myolo(;te
un large éventail, dont la base est dirigée en haut et en arrièi'e et dont le sommet correspond à l'apophyse coronoïdc du maxillaire inférieur.
1" Insertions. • — (le muscle prend naissance, en haut : i'^ sur la ligne temporale inférieure (voy. Ostiîol.. p. 170): 2" dans loule l'étendue de la fosse temporale; 3'^ sur la face profonde de rapon('vrose qui le l'ecouvre (aponévrose temporale,
Fig. 587.
Le muscle teiii|jural droil. \u ilr l'ace.
L'arcade z; goiiialique a été sciée à sa partie anléricure et à sa [larlie posléricurc, puis recliiKJc on bas, pour laisser voir d'une part le faisceau jugal du muscle temporal, d'autre [lart l'insertion terminale du muscle sur l'apophyse corono'ide.
1, temporal, avec : 1', son faisceau jugal. soulevé sur une sonde cannelée ; I ", son tendon inférieur ou terminal. — t, i\ aponévrose temporale. — 3, massétcr, — 4, apopliyse coronoïdc. — o, conduit auditif externe. — 6, os pariétal. — 7, ligne temporale inférieure. — 8, ligne tcmi)oraIe siijiérieure. — 'J, opopliyse masto'i'dc.
voy. plus bas), mais dans ses deux licrs supérieurs seulement : 4" par quelques faisceaux, d'un développement U'ès variable (fig. 587.1'), sur la ])artie moyenne de la face interne de l'arcade zygomatique (faisceau jugal ) el jtisque sur la face interne du tendon d'origine du muscle masséter.
De ces différentes zones d'insertion, les faisceaux chiirnus du muscle temporal se dirigent : les antérieurs, verticalement en bas : les moyens, obliquement en bas et en avant; les postérieurs, horizontalcinciiL en avant. Ils se terminent sur les deux faces, interne et externe, d'une lame fibreuse (fig. 588,6), qui a la même forme que le muscle lui-même et qui est d'abord cachée dans son épaisseur. Elle s'en dégage bientôt, diminue de largeur au fur et à mesure qu'elle descend et prend tinaleiuent
MUSCLES MASTICATEURS
la forme d'un fort tendon, de 1 ou 2 centimètres de largeur, lequel vient s'insérer à l'apophyse coronoide du maxillaire inférieur. Cette insertion se fait à la fois sur le sommet, sur les deux bords et sur la face interne de l'apophyse, assez rarement sur sa face externe. A propos de l'insertion inférieure du muscle temporal, il est à remarquer que les fibres qui proviennent de la partie inférieure de la grande aile du sphénoïde forment, à la face profonde du muscle, un faisceau plus ou moins distinct, C{ui vient se terminer sur la lèvre interne du bord antérieur de la branche du maxillaire.
II résulte de la description qui précède que le muscle temporal se compose de deux Tplans de fibres : un plan superficiel, qui se rend à la face externe du tendon ; un plan profond, qui se rend à sa face interne. De ces deux plans, le second est, chez l'homme, de beaucoup le plus important des deux.
2" Rapports. — Aplati de dehors en dedans, le muscle temporal nous offre à considérer deux faces, l'une interne, l'autre externe, et trois bords, que l'on distingue en supérieur, antérieur et postérieur. — La face interne diffère, ou point de vue rapports, suivant qu'on l'examine dans ses trois quarts supérieurs ou son quart inférieur. Dans ses trois quarts supérieurs, elle repose sur la paroi osseuse de la fosse temporale, à laquelle elle adhère intimement et dont elle est séparée par places par les trois nerfs temporaux profonds, par les trois artères temporales profondes et par les veines qui les accompagnent. Dans son quart inférieur, audessous de la fosse temporale, elle répond aux deux muscles ptérygoïdiens interne et externe, au buccinateur et à la partie toute postérieure de la boule graisseuse de BiciiAT. — La face externe est en rapport, en haut, avec l'aponévrose temporale, qui la recouvre et que nous décrirons dans un instant. Plus bas, au-dessous de l'insertion inférieure de l'aponévrose temporale, cette face externe, profondément située, répond à l'arcade zygomatiquc et au masséter. — Le bord supérieur, demi-circulaire, répond à l'angle d'union de l'aponévrose temporale et de la paroi crânienne. — Le Imrd postérieur, à peu près horizontal, occupe, dans la plus grande partie de son étendue, la gouttière qui est creusée à la base de l'apophyse zygomatique. — Le bord antérieur, presque vertical, très épais, arrondi et mousse, répond à la gouttière rétro-malaire. Il en est séparé par un paquet cellulo-adipeux, toujours très développé.
3° Aponévrose temporale. — L'aponévrose temporale est une lame fibreuse très résistante, resplendissante et nacrée, ayant la même forme générale que le muscle qu'elle recouvre. Ses dimensions verticales sont, cependant, beaucoup moindres ; car, au lieu de descendre jusqu'à la base de l'apophyse coronoïde, comme le fait le muscle, elle s'arrête à l'arcade zygomatique. Elle ne recouvre donc pas le muscle tout entier, mais seulement sa portion supérieure, celle qui occupe la fosse temporale. L'aponévrose temporale a exactement les mêmes limites que cette fosse.
Elle s'insère en haut : 1° sur la partie ascendante du bord postérieur du malaire ; 2° sur le bord postérieur de l'apophyse orbitaire externe ; 3" sur la ligne tempoi\ale tant que cette ligne est unique ; puis, après sa bifurcation, sur la ligne temporale supérieure, ainsi que dans l'intervalle compris entre cette ligne temporale supérieure et l'inférieure. De là, elle se dirige vers l'arcade zygomatique et se fixe au bord supérieur de cette apophyse.
Simple à son origine, l'aponévrose temporale se divise à sa partie moj-enne, quelquefois dans ses deux tiers inférieurs, en deux feuillets, l'un superficiel, l'autre profond : le feuillet superficiel se termine exactement sur la lèvre externe
MYOLOGIE
du bord supérieur du zygoma, parfois (fig. 588) sur sa face externe, un peu au-dessus de l'attache du masséter; le feuillet profond, sur la lèvre interne de ce même bord supérieur et un peu sur la face interne de l'arcade osseuse. Dans l'espace,
riangulaire ou ovalaire (fig. 588,9j, qui résulte de l'écartement des deux feuillets se trouve un paquet cellulo-adipeux, au milieu duquel cheminent l'artère temporale profonde postérieure et quelques veines ordinairement peu importantes.
Par sa face profonde, l'aponévrose temporale est en rapport, en haut, avec le muscle temporal, qui, comme nous l'avons vu, prend sur elle un certain nombre de ses insertions. Plus bas, elle s'en trouve séparée par une nappe graisseuse (fig. 588,10), qui augmente d'épaisseur au fur et à mesure qu'on se rapproche de l'apophyse coronoïde.
Sa face superficielle répond à la peau, dont elle est séparée toutefois par une expansion de l'aponévrose épicranienne (voy. plus loin) et par une couche cellule- graisseuse, au sein de laquelle cheminent le nerf auriculo-tempoi'al, l'artère temporale superficielle et la veine de même nom. Sur la face externe de l'aponévrose temporale, se trouvent encore les deux muscles auriculaires supérieur et antérieur.
4° Innervation. — Le muscle temporal est innervé par le temporal profond antérieur, le temporal profond moyen et le temporal profond postérieur, trois branches du maxillaire inférieur. Ces trois nerfs pénètrent le muscle par sa face profonde.
La fosse temporale, vue sur une coupe vertico-transversale (sujet congelé, côté droit, segment postérieur de la coupe) .
1, paroi crânienne, avec 1', peliles ailes du sphénoïde. — 2, apophyse ptérygoïde. — 3, arcade zygomatique. — 4, maxillaire inférieur, avec 4', apophyse coronoïde. — 5, muscle temporal, avec 5', ses faisceaux jugaux. — 6, aponévrose temporale, avec 6' et G ', ses deux feuillets de dédoublement. — 7, peau.
— 8, tissu cellulaire sous-cutané. — 9, couche cellulo-adipeuse inira-aponévrolique. — 10, couche cellulo-adipeuse sous-aponévrotique. — H, aponévrose épicranienne. — 12, masséter.
— 13, ])térygoïdien interne. — 14, 14' faisceau supérieur et faisceau inférieur du plérygoïdien externe. — 15, artère maxillaire interne. — 16, vaisseaux et nerfs temporaux profonds. —
17, nerf maxillaire supérieur traversant le trou grand rond. —
18, nerf vidien traversant le canal de même nom. ■ — 19, artère et nerf dentaires inférieurs.
5° Action. — Le muscle temporal élève le maxillaire inférieur et l'applique contre la mâchoire supérieure. Par ses faisceaux postérieurs, à direction horizontale, il attire le condyle en arrière et le ramène dans la cavité glénoïde, lorsqu'il a été porté en avant par la contraction des deux ptérygoïdiens externes.
Variétés. — J'ai vu, dans un cas, le plan superficiel du temporal faire complètement défaut. L'aponévrose, ne donnant insertion à aucune fibre, reposait sur le muscle, mais sans lui adhérer.
MUSCLES MASTICATEURS
— J'ai vu, sur plusieurs sujets, le faisceau issu de la partie inférieure de la grande aile du sphénoïde, descendre jusqu'aux molaires; le tendon du muscle peut, de même, prolonger ses insertions sur toute la hauteur du bord antérieur de la branche du maxillaire. — J'ai vu plusieurs fois aussi le tendon terminal, plus large que d'habitude, s'insérer sur toute l'étendue de l'échancrure sigmoïde. — Les fibres inférieures du temporal peuvent se fusionner plus ou moins avec les fibres du ptérygoïdien externe (Horner, Macalister, moi-même). — On voit parfois des fibres qui, du ménisque de l'articulation temporo-maxillaire, se rendent au tendon du tenqioral. Ces fibres forment dans certains cas un petit faisceau distinct, qui se fixe sur la base de l'apophyse coronoïde ou même dans l'échancrure sigmoïde : c'est le temporalis minor de Henke. — Le temporal, comme du reste tous les muscles masticateurs, est plus développé chez les nègres que dans nos races européennes. On sait que chez beaucoup de carnassiers, ou même dans quelques espèces simiennes, le temporal s'étend jusqu'à la ligne médiane du crâne.
2" Masséter
Le masséter ([AaacTjxrip, de [j-aciffioixai, je mâche) est un muscle court, épais, de forme quadrilatère, couché sur la face externe de la branche montante da maxillaire inférieur.
1° Insertions. — Ce muscle (fig. 589,1) est constitué par deux faisceaux que, l'on voit très nettement quand on les examine par leur face externe : un faisceau superficiel ou antéro-externe et un faisceau profond ou ante'i'O-interne.
a. Faisceau superficiel. — Le faisceau superficiel ( l"), le plus imjDortant des deux, s'insère^ en haut, sur le bord inférieur de l'arcade zygomatique dans ses deux tiers antérieurs : cette insertion d'origine se fait à l'aide d'une aponévrose, très épaisse et très résistante, qui s'étale sur la face externe du muscle et s'y prolonge jusqu'à sa partie moyenne, où elle se termine en un certain nombre de languettes plus ou moins effilées, mais toujours très irrégulières. Les fibres constitutives du faisceau superficiel se dirigent obliquement de haut en bas et d'avant en ar-
Fig. 589.
Le masséter vu par sa face externe, avec ses rapports.
1, masséter, avec : 1', son faisceau profond ou postéro-inlerne : 1" son faisceau superficiel ou anléro-externe. — 2, buccinateur. — 3, boule graisseuse de Bichat.
— 4, 4', grand et petit zygoniatiques. — 5, temporal revêtu de son aponévrose.
— fl, parotide, dont la partie antérieure a été enlevée. — 7, canal deSténon. — 8, carotide externe. — 9, artère faciale. — 10, artère temporale superficielle . — i 1 , artère transversale de la face. — 12, jugulaire interne. — 13, 15, ramifications du nerf facial . — ii, nerf auriculo-temporal. — 13, conduit auditif externe.
rière et viennent se terminer sur l'angle de la mâchoire, ainsi que sur la partie inférieure de la face externe de la branche montante.
b. Faisceau profond. — Le faisceau profond (l'j est situé en dedans du faisceau superficiel, qu'il déborde en arrière, comme nous le montre la figure 589. Les fibres qui le constituent s'insèrent à la fois sur le bord inférieur et sur la face
MYOLOGIE
interne de l'arcade zygomatiqiie : il est souvent difficile, au voisinage de l'apophyse coronoïde, de les isoler entièrement des fibres correspondantes du temporal. De là, elles se portent obliquement en bas et en avant et disparaissent au-dessous des fibres du faisceau superficiel, qu'elles croisent sous un angle de 40 à 45". Finalement, elles se fixent à la face externe de la branche du maxillaire depuis la zone d'insertion du faisceau superficiel jusqu'à la base de l'apophyse coronoïde.
c. Rapports réciproques des deux faisceaux. — Les deux faisceaux du masséter diffèrent, comme on le voit, par leur situation, par leur direction, par leur importance. En haut et en arrière, ils sont nettement séparés par un interstice, que comble un tissu conjonctif lâche plus ou moins riche en gi-aisse : Monro et, après lui, TiiEiLE ont même rencontré à ce niveau une sorte de bourse séreuse. Au delà de cet interstice, les deux faisceaux se fusionnent d'une façon plus ou moins complète pour prendre sur le maxillaire une insertion commune.
2° Rapports. — Le masséter, comme le temporal, nous offre à considérer deux faces, l'une externe, l'autre interne, plus quatre bords, que l'on distingue en supérieur, inférieur, antérieur et postérieur.. — La face interne ou profonde répond successivement : 1° à la branche du maxillaire, dans presque toute son étendue; 2° à l'échancrure sigmoïde et au paquet vasculo-nerveux (paquet massétérin) qui la traverse (voy. fig. 591); 3" à l'apophyse coi'onoïde et • au tendon du temporal qui s'y insère ; 4° au buccinateur, dont elle est séparée par une grosse masse cellulo-adipeuse, la boule graisseuse de Bichat. — La face externe ou superficielle est recouverte dans toute son étendue par une aponévrose que nous décrirons dans un instant, Vaponévrose massétérine. Au delà de l'aponévrose, dans le tissu cellulaire sous-cutané, le muscle masséter répond à un certain nombre de formations importantes, savoir : 1° tout d'abord à trois muscles, le gi^and zygomatique qui croise obliquement sa partie supérieure, le peaucier et le risorius qui croisent obliquement sa partie inférieure : 2° à l'artère transversale de la face, qui chemine d'arrière en avant, à 1 centimètre envii'on au-dessous de l'arcade zygomatique ; 3° au prolongement antérieur de la parotide (voy. cette glande) et au canal de Sténon, qui, lui aussi, chemine d'arrière en avant à 10 ou 45 millimètres au-dessous de l'artère; 4° aux ramifications, déjà fort nombreuses à ce niveau, des deux branches terminales du nerf facial. — Le bord supérieur est en rapport, dans toute son étendue, avec le bord inférieur du zygoma. — Le ôord inférieur répond à l'angle du maxillaix^e et au bord inférieur de sa branche. — Le bord antérieur, légèi-ement oblique en bas et en ai-rière, répond successivement au maxillaire supérieur, au buccinateur, au corps du maxillaire inférieur. A sa partie tout inférieure, il entre en rapport avec l'artère faciale et la veine de même nom, qui passent du cou à la face en ci'oisant obliquement le
Coupe transversale du masséter un peu au-dessous de l'échancrure sigmoïde (côté droit, segment inférieur de la coupe).
1, maxillaire inférieur. — 2, niasséler, avec 2', son aponévrose., — li, bucciualeur . — 4, boule graisseuse de Bicliat.
— 5, ptérygoïdien externe. — 0, apophyse styloïde, avec les muscles sljliens.
— 7, carotide interne. — 8, jugulaire interne. — 9, carotide externe. — 10, 10', artère maxillaire interne, coupée sur deux points et Irès obliquement. — 11, tendon du temporal. — 12, parotide.
MUSCLES MASTICATEURS
bord inférieur du maxillaire. — Le bord postérieur est form63 en haut par le faisceau profond du massétei', en bas par son faisceau superficiel, il est représenté ainsi (fig. 589) par deux lignes étroites, d'obliciiiité différente, qui se rencontrent, au tiers supérieur du muscle, sous un angle fortement obtus à sinus postérieur. Il répond à la face externe de la branche montante, c]ui, en arrière de lui, est lisse et unie et ne donne insei'tion à aucun muscle. Remarquons, en passant, que l'articulation temporo-maxillaire ne présente aucun rapport immédiat avec le masséter : comme nous le montre la figure 589, elle est située un peu en arrière du muscle.
3° Aponévrose massétéxùne. — (Juadrilatère comme le muscle qu'elle recouvre, l'aponévrose massétérine s'insère, en haut, sur la face externe de l'arcade zygomatique, en bas sur le bord inférieur du maxillaire inférieur, en arrière sur le bord parotidien du même os. En avant, elle contourne le bord antérieur du masséter et vient, en partie se fixer sur le bord antérieur de l'apophyse coronoïde, en partie se fusionner avec l'aponévrose du muscle buccinateur. Comme on le voit, l'aponévrose massétérine forme avec la face externe de la branche du maxillaire une loge ostéo-fibreuse, que comblent les faisceaux du masséter.
Cette loge, fermée de toutes parts du côté externe, est ouverte en dedans et en haut, en regard de l'échancrure signioïde : c'est par cette ouverture (fig. 591,2) que le muscle masséter reçoit ses principaux vaisseaux et son nerf.
L'arLèrc
nerf uiassL'ti'i-ins pénétrant dans le masséter.
4° Innervation
innervé par le
1. 1, masséter, incisé transversalement un jicu au-dessous de l'arcade /ygoniatique. — 2. écliancrure sigmoïdc. — 3, artère, veines et nerf massétérins, débouchant de cette écliancrure pour se perdre à la face profonde du masséter. — 4, artère buccale, envojant sur ce sujet un rameau au masséter. — 3, ligament latéral externe de l'articulatiou temporo-maxillaire.
— Le masséter est nerf inassétérin, branche du maxillaire inférieur. Ce nerf, se portant de dedans en dehors, passe par l'échancrure signioïde du maxillaire inférieur et se perd dans la face profonde du muscle.
5" Action. — Comme le temporal, le masséter est un muscle l'Iévateur du maxillaire inférieur.
Variétés. — La couche profonde du masséter peut être renforcée par un faisceau émanant du ligament latéral externe de l'articulation temporo-maxillaire (Macalister). C'est là une disposition fréquente. — Duméril {Bull, de la Soc. philom., vol. III, p. 122) signale l'absence de l'un des masséters. — Une bourse séreuse, comme nous l'avons déjà dit plus haut, peut se développer entre les deux faisceaux constitutifs du nmsclc, ou bien entre le faisceau profond et l'aponévrose massétérine (Hyrtl). — Il est extrêmement fréquent de voir le faisceau profond du masséter se fusionner plus ou moins avec les faisceaux correspondants du tenipoiul et du pti'rveo'idien externe.
3° P T É R Y G 0 ï D I E N INTERNE
Situé en dedans de la branche du maxillaire, le ptérygoïdien interne est un muscle épais, de forme quadrilatère, qui s'étend de l'apophyse ptérygoïde au
MYOLOGIE
maxillaire inférieur. On le désigne quelquefois, en raison de sa situation et des analogies de structure qu'il présente avec le masséter, sous le nom de masséter interne.
1° Insertions. — 11 prend naissance, en haut, dans toute l'étendue de la fosse ptérygoïde (p. 231), c'est-à-dire sur la face externe de l'aile interne de l'apophyse
Fig. Mi.
Muscles ptérygoïdiens, vus par leur partie postérieure (coupe du pharynx).
1, muscle ptérygoidien interne du côté droit. — 1'. 1", portion intérieure et portion supérieure de ce même muscle réséqué à gauche. — 2, faisceau inférieur et t\ faisceau supérieur du muscle ptérj goïdien externe. — 3, carotide externe. — 4, artère maxillaire interne. — 5, artère dentaire inférieure. — 3, fibro-cartilage interarticulaire de l'articulation temporo-maxillaire. — G', ligament latéral externe de cette articulation. — 7. muscle raylo-hyoïdien. — 8, muscle géniohyoïdien. — 9, muscle génio-glosse. — iO, arcade zygomatique. — 11, épine de Spyx.
ptérygoïde, sur la face interne de son aile externe, dans le fond même de la fosse et, enfm, sur la face postérieure de l'apophyse pyramidale du palatin (voy. fig. 158). Cette insertion se fait, en dedans, par une large aponévrose, qui se prolonge sur le tiers supérieur de la face interne du corps musculaire. Sur les autres points, elle se fait en partie par des libres charnues, en partie par de courtes fibres tendineuses.
De la fosse ptérygoïde, les fibres du ptérygoïdien interne se portent obliquement en bas, en arrière et en dehors, vei^s l'angle du maxillaire inférieur. Elles se fixent sur la partie interne de cet angle et sur la face interne de la branche montante.
MUSCLES MASTICATEURS
soit directement, soit à l'aide de languettes tendineuses dissémine'es dans l'épaisseur du muscle. La zone d'insertion infe'rieure du ptérygoïdien interne s'e'tend ordinairement depuis le bord inférieur de la branche du maxillaire jusqu'à l'orifice supérieur du canal dentaire.
2° Rapports. — Le muscle ptérygoïdien interne est en rapport, en dedans, avec le pharynx et avec le muscle péristaphylin externe, qui longe verticalement sa ligne d'insertion sur l'aile interne de l'apophyse ptérygoïde. Il est séparé du pharynx (voy. Pharynx) par un espace angulaire à sinus postérieur, V espace maxillopharyngie7i, dans lequel cheminent les deux carotides, la jugulaire interne et les nerfs grand sympathique, glosso-pharyngien, pneumogastrique, spinal et grand hypoglosse. — En dehors, le ptérygoïdien interne répond tout d'abord au muscle ptérygoïdien externe, dont il est séparé par une aponévrose plus ou moins nettement différenciée, V aponévrose interplérygoïdienne. Plus bas, après s'être séparé du ptérygoïdien externe, il forme avec la branche du maxillaire un espace angulaire, dans lequel nous voyons descendre (fig. 593) le nerf lingual, le nerf dentaire inférieur et les vaisseaux homonymes. Plus bas encore, le ptérygoïdien répond directement à l'os, sur lequel il s'insère. A ce niveau, comme nous le montre la figure 588, il n'est séparé du masséter que par l'épaisseur de 1 a branche montante. Il n'est même pas rare de voir les deux muscles, quand ils sont très développés, déborder l'un et l'autre le bord inférieur du maxillaire et entrer ainsi en contact par leurs fibres superficielles.
3° Innervation. — Le ptérygoïdien interne est innervé par une branche du maxillaire inférieur, le nerf du ptérygoïdien interne : il pénètre le muscle au niveau de sa face interne et au voisinage de son bord postérieur.
4'^ Action. — Le ptérygoïdien interne est encore un élévateur du maxillaire inférieur. En outre, en raison de son obliquité, il imprime à cet os de légers mouvements de latéralité, mouvements qui sont surtout sous la dépendance du muscle suivant.
Variétés. — Le ptérygoïdien interne est un muscle peu variable. — II reçoit parfois un faisceau surnuméraire de l'apopliyse pyramidale du palatin. — Par contre, il peut donner naissance au âtylo-glosso (Moser). — Dans un cas signalé par Gruber, il envoyait un faisceau au ligament stylo- maxillaire. — Il peut, au voisinage de l'apophyse ptérygoïde, se fusionner plus ou moins avec le péristaphylin externe.
4° Ptkhygoïdien externe
Le muscle ptérygoïdien externe (fig. 592 et 593), situé en dehors du précédent, est logé dans la fosse zygomatique. Il revêt la forme d'un large éventail ou, plus exactement, celle, d'un cône dont la base répond à la base du crâne et dont le sommet occupe le côté interne de l'articulation temporo-maxillaire.
1° Insertions. — Ce muscle prend naissance, à la base du crâne, par deux faisceaux : l'un supérieur ou sphénoïdal, l'autre inférieur ou ptérygoïdien. — Le faisceau supérieur ou sphénoïdal s'insère sur cette partie de la grande aile du sphénoïde qui forme la voiUe de la fosse zygomatique. Cette insertion se fait, en partie par des fibres charnues, en partie par des fibres tendineuses très courtes. — Le faisceau inférieur ou ptérygoïdien s'insère, comme son nom l'indique, sur la face externe de l'apophyse ptérygoïde et, tout en bas, sur la partie externe de l'apophyse pyramidale du palatin. Ici encore l'insertion se fait à la fois par des fibres charnues et par de courtes languettes tendineuses.
MYOLOGIE
De leur surface d'insertion crânienne, les deux faisceaux constitutifs du ptérygoïdien externe se portent l'un et l'autre vers le côté interne de l'articulation temporo-maxillaire, en suivant, le faisceau supérieur une direction horizontale, l'inférieur une direction oblique en haut et en dehors. Arrivés à l'articulation, le plus souvent même avant de l'atteindre, ces deux faisceaux, séparés jusque-là par un petit espace triangulaire à base interne, se fusionnent plus ou moins en un muscle unique et,, finalement, viennent se fixer sur le côté interne du col du condyle et sur la partie correspondante du ménisque interarticulaire..
2" Rapports. — Au point de vue rapports, nous pouvons considérer au muscle ptérygoïdien externe, une face supérieure, une face externe et une face interne. — La face supérieure répond à la voûte de la fosse zygomatique, représentée, comme on le sait, par la portion horizontale de la grande aile du sphénoïde. Entre elle
Muscles ptérygoïdiens du côté droit, vus par leur côte interne.
1, 1', ptérygoïdien iiilcrne. — 2, plér\goïdien externe, l'éséqué à sa partie moyenne. — 3, trijumeau, érigné en haut. — 4, nerf dentaire inff'rieur. — 4', nerf mylo-hyoïdien. — 5, nerf lingual. — 6, carotide externe. — 7, muscle génio-glosse. — 8, muscle génio-hyoïdicn.
et l'os cheminent, de dedans en dehors, le nerf massétérin et le nerf temporal profond moyen, deux branches du maxillaire inférieur. Le buccal, autre branche ' du maxillaire inférieur, passe dans l'interstice celluleux qui sépare les deux faisceaux du muscle. — La face externe ou mieux celle antéro-externe répond successivement, en allant d'avant en arrière (voy. la coupe horizontale représentée dans la figure 411) : 1° au masséter (à travers l'échancrure sigmoïde) ; 2° à l'apophyse coronoïde du maxillaire et au tendon du temporal qui s'y insère ; 3" à la boule graisseuse de Biciiat. Sur cette face, comme sur la suivante, se trouve un -plexus veineux très développé, bien visible sur la figure 411. — La face interne ou mieux postéro-interne est successivement en rapport (fig. 593), en allant de dedans en dehors : 1° avec le ptérygoïdien interne, qui croise presqite à angle droit son faisceau inférieur ou ptérygoïdien ; 2° avec les nerfs lingual, dentaire inférieur et auriculo-temporal, trois branches du maxillaire inférieur; 3° souvent
:\I U s G LES MAS ï I G A T E U R S
aussi avec Fartère maxillaire interne. Les rapports que présente cette artère avec le ptéiygoïdien externe varient l)eaucoup suivant les sujets. Tantôt (et c'est, selon moi, la disposition la plus fréquente), la maxillaire interne contourne de dedans en dehors le bord inférieur du ptérygoïdien externe et gagne ainsi la face externe de ce muscle, qu'elle suit désormais jusqu'à la fosse ptérygo-m;i xi Maire, oii elle se termine. Tantôt, l'artère, conservant sa situation profonde, chemine tout d'nhord entre les deux ptérygoïdiens et, arrivée au voisinage de l'apophyse ptéi'ygoïde, passe dans l'interstice compris entre les deux faisceaux d'origine du ptérygoïdien externe, pour se rendre à la fosse ptérygo-maxillaire et, de là, au trou sphénopalatin.
3" Innervation. — Comme le précédent, il est innervé par une ou deux branches nerveuses provenant du maxillaire inférieur.
4^ Action. — Le muscle ptérygoïdien externe prend constamment son point fixe sur le crâne, son point mobile sur le condyle du maxillaire. Comme ce point mobile
Scliritia ilcstizié à montrer lu iiioilc d'action du iiiusclu plùrygoidien externe.
A les deux muscles ptérygoïdiens externes sont à l'état de repos. — B. les deux muscles ptérvsoicliens externes sont contractes: le menton, toutou restant sur la ligne médiane, s'est porté en avant. — C, un seul" ptérygoïdien, le droit s est contracté : seul le condyle droit s'est déplacé pour se porter en avant, tandis que le nienlon s'est porté à Kauclie Ue a ligne médiane. — D, un seul ptérygo'idien, le gauclie cette lois, s'est contracté : on voit que le condvle gauche s est déplacé pour se porter en avant, tandis que le menton s'est porté à droite de la ligne médiane.
(.7; ./■ ligne médiane. La ligne pointillée, dans les figures b, C et D, indique quelle est la situation du maxillaire à 1 état de repos dos muscles.)
est placé en arrière et eu dehurs du point fixe (fig. 59o,A), la contraction du muscle a pour effet de porter en avant et en dedans le condyle sur lequel il s'in-
ie
.ANATO.MIE IIUM.U.NE.
T. 1, EDlï.
MYOLOGIE
sère. Voilà le principe. Il nous reste maintenant à en faire l'application dans les trois cas suivants :
a. Les deux muscles se contractent-ils simultanément? Les deux condyles (fig. 594. B) se déplacent ensemble : ensemble, ils se portent en avant et, le maxillaire tout entier suivant ce mouvement de progression, les arcades dentaires inférieures dépassent en avant les arcades dentaires supérieures.
b. Un seul mu-scle se contracte-t-il ? Seul, le condyle sur lequel il s'insère se déplace (fig. 594, C). L'autre condjde reste immobile et le maxillaire exécute autour de ce dernier un mouveinent de rotation, c[ui a pour effet de porter le menton du côté opposé. ,
c. Si les deux ptérygoïdiens externes se contractent alternativement et suivant un rytbme régulier (flg. 594,D), le menton se porte alternativement à droite et à gauche et les molaires inférieures glissent dans tous les sens sur les molaires supérieures : ainsi se trouve constitué le mouvement de diduction ou de trituration (voy. Ahthuoloc.ig, p. 447), cpii caractérise la mastication chez les ruminants.
En résumé : i° la contraction simultanée des deux ptérygoïdiens externes détermine des mouvements de projeciion en avant du maxillaire inférieur ; 2° la contraction isolée et alternative de ces muscles détermine des mouvements de latéralité ou de diduction, en vei tu desquels le menton se porte du côté opposé au muscle qui se contracte.
Variétés. — Tiieile a vu manquei' le clu'l' sjiliéndïdal il a iilérygoidini cxlerne. — La région des ptérygoïdiens présente parfois des faisceaux surnuméraires, dont le plus impoiiant est le ptenjduideus proprius de Henle, qui se l'cnd de la crèle teiriporale du sphénoïde au bord postérieur de l'aile externe de l'apophyse ptérygoïde (voy. à ee sujet, Wagstaffe, Journ. of Anal, and Pliijx., vol. V, p. 281). — Macali.ster signale (six cas) un faisceau partant de la même crête et aboutissant à la tubérosité du maxillaire. — On a vu un faisceau se rendre de l'aile externe de l'apophyse ptérygoïde au ligament spliéno-épineux. — Le ligament ptérygo-épineux de CiviNiM (voy. Ostéologie, p. 135), allant de l'aile externe de l'apophyse à l'épine du spliénoïde. peut être renforcé ou même remplacé par des faisceaux charnus (ïheile).
A consulter au sujet des muscles masticateurs : Kaczander, Beilr. z. Enliricld. der Kuumuskulalur, Mitt. d. embryol. Instit. in Wien, 1885 ; — Dalla Rosa, Bas poslembryonale Wachslum des menschl. Schlâfemiiskels, etc., Stuttgart, 1886 : — I'aiugi, Salle inso'zioni dei muscoU masticatori alla mandibola e sulla moffologia del condijlo neH'tiomo, Arcli. por l'Antropologia. 1890 ; — PoLAND, Variations of the extei-nal pteri/f/oid muscle, Journ. of anat. and Physiol., 1890 ; — Ledouule, Anomalies des muscles mas/ica/eiirs de l'homme, Bibliogr. anat., 1893.
AlîTICLK H MUSCLES PEAUCLBKS J)E LA TÈTE
Les muscles peauciers de la tète ont pour caractères communs, comme l'indique leur nom de peauciers, de présenter des connexions intimes avec la peau. Ils sont aplatis, minces, assez mal délimités, dépourvus pour la plupart d'aponévroses. Le plus grand nombre d'entre eux se disposent autour des trois grands orifices que nous présente la face : l'orifice palpébi^al, les narines, la bouche. Leurs contractions, volontaires ou réflexes, produisent tout d'abord les différents degrés d'ouverture ou d'occlusion de ces orifices. iMais les peauciers possèdent chez l'homme, ainsi que chez les primates, une autre fonction tout aussi importante : ils président au jeu de la physionomie, traduisant au dehors les impressions diverses du sensorium. Ce sont les muscles mi^niques de certains auteurs.
Les recherches embryologiques et comparatives de Uuge [Untersuchungen ûber die Gesichtsnmskulatur der Vrimaten, Leipzig, 1887) ont établi que les muscles