ARTICLE 111 ~ THORAX EN GÉXÉUAÎ
Le thorax, appelé encore cage thoraciqiie, est une cavité, à In fuis osseuse et cartilagineuse, oii se trouvent logés les poumons et le cœur. Fjlle est constituée (i'ai'rière en avant par les douze vertèbres dorsales, par les douze cùLcs, par leurs cartilages costaux et ])ai' le sternum. Plus simplement et plus scientiliquement, le thorax peut être délini : l'espace compris entre les douze arcs viscéraux de la colonne dorsale, r('gulièrement superposés dans le sens vertical. : — .Ainsi entendue, la cage thoracique. que l'on a comparée indistinctement, soit à un cylindre, soit à un tronc de cône ù hase inférieure, mesure en hauteur : en avant. 12 centimètres ; en ari'ii're. "21 centimètres ; sur les cùtés, de 32 à 34 ceiitimMres. — A un point de vue purement descriptif, elle présente à {'('tudc une surface extérieure, une surface intérieure, une base et un sommet.
1" Surface extérieure du thorax. — La surface exlérieui'e du thorax, considéi'ée sur le squelette, se divise en quatre régions ou faces : une face anl('ri('ure, 4111e face postérieure et deux faces latérales.
a. Face antérieure. — La face antérieure ou sternale (lig. 101; a pour limites naturelles une ligne oblique en bas et en dehors, passant par l'angle antérieur des côtes. Elle est considérablement plus large en bas qu'en haut et représente un plan incliné de haut en bas et d'arrière en avant. Nous y rencontrons successivement, en allant de dedans en dehors : IMa face antérieure du sternum : 2" les articula-
108 OSTÉOLOGIE
lions chondro-sternales, fia nombre Ûe sept, forme'es par l'union des sept premiers cartilages costaux avec le bord correspondant du sternum : 3° les cartilages costaux; 4° les articulations de ces cartilages avec les côtes; 5" l'extrémité anté-
Fis- 101. F\ii. m.
Thorax, vu par sa face antérieure. Le même, avec insertions musculaires.
1, 2, 3, 4, 5, fi cl 7, preniif're, deusième, Iroisièmc, qualrièmc, 1, sterno-cléiclo-masloïdicn. — 2, grand pec-
cinquièmc, sixième cl sp|ilièmo côtes (cô/es siernales). avec leurs loral. — 3, grand droil de l'abdomen. — 4, trans-
carliiages costaux. — 8, 9, 10, 11 et il, huitième, neuvième, verse. — 5, petit pectoral. — 0, sous-clavier. —
dixième, onzième et douzième côla (côtes asternales, les deux der- 7, digitation supérieure du grand dentelé. —
nières H et 12, cùles flo'tantas), avec leurs cartilages costaux. — 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, deuxième et neu-
13, poignée du sternum. — 14, corps de cet os. — 15, appendice vième digilalions du môme muscle, xiplioïde. — IC, première vertèbre dorsale, articulée avec la pre- ( Pour les insertions musculaires de la première
mièrc cote. — 17, douzième vertèbre dorsale, articulée avec la clou- et de !a deuxième côte, voir p. 103 la figure spé-
zième côte. ciale à ces deux os.)
rieure des espaces intercostaux et l'extrémité antérieure des côtes, jusqu'à l'angle antérieur de ces dernières qui constitue la limite latérale de la région.
b. Face postérieure. — La face postérieure ou dorsale (fig. 103) est limitée, de même, par deux lignes passant par l'angle postérieur des côtes. Ces deux lignes sont foi'tement obliques en bas et en dehors : nous avons vu, en effet, que cet angle postérieur des côtes était d'autant plus éloigné de la colonne vertébrale qu'on le considérait sur une côte plus inférieure. La face postérieure du thorax est formée, sur la ligne médiane, par la série des apophyses épineuses des vertèbres dorsales. De chaque côté de la ligne médiane, elle nous présente successivement en allant de dedans en dehors : 1° les gouttières vertébrales ; 2° la série des apophyses transverses des vertèbres dorsales ; 3° les articulations du sommet de ces apophj^ses avec la tubérosité des côtes ; ¥ l'extrémité postérieure des espaces intercostaux et la face externe des côtes, jusqu'au niveau de leur angle postérieur qui, comme nous l'avons dit, est la limite latérale de cette région.
c. Faces latérales. — Les faces latérales, au nombre de deux, l'une droite,
TFIORAX EN GÉNÉRAI-
l'autre gauche, occupent tout l'espace compris entre les deux faces préce'dentes (fig. 104). Convexes à la fois dans le sens vertical et dans le sens transversal, elles
sont constituées par les douze côtes .et par les onze espaces interceptent entre elles. — Les arcs costaux, loin d'être horizontaux, s'inclinent tous de haut en bas et d'arrière en avant, formant ainsi avec la colonne vertébrale un angle aiguàsinus inférieur, il convient d'ajouter que cette obliquité est d'autant plus accentuée qu'on se rapproche davantage de la base du thorax. — ■ Ouant aux espaces intercostaux, ils s'inclinent naturellement dans le même sens que les côtes; en outre, ils sont toujours plus larges en avant qu'en arrière. Compar('s enti'e eux, ces espaces sont loin d'être uniformes : le premier et le deuxième sont les plus courts, mais ils sont aussi les plus larges ; leur largeur diminue du troisième au septième; les quatre derniers, au contraire, augmentent de haut en bas. 11 en résulte que les espaces les plus étroits
intercostaux, qu'elles
sont situés du thorax.
la partie moyenne
Fig. 103.
Thora.x, vu par sa face postérieure.
I, première vcrlèbre dorsale. — XII, douzième vertèbre dorsale. — if, 3, apo|)liyses é|)lneuses des vertèbres dorsales. — 4, 4, goul- Uères vertébrales. — 3, 5, apophyses transverses, s'articulant par leur sommet avec l'extrémité postérieure des côtes, — G, 6. angles postérieurs des côles, s'éloignant d'autant plus de la colonne vertébrale que la cote est plus inférieure.
2" Surface intérieure du thorax. — • N'ue inti'i'ieuremeiil . la cage thoracique se montre sous un aspect qui diffère considérablement de la conliguration extérieure de cette même cavité. Au lieu d'être concave sur tous ses points, comme semblerait le faire pressentir la forme cylindrique que nous lui avons attribuée plus haut, elle présente en arrière une forte saillie, formée par la colonne vertébrale, (jui semble vouloir se projeter à la rencontre du sternum. La colonne dorsale cloisonne ainsi, dans sa partie postérieure, la cavité thoracique et la divise en deux cavités secondaires et latérales. Chacune de ces cavités loge le poumon correspondant. La cloison qui les sépare, incomplète sur le squelette, est complétée, sur le sujet l'evêtu de ses parties molles, par toute une série d'organes qui se placent entre la colonne vertébrale et le sternum et dont l'ensemble constitue les médiaslim. Du reste, la surface intérieui'e du thorax comprend, comme sa surface extérieure, (piatre régions ou faces : une face antérieure, une face postérieure et deux faces lat<'rales.
a. Face antérieure. — La face antérieure, concave, nous présente exactement les mêmes limites et les mêmes éléments anatomiques que la surface extérieure ; il est tout à fait inutile d'y revenir.
b. Face postérieure. — La face postérieure nous montre : I^siir la ligne médiane.
OSTÉOLOGIE
la colonne dorsale. i)lns large en ]ja>«qii-(Mi liant ; ^2" de chaque côte de cette colonne, deux gouttières verticales, destinées à loger le bord postérieur des pounnjns et appelées pour cette raison goultiêres pîilmonaires. La profondeur considérable di> ces gouttières est essentiellement propre à IMiomme : elle est une conséquence de son adaptation à l'attitude bip'Mie.
Fig. 104.
Tliorax. vu par sa face latérale.
1, liremièi'o vci'lèljre dorsale. — 2, slcriuim. 1-2. clouziè.nie vorlèlji'C dorsale. — C , première colc. C^", douzième cHc.
Fig. lOii.
Le même, avec insertions musculaires.
De I à 15. comme sur la figure lOi. — 16, 17, IS. 10, "in. 21, i!2. 23, digilal.ions du grand oblique. — 23', pelil oblique. — 24, 25, 26, 27, digitations du grand dorsal .-
c. Faces latérales. — Les faces latérales, formées comme sur la surface ext('rieure par les côtes et par les espaces intercostaux, sont concaves et fortement inciiiK'es de liant en bas et de dedans en debors.
3" Sommet du thorax. — ■ Le sommet ou circonférence supérieure du tborax (lig. i06j est constitué, en avant par la fourchette sternale, en arrière par le corps de la première vertèbre dorsale, sur les côtés pai" le bord interne de la iiremière côte. Il représente un orifice elliptique à grand diamètre transversal, à travers lequel passent tous les organes qui. du cou descenrlent dans le thorax ou, vice versa, remontent du thorax vers le cou. Le plan de cet oriiice n'est j^as exactement horizontal ; il est légèrement incliné de haut en bas et d'arrière en avant, de telle sorte qu'une ligne horizontali'. menée par la foui'cliette sternale, rencontrerait en arrière, non pas la pi'emièn' vertèbre dorsale, mais la seconde. Le diamètre antéro-postérieur du sommet du thorax mesure 5 centimètres en moyenne ; son diamètre transversal varie de 10 à \2 centimètres.
4° Base du thorax — i>a liase ou cireonfi'rence inférieure du thorax, beaucoup
TilORxVX EN GÉNKiîAL
liliis lai'i^c que la précédente, est formée, en ari'icre par le Imm-i! inférieur du corps de la douzième vertèbre dorsale, en avant par la base de Tappendice xipboïde. sur les côtés par les cartilages costaux des six dernières côtes, remontant obli({uement de bas en liant, de la donzième côte vers le sternum. Son diamètre antéropost('rieui- mesure en moyenne centimètres ; son diamèti'e ti'ansvers(\ "26 cenii-
Fig. IÛ(i. Thorax, vu d'en haut.
I, poiaiii'c du slci'iiuni. — 2, corps de la iiroiiiirrc vcrlclire doisalc. — 3. 3, |irc]nit'j'cs cùlos. — 'i, o. cla\ii'ules. — diaiiirlro aiitiji'O-postéricur de l'ouvcrlure supérieure il» lliorav. — yi/, diaiuf-lrc Irausvci-se do la iiièiiio uiuerlurc.
mètl'es. i^e plan de la base du tborax esl Inrleuieid incliiK' de liant en bas el d'avant en arrière. Il S('pare la (•avit('' tboraciipic de la caviti' abdominale et est iKTupé. sur le cadavre, par une cloison muscul()-a|Mini'\i-i»li(|U!' (pie nous é'tudii'rons en myologie. le diaphragme.
Ainsi constituée, la circonf('rence inb'rieure du Iborax nous pri'senle l rois ("cbaiierures : deux échancrures postérieui'es. l'une droite, l'autre gain be. formées par la douzième côte tombant oljliquement sur la c()lonne vertébrale ; uni' ('cliancrure ant('rieure et médiane, constituée par la d(Mible s(''rie des cartilages coslaux, remontant obliquement vers l'appendice xipiioide. J^a largeui' de cette dernière échancrure, très variable suivant les âges, les sexes et aussi suivant les sujets, est mesurée par un angle. Vangle xipho'idien . dont le sommet r('|iond à la base de l'a |)|)endice xipbo'ide et dont les côtés ne sont autres (pie les côtés de l'i-cbancruri^ elle-même, (lii.vui'Y (Revue cV Anthropologie. i8(S'i). (pii a judicieusement (''tudi(' l'angle xipboïdien sur près de ;200 sujets de tout âge cl de toutes conditions, esl arrivé à conclure : 1" que cet angle mesure, en moyenne. 70" chez l'Iiomme. 75" cbez la femme ; 2" qu'il est plus large cbez les singes anlliropo'ides que cbez l'homme. |)lus large aussi chez le fietus et cliez l'enfant que chez l'adulte ; 3" qu'il est, entin. considéi'ablenient modilié par les influences pathologicjues. agrandi par exenqile par reinphys('me, i'('tréci au contraire par la phtisie el par l'usage du corset.
5'^ Développement général du thorax. — (;onsi(l('r(''e dans son évoluti(m générale, la cage thoraciqiie subit aux différents ;iges de la vie des modilications morphologiques importantes et doit être examinée successivement cliez le f(etus. cbez l'enfant naissant, chez radult(> et cbez le vieillard :
a. Chez le fœtus, letlujrax. singulièrement dévelojqK' dans le ^(>us antéro-jioslc'rieiir, s(^ projette en avant, comme cbez les (piadrii|)èdes. Sa bas(> est tW's large
OSTÉOLOGIE
relativement à son sommet et s«s gouttièi'es postéro-laterales, souvent si profondes chez l'adulte, sont à peine marquées ou même complètement absentes. Il est à peine besoin de faire remarquer que ces dispositions anatomiqiies s'adaptent merveilleusement au dëveloiDpement des viscères que la cage thoracique est destinée à abriter. C'est ainsi : 1° que la prédominance du diamètre antéro-postérieur se rattache au développement considérable du cœur et du thymus, qui occupent la ligne médiane : 3" que la faiblesse relative des dimensions transversales est la conséquence du tléveloppsment, bien faible encore^ des organes respii\atoires ; 3" que l'élargissement de la base, enfin, s'explique nettement par le volume relativement énorme des viscères abdominaux, du foie notamment, qui viennent s'y loger. Le squelette est, ici comme ailleurs, un élément docile que la fonction façonne à sa guise. Ce qui se passe à la naissance nous en fournit une nouvelle preuve.
b. Chez l'enfant naissant, le bloc pulmonaire, jusque-là simple organe d'attente, entre brusquement en scène. Rapidement aussi il acquiert un volume double et même triple de celui qu'il possédait auparavant, et, comme conséquence, refoule dans tous les sens les parois de la cage thoracique. Celle-ci, toujours docile, s'ampliiie de toutes j^arts, iirincipalement dans son diamètre transversal. En ménie temps, les angles des côtes se dessinent, les gouttières postéro-latérales se creusent, les côtes voient grandir la flèche de leur coui'bure, et le thorax, dans son ensemble, revêt peu à peu la forme arrondie qui le cai'actérise chez l'adulte.
c. .1 rdge de la puberté, la cavité thoracique s'accroît encore, au fur et à mesure (jue la fonction respiratoire prend de l'importance. Cet accroissement se poursuit d'ordinaire jusqu'à l'âge de vingt à vingt-cinq ans chez la femme, de trente à trentecinq ans chez l'homme.
d. Chez le vieillard, les différentes pièces dont se compose primitivement le sternum sont soudées entre elles ; les cartilages costaux s'ossifient à leur tour ; les articulations, tant postérieures qu'antérieures, des arcs costaux perdent peu à peu de leur élasticité et de leur mobilité. Le thorax tout entier tend à se transformer en une pièce unic|u3. On sait que, dans l'extrême vieillesse, la respiration s'effectue presque exclusivement à l'aide du diaphragme.
Insertions musculaires. — Voy., ace sujet, les figures 98 (p. 103), 102 (p. 108) et 105 (p. 110).
Indice thoracique. — Le diamètre anféro-poslérieur externe du thorax est représenté par une ligne Jiorizontale partant de la base de l'appendice xiphoïde et aboutissant, eu arrière, au point correspondant, de la colonne vertébrale. — Le diamètre transverse est représenté par une ligne transversale, située dans le même plan et coupant la septième côte à sa partie moyenne. — L'indice thoracique de largeur, celui qu'on considère d'habitude, n'est autre que le rapport centésimal du second de ces diamètres au premier, d"où :
, Diamètre transverse X 100
Indice = — ^
Diamètre antéro-posténeur
Cet indice, chez l'adulte, mesure en moyenne 127 sur le squelette, 140 sur le sujet revêtu de ses parties molles (Weisgerber, Th. inaugurale, Paris, 1879). D'après ce dernier observateur, l'indice thoracique de la femme est généralement inférieur à celui de l'homme. Relativement faible chez le fœtus où il est inférieur ou égal à 100, il augmente progressivement dès la naissance jusque ^ ers trente ans, reste stationnaire à l'ùge adulte et diminue daus la vieillesse.
Examiné dans la série des mammifères, l'indice thoracique est de 112 chez les anthropoïdes, de 86 chez les pithéciens, de 98 chez les cebiens, de 8G chez les lémuriens, de 103 chez les chéiroptères, de 118 chez les insectivores, de 76 chez les carnassiers, de S6 chez les ruminants, de lit» chez les monotrèmes. Les plus forts indices appartiennent aux animaux claviculés, d'où nous devons conclure, comme l'a fait du reste Weisgerber, aune corrélation étroite entre l'existence de la clavicule et l'élargissement de la poitrine.
Déformations par le corset, thorax en entonnoir. — L'usage d'un corset trop serré détermine, dans la morphologie générale du thorax, des modifications plus ou moins profondes, mais qui