‹ Traité d'anatomie humaine (volume 5)Chapitre 104 sur 176 · C. — Articulations intermktac akpiennes · texte numérisé non relu

C. — Articulations intermktac akpiennes

Le premier métacarpien est indépendant des quatre autres. Les deuxième, troisième, quatrième et cinquième métacarpiens, séparés les uns des autres à leur partie moyenne, s'articulent solidement entre eux par leur extrémité carpienne ; ils sont, en outre, réunis à leitr extrémité digitale par des ligaments.

1" Articulations des extrémités carpiennes. — Ces articulations, rangées par quelques anatomistes au nombre des arthrodies, sont considérées par d'autres comme de simples amphiarthroses.

A. Surfaces articllaires. — Les surfaces articulaires sont constituées par ces facettes irrégulières, en partie rugueuses, en partie lisses et recouvertes de cartilage, qui s'étalent sur le côté de la base de chacun des métacarpiens.

B. Moyens d'dkion. — Nous avons encore, pour ces articulations. Irois onlres de ligaments : interosseux, palmaires et dorsaux. — Les ligaments inlerosseux

g (lig. 456), à la fois très

courts et très résistants, s'étendent d'un métacarpien au métacarpien voisin.

Us sont au nombre de trois, un pour chaque articulalion. Ils s'insèrent, départ et d'autre, sur les rugosités' qui avoisinent les facettes eucroùtées de cartilage. — Les ligaments palmaires (fig. 462) sont constitués par trois petites bandelettes fibreuses, qui s'étendent transversalement de la face antérieure d'un métacarpien à la face antérieure du métacarpien suivant. Il en existe trois : le premier est situé entfe le deuxième et le li'oisième nuMacarpien ; le deuxième, entre le troisième et le quatrième métacarpien; le troisième, entre le quatrième et le cinquième. — Les ligaments ilorsaux (fig. 463), analogues aux précédents, s'étendent, à la face dorsale de l'arliculation, d'un métacarpien à l'autre. On en compte également trois : le premier, très faible, quelquefois absent, va du deuxième métacarpien au troisième ; le deuxième se rend du troisième métacarpien au quatrième ; le troisième, du quatrième métacarpien au cinquième.

C. SyiNovjales — Chacune des arliculations intermétacarpiennes possède une petite synoviale. Cette synoviale (lig. 456) est un simple diverticulum de la syno-

1^'ig. Wà.

Articulations carpiennes, carpo-métacarpiennes et intermétacarpiennes (vue postérieure).

A, iJi'cmiùre rangée du carpe. — B, deuxième rangée du carpe. — M', M", M'", M'^, M^', premier, deuxième, Iroisièine, quatrième el cinquième métacarpiens. — 1, scaphoïde. — 2, semi-lunaire. — 3, pyramidal. — 4, pisiformc. — 3, Irapèzc. — 0, trapézoïde. — 7, grand os. — 8, os crochu.

ARTICULATIONS MÉTACA RPO-PH A LA NGIENNES

vialc carpo-métacai'pioiino, qui s'insiinu'. h la manière d'un cul-de-sac, entre les deux métacarpiens voisins. Ce cid-dc-sac synovial descend jusqu'au niveau du ligament intei'rosseux.

D. Artères et xERrs. — Les artères el les nerfs des articulations intermétacarpiennes supérieures sont les mêmes que ceux, précédemment indiqués (p. 529), qui se rendent aux articulations carpo-métacarpiennes.

2° Union des extrémités digitales. — Les extrémilés digitales ou tètes des quatre derniers métacarpiens ne ))résentent pas, à proprement parler, d'articulations, ces extrémités étant dépourvues de surfaces articulaires. Elles sont simplen)ent reliées l'une à l'autre par une bandelette fibreuse Iransversale. qui s'étend (lu second métacarpien au cinquième, en passant au-devant des articulations métacarpo-phalangiennes et en contractant des connexions intimes avec les éléments libreux de ces articulations. Ce ligament, appelé ligament Iransverse du métacarpe, est une dépendance des articulations suivantes. N(ius le retrouverons dans un instant (voy. p. 534).

1.) . — Ah T 1 C V \. A T I 0 N' s .M k T A C; A R l' 0 - 1' H A f. A N' U I E N >! E S

pren^eres

p 1 1 a 1 a n ge s d e s' d o i g t s

Les articulations des métacarpiens avec les appartiennent au genre des articulations condyliennes.

1" Surfaces articulaires. — Les surfaces

articulaires sonl exactcmeiil celles des condy-

lai'tliroses :

a. Du côté des métacarpiens, nous avons

une tète, aplatie transversalement, dont la surface articulaire, allongée dans le sens sagiUal.

s'étend ])lus loin du côté delà région palmaire

que du C(Hé de la région dorsale. Sur les côtés

de cette tète, se voit une dépression rugueuse, '

que limite en arrièi'e un fort tubercule. — La

surface articulaire du premier métacarpien diffère de la surface similaire des métacarpiens externes par plusieurs caractères importants. Tout d'abord, elle est moins convexe dans le sens sagittal et, d'autre part, son diamètre transverse (= 15 millimètres) l'emporte toujours sur son diamètre antéro-postérieur 12 millimètres). Vue de face, elle revêt, suivaivt la remarque de Farabecf, la forme d'un trapèze aux angles arrondis, dont la petite base est dorsale, la grande base palmaire, dont le côté interne est vertical, l'externe plus ou moins oblique. Entin. la partie antérieure d(^ cette tête articulaire se projette en avant sous la forme de deux petites saillies latérales, que sépare une échancrure médiane, presque toujours très accusée. C'est sur ces saillies palmaires que se voient les empreintes des deux os sésamoïdes. le plus souvent sous la forme de deux petites facettes planes, quelquefois sous forme de petites l'ainures antéro-iiostérieiires.

l^ig 464.

A i-tirulation niétacarpo - plialangiennc, ouverte par sa face dorsale.

A, tête du métacarpien. — 15, première plialange correspondante, avec sa ca\'ité glénoïde. — 1, fibro-cartilage glénoïdien. — 2, partie antérieure de la capsule articulaire. — 'i et 4, ligament latéral externe et ligament latéral interne sectionnés, avec a, leur faisceau phalangien et 4, leur faisceau glénoïdien. — 'i. fente linéaire dans laquelle descend la synoviale.

ART UROLOGIE

b. Du côté des phalanges, iiuiis trouvons une cavité gléiioïde ou glèiie, occupant l'extrémité sujîérieure de l'os. Cette cavité, limitée à sa partie antérieure par un rebord concave en haut, est plus étendue dans le sens transversal que dans le sens antéro-postérieur : son grand axe, par conséquent, est perpendiculaire à celui du condyle. Ue chaque côté de la cavité glénoïde, se dressent deux petites saillies en forme de tubercules.

c. A l'état frais, le condyle métacarpien et la glène j)haiangienne sont revêtus l'un et l'autre par une couche de cartilage hyalin, de l millimètre d'épaisseur,

2" Fibro-cartilage d'agrandissement ou glénoïdien. — Nous venons de voir que le condyle du miUacarpien esL plus long que large ; que la cavité glénoïdienne, au contraire, est plus large que longue. Si, d'autre part, nous comparons les deux surfaces articulaires au point de vue de leur étendue, nous constatons que la cavité glénoïde ne représente environ que les deux cinquièmes de la surface articulaire du condyle. Il y a donc une douljle disprojiortion entre les deux surfaces destinées à s'unir et à se mouvoir l'une sur l'autre.

Pour rétablir la concordance, il existe au-devant de la cavité gliMioïde une petite lame fibro-cartilagineuse (fig. 464), de forme quadi'ilatère, dont la principale destination est d'agrandir cette cavité. — Sa face postél'ieure, régulièrement concave, continue la cavité glénoïde cl. comme cette dernière, se moule sur la partie correspondante (lu condyle. — Sa face antéi'ieure regarde la région palmaii'i' : elle [>i'('sente. en son milieu, une goultière longiludinale où passent les tendons tléchisseurs. — Son bord inférieur se fixe à la face palnuiire de la phalange, non pas au rebord antérieur de la glène, mais un peu au-dessous de ce rebord : un sillon, étroit mais profond (tig. 464 et 469, 5), sépare à ce niveau la glène proprement dite de son llbro-cartilage d'agrandissement. — Son bord supérieur, mal délimité, répond au condyle, mais sans lui adhérer. — Quant à ses deux extrémités, extrémité interne et extrémité externe, elles contractent des connexioiis intiines, sui' les côtés de rarliculal ion. avec les ligaments latéraux et le ligament transvei'se, que nous allons décrire tout à l'heure.

Les fibro-cartilages glénoïdiens des ipiati'e dernicj's doigts présentent exactement la même forme et la même disposition. Celui de la première phalange du pouce, quoique conformé sur le même type, se distingue des l)récédents (fig. 465) en ce qu'il renferme dans son épaisseur, comme nous l'avons déjà vu en ostéologie (p. 363) deux petits os sésamoïdes. l'un interne ou cubital {pisiforrne de Gillette), l'autre externe ou radial [scaphoïde de Gillette). Un rencontre aussi, dans certains cas, des sésamoïdes analogues dans les fibro-cartilages glénoïdiens de l'index et de l'auriculaire; mais ces derniers, quand ils existent, son! beaucoup plus petits que ceux de l'articulation métacarpo-phalangienne du pouce.

3° Moyens d'union. — Le libi'o-cartilage glénoïdien de la première phalange est par lui-même un sinqole organe d'agrandissement et c'est à tort que quelques anat(tmistes, à la suite dt^ Bich.vt, le rangent au nombre des ligaments de l'articu-

Fig. 465.

ïcte du métacarpien du pouce droit et appareil phalango-sésainoïdien :

l'articulation a été ouverte par la face dorsale et les surfaces articulaires écartées (d'après Gilette).

I , sésamoïde iuleriic (ijisiformc du pouce). — i, sésamoïdc cx- Icrne (scaphoïde du pouce). — 3, tète du métacarpien. - 4, surl'ace glénoïde de la phalange. — 5, ligament interosseux ou niélacarpo-sésanioïdien .

AUTICILATIOAS M KT AC A UIM i- P il A 1. A NG [ i: NX E S 533

latiun mélacarpo-plialangiennc sous le iioiu de ligairient antérieur. Les vrais moyens d'union de cette articulation sont au nombre de quatre : une capsule, deux ligaments latéraux et un ligament transverse.

A. Capsule. — l^a capsule nuUacarpo-plialangienne est un manchon fibreux, mince et lâche, s'insérant en haut sur le pourtour de la tête du métacarpien, en bas sur le pourtour de la cavité glénoïde. CHU' inseilion osseuse de la capsule ne se fait pas exactement à la limite du revêtement cartilagineux, mais à une certaine distance de ce revêtement, distance qui varie du reste suivant la région que Ton considère : assez faible sur la face dorsale de l'articulation, elle est beaucoup plus

Ai'lifiilalioiis nir'lacar|)()-|ilial;infj;ii.'iiii(' cl indT-phalan^niciiiie.-. vw laLcralc (ca\itc,< articulai rcr^

injcciccs au suit).

.M, iiiéLacarpions. — 1'', P", V", ilciiKiènic et troisième plialaiigos. — 1. "2, 3, ligaments latéraux, avec a, leui'

taisccau plialaugieii et i, teur l'aisceau glriiiiiilicii . — 4, synoviales. — b, tendons extenseurs. — 6 et (i'. tendon perl'oranl et tendon perforé. — 7. 7', replis séreux liliriirnies. - 8. mésotondons falciformes,

considérable sur la face palmaire, i-omnie nous le inDiilreiil iieLleuii'iil les niu[)es sagittales des doigts (tig. 4(59): sur les côtés, la ligne d'insertion ciipsiilai rr rase les extrémités des ligaments latéraux. la face aiih'iàeui'i' de rarliciilnt i 0 n m é t a c ar p o- p ha I a n g i e n 1) e , la capsule fibreuse se confond avec le libro-cart liage cidessus décrit.

B. Lii;ame.\ts l atéh ai x. — Les ligaments latéraux, très épais (>t très résistants (lig. 466, i).

se distinguent en externe et interne. Situés, comme leur nom l'indique, sur les côtés de l'ai'ticulation, ils revêtent chacun la forme d'un triangle ou d'un éventail, dont le sommet répond au métacarpien, la base à la phalange et à son iibro-cartilage. — Du côté du métacarpien, ils s"i usèrent sur la dépression et sur le tubercule que l'on voit de chaque côté du condyle. — De là, ils se |)orteid obliquement en bas et en avant, en s'élargissant, et viennent se fixer : 1" par leurs fibres postérieures ou phalangiennes (a). sur les tubercules latéraux de la phalange ; '"2" par leurs fibres antérieures ou gié-

Fig. 467.

Li's arl,iculalii)ii.s niiHacarpo-plialangicuiics des (juatre derniers doigts, vues par leur l'ace palmaire (cavités articulai l'es injectées au, suit).

M", M'", M" , M', deuxième, troisième, ijuatrième et cinquième niélacarpiens. — I', P, P, P, les premières phalanges correspondantes.

1. Iibro-cartilage glénoïdien. — 2, ligament latéral interne. — ii, ligament latéral externe. — 4, t, ligament transverse. — 3, S, cloisons verticales, Cormanl les parties latérales de 0, la gaine des tendons fléchisseurs. — 7, lendon profond ou perforant. — S, tendon superliciel ou perforé. — 9. 9, synoviales mélacarpo-phalangiennes.

ARTHROLÛGIE

noïdiennes (b), sur les bords latéraux et sur la face antérieure du fibro-cartilage correspondant. — Sur Tarticulation niétaearpo-phalangienne du pouce, les fibres glénoi'diennes des ligaments latéraux viennent se fixer sur les sésamoïdes. en constituant ainsi deux véritables ligaynenls métacarpo-sésamoïdiens : interne, étroit, cylindroïde ; l'autre décomposé en faisceaux, mince et lai'ge comme l'osselet correspondant (Farabelt). Tous les deux sont très foils : l'interne, cependant, est plus résistant cjue Texterne.

C. Ligament transverse. — Le ligament transverse, que nous avons déjà signalé plus haut à propos des articulations intermétacarpiennes, est situé à la partie inférieure de la paume de la main. Il revêt la forme d'un long ruban (fig. 467, 4), cjui s'étend transversalement du deuxième métacarpien au cinquième, en passant successivement au-devant des articulations métacarpo-phalangiennes des quatre derniers doigts. Libre dans l'intervalle de ces articulations, il se fusionne, au niveau de chacune d'elles, d'une part avec la partie antérieure de la capsule et le fibro-cartilage glénoïdien, d'axvtre part avec les deux ligaments latéraux. Le ligament transverse du métacarpe appartient plutôt aux articulations intermétacarpiennes qu'aux articulations métacarpo-phalangiennes. Mais il n'en est pas moins vrai qu'il réunit entre eux les flbro-cartilages glénoïdiens et que, par ses relations intimes avec la capsule et les ligaments latéraux, il prend une part importante à la constitution de l'appareil de contention des surfaces articulaires. C'est à ce double titre que nous lui avons assigné une place dans les moyens d'union île l'articulation métacarpo-phalangienne.

4" Synoviale. — Chaque articulation métacarpo-phalangienne possède une synoviale. Cette synoviale (flg. 466 et 469) présente dans sa disposition tous les caractères propres aux synoviales des articulations mobiles : elle revêt la surface intérieure de la capsule et, arrivée à l'insertion osseuse de cette dernière, se réfléchit sur l'os pour venir se terminer à la limite des surfaces cartilagineuses. La synoviale métacarpo-phalangienne est très làclie. surtout en arrière dn côté de l'extension.

5" Rapports. — Les articulations métacarpo-phalangiennes sont en rapport : 1° en avant, avec les tendons des muscles fléchisseurs des doigts; 2" en arrière, avec les tendons des extenseurs; 3° sur les côtés, avec les interosseux, avec les lombrieaux, avec les vaisseaux et nerfs collatéraux des doigts.

6" Artères et nerfs. — Les artères des articulations métacarpo-phalangiennes

proviennent, soit des digitales, soit des interosseuses antérieures ou postérieures.

— Les nerfs sont fournis par les collatéraux des doigts et, parfois aussi, par les

rameaux que la branche profonde du cubital envoie aux interosseux.

Mouvements. — La première plialange se fléchit et s'étend sur le métacarpe ; elle s'incline latéralement, soit en dedans, soit en deliors ; elle présente, en outre, des mouvements de circumduction et de rotation :

a. Flexion et extension. — Dans la flexion, la première plialange s'incline vers la paume de la main ; elle s'en éloigne dans l'e.Ytension. Ces deux mouvements s'exécutent autour d'un axe transversal, qui passerait par le condyle, un peu en avant de l'insertion supérieure des ligaments latéraux. Dans les mouvements de flexion, les faisceaux glénoïdiens des ligaments latéraux se relâchent, tandis que les faisceaux phalangiens se tendent. C'est le contraire dans l'extension.

b. Inclinaison latérale. — Dans les mouvements d'inclinaison latérale, la phalange glisse transversalement sur le condyle et s'incline, soit vers l'axe de la main (adducHon), soit vers l'un de ses bords [abduction). Des deux ligaments latéraux, celui vers lequel se fait l'inclinaison se relâche ; l'autre se tend et limite le mouvement.

c. Circumduction. — Le mouvement de circumduction résulte de l'exécution successive des quatre mouvements précédents.

d. Rotation. — Ce mouvement, peu ajiprécialjle dans les conditions normales, n'est bien

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