APONÉVROSE DE LA JAMBE
dessus de l'interligne articulaire] tibio-tai"sien. Les deux autres gaines, la gaine du fle'chisseur commun et la gaine du fléchisseur propre, sont un peu moins étendues : elles remontent rarement à plus de 2 centimètres au-dessus de l'articulation tibio-tarsienne. — Du côté de la région plantaire, les trois bourses séreuses de la région interne ont généralement pour limite commune la ligne articulaire qui unit la première rangée du tarse à la deuxième rangée. — Au niveau des orteils, et sur chacun d'eux, les tendons des fléchisseurs sont entourés d'une nouvelle bourse séreuse qui leur permet de glisser sur les phalanges. Ces gaines synoviales des orteils présentent la même disposition générale que celle des doigts. Elles sont toutefois beaucoup plus courtes : elles ne dépassent pas, en arrière, la tète des métatarsiens.
Voyez, à ce sujet, A. Bouch.ahd : Essai sur les gaines synoviales lendineuses du pied, 111-4". Th. de Strasbourg, 1856. — Ciik.min, Reck. sur- les gaines synoviales tendineuses du pied, G. R., Soc. de Biol., 1896.
§ V. — Aponévrose de la jambe
Gomme la cuisse, la jambe est entourée d' ensemble la forme d'un cylindre ou d'un ma du tibia, qui comme on le sait, n'est recouvert par aucune formation musculaire, cette aponévrose adhère au périoste et se confond avec lui. De là cette description, donnée par bon nombie d'anatomistes, que l'aponévrose jambière n'est pas un cylindre complet, mais une simple gouttière dont les deux bords s'insèrent, l'un sur le bord interne, l'autre sur le bord antérieur du tibia, et sont séparés l'un de l'autre par la face interne de ce dernier os. Le manchon aponévrotique de la jambe nous offre à considérer une extrémité supérieure, une extrémité inférieure et deux surfaces, l'une extérieure, l'autre intérieure :
1° Extrémité supérieure. — Son extrémité supérieure fait suite à l'aponévrose de la cuisse et prend de fortes attaches, comme nous l'avons déjà vu, sur les principales saillies de la région : tubérosités du tibia, tête du péroné, rotule.
2" Extrémité inférieure. — Son extrémité inférieure se continue, de même, avec les aponévroses du pied, en formant autour de l'articulation tibio-tarsienne les trois ligaments annulaires que nous venons de décrire.
une aponévrose qui afl'ecte dans son nchon. En passant sur la face interne
Fis. 764.
Les aponévroses de la jambe, vues sur une coupe transversale passant à l'union du tiers supérieur avec le tiers moyen.
1, libia. — 2, péroné. — o, membrane interosseuse. — 4, peau. — 5, tissu cellulaire sous-cutané.
— 6, aponévrose jambière superliciolle. — 7, cloison interniusculaire antéro-cxterne. — 8, cloison intermusculaire postéro-externe. — 9, aponévrose jambière profonde. — 10, loge antérieure. — 11, loge externe. — 12, loge postérieure, avec : 12', sa partie superficielle pour les muscles de la couche superlicielle ; 12", sa partie profonde pour les muscles de la couche profonde. — 13, artère tibiale antérieure.
— 14, artère tibiale postérieure et nerf tibial postérieur. — 15, artère péronière. — 10, nerf tibial antérieui'.
3° Surface extérieure. — Sa surface extérieure ou superficielle répond à la peau, dont elle est séparée par les nerfs superficiels (cutané péronier, musculo-
MYOLOGIE
cutané, saphènc externe) et par un riche réseau veineux dont les deux branches principales sont la saphène interne et la saphène externe.
4" Surface intérieui'e. — Sa surface intérieure ou profonde est en rapport avec les masses musculaires de la jambe, auxquelles elle envoie des gaines plu sou moins importantes.
a. Cloisons intermusculaires. — Elle donne naissance sur son côté externe à deux cloisons fibreuses, dites cloisons intermusculaires, qui se dirigent vers le péroné et se fixent, l'antérieure au bord antérieur de cet os, la postérieure à son bord externe.
b. Loges musculaires. — Il résulte d'une pareille disposition que l'espace circonscrit par l'aponévrose jambière est divisé en trois loges distinctes, renfermant chacune l'un des groupes musculaires que nous avons admis plus haut, savoir : 1° une loge antérieure, destinée aux muscles de la région antérieure de la jambe; 2° une loge externe, occupée par les deux j^éroniers latéraux; 3° une loge postérieure, renfermant les muscles de la région postérieure. Cette dernière loge est elle-même subdivisée en deux loges secondaires par une nouvelle cloison intermusculaire, Vaponévrose jambière profonde, qui s'étend du bord interne du tibia au bord externe du j^éroné, en passant : a, en arrière du poplité, du jambier postérieur et des longs fléchisseurs des orteils; b, en avant du soléaire, des jumeaux et du plantaire grêle.
5° Structure. — Au point de vue de sa structure, l'aponévrose d'enveloppe de la jambe, beaucoup plus épaisse en avant qu'en arrière, est constituée par des fibres transversales et par des fibres verticales ou plus ou moins obliques, qui s'entrecroisent avec les i^remières dans tous les sens et sous tous les angles. Nous avons vu plus haut, et nous le rappellerons ici en passant, qu'un certain nombre de muscles, notamment le demi-tendineux, le biceps, le couturier, le droit interne, envoyaient à la partie supérieure de l'aponévrose jambière de nombreux faisceaux de renforcement et méritaient ainsi le nom de muscles tenseurs de Vaponévrose. Cette dénomination est bien plus justifiée encore chez les animaux, oii l'on voit les muscles précités i-eporter sur l'aponévrose jambière une bonne partie de leurs insertions.