Ï1UI
iEii- * i« Dép
fE
TioNs l Diminuées en élcnduc.
Augmentées en étendue Supprimées
MYOLOGIE
formant le tendon. Le muscle proprement dit et son tendon, très diCfe'rents, comme on le voit, par leurs caractères physiques et par leurs propriétés physiologiques, di fièrent aussi et surtout par leur structure, et il convient, à ce sujet, de les étudier séparément.
L'analyse histologique, par le tlouhlc procédé de la dissociation et des coupes, nous apprend que le muscle strié comprend les trois ordres d'éléments suivants : 1" des éléments allongés, cylindroïdes, appelés fibres musculaires slriées ; Av\ tissu conjonctif jeié tout autour de ces fibres et destiniV-s à les unir les unes aux autres; 3° des vaisseaux et des nerfs.
1" Fibres musculaires striées.
Les fibres musculaii'cs striées, que l'on désigne encore, fort improprement du reste, sous le nom de faisceaux primitifs, constituent la partie fondamentale du muscle. Ce sont des éléments allongés, cylindroïdes, présentant à leur sui'face un système de stries caractéristiques, qui leur a valu leur nom (fibres striées). Ces stries, qui sont plus ou moins nettes, mais qui s'accenliuMit sous l'action des réactifs, sont de deux ordres (tig. 538; : les unes sont longitudinales, parallèles par conséquent à l'axe même de la fil ire ; les autres sont transversales, coupanl les pn'cf'dentes à angle droit. Nous verrons, tout à l'heui'e. la slrucliin' de la lilirc musculaire nous ex[)liqucr d'une façon très nette cette double striation.
A l'état d'isolement, après dissociation dans un milieu liquide, les fibres musculaires ont une forme assez régulièrement cylin- Fig. 338. drique. Mai,s quand elles sont en place, accolées les unes aux Un fragment de autres et déformées alors par pression réciproque, elles ressem-
libre muscu- ])iont à des prismes ii'réguliers : il en resuite que, vues en laire striée ^ , ,, , . n i
(d'après Pou- coupe transversale (hg. 550), elles revêtent 1 aspect de polygones
GHET et Tour- h angles arrondis.
^^^^)- Les dimensions des libres juusculaires sont très variables. Leur
longueur est, en moyenne, de 4 ou 5 centimètres. Il y en a de plus courtes, celles, par exemple, qui forment les muscles des osselets de l'ouïe. Mais il y en a aussi de beaucoup plus longues, et Félix en a rencontré, dans le couturier de l'homme, qui atteignaient jusqu'à \ÎL centimètres et même plus. En tout cas, les fibres musculaires ne vont pas nécessairement d'un bout du muscle à l'autre, et, dans les muscles longs notamment, il y en a toujours un grand noiubre, toutes peutêtre, qui se terminent librement, par l'une de leurs extrén)ités tout au moins, en plein corps musculaire. Quant à la largeur de la libre musculaire, elle mesure en moyenne 40 à 50 ix. Mais ce n'est là qu'un chiffre moyen, et l'on observe des fibres plus fines, avec 10 \j. de diamètre seulement, et des fibres heaucoup plus grosses, avec un diamètre de 100 à 120 [i. Les histologistes s'accordent à reconnaître qu'il n'existe aucun rapport constant entre la longueur d'une fibre et sa largeur, autrement dit qu'une fibre longue peut appartenir à la catégorie des fibres fines et, vice versa, qu'une fibre courte peut avoir un diamètre relativement considérable. D'autre pai't, il n'y a aucune corrélation bien nette entre le volume d'un muscle
ANATOMIE GÉNÉRALE
et le calibre de ses fibres constituantes, les liljres fuies s'observant également et dans les muscles volumineux et dans les muscles de petit volume. Du reste, dans un même muscle, on rencontre à la fois, intimement mélangées, des fibres de diamètres les plus divers, et nous rappellerons à ce sujet l'assertion émise par ScHWALBE et Mayeda, il savoir qu'à la naissance toutes les fibres musculaires ont un calibre uniforme et que ce n'est que plus tard, au cours du développement, que surviennent ces inégalités volumétriques, soit entre les fibres d'un même muscle, soit entre les fibres d'un muscle et celles d'un autre muscle.
Les fibres musculaires se terminent ordinairement, à chacune de leurs extrémités, par une sorte de pointe ou plutôt par une sorte de cône à sommet mousse (tig. 5î}9,A).
On les voit aussi, dans certains cas, se terminer par une extrémité arrondie en forme de calotte, par une extrémité élargie en massue, par une extrémité bifurquée ou même divisée en pointes multiples (fig. 539, B), mais ces dernières dispositions sont exceptionnelles.
Histologiqueiiient, les fibres musculaires striées se composent, chacune, d'une enveloppe et d'un contenu. L'enveloppe a reçu le nom de myolemme. Quant au contenu, il comprend des fibrilles musculaires, des noyaux et un protoplasma.
Etudions séparément chacun de ces éléments : .
l^ig. 539.
Union des fibres musculaires avec leurs tendons (muscle gastrocnémien de la grenouille, d'après Schiefferdecker).
I, fibre musculaire, avec 2, son cxtri''niit(5 (coniinio ot mousse clans la figure A, disposi5e en pointes multiples dans la figure B). — 3, tendon, avec 4, sa cupule, destinée au muscle.
1'^ Myolemme. — Le 1113'olenime ou sarcolemme (de u-Oc, jj-uoç. muscle, làpç, aâpxo;, chair, et ;ia[j.a, enveloppe) est une membrane mince et transparente, jetée comme une enveloppe tout autour de la fibre musculaire, fl la revêt non seulement sur toute sa longueur, mais encore, comme l'a démontré Raavier, au niveau de ses deux extrémités : il en résulte que le tendon, qui fait suite à la fibre musculaire (fig. 575,3j, n'arrive pas au contact immédiat des fibrilles; il en est toujours séparé par la portion correspondante du myolemme.
Le myolemme, comme toutes les membranes enveloppantes, nous présente deux faces : une face externe, qui est en rapport avec les fibres musculaires voisines ; une face interne, qui répond au contenu de la fibre, je veux dire aux fibrilles et aux noyaux. Le myolemme repose directement sur les fibrilles, et il est tellement mince cjue, sur des fibres fraichenient dissociées, alors qu'il est encore en place, il est tout à fait impossible de le distinguer, confondu qu'il est avec la masse fibrillaire. Mais, si on laisse séjourner les fibres musculaires dans l'eau, le liquide pénètre par diffusion au-dessous du myolemme. l'écarté peu à peu des fibrilles sous-jaceiUcs et. de ce fait, le rend nettement visible, il nous apparaît alors
.M YOF.OCIE
(fig. 540,3) sous la fonno d'uno ligne à double contour, taiilùt droite, tantôt légèrement ondulée, quelquefois même plus ou moins plissée. Sur les points où, par suite d'un accident de prépai^ation, le myolemme a été déchiré, on le voit, audessous de la déchirure, se i"étracter et se replier sur lui-même, fait important qui nous démontre qu'il est de nature élastique. Si la fibre a été brisée dans toute sa largeur, le contenu, sous l'influence de l'eau, se gonfle et fait hernie au niveau de la cassure, tandis que le myolemme, grâce à son élasticité, se replie et remonte sur le reste de la fibre comme une manche de vêtement qu'on retrousse grossièrement (Mathias Duval).
Sous l'action de l'iode, le myolemme prend une teinte jaune clair; le sulfate de rosaniline le colore en rose. Mais, coloré on non, il ne nous présente jamais aucun détail structural ; c'est une membrane complètement anhiste. On a émis, sur sa signification morphologique, les opinions les plus diverses : certains histologistes l'ont considéré comme étant de nature conjonctive ; d'autres ont cru devoir le rattacher au tissu élastique. Mais le myolemme diffère considérablement, par ses réactions histo-chimiques, des formations élastiques ou conjonctives. L'opinion qui parait prévaloir aujourd'hui, c'est que le myolemme a la valeur d'une membrane cellulaire. Nous savons, par l'histogenèse (voy. plus loin, p. 655), que chaque fibre musculaire est une longue cellule à noyaux multiples. Eh hien, le myolemme n'est autre chose que la membrane d'enveloppe de cette cellule, la membrane qu'a sécrétée cette cellule elle-même au cours de son développement. Comme on le voit, il est de tous points comparahle à la membrane cellulaire des cellules adipeuses et à la membrane propre des épithéliums glandulaires.
Fig. oiO.
Deux fibres musculaires du grand adducteur du chien, dissociés dans le picro-carmin et conservées dans la glycérine (d'après Ranvier).
(Dans la fibre de droile la niasse contracUle incluse dans le myolemme s'esl ruplurée transversalement el divisée en deux tronçons. )