II
Fig. S8o.
Scliciua dustino à iiionlrcr l'aclkin iiiécaniqiiL' (k'S iiiUscles.
I, muscle a rélal de repos. — A, B, deux leviers osseux réunis par une arliculalion ; M, muscle avec ; a, son juserlion d'origine ; p, son inserlion terminale.
II, muscle à l'état de conLractIbn. — a, le levier B (mobile) s'est incliné vers le levier A (fixe). — i, le lo\ier A (mobile) s'est incliné vers le levier B (live). — e, les deux leviers A et B (tous les deux mobiles) se sont inclinés réciproquement l'un vers l'autre.
(devenu point fixe) : 3° ou bien encore (lig. II, c) que les deux points a et p, tous les deux mobiles, se rapprochent réciproquement l'un de l'autre.
Dans les divers déplacements qu'elles subissent sous l'influence de la contraction musculaire, les pièces squelettiques sont de tous points comparables à cette machine simple qui, en mécanique, porte le nom de levier, et chacune d'elles, comme le levier, nous présente un point d'appui, une puissance et une l'ésistance.
— Le point d'appui est le point immobile autour duquel tourne le levier; il répond naturellement à une articulation. — La puissance est la force qui sollicite le levier à se déplacer; elle est représentée par le muscle ou les muscles qui prennent insertion sur lui. — La résistance, enfin, est la force à vaincre. Ainsi, dans le mouvement de flexion de l'avant-bras sur le bras, le levier est représenté par le cubitus et le point d'appui répond à cette extrémité du levier osseux qui s'articule avec l'humérus ; la puissance est représentée par les deux muscles biceps et brachial antérieur; la résistance est l'avant-bras et la main.
Suivant la situation respective du point d'appui et des points d'application de la puissance et de la" résistance, on distingue en mécanique trois genres de levier.
— Le levier dit premier genre est celui dans lequel le point d'appui (a) est placé entre le point d'application de la puissance (p) et le point d'application de la résistance (r). — Le levier du second genre est celui dans lequel le point d'appli-
ANATOMIE GÉNÉRALE
cation de la résistance (r) se trouve situé entre le point d'appui {a) et le point d'application de la puissance (p) ; on l'appelle encore, pour cette raison, levier inter-résistant. — Le levier dic troisième genre ou levier inter-puissant est celui dans lequel le point d'application de la puissance {p) est situé entre le point d'appui (a) et le point d'application de la résistance (r). Ces trois ordres de levier se retrouvent dans la mécanique animale, mais dans des proportions très dilTérentes.
Le levier du premier genre csl relnVivenu'nl ù-êqui'nl. La tête, dans son main- A B ■ c
Fig. ;i86.
Schéma représentant les ditîéivntes espèces ilr Irvirr dans li^urs rapports avec l'action mécanique des muscL'S : A, levii'i' du premier genre; li, lc\i(M' du si'cond genre; C, levier du troisième gvnre.
(Ail- (lossous (lo cliacun. fies (vois sclu'mas, sf li'ouvc llgiir'c' io li'vici' niallu'malic|uo corrospoinlaiil . )
f(, poiiil il'a|i|iui. — ]iiiissanco, avpc /)', poini il'applicalion de la puissance. — /•, rfsistance, avec / ', poini (ra|)pli-
cal ion lie la résistance.
tien en équililjre sur la colonne vertébrale (tig. 586, .V), nous en offre un excellent exemple. Le point d'appui (a) répond à Tarticulation des condyles occipitaux avec l'atlas. La résistance est représentée par le poids de la téte (r), qui tend à tomber en avant. La puissance est représentée par les muscles de la nuque {p). qm vont de la colonne vertéi)rale à l'occipital et <[ui, parleur tonicité, font équilibre à la résistance. C'est encore suivant un levier du [)reniier genre que le bassin et la colonne vertébrale reposent sur les tètes des fémurs.
Le levier du second genre est h'ès rare dans la mécaiii({ue animale. On ne le renconti'e (du>z riionune que dans un seul cas : c'(>st lorsqu'il élève le talon et le corps tout entier en se soulevant sur la [loiiite des pieds (tig. 586, lî)- Uans ce mouvement, le j)oiiit (rap[)ui {a) sur le sol r('|)ond à la tète des métatarsiens. La puissance, représentée par les muscles gaslnirnéiniens {p), a non point d'application sur rextrémit(' postérieure du calcanéum. La résislance, enlin, est représentée par le poids du corps (r), et son point d'api)lication se Irouve situé au niveau de l'articulation tibio-tarsienne, entre le point d'appui, (jui est en avant, et le pdint d'application de la puissance, qui est en arrière.
Le levier du troisième genre est de beaucoup le plus n'pandu dans rorganisnic.
M YOl.OGIE
On \o reli'ouvc dans la pluparl des inouveinenLs des niomljres, notanuiieiU dans les niouvemenls de flexion et d'exlensidj). La flexion de l'ax-ant-bi^as sur le bras nous en offre un exemple très net. Conmie nous l'avons déjà dit plus haut, of eomnie nous le montre la figure 586 (G), le point d'appui (a) répond à l'articulation du coude; la résistance (r) est représentée par l'avanf-jjras ef la main, que celle-ci soit \k\e ou supporte un pi)ids ; la puissance (p) est représentée parles deux muscles biceps et brachial auli'rieur. ef son pi)int d'application se trouve placé à l'insertion même de ces muscles, entre le point d'appui, f[ui est au-dessus, et le point d'application de la résistance, rpii est au-dessous. C'est donc ])ien un levier in ter-puissant.
Ces notions sommaires de mécanique animale (le lecteur- voudra bien se reporter pour plus de détails aux traités de physiologie et de physique biologique) nous permettront, dans la suite d'interpréter comme il convi(Uit l'action de chaque muscle sur les différents leviers osseux avec lesquels if est en rappurt |»ar ses insertions. 11 nous suffira, pour déterminer cette action, de bien conuaitrc la situation du muscle, sa direction et avant foiU ses deux insertions proximale ef distale. Nous verrons que, suivant leur aefion, les niuscles sont dits flécliisseurs. extenseurs, rolateurs en dedans, rotateurs en dehors, abducteurs, adducteurs, etc.
On appelle muscles congénères des muscles qui concourent au mémo mouvement : tels sont le biceps brachial et le brachial aidi'rieur, qui, tous les deux, fléchissent l'avant-bras sur le bras ; tels sont encoïc le temporal et le ptérygoïdien interne, qui. tous les deux, sont élévateurs du maxillaire inférieur. Par contre, les muscles sont dits muscles antagonistes quand ils produisent sur un même levier des mouvements opposés : c'est ainsi que les fléchisseurs sont antagonistes des extenseurs; que le grand pectoral, qui porte le bras en dedans (adducti(Ui). a pour antagoniste le deltoïde, qui le porte en dehors (alxiuction ). etc.
§ VII. — NoMiîXci. ATriin hKs .\i isc, Mîs . jfiîïHonKs d'f/itdr
L'étude des jnuscles et de leurs enveloppes est une des parties les plus intéressantes de l'anatomie humaine : mais c'est aussi une des parties les plus longues et les plus difficiles, en raison mi-me du nombre considérable de ces muscles, C|ui dépasse chez l'homme le chiffre de quatre cents.
Aussi est-il absolument nécessaire, avant d'aborder l'élude individuelle fie chacun des muscles, de bien les (dasseï'. Deux méthodes s'offrent à nous, l'une nhysiologicjue, l'autre topographique. — La méthode physiologique, inaugurée par Vés.vlk et adoptée plus tard par W'i.nslow. groupe les muscles d'après leurs fonctions, c'esf-à-dire d'après le geni'ede mouvement qu'ils impriment aux leviers du squelette sur lesquels ils s'insèrent. C'est ainsi qu'on a décrit les micscles moteurs du bras sur Vépaule, les muscles moteurs de la jambe sur la cuisse, etc., etc. ■ — La méthode topographique consiste, comme son nom l'indique, à classer les muscles d'après la position qu'ils occupent sur le squelette, en ne tenant aucun compte de leur forme, de leurs insertions et de leurs usages. Ainsi les différents muscles qui enfourenf l'huméi'us constituent une région, Xi^amuscles du bras; les muscles qui s'étalent en avant de la colonne cervicale, entre la tète et le thorax, en forment une autre, les muscles du cou, etc., etc.
De ces deux méthodes, la première présente les plus grands avantages, en anatomic comparée, quand il s'agit avant tout de suivre et d'interpréter les modilica-
ANATOMIE (iK.XKHALË 08^
lions, souvenl si proFondes, que siiljil iiiic foniiaiion musculaire en passant d'un groupe zoologique à un autre. Mais, en analomie luiinaine, il faul l)ien le l'econnaître, la méthode topograpliique. pour ('Ire moins scientifique, est préférable à bien des égards, en ce qu'elle nous permet d'apprécier, d'une façon aussi rapide que précise, les rapports de chacun des muscles, soit avec les muscles voisins, soit avec les organes d'un autre ordre, artères, veines et nerfs, qui cheminent à ses côtés. Celte méthode, du reste, est celle f{ui a prévalu et qui a été suivie, dans ce dernier siècle, par la presque unanimité des anthropotomisles. Nous l'adopterons à notre tour et décrirons successivement les sept groupes musculaires suivants : / y
1" Muscles de la tète ; •2" Muscles du cou ;
H" Muscles de la région postérieun^ du Ironr :
4" Muscles du thorax ;
5° Muscles de Vabdomen :
6" Muscles des membres supérieiws :
T Muscles des membres inférieurs.
(Juant aux aponévroses, nous les ('tudieroiis. suivaiil la même nu'thoile. à la suite des diflerents groTipes musc(daii'(^s auxquels elles s(uit annexées.
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