‹ Traité d'anatomie humaine (volume 5)Chapitre 42 sur 176 · LE CRANE AU POINT DE VI^E A M II HO P 0 E UG IQ U E · texte numérisé non relu

LE CRANE AU POINT DE VI^E A M II HO P 0 E UG IQ U E

méthode à laquelle s'est arrêté Buoca après de longues et patientes reclierclies. dette métJiode, ils la trouveront exposée avec tous les détails désirables à la page 100 des Instructions craniologiques (Paris, 1875). Nous nous eontenlerons de la résumer ici en un peu de mots.

Le matériel instrumental dont se servait Bkoca comprend : l"(leux. litres environ de plomb de chasse n"8; 2° un entonnoir en fer-blanc destine'' à verser le plomli dans la cavité crânienne et dont le goulot est exactement large de i2 centimètres : 3" un fuseau en bois dur et terminé en pointe mousse, servant à bourrer le plomb au fur et à mesure c{u'il tombe dans le crâne ; 4° un litre en étain poinçonné : o" une éprouvette en verre, graduée de 5 en o centimètres cubes, d'une contenance d'un demi-litre et de 20 à 40 centimètres de hauteur ; 6" un vase cylindrique en f(M"-blanc pourvu d'une anse et d'une contenance de deux litres.

L'opération elle-même se divise en deux temi^s : le jaugeage et le cubage. Le jaugeage consiste à remplir par le trou occi|iital, de plomb n° 8, la cavité du ci'.lnc dont on veut déterminer la capacité; le cuijagc, à retirer ce plomb et à le cuber, c'est-à-dire à représenter son volume par des chiffres. La première de ces opérations s'exécute avec l'entonnoir et le fuseau ; pour la seconde, an emploie le doublelitre, le litre et l'éprouvette gradués. L'une et l'autre, on ne saurait trop le réjxHei-. demandent l'emploi d'une technique toute spéciale, qu'il faudra suivre i*eligieusementsi on veut établir des résultats sérieux et utilisables. L'oubli d'un tout pelil détail, insignifiant en apparence, peut se traduire dans les chiffres par un ('carl de 20. 30, 50 centimètres cubes et même plus.

Pour les crânes fragiles qui seraient susceptibles de se briser par le tassemenl du plondî, Broca conseille de remplacer ce derniei'par la graine de moutarde.

Voici maintenant quelques-uns des résultats obtenus par Ruoca, relativenient à la capacité' crânienne :

HOMMES I EMMES DU FÉRENCES

l'arisieiis contemporains io59 1347 222

— du \\v- siècle 1531 1320 211

Auvergnats 1598 144.5 153

Savoyards ■ 1538 1417 121

Basf(ues français et espagnols 1564 1355 209

Hollandais . '. 1540 1390 140

Chinois et Mongols 1518 1383 135

Nègres d'Afrique 1437 1251 186

Néo-Calédoniens 1460 1330 ' 130

Épo(|ue des dolmens (Lozère) 1606 1507 99

— (Grottes de la Marne) .... 1534 1407 127

.Vu point de vue de leur volume, les ci'iines se divisent en cinq groupes, savoir :

1° Crânes macrocéphales J950 et an-dessus.

2" — gros de l'.loO à 1650

3° — moyens ou ordinaires de 1G60 à 1450

4° — petits de 1450 à 1150

5" — microcéphales 1150 et au-dessous.

Tout récemment, 3L\xouvrier {De la quantité dans V encéphale. Paris, 1885), comparant successivement sur un grand nombre de sujets la capacité crânienne et le poids de l'encéphale, est arrivé à déterminer le rapport moyen qui existe entre ces deux quantités ; d'oîi il résulte que l'on peut, par une opération arithmétique des plus simples, passer de l'une à l'autre. C'est ainsi que, pour évaluer le poids de l'encéphale d'après la capacité crânienne, il suffit de multiplier cette capacité par 0.87. De même pour obtenir la capacité crânienne, connaissant le poids de renc('-

OSTÉOLOGIE

phale, on multiplie ce poids par 1/15. Maïs les résultats ainsi obtenus n'ont une précision certaine que si la capacité crânienne a été mesurée d'après le procédé de Broca correctement suivi. Le rapport de la capacité crânienne au poids de l'encéphale trouve en médecine de nombreuses applications : il peut servir notamment à évaluer la perte de poids encéphalique qui se produit sous Finflaence de la vieillesse et des maladies.

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