‹ Traité d'anatomie humaine (volume 5)Chapitre 121 sur 176 · ARTICLE III RÉGION PRÉVERTÉBRALE · texte numérisé non relu

ARTICLE III RÉGION PRÉVERTÉBRALE

Les muscles de la région prévertébrale sont directement appliqués, comme leur nom l'indique, sur la face antérieure de la colonne vertébrale. Us sont au nombre de trois de chaque côté : le grand droit antérieur de la téte, le petit droit antérieur de la tête, le long du cou.

1° Grand droit antérieur de i-a tète

Le grand droit antérieur de la tète (fig. 617, 2), le plus superficiel des muscles prévertébraux, est un muscle aplati et triangulaire, s'étendant de l'occipital aux apophyses transverses de la colonne cervicale.

1" Insertions. — Il prend naissance, en haut, sur la face inférieure de l'apophyse basilaire, en avant du trou occipital. De là, il se porte obliquement en bas et en dehors et se divise en quatre faisceaux, lesquels viennent se terminer, par autant de tendons distincts, sur les tubercules antérietirs des' troisième, quatrième, cinquième et sixième vertèbres cervicales.

2" Rapports. — Le grand droit antérieur de la tête recouvre, en arrière, les muscles petit droit antérieur de la tète et long du cou, qui le séparent de la colonne vertébrale. En avant, il est recouvert immédiatement par une forte aponévrose, Yaponém'ose précerlébrale (voy. plus loin, p. 750), et répond, sur un plan plus superficiel, à la jugulaire intei'ne, à la carotide interne, au pharynx et aux deux nerfs pneumogastrique et grand sympathique.

3" Innervation. — Il est innervé par des i^ameaux multiples (3 ou 4), qui se détachent ordinairement de la première et de la deuxième arcade du plexus cervical profond.

4" Action. — Le muscle grand droit antérieur fléchit la tête sur la colonne vertébrale et les premières vertèbres cervicales sur les vertèbres suivantes. Quand il

RÉGION PRÉVERTÉBRALE

se contracte d'un seul cùté, il fait exécuter, en outre, à la tête et aux vertèbres précitées un léger mouvement de rotation, en vertu duquel la face se porte du

Muscles profonds du cou.

1, apoplijsc basilaire de l'occipilal. — 2, grand droit antérieur de lalète. — 3, )Jolil droit antéricur'de la tète. — i. droit latéral. — 4', trou déchiré postérieur. — 5, faisceaux supérieurs du long du cou. — 3', faisceaux inférieurs, et 5", faisceaux intermédiaires de ce même muscle. — 6, scalène postérieur, avec 6', son insertion à la seconde côte. — 7, scalène antérieur. — 8, 8, 8, 8, muscles intertransversaires antérieurs. — 9, 0, intcrlransversaires postérieurs. — 10, 11, première et seconde eûtes. — 12, arlére sous-claviére. — 13, veine sous-clavièro. — C^", septième vertèbre cervi cale. — D', D'", première et troisième vertèbres dorsales.

côté du muscle qui se contracte : à droite, dans les contractions du muscle droit; à gauche, dans les contractions du muscle gauche.

Variétés. — Le nombre de ses faisceaux transversai res peut varier en plus ou en moins. — Quelques-uns de ses faisceaux externes peuvent s'insérer sur l'atlas ou sur l'axis. — Gruber a rencontré, sur deux sujets, un faisceau anastomotique, qui franchissait la ligne médiane, pour se terminer du côté opposé à celui où il avait pris naissance.

oo Petit droit antérieur de la tète

C'est un petit muscle quadrilatère, situé en arrièi-e du précédent, entre l'occipital et l'atlas (fig. 617, 3).

MYOLOGIE

1° Insertions. — Il s'insère : i° d'une part, sur la face infe'ricure de l'apophyse basilaire, un peu en avant du trou occipital ; 2° d'autre part, sur la face antérieure des masses latérales de l'atlas et sur la portion voisine de l'apophyse transverse de la même vertèbre.

2° Rapports. — Le petit droit est recouvert par le grand droit dans la plus grande partie de son étendue. Il déborde un peu ce muscle en dehors et répond, en ce point, au ganglion cervical supérieur du grand sympathique, ainsi qu'à la carotide interne. Sa face postérieure repose sur l'articulation atloïdo-occipitale.

3° Innervation. — Il est innervé par la branche antérieure du premier nerf cervical.

4° Action. — Au point de vue de son action, le petit droit antérieur fléchit la tête et lui imprime en outre, quand il se contracte d'un seul côté, un léger mouvement d'inclinaison latéi'ale.

Variétés. — J'ai constaté, sur un sujet, l'absence du petit droit antérieur. — Sur un autre sujet et du côté droit seulement, j'ai observé un faisceau surnuméraire, qui naissait sur l'axis et venait se confondre avec les faisceaux internes du petit droit antérieur. Ce faisceau axo'k/o-basilaire peut parfois (deux fois sur cent, d'après Gruber) conserver son indépendance dans toute son étendue.

Deux autres petits muscles surnuméraires peuvent apparaître dans cette région, savoir :

1° Le muscle petit droit intermédiaire (M. reclus anticus médius seu minimus de Gri'ber), situé entre le grand droit et le petit droit ordinaire et s'étendant, comme ce dernier, de lataasse latérale de l'atlas à l'apophyse basilaire ;

2° Le muscle petit droit interne (M. atlantico-basilaris de Gruber), situé, comme son nom l'indique, en dedans du petit droit antérieur et réunissant le tubercule antérieur de l'atlas à l'apophyse basilaire (voyez à ce sujet Gruber, ^rc/i. f. Anat. u. Phys., 187G, et Virc/ioiv's Arch.. 1881 ; Testut, Bull. Soc. d'Anal, et de Physiol. de Bordeaux, 1882).

3° Long du cou

Le muscle long du cou (fig. 617, S, 8' et 5") est un iiuscle allongé et souvent fort grêle, situé au-dessous du grand droit antérieur de la tête et s'étendant depuis l'atlas jusqu'à la troisième vertèbre dorsale.

1° Insertions. — Depuis l'intéressant mémoire que Luschka a consacré à ce muscle {Der lange Halsmuskel des Menschen, in Muller's Arch., 1854), on décrit au long du cou trois portions distinctes : une portion oblique descendante, une portion oblique ascendante, une portion longitudinale.

a. Porlion oblique descendante. — La portion oblique descendante {obliqims superior colli de Luscmov) prend naissance sur le tubercule antérieur de l'atlas et vient s'insérer, après un trajet obliqtte en bas et en dehors, sur les tubercules antérieurs des troisième, quatrième, cinquième et sixième vertèbres cervicales par autant de digitations distinctes.

b. Portion oblique ascendante. — La portion oblique ascendante {obliquus inferior colli de Luschka) prend naissance sur le- corps des deuxième et troisième vertèbres dorsales. Puis, se portant obliquement en haut et en dehors, elle vient se terminer par deux ou trois digitations sur les tubercules antérieurs des sixième, cinquième et quatrième vertèbres cervicales.

c. Portion longitudinale. — La jjortion longitudinale, enfm {reclus colli de Luschka), couchée en dedans des j)ortions précédentes, un peu en dehors de la ligne médiane, est constituée par des faisceaux à direction verticale, qui prennent successivement des insertions sur le corps des trois premières vertèbres dorsales, sur le corps des trois ou quatre dernières cervicales, sur la crête de l'axis et jusque sur le tubercule antérieur de l'atlas. •

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2° Rapports. — Le long du cou repose directement, par sa face profonde, sur la colonne vertébrale et sur ses ligaments. Sa face superficielle ou ante'rieure répond

Les mêmes, apl'ès l'ablalion du scalèno postérieur et du long du cou.

1, acalôno aiilérieur. — 2, 2', scalène posli'-rieur. — 3, 3', lendoiis d'origine do ce deraier muscle. — 4, grand droit antérieur de la tète, soulevé et érigné en dedans pour laisser voir ses insertions sur les tubercules antérieurs des apophyses transverses. — 5, petit droit antérieur de la tète. — 0, droit latéral de la tète. — 7, intertransversaires antérieurs. — 8, intertransversaires postérieurs. — 0, faisceaux intérieurs du long du cou. — 10, apophyse basilaire de l'occipital. — 11, première côte. — 12, artère sous-clavière. — 13, veine sous-clavièrc.

au grand droit antérieur de la tète et aux différents organes, énumérés ci-dessus, qui recouvrent ce dernier muscle.

3° Innervation. — 11 est innervé par des filets, à la fois très courts et très grêles, qui se détachent des branches antérieures des quatre premiers nerfs cervicaux, tout près de leur émergence.

4" Action. — Le muscle long du cou est fléchisseur de la colonne cervicale. Quand il se contracte d'un seul côté, il communique en outre à cette colonne un léger mouvement d'inclinaison latérale.

Variétés. — Le développement du long du cou est très variable ; très nombreuses aussi son les variations portant sur le nombre ou l'étendue de ses faisceaux constitutifs. — Il peut pré-

MYOLOGIE

senter des connexions plus ou moins intimes avec plusieurs muscles voisins, notamment avec les intertransversaires et avec le scalèno antérieur. — Meckel et Theile parlent de la possibilité, pour le muscle long du cou, de remonter ses attaches jusqu'à l'apophyse basilaire (corps de la première vertèbre crânienne) et Gruber en signale deux cas. — Dans un autre cas, le faisceau occipital du long du cou se fusionnait, avant d'atteindre le crâne, à un muscle axo'ido-basilaire

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