MUSCLES PEAIJCIERS DU CRANE
mimiques de la tète, tous innervés par le facial, dérivent de deux couches, l'une profonde, l'autre superficielle, qui sont primitivement distinctes et existent encore dans quelques espèces simiennes, notamment chez les Makis. La couche profonde, constitue'e par des fibres à direction transversale [sphincter du cou, sphincter colli) s'atrophie à la région cervicale et forme, dans la région de la face, les muscles mimiques profonds. La couche superficielle, lieaucoup plus importante, persiste au cou sous le nom de muscle peaucier du cou, puis recouvre le crâne et la face dans presque toute son étendue : à ses dépens se différencient les muscles superficiels de la bouche et tous les autres muscles peauciers du cr;ine et de la face.
Envisagés chez l'adulte et à un point de vue purement descriptif, les muscles mimiques de la téte se divisent, d'après leur situation, en quatre groupes, savoir :
1° Les muscles peauciers du crâne ;
2° Les muscles des paupières ;
3'^ Les muscles du nez;
4° Les muscles de la bouche ou muscles des lèvres.
§ f . M V s C LES P E A C 1 E a s DIT C R .^^ X E
Les muscles pauciers du crâne, abstraction faite des muscles moteurs du pavillon de l'oreille, qui seront décrits plus loin à propos des organes des sens (voy. t. III), sont au nombi'e de deux de chaque côté : l'occipital en arrière et le frontal en avant. Réunis l'un à l'autre par une forte aponévrose, l'aponévrose épicranienne, ils ont pu être considérés (Albiatts, Meckel) comme formant dans leur ensemble un muscle unique de forme digastique, le muscle occipito-frontal. Il convient d'étudier isolément : 1" le muscle occijntal ; "1" le muscle frontal; 3° Vaponévrose épicranienne .
1° (.) CCI IMT A L
Le muscle occipital (fig. 595,15) est un muscle quadrilatère et fort mince, situé à la partie postérieure de la tête. Il va de l'écaillé occipitale à l'aponévrose épicranienne.
i° Insertions. — 11 prend naissance, en arrière, sur les deux tiers externes de la ligne occipitale supérieure, ainsi que sur la partie correspondante de l'apophyse mastoïde. Cette insertion se fait à l'aide de fibres aponévrotiques fort courtes, qui s'entre-croisent, en bas, avec les faisceaux d'origine du trapèze et du sterno-cléidomastoïdien. — De cette longue ligne d'insertion, les faisceaux du muscle occipital se portent en haut et en avant et viennent, pour la plupart, se terminer sur le bord postérieur de l'aponévrose épicranienne. — Les faisceaux les plus externes se dirigent vers le pavillon de l'oreille et s'étendent parfois jusqu'à la face postérieure de la conque.
2^ Rapports. — Recouvert par la peau, qui lui adhère intimement, le muscle occipital recouvre à son tour le péricràne, sur lequel il glisse, dans ses contractions, à l'aide d'un tissu cellulaire lâche. Il est séparé de son homologue du côté opposé par un espace triangulaire, dont le sommet tronqué correspond à la protubérance occipitale externe (fig. 596,3').
3° Innervation. — Il est innervé par le rameau auriculaire postérieur dû facial.
4° Action. — Le muscle occipital, prenant son point iixe sur le crâne, attire en
MYOLOGIE
arrière l'aponévrose épicranienne et les téguments- qui la recouvrent; c'est donc un muscle tenseur de cette ajioni'vrose. Par ses faisceaux externes, il peut porterie
iG U 'i'j 20
Fig. 39?;.
IMusclrs du ci'àno t'I de la l'arc, l'ouchc. suporlicielle.
■ I, muscle frontal. — 2, muscle oi'biculairo des paupières. — 3. p\rajnitlal du nez. — 4, élévalcur commun de l'aile du nez et de la lèvre supérieure. — '6, Iransversc du nez. — 6, élévateur propre de la lèvre supérieure. — 7, canin. — 8, petit zygoniatique. — 9, orbiculaire des lèvres. — 10, carré du menton. — 11, muscle delà houppe du menton. — 12, triangulaire des lèvres. — IH, peaucier du cou. — 14, risoriusdo Santorini. — 1.5, muscle occipital. — lli, auriculaire supérieur.
— 1", auriculaire antérieur, — ) 8, auriculaire postérieur. — 10, masséter. — 20, grand zygomalirpie. — 21, complexus.
— 22, splénius. — 23, angulaire de l'omoplate. — 24, sterno-cléido-mastoïdien. — 23, scalène postérieur. — 20, trapèze.
pavillon de l'oreille en arrière et en dedans, devenant ainsi un congénère du muscle auriculaire postérieur.
Variétés. — L'occipilal peut manquer (G.^sseuohm, Macalisteh), disposition excessivement rare. — __Par contre, il peut s'étendre du côté de la ligne médiane et s'entrecroiser même avec celui du cote opposé (SoemjMerino). — Ses faisceaux externes ou auriculaires peuvent se séparer enliùroment des faisceaux internes et constituer alors un petit muscle indépendant, plus ou moins confondu a^'ec l'auriculaire supi''i'ieur ou l'auriculaii'c postéi'ieur.
MUSCLES PEAUCIERS Dt" GRAXE 701
Mcsci.E OCCIPITAL TiîANSViîitsE. — Bicu ilcci'il poiiT la pi'cinière fois par E. Sghultzk. dv Rostock {Schinidt's Jalirbiich, Bd. GXXXVII, p. ±2^). qui l'a loncontro dix-huit l'ois sur vingt-cinq sujets l'occipital transvei'se (Iransversus ntichse dos autours anglais) est un muscle généralement très grêle, couclié transversalement entre les insertions intérieures de l'occipital et les insertions supérieures du trapèze. Il s'insère, d'une part, sur la protubérance occipitale externe ou sur la partie la plus interne de la ligne courbe occipitale qui y aboutit. D'autre part, il se termine, suivant les cas : sur la partie la plus externe de cette même ligne occipitale, sur le tendon du sterno-cléido-mastoïdion. ou même sur l'extrémité postérieure du muscle auriculaire postérieur, formant alors avec ce dernier un véritable muscle digastrique. Dans certains cas même (Gibson, Hallet), il y a continuité absolue entre les deux formations cliarnues, et l'auriculaire semble alors avoir reculé son origine postérieure juscfu'à la protubérance occipitale externe.
2" Frontal
Situé sur la partie antérieure du crâne, le frontal (fig. S9o,i) est encore un muscle quadrilatère et fort mince, s'étendant de la région orbitaire à l'aponévrose épicranienne.
1° Insertions. — Il prend naissance, en haut, sur le bord antérieur de l'aponévrose épicranienne par un ])ord qui est fortement convexe. De là, il se porte en bas et en avant vers l'orbite. Ses faisceaux internes ou médians gagnent la région intersourcilière et, là, semblent se confondre avec les muscles pyramidaux. Ses faisceaux moyens et ses faisceaux externes descendent vers le rebord supérieur de l'orbite et s'y entrecroisent avec les deux muscles qui occupent cette région, l'orbiculaire et le sourcilier. Finalement, tous les faisceaux du frontal, quelle que soit leur situation, s'attachent à la face profonde de la peau des régions précitées.
2° Rapports. — Le frontal présente les mêmes rapports que le muscle précédent : il glisse sur le péricràne à l'aide d'un tissu cellulaire lâche et. d'autre part, s'unit intimement à la peau à l'aide d'un tissa cellulairi^ extrêmement dense.
3" Innervation. — Il est innervé par les filets fronlaiix de la branche de bifurcation supérieure (branche temporo-faciale) du nerf facial.
4° Action. — Si le musch; frontal se contracte isoléuicnt. il attire en avant
l'aponévrose épicranienne ; mais, si cette aponi'vrose est préalalilemcnt tendue et
immobilisée par la contraction de l'occipital, le frontal, prenant alors sur elle son
point fixe, élève la peau des sourcils. Dans l'un et dans l'autre cas, il détermine
sur le front la formation de rides transversales. Dans le jeu de la physionomie, le
frontal est le muscle de Vallention, dont il exprime les différents degrés, depuis la
simple surprise jusqu'à l'admiration et même l'épouvante.
'Variétés. — L'absence du froiilal a conslah'c par Mai: alisikh (/oc. cit.). — Sa continuité avec l'iiccipital aurait élé oliservée par iMayem, mais aucun auli'o anaiomiste ne signale une pareille dis|)ositii)n. — Anormalement, le muscle frontal [leut s'insi'u'or partiellement, en avant sur des régions osseuses : l'apophyse orbitaire cxterm/. l'arcade sourcilière, le rebord orbitaire, la glabelle, les os propices du nez, l'apophysi; luontanle du maxillaire supérieur, l'apophyse orbitaire interne. — Halbeutsma (in Verslar/en en Meded. d. k. Akademle van Welenschappen nnfurk. Deel. VII) considère cette dernière insertion comme normale. — Macalister signale également, comme une disposition constante, le passage d'un faisceau du frontal dans le muscle releveui- comnmn de l'aile du nez et île la lèvre supérieure. — Le muscle frontal peut être divisé en plusieurs faisceaux distincts. — A consulter, au sujet de ce muscle, Greff, Die Stirnmuskulaliir des Merificlien, Th. 'riihiijgcii, 1888.
3" A IMIN IC V U O su Kl'ICliANlKXNE
L'aponévrose épicranienne ou calotte aj/onévrotique de Theile (galea aponeurotica) est une vaste lame fibreuse, qui recouvre, à la manière d'une calotte, ia convexité du crâne. Séparée du périoste par un tissu cellulaire lâche qui lui assure
MYOLOGIE
lin glissement facile,, elle est au contraire inliin(Mn(Mit nnie à la peau, qui l'accompagne toujours dans ses déplacements.
Dans le sens antéro-postérieur, l'apone'vrose épicranicnne (fig. 596,3) réunit les deux muscles occipitaux aux deux muscles frontaux. — En arrière, elle jette entre les deux occipitaux un prolongement qui les sépare entièrement et vient prendre insertion sur la protubérance occipitale externe, ainsi que sur le tiers interne
de la ligne courbe supérieure de l'occipital, ^limil iM ' I I lllllilllliillllllli^^^^^^^ — avant, elle euA^oie un prolongement
mîll''^' 'l "BB^^^^^^^ angulaire moins important entre les deux
illlîf^^^^^^^^^^ / - frontaux, qui se trouvent ainsi isolés l'un de
V ; / l'autre au niveau de leur insertion supé-
rieure. yVu-dessous de ce prolongement, le frontal droit et le frontal gauche sont entièrement confondus. — Latéralement, l'apon('vrose épicranicnne (fig; 588, 11 ) descend sur la face externe de ra|tonévrose temporale, vers le pavillon de roroille et l'arcade zj'gomatique. Mais, en s'éloignant de la ligne médiane, elle diminue en épaisseur et en imjoortance : c'est ainsi que, dans le voisinage de l'arcade zygomatique, (die se trouve réduite habituellement aux dimensions d'une simple lame celluleuse. Elle glisse de haut en bas sur la face externe de cette arcade osseuse et vient se perdre peu à peu dans le tissu cellulaire de la région massetérine.
Envisagée au point de vue de sa structure, l'aponévrose épicranicnne est constituée par trois ordres de faisceaux : des faisceaux antéro-postérieurs ou longitudinaux, des faisceaux transversaux et des faisceaux obliques. Dans la région temporale, elle donne attache au muscle auriculaire supérieur et au muscle auriculaire antérieur.
Morphologiquement, la calotte aponévrotique doit être considérée, au même titre que les deux muscles qu'elle réunit, comme une portion de pannicule charnu de la tète, qui, primitivement musculaire, a subi au cours du développement une régression tlbreuse.
Fig. ;j',K).
Schéuui l'cpi'éseulanl Ir muselé oecipiLo-l'ioulal.
I. 1, muscle frontal. — 2, ii, muscle occiiiilal. — aponévrose épicranienne. — 3', prolongement que
eetlc dernière aponévrose envoie entre les deux
muscles occipitaux.
Autour de l'orifice palpébral, nous rencontrons deux muscles peauciers : Vorbiculaire des paupières et le sourcilier.
ORlilClIJ..VIRK DES PAUPIKIÎES
Ce muscle (fig. 595, 2) entoure l'oriiice palpébral à la manière d'un anneau elliptique, aplati, large et mince. Sa circonférence intérieure se confond avec le pourtour de l'orifice palpébral lui-même : sa ciiTonférence extérieure, beaucoup plus étendue, dépasse les limites des paupières et recouvre le pourtour de l'orbite.
MUSCLES DES PAUPIÈRES
Ti'iiilims il'ins
(les
I , g'OUlUère lacr\ mo-nasale. — -2, Iciidoii direct de l'or- Ijiculaire. — 3, son Icndoii lY^flrclii . — 4, brauclie supérieure el 3, Ijvanclii' inl'ri'ioiu'e du leiidou de l'orblculaire. — fi, apoplnsc oi'l>il :iii'c iiili'iiu'. — 7, (irilicc supérieur du canal nasal .
Fig. ;j'.)T.
'l'tiiin ilo l'iii'liii-nlaiiT
pil'I'l'S.
Aussi divise-t-on généralement le muscle orbiculaire en deux portions ou zones concentriques : une zone orbitaire, répondant au pourtour de l'orbite ; une zone palpébrale, inscrite dans la précédente et répondant aux paupières. De ces deux zones, la première est plus épaisse 0215 et plus colorée, la seconde plus mince et plus pâle.
1° Insertions. — \a' muscle (ubiculaire prend naissance dans la région de l'angle interne de l'ieil et se termine sur la peau de l'angle externe.
a. In&ertion à l" angle inlerne. — Son insertion dans la région de l'angle interne est assez cumplexe. — La plus grande partie des faisceaux C(jnslilutifs du muscle se (b'tacbe d'un iendon. dit tendon de Vorbiculaire. (^e teudun (fig. 597) est primitivement divis(' en deux lames, dont l'une, portion directe du tendon ou tendon direct, s'attache à la lèvre antérieure de la gouttière lacrymo-nasale, sur l'apophyse montante du maxillaire supérieur par conséquent, tandis ({ue l'autre, portion réfléchie ou tendon réiléchi, se lixe à la lèvre post('rieure de cette même gouttière ou cn'lc d<' l'unguis. Os deux lames tendineuses, séparées l'une de l'autre par le sac lacrymal, ari'ivent au contact et se
ri'unissent sur le ciM(' externe du sac. Le tendon unique qui en ri'sulte poursuit son trajet en dehors, mais se bifurque presque immédiatement après en deux branches, l'une supérieure, l'autre intérieure. (Uiacun(^ de ces branches gagne obliqiunnent la paupière correspondante et vient se terminer, comme nous le verrons plus tard (voy. ( )iiiiA.\(is des siîxs), sur l'extnMnité interne de la l)andele(le tarse. C'est sur ce tendon, tendon principal de Vorbiculaire, (jue prennent naissance la plus grande partie des fibres de ce muscle. Leur insertion se fait sur les points suivants (fig. 598) : 1" sur la face antérieure et sur les deux bords du tendon direct; 2" sur la face antérieure et sur le bord supérieur de la branche supérieure; 3" sur la face antérieure et sur le bord inférieur de la brandie inférieure. — Un deuxième groupe de faisceaux s'attache, à l'aide de courtes fibres apon('vrotiques, sur la partie toute supérieure de l'apophyse montante du maxillaire supérieur et sur le côté externe de l'apophyse orbitaire interne du frontal. — Un troisième groupe de fibres prend naissance, à la base de l'orbite, sur la portion
Muilc d'insertion des fibres tendon de l'orblculaire.
I, tendon direct de 1 orbiculaire.
branche de bifurcation supérieure, branche de bifurcation inférieure. — 4, fibres de l'orbiculaire, avec : 4\ portion passant tlans les paupières ; 4", portion passant sur le pourtour de l'orbite.
3, sa
MYOLOGIE
du maxillaire supérieur qui constitue le reborrl ante'rieur du canal nasal. — Enfin, on voit quelques faisceaux s'insérer sur les parois mêmes du sac lacrymal.
b. Insertion à tangle externe. — Partis de ces différents points, les faisceaux de l'orbiculaire se portent en dehors, vers l'angle externe de l'œil, en suivant nnc double direction : les uns, se portant en haut, passent dans la paupière supérieure et sur le pourtour supérieur de l'orbile ; les autres, se portant en bas, passent sur le pourtour inférieur de l'orbile et dans la paupière inférieure. Les uns et les autres décrivent ainsi une demi-circonférence, dont la concavité est dirigée en bas pour les premiers, en liant pour les seconds. Arrivés dans la région de l'angle externe, les faisceaux supérieurs s'entrecroisent avec les inférieurs, et vice versa. Finalement, les uns et les autres se terminent à la face profonde de la peau de la région.
2" Rapports. — La face superlicielle de l'orbiculaire est en rapport avec la peau, à laquelle l'unit un tissu cellulaire, assez dense au niveau des sourcils, assez lâche
dans les autres régions. — Sa face profonde repose tout d'abord, par sa zone orbitaire, sur le pourtour de l'orbite, dont elle est sépai-ée en haut et en dedans par le muscle sourciller, l'artère sus-orbitaire et les différentes branches du nerf frontal. Quant à sa zone palpébrale, elle recouvre les ligaments larges et les ban- (lclett;es tarses (voy. Paupières).
Z" Muscle de Horner. — Iïouxeu a le premier t\i''Cv\[(Philadelphia./ou7'nal. nnv. 1824, p. 98), comme un muscl(> distinct, un petit faisceau quadrilatère, qui est situé en arrière du sac lacrymal et que l'on ne peut bien voir qu'en sectionnant les paupières et en les renversant en dedans (tig. 599). Le muscle de Ilorner s'insère, en dedans, avec la portion réfléchie du
Maco iulcrue de l'orbile (elhmoïdc). - i, les tCUdOU, SUr la CrètC dc l'OS UUguiS. Puis, il SC
deux iiaupières, incisées ei érignées en dedans pijrto transversalement cu dchors vcrs la com-
pour monlrer leur lace profonde. — 3, 3, points ^
lacrymaux. — 4, muscle de Horner, avec 4', son luisSUrC interne dcS paupièrCS ; là, il SB bifurlaisceau supérieur et 4', son faisceau inférieur. —
5, orifice supérieur du canal nasal. — fi, sinus qUC, CommC Ic tCOdon de l'orbiCUlaire luimaxillaire. , . ■ . . ■ i i
même, et vient se terminer, par chacune de ses branches, un peu en arrière des points lacrymaux (voy. Oug.vnes des se.ns).
¥ Innervation. — L'orbiculaire des paupières est innervé par le facial (lilets palpébraux de sa branche de bifurcation supérieure).
5° Action. — L'orbiculaire, en se contractant, détermine l'occlusion de l'orifice palpébral, d'oîi le nom de sphincter des paupières qui lui a été donné. Il ferme encore cet orifice par sa seule tonicité, lorsque le releveur de la paupière, cessant d'agir, abandonne la paupière supérieure à l'action seule de l'orbiculaire (clignement, sommeil).
Le muscle orbiculaire, prenant en dedans des insertions li.x.es et s'attachant en dehors sur des parties extrêmement mobiles, ne peut se contracter sans glisser de dehors en dedans sur le globe oculaire. Il chasse ainsi devant lui les larmes
MUSCLES DES PAUPIERES
vers l'angle interne ; il les comprime en outre d'avant en arrière et les sollicite à s'engager dans les conduits lacrymaux. Ce mouvement de progression des larmes serait encore favorisé (Sappey) par la dilatation simultanée du sac lacrymal, résultant du redressement des portions directe et réfléchie du tendon de l'orbiculaire, lesquelles adhèrent au sac lacrymal.
Quant au muscle de Horner, il dilate les points lacrymaux et, les attirant en dedans, il les fait plonger dans le sac lacrymal, condition également favorable à la progression des larmes.
Variétés. — La portion orbitairc peut manquor (Mac.alister). — Elle peut être distincte de la portion palpébrale (S.^ndifort, Macalister). — Il n'est pas rare de voir l'orbiculaire se fusionner assez intimement avec le sourciller pour qu'il soit impossible de les séparer. — L'orbiculaire envoie parfois des faisceaux dans le releveur de la lèvre supérieure, dans le petit zygomatique, dans le peaucier du cou (Macalister). — Le faisceau envoyé au petit zygomatique peut longer ce muscle sans se fusionner avec lui, constituant ainsi un petit zygomatique accessoire ; j'ai observé deux fois cette disposition. — Arlt a décrit, sous le nom de muscle ahaisseur du sourcil (Arch. f. Ophtalmologie, Bd. IX, 1 Abth. S. 64), un petit faisceau triangulaire, souvent distinct, qui s'insère par son sommet derrière le ligament palpébral interne et vient se terminer, par sa base élargie, dans la partie interne du sourcil. Ce muscle paraît être le même que le dilatateur supérieur du sac lacri/mal de Bourjut Saint-Hilaire, le même que le lacrymal antérieur de Henke.
Voyez, au sujet du muscle orbiculaire des paupières, Lesshaft, Ueber den Musc, orbicularis orbitse, dans les Archives de Reichert de 1868, p. 265. — Au sujet du muscle de Horner, consultez Krehbiel, Die Muskulatur der Thrânenwege und der Augenlider mit specieller Beriicksichtigung der Thrânenleilung, Stuttgart, 1878.
2'^ Sourcil 1ER
Le sourciller (fig. 604, 2) est un tout petit muscle, long de 3 ou 4 centimètres, couché sur la partie interne de l'arcade sourcilière, au-dessous du muscle précédent.
1° Insertions. — Il prend naissance, par un ou plusieurs faisceaux, sur la partie la plus interne de l'arcade sourcilière. A ce niveau, un intervalle de quelques millimètres seulement le sépare de celui du côté opposé. — De là, il se porte en haut et en dehors, en déci^ivant le long de l'arcade sourcilière une courbe à concavité dirigée en bas. En atteignant le trou sus-orbitaire, le sourciller se décompose en une série de petits faisceaux, qui s'entrecroisent avec les fibres de l'orbiculaire et du frontal et viennent, finalement, s'attacher à la face profonde de la peau des sourcils.
2' Rapports. — Recouvert et masqué par l'orbiculaire, par le frontal et par le pyramidal, le muscle sourciller recouvre l'os frontal, dont le séparent l'artère susorbitaire et les branches du nerf frontal.
3'^ Innervation. — Il est innervé, comme le précédent, par le nerf facial (filets palpébraux de sa branche de bifurcation supérieure).
4° Action. — Ses contractions attirent en dedans et en bas la peau du sourcil, qui se ramasse alors en rides verticales dans la région intersourcilière. Dans le jeu de la physionomie, le muscle sourciller trahit la douleur, l'impatience, la colère.
Variétés. — Il n'est pas rare de rencontrer un petit faisceau distinct, qui prend naissanoe au voisinage de la poulie du grand oblique. — Le sourciller se fusionne plus ou moins, comme
ANATOMIE HUMAINE. — T. I, lk° ÉDlT. 89
MYOLOGIE
nous l'avons fait remarquer plus haut, avec l'orbiculaire ; il est très probable que les cas d'absence de ce muscle se rapportent à sa réunion avec l'orbiculaire des paupières.
§ m. — Muscles du nez
Sur le nez se de'veloppent quatre muscles, savoir: en haut, le pyramidal ; en bas, le inyrtiforme ; sur les côtés, le transverse et le dilatateur des narines.
1" Pyramidal
Le pyramidal (fig. 595,3) est un petit muscle situé à la fois sur le dos du nez et dans la région intersourcilière, immédiatement au-dessous du frontal, avec lequel il semble se continuer, d'où le nom de piliers du frontal, que l'on donne parfois aux deux pyramidaux.
1° Insertions. • — Ce muscle prend naissance, en bas : en partie, sur les cartilages latéraux du nez ; en partie, sur le bord inférieur et sur le bord interne des os propres du nez. De là, ses faisceaux se portent verticalement en haut vers la région intersourcilière, où aboutissent d'autre part les faisceaux du frontal. Sur les points où ils entrent en contact, les deux muscles se pénètrent réciproquement, comme l'a fort bien établi Sappey, mais sans se confondre. Ils se terminent l'un et l'autre à la face profonde des téguments.
2" Rapports. — Les deux pyramidaux sont juxtaposés et réunis en apparence sur la ligne médiane. Un espace celluleux, généralement fort étroit, sépare celui du côté droit de celui du côté gauche.
3" Innervation. — Le pyramidal est innervé par le facial (filets sous-orbitaires de sa branche de bifurcation supérieure).
4" Action. — Les deux pyramidaux, prenant leur point fixe sur le nez, attirent en bas la peau de la région sourcilière, qui se plisse en rides transversales. Ils sont, comme on le voit, antagonistes des muscles frontaux, lesquels attirent la peau en haut. Cet antagonisme, déjà formulé par Sappey en 1837, a été nettement démontré plus tard par les expériences électro-physiologiques de Duchenne (de Boulogne).
■Variétés. — Macalister a vu le pyramidal complètement distinct du muscle frontal.
Le transverse du nez (fig. 600,1) est un muscle triangulaire, aponévrotique en avant, charnu en arrière, couché sur la portion cartilagineuse de l'aile du nez.
1° Insertions. — Il s'insère par sa base sur le dos du nez, à l'aide d'une aponévrose qui se confond, sur la ligne médiane, avec celle du côté opposé. Les faisceaux charnus qui font suite à cette aponévrose se dirigent en bas, en dehors et en arrière vers le sillon de l'aile du nez. Là, ils se partagent en deux groupes : les faisceaux antéi^ieurs s'attachent à la face jDi'ofonde des téguments de la région ; les faisceaux postérieurs, comme nous le montre nettement la figure 600, se continuent avec les faisceaux externes du myrtiforme.
2" Rapports. — Par sa face profonde, le transverse repose directement sur