‹ Traité d'anatomie humaine (volume 5)Chapitre 33 sur 176 · ARTICLE III US DE LA FACE · texte numérisé non relu

ARTICLE III US DE LA FACE

Situé à la partie inférieure et antérieure du l'ensemble constitue la face se divise en deux portions appelées mâchoires : la mâchoire supérieure et la mâchoire inférieure.

Un seul os constitue, chez l'homme, la mâchoire inférieure : c'est le maxillaire inférieur, qu'on désigne encore f{uelquefois sous le nom de mandibule.

La mâchoire supérieure, beaucoup plus complexe, se compose de treize os, qui se groupent autour de l'un d'eux, le maxillaire supérieur, comme autour d'un centre commun (lig. 165). De ces treize os, un seul est impair, c'est le vomer; les autres sont pairs et disposés symétriquement de chaque côté de la ligne médiane. Ce sont

crâne, le massif osseux dont Nasal Nasal

Unguis

Os malaire

Palatin

te

es

Unguis

Os malaire

Palatin

Maxillaire inférieur

diagramme des os de la face

le maxillaire supé-

rieur, Vos malaire, ïunguis, le cornet inférieur, Vos propre du nez et, enfin, le palatin.

Au total, quatorze os constituent la face, douze pairs et deux impairs.

§ I. — MaXILLAIIIE SUPÉRIEIR

Le maxillaire supérieur, le plus important de tous les os delà mâchoire supe'rieure, est un os pair, situé à la partie centrale de la face. Il fournit aux dents

8 8' Fig. 1G5.

Tète osseuse, vue de face.

1, frontal. — 2, bosse nasale (glabelle). — 3, arcade orbitaire. — 4, trou optique. — 5, fente sph^noïdale. — 6, fentesphiSno-maxillaire. — 7, gouttière lacrymale. — 8, 8', fosses nasales. — 8", vomer. — 9, maxillaire supérieur, avec 9', trou sous-orbitaire. — 10, os malaire, avec iO', trou malaire. — il, os nasal. — 12, pariétal. — 1.3, suture froutopariétale. — 14, temporal. — 15, suture pariéto- temporale. — 16, grande aile du sphénoïde. — 17, apophyse orbitaire externe. — 18, apophyse mastoïde.

supérieures leurs surfaces d'implantation et entre dans la constitution des principales régions et cavités. de la face, voûte palatine, fosses nasales, cavités orbitaires fosses zygomatiques, fosses ptérygo-maxillaire. Envisagé à un point de vue purement descriptif, le maxillaire supérieur, assez régulièrement quadrilatère et légèrement aplati de dedans en dehors, présente à l'étude deux faces, l'une interne, l'autre externe, quatre bords et quatre angles. Il est, en outre, creusé d'une cavité profonde qui occupe presque toute sa masse et qui diminue beaucoup son poids, sans affaiblir d'une façon considérable sa résistance : c'est le sinus maxillaire.

\° Face interne. — Ce qui frappe tout d'abord, en considérant cette face (fig. 166 et 167j, c'est la présence, à la réunion des deux tiers supérieurs avec le tiers infé-

os DE LA FACE

rieur, d'une large apophyse, qui se porte horizontalement en dedans à la rencontre de l'apophyse similaire du côté- opposé : c'est Vapophyse palatine. — Sa face supérieure, plane et lisse, fait partie du plancher des fosses nasales. — Sa face inférieure, fortement rugueuse et criblée de petits orifices vasculaires, entre pour une grande part dans la constitution de la voûte palatine. — Par son bord externe, elle se confond avec le maxillaire. — Son bord interne, libre, plus épais en avant qu'en arrière, fortement rugueux dans toute son étendue, s'articule sur la ligne médiane avec l'apophyse palatine du coté opposé. Il se prolonge en avant sous la forme d'une demi-épine qui, en se réunissant avec celle du côté opposé, forme Vépine nasale antérieure ou inférieure. — Son bord antérieur.

Fig. 166.

Maxillaire supérieur, vu par sa face interne.

I, apophyse monlante. — 2, extrémité supérieure de cette apophyse. — 3, crête transversale correspondant au cornet intérieur. — 4, gouttière verticale, contribuant à former le canal nasal. — S, épine nasale antérieure. — 6, conduit palatin antérieur. — 7, apophyse palatine, nous monti-ant son bord interne. — 8, 8, bord inférieur ou alvéolaire. — 9, dents. — 10, sinus maxillaire. — 11, facette rugueuse pour le palatin. — 12, bord postérieur ou lubérosilé du maxillaire.

Fig. 107.

Face interne du maxillaire supérieur et du palatin, montrant les relations de ces deux os.

A, maxillaire supérieur. — B, palatin. — 1, sommet de l'apophyse montante. - 2, épine nasale antérieure. — 3, gouttière pour le canal nasal. — 4, sinus maxillaire.

— 5, conduit palatin antérieur. — 6, échancrure palatine, avec : 7, apophyse sphénoïdale ; 7', apophyse orbitaire. — 8, apophyse pyramidale. — 9, crête pour le cornet inférieur.

— 10, crête pour le cornet moyen. — il, portion horizontale du palatin. — 12, apophyse palatine du maxillaire. — 13, atrium. — 14, crête rugueuse, s"articulant avec les masses latérales de l'ethmoïde.

tranchant, concave en haut et en dedans, se confond avec le bord antérieur du maxillaire et contribue à former l'orifice antérieur des fosses nasales. — Son bord postérieur , fort mince et rugueux, s'articule avec le bord antérieur de la portion horizontale de l'os palatin. — L'apophyse palatine présente enfin, sur son bord interne et un peu en arrière de l'épine nasale, un canal vertical dégénérant en bas en une simple gouttière : c'est le conduit palatin antérieur, dans lequel passent le nerf sphéno-palatin interne et une branche artérielle de la sphéno-palatine.

L'apophyse palatine, que nous venons de décrire, divise la face interne du maxillaire en deux portions fort inégales (fig. 166) : l'un qui est au-dessus ; l'autre qui est au-dessous.

a. La portion située au-dessous d'elle fait partie de la voûte palatine ; elle présente de nombreuses aspérités et, à l'état frais, se trouve directement en rapport avec la muqueuse buccale.

b. La portion située au-dessus est beaucoup plus étendue et aussi plus intéressante. En la parcourant d'arrière en avant, nous y rencontrons successivement :

AN.\TOMIE HUMAINE. — T. I, 4'' ÉDlT. 25

OSTÉOLOGIE

[" une série de rugosités, disposées parallèlement au bord postérieur de l'os et servant à l'articulation du maxillaire avec la portion verticale de l'os palatin ; îl° Vorifice du sinus maxillaire, fort irrégulier dans son contour, mais ayant généralement son grand axe obliquement dirigé en haut et en avant ; cet orifice, qui admet facilement sur un maxillaire isolé le passage du doigt, se trouve considérablement réduit, sur une téte non désarticulée, par l'application sur son pourtour des quatre os suivants : en haut, les masses latérales de l'ethmoïde ; en bas, le cornet inférieur; en avant, l'os unguis ; en arrière, la portion verticale du palatin ; 3" une gouttière profonde, gouttière nasale, dirigée un peu obliquement en bas et en arrière et beaucoup plus large en bas qu'en haut (fig. 166, 4) ; 4° enfin, la face interne d'une longue apophyse, Y apophyse montante du maxillaire supérieur, qui appartient en réalité à l'angle antéro-supérieur de l'os. Remarquons, sur la face interne de cette apophyse et au niveau de sa base, une crête antéro-postérieure qui s'articule avec le cornet inférieur (fig. 166, 3). i\udessus de cette crête s'en trouve une seconde, un peu moins marquée (elle est réduite parfois à une simple facette rugueuse), qui s'articule avec la partie antérieure des masses latérales de l'ethmoïde (fig. 167, 14). Entre ces deux crêtes s'étale une surface quadrilatère, parsemée de fines ramifications : on la désigne sous le nom d'atrium 167, 13j. Elle se continue en arrière, avec la paroi externe du méat moyen.

2° Face externe. — En allant d'avant en arrière, la face externe du maxillaire supérieur (lig. 168) nous présente tout d'abord, un peu au-dessus des deux

incisives, une dépression verticale, dont la profondeur varie beaucoup suivant les sujets : c'est la fossette myrtiforme , où s'insère le muscle de même nom. Cette fossette est limitée en arrière par une saillie, généralement très marquée, qui correspond à la racine de la dent canine et qu'on appelle bosse canine. 11 n'est pas rare de voir la fossette myrtiforme subdivisée en deux fossettes secondaires par une petite crête qui répond à l'incisive latérale.

Au delà de la bosse canine, la face externe du maxillaire est tout entière occupée par une forte saillie transversale, affectant la forme d'une pyramide à base triangulaire et appelée, pour cette raison, apophyse pyramidale du maxillaire supérieur.

a. La base de cette apophyse, dirigée en dedans, se confond avec l'os.

b. Son sommet, tronqué, est constitué par une surface triangulaire et rugueuse, destinée à s'articuler avec l'os malaire : il porte, pour cette raison, le nom de surface ou d'apophyse malaire.

c. Les trois faces de l'apophyse pyramidale se distinguent en supérieure, antérieure et postérieure. — La face supérieure ou orbilaire, plane et régulièrement liiSse, fait

Jl 12 11

Fig. 168.

Maxillaire supérieur, vu par sa face externe.

I , apopli) se montante. — 2, extrémité supérieure de cette apophyse. — 3, gouttière creusée sur sa face externe (gouttière lacrymale). — 4, l'ace orbitaire. — 5, gouttière sous-orbitairc. — 6, trou sous-orbitaire. — 7, 8, bord postérieur ou tubérosité du maxillaire. — 0, 9', Irons dentaires postérieurs. — 10, sommet de l'apophyse pyramidale pour l'os malaire. — 11, 11, bord intérieur ou alvéolaire. — )2, dents. — 13, épine nasale antérieure.

os DE r.A FACE

partie du plancher de l'orliite. Elle présente une guiillif'i-e antéro-poslérieure, la gouttière soiis-orbitaire, qui se transforme en avant en un canal complet, le canal sous-orbitaire. — La face antérieure nous présente un large orifice, le trou soiis-orbitaire. oi\ vient se terminer le canal précédent; ce trou est continué à la face antérieure de l'os, par une gouttière peu profonde, obliquement dirigée en bas et en dedans. Au-dessous du trou sous-orbitaire et de la gouttière qui lui fait suite, se trouve une dépression, la fosse canine, où le muscle canin prend naissance. De la portion antérieure du canal sous-orl)itaire part un petit conduit, qui se porte en bas vers les alvéoles dentaires en suivant constamment l'épaisseur de la paroi osseuse : c'est le canal dentaire antérieur. Comme son nom l'indique, il loge le nerf dentaire antérieur, bi\anche collatérale du iierf sousorbitaire. — La face postérieure, légèrement convexe, fait partie de la fosse zygomatique. On y remarque quelques gouttières verticales et plusieurs petits oriiices : ce sont les trous dentaires postérieurs (tig. 168, 9 et 9'). que traversent les nerfs dentaires postf'rieurs et les rameaux de l'artère alvéolaire.

d. Des trois bords de l'apophyse pyramidale, le bord inférieur, concave et mousse, se dirige verticalement en bas, vers la première grosse molaire. — Le bord antérieur cons[\tue la portion inférieure et interne du rebord orbitaire ; c'est au-dessous de ce bord que passe le canal sous-orljitaire. et, dans ce canal, le nerf et les vaisseaux sous-orbitaires. — Le bord postérieur eniin, arrondi et mousse, répond à la grande aile du sphénu'ide, dont il reste séparé cependant par une fente qui longe l'angle inférieur et externe de l'orbite, c'est la fente sphéno-maxillaire .

3'" Bords. — Les bords du maxillaire supérieur sont, avons-nous dit. au nombre de quatre : ils se distinguent, d'après leur siluation, en antérieui'. postérieur, supérieur el inférieur :

a. Bord antérieur. — Le bord antérieur nous présente, en allant de bas eu haut : 1° la partie antérieure de l'apophyse palatine, SiYQc Và demi-épine nasale antérieure ci-dessus décrite ; 2° une forte échancrure, rec/;«?icnnr??rts«/é'. à bords tranchants : 3" enfin, le bord antérieur l'apophyse montante.

b. Bord postérieur . — Le bord postérieur, arrondi et fort épais, a reçu de quelques anatomistes le nom de tubérosilé du r)iaxillaire . Lisse dans sa moitii' supérieure, où il constitue la paroi antérieure de la fosse ptérygo-maxillaire, il est, dans sa moitié inférieure, recouvert d'aspérités pour s'articuler avec le palatin. On rencontre parfois, à ce niveau, une gouttière verticale qui, en se réunissant avec une gouttière semblable creusée sur le palatin, forme un canal complet, le conduit palatin postérieur.

c. Bo7^d supérieur. — Le bord supérieur, mince et irrégulier, se dirige d'avant en arrière. 11 limite en dedans, sur une tête non désarticulée, la paroi inférieure de l'orbite et s'articule avec trois os qui sont, en allant d'avant en arrière : l'unguis. l'os planum de l'ethmo'ide. l'apophyse orbitaire du palatin. Il n'est pas rare de rencontrer le long de ce bord une ou plusieurs demi-cellules, à parois ordinairement fort minces, que complètent d'autre part les demi-cellules correspondantes de l'ethmo'ide ou du palatin.

d. Bo7'd inférieur. — Le l)ord inférieur, qu'on désigne aussi sous le nom de bord alvéolaire, est creusé de cavités ou alvéoles, où sont implantées les racines des dents. Simples en avant, ces alvéoles se subdivisent, au niveau des grosses molaires, en deux, trois ou quatre fossettes secondaires, correspondant exactement à la division des racines de ces mêmes molaires (voy. Dents). Chaque alvéole ou

OSTÉOLOGIE

chacune de ses fossettes secondaires nous présente à son sommet un petit pertuis, où pénètrent les filets vasculaires et nerveux destinés aux racines des dents.

4° Angles. — Des cjuatre angles du maxillaire supérieur, l'angle antéro-supérieur présente seul quelque intérêt : il sert en effet de base à une longue apophyse, à direction verticale, que nous avons déjà rencontrée plusieurs fois au cours de notre description, c'est l'apophyse montante du maxillaire supérieur. — Le sommet de cette apophyse s'épaissit et se hérisse de dentelures, pour s'articuler avec l'apophyse orbitaire interne du frontal. — Sa face interne fait partie de la paroi externe des fosses nasales. — Sur sa face externe vient s'insérer l'extrémité supérieure du muscle releveur commun de l'aile du nez et de la lèvre supérieure. — Son bord antérieur, rugueux, s'articule avec les os propres du nez. — Quant à son bord postérieur , il limite en dedans le pourtour de l'orbite. Mince en haut, il s'élargit en bas et se creuse d'une gouttière qui se continue, à son extrémité inférieure, avec la gouttière nasale. Des deux lèvres de cette gouttière, l'antérieure se confond avec le bord supérieur de l'apophj-se pyramidale, la postérieure s'articule avec l'unguis.

5° Conformation intérieure, sinus maxillaire. — La partie antérieure de l'apophyse palatine, la base de l'apophyse montante et le bord alvéolaire contiennent une petite masse de tissu spongieux. Toutes les autres i^ortions de l'os sont constituées par du tissu compacte.

Sinus maxillaire. — Le sinus maxillaire ou antre d Highmore, creusé dans l'épaisseur de l'apophyse pyramidale, cor-, respond exactement par sa configuration et son étendue avec la forme et le développement de cette apophyse. Comme elle, il présente une base qui répond à son orifice d'entrée, un sommet qui confine à l'apophyse malaire, et, de plus, trois faces et trois bords qui correspondent exactement aux faces et aux bords de l'apophyse pyramidale. Les parois du sinus sont fort minces, parfois même transparentes. De leur face interne se détachent assez souvent des cloisons, plus ou moins développées suivant les sujets, qui peuvent circonscrire des cavités secondaires. Gruber a vu plusieurs fois le sinus maxillaire divisé en deux cavités distinctes. Les racines des dents soulèvent fréquemment la paroi inférieure du sinus; dans certains cas même, elles traversent cette paroi et sont à nu dans la cavité.

Connexions. — Le maxillaire supérieur s'articule avec huit os, dont deux appartiennent au crâne et six à la face. Ce sont ; 1° le frontal; '2" Fethmoïde ; S» le maxillaire supérieur du côté opposé; 4» l'os malaire; 5° l'unguis; 6° l'os propre du nez; 7"levomer; 8° le cornet inférieur. Dans certains cas rares, il s'articule encore, au niveau du bord inféro-externe de l'orbite, avec la grande aile du sphéno'ide.

Insertions musculaires. — Dix muscles appartenant pour la plupart (tous sauf un) aux

G Dœvv

Fig. 169.

Face, vue latérale, montrant le sinus maxillaire et la face interne de l'orbite.

I, os propre du nez. — 2, gouttière lacrymo-nasale. — 3, épine nasale antérieure. — 4, trou sphéno-palatin. — S. trous dentaires postérieurs. — 6, portion du palatin, rétrécissant l'orilice d'entrée du sinus maxillaire. — 7, apophyse auriculaire du cornet inférieur, recouverte à Tétat Irais par la muqueuse du sinus. — 8, partie postérieure de l'entrée du sinus, également recouverte par la muqueuse. — t), apophyse uncil'orme de l'ethmoïde.

os DE LA FACE

muscles de la face prennent l'insertion sur le maxillaire sui^érieur. Ce sont (flg. 170) : 1° sur la face orbifaire, le petit oblique de l'œil (10); 2° siw la face externe et sur l'apop/tf/se montante, l'orbiculaire des paupières (1), l'élévateur commun de l'aile du nez et de la lèvre supérieure (2), l'élévateur propre de

4), le buccinateur (5), le myrtiforme (8), le

la lèvre supérieure (3), le masséler le canin (6). le transverse du nez (7 dilatateur des narines (9).

Fig. 170.

Maxillaire supérieur avec les inserlions musculaires.

(Pour la sij'ninc

liion des chiffres, se reporter teste ci-contre.)

Développement. — On admet généralement (Biîct.ARU, S.\PPEy, Koi.i.iivEr) que le maxillaire supérieur se développe par cinq points d'ossification. Ces cinq points ne sont pas précédés de cartilages : semblables en cela aux centres d'ossification de la voûte du crâne, ils apparaissent dans la trame embryonnaire vers la fin du deuxième mois.

— De ces cinq points, l'un externe, yjièce maZft/re, est situé en dehors et correspond à toute la portion du maxillaire comprise entre le trou sous-orbitaire et le bord postérieur de l'os. — Le second, pièce orbito-nasale, est situé à la partie supérieure du maxillaire et formera la partie interne du plancher de l'orbite, ainsi que le sinus maxillaire. — Le troisième, pièce nasale, comprend toute la portion de l'os située entre la dent canine et l'apophyse montante. — Le quatrième, pièce palatine, se développe en dedans des points précédents et se porte vers la ligne médiane, en constituant les trois quarts postérieurs de l'apophyse palatine. - - Le cinquième forme la pièce incisive, la plus intéressante de toutes à cause des importantes discussions qu'elle a soulevées parmi les anatomistes, depuis VÉs.iLE jusqu'à nos jours. La pièce incisive se place entre la pièce nasale et la ligne médiane ; sa partie inférieure, cubo'ide. logera les deux incisives et constituera le quart antérieur de l'apophyse palatine ; sa partie supérieure, lamelleuse, s'appliquera contre la pièce nasale et formera la portion la plus interne de l'apophyse montante. La limite séparative de la pièce incisive et de la pièce palatine est le canal palatin antérieur ; il n'est pas rare de rencontrer, sur des maxillaires d'adultes et au pourtour de ce canal, des traces souvent très manifestes de la soudure de ces deux pièces.

Le sinus maxillaire est réduit, au début, à une simjile dépression ou fossette, la fossette ma.rillaire, située sur la partie interne de la pièce orbito-nasale, et la gouttière alvéolaire se trouve alors immédiatement en contact avec la gouttière sous-orbitaire. Ce n'est que plus tard, quand tous les centres d'ossification se sont réunis, que la fossette maxillaire se prolonge dans l'épaisseur de l'os, écarte de plus en plus la paroi orbitaire du rebord alvéolaire et atteint finalement ces dimensions considérables qui la caractérisent chez l'adulte.

Les diverses pièces osseuses que nous venons de signaler se soudent de très l30une heure, à la fin du sixième mois d'après R.\m- BAUD et Renault, de manière à constituer un os unique.

Ces deux derniers observateurs décrivent dans le maxillaire un sixième point d-'ossification, le point sous-vomérien, donnant naissance à ce qu'ils appellent la pièce sous-vomérienne . Ce petit os (fig. 171,1) affecte la forme d'un coin enfoncé entre la pièce incisive et la pièce palatine. C'est lui C{ui, en s'interposant entre les deux gouttières palatines droite et- gauche, avec son congénère du côté opposé, transforme ces gouttières en un canal, le conduit palatin antérieur.

■Variétés. — On rencontre fréquemment, sur des sujets de 1.5 à 20 ans, des os sous-vomériens non soudés et présentant 1 centimètre et demi de hauteur (Rambaud et Renault, loc. cit., p. 157j.

— Le trou sous-orbitaire est très variable par sa situation et sa forme: il s'ouvre le plus'souvent à 1 centimètre au-dessous du rebord orbitaire ; mais on peut le rencontrer aussi entre le i" et le 12e millimètre. Généralement circulaire, il peut affecter une forme ovalaire, à grand diamètre oblique le plus souvent en haut et en avant. Je l'ai vu, plusieurs fois, se présenter sous la forme d'une simple fente. Il peut être multiple : les conduits orbitaires à deux orifices ne sont pas rares ; Gruber {Mém. de VAcad. imp. des Sciences de Saint-Pétersbourg, 1871, p. 4.30) en a observé jusqu'à cinq. J'ai rencontré sur un sujet, à la place du trou sous-orbitaire, deux petites fentes situées, la première à 3 millimètres au-dessous du rebord orbitaire, la seconde à 11 millimètres au-dessous de ce même rebord. — Gruber a décrit sous le nom de .s7jîh« :(/,9o;)!a^â'« e.vterna une petite saillie qui se détache de la partie postérieure de l'apophyse pyramidale et se dirioe ensuite en arrière. Cette apophyse s'unit parfois avec une épine osseuse c[ùi se détache de l'apophyse zygomatique du temporal. Ainsi se trouve formé l'rtre/z.s- ma.rilto-temporaHs infra-jiir/alis de

Os sous-voméricu Jroil (d'après

R.iMBAUD et t^ENAULx).

l. os sous-vomérien {en bleu). — 2, |iièee inoisive, — 3, iiiéce p.Tlatine. — 4. gouttière p.iliitine antérieure. — 5. apopliyse montante. — 6, sinus niaxillaii'e.

OSTÉOLOGIE

Gruber, véritable pont osseux jeté eutre le temporal et le maxillaire supérieur. — La portion de l'os maxillaire qui concourt à former le canal lacrj-mal peut constituer une pièce osseuse distincte,: cet os lacrj-mal antérieur ou accessoire (W. Krause en distingue deux), déjà signalé par RosENMûi.LER (Orgaiiorum lacri/malium descriptio analoinica, Leipzig, 1797), a été étudié à nouveau par Rousseau {Annales des sciences naturelles, 1829, p. 80) et par Zchwegl [Zeitsclir. f. die ration. Medicin, 1859. p. 306) . aux mémoires desquels nous renvoyons le lecteur qui désirerait sur ce point de plus amples détails. — Il n'est pas rare de rencontrer sur des os maxillaires supérieurs, principalement chez les jeunes sujets, des sutures surnuméraires complètes ou incomplètes, indices des ditîérentes pièces osseuses qui entrent dans la constitution embryonnaire de cet os. La plus importante de ces sutures est sans contredit celle c|ui isole plus ou moins la pièce -incisive, plus connue alors sous le nom d'os intermaxiUaire.

Os intermaxillaire chez l'homme . — L'os intermaxillaire, ainsi appelé parce qu'il est situé entre les deux maxillaires, n'est autre que la pièce incisive ci-dessus décrite, qui a conservé chez l'adulte son indépendance de la vie embryonnaire. Il existe à l'état typique et à toutes les périodes de l'existence, chez beaucoup de mammifères, notamment chez les carnivores et les singes inférieurs. Décrit tout au long chez l'homme par GalieiN, dont les descriptions anatomiques reposent malheureusement, comme l'a surabondamment démontré Cajiper (De l'ofang-ot/tanf/ et de quelques autres espèces de singes, tv&d. franc., t. \, p. 43, Paris, 1803), sur l'étude du magot, il a été rejeté par Vésale, et, après lui, par tous les anatomistes, qui aveuglés par l'esprit de système, se sont toujours préoccupés avant tout de trouver des différences entre l'homme et les singes. On admet universellement aujourd'hui, depuis les travaux de Nesbitt {The human Osleology, Londres, 1736, p. 195). de Vico-d'AzYR {Mém. acad. des Sciences, Paris, 1780, p. 489), de Goethe {Principes de philosophie zoologique, 1832), de Leuckart {Vntersuch. iiber das Zwischenkieferbein des Menschen iind seiner normalen und abnormen Métamorphose, Stuttgard, 1810), de IIamy (L'os intermaxillaire de l'homme à l'état normal et patlwlogique, Thèse de Paris, 186S), etc., que l'os intermaxillaire se rencontre chez l'homme tout aussi bien que chez les singes et que la seule différence qui existe à cet égard entre l'homme et les singes, c'est que chez ceux-ci l'os intermaxillaire conserve son indépendance jusqu'à l'état adulte, tandis que chez nous il se soude de bonne heure (troisième mois de la vie intra-utérine) avec les pièces voisines du maxillaire supérieur et disparaît ainsi en tant qu'os isolé.

A la naissance, on observe encore, chez la plupart des sujets, des traces évidentes de cette suture intermaxillaire : « très nette à la face palatine, où elle part de l'interstice de la canine et de l'incisive externe, et quelquefois d'un point situé un peu en dehors de cet interstice, elle décrit sur la voûte du palais une courbe flexueuse, à concavité inférieure plus ou moins prononcée, pénètre dans le trou palatin antérieur, dont elle coupe lebord externe à laréunion de son tiers postérieur et de soutiers moyen. Sur le plancher des fosses nasales, elle parcourt d'abord une courbe très courte, à concavité antérieure, qui correspond à celle de la voûte palatine, puis une courbe plus considérable à concavité postérieure, et, en montant sur la branche, une troisième courbe du même rayon que la seconde, mais concave en avant. Elle se dirige alors obliquement en haut et en dedans et disparaît à un demi-centimètre environ du bord nasal de l'apophyse montante. La ligne articulaire coupe cette apophyse à sa base, bien plus près du canal lacrymal que de l'orifice antérieur des fusses nasales ; on la rencontre le plus souvent à la réunion du tiers postérieur et des deux tiers antérieurs de cette base (Ha.my, loc. cit., 37).

Anormalement nous rencontrons chez l'adulte des traces de cette suture ou même l'indépendance complète de l'intermaxillaire (Eudes Deloxgchamps, Remarques sur l'os intermaxiUaire de l'homme. 1866). On sait que la difformité connue sous le nom de bec-de-lièere repose sur un défaut de

Fig. 172.

Figure scliématiquc, monlrant les difl'i5renles pièces inlciniaxiliaires chez un jeune enf'anl (d'après Aldrecht).

Fig. i73.

Figure scliÉmalique, expliquant le bec-dc-lièvre double (d'après la Ihéorie d'ALunECHi).

1, interm.Txillaire interne {endofjnathion). — 2, tntermaxill;nre externe [mt'SOfjnathioli). — 3, inaxilloire supérieur {cxoQnatkion).

1. intermaxilluire interne [cndognnt/non). — 2, intermaxiUaire externe { iitrsofj imtli/'oij). — 3, maxillaire supérieur {exofjivtthion). — Les ileclies indiquent les scissures du liec-de-liêvre latéral.

soudure, soit des deux os iniermaxillaires entre eux {bec-de-lièvre médian), soit d'un os intermaxillaire avec le maxillaire correspondant {bec-de-lièvre latéral). L'absence complète des os

os DE LA FACE

nteriiiaxillaives i</iieuk'-(le-loiip) a été signalée chez rhoiiimc par Vholick, .Meckel, Lel'ckart, BouissoN, etc.

Au point de vue anthropologique, IIamy a constaté que, chez les races nègres prognathes, la soudure, et par conséquent la disparition de l'os intermaxillaire, était un peu plus tardive que dans les races blanches orthognathes. Cette soudure se produit plus tardivement encore chez les hydrocéphales et chez les rachitiques.

A une époque plus récente, Algrecht {Zool. Anzelger, Leipzig, 187'.), p. i07, et Soc. d'AnlIiropolof/ie de Hfuj-elles, octobre 188:2, p. 73) a admis deux os intermaxillaires de chaque cùté, l'un interne, qu'il appelle endognathion (de yvâOoç, màclioire), l'autre externe, qu'il désigne sous le nom de inésof/nalltion ; le reste du maxillaire supérieur devient pour lui rej.ojf/îa/Aio/; . La figure ci-dessus (fig. 172) indique nettement la situation respective de ces diverses pièces osseuses. Appliquant ensuite ces données à l'anatomie pathologique, Albheciit modifie comme suit les notions classiques relatives au bec-de-lièvre: dans le bec-de-lièvre latéral, la fente anormale est située, non pas entre l'os intermaxillaire et le maxillaire supérieur, mais bien entre Los intermaxillaire interne et l'os intermaxillaire externe, dans la suture endomésofjnat/tique ; dans le becde-lièvre bilatéral, le bourgeon médian [Bûrzel) est formé par les deux os intermaxillaires internes réunis sur la ligne médiane (fig. 173). — (Voyez à ce sujet Kolijker, Veherdas Os interincuAUure des Menschen, etc., Halle, 1882, et l'intéressant mémoire de .\. Broca, Sur lesiège exact de lu fissure alvéolaire dans le hec-de-llècre coiuplexe delà lèvre supérieure, in liull. Soc. anatomique, Paris, 1887).

Cette théorie de la duplicité originelle de l'os intermaxillaire me parait en parfait accord avec le fait, signalé depuis déjà longtemps par Leucicart [loc. cit.) sur une dizaine de crânes, de la duplicité de la suture intermaxillaire, disposition f(ue j'ai observée moi-même sur plusieurs maxillaires d'adultes. De chaque cùté du conduit palatin antérieur, considéré par son extrémité buccale, on voit partir la suture normale qui l'éunit l'os intermaxillaire au maxillaire supérieur proprement dit. Puis, à quelques millimètres plus loin, on voit cette suture se diviser en deux branches : l'une, externe, qui se porte vers le côté interne de la dent canine ; l'autre, interne, qui se dirige vers l'espace compris entre la première incisive et la seconde. Exagérons cette disposition, complétons par la pensée cette double suture, et nous aurons, parfaitement réalisés, les deux os intermaxillaires, Vendognatliion et le mésognalhioii d'ALBRECiiT.

Tout récemment E. Gn.is [Bull. Soc. uiiat.. 1888, et Gaz. hehd. des Se. méd. de Montpellier, 1889) a rencontré, sur un fœtus de six mois, les deux os intermaxillaires divisés de chaque côté en deux pièces parfaitement distinctes.

§ 11. — ( )s .\l A L A iii I-:

L'os malaire, qu'on appelle encoiv os zygomatiqiie, os jugal ou os de la pommette, est situé à la partie la plus externe de la face, dont il constitue la limite latérale. C'est un solide arc-l)outant jeté entre le maxillaire supérieur et les trois os du crâne qui entrent dans la constitution de la fosse temporale : le fron'tal, la grande aile du sphénoïde et l'écaillé du temporal. Envisagé dans sa configuration générale, il affecte la forme d'un (piadrilatère, et, de ce fait, nous offre à considérer deux faces, quatre bords et <[uatre angles :

1° Faces. — Des deux faces. Tune, externe, est en ra|)p(n't avec les téguments ; l'autre, interne, regarde la fosse temporale :

a. Face externe. — La face externe, lissg et convexe, donne insertion aux deux muscles zygomatiques. Le muscle orbiculaire des pau[)ières recouvre sa moitié supérieure, mais sans y prendre aucune attaclie.

b. Face interne. — La face interne, concave, entr»^ à la fois dans la constitution de la fosse temporale et de la fosse zygomatique. Elle donne attache à quelquesuns des faisceaux antérieurs du muscle temporal.

2° Bords. — Les quatre bords de l'os malaire se distinguiMit en antéro-supérieur, postéro-supérieur, antéro-inférieur et postéro-inférieur :

a. Bord anléro-mpérieur. — Le bord antéro-supérieur, mousse et régulièrement concave, fait partie du rebord de l'orbite. Il donne naissance à une lamelle osseuse qui s'en sépare presque à angle droit pour se porter en ai-rièiv : c'est Vapophyse

OSTÉOLOGIE

orbitaire, laqixelle fait partie de l'orbite par sa face supe'rieure ou concave et de la fosse temporale par sa face inférieure ou convexe. Le bord libre de l'apophyse orbitaire, finement dentelé, s'articule à la fois avec le maxillaire supérieur et avec la grande aile du sphénoïde. Entre les deux lignes de dentelures destinées à cette double articulation, existe le plus souvent une petite portion, non articulaire bien que tranchante, qui limite en avant la fente sphéno-maxillaire.

b. Bord postéro- supérieur. — Le bord postéro-supérieur fait partie du pourtour de la fosse temporale. Il nous présente une portion horizontale et une portion ver-

Fig. 174.

Os malaire, face externe.

1, bord antéro-supfrieur ou orbitaire. — 2, bord postéro-supérieur ou temporal, avec -2', l'apophyse marginale de l'os malairc. — 3, bord antéro-inlérieur. — 4, bord postéro-inférieur. — 5, angle supérieur. — 6, angle inférieur. — 7, angle antérieur. — 8, angle postérieur. — 9, orifice antérieur du conduit malaire, s'ouvrant à la joue.

«, surface d'insertion du petit zygomatique. — é, surface d'insertion du grand zygomatique. — c, surface d'insertion de l'élévateur propre de la lèvre supérieure. — e. attache du masséter.

Fig. 175.

Os malaire, face interne.

1, bord antéro-supérieur ou orbitaire. — 2, bord postéro-supérieur ou temporal. — 3, bord antéro-inférieur, avec 3', surface rugueuse pour le maxillaire supérieur. — 4, bord postéro-inférieur. — 5, angle supérieur, pour l'apophyse orbitaire du frontal. — 6, angle inférieur. — 7, angle antérieur. — 8, angle postérieur, pour l'apophyse zygomatique. — 9, 9, facette supérieure ou concave de l'apopbyse orbitaire, faisant partie de l'orbite. — 10, 10, conduit nialaire.

d, attaches du temporal. — c, attaches du masséter.

ticale, se réunissant l'une avec l'autre en formant un angle légèrement obtus. Sur la portion verticale de ce bord et en son milieu, se trouve un prolongement lamellaire, dirigé en arrière du côté de la fosse temporale : c'est Vapophyse marginale de l'os malaire (fig. 174, 2').

c. Bo7'd antéro-inférieur . — Le bord antéro-inférieur, à peu près rectiligne, dentelé dans toute son étendue, s'articule avec le maxillaire supérieur.

d. Bord postéro-inférieur. — Le bord postéro-inférieur, épais, rugueux et mousse, continue la direction de l'arcade zygomatique. Il donne insertion aux faisceaux antérieurs du muscle masséter.

3° Angles. — Ils sont au nombre de quatre. — L'angle supérieur représente une petite colonne osseuse, dont l'extrémité, dentelée, s'articule avec l'apophyse orbitaire externe du frontal. — L'angle postérieur, également dentelé, s'articule avec l'apophyse zygomatique du temporal. — Quant à l'angle antérieur et à 'angle inférieur, ils se confondent l'un et l'autre avec le bord antéi-o-inférieur, pour s'articuler ensemble avec l'apophyse malaire du maxillaire supérieur.

4° Conformation intérieure. — Presque entièrement constitué par du tissu compacte, l'os malaire ne possède du tissu spongieux, et encore en petite quantité.

os DE LA FACE

que SLU' les points qui présentent la plus grande ('paisseur. Cet os est Iraversf' par un conduit, le conduii malaire. qui. prenant naissance sur la face supérieure de l'apophj'se orbitaire, ne tarde pas à se bifurquer dans l'épaisseur de l'os, à la manière d'un Y,, pour s'ouvrir à la fois sur la face externe de l'os et sur sa fan' interne. Ces deux conduits secondaires (flg. 174. 9, et 144, 10'), qui livrent passage à des filets nerveux provenant du rameau orbitaire du maxillaire supérieur, peuvent être appelés, l'un zygomato-facial (celui qui va à la face), l'autre zygomato-temporal (celui qui s'ouvre dans la fosse temporale). Il n'est pas rare de les voir rester indépendants l'un de l'autre dans toute leur étendue, et dans ce cas, on le conçoit, on observe sur l'apopbx'se oi'bitaire deuxti'ous au lieu d'un seul.

Connexions. — Le malaire s'articule avec quatre os : en haut, avec le frontal : en bas et en avant, avec le maxillaire supérieur ; en arrière, avec le temporal ; en arrière et en dedans, avec la grande aile du spliénoïde.

Insertions musculaires. — Cinq muscles s'insèrent sur l'os malaire, savoir (fig. 174 et 175) : 1° sur la face externe de l'os, le petit zygomatique (a), le grand zygomatique (6), l'èlévaleur propre de la lèvre supérieure (c) ; sur la face iiileriie, le temporal (c/) ; sur le bord posléro-lnférieur, le masséter (e).

Développement. — C'est à tort que la plupart des anatomiutes font dériver l'os malaire d'un seul point d'ossification. Quain [Anatomy, eighth édition, p. 72) et KôLLUiER {Embryolof/ie, trad. Schneideh, p. 488) en admettent deux. R.v.miîaud et Renault en figurent même trois, un pour la portion zygomatique de l'os et deux pour la portion orbitaire. Ces trois points d'ossification, bien visibles vers la fin du second mois, sont totalement soudés au cinquième.

Théoriquement, l'os malaire se compose de trois pièces osseuses, savoir : 1" une pièce antérieure ou prémalaire ; 2° une pièce postérieure située en arrière de la précédente, ou postmalaire : 3° une pièce inférieure ou hypomalaire, répondant à la partie inférieure de l'os. La figure 176 indique nettement la situation et les rapports respectifs de ces trois pièces squelettiques.

Variétés. — L'anatomie anormale confirme de tous points cette multiplicité des centres ossificateurs de l'os malaire. On a vu sur certains sujets, en effet, l'os malaire divisé par une suture transversale en deux portions distinctes : une porlion supérieure et une portion inférieure (Sandifort, Obscrc. anal, path. ; SœuiMERiNG, Osléoloyie, p. 61: Canestrini, Anal. d. Soc. d. nat. in Modéra, 1867). Cette

Fig. 170.

Coiislilulion lliéorique df l'os nialaii c.

I, [H'émalairp. — 2, p>stinalaire. — 3, livpiniialaire. — O, orbite. — T. fosse temporale. — F, frùitale. — MS. niaxillaii'e supérieur. — SS, sutnre des pièces nialair'os.

Fig. 177.

Os malairc {os Japonicum), divisé* par suture liori/oiilalc.

* O, T. F, MS, comme dans la fiirure précédente. — S. sutur.' lioci/ontnle. — 1. première pièce compienunt le pc'uialair^ et If postmaliiire. — 2, deuxième pièce (liypom:ilairc).

Fig. 178.

Os malairc [os jajjonicmn), divisé par sulurc verlicale.

O. T. F. MS, comme d^ns la figure préct-dente. — S, suture verticale. — 1, première pièce (prémalaire). — 2, deuxième pièce (postmalaire et hypomalaire réunis).

disposition persiste pendant toute la vi? ctiez certains quadrumanes, comme le fait remarquer Dap. wi.N [la Descendance de l'homme, p. .37). Sa fi'équence, évaluée à 0,3rj p. 100 chez les sujets

ANATOlllE HUMAINE.

T. I, 4r" EDir.

OSTÉOLOGIE

russes (Doenitz, MUtheil. (1er deidschen Gesellsch. f. Naliir. xind Volkerkunde Ostasiens, 187 1, H. 8, s. 139) atteindrait 7 p. 100 chez les sujets japonais (os japonais) d'après les recherches de lIiLGENDORF (MUtheil. der deuischen Gesellscli. fiir Naliir. iind Volkerkunde Osiasiens, 1873. II. I, s. 1).De LoRBNZi (Gazzelta délie cliniche, Torino, 1871) fait remarquer que la divisionde l'os iiialaire se rencontre plus fréqueniment dans les crânes prognathes qui n'appartiennent pas à la race aryenne. — Spix a constaté, sur un sujet, trois pièces distinctes dans l'os malaire. (Voyez encore pour la division de l'os malaire : Delorenzi, Tre nicovi casi d'anomcdia delVoso makire, ïorino, 1872 ; Morsei.i.i, Supra una rara anomalia dell'osso malare, Modena, 1872 ; Gruber, Arch. f. path. anat., 1879, s, 115.) — Deux cas de développement incomplet des os nialaires et des arcades zygomatiques ont été observés tout récemment par Zuckerkandi. {Stricker's med. Jahrbiicher, Ileft I, p. 103). — Des os wormiens peuvent se rencontrer (W. Krause) au niveau de l'articulation temporo-malaire, au niveau de la portion antérieure de la fente sphénomaxillaire. — L'apophyse marginale varie beaucoup en hauteur et en étendue.

Voyez au sujet des variations de l'os malaire : Werfer, Das Wanr/enbein des MenscJien, Diss. ïiibingen, 1869; — Stieda, Arch. f. Anal und Pfiys., 1870, p. 112 ; — Calori, Suîle anomalie deU'osso zijf/oiualico, etc. BoU. Se. Med., 1893.

Os l'ROr'IÎES DU IS'EZ

Situés de chaque côté de la ligne médiane, les deux os pi^opres du nez remplissent l'espace compris entre le frontal et les deux apophyses montantes du maxillaire supérieur. Chacun d'eux a la forme d'une lame quadrilatère, un peu plus large en bas qu'en haut. Il nous présente, en conséquence, deux faces et quatre bords :

1° Faces. — Des deux faces, l'une est antérieure, l'autre postérieure. — La face antérieure , convexe dans le sens transversal, légèrement concave dans le sens vertical, est recouverte dans toute son étendue par le muscle pyramidal. — La face postérieure, concave dans le sens transversal, fait partie des fosses nasales. Elle présente de nombreux sillons pour des vaisseaux et des nerfs.

2" Bords. — Les quatre bords se distinguent en supérieur, inférieur, externe et interne. — Le bord supérieur, fortement dentelé, constitue la partie la plus

4 2 Fig. 179.

Os propres du nez, vus par leur face antérieure.

1, bord supérieur. — 2, bord inférieur, avec 2', écliancrure pour le nerf naso-lobairc. — 3, bord externe.

— 4, bord interne. — 5, trou vasculaire. — a, surface d'insertion du muscle pyramidal.

Os propres du nez. vus par leur face postérieure.

1, bord supérieur. — 2, bord inférieur, avec 2', échancrure pour le nerf naso-lobaire. — 3, bord externe, s'articulant avec le maxillaire supérieur. — • 4, 4, 4, bord interne, articulé avec celui du côté opposé.

Fig. 181.

Os propre du nez, vu par son bord interne.

1, bord interne, épais et rugueux pour s'articuler avec celui du côté opposé. — 2, bord supérieur. — 3, bord inférieur. — 4, i'ace postérieure, faisant partie des fosses nasales. — 5, face antérieure.

épaisse de l'os. Il s'articule avec le bord antérieur du frontal. — Le ôorrf inférieur, un peu plus large, fort mince et très irrégulier, s'unit avec les cartilages

os DE LA FACE

latéraux du nez. Il présente ordinairement une petite échancrure (fig. 179,4'), pour le passage du nerf naso-lobaire. — Le bord externe, taillé en biseau aux dépens de la table interne de l'os, s'ai'ticule avec la branche montante du maxillaire supérieur. — Le bord interne enfin, très épais et très rugueux, s'articule avec celui du côté opposé dans la plus grande partie de son étendue. Il s'articule aussi, tout ù fait en haut, au voisinage du bord supérieur, avec l'épine nasale du frontal et la lame perpendiculaire de l'ethmoïde.

3" Conformation intéi'ieure. — Les os propres du nez sont presque entièrement constitués par du tissu compacte. 11 n'est pas rare de les voir traversés par un canal, qui est presque perpendiculaire à leur surface et qui livre passage à un vaisseau.

Connexions. — Chacun des deux os propres du nez s'arlicule avec quatre os : 1° en dedans, avec son homonyme du côté opposé ; t" en dehors, avec la branche montante du maxillaire supérieur ; 'i" en haut, avec le frontal et avec Tethmoïde.

Insertions musculaires. — L'os nasal donne attache à un seul muscle, le pyramidal (iig. I71),</). Quelquefois, cependant, l'élévateur commun de l'aile du nez et de la lèvre supérieure s'iusére sur lui par quelques-unes de ses libres.

Développement. — Chacun des os propres du nez se développe par un seul point d'ossification, qui apparaît vers le milieu du troisième mois de la vie intra-utérine.

■Variétés. — La région des os propres du nez présente parfois de petits os surnuméraires. J'ai vu, sur deux sujets, une petite pièce osseuse placée entre le frontal et le bord supérieur des os du nez {os surnuméraire sus-nasal). Ces petits os peuvent se développer entre les deux os nasaux i.os surnuméraire inlernasal), comme l'a observé IIvhtl (OEst. Zeitschrift fur pract. Ileilkunde, 1861, n" 49), ou même le long du bord inférieur {os surnuméraire sous-nasal), comme l'a remarqué Mayek (Arch. f. phys. Ileilkunde, 1849, p. 235). — Les deux os propres du nez peuvent se souder sur la ligne médiane en une seule pièce osseuse, disposition qui est normale chez le chimpanzé dès l'âge de deux ans, chez le gorille et les pithéciens plus tôt encore (Toi'inard, l'Ant/iropolof/ic,p. 36). Celte soudure se produirait relativement très vite chez les llottentots, d'après Ilvirix. Broca, examinant vingt-sept squelettes d'adultes pris au hasard, a rencontré la fusion des deux (13 nasaux sur cinq sujets; or ces cinq sujets appartenaient à des races nègres. — Voyez, au sujet des variations des os propres du nez, IIoauti, Di una rarissima varieta délie ossa nasnli, Atti délia R. Accad, dei Fisiocritici, Siena, 1883 ; Valenti, Ossa soprannumerarie del naso, Monit. zool. ital., 1890 ; JIanol viukr. Mémoire sur les variations des os nasaux dans l'espèce humaine, Bull. Soc. d'Anthrop., 1893.

§ IV. — UXGUIS

1^'os unguis (fig. 182 et 183), encore appelé os lacrymal, est une petite lanudle osseuse située à la partie antérieure de la face interne de l'orbite, où elle comI)le l'espace intercepté par le maxillaire supérieur,le frontal et rethmo'ide.* )n lui Considère deux faces et quatre bords.

1° Faces. — Les deux faces se distinguent, tl'après leur orientation, eu externe et interne.

a. Face externe. — La face externe (tig. 182) nous présente eu son milieu une crête verticale, la crête de l'unguis ou crête lacrymale ; elle se termine en bas par une petite apophyse en forme de crochet, qui, en s'articulant avec le maxillaire supérieur, complète en dehors l'oriflce supérieur du canal nasal ; sur elle, vient s'attacher le tendon réfléchi de l'orbiculaire des paupières.

Fig. 182.

Unguis, face externe.

Fig. 183.

Unguis, face interne.

I, bord anlériour. — 2, bord postérieur. — X, bord supérieur. — 4, bord inférieur. — o, crête lacrymale. — li, soultière lacrjmo-nasale.

OSTÉOLOGIE

La crête lacrymale divise la face externe de ruiiguis en deux portions, l'une antérieure, l'autre postérieure : la portion postérieure, régulièrement plane, continue la direction de l'os planum de l'ethmoïde ; la portion antérieure, creusée en gouttière, se réunit en avant avec la gouttière que nous avons déjà vue sur le bord postérieur de l'apophyse montante du maxillaire supéi'ieur, pour constituer la gouUière lacrymo-nasale. laquelle est occupée par le sac lacrymal (voy. Orbite).

b. Face interne. — La face interne (fig. i83j présente de nombreuses rugosités et quelques sillons vasculaires. En son milieu se ti'ouve une gouttière verticale correspondant à la crête de la face précédente. La portion de l'os qui est en avant de cette gouttière fait partie de la paroi externe des fosses nasales. La portion qui est en arrière s'applique contre les masses latérales de l'ethmoïde et complète ainsi les cellules osseuses de cette région.

2" Bords. — Les quatre bords de l'unguis sont irréguliers et fort minces. — Le bord supérieur s'articule avec l'apophyse orbitaire interne du frontal. — Le bord inférieur complète en partie le canal nasal et descend parfois jusqu'à la rencontre du cornet inférieur. — Le bord postérieur s'articule avec l'os planum de l'ethmoïde. — Le bord antérieur s'unit à l'apophyse montante du n.axillaire supérieur.

3" Conformation intérieure. — J^'unguis est exclusivement constitué par du tissu compacte.

Connexions. — L'unguis s'articule avec quatre os : 1° en liant, avec l'os frontal; 2° en arrière, avec rethnioïde ; 3" en avant, avec le ma.xillaire supérieur; 4" en bas, avec le cornet inférieur.

Ins3rlions musculaires. — Deux muscles seulement s'insèrent sur l'unguis (fig. ]8i) : l» sur la crèle lacrymale, le tendon rétléchi de l'orbiculaire des paupières (I) ; 2» immédiatement en arrière de cette crête, le muscle de Horner (2).

Développement. — 11 se développe par un seul point d'ossification, qui apparaît d'ordinaire au troisième mois de la vie intra-utérine.

Variétés. — 11 est des cas où les os unguis sont très petits ou même font entièrenicut défaut; le canal lacrymo-nasal est formé alors en totalité par le ma.N.illaire, auquel peut s'adjoindre, mais plus rarement, l'ethmo'ide (Soe.m.mkring). — La crête de l'unguis ou tout simplement son crochet terminal peut également maiic(uer (Soem-meiunu). — Dans un cas observé par Gkubkr {Milliers Fig. I8i. Archiv.., 1848), l'os unguis, faisant défaut, était remplacé par une série de la-

Ciio-uis, vue exlernc, nielles osseuses détachées des os voisins. — llviiri, a vu l'unguis constitué par avec les insei'lions deux pièces que réunissait une suture verticale [loc. cit., p. 229). — Il peut musculaires. exister en avant de l'unguis une pièce surnuméraire, Vos lacrymal de Rous-

'P.iur 1,1 si^iniiii-ation SEAU {Ann.des Sc. liât., 182:)); mais cette formation surnuméraire appartient d contré''^ '"'"^ ''^'''^ '^"^ maxillaire supérieur. — I^'unguis peut ne présenter aucun rapport de con- ' tact avec l'os planum par suite de l'interposition enlre ces deux pièces

osseuses rlu frontal et du maxillaire supérieur, disposition qui est normale chez le gorille et le chimpanzé (voy,, à ce sujet, Reoault, Bull. Soc. Biol., 1824).

Voyez, au sujet de l'unguis, Gegenbalr, Ueber ilas Pars fucialis des Lacrymale des Mensc/ien, Morphol. .lahrb., 1881, t. VIT, p. 173; — Bianciii, Suite varielù dell'oso unfjuis, in Gazzettà degli ospedali, 1880.

§ V. — Os PALATINS

Les os palatins (fig. 185), comme les maxillaires supérieurs,qu"ils semblent continuer en arrière, occupent la partie la plus reculée de la face : ils concourent à la formation de la voûte palatine, des fosses nasales, de l'orbite et de la fosse ptérygomaxillaire. Us se composent essentiellement de deux portions ou lames qui se soudent à angle droit et dont l'une, la portion horizontale, se porte horizontalement en dedans, tandis que l'autre, la portion verticale, se dii'ige verticalement en haut.

os DE LA FACE

1° Portion horizontale. — i-a portion horizontale dig. 185,:2) a la forme d'un quadrilatère, un peu plus allongé dans le ^ g»

sens transversal que dans le sens antéropostërieur. — La face supérieure, lisse et légèrement concave de dedans en dehors, fait partie du plancher des fosses nasales. — Sa face inférieure, un peu irrégulière, ronstitue la partie la plus reculée de la voûte palatine. — Son bord externe se confond avec le bord inférieur de la portion verticale. — Son bord interne, rugueux et finement dentelé, se réunit avec le bord homologue du palatin du côté opposé, en ménageant, du coté des fosses nasales, une petite gouttière où vient se loger le vomer. — Le bord antérieur, fort mince et rugueux, s'articule avec le bord postérieur de l'apophyse palatine du maxillaire supérieur. — Le bord postérieur enfin, mince, tranchant et concave en arrière, limite à ce niveau la fosse nasale correspondante et donne insertion au voile du palais. En se réunissant avec celui du cùté opposé sur la ligne médiane, ce boi'd forme une petite apophyse en forme d'épine qui se dirige en arrière et en haut: c'est Vépine nasale postérieure (tig. 186,:2); elle est souvent 8 peu développée.

2" Portion verticale. — La portion verticale est rectangulaire comme la précédente ; elle nous présente encore, par conséquent, deux faces et rjuatre bords :

A. Faces. — Les deux faces sont l'une interne, l'autre externe :

a. Face interne. — La face interne (fig. 187) fait partie de la paroi externe des fosses nasales. Nous y remarquons deux crêtes antéro-postérieures, dont l'inférieure, un peu plus développée rpie l'autre, donne attache au bord sui3érieur du cornet inférieur. La surface plus ou moins régulièrement plane, qui se trouve entre ces deux crêtes, fait partie du méat nioyen des fosses nasales. La surface, également plane, qui est située audessus de la crête inférieure, fait partie du méat inférieur.

b. Face externe. — La face externe (fig. 188) nous présente, en avant et en arrière.

Fiff. 18

Les deux palatins en position normale, vue postérieure.

1, ])orlion vcrlicale. — 2, poi'lion lioi-izoutale. — 3, aiiiculation. sur la ligne médiane, des portions horizontales des deux palatins. — 4, 4, crête inférieure de la l'ace interne. — o, apophyse pjramidale, avec ses trois laceltes : deux latérales, rugueuses (-5', o"), pour s'articuler avec les deux ailes de l'apophjse ptérj-goïde, et une niojenne concave et lisse (5"'), pour conipléler la fosse ptérygoi'de. — 6, 6, écliancrure palatine. — 7, apo- |)hyse S|)hénoïdale. — 8, apophyse orbitaire, avec : 8" et 8", deux facettes lisses faisant partie, la première de l'orbite, la seconde de la fosse ptérygo-maxillaire.

a, insertions du palato-staphj lin. — b, insertions du pharyngo-stapliylin. — rf, insertions du constricteur supérieur du pharynx. — e, insertions du ptérygoi'dien interne.

Face inférieure du palatin droit.

1, face inférieure de la portion horizontale, avec : 1 ', son bord antérieur s'articulant avec l'apophyse palatine du maxillaire supérieur ; 1", son bord interne s'articulant avec le palatin du côté gauche ; 1"', son bord postérieur libre. — i, épine nasale postérieure. — 3, crèle donnant attache au muscle péristapliylin externe. — 4, canal palatin postérieur, avec 4', 4', ses canaux accessoires. — .5, apophyse pjramidale, avec : 5', sa portion rugueuse s'articulant avec l'aile externe de l'apophyse ptérygo'ide; o", rugosités s'articulant avec l'aile interne de la même apophyse. — G, partie lisse, donnant attache au ptérygo'idien exlerne. — 7, portion verticale du palatin. — 8, apophyse orbitaire, avec 8', sinus palatin. — 9, apophjse sphéno'idale. — 10, écliancrure palatine.

a, insertion du paIalo-sta|)h\ lin. — b, insertions du pharxngo-staphylin. — c, insertions du péristaphylin externe. — /', insertions du ptér; go'idicn externe.

OSTÉOLOGIE

deux surfaces rugueuses qui s'appliquent, l'ante'rieure contre la face interne du maxillaire supérieur, la postérieure contre l'apophyse ptérygoïde. Entre ces deux surfaces rugueuses s'en trouve une troisième, celle-là non articulaire, qui constitue en haut le fond de la fosse ptérygo-maxillaire ; en has, elle forme une gouttière

lill c û.

Palatin, face interne.

1, portion verticale. — 2, portion liorizontale . — 3, angle tic réunion de ces deux portions. — 4, crête inférieure, limitant en liant le méat inférieur. — 5, crête supérieure, limitant en haut le méat moyen. — C, apophyse pyramidale. — 7, apophyse spliénoïdale. — 8, apophyse orbitaire, avec trois facettes rugueuses 8', 8", 8"', s'articulant ; 8', avec le maxillaire supérieur ; 8", avec l'ethmoïde ; 8"', avec le sphénoïde. — 9, écliancrure palatine.

c, insertion du périslaphylin externe. — d, insertion ilu constricteur sujiérieur du phar\nx.

Fig. 188.

Palatin, face externe.

i, r, rugosités pour le maxillaire supérieur. — 2, écliancrure iialatine. — 3, gouttière contribuant à former le conduit palalin postérieur. — 4, apoplijse orbitaire, avec 4', facette faisant partie de l'orbite. — 5, apophyse sphénoïdale, avec 5', facette lisse, formant le fond de la fosse ptérygo-maxillaire. — 6, surface contribuant à fermer l'orifice du sinus maxillaire. — 7, apophyse pyramidale. — 8, surface rugueuse, s'articulant avec l'aile externe do l'apoplnse ptérygoïde. — 9, surface donnant attache au ptérygoïdien externe (f).

verticale (plus rarement un canal complet) qui, en se réunissant avec une gouttière semblable située sur la tubéi"Osité du maxillaire, constitue un véritable canal, le canal palatin postérieur.

B. Bords. — Les quatre bords de la portion verticale du palatin se distinguent en antérieur, postérieur, inférieur et supérieur :

a. Bord antérieur. — Le bord antérieur, fort mince, s'applique contre la face interne du maxillaire. De sa partie moyenne part une languette plus ou moins développée, qui rétrécit l'entrée du sinus maxillaire en recouvrant la partie postérieure de cet orifice.

b. Bord postérieur. — Le bord postérieur, également fort mince, s'articule avec la face interne de l'apophyse ptérygoïde.

c. Bord inférieur. — Le bord inférieur se confond avec le bord externe de la portion horizontale précédemment décrite. — De l'arête résultant de cette fusion des deux portions du palatin se détache une puissante apophyse, V apophyse pyramidale du palatin (fig. 185,5), c{ui se dirige en arrière et un peu en dehors, vers l'espace laissé libre par l'écartement des deux ailes de l'apophyse ptérygoïde. Cet espace est du reste comblé par elle. L'apophyse pyramidale nous présente, à sa partie postérieure, trois facettes distinctes : deux facettes latérales, rugueuses, destinées à s'articuler avec les deux ailes de l'apophyse ptérygoïde ; une facette moyenne ou intermédiaire, lisse et concave, comjjlétant en bas la fosse ptérygoïdienne. — En avant et en dehors de l'apophyse pyramidale, se trouve une surface rugueuse, qui s'articule avec la tubérosité du maxillaire supérieur. —

os DE LA FACE

En bas et en dedans de cette même apophyse, nous rencontrons un ou deux petits trous : ce sont les orifices inférieurs de deux canaux, dits canaux palatins accessoires, qui prennent naissance d'autre part, soit dans le conduit palatin postérieur, soit directement dans la fosse ptérygo-maxillaire.

d. Bord supérieur. — Le bord supérieur (lig. 187, 188 et 189) est constitué par deux apophyses lamellaires, séparées l'une de l'autre par une échancrure profonde, Véchancrure palatine. Cette échancrure est en rapport avec le corps du sphénoïde qui, en la fermant en haut, la transforme en trou, le trou sphéno-palatin (fig. 189,'!). L'apophyse qui est en avant de l'échancrui^e palatine porte le nom à' apophyse orbitaire, celle qui se trouve en arrière est Vapophyse sphénoïdale. — Vapophyse orbitaire, qui est généralement la plus volumineuse des deux, se dirige en haut, en avant et en dehors." Elle présente sur son côté externe deux petites facettes lisses, dont l'une, la supérieure, forme la partie la plus reculée du plancher de l'orbite ; l'autre, l'inférieure, fait partie de la fosse ptérygo-maxillaire. Sur son côté interne, cette même apophyse nous présente trois autres facettes, articulaires cette fois, destinées à s'unir, l'antérieure avec le maxillaire supérieur, l'interne avec la partie postérieure des masses latérales de l'ethmoïde, la postérieure enfin avec le sphénoïde (fig. 187, 8', 8", 8"'). Au point de vue de sa constitution anatomique, l'apophyse orbitaire du palatin est souvent creusée d'une ou de plusieurs cavités, cellules palatines ou sinus palatin, qui s'appliquent, en les complétant, tantôt contre les demi-cellules ethmoïdales correspondantes, tantôt contre le sinus sphénoïdal. — ] apophyse sphénoïdale (ûg. 187,7), s'incurvant sur la portion verticale qui lui sert de base, se dirige en haut et en dedans. Sa face inférieure ou interne fait partie de la paroi externe des fosses nasales. Sa face supérieure ou externe s'applique contre la base de l'apophyse ptérygoïde et forme, avec cette dernière pièce osseuse, le conduit ptér y go-palatin, dans lequel passent le nerf et les vaisseaux de même nom.

3° Conformation intérieure. — Le p'alatin est presque entièrement constitui' par du tissu compacte ; seule, l'apophyse pyramidale renferme du tissu spongieux.

Connexions. — Le palatin s'articule avec six os : 1» le palatin du côté opposé ; 2" le maxillaire supérieur; 3° le sphénoïde ; 4" rethmoïde ; 5» le cornet inférieur; G» le vomer.

Fig. 189.

Rapports du sphénoïde avec le palatin, pour montrer le mode de formation du trou sphéno-palatin.

(Le palatin est leintc5 en rouge.)

t, trou sphfno-palalin. — 2, corps du splifnoïdc. — 3, apophyse ptérygoïde. — 3', 3", section de la grande aile du sphénoïde au niveau du trou grand rond. — 4, section de la petite aile. — 3, 5', 5", 3"', ligne ponctuée indiquant le pourtour de l'os planum de l'ethmoïde. -— 6, bec du sphéno'ïde. — 7, 8, rugosités ])0ur le mai^illaire supérieur. —

9, goultiùre contribuant à former le conduit palatin postérieur. —

10, portion s'applit|uant contre l'orifice du sinus maxillaire. — 11, apophyse sphénoi'dale. — li, apophyse orbitaire. — 13, trou optirjue. — 14, trou grand rond. — 15, conduit vidien. — 16, lame quadrilatère du sphénoïde.

OSÏÉOLOGIE

Insertions musculaires. — Sur le palatin s'insèrent six muscles, savoir (fig. IS.j. 180. ISï et 18S) : 1" sur la portion Itorizontale, le palato-staphylin ou azyn;os de la luette («), le pharyngostapliylin [h), le péristaphylin externe {c) ; 2° sur la portion verticale, le constricteur supérieur du pharynx (d), le ptérygoïdien interne (e), le ptérygoïdien externe (/').

Développement. — Le palatin se développe par deux points d'ossification primitifs, qui apparaissent vers le quarante-cinquième jour (Rasibaud et Renault). De ces deux points, le postérieur forme l'apophyse pyramidale et la portion de la lame verticale qui est située en arrière de l'échancrure palatin? ; Vantérieur forme le reste de l'os, à l'exception des apophyses sphénoïdale et orbitaire. Ces dernières apophyses proviennent de deux centres épiphysaires complémentaires, lesquels apparaissent beaucoup plus tard.

Variétés. — Les anomalies du palatin sont rares. On a signalé : 1° l'absence de l'apophyse pyramidale, suppléée, dans ce cas, par ime apophyse similaire détachée du maxillaire supérieur (Soemmering) ; 2° l'absence de l'apophyse orbitaire, que remplace alors, soit une apophyse fournie par le maxillaire supérieur, soit une pièce surnuméraire de l'ethmo'ide (Soemmering) ; 3° la réunion, par une suture anormale, delà portion verticale et de la portion horizontale (IIyrtl) ; 4° la nonréunion, sur la ligne médiane, des deux portions horizontales et l'interposition entre elles d'une lamelle osseuse, qui provenait de l'apophyse palatine du maxillaire supérieur et constituait l'épine nasale postérieure (Hyrtl). — On trouve quelquefois, et j'en ai im exemple sous les yeux, une languette osseuse étendue de la partie postérieure de l'apophyse orbitaire au bord antérieur de l'apophyse sphénoïdale, et convertissant en trou l'échancrure palatine. Ce trou, formé entièrement aux dépens du palatin, représente le trou sphéno-palatin.

CORXET IXKÉUtEin

Le coiniet inférieur (lig. 190 et 191j est un os pair situé ù la partie inférieure des fosses nasales. Il affecte la forme d'une lamelle osseuse, qui s'applique par son Ijord supérieur contre la paroi externe de la fosse nasale, en circonscrivant au-dessous d'elle le méat inférieur. Nous pouvons, en raison de sa forme, considérer à cet os deux faces, deux bords et deux extrémités.

1° Faces. — Les deux faces se distinguent, comme pour les cornets supérieur et moN'en, en face externe et face interne

a. La face interne (fig. 190), convexe, regarde la cloison des fosses nasales. Elle présente des rugosités et quelques sillons vasculaires toujours très marqués.

Fig. 19U.

Cornet inférieur, face interne ou convexe.

1, extrémité antfricure. — 2, extrémité poslérieiirc. — 3, 3, bord inférieur. — 4. bord supérieur. — 5, apophyse nasale. — G, apophyse etlimoïdale pour l'apophyse uuciforme de l'ethnioïde.

Fig. 191.

Cornet inférieiu", face externe ou concave.

1, extrémité antérieure — 2, extrémité postérieuie. — 3, 3, bord inférieur. — 4, 4, bord supérieur. — 5. apoph\se nasale. — 6, apophyse cthmoïdale. — 7, apophyse auriculaire

h. La face externe (fig. 191), tournée en dehors, est concave et moins rugueuse que la précédente. Elle délimite en dedans le méat inférieur.

2'^ Bords. — Des deux bords, l'un est inférieur, l'autre supérieur :

a. Le bord inférieur est libre dans la fosse nasale ; il est légèrement convexe et plus épais à sa partie moyenne qu'à ses deux extrémités.

b. Le bord supérieur, plus mince et fixé à la paroi externe de la fosse nasale, s'applique contre la face interne du maxillaire supérieur et du palatin. Nous rencontrons, le long de ce bord, trois prolongements ou apophyses. Ce sont, en allant

os DE LA FACE

d'avant en arrière : 1" Vapop/iyse lacrymale ou nasale (fig. 191, 5j, petite lanielie quadrilatère et mince, qui complète en bas et en arrière le canal nasal, en s'articulantà la fois avec les deux lèvres de la gouttière nasale et avec l'unguis ; 2° Vapophyse maxillaire ou auriculaire (fig. 191, 7), beaucoup plus large que la précédente, qui se dirige en bas et s'applique contre la partie inférieure de l'orifice du sinus maxillaire, en rétrécissant d'autant cet orifice ; 3" Vapophyse ethmo'idale (fig. 190 et 191, 6). située un peu en arrière de l'apophyse maxillaire ; elle se dirige en haut et en arrière et se continue avec l'apophyse unciforme de l'ethmoïde. La lamelle osseuse qui résulte de la réunion de ces deux apophyses réiiond à l'ouverture du sinus maxillaire et modifie naturellement cette ouverture dans ses dimensions et dans sa forme fvoy. t. 111. Fosses nasales).

3" Extrémités. — Les deux extrémités du cornet inférieur se distinguent en antérieure et postérieure. L'extrémité antérieure s'articule avec le maxillaire supérieur, V extrémité postérieure le palatin. L'une et l'autre s'appliquent sur les crêtes antéro-postérieures que nous avons déjà signalées en décrivant ces deux os. Les deux extrémités du cornet inférieur sont anguleuses et terminées en pointe : on distinguera toujours la postérieure en ce qu'elle est plus effilée que l'antérieure.

Conformation intérieure. — Le cornet inférieur est entièrement constitué par du tissu compactiv

Connexions. — Le cornet inférieur s"articule avec cjuatre os ; en iuiiit. avec rethaioïde et le maxillaire supérieur; en avant, avec l'unguis: en arrière, avec le palatin.

Développement. — 11 se développe par un seul point d'ossification, i|ui ne se montre que fort tard, dans le C(uatriènie ou cinr|uièMie mois qui suit la naissance.

Variétés. — Les cornets inférieurs peuvent se souder entièrement chez l'adulte, soit avec le maxillaire supérieur, soit avec l'etliuio'ide. — Ils faisaient entièrement défaut sur un sujet observé par IIyrtl (Sl/zungsb. d. I.riif. Ahad. Wien, 1859).

i: \\\. — N'o.MKI!

Le vomer (tig. 192; est un os impair et médian, constituant la partie postérieure de la cloison des fosses nasales. Il revêt la forme d'une lame quadrilatère fort mince et transparente dans presque toute son étendue. Nous pouvons, par conséquent, lui considérer deux faces et quatre bords.

1" Faces. — Assez régulièrement planes, les deux faces du vomer sont directement recouvertes par la membrane pituitaire.

Elles présentent quelques sillons, plus ou inoins marqués suivant les sujets, destinés à loger des vaisseaux et des nerfs. L'un de ces sillons, plus long et ordinairement plus accusé que les autres, se dirige obli-' quementde haut en bas et d'arrière en avant : il livre passage au nerf naso-palatin interne.

2° Bords. — Les quatre bords (fig. 192j se distinguent, d'après leur situation, en antérieur, postérieur, supérieur et inférieur.

ANATOMU'. HUMMN'R. — T. I. 4'^ KDIT. 27

Fig. 192.

N'omer, vu par son côté droit.

I. bord supérieur fornianl goullière pour s'ai liculor avec le splifnoulc. — 2, bord inférieur. — 3, bord |ioslérieur. — 4, bord antérieur. — 5, l'ace latérale droite.

OSTÉOLOGIE

a. Le bord poslérieur (3), mince et et tranchant, mais non articulaire, sépare

l'un de l'autre les deux orifices postérieurs des fosses nasales.

b. Le bo7'd inférieur (2), également fort mince, mais rugueux dans toute son étendue, est reçu dans la rainure que ménagent entre elles, en se réunissant sur la ligne me'diane, les deux portions horizontales du palatin et les apophj^ses palatines du maxillaire supérieur.

c Le bord antérieur (4), oblique en bas et en avant, s'articule en haut avec la lame perpendiculaire de l'ethmoïde et se réunit en bas avec le cartilage de la cloison.

d. Le bord supérieur (1), appliqué sur la crête de la face inférieure du corps du sphénoïde, présente à cet effet une gouttière antéro-postérieure, dont les deux lèvres, fortement déjetées en dehors, constituent les ailes du vomer (flg. 194, 4). En s'articulant avec le corps du sphénoïde, le bord supérieur du vomer ménage un canal médian et antéro-postérieur, le conduit sphéno-vomérien, dans lequel s'engage un rameau artériel destiné au corps du sphénoïde et au cartilage de la cloison. On rencontre, en effet, sur la plupart des vomers, un canal vertical qui, partant de la gouttière supérieure ou sphénovomérienne, descend dans l'épaisseur de l'os et s'ouvre sur un point quelconque du bord antérieur, là ou vient s'appliquer le cartilage.

3° Conformation intérieure. — Le vomer, chez l'adulte, est formé par une seule lamelle de tissu compacte, résultant de la fusion sur la ligne médiane de deux lamelles osseuses primitives. Ces deux lamelles sont cependant distinctes encore, dans une étendue plus ou moins considérable, à la partie antéi^o-supérieure de l'os. Souvent mèine le bord antérieur est formé par deux lamelles osseuses (flg. 194, 2' et 2"), séparées l'une de l'autre par un intei'stice profond. Cet interstice est comblé, à l'état frais, par un prolongement du cartilage de la cloison.

Connexions. — Le vomer s'articule avec six os (fig. 193) : en haut et en arrière, avec le sphénoïde ; en haut et en avant, avec la lame perpendiculaire de l'ethmoïde ; en bas et en arrière, avec les deux palatins ; en bas et en avant, avec les deux maxillaires supérieurs. 11 s'articule encore, à l'état frais, avec le cartilage de la cloison.

Le vomer, vu en place sur une coupe verticale de la face passant un peu à gauche de la ligne médiane.

1, sinus frontal. — 2, apophyse crisla galli. — 3, lame perpendiculaire de l'ethmoïde. — 4, sinus sphénoïdal. — 5, cornet inférieur de la fosse nasale droite. — G, conduit palatin inférieur.

— 7, apophyse palatine du maxillaire supérieur, — 8, vomer. — 9, son articulation avec la lame perpendiculaire de l'ethmo'i'de.

— 10, épine nasale postérieure. — 11 et 12, aile interne et aile externe de l'apophyse ptérygoïde.

d'en

1, bord supérieur. - 2, bord antérieur, ave -2? et 2", ses deux la melles, — 3, gouttiéi' spliéno-vomérienne. - 4, ailes du Tomer.

Développement. — Le vomer, primitivement double, se développe par deux points d'ossification, situés symétriquement de chaque côté de la ligne médiane et déjà apparents vers le milieu du deuxième mois de la vie intra-utérine. Us se présentent alors sous la forme de deux petites lamelles, de 3 millimètres de longueur sur 1 millimètre de hauteur, appliquées contre le cartilage vomérien. Ces deux

os DE LA FACE

lamelles apparaissent et se développent, non pas aux dépens du cartilage, comme on l'a cru longtemps, mais bien dans la trame conjonctive embryonnaire. Les deux lames originelles du vomer se soudent en bas vers le milieu du troisième mois et représentent alors une espèce de gouttière, ouverte en haut, dans laquelle repose le cartilage vomérien. Les deux bords de la gouttière, progressant dans tous les sens, atteignent à la fois le sphénoïde en haut et l'orifice postérieur des fosses nasales en arrière ; mais, en même temps, la soudure des deux lames latérales a progressé d'une façon parallèle, chassant devant elle le cartilage. Nous avons dit plus haut qu'on rencontre fréquemment encore chez l'adulte, dans le voisinage du bord antérieur du vomer, un écartement de deux lames osseuses entre lesquelles s'insinue un prolongement {proloiu/emenl caudal) du cartilage de la cloison.

Variétés. — Il n'est pas rare de voir le vomer se déjeter plus ou moins à gauche ou à droite et présenter alors, au lieu de deux surfaces planes, une surface concave et une surface convexe.

— La continuité de l'os peut être interrompue par un trou plus ou moins large, qui est bouché pendant la vie par un cartilage (Soe.mmering). — L'écartement des deux lames du vomer est parfois assez considérable pour créer entre elles une cavité spacieuse (Soemmering). Chez certains sauriens, l'indépendance absolue des deux lamelles vomériennes constitue l'état noi'mal.

— On rencontre quelquefois, de chaque côté du conduit sphéno-vornérien médian, un ou plusieurs conduits sphéno-voinériens latéraux, formés à la fois par le corps du sphénoïde et les ailes du vomer. Ces conduits, quand ils existent, livrent passage à des vaisseaux.

§ V n I . — JM A X I L L A 1 i\ E I X F iî 11 J E U H

Situé à la fois à Li partie inféneure et postérieure de La face, le maxillaire inférieur ou mandibule est un os impair, médian et symétrique, constituant à lui tout seul la mâchoire inférieure. Pour la commodité de la description, on le divise généralement en deux parties : une partie moyenne ou corps et deux extrémités latérales ou branches.

1° Corps du maxillaire. — Le corps du maxillaire inférieur a la forme d'un fer à cheval, dont la concavité serait dirigée en arrière. Il nous offre à considérer deux faces, l'une antérieure, l'autre postérieure, et deux bords, l'un supérieur, l'autre inférieur :

a. Face antérieure. — Ln face antérieure (fig. 195) nous présente, à sa partie médiane, une ligne verticale, indice de la soudure des deux moitiés de l'os :

c'est la symphyse mentonnière. Cette ligne, tantôt saillante, tan tôt au contraire excavée en forme de sillon, se termine en bas par une saillie pyramidale, dite éminence mentonnière. — De chaque côté de l'éminence mentonnière part une ligne saillante, la ligne oblique externe du maxillaire, qui, croisant ia face antérieure de l'os à la manière d'une diagonale, vient aboutir au bord antérieur de la branche. Elle donne insertion aux muscles triangulaire des lèvres, carré du menton et peaucier. — • (Jn peu au-dessus d'elle et en un point qui correspond sensiblement

Fig. 193.

Maxillaire supérieur, face externe.

1, corps du maniUaire. — 2, sa branche. — 3, 3, ligne oblique externe.

— 4, trou mwntonnicr, — o, symphyse mentonnière. — 6, 6, bord inférieur.

— 7, 7, bord supérieur ou alvéolaire. — 8, condyle, avec 8', son col. — 9, apophyse coronoïde. — 10, échancrurc sigmoïde."— 11, angle de la mâchoire.

OSTÉOLOGIE

à la deuxième prémolaire, se trouve un orifice circulaire, le trou menlonnier, par lequel passent le nei^f et les vaisseaux mentonniers.

b. Face postérieure. — La face postérieure (fig. 196 et 197) du corps du maxillaire nous présente sur la ligne médiane quatre petites saillies désignées sous le nom iVapophyses géni. Ces apophyses sont disposées deux à deux et donnent insertion, les deux supérieures aux muscles génio-glosses, les deux inférieures aux muscles génio-hyoïdiens. Comme la face précédente, la face postérieure est parcourue obliquement par une ligne saillante, la ligne oblique interne ou mylo-hyoïdienne, qui, comme la ligne oblique externe, vient se confondre en arrière avec le bord antérieur de la branche ; cette ligne donne insertion au muscle mylo-hyoïdien . — Au-dessus d'elle, et de chaque côté des apophyses géni, se trouve une petite dépression transversale, \a fossette sublinguale, destinée, comme son nom l'indique, à loger la glande sublinguale. — Au-dessous d'elle, et en un point qui correspond aux deux ou trois dernières molaires, existe une nouvelle dépression, beaucoup plus prononcée que la précédente : c'est la fossette sous-maxillaire, où se loge en partie la glande de même nom.

c. Bord supérieur. ■ — Le bord supérieur ou alvéolaire du maxillaii^e inférieur est creusé de cavités destinées à recevoir les racines des dents. Ces cavités, dites alvéoles dentaires, sont en tout semblables, comme disposition générale et comme nombre, aux alvéoles déjà décrits sur le maxillaire supérieur.

d. Bord inférieur. — Le bord inférieur, arrondi et mousse, nous présente de chac[ue côté de la symphyse une dépression ovalaire et fortement rugueuse, la fossette digastrique, oii vient s'insérer le ventre antérieur du muscle digastrique. Il n'est pas rare de rencontrer sur ce bord, au voisinage de son extrémité postérieure, une gouttière que j'ai vue très marquée sur certains sujets : la gouttière faciale

du maxillaire, déterminée par le passage de l'artère faciale, au moment oii elle quitte la région du cou pour entrer dans la région de la face.

2° Branches. — Les branches du maxillaire inférieur sont quadrilatères, plus hautes que larges, obliquement dirigées de bas en haut et d'avant en arrière. Chacune d'elles nous offre à considérer deux faces et quatre bords :

A. Face. — Des deux faces, l'une regarde en dehors (face externe), l'autre en dedans (face interne) :

a. Face externe. — La face externe nous pi'ésente de fortes lignes rugueuses destinées à l'insertion inférieure du muscle masséter. Ces rugosités sont surtout marquées dans la portion inférieure de cette face.

b. Face interne. — La face interne, plus accidentée, nous présente d'abord à son centre un large orifice, l'orifice supérieîir du canal dentaire, dans lequel

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