‹ Traité d'anatomie humaine (volume 5)Chapitre 26 sur 176 · EC · texte numérisé non relu

EC

Temporal droit,

vue inférieure.

1, apophyse masloïde. — 2, apoijhjsc zjgomatique. — 3, cavité glénoïde. — 4, paroi antérieure du conduit auditif externe. — 5, scissure de Glasor. — G, conduit auditif externe. — 7, apo|iliyse stjloïde, sciée i sa base. — 8, trou stylo-mastoïdieu. — 9, fosse jugulaire, avec 9', épine jugulaire. — 10, gouttière latérale. — 11. iossetle pétreuse, du fond de laquelle part l'aqueduc du limaçon. — 12, gouttière pétreuse inférieure. — IS, orifice supérieur du canal carotidion. — 14, rainure digastrique. — 15. orifice inférieur du canal carotidien. — 16, sommet du l'oclier. — 17, les deux canaux du bord interne du rocher (trompe d'Eustache et conduil du muscle du marleaul. — 18, portion mas toïdienne du temporal. — 19, portion écailleuse. — 20, sillon de l'artère occipitale.

OSTÉOLOGIE

axe transversal, mesurant en moyenne 8 millimètres sur 6 : c'est l'orifice externe ou inférieur du canal carotidien (15), dont l'orifice interne ou supérieur (13) a été déjà décrit sur le sommet du rocher. — Dans le reste de son étendue, la zone interne est formée par une surface rugueuse sur laquelle vient s'insérer le muscle i^éristaphylin interne. — L'orifice inférieur dn canal carotidien et la fosse jugulaire sont

séparés l'un de l'autre par une crête osseuse, ordinairement très mince/parfoisplus ou moins tranchante. Sur le sommet de cette crête ou sur son versant externe, existe un petit trou ; c'est Vorifice inférieur du canal tympanique ou canal de Jacobson (fig. 445,11'), qui s'ouvre d'autre part dans la caisse du tympan et qui livre passage au nerf de Jacobson, branche du glosso-pharyngien. Une petite gouttière à direction antéro-postérieure relie le trou précité à la fossette péti^euse que nous allons voir tout à l'heure sur le bord postérieur du rocher.

d. Face antéro-inf érieure . — La face antéroinférieure (fig. 146) appartient, comme la précédente, à la surface extérieure de la base du crâne. Dans ses deux tiers externes, elle est représentée par une surface concave, lisse et unie, que l'on rattache ordinairement à la cavité glénoïde du temporal (voy. Arthrologie). Cette surface appartient à une lame osseuse fort mince, presque transparente, quelquefois même percée d'un trou, qui forme la paroi antérieure du conduit auditif externe et qui, embryologiquement est une partie de l'os tympanal. — Dans son tiers interne, notre face antéro-inférieure est constituée par le rocher : elle revêt à ce niveau l'aspect d'une petite surface triangugulaire, souvent creusée en gouttière à sa partie inférieure. Elle répond, en haut au muscle du marteau, en bas à la portion cartilagineuse de la trompe d'Eustache. — Au point de réunion des deux surfaces précitées, la surface pétreuse et la surface tympanique, se voient les orifices externes de deux canaux superposés dans le sens vertical ; nous nous contenterons de les signaler ici ; nous les retrouverons dans un instant à propos du bord antérieur de l'os.

Face inférieure du rocher, pour rendre plus visibles certains détails de la ligure précédente.

Se reporler, pour les chiffres 1 à U, à la légende de la figure l ii. En outre :

1 r, orifice inférieur du canal de Jacobson. — 11", gouUiére. quelciucfois convertie en canal, conduisant de l'aqueduc du limaçon au canal de Jacobson. — 20, conduit carotido-tj nipanique, — 21, conduit du rameau do la fosse jugulaire.

D. Bords. — Les quatre bords du rocher séparent les faces que nous venons de décrire. On les distingue en supérieur, inférieur, postérieur et antérieur :

a. Bord supérieur. — Le bord supérieur, le plus long des trois, se dirige obliquement, comme le rocher lui-même, de dehors en dedans et d'arrière en avant. — Il est parcouru, dans la plus grande partie de son étendue, par une gouttière peu profonde dans laquelle chemine le sinus pétreux supérieur et qui, jDOur cette raison, est appelée gouttière pétreuse supérieure (fig. 140, 7j. Il n'est pas rare d'y rencontrer un ou plusieurs orifices pour des veines qui viennent s'ouvrir dans le sinus. A son extrémité' externe, le bord supérieur dn rocher s'amincit et forme une sorte de crête tranchante qui surplombe la gouttière du sinus latéral. — A son extrémité interne, il nous présente assez souvent deux gouttières à direction antéropostérieure (fig. 14!2 : l'une externe (3), plus large, pour le trijumeau ; l'autre

os DU CRANE

interne (9), beaucoup plus étroite, pour le nerf moteur oculaire externe. — C'est le bord supérieur du rocher qui, sur la base du crâne, sépare l'étage postérieur de l'étage moyen. Sur lui, vient s'attacher la tente du cervelet.

b. Bord inférieur. — Le bord inférieur (fig. 146), toujours très marqué, est formé par une crête tranchante qui porte le nom de crête pélreicse (15). — Cette crête commence, en dehors, à la partie antérieure de l'apophyse mastoïde et, de là, se dirige en avant et en dedans. A 1 centimètre environ de son origine, elle passe au-devant de l'apophyse styloïde et lui forme une demi-gaine, que l'on désigne sous le nom cVapophyse vaginale (13'). Plus loin, elle forme successivement la paroi antérieure de la fosse jugulaire et du canal carotidien et disparait ensuite dans le quart interne de l'os : sur ce point, qui répond à la trompe d'Eustache, les deux faces antéro-supérieure et antéro-inférieure du rocher ne sont plus séparées que par un bord mince, assez souvent peu marqué.

c. Bord postérieur. — Le bord postérieur (fig. 144) nous présente successivement, en allant de dedans en dehors : 1° une gouttière obliquement ascendante, la gouttière péireuse inférieure (12), qui répond au sinus de même nom ; 2" une petite excavation en forme de pyramide triangulaire, la fossette pétreuse (H), qui renferme à l'état frais le ganglion d'Andersch (voy. Glosso-pharyngien) ; du fond de cette fossette part un petit conduit, Vaqueduc du limaçon, où s'engagent une artériole et une veinule qui aboutissent au limaçon de l'oreille interne ; 3" à l'angle externe de la fosse pétreuse, une petite apophyse en forme d'épine (9'), Vépine jugulaire du temporal {processus infra-jiigularis de IIenle), qui, sur le crâne articulé, répond à une épine analogue située sur le bord inférieur de l'occipital ; 4° en dehors de l'épine jugulaire, une lamelle mince et tranchante, qui limite en arrière la fosse jugulaire et dont le bord libre nous présente le plus souvent une échancrure, Véchancrure jugulaire du temporal ; 5" enfin, \à facette jugulaire et la gouttière pétreuse latérale (10), cfue nous avons déjà mentionnées ci-dessus, la première à propos de la face postéro-inférieure du rocher, la seconde à propos de la portion mastoïdienne.

Envisagé au point de vue de ses connexions, le bord postérieur du rocher répond au bord inférieur de l'occipital. Il s'articule avec ce dernier os par ses parties interne et externe. Sa partie moyenne, celle qui correspond à la fossette pétreuse et à l'échancrure jugulaire, ne prend pas contact avec l'occipital ; elle en reste séparée par un intervalle irrégulier qui, sur le crâne articulé, prend le nom de trou déchiré postérieur (voy. Crâne en général, p. 168.)

d. Bord antérieur . — Le bord antérieur du rocher, libre dans sa moitié interne, s'articule à ce niveau avec la grande aile du sphénuïde, en ménageant un nouvel orifice à contours fort irréguliers, le trou déchiré antérieur (voy. Crâne en général).

Dans sa moitié externe, au contraire, il s'unit intimement à la portion écailleuse. La ligne d'union de ces deux pièces osseuses, plus ou moins effacée sur la surface endocranienne de l'os, est marquée sur la surface exocranienne par la scissure de Glaser, que nous avons déjà rencontrée plusieurs fois au cours de notre description, et sur laquelle nous nous arrêterons un instant. — Cette scissure, dans sa partie externe, est toujours simple (fig. 146). Elle est formée en avant par la portion écailleuse, en arrière par cette portion de la face antéro-inférieuix^ du rocher qui dérive du cercle tympanal : elle mérite donc le nom de scissure tympano-écailleuse . — J)ans sa partie interne, la scissure est plus complexe. Il vient, en effet, s'interposer à ce niveau, entre les deux pièces osseuses précitées, une troisième pièce osseuse ayant la forme d'une lame ti'ès mince (fig. 146,7) : c'est

OSTÉOLOGIE

le bord libre du tegmen tympani. lequel, on le sait, est une dépendance du rocher. Quoicjue très mince, le bord libre du tegmen tj-mpani sépare l'une de l'autre l'écaillé et l'os tympanal et prend lui-même contact avec ces deux portions osseuses.

j II existe donc sur ce point, non

pas une scissure unique comme tout à l'heure, mais deux scissures distinctes, l'une antérieure ou pélro- squameuse (10), l'autre postérieure ou pétro-tympa7îique (9). Nous devons ajouter que certains auteurs, Gegexbaur entre autres, réservent le nom de scissure de Glaser pour cette dernière scissure.

La portion libre du bord antél'ieur (hi rocher d'une part et, d'autre part, la partie la plus interne de l'écaillé temporale délimitent entre elles un angle rentrant, de 70° environ, dans lequel vient se loger l'extrémité postérieure de la grande aile du sphénoïde. En regardant de face le sommet de cet angle, on aperçoit nettement deux canaux osseux superposés comme les canons d'un fusil double. Embryologiquement, ces deux canaux sont constitués en dedans et en haut par la portion pétreuse, en dehors par la portion tympanique (fig.. 141, G, 13 et 14). Ils aboutissent l'un et l'autre à la caisse du tympan et nous les retrouverons plus tard quand nous étudierons l'oreille moyenne (voy.

Organes des sens). Nous nous contenterons d'indiquer ici que le canal supérieur livre passage au muscle du marteau et ^que le canal inférieur n'est autre que la portion osseuse de la trompe d'Eustache.

Fig. r.G

La cavité glénoïde du temporal et ses parties avoisinantes.

1, apophyse zygomalique. — 2, sa racine Iraiisveise ou condvlc du temporal. — 3, sa racine longiludinale. avec : 3', sa Ijranclie àscendanle; 3", sa branche descendante. —4, tubercule zve-oinatique. — 5, caviti glénoïde. — 6, |)ortion tympanique de l'os, avec : C, la ligne de soudure de son bord antérieur avec l'écaille ; 6" la ligne de soudure de son bord ])0st(5rieur avec rapophysc mastoVde."— 7, bord libre du tegmen tympani. — 8, scissure tympano-squameuse. — 9, scissure pétro-tympanique ou scissure de Glaser proprement dite. — 10, scissure pétro-squamcuse. — 11, conduit auditif externe. — 11 , spina supra meatum. — 12, apophyse mastoVde — 13, apophyse styloide, avec 13', son apophyse vaginale. — 14, trou stylo-mastoidien. — lo, crête pétreuse. — Ifi, facétie sous-lemporalc. —

17, gouttière vasculaire pour la temporale profonde postérieure. —

18, canal carotidien, 18', son orifice autéro-supéricur. — 19, fosse jugulaire. — 20, gouttière digastrique. — 21, sillon de l artérè occipitale. — 22, écliancrure pariétale.

E. Can.\ux CREU.sÉi DA^'.^ LE liociii':!!. — l^a portion pierreuse du temporal est creusée d'un grand nombre de canaux vasculaires et nerveux, dont la connaissance est absolument nécessaire pour aborder avec fruit l'étude des nerfs et des vaisseaux. Voici, sommairement résuine'e, la description des quatre conduits principaux :

a. Canal carotidien, livrant passage à V artère carotide interne. — Il commence à la face inférieure du rocher, oîi nous avons décrit son orifice inférieur, et se termine au sommet du même os, oîi nous avons vu son orifice supérieur. Ce canal, d'abord ascendant, se coude à angle droit après un parcours de 7 à 10 millimètres.

os DU CRANE

devient ainsi horizontal et conserve cette direction jusqu'à sa terminaison ; la longueur de sa portion horizontale est de 18 à H'i millinuMres. Le canal carotidien mesure donc en moyenne, de son orifice d'entrée à son orifice de sortie, de 28 à 32 millimètres. Son diamètre varie de 5 à 7 millimètres.

b. Co7iduit carotico-tympanique . — Sur la paroi externe de la portion ascendante du canal carotidien, à 5 ou 6 millimètres au-dessus de l'orifice inférieur de ce canal, se voit un petit trou circulaire (flg. 141, B, 15), souvent double : c'est l'orifice inférieur d'un petit conduit, le conduit carotico-tympanicjue, c|ui aboutit d'autre part à la partie antéro-inférieure de la caisse du tympan. 11 livre passage à une artériole, branche de la carotide interne, et à un petit filet nerveux, le filet carotico-tympanique, qui relie le nerf de Jacobson au plexus carotidien.

c. Canal ou aqueduc de Fallope livrant passage au nerf facial. — ■ il commence dans le fond du conduit auditif interne, au niveau de la fossette antérieure et supérieure que nous avons déjà décrite, et se termine au trou stylo-mastoïdien qui nous est également connu. Le canal de Fallope, en fuyant le conduit auditif interne, se porte d'abord en avant, perpendiculairement à l'axe du rocher, vers l'hiatus de Fallope ; puis, se coudant brusquement, il se dirige en dehors parallèlement à l'axe du rocher ; enfin, se coudant de nouveau, il se porte en bas en suivant un trajet vertical. Au total, l'aqueduc de Fallope présente deux coudes, lesquels se divisent en trois portions : une première portion, horizontale etantéropostérieure, longue de 3 à 5 millimètres ; une deuxième portion, horizontale et transversale, mesurant une longueur de 12 à 15 millimètres ; une troisième portion, verticalement descendante, présentant également de 10 à 12 millimètres de longueur. Sur l'aqueduc de Fallope viennent se brancher plusieurs conduits secondaires, que nous étudierons plus tard en décrivant le nerf facial.

d. Canal de Jacobsoii ou canal tympanique livrant passage au nerf de Jacobson. — Considérez, sur la face inférieure du rocher, la crête osseuse qui sépare la fosse jugulaire de l'orifice inférieur du canal carotidien (fig. 145j : sur le sommet de cette crête ou en un point qui est peu distant de ce sommet, le plus souvent alors sur le versant externe ou jugulaire, existe un petit trou circulaire (11') : c'est l'orifice inférieur d'un étroit canal, que nous désignerons sous le nom de canal de Jacobson. Une gouttière antéro-postérieure (11") le réunit presque toujours à l'aqueduc du linfiaçon. Ce canal se porte ensuite verticalement en haut et un peu en dehors et s'ouvre à la partie inférieure de la caisse du tympan, pour se continuer en une gouttière qui est creusée sur le promontoire. Il mesure en moyenne de 6 à 8 millimètres de longueur.

4" Conformation intérieure. — L'écaillé temporale, analogue en cela à la grande aile du sphénoïde, est formée par deux lames de tissu compacte, interceptant entre elles, mais par places seulement, une couche fort mince de tissu spongieux. ■ — Le tissu spongieux est beaucoup plus abondant dans la portion mastoïdienne. Mais ce qui caractérise avant tout cette portion du temporal, c'est l'existence dans son épaisseur de nombreuses cavités, les cavités mastoïdiennes, qui communiquent toutes ou presque toutes avec la caisse du tympan, et ne sont par conséquent c|ue de simples dépendances de cette dernière cavité. Nous les décrirons plus tard à propos de l'oreille moyenne (voir t. III, Organes des sens). — Quant au rocher, il est presque exclusivement formé de tissu compacte et présente une dureté toute particulière, à laquelle il est redevable de son nom. Le rocher est creusé, lui aussi, de nombreuses cavités, conduit auditif externe, caisse du tympan, vestibule, caiiaux

OSTÉOLOGIE

demi-circulaires, limaçon, destinées à loger les parties les plus intéressantes et les plus délicates du sens de l'ouïe. Nous renvoyons encore la description détaillée de ces différentes cavités à l'article Oreille (voy. t. III, Organes des sens).

Connexions. — Le temporal s'articule avec cinq os : 1» en haut, avec le pariétal; 2° en arrière, avec l'occipital ; 3" en avant et en dedans, avec le sphénoïde ; 4'^ en avant et en dehors, avec le malaire ;

•S" en bas, avec le maxillaire inférieur ou mandibule. Enfm, par l'apophyse styloïde, il entre en relation avec l'arc hyoïdien.

Insertions musculaires. —

Quinze muscles, non compris ceux de l'oreille moyenne, prennent insertion sur le temporal.

Nous envisagerons ces insertions musculaires sur l'écaillé, sur l'apophyse mastoïde, sur l'apophyse zygomatique, sur l'apophyse styloïde et sur le rocher (flg. 147).

a. Sur l'écaillé s'insère un seul muscle, le crotaphyte ou temporal (1).

b. Sur V apophyse mas tokle s'insèrent six muscles : l'occipital (2) , l'auriculaire postérieur (3), le sterno-cléido-mastoïdien (4), le splénius capitis (5), le petit complexus (6), et le digastrique (7).

c. Sur Vapophyse zygomatique, deux muscles seulement : le masséter (8) et, sur certains sujets, un faisceau de l'auriculaire antérieur (9) .

d. Sur Vapophyse styloide s'in- I), parfois un stylo-hyoïdien pro-

Fig. 14:.

Le lenifioral, vu par sa face exocraiiienne, avec les iiiserlions musculaires.

(Pour la signilication des chiiïi'iis, so reporter à ralinéa ci-oonlre, relatif aux dilTcrentes insertions musculaires du temporal.)

sèrent quatre muscles ; le stylo-glosse (10), le stylo-hyoïdien (1 fond (12), le stylo-pharyngien (13).

e. Sur le rocher.

Développement.

le péristaphylin interne (14), et parfois le pétro-pharyngien d'ALBiNus (15).

— Le temporal se développe par quatre centres d'ossification, comprenant chacun plusieurs points secondaires : un centre pour Fécaille, un pour le rocher, un pour le cercle tympanal, un pour l'apophyse styloïde. Les trois derniers de ces centres apparaissent en plein cartilage : le premier, destiné à l'écaillé, se développe directement, sans cartilage préexistant, dans la trame embryonnaire.

1° Vécaille commence à s'ossifier au troisième mois de la vie fœtale. Elle se développe par trois points d'ossiflcation distincts, qui sont situés (fig. 148) : le premier ou point zygomatique {l), à la base de l'apophyse zygomatique; le deuxième ou point squameux (2), sur la partie squameuse proprement dite, un peu au-dessus du précédent; le troisième ou point épitympanique (3), un peu au-dessus du cercle tympanal.

2° Le rocher commence à s'ossifier vers le quatrième mois de la vie intrautérine. 11 se développe par de nombreux points d'ossification, en tout vingtsix, d'après Ra.mbaud et Renault, dont dix-sept primitifs et neuf complémentaires. — Des dix-sept points primitifs, deux sont destinés au limaçon, six aux canaux demi-circulaires, neuf aux osselets de l'ouïe. — Les neuf jjoints complémentaires se répartissent de la façon suivante : trois pour le limaçon, trois pour les canaux demi-circulaires, un pour le toit de la caisse, un pour son plancher, un pour l'apophyse mastoïde. — La portion mastoïdienne du temporal, comme l'a depuis longtemps démontré Béclard, est une dépendance du rocher et ne possède qu'exceptionnellement un ou deux points qui lui appartiennent en propre.

3" Le cercle tympanal s'ossifie dès le cinquième mois par trois points distincts : un point médian ou inférieur, un point antérieur et un point postérieur. Ces trois points se soudent entre eux très rapidement, de façon à former un cercle osseux interrompu seulement à sa partie supérieure. Nous avons déjà indiqué au début de notre description (p. 146) les transformations successives que subit le cercle tympanal, pour arriver à former cette gouttière osseuse qui constitue la plus grande partie du conduit auditif externe. Nous n'y reviendrons pas ici.

Ossification de l'écaille et du cercle tympanal , em bryon de 45 jours (d'après Rasiuaud et Ren.4ult).

\, point zygomatique.

— 2, point squameux. — 3, point épitympanique.

— 4, point ' moyen ou inférieur du cercle tympanal, aTec 5, b', point postérieur et point antérieur.

os DU CRANE

4" L'apophijse sti/loule se développe aux dépens d'une partie du deuxième arc branchial cartilagineux. Son ossification est bien tardive comparativement aux trois pièces précédentes : ses points d'ossification ne se montrent, en effet, que vers la huitième année (Rambaud et Renault). On en compte ordinairement deux : l'un au niveau de la base, l'autre à sa partie moyenne. Il en existe c[uelc|uefois un troisième au niveau de la pointe.

La soudure des trois pièces essentielles du temporal, l'écaillé, la portion pétreuse et la portion tympanique, commence dans le dernier mois de la vie fœlale. A la naissance, cette soudure est déjà Irès avancée. Elle s'achève dans la première année ou dans la première moitié de la seconde. Quant à l'apophyse styloide, elle ne se soude au temporal que vers la douzième année.

Les cavités mastoïdiennes n'existent pas chez le nouveau-né. Ce n'est que vers la fin de la première année qu'elles apparaissent, par résorption graduelle de la couche de tissu osseux qui sépare à leur niveau la table externe de la table interne. Ces cavités, analogues en cela aux sinus frontaux, s'accroissent avec l'âge et présentent leur maximum de développement chez les vieillards.

Variétés. — Les variations morphologiques du temporal sont fort nombreuses et nous devons nous borner à signaler les principales. — On a vu la portion ccailleuse divisée en deux portions distinctes par une suture transversale {IIvril). — Dans certains cas. l'écaillé temporale envoie un prolongement antérieur qui s'articule avec le frontal, interceptant ainsi toute espèce de ccmtact entre le pariétal et la grande aile du sphénoïde. Celte disposition a été étudiée chez les sujets russes par Gruceiî (Mé;n. de VAcad. imp. des Se. de Sl-Péterboi/rg, 1874), qui l'a constatée 1,50 0/0. Caloiu [Stiir anom . sutura fret laporz. squam. deltemp. eVoss. front.., 1874) a rencontré la même fréquence chez les sujets italiens. Rankf, (Beitr. z. Aiithi-opologie und Urr/escliic/ite Bayerns), sur des crânes français et bavarois, est arrivé à la proportion de 1,70 0/0. On peut admettre avec Stieda (Arcliiv fi'ir Anthrop., 1878, S. 119) que cette anomalie se rencontre en moyenne 1 fois sur 100. — Il est relativement ijlus fréquent de rencontrer, entre le frontal et l'écaillé temporale, un oswormien. — On peut observer sous la racine de l'apophyse zygouiatique un trou (foramen juguture spuriirm de Luschka), par le(:[uel passe une veine émissaire, faisant communicfuer la circulation des sinus intra-craniens avec la veine jugulaire externe. — Le long de la suture pétro-occipitale, il peut exister, un peu en dedans du trou déchiré postérieur, un canal anormal, à travers lequel passe le sinus pélreux intérieur. — Sur la face antérieure du rocher, la ligne de séparation primitive de l'écaillé et du rocher peut persister dans toute son étendue sous la forme d'une feiite sinueuse, la fissure pétro-squameuse : de ce fait, la mince lame du rocher qui avoisine cette fissure [tef/men tijuipani) est plus ou moins indépendante. — VoLTOLiM (cité par IIyrtl) a décrit, sous le nom de canalis petroso-niastoideus, un petit conduit qui met en communication la cavité crânienne avec les cavités mastoïdiennes et dans lequel vient s'enfoncer un prolongement de la dure-mère. — (Voy. encore pour les variations des cavités mastoïdiennes : riYnïL, C. R. des sciences de l'Ac. imp. de Vienne, I8ô8, et Zo.)a, SutV apofisi mastdidea, Milano, 1804.)

§ Vif. — Os WOR.MIEXS

Les os wormiens sont de petits os surnuméraires que Ton rencontre accidentellement entre les divers os du crâne. Ils sont ainsi appelés du nom d'un médecin danois Olal's Wormics ou Woum, qui les a décrits au commencement du xvii" siècle (1611). Toutefois, il serait inexact d'attribuer leur découverte à Worm. Bien avant lui, Goxtiueu d'.Vndernach, médecin de François et l'un des maîtres de Vësale, avait donné une bonne description de ces joroductions osseuses, connues d'ailleurs dès la plus haute antiquité. On sait qu'elles tenaient une place importante dans la pharmacopée des médecins grecs, qui les employaient contre les alîections cérébrales, l'épiiepsie, etc.

Avec Pozzi nous distinguerons les os wormiens en deux groupes : les [aux os wormiens et les os ivormietis vrais. — Les pi-emiers résultent d'une anomalie de développement d'un os normal. Ce sont, en d'autres termes, des centres d'ossification, qui, au lieu de se souder à l'os dont ils dépendent, sont restés indépendants. Tels sont le dédoublement du pariétal, le dédoublement de l'écaillé temporale, l'os épactal. — Les os wormiens vrais dérivent, au contraire, d'un ou de plusieurs points d'ossification surajoutés : ils comprennent par conséquent toutes les pièces osseuses surnuméraires, développées le long de la partie marginale des os du ci^dne.

A.NATOaiE HUMAINE. —

T. I, 4*^ ÉUIT.

OSTÉOLOGIE

Du reste, on rencontre les os wormiens, soit au niveau des sutures, soit au niveau des fontanelles, d'où leur subdivision toute naturelle en loormiem sutiiraux et loormiens fontanellaires.

\° Os wormiens suturaux. — Parmi les premiers, il convient de signaler : \° Vos sagittal, développé entre les deux pariétaux, en tout autre point que celui où siège anormalement la fontanelle sagittale (voy. Pariétal, p. 144) ; 2° les w^ormiens développés dans les sutures occipito-pariétale, fronto-pariétale, pariétosphénoïdale, pétro-occipitale (pour les wormiens développés dans ces deux dernières sutures, voy. Gruber, Beitr. zur Anat. der Schadelbasis, Saint-Pétersbourg, 1869). Exceptionnellement (un fait de ïh. Simon, Virchoios Archiv., 1873, deux faits de Chambellan, 77i. inaitg., Paris, 1883), on rencontre un os wormien dans la suture médio-frontale ou métopique.

2° Os wormiens fontanellaires. — Les wormiens fontanellaires peuvent se rencontrer au niveau de presque toutes les fontanelles, normales ou anormales, de la boîte crânienne. Il convient, pour ne j)as compliquer inutilement la terminologie, de leur donner le nom de la fontanelle où ils se trouvent logés. C'est ainsi que nous avons : 1'^ l'os wormien fontanellaire bregmatique, observé pour la première fois par Bertin, généralement très volumineux ; 2° l'os loormien fontanellaire lambdatique, développé dans la fontanelle médiane postérieure et souvent confondu avec les os wormiens suturaux qui l'accompagnent ; 3" l'os ivormien fontanellaire astérique, situé dans la fontanelle latérale postérieure, au point de réunion de l'occipital, du pariétal et du temporal {astérion des anthropologistes) ; 4'' l'os îvormien fonta7xellaire plérique, situé dans la fontanelle latérale antérieure, au point de rencontre du pariétal et de la grande aile du sphénoïde {ptérion des anthropologistes) ; 5° l'os ivormien fontanellaire orbitaire (extrêmement rare), situé dans la fontanelle orbitaire (Pozzi), au point de jonction du frontal, de l'os planum et de la petite aile du sphénoïde.

Quant aux fontanelles anormales, elles peuvent, elles aussi, être comblées par des os surnuméraires. La fontanelle sagittale, par exemple, possède parfois (2 fois sur 198 crânes de Parisiens, d'après Chambellan) un os wormien, qu'il convient d'appeler os wormien obélique (du mot obélion des anthropologistes), pour le distinguer de l'os wormien sagittal, qui n'est qu'un wormien suturai. La fontanelle naso-frontale ou glabellaire (du mot glabelle des anthropologistes) peut présenter également un os wormien, os ivormien glabellaire ; Pozzi en a signalé un exemple frappant sur le crâne n°485 du musée de Caen.

Tout récemment Manouvrier {Bull. Soc. d'Anthrop., 1886) a décrit sous le nom d'os insulés, un nouveau groupe d'os wormiens qui se développent, loin des sutures et des fontanelles, au milieu même d'un os normal. Il ne les a observés jusqu'ici que sur le frontal, le temporal et le sphénoïde, et sur la table interne seulement, d'où le nom d'os wormiens endocraniens sous lequel il les désigne encore. Ces osselets paraissent, du reste, être assez fréquents : sur 58 crânes parisiens, qu'il a examinés à ce sujet, Manouvrier a constaté leur présence sur IS. Hyrtl a observé, lui aussi, un os insulé sur le pariétal, au voisinage de la suture pariéto-écailleuse.

Quel que soit le groupe auquel ils appartiennent, les os wormiens sont très variables dans leurs dimensions, dans leur forme et aussi dans leur épaisseur. Ils sont formés le plus souvent aux dépens de toute l'épaisseur du crâne ; mais ils peuvent aussi être formés seulement aux dépens de la table externe [exocraniens].

DU CRANE EN GÉNÉRAL

plus rarement aux dépens de l'interne {endocraniens). J'ai eu l'occasion, tout récemment, de rencontrer toute une série d'os wormiens se rattachant à cette dernière variété, sur les fosses occipitales d'un jeune enfant hydrocéphale.

Contrairement à l'opinion de Béclard, enseignant que les os wormiens n'apparaissent que cinq ou six mois après la naissance, il est démontré aujourd'hui, par l'existence hien constatée de ces os surnuméraires, sur des crânes de fœtus (Chambellan), que leur développement peut se l'aire dès la vie intra-utérine. Ils proviennent de centres d'ossification spéciaux, lesquels ne se sont pas soudés avec les centres d'ossilication normaux dont l'évolution produit les os du crâne.

Il résulte d'une série considérable d'observations prises par Chambellan sur des crânes d'Incas, de Parisiens, d'Auvergnats, de Néo-Calédoniens, de Nègres, que, dans ces diverses races, le nombre d'os wormiens présenté par le côté droit est toujours supérieur au nombre offert par le côté gauche (1.43'J du côté droit, pour 1.185 observés du côté gauche). Le même observateur a cru pouvoir établir (loc. cit., p. 71) que les os wormiens sont « d'autant plus nombreux que la capacité crânienne est plus considérable », conclusion déjà formulée par IIyrtl, et, d'autre part, que les « brachycéphales ont plus d'os wormiens que les dolichocéphales ».

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