‹ Traité d'anatomie humaine (volume 5)Chapitre 25 sur 176 · OS DU CRANE · texte numérisé non relu

OS DU CRANE

latéraux ou «/as minimse de Liischka {Zeitsch. fiir wissensch. Zoologie, 1856, p. 123), disposition constante, d'après Hyrtl, dans les différentes espèces du genre chien. Les alai minhnse peuvent être indépendantes (W. Krause). — Les sinus sphénoïdaux sont très variables dans leur étendue et dans leur configuration; ils sont le plus souvent inégaux et, dans ce cas, c'est tantôt le gauche, tantôt le droit qui est le plus grand. On a vu les sinus s'étendre en avant jusque dans les petites ailes, et en arrière jusque dans la portion basilaire de l'occipital (Soemmering). On les a vus, chez l'adulte, constitués par une masse de petites cavités ou cellules. Enfin, ils peuvent comniuniciuer avec la cavité crânienne par un orifice qui vient s'ouvrir dans la selle turcique. — On rencontre quelquefois, chez les nouveau-nés, un canal qui part de la selle turcique pour aboutir au pharynx : c'est le canal cranio-pharyngten, bien décrit par Landzert (Petersburger medicinische Zeilschrift, 1868, t. XIV, p. 133) et renfermant, avec quelques vaisseaux, un prolongement de la dure-mère. Romiti (Sienne, 1888) a observé ce canal sur une petite fille de cinq ans. Maggi {Arch. -per l'Antr., 1891) l'a rencontré 19 fois sur 64 anthropoïdes examinés. — Indépendamment de ce canal craniopharyngien médian, Sternberg {Arch.f. Anat. u. Physiol., 1890) a décrit chez le nouveau-né deux canaux cmnio-pliaryngiens latéraux, qui se trouvent au niveau de l'insertion de la grande aile sur les faces latérales du corps. Ces deux canaux, qui persistent parfois chez l'adulte à des degrés divers, représenteraient, d'après Sternberg, le vestige d'une fontanelle membraneuse du crâne primordial cartilagineux. — On aperçoit quelquefois, sur la face orbitaire des grandes ailes, un trou (Albinus, tab. I, X; tab. V, fig. 7), par lequel pénètre dans l'orbite une branche de l'artère méningée, moyenne, accompagnée d'une veine. — Sur la face inférieure de la grande aile du sphénoïde, on observe assez souvent un petit sillon qui se dirige obliquement en avant et en dehors : c'est le sulciis crolaphilicus. Ce sillon est recouvert, à l'état frais, par un pont ligamenteux qui peut s'ossifier : il en résulte la formation d'un trou osseux, le foramen crotaplnticobuccinalorium de Hyrtl, à travers lequel passe la branche motrice du nerf maxillaire inférieur ou nerf crotaphitico-buccinateur. — On rencontre assez fréquemment (60 à 70 p. 100), un peu au-dessous du trou ovale, une bandelette fibreuse qui prend naissance en avant sur le bord postérieur de l'aile externe de l'apophyse ptérygoïde et qui, de là, vient s'insérer sur l'épine du sphénoïde : c'est le ligament ptérygo-épinetix de Civimxi. Cette bandelette fibreuse s'ossit^e parfois (3 p. 100) chez l'adulte : il en résulte la formation d'un trou osseux, le trou ptérggcépineux, quelquefois double, à travers lequel passent ordinairement les vaisseaux et nerfs ptérygoïdiens internes. Mais les rapports du trou ptérygo-épineux avec les diverses branches du nerf maxillaire inférieur sont excessivement variables. C'est ainsi que, sur 104 cas réunis par la Société anatomique anglaise, les deux nerfs lingual et dentaire inférieur passaient 92 fois sur le côté externe du ligament ptérygo-épineux et 12 fois sur son côté interne (voy. à ce sujet Valenti, Monlt. Zool., 1891; von Brunn, Anal. Anzeiger, 1891; Grosse, ibid., 1893). — Sur le côté externe de la base de cette même aile externe, existe quelquefois un canal destiné à laisser passer l'artère maxillaire interne ; cette disposition a son homologue chez le lapin (W. Krause, Aiiatomie des Kanindiens, 1868, p. 48). — Le trou optique peut être double : Soemmering, Theile, Dubreuil et plus récemment Zoja (Bollet. scient! fico de 1886) en ont rapporté des exemples. D'après ce dernier anatomiste, l'un des trous, le plus grand, est occupé par le nerf optique ; l'autre, le plus petit, livre passage à l'artère ophthalmiqne ou à l'une de ses branches.

§ IV. — Occipital

L'occipital (fig. 131 et 132) est un os impair, médian, symétfique, occupant la partie postérieure, inférieure et moyenne du crâne. 11 repose sur la première pièce de la colonne vertébrale, l'atlas, et représente morphologiquement, comme nous le verrons plus tard, la première des vertèbres crâniennes. Envisagé dans son ensemble, l'occipital, concave en haut et en avant, convexe en bas et en arrière, affecte une forme assez irrégulièrement losangique et, de ce fait, nous offre à considérer deux faces, quatre bords et quatre angles.

1" Face postéro-inférieure, convexe ou exocranienne. — Sur la face postéroinférieure (fig. 131), nous voyons tout d'abord un vaste orifice, appelé troïc occipital. Cet orifice, de forme ovalaire à grand diamètre antéro-postérieur, mesure en moyenne 35 millimètres de longueur sur 30 millimètres de largeur. 11 fait communiquer la cavité crânienne avec le canal vertébral et livre passage, à l'état frais, à la moelle et à ses enveloppes, ainsi qu'aux deux nerfs spinaux, aux racines ascendantes de l'hypoglosse et aux deux artères vertébrales. Le trou occipital se trouve, chez l'homme, sur un plan à peu près horizontal, disposition essen-

OSTÉOLOGIE

tiellenient caractéristique de la station liipède. (Au sujet des angles occipitaux de Daubenton et de Broca, mesurant le degré d'inclinaison du trou occipital, voy. plus loin p. 242.) Nous examinerons successivement la face exocranienne de l'occipital : 1° en avant du trou occipital ; 2° en arrière de ce trou ; 3° sur les côtés.

a. En avant du Irou occipital. — En avant du trou occii^ital, nous rencontrons une surface quadrilatère, plus longue que large, obliquement dirigée de bas en haut et d'arrière en avant : c'est la surface basilaire de l'occipital. Cette surface nous présente sur la ligne médiane, en son milieu ou à l'union de ses deux cinquièmes postérieux's avec ses trois cinc|uiènies antérieurs, une saillie de 1 ou 2 millimètres de hauteur, sur laquelle vient prendre attache l'aponévrose du pharynx : on lui donne, pour cette raison, le nom de tubercule pharyngien (fis- l'-'O).

La partie de la surface basilaire, qui est placée en arrière et sur les côtés du tubercule pharyngien, est fort inégale. Elle donne insertion, à droite et à gauche de la liune métiiane. aux deux muscles arand droit antérieur et petit droit antérieur de la tête (voy. lig. 132,10 et 11).

La partie tle la surface basilaire qui se trouve située en avant de ce même tubercule répond ù la voûte du pharynx. Elle nous présente ordinairement (dans les 2/3 des cas environ) une légère dépression médiane (lig. 130,2), allongée dans le sens antéropostérieur, à laquelle I'oelchex a donné le nom de fossette naviculaire. Au fond de la fossette naviculaire se voit quehjuefois une deuxième fossette beaucoup plus petite, arx'ondie ou ovalaire, à bords nettement circonscrits, connue sous le nom de fossette pharyngienne {i') : elle répond, à l'état frais, ù la poche pharyngienne de Luschka. Nous aurons à y revenir plus tard à propos du pharynx.

b. Kn arrière du trou occipital. — En arrièi^e du trou occipital s'étale la portion à la fois la plus large et la plus mince de l'os : c'est la portion écailleuse ou, tout simplement, Vécaille de l'occipital. Nous y remarquons, en son milieu, une saillie rugueuse, lii protubérance occipitale externe, ])\yx^ ou moins développée suivant les sujets et donnant insertion au ligament cervical postérieur et ù plusieurs muscles.

Au-dessus de la pi'otubérance, l'occipital est lisse et répond aux téguments, dont il est séparé cependant, sur les côtés par les muscles occipitaux, sur la ligne médiane par l'aponévrose épicranienne.

Au-dessous, au contraire, il est fortement accidenté pour des insertions musculaires. Les principaux détails C|u'on y rencontre sont les suivants. — Tout d'abord, la crête occipitale externe, saillie linéaire située sur la ligne médiane et allant de la protubérance occipitale externe au trou occipital. • — De chaque côté de cette crête s'échappent deux lignes courbes, à concavité antérieure, qui se dirigent transversalement de la ligne médiane vers le bord antérieur de l'os. On les distingue sous les noms de ligne courbe occipitale supérieure ci ligne courbe occipitale inférieure : la première prend naissance sur la protubérance occipitale elle-même et donne insertion au muscle occipital, au trapèze, au sterno-eléidomastoïdien et au splénius de la tête ; la seconde se sépare de la crête en un point

Face inférieure de l'apophyse basilaire d"un crâne des cavernes de Madagascar (collection du muséum) .

I, Uibcrcule pliar;. ugicii. — 2, fossette naviculaire, avec 2', fossette [iliaru]- Sienne. — 3, 3', orifices iiost^rieiirs des i'osscs nasales ou clioanes. — 4, 4'. condjles de roccipital. — 5, 5, trous décliirfs antérieurs. — C, roclier.

os DU CRANE

qui est situé à peu près à égale distance de la protubérance occipitale et du trou occipital et, de là, ss dirige vers l'apophyse jugulaire. — Entre les deux lignes courbes, se trouvent des rugosités pour l'insertion du grand complexus et de l'oblique supérieur de la tête. — Sur la ligne courbe inférieure et au-dessous d'elle, existent également des rugosités pour l'insertion des muscles grand droit et petit droit postérieurs de la tète (voy. fig. 133j.

c. Sur les côtés du trou occipital. — De chaque cùté du trou occipital, enfin, nous voyons deux éminences articulaires, de forme elliptique, obliquement dirigées d'arrière en avant et de dehors en dedans : ce sont les condijles de V occipital. — Leur face inférieure, convexe et parfaitement lisse, s'articule avec les cavités glénoïdes de l'atlas. Elle est souvent rétrécie et comme étranglée à l'union de son tiers antérieur avec ses deux tiers postérieurs, disposition que nous avons déjà signalée sur la facette cori"espondante de l'atlas. — Leur face interne présente une empreinte rugueuse pour l'insertion des ligaments ondotoïdiens latéraux.

— Leur face externe est séparée du bord de l'os par une surface rugueuse, la surface jugulaire, sur laquelle vient s'attacher le muscle droit latéral de la tète.

En arrière et en avant de chaque condyle, se trouvent deux dépressions, désignées sous les noms de fossette condylienne antérieure et de fossette condylienne postérieure. — ■ La fossette condylienne postérieure est souvent percée d'un trou, le trou condylien postérieur, par où passe une veine, et quelquefois aussi une artériole, branche de la méningée postérieure. — La fossette condylienne antérieure présente également un trou, celui-ci constant : c'est le trou condylien antérieur, pour le passage du nerf grand hypoglosse, qu'accompagne parfois une artériole provenant de la méningée postérieure.

2" Face antéro-supérieure, concave ou endocranienne. — Cette face (fig. 132) qui est en rapport avec la masse encéphalique et qu'on appelle pour cette raison face endocranienne, nous présente de nouveau le trou occipital, sur la description duquel il est inutile de revenir. Comme nous l'avons fait pour la face exocranienne, nous examinerons successivement notre face endocranienne, en avant, en arrière et sur les côtés du trou occipital :

a. En avant du trou occipital. — En avant du trou occipital, se trouve une gouttière inclinée en bas et en arrière : c'est la gouttière basilaire, dans laquelle se logent la protubérance annulaire et une partie du bulbe rachidien. On distingue

AN.^TOMIE HUMAINE. — T. ], 4'' ÉorP. 18

Fig. 131.

Occipital, face postéro-inférieure ou convexe.

1, aiigio supérieur. — 2, angles laléraux. — 3, a|jO[>!i;ses jugulaires. — -1, apophyse basilaire. — o, condylcs. — 6, trou occipital. — 7, protubérance occipitale externe {inlon). — S, crête occipitale externe. — 0, lignes courbes supérieures. — in, lignes courbes inférieures. — II, écaille de l'occipital. — 'Des flèclies rouges sont passées dans les trous condj liens postérieurs et antérieurs.)

OSTÉOLOGIE

assez souvent dans cette gouttière une dépression ovalaire qui reçoit la partie renflée de la protubérance e^, au-dessous, une crête plus ou moins accusée qui répond au sillon bulbo-protubérantiel. Les parties latérales de la gouttière basilaire sont creusées d'une petite rigole, qui concourt à loger le sinus pétreux inférieur.

b. En arrière du trou occipital. — En arrière du trou occipital, nous observons <]uatre dépressions, que l'on désigne sous le nom de fosses occipitales; on les distingue en inférieures et supérieures. — Les deux inférieures ou fosses cérébelleuses sont en rapport avec les hémisphères dn cerv^elet. — Les deux supérieures ou fosses

cérébrales répondent à l'extrémité postérieure des lobes cérébraux et, de ce fait, nous présentent des éminences mamillaires et des impressions digitales.

Les limites séparatives de ces différentes fosses sont très nettement marquées par des crêtes ou saillies, dont le point de réunion, situé sur la ligne médiane, constitue la protubérance occipitale interne. Elle est placée en regard de la protubér'ance occipitale externe que nous avons déjà décrite sur la face précédente.

Les deux fosses cérébelleuses sont séparées l'une de l'autre par une crête médiane, la crête occipitale interne, qui s'étend de la protubérance occipitale au trou occipital. Elle est plus accusée que son homologue de la face externe et donne attache à la faux du cervelet. Inférieui'ement, élle se divise en deux branches, arrondies et mousses, qui se perdent insensiblement sur le pourtour du trou occipital. — A leur tour, les deux fosses cérébrales sont séparées l'une de l'autre par une gouttière médiane, qui fait suite à la gouttière sagittale et loge la terminaison dn sinus longitudinal supérieur. — Enfin, chaque fosse cérébrale est séparée de la fosse cérébelleuse du même côté par une gouttière transversale, qui n'est qu'une branche de bifurcation de la gouttière précédente. Cette gouttière transversale, qui loge la première portion du sinus latéral, est presque toujours plus grande du côté droit que du côté gauche, comme l'ont i^emarqué depuis longtenqDS Morgagni et IIun.vuld,

c. Sur les côtés du trou occipital. — Sur les côtés du trou occipital, se trouve d'abord le trou condylien antérieur et, en arrière de lui, le trou condylien postérieur, deux trous que nous avons déjà signalés sur la face inférieure de l'os. Le trou condylien postérieur est situé généralement en un point qui est également distant du trou occipital et du bord de l'os. 11 n'est pourtant pas très rare de le renconti^er dans le voisinage de l'écliancrure jugulaire.

Bords. — Les bords de l'occipital (fig. 131 et 13-2) sont au nombre de quatre

Fig. 132.

Occipital, l'ace autéro-supérieure ou concave.

I, gouttière lougitudiiiale. — 2, gouttières latérales. — 3, créto occi|)italc interne. — 4, protubérance occipitale interne. — 5, fosses occipitales supérieures ou cérébrales. — G, fosses occipitales inférieures ou cérébelleuses. — 7, trou occipital. — 8, apophjse basilaire, avec le trait de scie qui l'a séparée du spbéuoïde. — 9, apophyse jugulaire. — (Des Uècbes rouges sont passées dans les trous condy liens antérieurs.)

os DU eu ANE

comme dans un losange : deux supérieurs on |)ari(Haux,, deux inférieurs ou temporaux.

a. Bords pariétaux. — Les bords pariétaux, sensiblement rectiiignes, sont Jiérissés de très longues dentelures, qui s'engrènent avec les dentelures bomologues du hovd postérieur du pariétal, pour former la suture lambdoïde. La direction rectiligne de ces bords est parfois interrompue par la pi'ésenee d'os wormiens.

b. Bords temporaux . — Les bords temporaux sont divisés en deux parties à peu près égales par une forte saillie, qu'il est toujours facile de reconnaître : c'est Vapopliy se jugulaire, laquelle limite en avant la gouttière latérale et présente en debors une facette rugueuse, destinée à s'articuler avec une facette semblable de la porlion pierreuse du temporal. — ■ La portion du bord inférieur, qui est située en arrière de l'apophyse jugulaire, est faiblement dentelée et s'articule avec la portion mastoïdienne du temporal. — La portion qui est en avant présente tout d'aboi'il une échancrure à bord lisse. V échancrure jugulaire : elle est souvent subdivisée ellemême en deux parties par une petite épine et contribue, sur le crâne articulé, à former le trou déchiré postérieur. A la suite de cette échancrure se trouve une surface rugueuse, de forme triangulaire, destim-c .à s'articuler avec le sommet du rocher.

4° Angles. — Les angles de l'occipital (lig. 181 et 132; sont également au nombre de quatre, fisse distinguent, d'après leur situation, en supérieur, inférieur, latéraux :

a. Angle supérieur. — L'angle supérieur, aigu et fortement dentelé, vient se loger dans l'angle rentrant que forment en arrière les deux pariétaux. Il est parfois l'emplacé par un os wormien.

b. Angle inférieur. — L'angle inférieur, très épais et tronqué, s'articule avec le corps du sphénoïde. Nous avons déjà dit plus haut, à propos de ce dernier os, que le sphénoïde et l'occipital se soudaient à ce niveau de très bonne heure et ne pouvaient être séparés, chez l'adulte, que par un trait de scie.

c. Angles latéraux. — Les angles latéraux, obtus et dentelés, regardent i-n dehors et correspondent, sur le crâne, au point de r('union du pariétal et du temporal.

5° Conformation intérieure. — L'occipital, comme tous les os du crâne, est formé par deux lames de tissu compacte, emprisonnant entre elles imc couche plus ou moins épaisse de tissu spongieux. Cette dernière couche fait à peu près défaut au niveau des fosses occipitales et principalement au niveau des fosses inférieures ou cérébelleuses; de là, la minceur et parfois même la transparence que présente l'os dans cette région. Par contre, le tissu spongieux forme : 1° une couche relativement épaisse au niveau des bords ; 2° entre les deux protubérances : 3° sur les condyles ; 4" sur le pourtour du trou occipital : 5° sur l'apophyse basilaire.

Dans cette dernière région, on observe même, chez quelques sujets, de véritables cavités, sinus ou cellules basilaires, qui communiquent avec les sinus sphénoïdaux et sont tapisst'es. à l'état frais. ])ar un prolongement de la muqueuse pituitaire.

Connexions. — L'occi[)ital s'articule avec six os : en avant, avec le spliénoïde; en liaut, avec les deux pariétaux; sur les cotés, avec les deux temporaux: en bas, avec l'atlas.

OSTÉOLOGIE

b. Apophyse jugulaire.

Apophyse hasilaire

L'occiiiilal, vu par sa face exocraniennc, avec les insertions musculairess.

(Pour 1(1 signification des cliilîres, se reporter au tal)leau ci-contre.)

Insertions musculaires. — L'occipital donne insertion à douze muscles. Ces insertions musculaires se trouvent résumées dans la figure 133 et dans le tableau qui lui est juxtaposé.

1, Occipito-fi'ontal. 2

2, Trapèze.

3, Sterno - cléido - mastoïdien (faisceaux sterno- et cléido-occipitaux) .

a. Ecaille { 4, Splénius capitis.

5, Grand complexus.

6, Petit droit postérieur.

7, Grand droit postérieur.

8, Oblique supérieur ou petit oblique.

9, Droit latéral.

10, Petit droit antérieur.

11, Grand droit antérieur.

12, Constricteur supérieur du phat rynx (par l'aponévrose du pliais rynx).

Développement. — L'occipital se développe par cinq points d'ossification principaux, qui apparaissent vers la fin du second mois et le commencement du troisième : un pour l'apophyse basilaire, un pour chacune des régions condyliennes, deux pour la portion écailleuse (fig. 134). De ces deux derniers points, l'un, point inférieur de Vécaille, répond à la partie cérébelleuse de l'écaillé occipitale et se développe, comme le point basilaire et les points condyliens, dans le cartilage ; l'autre, ;)o/»/ supérieur de l'écaillé, correspond à la partie cérébrale de l'os et apparaît, en dehors de toute formation cartilagineuse, dans la couche membraneuse qui l'orme la partie convexe du crâne primordial (voy.

\{.OL\Mi¥.\\,Milir. Anal., II, p. 374, etZeitschr. f. Wiss. Zool., WKicmm-, Muller's Archiv., 1849, p. 432, et 1852, p. 258). Chacun de ces deux points serait primitivement double (KoLLiKEti, Broca).

Voici dans quel ordre se fait la réunion de ces divers centres d'ossification. Le point supérieur de l'écaillé se fusionne de bonne heure avec le point inférieur. Cette fusion ne se fait, tout d'abord, que sur la ligne médiane ; de chaque côté, existe une fissure transversale que l'on retrouve encore chez le nouveau-né. L'écaillé temporale se soude avec les portions condyliennes dans le cours de la deuxième année seuleinent. Jusqu'à cet âge, il existe entre l'écaillé et les masses condyliennes une bande cartilagineuse qui permet à la portion écailleuse de l'occipital d'exécuter, sur la portion basilaire, des mouvements d'avant en arrière, et d'arrière en avant, de véritables mouvements de flexion et d'extension ». Ce mouvement de bascule se produit particulièrement dans les accouchements avec présentation du sommet. La bande cartilagineuse en question est connue en obstétric[ue sous le nom de charnière obstétricale ou charnière de Budin. La réunion de la portion basilaire avec la portion condylienue ne s'eli'ectue que plus tard, au cours de la troisième ou de la quatrième année.

Indépendamment des centres principaux que nous venons de décrire, on observe des points d'ossification secondaires, fort variables en nombre et en importance, dont le plus intéressant est certainement celui qui a été signalé par Kerkring sur le rebordpostérieurdu trou occipital, entre l'os condylien du ciîté gauche, et l'os condylien du côté droit (Og. 134,8). Hartmann a pu décrire ainsi huit points osseux pour l'écaillé occipitale seulement. KôLLiicER {Euibryoloyie, p. 465) ne s'explique ce nombre que par des « anotnalies dans le travail d'ossification ». Pour lui, l'osselet de Kerliri n y Im-mème serait loin d'être constant.

Fig. 134.

Ossification de l'occijjital.

1, point l)asilaire. — 2, 2, points condyliens. — 3, 3. le point douljle inférieur do l'écaillé. — 4. 4, le point douille supérieur (ie i'écaille. — o, li'^àure transversale séparant primitivement les points inférieure! supérieur. — 6. charnière obstétricale, — 7, li'^ne de réunion des points basilaii-e et condyliens. — 3, osselet de Kerkring. — 9, trou occipital. — 10, os épactal.

os DU CRANE

Dans deux mémoires publiés récemment, Hagen (Bull. mens. del'Acad. des sciences de Berlin, 1879) et Anoutchine [Bail, de la Soc. d'Anthropologie de Moscou, 1880) ont multiplié, comme l'avait fait Hartmann, les points d'ossification de l'écaillé occipitale. Enfin, dans un travail plus récent encore. Hannover, de Copenhague [le Cartilage primordial et son ossification dans le crâne humain avant la naissance, 1881), arrive à des conclusions qui diffèrent fort peu de celles de KôLi.iKER. Pour lui, en effet, l'écaillé occipitale se développerait par deux points d'ossification seulement, correspondant le premier à la portion cartilagineuse, le second à la portion non cartilagineuse ou membraneuse . De telles divergences appellent de nouvelles recherches, dans lesr[uelles il faudra tenir compte, un peu plus C[ue ne l'ont fait certains observateurs, des variations individuelles.

Variétés. — La surface inférieure ou articulaire du condyle est ciuekjuefois partagée en deux facettes indépendantes, l'une antérieure, l'autre postérieure. IIvrtl pense que la facette antérieure s'est développée aux dépens du point d'ossification de l'apophyse basilaire. — Sur le pourtour du trou condylien antérieur, on rencontre fréc[uemment un ou plusieurs petits conduits accessoires pour le passage de quelques veinules. — Le trou condylien postérieur fait souvent défaut {38 p. 100 d'un seul côté, 21 p. 100 des deux côtés, W. Krause). — Quelquefois on rencontre dans la région de la crête occipitale externe un ou deux trous, par lesquels passent des vaisseaux sanguins (Soemmebing). — Sur le milieu du bord antérieur du trou occipital, existe parfois une petite facette articulaire pour l'extrémité supérieure de l'apophyse odonto'ide, disposition qui est normale (Hyrtl) chez quelques mammifères. Cette facette surmonte parfois un prolongement plus ou moins considérable : c'est le troisième condgle de l'occipital, dont Rosini (1881), Legge (1883), Tafani (1885), Sehgi (1886), etc., nous ont rapporté plusieurs exemples. — Une autre anomalie qui est fort intéressante au point de vue de son honiologie avec une disposition qui est typique chez quelques mammifères, est la présence, sur la ligne médiane et un peu en avant du trou occipital, d'un tubercule incrusté de cartilage, correspondant à une facette articulaire concave, c[ue l'on rencontre dans ces cas sur l'arc antérieur de l'atlas (voy. Friedlowsky, \Vie7ier Akadem. Sitzungsb., vol. 60). — La fossette pharyngienne que nous avons signalée plus haut au cours de notre description sur la face inférieure de l'apophyse basilaire se rencontrerait chez l'homme avec une proportion de 1 pour 100, d'après Roiirn. D'après les recherches récentes d'EscAT, elle serait extrêmement fréquente dans la race nègre, moins fréquente dans la race jaune, moins fréquente encore dans la race blanche. Elle est normale chez quelques animaux, notamment chez le phoque. Son apparition chez l'homme parait résulter, d'après Roiirn, soit de la persistance partielle du sillon longitudinal qui occupe chez le fœtus la face inférieure de l'apophyse basilaire, soit de l'existence d'un diverticule pharyngien anormal situé en arrière de la poche de Rathke. — Le professeur IIyrtl a décrit le in'emiev (Wiener Med. Woclienschrift, 1860), dans la région de l'apophyse jugulaire, une apophyse creuse, communiquant avec les cellules mastoïdiennes du temporal (apophyse pneumaticjue de Hyrtl). — Zo.ia (Boll. scienfifico, 1889) a rencontré sur quatre sujets, au niveau de la protubérance occipitale interne, une dépression plus ou moins profonde, qui répondait au pressoir d'ilérophile ou torcular et à laquelle il a donné le nom de fossette torculaire. — On rencontre quelquefois sur les bords de l'écaillé, au niveau ou au-dessus de la ligne courbe occipitale supérieure, des sillons horizontaux, se rapprochant plus ou moins de la ligne médiane et constitués par de vraies fissures, indices de la multiplicité des centres d'ossification. A un degré plus avancé, ces fissures donnent lieu à l'anomalie suivante.

Os épactal. — On donne ce nom à une formation osseuse indépendante, occupant la partie supérieure de l'occipital, qu'il sépare des pariétaux. Il est l'homologue chez l'homme de Vos interpariélal, que l'on rencontre normalement chez un grand nombre d'animaux. A l'état de développement parfait, l'os épactal ou interpariétal (ces deux termes sont pour moi synonymes) affecte la forme d'un triangle dont le sommet, dirigé en haut, répond à l'extrémité postérieure de la suture sagittale et dont la base est représentée par une suture transversale, qui, passant à un ou deux centimètres au-dessus de la protubérance occipitale externe, viendrait aboutir de chaque côté à la limite inférieure de la suture lambdoïde. On voit par cette description sommaire que l'épactal n'est autre chose que la portion la plus élevée de l'écaillé occipitale non soudée au reste de l'os. Mais il s'en faut de beaucoup que l'os épactal soit toujours aussi simple : il présente des variations de forme et d'étendue souvent très considérables ; il peut, en outre, être formé par deux ou même trois pièces distinctes (voyez à ce sujet l'intéressant mémoire de Jac- QUART, De la valeur de l'os épactal, in Journ. de l'Anatomie, t. II, 1865). — Tchudy et IIivero, dans leurs An tiquités péruviennes publiées en 1853, avaient signalé comme constante, du moins chez les enfants, l'existeni'e de l'os épactal dans les races primitives du Pérou : de là, la dénomination d'os Incse, d'os des Incas, qui fut donné à l'épactal. Les recherches ultérieures de Broca (Bull. Soc. Anthrop., 2" série, t. X, p. 133) et de Topinard (l'Anthropologie, 2° édit., p. 110) ont montré tout ce qu'il y avait de fantaisiste dans l'affirmation de Tchudy et Rivero. — Dans les races allemandes, l'os épactal se rencontrerait 2 ou 3 fois sur 100 d'après AVelcker, 8 fois sur 100 chez les Bavarois d'après Ranke.

Apophyse paramasto'idienne. — L'apophyse jugulaire, si réduite chez l'homme, est représentée chez quelques mammifères, notamment chez le porc et chez les herbivores, par une saillie volumineuse qui se projette en avant en forme d'épine. Elle parait suppléer chez eux à l'absence de

OSTÉOLOGIE

l'apophyse mastoïde, d'où le nom d'apophyse paramasto'idienne sous lequel on la désigne. Mais, chez l'homme même, l'apophyse jugulaire peut présenter un développement insolite, assez prononcé parfois pour la mettre en contact avec l'apophyse transverse de l'atlas. C'est assurément là une disposition homologue de la formation paramasto'idienne, signalée plus haut. Je l'ai vue dans un cas atteindre '22 millimètres de longueur et s'articuler avec l'apophyse transverse de l'atlas, à l'aide d'une facette ovalaire à grand axe transversal f|ui mesurait 10 millimètres de largeur sur 8 millimètres de hauteur.

Os basiolique. — Albrecht (Mémoire sur le basiotiqiie, Bruxelles, 1883) a donné ce nom à une pièce osseuse, plus ou moins indépendante, qu'il a observée sur des points anormaux, entre le corps du sphénoide et l'occipital. Il a montré en même temps que cette pièce osseuse, impaire et médiane, appartient à la portion basilaire de l'occipital et cjue ce que nous décrivons sous le nom d'apophyse basilaire est constitué en réalité par la réunion de deux os ayant chacun la signification d'un corps vertébral. Le basiolique n'est autre que le plus antérieur de ces deux os. Sans avoir d'os basiolique distinct, l'apophyse basilaire de l'occipital nous présente assez fréquemment des échancrures ou même des fissures latérales, qui sont certainement les vestiges de sa division primitive en pièces multiples.

Fossette vermienne. — La crête occipitale interne, en descendant de la protubérance vers le trou occipital, se divise parfois en deux crêtes latérales, interceptant entre elles une dépression znédiane plus ou moins profonde : c'est la fossette cérébelleuse moi/enne (Verg.\) ou fossette vermienne (Albrecht), ainsi appelée parce qu'elle loge le lobe moj'en du cervelet ou verrais. Elle a été surtout étudiée en Italie par Verga, par Lombroso, par Romiti, etc. Manouvrier, en France, l'a constatée assez fréquemment sur des crânes, parfaitement normaux d'ailleurs, dans la collection du musée Broca. C'est là bien certainement une anomalie réversive : la fossette vermienne existe en effet normalement chez la plupart des mammifères et notamment chez tous les singes, à l'exception des trois anthropo'ides qui se rapprochent le plus de l'homme, le chimpanzé, le gorille et l'orang.

Le pariétal, ainsi appelé de {paries, paroi) parce qu'il forme la plus grande partie des parois du crâne, est ivn os pair situé au-dessus du temporal, en arrière du

frontal, en avant de l'occipital. Il a une forme assez régulièrement quadrilatère et présente par conséquent: deux faces, que l'on distingue en externe et interne, quatre bords et quatre angles.

1" Face externe ou exocranienne.

— La face externe (tig. 135). forlement convexe, nous présente à son centre une saillie arrondie, la bosse pariétale, Ijeaucoup plus marquée chez l'enfant que chez l'adulte. — Au-dessous d'elle, se voient deux lignes courbes, demicirculaires et à peu près concentriques, dont la concavité regarde en bas et en avant. Ce sont les deux lignes te^nporales : l'inférieure dojine insertion au muscle temporal ; la supérieure donne attache à l'aponévrose de ce muscle. — La portion de l'os qui est située au-

Fig. 135.

Pariétal, face externe ou convexe.

1, bord supérieur. — 2, bord inférieur. — 3, bord postérieur. — 4, bord antérieur. — 5, bosse pariétale. - C, 6, la dCSSUS dCS ligUCS tcmpOralCS CSt régUdouble ligne temporale. — 7, trou pariétal. <-> x

(La teinte rose indique la partie de l'os (8) sur laquelle le lièremCUt arrOUdlC Ct llSSC ; elle répOUd

muscle temporal prend ses insertions.) v y ^^^^-^^^^0^^ épicraniCUne . — La por-

tion qui est située au-dessous fait partie de la fosse temporale (voy. cette région, p. 169). Elle répond, à l'état frais, au muscle temporal.

os DU CRANE 143

2° Face interne ou endocranienne. — La face interne du pariétal (fig. 136) est fortement concav(>. — Nuus y voyons tout d'abord à son centre une dépression, la fosse pariétale, correspondant à la bosse de même nom. — Nous y rencontrons ensuite tout un système de gouttières ramifiées, qu'on a compai^^es aux nervures d'une feuille de figuier. La gouttière principale, le tronc pour ainsi dire qui fournit presque toutes les autres, part de l'angle antéroinférieur du pariétal et, de là, se dirige obliquement en liant et en arrière ; elle est parfois transformée, à son origine, en un canal complet. Un peu en arrière de cette gouttière principale, s'en trouvent d'ordinaire une ou deux autres, qui partent non plus de l'angle, mais du bord inférieur de l'os. Dans ces gouttièi-es rameuses du pariétal clieminent les ramitications de l'artère et des veines méningées moyennes.

Moulée sur le cerveau, la face interne du pariétal est parsemée d'impressions digitales et d'éminenccs mamillaires, corresponflant exactement aux circonvolutions et aux anfractuosités cérébrales. Elle nous présente, enfin dans le voisinage du bord supérieur, une série de dépressions ou fossettes irrégulières, particulièrement accusées chez le vieillard : elles sont en rapport avec de petites masses granuleuses, qui se développent sur les méninges et que nous étudierons plus tard sous le nom de corpuscules de Pacchioni (voy. Méninges). Ces fossettes occupent presque toujours l'extrémité d'une des gouttières vasculaires dont il a été question plus haut.

3° Bords. — Les quatre bords du pariétal se distinguent en supérieur, inférieur, antérieur et postérieur. Ils sont tous plus ou moins rectilignes, h. l'exception du bord inférieur qui est concave,

a. Bord supérieur. — Le bord supérieur, très épais et fortement dentelé, s'articule avec le bord correspondant du pariétal opposé pour former la suture sagittale. Il est creusé, du côté de la face interne, d'une demi-gouttière qui, en se réunissant avec la demi-gouttière du côté opposé, constitue une gouttière complète : c'est la gouttière longitudinale , où chemine le sinus longitudinal supérieur. Près du bord supérieur du pariétal ou quelquefois même sur ce bord, à 2 ou 3 centimètres en avant de l'angle postéro-supérieur, existe d'ordinaire un petit trou, \q trou pariétal, dans lequel s'engage la veine émissaire de Santorini. — Sur la portion du bord supérieur qui répond à ce trou, les dents osseuses s'atténuent considérablement ou même disparaissent d'une façon complète : à ce niveau (fig. 151,5), la suture sagit-

Fig. 136.

Pariétal, face interne ou concave.

1, boril aiiLéi'ieur. — 2, bord supérieur. — 3, bord postérieur. — •i, bord inCérieur. — o, angle antéro-supérieur. — C, angle antéroinférieur. — 7, angle postéro-inl'érieur. — 8. angle posléro-supérieur. — 9, fosse pariétale. — 10, trou pariétal. — 11, 12, 13. goutlièrcs Viisculuires. — 14, gouttière du sinus latéi-al.

OSTÉOLOGIE

taie est naturellement fort simple : nous verrons plus loin (p. "237) qu'on donne à cette région du crâne le nom d'obélion.

h. Bord inférieur. — Le bord inférieur, mince et tranchant, fortement taillé en biseau aux dépens de la table externe, s'articule avec la portion écailleuse du temporal.

c Bord antérieur. — Le bord antérieur, finement dentelé, s'articule avec le frontal. Il est, lui aussi, taillé en biseau, aux dépens de la table externe dans ses deux tiers supérieurs, aux dépens de la table interne dans son tiers inférieur.

d. Bord postérieur. — Le bord postérieur, armé de longues dentelures, s'articule avec l'occipital pour former la suture lambdoïde.

4" Angles. — Les angles du pariétal sont au nombre de quatre, deux antérieurs et deux postérieurs :

a. Angle antéro-supérieur. — L'angle antéro-supérieur est droit. 11 s'articule en avant avec le frontal, en dedans avec le pariétal du côté opposé.

b. Angle anléro-inférieur. — ■ L'angle antéro-inférieur, mince, aigu, allongé, s'articule avec la grande aile du sphénoïde. C'est sur la sui^face interne de cet angle qu'est creusée la gouttière, déjà décrite, de l'artère méningée moyenne, d'où la recommandation, écrite dans tous les traités de médecine opératoire, de ne jamais pratiquer sur ce point l'opération du trépan.

c. Angle posléro-supérieur. — L'angle postéro-supérieur, légèrement obtus, s'articule à la fois avec l'occipital et avec le pariétal du côté opposé.

d. Angle postéro-inférieur. — L'angle postéro-inférieur, légèi'ement tronqué ou même échancré, se loge dans l'angle rentrant que forme la portion mastoïdienne du temporal avec la portion écailleuse du même os. Il est creusé, du côté de la face endocranienne, d'une portion de gouttière, généralement très visible, qui contribue à former la gouttière latérale.

5" Conformation inférieure. — La constitution anatomique du pariétal rappelle beaucoup celle du frontal. Le diploé, relativement assez abondant h la partie supérieure de l'os, est beaucoup plus rare à sa partie inférieure. Il n'y forme pas une nappe continue, mais, comme le remarque Sappey, de simples îlots irréguliers, dans rintervMlle desquels les deux tables externe et interne se confondent.

Connexions. — Le pariétal s'articule avec cinc[ os du crâne : en avant, avec le frontal ; en arrière, avec l'occipital; en haut, sur la ligne médiane, avec le pariétal du côté oppposé; en bas, avec le temporal et le sphéno'ide.

Insertions musculaires. — Le pariétal donne insertion à un seul muscle : le muscle temporal. Cette insertion est située sur la face exocranienne de l'os, immédiatement au-dessous de la ligne courbe inférieure (voy. flg. 135,8).

Développement. — Comme Fécaille temporale et la partie supérieure de l'occipital, le pariétal se développe au.x. dépens du crâne membraneux, sans préexistence du cartilage. Il provient d'un seul point d'ossification, qui apparaît, vers le 40" jour de la vie intra-utérine, dans le point oii sera plus tard la bosse pariétale. De ce centre d'ossification partent des travées osseuses rayonnantes, qui se prolongent en tous sens, en formant deux couches : l'une j)rofonile, qui deviendra la table interne de l'os; l'autre superficielle, qui deviendra la table externe. Il résulte d'un tel mode de développement, que le pariétal affecte pendant longtemps une forme irrégulièrement circulaire et se trouve ainsi séparé des os voisins par de larges espaces membraneux, qui constituent ce que Ton appelle les fontanelles. Ce n'est C[ue plus tard que le pariétal, envahissant ces espaces, les comble peu à peu et acquiert sa configuration définitive, qui est celle d'un quadrilatère.

Variétés. — 1° On a vu le pariétal constitué par deux pièces osseuses superposées et sépa. rées l'une de l'autre par une suture antéro-postérieure sensiblement parallèle à la suture sagittale {suture sous-sagittale dePozzi). — CVoyez à ce sujet Gkuber. Arch. f. path. Anatomie, 1870.)

2» Lorsqu'on examine un crâne au b" mois de la vie fœtale, on s'aperçoit que, tandis ciue les deux pariétaux sont à peu près en contact dans la plus grande partie de leur étendue, il existe

os DU CRANE

un point correspondaQt à la ligne de jonction des deux trous pariétaux, où les deux os sont encore séparés par un espace dont l'étendue, soit en longueur, soit en largeur, atteint plusieurs centimètres. Que cet espace persiste après la naissance et l'on aura, en avant de la fontanelle postérieure, une deuxième fontanelle plus petite, fontanelle saçiittale. signalée depuis longtemps par Geudy [Thèse inaug., Paris, 1837) et par Bahkow (Comparative Morphology), mais particulièrement bien étudiée, à une époque plus récente, par Hamy (Journal de Robin, 1870-71), par Broc.\ [Bull, de la Soc. d'Anthrop., 1875) etpar Augirr (Thèse inaug., Paris, 1875). La fontanelle sagittale siège à 2 centimètres en avant du lambda, sur la suture des deux pariétaux. Elle peut être unilatérale, affectant alors la forme d'un petit triangle ; ou bien elle empiète à la fois sur l'un et l'autre des pariétaux, d'une façon symétrique et, dans ce cas, elle revêt une forme losangique. Les dimensions de la fontanelle sagittale varient de 1 à 30 millimètres. On la rencontrerait, d'après Broca, une fois sur quatre, sur les enfants nouveau-nés.

3° Le travail d'ossification tendant à combler la fontanelle sagittale par ses bords, il arrive un moment où cette lacune interpariétale n'est plus représentée que par une scissure transversale, qui peut persister chez l'adulte. Ainsi se trouve constituée une anomalie nouvelle, Vincisure pariétale.

4° Les dimensions du trou pariétal varient d'ordinaire d'un tiers de millimètre à un millimètre A la suite d'un trouble de l'ossification, on le voit atteindre de 4 à 5 millimètres et même davantage, 3 centimètres (Larrey), la largeur du doigt (Humphry). — Quant au nombre des trous pariétaux, il est tout aussi variable : il n'en existe souvent qu'un seul, et, dans ce cas, le trou pariétal unique peut se trouver soit sur la ligne médiane, soit en dehors de cette ligne, à gauche ou à droite. 11 peut y en avoir trois, deux d'un coté et un seul du côté opposé. 11 peut, enfin, en exister quatre, deux de chaque côté. Il semblerait résulter des observations de Broca que les trous pariétaux, quel qu'en soit le nombre, ne sont que de simples vestiges d'une scissure \w\'\7.o\ii&\e, Vincisure pariétale signalée ci-dessus, qui se serait fermée sur tous les autres points.

5" Au sujet de la double ligne temporale, voyez Schwegl, Zeitschrift f. rat. Med.. 1861, t. XI, p. 392; Denkschrift d. Wiener Akad., vol. XXXII ; Jhering, Arch. f. Anat. und Physiol., 1875.

§ V I . — Te,\i l'Oit al

I.e temporal, ainsi appelé parce qu'il est siLiu' à la région de la tempe, est mi us pair, occupant, de chaque côté de la boîte crânienne, tout l'espace qui se trouve compris entre l'occipital, le pariétal et le sphéno'ide. Il renferme les organes essentiels de l'audition et acquiert, de ce fait, une importance toute particulière.

Morphologiciuement, le temporal diffère suivant les âges et ses modifications sont telles qu'avant d'entreprendre la descripli(jn de l'os "adulte, nous croyons devoir indiquer sommairement cruelle est la constitution anatomique de l'os fœtal et quelles sont les transformations évolutives que présente ultérieurement cet os fœtal pour arriver ù son complet développement. Cette excursion préalable sur le terrain embryologique nous paraît ici indispensable : elle nous fixera nettement, d'abord, sur certains détails que nous rencontrerons plus tard au cours de notre description : elle permettra ensuite à l'élève de rectifier de lui-même certaines inexactitudes, peu graves du reste, de la terminologie classique. Cette terminologie nous est imposée par un long usage et il y aui\ait, à la changer, beaucoup plus d'inconvénients que d'avantages.

Si nous prenons en mains le temporal d'un fœtus de 7 ou 8 mois, nous constatons tout d'abord qu'il est constitué par trois pièces osseuses parfaitement distinctes : la portion écailleuse, la portion pierreuse et la portion tympanique. — La portion écailleuse ou écaille (iig. occupe la partie antérieure et supé-

rieure de l'os. Elle revêt la forme d'une lamelle osseuse aplatie et fort mince, à contour irrégulièrement circulaire. — La poriion pierreuse, portion pétreuse ou rocher {W.^. 137, 3j, ainsi appelée en raison de sa dureté toute particulière, est située en arrière et en dedans de la précédente. Elle ressemble assez bien, dans son ensemble, à une pyramide quadrangulaire dont l'axe se dirigerait oblic|uement de dehors en dedans et d'arrière en avant. Son sommet, tronqué, regarde en avant et en dedans. Quant à sa base, elle fait partie de la surface extérieure du crâne et vient se

ANATOMIE HUMAliNE. — T. 1, 4« KDIT. 19

OSTEOLOGIE

placer immédiatement en arrière de la portion écailleuse. — hnportion tympanique (fig. 137,1), située sur le cùté externe de la portion pétreuse et au-dessous de l'écaillé, i^vêt la forme d'un cercle incomplet, je veux dire d'un cercle dont on aurait enlevé le cinc|uièmo supérieur environ : de là le nom de cercle lympanal que lui donnent encore la plupart des anatomistes. On lui distingue, en raison de sa forme et de son orientation, une partie moyenne ou inférieure, une partie antérieure, une partie lîostérieure et, enfin, deux extrémités ou cornes, l'une postérieure, l'autre antérieure. Nous ajouterons qu'il présente sur sa surface interne un

A B Fig. 137.

Le temporal du nouveau-né : A, vu par sa face exocraiiiemie ; B, vu par sa l'ace endocrauienne.

1 , cercle tynipanal, avec 1', sa branclic antérieure : 1", la membrane du tj mpan, en partie réséquée pour laisser voir la caisse. — 2. écaille (en bleu), avec 2', rupophjse zygomalique. — 3, portion pétreuse (en rose), avec : 3', sa région mastoïdienne •. 3", son sommet. ■ — 4, fissure pétro-squameuse. ■ — 5, tegnicn tjnipani. — 6, saiKie du canal demi-circulaire supérieur ou cmineritia arcuata. — 7. lossa subarcuala. — 8, conduit auditif inlerne. — 9, aqueduc du vestibule. — 10, ligne de soudure de la corne anti'ricure du cercle tjmpanal avec l'écaiUe. — 11, orifice interne du canal carotidien.

sillon, comme lui circulaire : c'est le sulcus tympanicus, dans lequel vient s'attacher la membrane du tympan (fig. 141, S).

Si, maintenant, nous considérons ces trois pièces osseuses dans leurs rapports réciproques, nous voyons : 1° que l'écaillé prend contact avec la portion pierreuse suivant une ligne oblique, qui est visible à la fois sur la face endocranienne et sur la face exocranienne de l'os et que l'on désigue sous le nom de scissure pétroécailleuse ou pélro-squameuse (fig. 137,4) ; 2° que l'os tympanal s'unit par ses deux cornes avec la partie inférieure de l'écaillé ; 3° que ce même os tympanal, dans tout le reste de son étendue (partie antérieure, partie moyenne et partie postérieure), répond à la portion pierreuse et s'unit à elle suivant une ligne, fort irrégulière mais encore très visible, qui prend naturellement le nom de scissure pétro-tympanique ou tympano-pétreuse.

Plus tard, au cours du développement, l'écaillé et le rocher se soudent entre eux et, de ce fait, la scissure pétro-écailleuse disparaît, ne laissant après elle que quelques vestiges sur lesquels nous aurons à revenir plus tard. — En même temps la base de la portion pétreuse, se développant d'une façon toute particulière, s'étend à la fois, en haut, en bas et en arrière. En acquérant de l'importance, elle acquiert aussi une certaine individualité : elle devient la portion mastoïdienne du temporal. — Mais la pièce osseuse qui subit les transformations les plus profondes, c'est le cercle tympanal. Tout en conservant sa forme demi-circulaire, il se développe à la fois en dedans et en dehors : en dedans, il rencontre immédiatement la partie correspondante du rocher et se soude à lui, en faisant disparaître la scissure pétro-tympanique ; en dehors, ne rencontrant aucun obstacle, il s'étend librement dans une longueur de 15 ou 16 millimètres, de telle sorte que, lorsqu'il

os DU CRANE

a atteint son complet développement, il a la forme, non plus d'un cercle incomplet, mais d'un cylindre creux incomplet, autrement dit d'une gouttière demicirculaire à concavité dirigée en haut (fig. 138,8). Cette gouttière, comme on le verra plus tard, forme les trois parois antérieure, inférieure et postérieure du conduit auditif externe, la quatrième paroi ou paroi supérieure étant constituée par la portion écailleuse. Nous ferons i^emarquer encore que les extrémités ou cornes du cercle tympanal, s'étant développées en dehors comme les autres portions de la pièce osseuse, sont maintenant devenues des hords. Du reste, leurs connexions sont restées les mêmes et si on jette les yeux sur un temporal d'adulte ^n' (fig. 139), on constate nettement : d'une part, la ligne de soudure du bord anté- „ ^r*

rieur à la partie inférieure de l'écaillé; / \ .5

d'autre part, la ligne de soudure du bord (' v ••■■y'-M ' z,-^*:?-,', postérieur à la partie antérieure de l'apo- '^.^«fe ^

physe mastoïde qui, à ce niveau, est ^^^^^B' * /

réellement formée par un prolongement ^'^iS^ ■§ ^ '

de l'écaillé. 'o^f

L'ossification du crâne une fois termi- ;^S«i^^^P^~~°**^^ née, le temporal forme un tout absolu- '^^^^^^ ^

ment indivis et il faut avoir suivi jjas à a "

pas les transformations que nous venons Fis- 138.

de résumer pour retrouver dans sa masse Temporal d'unenfantdetroisans, vu parsaface les trois pièces primitives. Il convient, e.Nocranieune (daprès R,u.b.-.ud et Renault) .

cependant, pour la commodité de l'étude, VjoS';i^;;;^s:1;: ™5; arf'll^rS: de diviser le temporal de l'adulte en trois S'"'""'; • ^ sonimet - 4, suture liétro-squamcusc. -

1 0, ecliancrure pariétale. — 6, future apoplijse mas-

pOrtionS. savoir: 1° une portion située toïdo. — t. cavité glénoïde. — s, portion tsmpanique.

^ — 9, conduit auditil oxlci-ne. — 10, scissure de Glaser.

en avant, la portion squameuse ou écailleuse oniowl simplement Vécaille; 2nine portion située en arrière, la. portion mastoïdienne ; 3" une portion interne, située entre les deux précédentes et se portant obliquement vers les parties profondes, la portion pierreuse ou rocher.

Une pareille division, disons-le tout de suite, est purement artificielle et, d'autre part, ne répond nullement à celle adoptée plus liaut pour l'os fœtal. Sauf l'écaillé, qui consei^ve à peu près ses mêmes limites, les deux autres portions n'existeront plus pour nous, du moins avec leur acception primitive. C'est ainsi que la portion pierreuse sera dédoublée : sa partie externe constituera la portion mastoïdienne ; sa partie interne ou pyramidale, seule, conservera le nom de rocher. Quant à la portion tympanique, qui a entièrement perdu son individualité et que l'on a tort, selon moi, de décrire à part, il n'en sera pas plus question, comme os distinct, que dans les traités de médecine ou de chirurgie : il sera incorporé au rocher. La cori^espondance des trois portions du temporal adulte avec les trois pièces de l'os fœtal se trouve résumée dans le tableau suivant :

CHEZ L'aI^ULTE : CHEZ LE FOETUS :

Portion écaitleuse ou écaille . Portion écailleuse ou écaille.

Portion mastoïdienne Partie externe de la portion pétrease.

Portion 2}ierrease ou rocher 1 interne de la portion pétrease.

Portion tijmpanique.

Ceci étant compris, nous décrirons successivement chacune des trois portions du- temporal en suivant l'ordre dans lequel nous les avons énumérées plus haut :

OSTÉOLOGIE

1" Portion squameuse ou écailleuse. — La portion squameuse du temporal, aplatie et mince, irrégulièrement circulaire, convexe d'un côté, concave de l'autre, ressemble assez bien à une valve de certaines coquilles, analogie qui lui a valu son nom (de squama. écaille). Nous lui considérerons deux faces, l'une externe, l'autre interne, et une circonférence :

a. Face externe ou exocranienne. — La fiice externe, convexe et lisse (fig. 139j, fait partie de la fosse temporale. On y observe quelques sillons vasculaires, ordinairement peu profonds.

De ces sillons, il en est un, verticalement ascendant, qui occupe le quart postérieur de l'écaillé et qui est à peu près constant (je l'ai observé 92 fois sur 100) : il livre passage à l'artère temporale profondé postérieure, branche de la temporale superficielle.

De la partie inférieure de cette face se détache une puissante apophyse qui, ensuite, se porte horizontalement en avant, du côté de la face : c'est Vapophyse zygomatiqiie, ainsi appelé du mot grec 'Çzùyv'jiLi, je joins, parce qu'elle sert de trait d'union entre la face et le crâne. On la désigne encore, plus simplement, sous le nom de zygoma.

L'apophyse zygomatique a une longueur moyenne de 2 centimètres 1/2 à 3 centimètres ; sa hauteur, mesurée à la partie moyenne, est de 4 à 6 millimètres. Aplatie de haut en bas à son origine, elle est, dans tout le reste de son étendue, aplatie transversalement. Elle nous j^résente, en conséquence, deux faces, deux bords et deux extrémités. — La face externe, convexe, est recouverte par la peau, qui glisse sur elle avec la plus grande facilité. — La face interne, concave, répond au muscle temporal. — Le bord supérieur, mince et tranchant, donne attache à l'aponévrose temporale. — Le bord inférieicr, beaucoup plus épais, légèrement concave dans le sens antéro-postérieur, donne insertion au muscle masséter. — h' extrémité antérieure ou sommet, fortement dentelé et taillé en biseau aux dépens du bord inférieur, s'articule avec le biseau correspondant de l'os malaire. — h' extrémité postérieure ou base fait corps avec la partie la plus épaisse de l'écaillé. Vue d'en haut, elle nous présente une gouttière antéro-postérieure, toujours très marquée, dans laquelle se logent les faisceaux les plus reculés du muscle temi^oral : à la partie interne de cette gouttière se voient plusieurs oi^flces vasculaires, très souvent remplacés chez le fœtus par un orifice unique et plus volumineux, orifice exocra-

Fig. 139.

Temporal droit, vu par la partie externe de sa face exocranienne-

(La ligne rouge indique la séparalion, lout.e conventionnelle du veste, des trois portions de l'os.)

1, portion écailleuse, avec 1', gouttière de l'artère temporale profonde postérieure. — 2, apophyse mastoïde. — 3, portion niasloi'dienne, avec 'A\ vestiges de la suture squamo-mastoïdienne. — 4, extrémité postérieure de la rainure digastrique. — 5, trou ou canal mastoïdien. — G, apophyse zygomatique, avec C, sa racine transverse et 6", sa racine longitudinale. — 7, scissure, de Glaser. — 8, spina supra mealum. — 9, conduit auditif' externe. — 10, os tympanal. — 11, apophyse vaginale. — 12, apophyse slyloïdc. — 13, cavité gléno'i'dc. — 14-,"incisure du temporal.

os DU CRANE

nicn d'un canal oblique qui va s'ouvrir, d'autre part, sur la face endocraniennc do l'os. Vue par sa partie inférieure, l'apoph^yse zygoniatique se divise en deux branches, qui s'écartent l'une de l'autre sous un angle de 85° environ et qui cons-' tituent ce qu'on appelle les racines de Varcade zygomalique. De ces deux racines, l'une, dite racine transverse, se dirige de dehors en dedans, comme son nom l'indique : convexe et arrondie dans le sens antéro-postérieur, légèrement concave au contraire dans le sens transversal, elle est revêtue de cartilage et, de ce fait, devient l'un des éléments squelettiques importants de l'articulation temporo-maxillaire ; on lui donne encore, en raison de sa forme et de son rôle, le nom de condyle du temporal. L'autre racine, dite racine longitudinale, continue la direction antéropostérieure de l'apophyse zygomatique et se subdivise elle-même, presque immédiatement après son origine, en deux branches secondaires, toutes les deux très accusées : i" une branche ascendante, qui se dirige obliquement en haut et en arrière et qui vient se confondre, sur le crâne articulé, avec la ligne temporale inférieure du pariétal ; 2" une branche descendante, qui se porte obliquement en arrière et en bas et qui se termine, après un trajet de 8 à 10 millijuèlres, sur la paroi antérieure du conduit auditif externe.

Au point de jonction des deux racines du zygoma se dresse une saillie mamelonnée, le tubercule zygomatique, sur lequel s'attaclie le ligament latéral externe de l'articulation temporo-maxillaire. — L'espace angulaire formé par l'écartement réciproque des deux racines est occupé par une excavation profonde, de forme ovoïde à grand axe transvei^sal, à fond lisse et uni : c'est la cavité glnioïde du temporal, destinée à s'articuler avec le condyle du maxillaire inférieur. Cette cavité glénoïde est limitée à sa partie postérieure par une fente, comme elle dirigée transversalement, que l'on désigne ordinairement sous le nom de scissure de 6?/aser (fig. 139,7) ; elle sert de limite séparative entre la portion écailleuse et la portion pétreuse et nous la décrirons plus en détail (p. 157) lorsque nous étudierons cette dernière portion. — Enfin, en avant de la racine transverse du zj^goma, s'étale une petite surface plane, triangulaire chez certains sujets, quadrangulaire chez d'autres (fig. 146, 16). Nous la désignerons sous le nom de facette soustemporale de l'écaillé : elle se continue, sur le crâne articulé, avec une surface de même direction qui appartient à la grande aile du sphénoïde.

b. Face interne ou endocranienne. — La face interne de l'écaiile (lig. 140,1). concave, répond à l'encéphale. Elle nous présente, m\ peu partout, de nombi^euses irrégularités, en rapport avec les circonvolutions et les anfractuosités du cerveau. Elle est parcourue, en outiT, par un certain nombre de sillons vasculaires, plus ou moins ramifiés, dans lesquels cheminent les branches de l'artère méningée moyenne. De ces sillons, le plus important jDrend naissance à la partie antéroinférieure de l'écaillé et, de là, se porte obliquement en arrière et en haut, en décrivant une courbe dont la concavité, dirigée en arrière, regarde la base du rocher.

c. Circonférence . — La circonférence de l'écaillé temporale, parfaitement isolée et indépendante dans ses trois quarts antéro-supérieurs, se confond, dans le reste de son étendue, avec les autres régions de l'os. Il convient donc de la diviser en deux portions, une portion libre et une portion adhérente :

ho. portion libre représente assez bien les trois quarts d'une circonférence. Elle commence, en avant, à la partie antérieure de la scissure de Glaser et se termine, en arrière, en formant avec la portion mastoïdienne une échancrure anguleuse à laquelle on a donné le nom d'incisure pariétale (fig. 139,14). Mince et tranchante, très irrégulière et comme hérissée de dents ou d'épines, la portion libre de la cir-

OSTEOLOGIE

conférence de l'e'caille est fortement taille'e en biseau, aux dépens de la table externe dans sa partie antérieure, aux dépens de la table interne dans sa partie supérieure. Elle s'articule avec deux os : en avant, avec la grande aile du sphénoïde ; en haut et en arrière, avec le bord inférieur du pariétal.

La portion adhérente de l'écaillé est intimement soudée, à sa partie postérieure, avec la portion mastoïdienne de l'os, à sa partie antérieure avec le rocher. — La

ligne de séparation de l'écaille et de la portion mastoïdienne, encore très visible chez le nouveau-né, a complètement disparu sur la plupart des crânes d'adultes. Sur quelques sujets, elle est encore marquée, même chez le vieillard, par une sorte de suture fort irrégulière et plus ou moins interrompue, qui prend naissance à l'incisure pariétale, descend sur la surface externe de l'apophyse mastoïde et se termine au sommet de cette apophyse ou dans son voisinage : c'est

Temporal droit, vu d'en haut.

1. écaille temporale, avec: 1' eL 1'. sa circonff'i-ence ; d'", incisure jiariélale. — 2, roclier, dont le sommet est en 2'. — 3, portion mastoïdienne. —

aqueduc du vestibule. — .3, apophyse mastoïde. — 5', ajiopliyse styloïde. — 6, conduit auditif interne. — 7, bord supérieur du rocher, avec sa gouttière (gouttière pétreuse supérieure). — 8, gouttière latérale. — 9, canal mastoïdien. — 10, orifice interne du canal carotidion. — it, conduit osseux de la trompe d'Eustache. — 12, i3, hiatus de Fallope et son accessoire.

la suture squame-mastoïdienne (flg. 139,3'). — La ligne de soudure de l'écaillé avec le rocher est nettement marquée, sur la face exocranienne de l'os, par la scissure de Glaser, dont il a été question plus haut. Sur la face endocranienne, elle est indiquée dans la plupart des cas par une ligne irrégulière et sinueuse, qui part de l'incisure pariétale et qui, de là, se dirige vers l'extrémité antérieure de la scissure de Glaser, en décrivant une légère courbe à concavité postérieure. Il est même assez fréquent de rencontrer, au lieu d'une simple ligne, une véritable fente, d'une longueur variable, connue sous le nom de fissure pétro-squameuse (fig. 142,2).

2" Portion mastoïdienne. — Située en arrière de l'écaillé et du conduit auditif externe, la portion mastoïdienne du temporal est formée, comme nous l'avons dit plus haut, par la partie la plus externe du rocher fœtal. Elle est comme l'écaillé, •aplatie de dehors en dedans et nous présente, de même, une face externe, une face interne et une circonférence :

a. Face externe ou exocranienne. — La face externe, plane plutôt que convexe, fortement rugueuse, se termine inférieurement par une saillie volumineuse de forme conique : c'est Y apophyse mastoïde (de ij.ocaro;, mamelle, et sloo;, forme). Cette apophyse, très variable suivant les sujets, est ordinairement un peu plus développée chez l'homme que chez la femme, — Sa face externe, plus ou moins convexe, donne insertion à la plupart des muscles rotateurs de la tète : le sterno-cléidomastoïdien, le splénius, les petit complexus (flg. 147). — Sa face interne nous pré-

os DU CRANE

sente à sa partie supérieure une rainure large et profonde, dirigée d'arrière en avant : c'est la rainure digastrique, dans laquelle vient s'insérer le muscle de même nom. Cette rainure digastrique, circonscrite en dehors par l'apophyse mastoïde elle-même, est limitée en dedans par un rebord osseux, de 7 ou 8 millimètres de lai"gèur, sur lequel se voit ordinairement un sillon vasculaire, le sillon de Vartère occipitale (fig. 146,21).

Un peu au-dessus de l'apophyse mastoïde et au voisinage du bord postérieur de l'os, se trouve un orifice arrondi ou légèrement ovalaire : c'est l'orifice externe d'un canal oblique, le canal mastoïdien (fig. 139,5), qui s'ouvre d'autre part sur la face endocranienne. 11 livre passage à une artère mastoïdienne, branche de l'occipitale, et à une veine anastomotique, qui aboutit, en haut au sinus latéral, en bas à la jugulaire postérieure.

Nous rappellerons enfin, pour en finir avec la face externe de la portion mastoïdienne du temporal, qu'elle présente assez souvent les vestiges, plus ou moins nets et plus ou moins étendus, de la suture pétro-squameuse dont il a été question plus haut. Quand ils existent, les vestiges de cette suture sont toujours situés (fig. 139,3') sur le trajet d'une ligne légèrement courbe et à concavité antérieure, qui descend de l'incisure pariétale vers le sommet de l'apophyse mastoïde.

b. Face interne ou endocranienne. — La face interne, concave, regarde la cavité crânienne, c|u'elle concourt à délimiter. Elle est creusée à sa partie antérieure, tout contre le rocher, d'une gouttière verticale,- large et bien accusée, destinée à loger la deuxième portion ou portion descendante du sinus latéral. C'est sur la lèvre postérieure de cette gouttière, quelquefois à sa partie moyenne, que se voit l'orifice interne du canal mastoïdien (fig. 140,9), que nous avons signalé plus haut sur la face externe. En arrière de la gouttière du sinus latéral, la face interne de la portion mastoïdienne est représentée par une surface concave, plus haute que large, laquelle est en rapport avec le cervelet.

c. Circonférence. ■ — La circonférence de la portion mastoïdienne, libre à sa partie supérieure et postérieure, se confond, sur le reste de son pourtour, d'une part avec l'écaillé, d'autre part avec le rocher, dont la portion mastoïdienne, nous ne devons pas l'oublier, n'est qu'une de'pendance. La partie libre est très épaisse et fortement rugueuse sans être dentelée. Elle est taillée en biseau, en haut aux dépens de la table externe, en arrière aux dépens de la table interne. Sa partie supérieure s'articule avec le pariétal. Sa partie postérieure avec l'occipital.

3' Portion pierreuse ou rocher. — Le rocher est bien certainement la portion la plus complexe du temporal, en raison des importantes cavités qu'il renferme et des nombreux canaux qui le traversent. Avant d'en entreprendre la description, nous rappellerons une fois encore que, chez l'adulte, ce mot de rocher a une acception toute différente de celle qu'il a chez le fœtus ou le nouveau-né : il comprendra, comme nous l'avons déjà dit au début de ce paragraphe, la partie interne ou pyramidale du rocher fœtal, à laquelle est venue se souder, pour désormais faire corps avec elle, la portion tympanique tout entière. Ainsi entendu, le rocher peut être comparé à une pyramide quadrangulaire (fig. 141), dont la base, dirigée en dehors, vient s'interposer en partie entre les deux portions précédemment décrites et dont l'axe se porte obliquement de dehors en dedans et d'arrière en avant. Nous devons en conséquence lui considérer, comme à toute pyramide quadrangulaire : 1° une base ; 2° un sommet ; 3° quatre faces ; 4° quatre bords. Nous étudierons successivement chacune de ces régions et décrirons ensuite, sous une forme

OSTÉOLOGIE

synthétique, les principaux canaux qui sont creusés dans le rocher. Dans cette

description, destinée surtout aux débutants, nous laisserons de côté, de propos délibéré, les osselets de l'ouïe, les parois osseuses de la caisse du tympan, les cavités labyrinthiques et une foule de détails qui trouveront mieux leur place dans le tome III, aux articles consacrés à l'oreille moyenne et à l'oveille interne.

A. Base. — La base de la i^yramide pétreuse se confond en grande partie, en avant avec l'écaillé, en haut et en arrière avec la portion mastoïdienne.

Seule, sa partie inférieure arrive à la surface extéiieure du crâne, oii elle occupe l'espace compris entre l'apophyse mastoïde et la racine longitudinale du zygoma (flg. 139). Elle nous présente là un large oinfice, Vorifice du conduit auditif externe, dont la description sera donnée plus loin {yoj.

t. ru. Organes des Sens). Nous nous contenterons d'indiquer ici : 1° qu'il est ovalaire, à un grand axe obliquement dirigé de haut en bas et d'avant en arrière ; 2" qu'il est constitué, comme le conduit qui lui fait suite, à sa partie supérieure, par la portion écailleuse, sur le reste de son pourtour (en arrière, en bas et en avant) par la portion tympanique ; 3° que toute la partie de cet orifice qui dérive de l'os tympanal est couverte d'aspérités destinées à l'insertion du fibro-cartilage du conduit auditif externe. Immédiatement au-dessus de la partie postéï'ieure et supéi-ieure de l'orifice du conduit auditif externe, dans l'angle formé par la racine longitudinale du zygoma et le bord anté-

If:- • ^

Fig. 141. — Coupes transversales du rocher, passant : A, iuiniédiateaient en avant de l'apophyse styloïde ; B, par le tiers externe de l'orifice inférieur du canal cai'otidien ; C, à 5 millimètres en dedans de l'orifice inférieur du canal carotidien ; D, à 4 millimètres en dedans de la précédente, à 12 millimètres en dehors du sommet.

(La partie teintée en rose représente l'os tjmpanal.)

a, face antéro-supérieure du rocher. — h, face postéro-supérieure. — c, face antéro-inférieure. — d, face postéro-inférieure. — 1. écaille. - 2, portion tjmpanique ; 2', conduit auditif externe. - 3, caisse du tympan, avec 3', la fenêtre ovale. — 4, entrée des cellules mastoïdiennes. — 5, sulcus tjnipanicus. — 6, aqueduc de Fallope. — 7, vestibule.

— 8, fosse jugulaire. — 9, orifice pour le rameau auriculaire de pneumogastrique. — 10. apophyse styloïde. — H, conduit auditif interne — 12, limaçon. — 13, conduit du muscle du marteau. — 14, portion osseuse de la trompe d'Eustaclio.

— 1.5, canal carotidien. — 16, 'canal carotico-iympanique. — 17, tegmen lynipani. — 18, fissure pélro-squameusc.

os DU CRy^NE

rieur de l'apophyse mastoïde, se voit une petite lamelle osseuse, mince et tranchante, surmontée d'une fossette plus ou moins profonde : cette lamelle [spina supra meatum) des anatomistes allemands, flg. 139,8) me parait appartenir, comme la région osseuse sur lacjuelle elle est implantée, à la portion écaille use du temporal.

B. Sommet. — Le sommet du rocher répond, sur le crâne articulé, à l'angle

l'autre le corps du sphénoïde et sa

rentrant C[ue forment en s'unissant l'un grande aile. Fortement tronqué, il nous présente à sa partie antéro-inférieure l'orifice interne d'un long canal, le canal carolidien (fig. 142,10), qui loge la carotide interne et dont l'autre orifice, l'orifice externe ou exocranien, se trouve situé sur la face inférieure de l'os. Nous le retrouverons tout li l'heure.

C. Faces. — Les quatre faces de la pyramide pétreuse se distinguent, d'après leur orientation (flg. 141), en antéro-supérieure, postéro- supérieure, antéro-inférieure et postéroinférieure. Les deux premières font partie de la surface interne du crâne, elle sont endocraniennes ; les deux autres appartiennent à la surface extérieure, elles sont exocranien nés.

a. Face antéro-supérieure . — La face antéro-supérieure (fig. 140), comme son nom l'indique, regarde en avant et en haut, mais surtout en haut. Elle répond au cerveau, d'où le nom de face cérébrale que lui donnent encore certains auteurs,

— Nous y voyons tout d'abord, à sa partie interne, une excavation ou fossette dans laquelle repose le ganglion de Gasser, fossette du ganglion de Casser. Cette fossette, de forme ovalaire à grand axe transversal, est ordinairement précédée, sur son côté supérieur, par une dépression moins large et moins profonde, par une sorte de gouttière qui répond au tronc même du nerf trijumeau (voy. ce nerf). — Sur sa partie externe ou plutôt à l'union de son tiers externe avec son tiers moyen, au voisinage du bord supérieur de l'os, se voit un relief, très marqué surtout chez les jeunes sujets : c'est V eminentia arcuata, déterminée par la saillie du canal demicirculaire supérieur. — En avant de cette éminence, la face antéro-supérieure du rocher est représentée, comme nous le montre nettement la figure 141, A, par une lame fort mince qui forme la voûte de la caisse du tympan et qui, pour cette raison, porte le nom de tegmen tympani. C'est par ce tegmen tympani que le rocher prend contact avec l'ècaille pour constituer chez le nouveau-né la fissure pétro-sc{uameuse, dont il a été question plus haut et qui, chez l'adulte, laisse toujours quelques traces.

— Enfin, entre Y eminentia arcuata et la fossette du ganglion de Gasser, à la partie moyenne de l'os par conséquent, nous rencontrons un orifice, toujours très visible,

ANATOilUC HUMAINE. — T. I, 4*= ÉDIT. 20

Fig. 142.

Le rocher vu d'en haut par son sommet (côté gauche.)

1, écaille, avec 1', gouUière de l'aftère méningée moyenne. — 2, fissure liéti'O-squameuse . — tegmen tympani. — 4, eminentia arcuata.

— 3, liiatus de Fallope, avec 5', son accessoire et leurs gouttières. — 6, orifice de la trompe. — 7, fossette du ganglion de Gasser. — 8, gouttière du trijumeau. — U, gouttière du nerf moteur oculaire externe et du sinus pétreux inférieur. — 10, orifice interne du canal carotidien.

— Il, conduit auditif interne. 12, vestiges de la fossa subarciiala. — 13, orifice de l'aqueduc du vestibule. — 14, gouttière du sinus pétreux supérieur. — 15, portion verticale de la gouttière latérale. — a, face postéro-interne du rocher. — b, sa l'ace supéro-externe. — c, son sommet.

OSTÉOLOGIE

qui suivant les cas est arrondi, ovalaire ou en forme de fente : c'est Vhiatiis de Fallope, lequel communique en arrière avec l'aqueduc de même nom. En avant de cet orifice, existent le plus souvent un ou deux autres trous, beaucoup plus petits, que nous désignerons sous le nom cV hiatus accessoires. De l'hiatus de Fallope et des hiatus accessoires partent deux gouttières parallèles, qui se dirigent obliquement en avant, en dedans et un peu en bas. L'hiatus de Fallope, ses trous accessoires et les deux gouttières qui leur font suite, livrent passage à quatre filets nerveux, savoir : 1° au grand nerf pétreux superficiel et au petit nerf pe'treux superficiel, deux rameaux moteurs qui proviennent du nerf facial : 2° au grand nerf pétreux profond et au petit nerf pétreux profond, deux rameaux sensitifs qui émanent du nerf de Jacobson (voy. Névrologie).

b. Face postéro-siipérieure . — La face poste'ro-supérieure (fig. i40j regarde presque directement en arrière : sur elle reposent le cervelet et une partie de

l'isthme de l'encéphale. Si nous la parcourons de dedans en dehors, nous constatons tout d'abord, à l'union de son tiers interne avec son tiers moyen, l'existence d'un large orifice à contour arrondi ou plutôt ovalaire : c'est le trou auditif interne. Le canal qui lui fait suite, conduit auditif interne , livre passage aux trois nerfs, facial, auditif et intermédiaire de Wrisberg. Il mesure environ 1 centimètre de longueur et se termine par quatre fossettes, que séparent deux crêtes plus ou moins saillantes et disposées en forme de croix (fig. 143). De ces quatre fossettes, deux sont supérieures et deux inférieures : la fossette supérieure et antérieure possède un orifice unique et relativement considérable qui n'est autre que l'orifice supérieur de l'aqueduc de Fallope (voy. plus loin, p. 159), orifice dans lequel s'engagent le nerf facial et l'intermédiaire de Wrisberg. Les trois autres fossettes présentent chacune des orifices multiples, par lesquels passent les branches terminales du nerf auditif pour se rendre aux parties molles de l'oreille interne. Nous les décrirons en détail à propos de l'oreille (voy. Org.vnes des sens).

A 5 ou 6 millimètres en arrière et au-dessus du trou auditif interne, tout près du bord supérieur de l'os, se voit une fente étroite, entourée le plus souvent par des parties irrégulières et plus ou moins rugueuses : c'est le reste d'une excavation profonde, la fossa siobarcuata, qui existe sur le temporal du nouveau-né (fig. 142,12) et qui, chez, lui, livre passage à un prolongement de la dure-mère et à un certain nombre de vaisseaux. La fossa subarcuata s'atténue peu à peu au fur et à mesure que le sujet avance en âge et n'est plus représentée chez l'adulte que par la fente minuscule signalée ci-dessus.

. Plus en arrière, à 1 centimètre environ du trou auditif interne, la face postéro-supérieure du rocher nous présente une deuxième fente, beaucoup plus longue que la précédente, mais encore fort étroite, obliquement dirigée de haut en

Fig. 143.

Conduit auditif interne, coupé perpendiculairement à son axe pour montrer les orifices qui se trouvent au fond de ce conduit (segment antérieur de la coupe).

a, vestibule. — è, fenêtre ovale. — e, fenêtre ronde. — d, caisse du tympan. — e, sommet du rocher. — I, crête falcifornie du conduit auditif interne. — 2, fossette antérosupérieuic ou faciale. — 3, fossette postéro-supérieure ou vestibulaire supérieure, avec ses orifices pour la branche supérieure du nerf vestibulaire. — 4, fossette antéro-inférieure ou cocliléenne avec le crible spiroïde de la columcUe. — o, fossette postéro-inférieure ou vestibulaire inférieure, avec ses orifices livrant passage au nerf sacculairc. — 6, foramen singulare de Morgagni, pour le nerf ampuUaire inférieur.

os DU CRANE

bas et de dehors en dedans : c'est l'orifice postérieur d'un canal, comme lui fort étroit, connu sous le nom cVaquediic du vestibule. Il livre passage, ainsi que nous le verrons plus tard (voy. Oreille), à un prolongement tubulaire du labyrinthe membraneux, le canal endolymphatique, ainsi qu'à une artériole et à une veinule destinées au vestibule de l'oreille interne.

c. Face posléro-inférieure. — La face postéro-inférieure (fig. 144) est tout entière en rapport avec la surface extérieure de la base du crâne : c'est de toutes les faces du rocher, sinon la plus étendue, du moins la plus complexe et la plus riche en détails. Nous la diviserons en trois zones, une zone externe, une zone moyenne et une zone interne :

La zone externe, fort étroite, nous pi'ésente d'abord à sa partie antérieure une longue apophyse en forme d'aiguilles qui se dirige obliquement en bas et en avant : c'est V apophyse styloïde, d'où se détache le bouquet de Riolan, c'est-à-dire, le ligament stylo-maxillaire, le ligament stylo-hyoïdien et les trois muscles stylo -hyoïdien, stylo -pharyngien et stylo glosse. Disons en passant que l'apophyse styloïde, quoique intimement soudée au temporal chez l'adulte, n'apjiartient nullement à cet os ; elle fait partie de l'appareil liyoïdien et nous la retrouverons plus tard lorsque nous étudierons l'os hyoïde. — En arrière et un peu en dehors de l'apophyse styloïde, enti^e elle et l'apophyse mastoïde, se trouve une fossette peu profonde et, dans cette fossette, un trou, le trou slylo-masloïdien (8). Ce trou est l'orifice inférieur de l'aqueduc de Fallope et, comme ce dernier, livre passage à l'artère stylo-mastoïdienne et au nerf facial. Avant d'aller plus loin, regardons ce trou en face et constatons, sur sa paroi antérieure et à 3 ou 4 millimètres de profondeur, l'existence d'un petit canal secondaire à trajet ascendant : c'est le canal dans lequel s'engage la corde du tympan (voy. NÉVROLOGiE). — Immédiatement en arrière du trou stylo-mastoïdien, s'étale une facette rugueuse, la facette jugulaire du temporal, destinée à s'articuler avec une facette correspondante de l'occipital.

La zone moyenne, située en dedans de la précédente, est occupée dans toute son étendue par une excavation profonde, régulièrement évidée et entièrement lisse : c'est la fosse jugulaire (9), dont la cavité, très variable suivant les individus, loge l'extrémité supérieure renflée de la veine jugulaire interne ou golfe de la veine jugulaire. Sur la paroi externe de cette fosse jugulaire, se voit un petit trou dans lequel s'engage le rameau auriculaire du pneumogastrique ou rameau de la fosse jugulaire de Gruveilhier (fig. 145,21 j.

La zone interne est, à elle seule, aussi étendue que les deux autres réunies. Elle nous présente tout d'abord, à sa partie antéro-externe, un orifice elliptique à grand

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