Les fosses nasales
7° Ti'ou sous-orbitaire .
c. L'extérieur
5° Canal nasal | Canal lacrymal.
/ PO ji 7 ; •/ ■ \ N. frontal externe ou sus-orbitaire
/ Q)° hcliancrure sus-orhitaire. ..... • .
{ Art. et veme sus-orbitaires.
( N. sous-orbitaire.
' ' ' \ Vaisseaux sous-orbitaires.
8° Conduit malaire | N. temporo-malaire.
l Nerf maxillaire supérieur.
9° Fente spliéno-maxillaire . . . \ Rameau orbitaire de ce nerf.
' Anastomose veineuse.
Indice orbitaire. — On désigne, en anthropologie, sous le nom â'indice orbitaire, le rapport centésimal du diamètre vertical de la base de l'orbite à son diamètre transversal :
, ,. Diamètre vertical X 100
Indice = — —. — 7
Diamètre transverse.
Chez l'homme, les deux diamètres de l'orbite sont à peu près égaux à la naissance. Mais, à
RÉGIONS COMMUNES AU CRANE ET A LA FACE
mesure que l'enfant grandit, le diamètre transversal l'emporte sur l'autre, de telle sorte que, chez l'adulte, l'indice orbitaire est toujours au-dessous de 100. Broca, qui a fait de l'indice orbitaire une étude spéciale {Recherches sur l'indice orbitaire. Revue d'Anthropologie, 1873, p. 377), admet de grands indices {i./roi/pe mégasème, de cTïi|jia, indi-ce), 89 et au-dessus; de petits indices [groupe microsème), 83 et au-dessous ; des indices moyens ou intermédiaires (,i7/'0i^/je i«(.%o.sè)He), entre 83 et 89.
Sont mégasèmes : les Polynésiens d'Havaï, 93,40 ; les Chinois, 93,8 ; les Mexicains anciens. 93,1 ; les Mexicains modernes, 90,8, etc. — Sont mésosèmes : les Kabyles, 88,9 ; les Corses, 88,6 ; les Savoyards, 88,.^; les Auvergnats, 80,.') ; les llotlentots, 83,8, et, parmi les races préhistoriques, les Gaulois de la Marne, 87,3, et les peuplades qui ont élevé les dolmens de la Lozère, 83,4. — Sont microsèmes : les Cafres, 81 ; les Néo-Calédoniens, 80,3 ; les Tasmaniens, 79,3; les Guanches de ïénériffe, 77, etc. — Exceptionnellement, on a observé 60,9 chez un Tasmanien, 100 chez un Néo-Calédonien, t04 chez une négresse du Sahara et 107 chez un Chinois (Topinard). — Chez les anthropoïdes, l'indice orbitaire dépasse toujours 100; Broca a trouvé 118 chez un orang.
Il esta remarquer que, pour une même race, l'orbite de la femme présente un diamètre vertical moins court que celui de l'homme, et, par suite, un indice plus élevé.
Indice céphalo-orbitaire. — A' la région de l'orbite se rattache encore, entre autres données anthropométriques, la capacité orbitaire, étudiée tout particulièrement par Mantegazza (Dei caratteri gerarchia ciel cranio uinano, Florence, 187.5). La somme des capacités des deux orbites, comparée à la capacité du crâne, fournit ce qu'on appelle Vindice céphalo-orbitaire . Cet indice, étudié par Mantegazza sur 200 crânes de toute provenance, a fourni à l'anthropologiste italien les résultats suivants la moyenne est de 27,2 et les écarts extrêmes atteignent 2-2,7 d'une part et 36,3 de l'autre. La capacité de chacune des oi'bites est à peu près la huitième partie de la capacité du crâne.
§ N . — Fosses x a s a l k s
Creusées au centre de la. face, les fosses nasales sont au nombi'c de deux, l'une droite^, l'autre gauche, placées symétriquement de chaque cùté de la ligne médiane et séparées l'une de l'autre par une simple cloison verticale. Leur cavité donne
Coupe verticale et transversale de l'orbite et des fosses nasales.
I, oibile. — 'i, cellules etlimoïilales. — 3, cornet supérieur. — 4, cornet moyen. — a, cornet inférieur. — 6, méat supérieur — 7, méat moyen, en communicaliou en 7' avec l'infundibulum et en 7" avec le sinus maxillaire. — 8, coupe de l'arcade zygom'atique. — 9, sinus maxillaire. — 10, union du vomer avec les deux apophyses palatines du maxillaire siiiiérieur.
passage à l'air de la respiration, et sur leurs parois vient s'étaler la muqueuse pituitaire, portant elle-même, disséminés dans sa trame, les appareils terminaux de l'olfaction (voy. t. HT, Organes des sens). Chacune des fosses nasales, prise à part.
OSÏÉOLOGIE
ressemble à un long couloir fortement aplati dans le sens transversal et un peu plus large en bas qu'en haut. Nous pouvons,, en conséquence, lui considérer quatre parois et deux ouvertures.
1" Paroi inférieure ou plancher. — La paroi inférieure est un peu inclinée d'avant en arrière. Plane dans le sens antéro-postérieur, légèrement concave dans le sens transversal, elle est constituée, en avant par l'apophyse palatine du maxillaire supérieur, en ariière parla portion horizontale du palatin. Une suture transversale indique la réunion de ces deux pièces osseuses. Nous trouvons, en outre, sur la paiHie antérieure de cette paroi, le conduit palatin antérieur qui, se pointant en dedans à la rencontre de celui du côté opposé, se réunit à lui de manière à constituer un canal unique. Il résulte de cette réunion que les deux conduits palatins antérieurs ont deux orifices en haut et un seul en bas : ils ressemblent, suivant la longueur de la portion commune, soit à un V, soit à un Y.
2° Paroi supérieure ou voûte. — La voûte des fosses nasales (fig. 213) représente ime gouttière étroite et fortement courbe dont la concavité regarde en bas. En allant d'avant en arrière, nous rencontrons- comme parties constituantes de cette gouttière : 1° la face postérieure des os propres du nez ; 2° les parties latérales de l'épine nasale antérieure du frontal ; 3" la face inférieure de la lame criblée de l'ethmoïde ; 4° la face antérieure du corps du sphénoïde ; 5° la face inférieure de ce inême corps du sphénoïde, recouverte à ce niveau par les ailes du vomer, d'une part, et, d'autre part, par l'apophj'se sphénoïdale du palatin. Constatons, avant de quitter cette paroi, le conduit pléry go-palatin, que forme en grande partie cette dernière apophyse et qui, s'ouvrant en arrière à la paiHie la plus élevée de la fosse nasale,
nous conduit en avant, après un trajet légèrement courbe, dans la fosse ptérygo-maxillaire.
3° Paroi interne. — La paroi interne (fig. 213) est formée en haut par la lame verticale de l'ethmoïde, en bas par le vomer. En se réunissant l'un à l'autre, les deux os précités ménagent en avant un angle ren-
trant à large ouverture
cet angle est
Fig. 213.
Fosses nasales, paroi interne.
i, sinus frontal. — 2, apophyse crista galli. — .S, lame perpendiculaire de l'ethmoïde. — 4, sinus 6pii(?noïdal. — a, cornet inférieur de la fosse nasale droite. — 6, conduit palatin inférieur.
— 7, apophyse palatine du maxillaire supérieur. — 8, vomer.
— 9, son articulation avec la lame perpendiculaire de l'ethmoïde.
— 10, épine nasale postérieure. — 11 et 12, aile interne et aile externe de l'apophjse ptérygoïde.
comblé à l'état frais par un cartilage, le cartilage de la cloison, lequel prend ainsi une large part à la formation de la cloison des fosses nasales.
La cloison des fosses nasales suit le plan médian ou se déjette plus ou moins à gauche ou à di'oite : dans le premier cas, elle est régulièrement plane ; dans le second, elle est concave ou convexe, suivant celle des deux fosses nasales où on la considère.
4° Paroi externe. — La paroi externe, étendue, comme la précédente, de la voûte au plancher, est inclinée de haut en bas et de dedans en dehors. Six os contribuent à la former, savoir : le maxillaire supérieur, Tunguis, l'ethmoïde, le
llËGIOi^S COMMUNES AU CRANE ET A UA FACE
sphénoïde, la portion verticale du palatin et le cornet inférieur. Fort irrégulière, elle est comme parsemée de dépressions et d'orifices, qui mettent en communication les fosses nasales avec les différents sinus que nous avons déjà décrits sur un grand nombre d'os de la face et du crâne.
Tout d'abord, de cette paroi externe se détachent trois lames osseuses plus ou moins contoui'nées chez l'homme (flg. 212) : ce sont les cornets, que l'on distingue en supérieur, moyen et inférieur. — (lhacun d'eux présente une face interne ou convexe, une face externe ou concave, un bord supérieur ou adhérent par lequel il se fixe à la paroi, un bord inférieur qui est libre dans la cavité de la fosse nasale. — Des trois cornets, les deux premiers font corps avec l'ethmoïde, dont ils ne sont qu'une dépendance; le troisième est un os isolable et complètement indépendant. — Le cornet supérieui", plus petit que les deux autres, n'occupe que la partie la plus reculée de la fosse nasale. En avant de lui se trouve une surface quadrilatère, parsemée de nombreux sillons nerveux et vasculaires. — Nous avons déjà fait remarquer, à propos de l'ethmoïde, qu'il existait parfois au-dessus du cornet supérieur un petit cornet surnuméraii^e. connu sous le nom de c{uatrième cornet ou de cornet de S.a^ntorini.
En s'avançant dans la fosse nasale, chacun des cornets distrait en dehors de lui une portion de cavité, que l'on désigne sous le nom de méat. De même (ju'il y a trois cornets, il existe ti'ois méats, lesquels portent le même nom que les cornets en dehors desquels ils sont placés : méat supérieur, méat moyen, méat inférieur, chacun d'eux étant compris entre le cornet homonyme et la paroi externe de la fosse nasale.
Les orifices des divers sinus qui viennent s'ouvrir dans les fosses nasales se répartissent comme suit :
1° un peu en arrière du méat supérieur, dans le voisinage de la voûte, nous trouvons l'orifice du sinus sphénoïdal ; 2° dans le méat supérieur, l'orifice, souvent double, des cellules ethmoïdales postérieures ; 3" dans le méat moyen, l'orifice du sinus maxillaire, considérablement rétréci par tous les os qui l'entourent (voy. Maxillaire supérieur et, dans le tome III, le Sens de V olfaction); au-dessus de lui, l'orifice de l'infundibulum de l'ethmoïde (voy. cet os), où débouche le sinus frontal ; enfin, un peu en arrière de l'infundibulum, l'orifice des cellules ethmoïdales antérieures.
Un orifice et un canal, situés également sur la paroi externe, mettent en communication la fosse nasale avec deux cavités voisines. Ce sont :
1" le trou sphéno-palatin, que l'on trouve un peu en arrière du méat supérieur et qui aboutit, d'autre part, à la fosse ptérygo-maxillaire; 2° le canal nasal, qui
15 il 13 12
CD... EB Fig. 214.
Fosses nasales, paroi e.xterne.
), sinus IVoiilul. — 2, os propres du nez. — cornet supérieur. — 4, cornet moyen. — 5, cornet inférieur. — ti, orilîce des cellules etUmoïdales postérieures. — 7. sinus spliénoïdal, avec 7', son orifice dans les fosses nasales. — 8, trou spliéno-palatin. — 9, orifice du sinus maxillaire. — 10, épine nasale antérieure. — II, conduit palatin antérieur. — 12, apophyse palatine du maxillaire supérieur. — 13, portion horizontale du palatin. — 14, aile interne de l'apophyse ptérygoïde. — 13, aile externe de cette apoj)h\se.
occupe le méat inféiieur et fait communiquer ce méat inférieur avec la cavité orbitaire. Nous avons déjà vu, à propos du palatin (p. 207), quel était le mode de constitution du trou sphéno-palatin ; nous n'y reviendrons pas ici et décrirons seulement le canal nasal.
Le canal nasal fait suite, en haut, à la gouttière lacrymo-nasale qui occupe, comme on le sait (p. 228), la partie antérieure de la paroi interne de l'orbite. De
Les sinus osseux de la tête.
1, sinus fi'oulal. — i, canal laci'jmal. — 3, cellules eLlnnoïdalcs (l'os plaiium a été enlevé sur une grande partie de sou étendue). — 4, infuudibulum, vu à travers une fenêtre pratiquée dans l'unguis. — 3, sinus spliénoïdal. — 6, trous orbitaires internes. — 7, trou optique — 8, trou spliéno-palatin. — S', canal vidien (orifice antérieur). — U, coupe, oblique en bas et en dehors, des grandes ailes du sphénoïde, pratiquée au niveau du trou grand rond 9'. — 9", coupe des petites ailes, pratiquée en deliors du trou optique. — 10, sinus maxillaire. — 11, apophyse ptérygoïde. — 12, orifice supérieur du conduit palatin postérieur. — 13, une partie du canal carotidien. — 14, coupe verticale du rocher, faite obliquement. — l.'i, cavité glénoïde du temporal. — 16, apophyse styloïde. — 17, conduit auditif externe. — 18, cavités mastoïdiennes.
la, il se porte en bas, en arrière et en dedans, en décrivant dans son ensemble une légère courbe, dont la convexité regarde en avant, en bas et un peu en dehors. Il mesure, en moyenne, de 10 à 20 millimètres de longueur. Sa largeur est légèrement variable, suivant les points que l'on considère : dans son tiers supéiùeur, elle est de 4 millimètres; plus bas, le canal s'évase graduellement à la manière d'un entonnoir et vient s'ouvrir, par sa portion la plus large, à la partie supérieure et antérieure du méat inférieur. Au point de vue de son mode de constitution, le canal est formé, en dehors par la gouttière nasale du maxillaire supérieur, en dedans par l'unguis et le cornet inférieur qui complètent cette gouttière. Nous aurons naturellement l'occasion de revenir sur ce canal à propos des voies lacrymales (voy. t. 111, Sens de la vue).
5'^ Ouverture antérieure. — Sur le squelette et en l'absence du cartilage de la cloison, les deux fosses nasales aboutissent à une ouverture qui leur est commune. Cette ouverture, circonscrite par les deux maxillaires et les deux os propres du nez, est généralement comparée à un cœur de carte à jouer dont la base est dirigée en bas. L'épine nasale antérieure constitue l'échancrure médiane de la base du cœur. L'angle rentrant, formé en haut par le bord inférieur des os propres du nez, en constitue le sommet.
C'est à tort que Alix et Pruner-Bey, reprenant une idée déjà émise par C.\rus, ont voulu l'aire de l'épine nasale antérieure une disposition anatomique caractéristique de l'espèce humaine. Dans
RÉGIONS COMMUNES AU CRANE Eï A LA FACE
im intéressant mémoire, publié en 1869 {Bull, de la Soc. d'Antliropolor/ie, p. 13), Hamy a démontré en effet que l'épine nasale peut faire défaut, chez nous, sur quelques sujets de races inférieures et que, d'autre part, elle existe à l'état de vestige chez plusieurs anthropoïdes et jusque chez les pithéciens et les cébiens.
6° Ouverture postérieure. — L'ouverture postérieure des fosses nasales revêt la forme d'un quadrilatère aux angles arrondis, plus allonge' dans le sens vertical que dans le. sens transversal. Elle est formée, à droite et à gauche : en haut, par le corps du sphénoïde, doublé, à sa partie interne, de l'aile du vomer; en bas, parle bord postérieur concave de la portion horizontale du palatin; en dehors, par l'aile interne de l'apophyse ptérygoïde; en dedans, par le bord postérieur du vomer. Le plan de cette ouverture, assez nettement indiqué par la direction du bord postérieur du vomer, est légèrement oblique de haut en bas et d'arrière en avant, direction justement opposée à celle de l'ouverture antérieure. Les recherches craniométriques, entreprises récemment par Escat, sont venues établir que l'inclinaison de ce plan suit à peu près les variations de l'angle facial : une inclinaison légère coïncide avec un angle facial très ouvert; une inclinaison forte s'observe, au contraire, sur les sujets qui ont un angle facial relativement ftiible.
Indice nasal. — On désigne sous le nom d'indice nasal le rapport centésimal du diamètre transversal maximum de l'ouverture antérieure des fosses nasales au diamètre vertical de cette même ouverture, mesuré de l'épine nasale antérieure à la suture naso-frontale :
^ Diamètre transverse X 100
Indice = TT r- — ;
Diamètre vertical.
Cet indice, très variable suivant les sujets et suivant les races, oscille de 41.9 {Esquimaux) à 60,2 {Boschiinans). Etabli par Broca en 1872 {Bull. Soc. cPAn/hr. 2a), l'indice nasal est accepté aujourd'hui par la plupart des craniologistes comme un caractère anatomique de première importance pour la classification des races humaines. — A ce sujet, on divise les races comme les individus en trois catégories : races à petits indices ou lepfoi'hin.iens, possédant un nez mince et étroit ; races à grands indices ou platyrJiinie?is, caractérisées par un nez large et plat ; races à indices moyens ou mésorhiniens, tenant le milieu entre les deux groupes précédents. Voici, du reste, quels sont les chiffres de la nomenclature de Broca :
1° Sont leptorhiniens, les individus dont l'indice — 47,9 et au-dessous.
2° — mésorhiniens, — — = 48 à 52,9.
3» — plali/rhiniens, — — = 53 et au-dessus.
Or, il résulte des nombreuses observations qui ont été faites jusqu'ici sur ce sujet, que : 1» tous les Européens (dans les moyennes bien entendu) sont leptorhiniens ; 2» t(ms les groupes des races jaunes, à l'exception des Esquimaux, sont mésorhiniens ; 3" tous les nègres, à l'exception des Néo-Calédoniens, sont platyrhiniens.
Voyez, au sujet des fosses nasales : Seydel, Morphol. Jahrbuch, XVII, 1; — Hochstetter, Verhandl. d. anatom. Gesellsch., 1891; — ZucKERKANor,, Norm. u . path. Anatomie der Nasenhohle und ihre pneumatischen Anhânr/e, Wien, 1892 ; — Dwight, Fossa prœnasalis, The americ. Journ. of med. Se. 1892 ; — Mauclauie, Consicl. anal, et path. sur la cloison des fosses tiasales au.r différents âges, Bull. Soc. anat., 1892; — Escat, Évolution et transformations anatomiqves de la cavité naso-pharyngienne, Th. Paris, 1894.
§ m. — Fosse ptérygoïde
Située à la face postérieure de l'apophyse ptérygoïde (fig. 216,1), regardant en arrière et un peu en bas, cette région est creusée presque en totalité dans ce prolongement du sphénoïde. A sa partie inférieure, cependant, elle est encore formée par une petite surface triangulaire qui appartient à l'apophyse pyramidale du palatin. Cette surface triangulaire (6) vient s'interposer entre l'aile interne et l'aile externe de l'apophyse ptérygoïde, comblant ainsi tout l'espace circonscrit par l'écartement de ces deux ailes.
OSTÉOLOGIE
La fosse ptérygoïde est allonge'e dans le sens vertical ; sa hauteur est à peu près le double de sa largeur et celle-ci est moindre en haut qu'en bas. Tout à fait à sa partie supérieure et contre l'aile interne de l'apophyse ptérygoïde, elle nous présente une petite dépression secondaire, également allongée dans le sens vertical : c'est la fossette naviculaire ou scaphoïde (2). L'extrémité inférieure de cette dernière fossette répond à l'aile interne de l'apophyse ptérygoïde. Son extrémité supérieure ou mieux supéro-externe s'effile en une sorte de cjueue qui vient se perdre insensiblement à la face inférieure de la grande aile du sphénoïde,, un peu en dedans du trou ovale.
La fosse ptérygoïde donne insertion au muscle ptérygoïdien interne; dans la fossette naviculaire vient prendre naissance le muscle péristaphylin externe.
§ IV. — Fosse zygomatique
On désigne sous ce nom l'espace, large et mal circonscrit, qui est situé au-dessous de l'arcade zygomatique, entre l'apophyse ptérygoïde et la branche du maxillaire inférieur. La fosse zygomatique est totalement dépourvue de paroi postérieure et de paroi inférieure. Sa paroi supérioui i' même se trouve réduite à cette surface rugueuse et quadrilatère qui se trouve comprise entre la base de l'apophyse ptérygoïde et de la crête temporale du sphénoïde. En dehors de cette surface, elle communique largement avec la fosse temporale.
Les trois autres parois de la fosse zygomatique existent réellement. C'est ainsi que cette cavité est fermée : 1° en dehors, par la face interne de l'os malaire et la face interne de la branche du maxillaire inférieur; 2° en avant, par la face postérieure de l'apophyse pyramidale du maxillaire supérieur; 3° en dedans, par la face externe de l'apopyse ptérygoïde, en avant de laquelle se trouve une fente qui nous conduit dans la fosse ptérygo-maxillaire. Constatons encore que la fosse zygomatique entre en communication, en haut et en avant, avec la cavité orbitaire par la fente sphéno-maxillaire.
ii \'. — Fosse ptérygo-m.\xillaire
La tubérosité du maxillaire supérieur et la face antérieure de l'apophyse ptérygoïde, à peine séparées en bas par une mince lamelle appartenant au palatin, s'écartent l'une de l'autre en se portant en haut, interceptant ainsi un espace angulaire que ferme en dedans la portion verticale du palatin : c'est à cet espace (fig. 217,1) qu'on donne le nom de fosse ptérygo-maxillaire.
i" Mode de configuration. — Ainsi entendue, la fosse ptérygo-maxillaire peut être comparée à une pyramide quadrangulaire, et, de ce fait, nous offi'e à considérer un sommet, une base et quatre parois :
a. Sommet. — Le sommet, dirigé en bas, est formé parla rencontre de l'apophyse
Fosse ptérygoïde du côté droit.
1, fosse iit^rygoïdc. — 2, fossette scaphoïde pour Tinsertion du péristaphylin externe. — 3, aile interne, avec : 3', son tubercule tubaire et 3", l'échancrurc tubaire. — 4, crochet de l'aile interne. — 5, aile externe, avec 5', Tépine de Civinini. — 6 {eu.
rouge), partie de la fosse ptérygoïde formée par le palatin. — - 7, fosse nasale droite. — 8, trou ovale. — y, sommet du rocher.
— 10, fosse ptérygo-maxillaire.
— 11, tubérosité du maxillaire supérieur. -
RÉGIONS COMMUNES AU CRANE ET A LA FACE 233
ptérygoïde et de la tubérosité du maxillaire : c'est un angle dièdre, très aigu, V angle ptéry go-maxillaire .
h. Base. — La base, situe'e en haut, est constituée, à sa partie interne, par la grande aile du sphénoïde, au moment où elle va se souder au corps de l'os. A sa partie externe, elle répond à la partie la plus reculée de la fente sphéno-maxillairc.
c. Parois. — Les quatre parois de la fosse ptérygo-maxillaire se distinguent en antérieure, postérieure, interne et externe. — La paroi antérieure \V est autre que la
Fosse ptérygo-maxillaire (cùté droit), avec tous les canaux qui y aboutissent.
I, fosse ptérygo-maxillaire. — 2, trou grand rond. — 3, fcnto sphf'no-maxillairo . — 4, conduit sous-orbitairc, avec 4' , son orifice antérieur ou trou sous-orbitaire. — b, trou sphéno-palatin, s'ou\ rant d'autre part dans les fosses nasales. — C, 6', conduits dentaires postérieurs. — 7, canal vidieu. — 8, conduit ptérygo-palalin . — 'J, conduit palatin postérieur. — 9', 9", conduits palatins accessoires. — 10, orbite. — 11, tubérosité du maxillaire. — 12, face externe dol'apoplijse ptérygoïde. — 13, crochet de l'aile interne de celle même apopliyse. — 14, petites ailes d« spliéno'idc.
tubérosité du maxillaire supérieur. — • Lap«ro« postérieure est constituée par la face antérieure de l'apophyse i^térygoïde. — La paroi interne est formée par la face externe de la portion verticale du palatin, laquelle, à ce niveau, sépare la fosse ptérygo-maxillaire de la fosse nasale correspondante. — • La paroi externe, enfin, fait défaut. Elle est i^emplacée par une ouverture ou fente, plus large en haut qu'en bas, qui met en communication la fosse zygomatique aA^ec la fosse ptérygomaxillaire et fait, pour ainsi dire, de celle-ci un simple diverticulum de celle-là.
2" Relations avec les régions voisines. — La fosse ptérygo-maxillaire sert de réceptacle au ganglion sphéno-palalin ou ganglion de Meckel (voy. Névuologie). Tous les autres organes, vaisseaux ou nerfs, qui s'y trouvent (et ils sont fort nom-
OSTEOLOGIE
breux) proviennent d'ailleurs ou bien naissent dans la fosse et en sortent immédiatement pour aller se distribuer à une autre région. C'est dire que la fosse
Fig. 218.
Trois schémas, montrant la coupe transversale de la fosse plérygo-maxillaire pratiquée
à différentes hauteurs.
A. — Coupe pratiquée à la hauteur du canal vicUen : F, fosse ptérygo-maxillairc. — 1, maxillaire supérieur. —
2, 2, apophyse ptérygoïde. — 3. 3, palatin. — 4, trou sphéno-palatin. — 5, canal vidien.
B. — Coupe pratiquée à la partie moyenne de la fosse : F, fosse ptérygo-maxillaire. — i, maxillaire. — 2, apophyse
ptérjgoïde. — 3, palatin.
C. — Coupe pratiquée au-dessous de la fosse, à travers les conduits palatins ; 1, maxillaire. — 2, apopliyse ptéry-
goïde. — 3, palatin. — 4, conduit palatin postérieur. — 4', 4", conduits palalins accessoires.
ptérygo-maxillaire présente un nombre considéi'able de trous, canaux et fentes
qui la mettent en relation avec les régions A'oisines.
Ce sont (fig. 218 et 219) :
l" Le trou grand rond, situé cà la base de la fosse et s'ouvrant d'autre part dans le crâne ; il laisse passer le nerf maxillaire supérieur;
2° La fente sphéno-maxillaire, située à la rencontre de la base et de la paroi antérieure; elle fait communiquer la fosse ptérygo-maxillaire avec l'orbite et livre passage au nerf maxillaire supérieur et à son rameau oi'bitaire;
3° Le trou sphéno-poAatin, situé sur la partie la plus élevée de la paroi interne : il est constitué, comme nous l'avons déjà dit, par l'échancrure palatine, sur laquelle vient comme s'asseoir le corjDS du sphénoïde, en la transformant en trou (fig. 219,1). Le trou .sphéno-palatin établit une
La
— Bdvleuaz
Fig. 219.
fosse ptérygo-maxillaire. vue après ablation maxillaire et ouverture du trou grand rond.
du
1, trou sphéno-palatin. — 2, corps du sphénoïde. — 3, ajiophyse ptérygoïde. — 3' 3", section de la grande aile du sphénoïde au niveau du trou grand rond. — 4. sec! ion de la petite aile. — 5. 5', 5", S'", ligne ponctuée, indiquant le pourtour de l'os planum de l'ethmoïde.
— 6, bec du sphénoïde. — 7, 8, rugosités pour le maxillaire supérieur.
— 9, gouttière contribuant à former le conduit palatin poslérieui'. — 10, portion s'applicpiant contre l'orifice du sinus maxillaire. — 11, apophyse sphénoi'dale . — 12, apophyse orbitaire. — 13, trou optique. — 14, trou grand rond. — 15, conduit vidien. — 10. lame quadrilalère du sphéno'ïde.
fosse ptérygo-maxillaire et les fosses nasales; il laisse passer le nerf sphéno-palatin et l'artère sphéno-palatine;
3° Le conduit ptérygo-jialatin, qui, i^artantde la partie supérieure et postérieure de la fosse ptérygo-maxillaire. vient aboutir à la partie la plus reculée de la voûte
larse communication entre la
UÉGIONS COMMUNES A Li CRANE ET A I. A FACE
des fosses nasales ; il livre passage au nerf ptérygu-palaliii ou pliaryiigien de Bock et à l'artère ptérygo-palatine ;
o'^ Le canal vidien, creusé dans la base de l'apophyse plrrygoïde ; il se porte directement d'avant en arrière et laisse passer le nerf vidien et l'artère vidienne ;
6° Le canal palatin postérieur, prenant naissance dans l'angle inférieur de la fosse ptérygo-maxillaire et se dirigeant ensuite verticalement en bas pour venir s'ouvrir aux angles postérieurs de la voûte palatine ; il est formé à la fois par le maxillaire et le palatin et livre passage au nerf palatin antéi'ieur :
1" Les canaux palatins accessoires, généralement au nomlire de deux, parallèles au préce'dent, en arrière duquel ils sont situés ; ils laissent passer, l'un le nerf palatin moyen, l'autre le nerf palatin postérieur ;
8" Les trous dentaires postérieurs, au nunibre de deux ou trois, creusés en avant de la tubérosité du maxillaire et livrant passage aux nerfs diMitaires postérieurs et aux artères dentaires postérieures.
Nous retrouverons plus tard tous ces canaux, en étudiant, ru angéiologie et en névrologie, les vaisseaux et nerfs auxquels ils livrent passage. Mais nous ne saurions trop recommander à l'élève de se faire, sur la tète osseuse, une idée exacte de leur situation, de leur direction, de l'os ou des os dans l'épaisseur desquels ils se trouvent creusés, de leur orifice d'entrée et de leur oritlce de sortie, etc. Ces notions ostéologiques, on le verra plus tard, facili leront singulièrement l'étude des vaisseaux et nerfs ,^ ^ ,^ de la région, notamment celle de l'artère maxillaire interne et du nerf maxillaire supérieur.