‹ Traité d'anatomie humaine (volume 5)Chapitre 142 sur 176 · ES · texte numérisé non relu

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Coupe transversale de l'omoplate et de ses muscles, pour montrer la disposition des aponévroses.

S, bord spinal. — A. bord axillaire. — I, )jcau. — 2, lissu cellulaire sousculané- -r- 3, deltoïde. — 4, aponévrose superficielle de ce muscle, se continuant en arrière, avec 5, aponévrose du sous-épineux. — B, aponévrose profonde du deltoïde. — 7. muscle sous-scapulaire. — 8, aponévrose sousscapulaire.

RÉGION ANTÉRIEURE DU BRAS

anatomie comparée sous le nom de long fléchisseur de V avant-bras, se compose de deux portions ou têtes, qui s'étendent l'une et l'autre de l'omoplate au radius.

1" Insertions. — Les deux portions du biceps se distinguent en portion interne ou courte portion, portion externe ou longue portion :

a. Courte portion. — La courte portion, que l'on désigne encore quelquefois sous le nom de court biceps, se détache du sommet de l'apophyse coracoïde par un tendon qui lui est commun avec le muscle coraco-brachial.

b. Longue portion. — La longue portion ou long biceps s'insère, à l'aide d'un tendon cylindroïde, sur l'angle externe de l'omoplate, immédiatement au-dessus de la cavité glénoïde, en se confondant en partie, à ce niveau, avec le bourrelet glénoïdicn (voy. Articulation de V épaule). Ce tendon d'origine, i^emarquable par sa longueur, mais surtout par son trajet, pénètre immédiatement après sa naissance dans la cavité articulaire, contourne de dedans en dehors la tête de l'humérus et vient se loger ensuite dans cette gouttièi^e profonde qui sépare je trochin du trochiter et à laquelle il a donné son nom, la gouttière bicipitale.

Au niveau de cette gouttière, le tendon de la longue portion, jusque-là arrondi et dépourvu de fibres charnues, s'élargit progressivement en même temps qu'il se creuse et se contourne en un demi-entonnoir : c'est sur la face postérieure ou concave de ce demientonnoir tendineux que prennent naissance les faisceaux musculaires de la longue portion.

Nous avons déjà vu, à propos de l'articulation de Tépaule, quels sont tous les rapports précis du tendon du long biceps avec la capsule articulaire et, à ce sujet, nous avons rappelé, d'après les recherches de Welgkeu, que ce tendon est primitivement situé en dehors de la capsule fibreuse et que ce n'est que plus tard, au cours du développement, qu'il pénètre dans l'intérieur même de l'article (voy. Arthrologie, p. 487).

c. Fusion des deux portions. • — Complètement indépendantes à leur origine

Fig. 693.

Muscles de la face antérieure du bras, couelie superficielle : biceps et coraco-brachial.

1, sous-scapulairc. — 2, biceps brachial, avec : 3 et 3' sa longue portion ; 4, sa courte portion. — 5, tendon inférieur de ce muscle, avec 5', son expansion aponévrotiquc. — 6, coracobrachial. — 7, grand rond. — 8, lendon humerai du grand pectoral, érigné en dehors. — 9, vaste interne. — 9, 9', longue portion du triceps. — 10, bracliial antérieur, avec : 10', son insertion au cubitus; 10", 10", ses faisceaux internes et externes. — 11, acroniion. — ■ lii, apophyse coracoïde.

MYOLOGIE

les deux portions du biceps se portent l'une et l'autre vers le coude : elles s'accolent tout d'abord, puis se fusionnent. 11 en résulte un muscle unique, large et épais, légèrement aplati d'avant en arrière : c'est le biceps. Le muscle, ainsi constitué, continue le trajet descendant de ses deux portions d'origine, atteint la

Fig. 694.

Positions diverses du tendon de la longue portion du biceps par rapport à la synoviale articulaire de l'épaule (d'après Welcker).

A, tendon applique! contre la B, tendon rattaché à la cap- C, tendon entoure! par une

capsule fibreuse par la synoviale suie fibreuse par un mésoten- gaine séreuse et entièrement libre

articulaire. don. dans la cavité articulaire.

1, capsule fibreuse. — 2, tendon coupé en travers. — 3, synoviale articulaire.

région du coude et sejette alors sur un fort tendon, le tendon terminal (fig. 693,5), par lequel le biceps s'attache à l'avant-bras. Ce tendon, d'abord supeiTiciel comme le corps musculaire auquel il fait s-tiite, s'enfonce bientôt entre le brachial antérieur et le court supinateur. Il gagne ainsi la face antérieure de la tubérosité bicipitale, la contourne de dehors en dedans et d'avant en arrière et, finalement, vient se fixer à la face postérieure de cette tubérosité. Entre la face antérieure de la tubérosité bicipitale et le tendon du biceps se trouve une bourse séreuse (fig. 443,10 et 714,3), destinée à favoriser le jeu du tendon (voy., à ce sujet, p. 680).

d. Expansion aponévrotique. — Du côté interne du tendon terminal, se détache une lame fibreuse (fig. 693,5'), connue sous le nom d'expansion aponévrotique du biceps. Cette lame fibreuse se porte en bas et en dedans, en s'élargissant en éventail, et se confond bientôt avec la portion de l'aponévrose antibrachiale qui recouvre les muscles épitrochléens.

2° Rapports. — Le biceps, par sa face superficielle et par sa face profonde, présente des rapports importants. Nous les examinerons successivement pour la partie sujîérieure du muscle, pour sa i^ortion moyenne et pour sa portion inférieure :

a. Dans son tiers supérieur, le biceps est situé dans l'aisselle, entre le deltoïde et le grand pectoral, qui sont en avant, le sous-scapulaire, le grand dorsal et le grand rond, qui sont en arrière. La longue portion, après avoir contourné la tète de l'humérus, glisse, comme nous l'avons déjà dit, dans la coulisse bicipitale, où l'accompagne constamment un prolongement de la synoviale articulaire. La courte portion, située au dedans de la précédente, répond au côté externe du coraco-brachial.

b. Dans la portion moyenne, je veux dire dans l'intervalle compris entre le bord inférieur du grand pectoral et la région du coude, le biceps présente les rapports

L'artère liumérale, vue sur une coupe transversale passant par la partie moyenne du bras.

1, humérus. — 2, biceps. — .3, brachial antérieur. — 4, vaste interne. — 5, cloison intermusculaire interne. — 6, artère et veines humérales. — 7, nerf médian. — 8, nerf cubital — y, nerf musculo-cutané. — iO, brachial cutané interne, encore placé sous l'aponévrose. — 11, veine basilique.

RÉGION ANTÉRIEURE DU BRAS

suivants. — En avant, il est recouvert par l'aponévrose superficielle, le tissu cellulaire sous-cutané et la peau. Dans le tissu cellulaii^e sous-cutané cheminent de bas en haut, parallèlement à l'axe du membre, deux veines importantes : la veine céphalique, qui suit le bord externe du muscle ; la veine basilique, qui répond à son bord interne. — En arrière, il est couché sur le brachial antérieur, dont il est séparé par une mince couche celluleuse et par le nerf musculo-cutané, branche du plexus brachial. — Son bord externe répond successivement au deltoïde et au long supinateur. — Le long de son bord interne, au-dessous de l'aponévrose, cheminent (fig. 69o) l'artère humérale, les veines humérales et le nerf médian, lesquels sont ordinairement recouverts par les faisceaux les plus internes du muscle.

c. Au niveau du coude, le biceps s'enfonce, à la manière d'un coin, dans cet espace angulaire, en forme de V, qui est formé (fig. 699), en dehors par le long supinateur et les radiaux externes (5), en dedans par les muscles épitrochléens, plus spécialement par le rond pronateur (4). Sur son côté interne cheminent l'artère et les veines humérales. Sur son côté externe se trouvent le nerf radial et l'artère récurrente radiale antérieure.

3" Innervation. — Le biceps est innervé par une branche externe du musculocutané, le nerf du biceps. Ce nerf se porte à la face profonde du muscle et se divise en deux groupes de rameaux, les uns pour la longue portion, les autres pour la courte portion. La courte portion reçoit en outre à son extrémité supérieure, mais dans certains cas seulement, quelques filets issus du rameau supérieur du coraco-brachial.

4° Action. — Prenant son point fixe sur l'épaule, le biceps agit à la fois sur l'avant-bras et sur le bras. Il jouit alors d'une triple action : l" il fléchit l'avant-bras sur le bras ; 2° il porte l'avant-bras en supination, lorsque sa contraction surprend le radius dans un état de rotation en dedans, c'est-à-dire en pronation ; 3" il élève le bras et le porte en dedans.

Quand l'avant-bras est fixé, comme dans l'action de grimper, le biceps agit sur l'épaule, qu'il porte en haut, et sur le bras, qu'il fléchit sur l'avant-bras.

Variétés. — Gomme le faisait remarquer il y a plus d'un demi- siècle l'illustre Meckel, le biceps est un des muscles « qui sont le plus sujets à varier et qui présentent les anomalies les plus frappantes ». Les signaler toutes est chose impossible dans un traité essentiellement classique ; nous nous bornerons à indiquer les types généraux. — On a observé la séparation complète des deux corps musculaires : au lieu et place du biceps, existaient alors deux muscles, l'un, interne ou coraco-radial, l'autre, externe ou gléno-radial. - On a noté l'absence de la courte portion, l'absence de la longue portion, l'absence totale du biceps (Macalistek). — J'ai rencontré deux fois un faisceau anastomotique jeté entre les deux portions du biceps. — Du côté de l'insertion antibrachiale, on a observé : l» un faisceau terminal surnuméraire pour le radius ; 2° un faisceau terminal surnuméraire pour le cubitus ; 3" un faisceau terminal surnuméraire pour l'aponévrose antibracliiale, ce dernier remplaçant l'expansion aponévrotique ou se surajoutant à elle. — On a vu le muscle biceps présenter des connexions plus ou moins intimes, soit par ses faisceaux charnus, soit par ses tendons : 1° avec le petit pectoral ; 2° avec le grand pectoral ; 3" avec le coraco-brachial ; 4» avec le brachial antérieur ; 5° avec le grand palmaire et le rond pronateur ; 6» avec le long supinateur. — Le biceps peut présenter toute une variété de faisceaux aberrants, qui peuvent, ou bien remplacer l'une de ses portions, ou bien se surajouter à elles, constituant ainsi des muscles à trois tètes, à quatre tètes, à cinq têtes. Ces faisceaux surajoutés peuvent provenir : de l'apophyse coracoïde ; 2° du tendon du grand pectoral ; 3» de l'extrémité supérieure de l'humérus, trochin, trochiter, lôvi'e externe ou fond de la coulisse bicipitale ; 4° de la capsule articulaire de l'épaule ; H" du corps même de l'humérus. Ce dernier faisceau, qui fait du biceps un véritable triceps, est plus particulièrement connu sous le nom do chef humerai du biceps.

Chef huméral du biceps. — C'est un faisceau aplati, tantôt volumineux, tantôt fort grêle, situé au-dessous des deux portions normales du biceps. Il prend naissance soit sur l'humérus, entre le coraco-brachial et le brachial antérieur, soit sur la face antérieure de ce dernier muscle. De

MYOLOGIE

là, il se porte on bas et se termine sur le biceps, soit au niveau de son tendon {disposition plus fréquente) , soit au niveau de son corps charnu [disposition plus rare). — J'ai observé ce faisceau onze fois sur cent cinq sujets. — Le professeur Hyrtl (Anatomie des Menschen), ayant remarqué chez quelques sujets que le nerf musculo-cutané clieminait au-dessous du chef huméral, entre ce dernier et le brachial antérieur, en avait conclu que ce chef huméral n'était qu'une portion du brachial antérieur, qui aurait été soulevée par le nerf musculo-cutané et dont l'insertion inférieure aurait été du même coup transportée du cubitus au radius. — Une pareille assertion est tout à fait inadmissible. Nous avons publié, en effet, le professeur Calori (Mem. dell Accad. délie Scienze di Bologna, 18G8) et moi-même (Note sur la signification anatoniique du chef huméral du biceps, in Bull. Soc. d'Anthrop., 1885), de nombreuses observations, desquelles il résulte que le nerf musculo-cutané peut passer également au-devant du chef huméral, entre lui et le biceps. J'ai observé cette disposition cinq fois sur onze cas. — Le chef huméral du biceps se rencontre normalement chez quelques mammifères et son apparition chez l'homme rentre naturellement dans la catégorie des anomalies réversives.

2" CORACO-BRACHIAL

Situé en dedans de la courte portion du biceps, le coraco-brachial (fig. 694,6 et 696,6) est un muscle épais, plus ou moins prismatique, descendant de l'apophyse coracoïde sur la face interne de l'humérus.

1'' Insertions. — Il s'insère, en haut, sur le sommet de l'apophyse coracoïde, par un tendon qui lui est commun avec la courte portion du biceps. De là, ses fibres se portent en bas et un peu en dehors et viennent se fixer, sur la face interne de l'humérus, un peu au-dessus de sa portion moyenne.

2° Rapports. — Comme le biceps, ce muscle est contenu tout d'abord dans la région de l'aisselle, dont il constitue en partie la paroi externe. Il est en rapport : en avant, avec le delto'ide et le grand pectoral ; en arrière, avec les tendons du sous-scapulaire, du grand dorsal et du grand rond, qu'il croise verticalement de haut en bas ; en dehors, avec la courte portion du biceps ; en dedans, avec le paquet vasculo-nerveux de l'aisselle et du bras.

Le coraco-brachial est traversé obliquement par le nerf musculo-cutané, d'où le nom de tnuscle perforé de Cassérius que lui donnent encore quelques auteurs (voy. Névrologie).

3° Innervation. — Au point de vue de son innervation, le coraco-brachial reçoit ordinairement deux rameaux nerveux : 1° un rameau supérieur, très grêle, qui provient soit du musculo-cutané, soit de la racine externe du médian ; 2° un rameau inférieur, plus important, qui se détache du musculo-cutané. J'ai vu fréquemment ces deux rameaux naître par un tronc commun.

4° Action. — Le coraco-brachial, prenant son point fixe sur l'apophyse coraco'ide, élève le bras et le porte en même temps en dedans et en avant. Si l'humérus est fixé, il agit sur l'épaule, dont il abaisse le moignon.

Variétés. — Le muscle coraco-brachial peut ne pas être traversé par le nerf nmsculo-cutané : d'autres fois, au contraire, il est divisé par ce nerf en deux portions absolument distinctes. — Struthers a désigné sous le nom de ligament brachial interne une bandelette fibreuse qui s'étend, le long de l'humérus, de l'extrémité inférieure du muscle coraco-brachial au trochin. Dans un cas observé par Galori (loc. cit., 1866), cette bandelette était en rapport en haut avec un petit faisceau charnu c^ui jouait à son égard le rôle de muscle tenseur.

LoNfi CORACO-BRACHIAL ET COURT CORACO-BRACHIAL. — WooD a donué le uom de long coracobrachial à un faisceau surnuméraire, qui s'étend de l'apophyse coracoïde à l'épitrochlée ou à un point voisin de cette saillie osseuse. Il est généralement fusionné en haut avec le coracobrachial ordinaire ; mais il peut en être entièrement distinct. — Décrit pour la première fois par Cruveilhier, le court coraco-brachial est encore un faisceau surnuméraire qui descend de l'apophyse coracoïde sur le col de l'humérus, entre le trochin et le tendon du grand dorsal. —

RÉGION ANTÉRIEURE DU BRAS

On rencontre normalement dans la série animale le long coraco-brachial (tatou, maki) et lo court coraco-brachial (singes inférieurs) .

On peut considérer comme des formes incomplètes du court coraco-brachial : 1° le coracocapsulaire, qui s'étend de l'apophyse coracoïde à la capsule articulaire de l'épaule ; 2» le hrachiocapsulaire, qui s'étend de celte même capsule au col chiruigical ; 3» le depresso?' tendinis subscapularis mcijoris ou retinaculitm miisculare tendinis subscapularis majoris, qui va du col chirurgical au tendon du sous-scapulaire ; 4° le faisceau élévateur du tendon du grand dorsal. qui s'étend de la face postérieure du tendon du grand dorsal, soit au trocliin, soit à la capsule articulaire ou même à l'apophyse coracoïde.

Muscle gléno-brachial. — C'estun petltfaisceau musculaire, signalé par Gruber et par Knott, qui s'insère, d'une part au-dessus do la cavité glénoïde avec la longue portion du biceps, et, d'autre part, sur le col chirurgical de l'humérus.

3" Brachial antérieur

Le brachial antéi'ieur (fig. 696, 10), qu'on désigne encore en anatomie compare'e sous le nom de court fléchisseur de Vavant-bras (le biceps, comme nous l'avons vu, étant le long fléchisseur) , est un muscle large et aplati, couché sur la partie antérieure et inférieure de l'humérus, au-dessous du muscle biceps.

1° Insertions. — Il s'insère, en haut : 1° sur la lèvre inférieure de l'empreinte delto'idienne, immédiatement au-dessous du deltoïde ; 2° sur les deux faces interne et externe et sur les trois bords de l'humérus ; 3° sur les cloisons fibreuses qui le séparent du triceps.

De cette vaste surface d'insertion, il se porte verticalement en bas et vient se fixer, à l'aide d'un large tendon, sur cette surface rugueuse qui est placée à la base de l'apophyse corono'ide du cubitus. Theile fait remarquer avec raison que, parmi les faisceaux inféro-externes du brachial antérieur, il en est quelques-uns qui ne se terminent pas sur le tendon précité, mais gagnent directement la surface d'insertion cubitale.

iouche

2° Rapports. — La face antérieure du brachial antérieur est en rapport avec le biceps, dont il est séparé, à sa partie moyenne, par le nerf musculo-ctitané et, tout à fait en dedans (fig. 695), par le paquet vasculo-nerveux du bras (artère humérale, veines humérales et nerf médian). — Sa face postérieure repose, en hatxt sur l'humérus, en bas sur la face antérieure de l'articulation du coude. —

Fig. (59G.

Muscles de la face antérieure du bras, profonde : brachial antérieur.

I, sous-scapulaire. — 2, biceps brachial, avec : 3 et 3', sa longue portion ; i, sa courte portion. — 5, lendoni inférieur de ce muscle, avec y , son expansion aponévrotique. — fi, coraco-brachial. — 7, grand rond. — 8, tendon huméral du grand pectoral, (''rigné en dehors. — !), vaste interne. — 9', 9", longue portion du triceps. —

10, brachial antérieur, avec 10", son insertion au cubitus; 10", 10", ses faisceaux internes et externes. —

11, acromion. — 12, apophyse coracoïde. — 13, deltoïde. — a, artère scapulaire supérieure. — 6, nerf sus-sca]iulaire.

Son bord interne répond, en haut, au muscle triceps. 11 forme en bas, avec le rond pronateur, une gouttière oblique en bas et en dehors, au fond de laquelle se trouvent l'artère et les veines hume'rales. — Son bord externe re'pond également au triceps dans sa partie supéi'ieure. Dans sa partie inférieure, il circonscrit, avec le long supinateur, une nouvelle gouttière oblique en bas et en dedans, au fond de laquelle cheminent le nerf radial, l'ai'tère humérale profonde et la, récurrente radiale antérieure.

Z" Innervation. — Le bi-achial antérieur est innervé, comme le biceps, par une branche externe du musculo-cutané : le 7iei'f du brachial antérieur. Ce nerf se divise ordinairement en trois ou quatre rameaux divergents, qui pénètrent le muscle par sa face antérieure. Outre cette branche issue du musculo-cutané, branche principale, le brachial antérieur reçoit encore, dans les trois quarts des cas environ, au niveau de son bord externe, un petit rameau accessoire, qui se détache du nerf ividial dans la gouttière externe du coude.

Action. — Le brachial antérieur, comme le biceps, fléchit l'avant-bras sur le

bras. Quand Tavant-bras est fixé, comme dans l'action de grimper, il agit sur

l'humérus, qu'il fléchit sur les deux os de l'avant-bras.

Variétés. — Le brachial antérieur peut s'unir d'une façon plus ou moins étroite avec quelques muscles voisins : deltoïde, coraco-bracliial, biceps, rond pronateur, long supinateur. — On l'a vu se diviser en deux portions plus ou moins distinctes. — Il présente, on outre, quelques faisceaux surnuméraires, qui le renforcent ou qui en naissent et qui viennent se fixer d'autre part sur les points les plus divers ; sur le cubitus, sur le radius, sur le tendon du biceps, sur l'aponévrose antibrachiale {brachio-fascialis de Wood), sur la capsule articulaire. Ce dernier faisceau, tenseur antérieur de la synoviale du coude, n'est dans la plupart des cas qu'une dépendance du brachial antérieur, dont la dissection la plus minutieuse ne saurait le séparer. — Des tenseurs distincts ont été cependant observés par Hewit et par Dawson [Edinb. med. and sury. Journal, vol. XVIIl, p. 82),

§ II. RÉGION POSTÉRIEURE DU BRAS

Tandis que la région antérieure du bras comprend trois muscles, la région postérieure ne nous en présente qu'un seul : c'est le triceps brachial ou muscle extenseur de V avant-bras.

Triceps brachial

Le triceps brachial (fig. 697) est essentiellement constitué par trois portions, qui, parfaitement distinctes à leur origine supérieure, se réunissent.en bas pour prendre une insertion commune sur le cubitus. De ces trois portions, l'une, plus longue, remonte jusqu'à l'omoplate : c'est la longue portion du triceps ou long triceps. Les deux autres, plus courtes, s'arrêtent à l'humérus : on les désigne, en raison de leur forme et de leur situation, sous les noms de vaste interne et de vaste externe.

1" Insertions. — Le triceps brachial s'insère, en haut : 1° la longue portion C^) sur cette petite surface triangulaire et rugueuse, qui est placée au-dessous de la cavité gléno'ide ; cette insertion se fait à l'aide de deux feuillets tendineux, qui s'unissent plus ou moins à la capsule articulaire : 2° le vaste externe (3), sur l'aponévrose intermusculaire externe (voy. plus bas, p. 871) et sur la portion de la face postérieure de l'humérus qui est située au-dessus de la gouttière de torsion ; 3" le vaste interne (4), sur l'aponévrose intermusculaire interne (voy. plus bas, p. 871) et sur la portion de la face postérieure de l'humérus qui est située au-dessous de cette même gouttière de torsion.

De cette triple surface d'origine, les trois portions du triceps se portent en bas vers la face postérieure du coude et viennent se fixer, par l'intermédiaire d'un tendon commun très épais et très résistant, sur la face postérieure de l'olécràne, ainsi que sur ses bords latéraux. Le tendon terminal du triceps ne s'insère que sur la partie inférieure du dos de l'olécràne, dans une étendue verticale de 15 à 20 millimètres. Il respecte la partie qui avoisine le bec et sur laquelle s'étale, entre l'os et le muscle, un prolongement plus ou moins étendu de la synoviale du coude (fig. 444, p. 499).

2" Rapports — Tout à fait en haut, au voisinage de l'épaule, le triceps est recouvert par le deltoïde. Sa longue portion passe en arrière du grand rond et en avant du petit rond, aj'ant en dedans d'elle les vaisseaux sous-scapulaires, en dehors l'artère ciixonflexe et le nerf de même nom (fig. 690).

Plus bas, dans sa portion brachiale proprement dite, le triceps répond à la peau par sa face postérieure. — Sa face antérieure est couchée sur l'humérus, dont elle est séparée, au niveau de la gouttière de torsion, par le nerf radial et l'artère humérale profonde. — Son bord externe est en rapport avec le long supinateur et le brachial antérieur. — Le long de son bord interne chemine le nerf cubital.

En arrière du tendon du triceps, entre ce dernier et la peau, se trouve une bourse séi'euse, la boii7'se olécranienne {iigAi^,'i). Cette bourse, qui est à peu près constante (Zcia l'a rencontrée quinze fois sur vingt-quatre coudes, soit une proportion de 63 p. 100) et généralement très large, est creusée dans le tissu cellulaire souscutané : elle témoigne ici, comme sur tous les points 011 se développent des bourses séreuses, de la mobilité de la peau sur les couches sous-jacentes.

3» Innervation. — Le tinceps est innervé par le radial, l'une des branches terminales du plexus brachial. Chacune de ses trois portions reçoit un nerf spécial : les rameaux de la longue portion et du vaste interne se détachent du radial à la partie toute supérieure du bras, un peu au-dessous du point- oli le tronc nerveux croise le bord inférieur du grand rond. Le rameau du vaste externe naît un peu plus bas, dans la gouttière de torsion.

4° Action. — Par ses trois portions, le triceps est extenseur de l'avant-bras sur le bras. En outre, par sa longue portion, qui prend insertion sur la ceinture thoracique, il rapproche le membre supérieur du tronc.

Variétés. — La longue portion du triceps peut prolonger ses insertions d'origine le long du bord axillaire, dans une étendue de deux, trois et môme quatre centimètres. On sait que, dans

Fig. 697.

Triceps bractiial.

i, (loi-tion inférieure de la longue porlion érignée en dehors, avec 2, sa portion supérieure, s'insérant à Tomoplate. — 3, vaste externe. — 4, 4, vaste interne. — 3, 5, tendon commun aux trois portions. — 6, deltoïde. — 7, épitroclilée. — 8, épicondyle. — a, artère humérale profonde. — 6, nerf radial.

MYOLOGIE

certaines espèces animales (ursus), ce muscle occupe la totalité du bord axillaire. — Parmi les faisceaux surnuméraires qui viennent renforcer le triceps et le transformer en quadriceps nous signalerons : 1° un faisceau humerai, situé entre le vaste interne et la longue portion et prenant naissance dans la région sous-trochinienne-; 2» un faisceau scapulaire, détaché du bord axillaire ; 3" un faisceau capsulaire , AéiA.ché de la capsule fibreuse de l'articulation de l'épaule; i° un faisceau coracdidien, partant de l'apophyse coracoïde (Geuber et Macalisteh) . — Nous avons déjà signa;lé plus haut (p. 757) le faisceau dorso-épitrochléen, qui s'étend du grand dorsal, soit à l'épitrochlée, soit à l'olécràne, et qui est représenté, sur un grand nombre de sujets, par une simple lamelle libreuse unissant l'un à l'autre le tendon huméral du grand dorsal et le tendon d'origine du long triceps. — Jentv (cité par Macalister) a vu, dans un cas, le vaste externe se fusionner avec les faisceaux d'origine du cubital postérieur.

Muscle tenseur de la synoviale du coude. — Ce sont des faisceaux charnus plus ou moins différenciés, situés au-dessous du triceps, qui, s'insérant d'une part sur l'iiumérus, viennent se terminer d'autre part sur le iirolongemcnt sous-tricipital de la synoviale du coude. Unis le plus souvent aux muscles vastes, ces faisceaux tenseurs peuvent s'en isoler et acquérir une individualité complète : sur un sujet, j'ai rencontré un muscle véritablement énorme, inséré sur toute la largeur de la face postérieure de l'humérus et venant se terminer uniquement sur le prolongement sous-tricipital de la synoviale du coude. Avant d'atteindre ce point, il était renforcé par quelques fibres détachées de la face profonde des vastes ; mais il était, à son origine, complètement distinct de ces derniers muscles (voy., à propos de ce muscle, Kuloewsky, Musc, subcrurales et suhanconœi, in Arch. f. Anat. und Phys., 1869, p. 410).

Muscle épitroghléo-cubital. — C'est un petit muscle, très variable dans sa forme et son développement, qui s'étend transversalement de l'épitrochlée à l'olécràne. Il est situé sous l'aponévrose superficielle, en arrière du nerf cubital, réunissant l'une à l'autre les deux insertions supérieures du muscle cubital antérieur. On le rencontre une fois sur quatre sujets environ ; il est toujours innervé par un rameau du nerf cubital. — L'épitrochléo-cubital existe normalement chez un grand nombre de mammifères, notamment chez les singes inférieurs. — La bandelette fibreuse qui s'étend chez l'homme de l'épitrochlée à l'olécràne, au-dessus du nerf cubital, et que la plupart des auteurs considèrent à tort comme une dépendance de l'aponévrose superflciolle de l'avant-bras, n'est que le reliquat de ce muscle. — (Voy., au sujet du muscle épitrochléo-cubital : W. Gruber, Ueber die Musc, epitrochleo-anconeus des Menschen u. d. Sâugelhiere, Mém. de l'Académie des Se. de Saint-Pétersbourg, 1866 ; — Galton, On the epitrochleo-anconeus or anconeus sextus, ioMYn. of Anat. and Physiol., 1874, p. 109; — Testut, Anom. musc, 1884, p. 422; — Ledouble, Bull. Acacl. de rnéd., 1891).

§111. — /Vponévrose du bras

L'aponévrose brachiale entoure le bras à la manière d'un cylindre ou d'un manchon, dont l'extrémité supérieure répond à l'épaule, l'extrémité inférieure au coude. Nous pouvons, en conséquence, lui considérer une extrémité supéi4eure, une extrémité inférieure et deux surfaces, l'une extérieure, l'autre intérieure :

1" Extrémité supérieure. — Du côté de l'épaule, l'aponévrose brachiale se continue : en avant, avec l'aponévrose du grand pectoral : en arrière, avec l'aponévrose sous-épineuse; en dehors, avec l'aponévrose du deltoïde, en dedans avec l'aponévrose du creux axillaire.

2° Extrémité inférieure. — Du côté du coude, elle adhère fortement aux trois saillies osseuses de la région, l'épitrochlée, l'épicondyle, l'olécràne, et se continue plus bas, sans ligne de démarcation aucune, avec l'aponévrose antibrachiale.

3° Surface extérieure. — La surface extérieure ou cutanée répond à la jDeau, dont elle est séparée par les l'ameaux superficiels du nerf radial, par le rameau cutané du circonflexe, par le nerf brachial cutané interne et son accessoire et par deux veines suiierficiclles, la céphalique et la basilique.

4° Surface intérieure. — La surface intérieure ou musculaire est en rapport avec les muscles, auxquels l'aponévrose brachiale fournit des gaines celluleuses peu importantes.

a. Cloisons mlermusculaires. — Indépendamment de ces prolongements des-

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