanges vers la paume de la main; l'extension les en éloigne. De ces deux mouvements, le premier est de beaucoup le plus étendu : il n'est borné que par la rencontre des faces antérieures des plialanges ; le second, beaucoup plus limité, no dépasse pas ordinairement la ligne droite.

Indépendamment de la flexion et de l'extension, qui constituent les mouvements fondamentaux des articulations trochléennes, Sappey admet encore, pour les deux dernières phalanges, de légers mouvements de latéralité, en vertu desquels elles peuvent s'incliner légèrement, soit en dedans, soit en deliors. Ces mouvements de latéralité, très limités pour la troisième plia lange, sont à peine appréciables pour la seconde. Nous devons remarquer, en outre, que ce sont toujours des mouvements communiqués et, qu'on me permette l'expression, des mouvements forcés. Il n'existe, en (ffjt, aucun muscle chargé de les produire ; ils ne font point partie de la mécanique articulaire.

Muscles moteurs. — Les muscles moteurs des deuxième et troisièmi.> plialanges sont les suivants :

A. Pour la deuxiiîme phalange du pouce :

1° Fléchisseur : le long fléchisseur du pouce ; 2° Extenseur : le long extenseur du pouce.

B. Pour la deuxième phalange des quatre derniers doigts :

1° Fléchisseur : le fléchisseur commun superlîciel des doigts ;

2" Extenseurs .-l'extenseur commun des doigts, l'extenseur propre du petit doigt, l'cxtsnseur propre de l'index, les interosseux, les lombricaux. C. Pour la troisièiME phalange :

■1° Flécliisseur : le fléchisseur commun profond des doigts ; 2° Extenseurs : les mêmes que pour la deuxième phalange.

A consulter, au sujet des mouvements des doigts, Tisffier, Contribution à Vétude des mouvements des doigts, Arch. gén. de Médecine, 1887.

ARTICLE 11

ARTICUL.VÏIONS DU MEMBRE INFÉRIEUR

Adoptant pour le membre inférieur la même méthode descriptive que pour le membre supérieur, nous étudierons successivement, en allant de la racine du membre vers son extrémité libre :

i" Les arliculations des os coxaux ou os du bassin ;

2° L'articulation de la cuisse avec le bassin ou articulation coxo-f'étnorale ; 3° V articulation de la jambe avec la cuisse ou articulation du genou; 4° Les arliculations des deux os de la jambe entre eux ou articulations péronéo-tibiales ;

5" Varticulation du pied avec la jambe ou articulation du cou-de-pied ; 6° Les articulations intrinsèques du pied.

§ 1. — Articulations des os cox.vux ou os du b.assin

Les deux os coxaux, constituant ce que nous avons appelé la ceinture pelvienne, s'articulent tout d'aboril avec la colonne vertébrale, chacun avec la portion latérale

ANAT0M1E HUMAIME. — T. I, 4« ÉDIÏ , 68

ARTHROLOGIE

correspondante du sacrum : c'est V articulation sacro-iliaque. En outre, ils s'unissent par des ligaments, dits ligaments à distance, à la partie inférieure de la région lombaire et aux parties latérales du sacrum et du coccyx : ces ligaments sont le ligament ilio-lombaire et les deux ligaments sacro-sciatiques. A la description de l'appareil ligamenteux du bassin nous rattacherons celle de la lame fibreuse qui, à l'état fi'ais, comble le trou obturateur et qui, de ce fait, a reçu le nom de membrane obturatrice.

L'articulation sacro-iliaipie, que la plupart des auteurs rangent parmi les amphiarthroses ou symphyses, se rattache, en effet, à cette classe d'articulations par son peu de mobilité et par la couche de libro-cartilag(> qui s'iuterpose entre ses deux surfaces articulaires. Mais elle se rattache aussi aux diarthroses par la cavité qui est creusée à son centre et pnr la synoviale qui revêt ses ligaments. Nous devons donc la cousidérer comme leuaut le milieu entre les amphiarthroses et les diarthroses, comme une diarthro-am|)biarllirose (voy. p. 402).

1" Surfaces articulaires. — Comme surfaces articulaires, iiuus avons: ï° du côté du sacrum, la faeett(^ auriculaire de cet os (p. 77), que \\n\ a comparée tour

à tour, en raison de sa forme, cà un croissant, à une équerre, à un arc dont la concavité serait dirigée en arrière et en haut (flg. 474) ; elle répond aux deux premières pièces sacrées et à la partie supérieure de la troisième ; 2° du côté de l'os coxal, un3 facette analogue, la facette auriculaire de l'os coxal 295), occupant la partie la plus reculée de la face interne de l'os et correspondant exactement, comme forme et commi' dimensions, à la facette homonyme du sacrum.

Considérées sni' le s(pi('l('ttr. les deux facettes auriculaires nous présentent, dans leur forme et dans leurs dimensions, des variations individuelles fort étendues. Elles mesurent, eu moyenne, 55 millimètres de longueur sur 26 millimètres de largeur. A peu près planes chez le fœtus et chez l'enfant, elles se hérissent j)lus tard de rugosités irrégulières et souvent très prononcées. Sur l'os adulte, la facette auriculaire de l'os coxal est convexe de son bord pelvien à son bord dorsal ; la facette auriculaire du sacrum, concave dans le même sens. Du reste, les deux surfaces s"emboitent régulièrement : la facette auriculaire de l'os coxal représente assez bien un gros bourrelet ou demi-cylindre plein, naturellement incurvé en arc comme la facette elle-même; la facette auriculaire du sacrum, une gouttière ou demicylindre creux, également incurvé en arc. Plus simplement, la surface de contact sacro-iliaque revêt la foiane d'un arc concave en haut et en arrière, lequel est en creux pour le sacrum, en relief pour l'os coxal.

J'ai noté, d'autre part, que, sur la plupart des os coxaux, la partie la plus déclive de la facette auriculaire, celle qui répond à la ligne innominée ou un peu

Coupe de l'arLiculation .sacroiliaque, faite suivani un plan passant parlaligne iniKuniiuM' (cùté droit, segment postérieur de la coupe).

I, sacrum. — 2, os iliaque. — H, iiilerligiic articulaire. — 4, partie inférieure (le la facétie auriculaire de l'os iliaque, faisant saillie en dedans et servant de support â la partie correspondante du sacrum 4'. — 5, ligament sacro-iliaque postérieur^

ARTICl'LATIONS DU BASSIN

Fig. 471.

L'intei'liK'"' articulaire sacro-iliaque, vu par sa lace antérieure ou enrlopelvienne (côté droit).

1. saci'um. — 2, os iliaquii. — 3, lif^nc iinioininée. — 4, inlerlignc sacro-iliaque. — 5, grande éclianerure sciafiqup.

au-dessous de. cette ligue^ est concave : autrement dit, son rebord inférieur se projette en dedans, de façon à foirer au-dessus de lui une sorte de facette horizontale, qui sert de supporl à la partie correspondante du sacrum. Cette disposition, dont l'importance est jurande au point de vue du mécanisme des articulations du bassin dans la station verticale, se voit très nettement sur les coupes qui sont pratiquées suivant la ligne innominée (fig. 470j.

L'interligne sacro-iliaque, vu par sa face antérieure ou endo-pi'lvienne, l'cvèt dans son ensemble la forme d'un S italique (fig. 471). Dans sa moiti(^ supérieure, au-dessus de la ligne innominée. il est concave en dedans : le sacrum s'avance vers l'os coxal. Dans sa moitié inférieure, au-dessous de la ligne innominée, il est, au contraire, concave en dehors : c'est l'os coxal qui. maintenant, s"avance vers le sacrum. Il est à remarquer, cependant. (|ue la courbure inférieure est quelquefois peu marquée: à son nive.iu. riiileiligne es! alors représenté par une ligne droite.

Comme on le voit, les surfaces par lesquelles le s;ierum et Ids coxal entrent en contact sont loin d'être simpl(>s : les deux os se pénètrent réciproquement sur plusieurs points : ils se juxtaposent en s' engrenant.

A l'état frais, les surfaces auriculaires du sacrum et de coxal sont i-ecouvertes l'une et l'autre par une couche de cartilage hyalin, (jue revêt à son tour une lame de fibro-cartilage. Ces deux couches se voient très nettement, grâce à la coloration spéciale de chacune d'elles, sur des coupes de sujets congelés (lig. 47:2) et r(jn constate alors que, si la couche cartilagineuse est à la fois très développée sur les deux os, la couche fibro-cartilagineuse est beaucoup plus épaisse sur le sacrum que sur l'os coxal : sur ce dernier os. elle est tellement mince qu'elle est difficilement percej»tible. Les deux couches réunies mesurent. en moyenne.

1 millimètre à I millimètre et demi d'épnisseur siir l;i facette auriculaire du sacrum : 4 à 5 dixièjues de millimètre seidemeni, sur la facette auriculaire de l'os coxal.

Ce revêtement cartilagineux et (ibrocartilagineux jeté sur les facettes auri-

Fig. 47::;.

Cuujir triinsversaic de l'ai'ticulation sacro-ilia([Uf, passard par le premier irou sacré' (sujet congelé, segment inférieur de la coupe).

1, sacrum, avec 1', le premier trou sacré poslérieur. — i. OS iliaque. — 3, interligne articulaire. — 4, ligament sacroiliaque antérieur. — 5, ligament sacro-iliaque postérieur, son plan superficiel, avec 5', son plan prol'onil ou ligament interosseux. — 6, une grosse veine, coupée oljli(piemenl.

culaires, les modifie peu dans leur contiguration générale

Il ne régulitj'ise

pas

540 ARTHROLOGIE

davantage leur surface : très irre'gulière sur l'os sec, elle est encore très irre'gulière, plus irrégulière même sur le cadavre. « Des prolongements villiformes, très irréguliers, inégaux de volume et inégalement répartis, la recouvrent çà et là en grand nombre. La consistance de ces prolongements est si faible que Bichat d'abord et Bl.\ndin plus tard les ont considérés comme une synovie plus ou moins concrète. Examinés sous l'eau, ils flottent à la manière de franges synoviales. Les deux cartilages, cependant, sont loin d'offrir le même aspect. Ils ont, au contraire, un aspect si différent qu'au premier coup d'œil on peut les distinguer l'un de l'autre : celui du sacrum est presque uni ; celui de l'os iliaque est granuleux, il semble formé d'une myriade de petits globules demi-transparents et juxtaposés. » (Sappev.) J'ai vu plusieurs fois ces myriades de globules rappeler exactement, par leur aspect et par leur coloration grisâtre, ces corps à surfaces irrégulièrement mamelonnées qui ont séjourné quelque temps dans les fontaines pétrifiantes.

Au point de vue histologique, les lames cartilagineuse et fibro-cartilagineuse qui s'étalent sur les facettes auriculaires du sacrum et de l'os coxal ne diffèrent pas des cartilages et des fibro-cartilages articulaires.

Le coin sacré. — Nous savons que dans la station debout le poids du tronc, chargé ou non, i'.:>pose sur la base du sacrum, qui le transmet ensuite aux membres inférieurs par l'intermédiaire des os coxaux. Pour remplir un pareil rôle, le sacrum a besoin d'être solidement uni aux os propres du bassin et l'on reconnaîtra sans peine que l'espèce d'engrènement, signalé ci-dessus, qui caractérise l'articulation sacro-iliaque, ses ligaments puissants et son peu de mobilité sont, à ce sujet, des conditions essentiellement favorables. Il y en a une autre, qui ne l'est pas moins et que nous indiquerons tout de suite, c'est la forme même du sacrum, lequel s'enfonce entre les deux os coxaux à la manière d'un coin. Cette disposition en coin, admise parla grande majorité des auteurs, est nettement rejetée par certains autres. Elle a, par conséquent, besoin d'être précisée. A cet effet, nous examinerons successivement les facettes auriculaires du sacrum : 1° dans le sens de la longueur de l'os ; 2" dans le sens antéro-postôrieur ou mieux dorso-pelvien.

Dans le sens de la longueur de l'os, la disposition en coin n'est pas douteuse. Si l'on mesure, à l'aide du compas-glissière, la distance qui sépare les deux facettes auriculaires à leurs deux extrémités, on constate que cette distance est toujours moins élevée pour leur extrémité infé-. rieure que pour leur extrémité supérieure. En examinant à ce sujet dix sacrums, j'ai obtenu les moyennes suivantes : pour la distance supérieure, llGi""',S ; pour la distance inférieure, 93""", 3 ; soit une différence de Ï3n'™,3 en faveur de la première. Les deux facettes auriculaires du sacrum sont convergentes, comme les deux facettes latérales d'un coin. Le sacrum, dans le setis de la longueur de Vos, est donc un véritable coin.

L'est-il encore dans le sens dorso-pelvien? Tandis que la grande majorité des auteurs, soit anatomistes, soit accoucheurs, répondent par l'affirmative, d'autres, même parmi les classiques, enseignent que le sacrum est plus large du côté pelvien que du côté dorsal, ce qui revient à dire qu'il est un coin renversé, un coin à base pelvienne, et que toute pression exercée de haut en bas sur sa face dorsale tend à le projeter dans le bassin ; si, dans les conditions ordinaires, quand il a à supporter la colonne vertébrale et le poids du tronc, il reste en place, il doit cette stabilité aux ligaments puissants qui le rattachent à la tubérosité iliaque (lig. 478) et qui deviennent ainsi, pour lui, de véritables ligaments suspenseurs. De ces deux opinions on ne peut plus contradictoires, la première est de beaucoup la plus rationnelle ; c'est aussi celle qui est la vraie. Tout d'abord, les coupes vertico-transversales du bassin passant par les articulations sacroiliaques, celles de Lesshaft, de Allen Thompson, les miennes pratiquées sur des sujets congelés, montrent nettement cjue les deux facettes auriculaires du sacrum sont plus rapprochées l'une de l'autre du côté pelvien que du côté dorsal. D'autre part, les mensurations directes, prises sur des sacrums isolés, nous amènent aux mêmes conclusions. Sur dix sacrums, nous avons mesuré, mon préparateur M. Bert et moi, la distance en ligne droite qui sépare les deux facettes auriculaires, comparativement sur leur bord pelvien et sur le point correspondant de leur bord dorsal. Nous avons pris ces deux mensurations comparatives, à la fois sur le tiers supérieur de la facette auriculaire, sur son tiers moyen et sur son tiers inférieur. Voici les moyennes obtenues :

DU DOTÉ DOnS.^L DU COTÉ PELVIEN DIFFÉRENCE EN FAVEUR

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