‹ Traité d'anatomie humaine (volume 5)Chapitre 138 sur 176 · ARTICLE I MUSCLES DE L'ÉPAULE · texte numérisé non relu

ARTICLE I MUSCLES DE L'ÉPAULE

Six muscles, dits muscles de l'épaùle, rattachent le premier segment du membre supérieur à l'humérus. Ce sont : le deltoïde, le sus-épineux, le sous-épineux, le grand rond, le petit rond et le sous-scapidaire. De ces six muscles, un seul, le deltoïde, se détache à la fois des deux os qui constituent l'épaule; tous les autres prennent exclusivement naissance sur l'omoplate.

Le deltoïde (flg. 638, 2 et 687, 7), ainsi appelé en l'aison de sa forme triangulaire (A grec), embrasse à la manière d'un demi-cône creux, le côté externe de l'articulation scapulo-humérale. C'est à la fois le plus superficiel et le plus volumineux des muscles de l'épaule.

1'' Insertions. — Il s'insère, en haut : \° sur le tiers ou la moitié externe du bord antérieur de la clavicule ; 2° sur le bord externe de l'acromiun ; 3° sur le bord postérieur (lèvre inférieure) de l'épine de l'omoplate, dans toute son étendue. Ces diverses insertions d'origine se font, sur la clavicule par des libres charnues, sur l'acromion par des fibres charnues entremêlées de fibres tendineuses fort courtes, sur l'épine de l'omoplate à l'aide d'un véritable tendon fort large et très résistant.

De cette longue ligne d'insertions supérieures, les faisceaux moyens ou acro-

MYOLOGIE

miaux se portent verticalement en bas; les faisceaux antérieurs ou claviculaires, obliquement en bas, en dehors et en arrière ; les faisceaux postérieurs ou spinaux, obliquement en bas, en dehors et en avant. Tous convergent vers l'empreinte deltoïdienne de l'humérus (voy. Ostéol.) et s'y insèrent à l'aide d'un fort tendon de forme triangulaire. Il n'est pas rare de voir quelques-uns des faisceaux claviculaires du deltoïde se fixer sur le tendon même du grand pectoral.

Comme le muscle grand fessier, le deltoïde est constitué par une série de colonnettes charnues plus ou moins isolables, mais dont le nombre, évalué à dix par xVlbinus, porté à dix-huit ou vingt par Cruveilhier, varie, on peut le dire, avec chaque sujet et pour chaque observateur. Jamais, dans les conditions normales, le deltoïde n'est réellement divisé en portions distinctes : il forme une nappe compacte et indivise et les expressions portion claviculaire, portion acro^niale-, portion spinale, empruntées à la myologie comparée (carnassiers) par quelques anatomistes, ne sont nullement applicables à l'homme.

Le chat, qui est à ce point de vue un excellent sujet d'étude, nous présente trois muscles deltoïdiens parfaitement distincts : un muscle deltoïdien antérieur, un muscle deltoïdien moyen, un muscle deltoïdien postérieur, que Strauss-Durckeim a décrits sous les noms significatifs de delto-claviculaire , delto-acromial, deltospinal et qui répondent aux faisceaux claviculaires, acromiaux et spinaux de l'anatomie humaine, La division du deltoïde commence à apparaître chez les singes inférieurs et s'accentue chez les lémuriens.

2° Rapports. — Au point de vue de ses rapports, le deltoïde nous offre à considérer deux faces, l'une externe, l'autre interne, deux bords, un sommet et une base :

a. La face externe, convexe, est recouverte par la peau, dont la sépare une aponévrose que nous décrirons plus loin.

b. La face interne, concave, recouvre l'articulation scapulo-humérale et toutes les formations musculaires ou osseuses qui l'entourent, savoir : en arrière, les muscles sous-épineux, petit rond, grand rond, longue portion du triceps ; en dehors, la longue portion du biceps et le tendon du sus-épineux ; en avant, l'apophyse coi^acoïde et les muscles qui s'en détachent, plus le sous-scapulaire et le grand pectoral. Une bourse séreuse, très développée et constante, la bourse sous- deltoïdienne ou sous-acromiale (fig. 437,2), s'étale entre le deltoïde et la grosse tubérosité de l'humérus (voy. Articulation de Vépaule).

c. Le sommet, dirigé en bas, répond au tendon huméral du deltoïde. Ce tendon s'enfonce comme im coin dans le bord supérieur du muscle brachial antérieur, qui présente à cet effet une échancrure en forme de V.

d. La base du deltoïde, qui représente la ligne d'insertion supérieure de ce muscle, correspond exactement à la ligne d'insertion scapulaire du trapèze. Le trapèze et le deltoïde semblent donc former un muscle unique, divisé en deux portions par une longue intersection osseuse, que constituent d'arrière en avant l'épine de l'omoplate, l'acromion, la clavicule. L'anatomie comparée justifie pleinement une pareille interprétation : nous voj^ons, en effet, chez les animaux non claviculés, le faisceau antérieur du trapèze se continuer avec le faisceau antéineur du deltoïde pour constituer un muscle unique, le muscle céphalo-huméral (hyène, blaireau, cheval), qui s'étend directement de la tête à l'humérus.

e. Le bord postérieur du deltoïde, oblique en bas et en dehors, croise successivement les muscles sous-épineux, petit rond, long triceps et vaste externe.

MUSCLES DE L'ÉPAULE

f. Le bord antérieur, également oblique en bas et en dehors, est séparé du grand pectoral par un interstice triangulaire à base supérieure, Vespace delto-pectoral. Dans cet espace cheminent, comme nous l'avons déjà vu à propos du grand pectoral (p. 783), la veine céphalique et, au-dessous d'elle, l'artère acromiothoracique ou ses branches.

3° Innervation. — Le

muscle deltoïde est in- ^j^..

nervé par le nerf circonflexe, l'une des six branches terminales du plexus brachial. Ce nerf, après avoir contourné le col chirurgical de l'humérus et fourni quelques rameaux collatéraux, s'épanouit, en un certain nombre de fdets divergents, qui dispai'aissent dans la face profonde du deltoïde, à peu près à égale distance de son insertion supérieure et de son insertion inférieure.

4° Action. — Le deltoïde est le muscle abducteur ou élévateur du bras. En outre, en raison de leur obliquité de sens contraire, les faisceaux antérieurs portent l'humérus en avant ; les faisceaux postérieurs le portent en arrière. Par l'action seule du deltoïde, l'élévation du bras ne dépasse guère l'horizontale, l'humérus rencontrant alors le sommet de l'acromion. L'élévation de l'humérus au-dessus de l'horizontale résulte d'un mouvement de bascule de l'omoplate, en vertu duquel son angle inférieur se porte en avant et son angle antérieur en haut (voy. Articulation de l'épaule).

Muscles (le l'épaule et du bras, vus par leur l'ace postérieure.

i, rliomboïdc. — 1', faisceau supérieur de ce muscle ou petil rhomboïde. — 2, angulaire de l omoplate. — 3, sus-éfiincux. — 4, sous-épineux. — ;i, petit rond. — l!, grand rond. — 7, deltoïde, avec 7', son insertion à Tliumérus. — 8, longue portion du triceps brachial. — 9, vaste externe. — 10, vaste interne. — 11, olécràne. — 12. long supinateur. — 1.3, premier radial externe. — 14, ancoué. — 15, aponévrose de l'avant-bras.

Variétés. — Ou a constaté l'absence des faisceaux claviculaires (Otto), l'absence des faisceaux acroniiaux (Macalister). — J'ai rencontré plusieurs fois l'indépendance de la portion claviculaire ; l'indépendance de la portion acromiale est signalée par Macalister. — Parmi les faisceaux surajoutés, qui viennent parfois renforcer, le deltoïde, nous signalerons : 1» des faisceaux prenant naissance sur le bord spinal de l'omoplate {basio-deltoideus do Krause) ; c'est là une disposition essentiellement simienne ; 2° des faisceaux insérés sur l'aponévrose du sous-épineux (fasciculus infrasplnalus delloideus de Gruber); 3° des faisceaux se détachant du Lord axillaire, signalés pour la première fois par Albinus, décrits de nouveau plus tard par Meckel et ïheile et auxquels Calori a donné {Mem. dell. Inslit. Accad. di Dologna, 1868, t. VI, p. 164) le nom de costo-deltokleus. — J'ai décrit {Anom. muscul., p. 338), sous le nom de faisceau cléido-épilrochléen, un faisceau surnuméraire du deltoïde, qui se détachait de la clavicule, descendait en dehors de la veine céphalique et

MYOLOGIE

se terminait, à l'aide d'un tendon aminci et fort grêle, sur l'épitrochlée. — Gruber {Wirchovj's Arch., vol. XXXII, p. 218) a signalé, sous le nom de scapulo-humeralis diqastricus, un faisceau charnu, situé entre le deltoïde et le sous-épineux et divisé par une intersection tendineuse en deux ventres : il s'insérait, d'une part, sur la base de l'acromion et les deux tiers de l'épine de l'omoplate ; d'autre part, sur l'humérus entre le deltoïde et le triceps. — Hyrtl (Anat. des Menschen) décrit un petit faisceau surnuméraire, qui naissait profondément de l'acromion et se fixait, en bas, sur la capsule articulaire, dont il constituait un muscle tenseur. — Les formations musculaires que l'on a décrites sous le nom de tensor fascise deltoideae, me paraissent devoir être rattachées au pannicule charnu des mammifères. — Le muscle deltoïde peut présenter des connexions plus ou moins intimes (fusion, échange de faisceaux) avec le grand pectoral, avec le trapèze, avec le brachial antérieur, avec le sous-épineux, avec le long supinateur.

2" Srs-ÉvixEUX

Logé dans la fosse sus-épineuse, le sus-épineux (fig. 688,3) est un muscle de forme triangulaire, s'étendant de cette fosse à l'extrémité supérieure de l'humérus.

1" Insertions. — Il s'attache, en dedans, aux deux tiers internes de la fosse susépineuse, ainsi qu'à la face profonde de l'aponévrose qui le recouvre. De'^jf^J^ses

Muscles de l'épaule, vus par leur face postérieure.

1, rlioniboïde. — 1', faisceau supérieur de ce muscle constituant le peLil rhomboïde. — 2, angulaire de l'omoplate. — H sus-épineux —'i'. lendon do ce muscle. — 4, sous-épineux. —4', tendon de ce muscle. — 5, petit rond — 5 , tendon de ce muscle. — ti, grand rond. — 7, deltoïde. — t^, é'iiine de l omoiilatc, avec 8', l'acromion. - 9, apophyse coracoïde. — 10, longue portion du lricei)S. — 11, vaste externe.

fibres, se portant en dehors et en avant, se jettent autour d'un tendon, qui se dégage du muscle en atteignant l'articulation scapulo-humérale et vient se fixer sur la facette supérieure du trochiter, en contractant à ce niveau des connexions intimes avec la capsule articulaire.

2° Rapports. — Le sus-épineux est recouvert, tout d'abord, par le trapèze. Plus en dehors, il glisse au-dessous de l'articulation acromio-claviculaire et du ligament acromio-coracoïdien. Plus en dehors encore, au moment de s'insérer à l'humérus, il se met en rapport avec le deltoïde. — Par sa face profonde, il recouvre successivement la fosse sus-épineuse, le nerf et les vaisseaux sus-scapulaires, la capsule articulaire de l'épaule.

MUSCLES DE L'ÉPAULE

3° Innervation. — Il est innervé pax' le sus-scapulaire. Tune des branches collatérales postérieures du plexus brachial.

4° Action. — Auxiliaire du deltoïde, le muscle sus-épineux élève le bras, tout en lui imprimant (Duchenne) un léger mouvement de rotation en dedans. Il est encore, pour l'articulation de l'épaule, une sorte de ligament actif, maintenant la tête humérale contre la cavité glénoïde de l'omoplate.

Variétés. — Le sus-épineux est un muscle singulièrement invariable, pour eniployei' une expression de M.\calister. Cet anatomiste a vu, cependant, sur un sujet, le sus-épineux renforcé par un petit faisceau qui se détachait du ligament supra-scapulaire (notre ligament coracoïdien).

3° Sous-épineux

Le sous-épineux (fig. 688,4) est un muscle aplati et triangulaire, dont la base correspond à la fosse sous-épineuse et le sommet à l'extrémité supérieure de l'humérus.

1° Insertions. — Il prend naissance : 1° sur les deux tiers internes de la fosse sous-épineuse ; 2° sur la face profonde de l'aponévrose qui le recouvre ; 3° sur une cloison fibreuse qui le sépare du grand rond et du petit rond.

De là, ses faisceaux convergent tous vers l'articulation de l'épaule : les supérieurs suivent un trajet horizontal ; les inférieurs, un trajet presque vertical ; les moyens, un trajet oblique en haut et en dehors. En atteignant l'articulation, ils se jettent sur un tendon aplati, qui vient s'attacher sur la facette moyenne du trochiter (fig. 689,2), en se confondant en partie, à ce niveau, avec la capsule articulaire.

2° Rapports. — Recouvert par le trapèze, par le deltoïde et par la peau, le sousépineux recouvre la fosse sous-épineuse, dont le séparent le nerf et les vaisseaux sus-scapulaires. Le long de son boixl externe, il répond successivement au grand rond et au petit rond.

3" Innervation. — Il est innervé, comme le précédent, par le nerf sus-scapulaire, branche du plexus brachial. Les rameaux nerveux qui lui sont spécialement destinés le pénètrent par sa face profonde, à la réunion de son tiers externe avec son tiers moyen.

4° Action. — Envisagé au point de vue de son action, le sous-épineux imprime à l'humérus un mouvement de rotation en dehors. En même temps, il applique la tète humérale contre la cavité glénoïde, jouant ainsi, comme le précédent, le rôle d'un ligament actif pour l'articulation de l'épaule.

Variétés. — Le sous-épineux peut être renforcé, au niveau de son tendon huméral, par un faisceau provenant du deltoïde (Meckel, Theile, Knott). — Knott [Proc. of roy. Irish. Acad., 1881) a décrit, sous le nom de infra-spinatus ininor, les faisceaux supérieurs du sous-épineux plus ou moins différenciés en un muscle distinct. — Je désignerai sous le nom de sous-épineux superficiel un faisceau observé par Mac.\lister et par Woon, en arrière du sous-épineux, qui s'étendait du bord spinal de l'omoplate à la grosse tubérosité de l'humérus. — • Il n'est pas très rare de voir le sous-épineux entièrement confondu avec le petit rond.

^ 40 Petit rond

Le petit rond (fig. 688,5) est un petit muscle cylindrique, longeant le bord externe du muscle sous-épineux.

1" Insertions. — Il s'insère, d'une part : 1° sur la moitié supérieure de cette facette étroite et longitudinale qui s'étend le long du bord axillaire de l'omoplate,

ANA.TOMIE HUiMAINR, — T. I, 4'^ ÉDIT. 108

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entre ce bord et la fosse sous-e'pineuse ; 2° sur une cloison fibreuse, qui le sépare du sous-épineux; 3° sur une deuxième cloison fibreuse, qui le sépare du grand rond, muscle situé au-dessous de lui ; 4° sur la partie inférieure de l'aponévrose sous-épineuse.

De ces nombreuses surfaces d'insertion, le petit rond se porte obliquement en haut et en dehors et vient s'attacher, à l'aide d'un fort tendon, sur la facette inférieure du trochiter (fig. 689,3). Ses faisceaux les plus inférieurs se fixent sur la portion du corps de l'os qui est située au-dessous de cette dernière tubérosité.

2° Rapports. — Le petit rond est recouvert en arrière par la peau et le deltoïde. Il recouvre en avant la longue portion du triceps, au moment où elle va s'insérer à la fossette sous-glénoïdienne. — Contigu au grand rond, au niveau de son origine, il en est séparé plus loin par un espace à forme triangulaire, dont la base répond à l'humérus. — Contigu au sous-épineux dans toute son étendue, il est séparé de ce muscle, en bas, par une cloison fibreuse très résistante, en haut par une simple cloison celluleuse.

3° Innervation. — Il est innervé par un rameau du circonflexe, branche du plexus brachial.

A" Action. — Le petit rond a la même action que le sous-épineux : il imprime à l'humérus un mouvement de rotation en dehors, en même temps qu'il applique la tête humérale contre la cavité glénoïde.

Variétés. — Quand on examine avec attention l'insertion humérale du petit rond, on s'aperçoit que, tandis que la plus grande partie des fibres se fixent, à l'aide d'un tendon, sur la grosse tubérosité humérale, quelques faisceaux s'insèrent directement sur le col chirurgical, au-dessous de cette dernière tubérosité. Ces faisceaux sous-trochitériens peuvent s'isoler du reste du muscle (GiîUBER, Knott, moi-même), et former ainsi un petit muscle distinct. — Gruber, qui a décrit ce muscle sous le nom de tei'es minimus, le considère, à tort, selon moi (voy. Anom. musc, p. 351), comme l'homologue, à la face postérieure de l'épaule, du muscle petil sous-scapulaire que nous décrirons dans un instant. C'est le petit rond tout entier, et non pas seulement ses faisceaux sous-trochitériens, qui doit être comparé et assimilé au petit sous-scapulaire,

5" Grand rond

Le grand rond (fig. 690,4) est un muscle généralement fort et épais, s'étendantde l'angle inférieur de l'omoplate à la coulisse bicipitale.

1° Insertions. — Il s'insère, d'une part : 1° sur l'angle inférieur de l'omoplate ; 2° sur la moitié inférieure de la facette longitudinale, déjà signalée à propos du petit rond, qui longe le bord axillaire de l'omoplate ; 3" sur les cloisons fibreuses qui le séparent du petit rond et du sous-épineux ; 4° sur la face profonde de l'aponévrose sous-épineuse.

De là, ses fibres se portent obliquement en haut, en dehors et en avant, et se jettent, à 2 ou 3 centimètres de l'humérus, sur un tendon aplati et fort large, lequel vient se fixer (fig. 691,3) en arrière du grand dorsal, sur la lèvre interne de la coulisse bicipitale.

2° Rapports. — ■ La face postérieure ^le ce muscle répond successivement au grand dorsal, à la peau et à la longue portion du triceps. — Sa face antérieure

Muscles de la grosse tubérosité de l'humérus.

1, sus-épineux. — 2, sous-épineux.

— 3, petit rond. — 4, tendon de la longue portion du biceps dans sa coulisse. — 5, petite tubérosité ou trochin. — 6, grosse tubérosité ou trocliiter.

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répond encore au grand dorsal qui,, comme nous l'avons déjà vu, contourne le bord inférieur du grand rond pour passer de sa face postérieure sur sa face antérieure. Elle est, en outre, en rapport : à sa partie interne, avec le sous-scapulaire ; à sa partie externe avec le coraco-brachial, les vaisseaux et les nerfs axillaires qui la croisent presque à angle droit. Une bourse séreuse sépare (fig. 473,9'), au voisinage de leur insertion liumérale, les tendons du grand rond et du grand

Fig. 690.

Face postérieure de 1 épaule, montrant les rapports des muscles avec les vaisseaux et les nerfs.

1, sus-épineux. — 1', portion externe de ce muscle, ùrigaée eu haut. — 2, 2', sous-épineux. — 3, 3, petit rond, réséqué à sa partie moyenne. — 4, grand rond. — 5, deltoïde, avec 5', ses faisceaux d'origine postérieurs. — 6, vaste externe. — 7, longue jiortion du triceps. — 8, artère liumérale, donnant l'artère circonflexe postérieure. — 9, nerf circonflexe. — 10, artère scapulairc inférieure. — 11, artère scapulairo supérieure, au-dessous de laquelle se voit le nerf sus-scapulaire, séparé de l'artère par le ligament coracoïdien.

dorsal (voy. Artiirologie). — • Le boixl inférieur du grand rond constitue, avec celui du grand dorsal, le bord postérieur du creux de l'aisselle. — Son bord supérieur, enfin, est séparé du petit rond par un long espace triangulaire (flg. 690) dont l'humérus forme la base

La longue portion du triceps ou long triceps, en traversant de bas en haut le triangle en question, le divise en deux régions distinctes (fig. 690), l'une externe, l'autre interne. — La région externe, quadrilatère, est formée en haut par le petit rond, en bas par le gi'and rond, en dehors par l'humérus, en dedans par le long triceps : c'est le quadrilatère huméro-tricipital, qui livre passage au nerf circonflexe et à l'artère circonflexe postérieure. — La région interne, de forme triangulaire, est formée en haut par le petit rond, en bas par le grand rond, en dehors par le long triceps : c'est le triangle omo-tricipital, à travers lequel passe l'artère scapulaire inférieure.

3" Innervation. — I^c muscle grand rond est innervé par une branche spéciale

MYOLOGIE

du plexus brachial, le nerf du grand rond. Ce nerf pénètre le muscle par sa face antérieure, au niveau de son tiers moyen et tout près de son bord supérieur.

4" Action — Congénère du grand dorsal, le grand rond, s'il prend son point fixe sur l'omoplate, porte le bras en dedans et en arrière. S'il prend son point fixe sur l'humérus, préalablement immobilisé, il agit sur l'angle inférieur de l'omoplate, qu'il porte en avant et en haut.

Variétés. — Nous, avons déjà signalé, à propos du grand dorsal, la fusion possible de ce dernier muscle avec le grand rond. — J'ai rencontré, après Macalister [loc. cit.), qui a noté un fait semblable, un faisceau assez volumineux se séparant du grand rond pour aller grossir la longue portion du triceps ; on sait que, chez les carnassiers, cette longue portion du triceps s'insère sur toute l'étendue du bord axillaire de l'omoplate. — Blandin (Nouveaux éléments d'Anatomie, t. I, p. 460) a vu le grand rond envoyer un faisceau à l'aponévrose brachiale. — J'ai vu, sur plusieurs sujets, le grand rond réduit à un faisceau minuscule. — Macalister (loc. cit.) a vu le muscle manquer entièrement.

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