‹ Traité d'anatomie humaine (volume 5)Chapitre 58 sur 176 · C. Ocvr · texte numérisé non relu

C. Ocvr

Fig. 273.

Os coxal, vu par sa l'ace interne.

I, bord supérieur ou crête iliaque. — 2, épine iliaque antérosupérieure. — 3, épine iliaque postéro-supérieure. — 4, fosse iliaque inlerne. — 5, trou nourricier. — 6, facette auriculaire |iour l'arliculation sacro-iliaque. — C, tubercule servant de pivot aux mouvements de nutation du sacrum. — 7, tubérosité iliaque. — 8, épine iliaque antéro-inférieure. — 9, épine iliaque postéro-inférieure. — \ 0, grande écliancrure sciatique. — Il, épine sciatique. — 12, petite écliancrure sciatique. — 13. ischion. — 14, pubis, avec 15, sa facette articulaire pour le pubis du côté opposé. — 16, ligne innominée. - 17, émnience ilio-pectinée. — 17', crête pectinéale, avec 17" tubercule du petit psoas. — 18, branche ischio-pubienne. —19, gouttière sous-pubienne. — 20. épine du pubis. — 21, trou ischio-pubien. — 22, angle du pubis. — 23, tubercule ischio-pubien externe ou sous-colj loïdicn. — 24, tubercule ischio-pubien interne. — 25, crête mousse du détroit moveu.

1' Face interne. — Sur cette face interne, nous apercevons tout d'abord une ligne obliquement dirigée de haut en bas et d'arrière en avant : c'est la ligne inno-

os GOXAL

minée, arrondie et mousse à sa partie moyenne, mais gén(u-alement saillante à ses deux extrémités. Elle divise la fosse iliaque interne en deux parties, l'une supérieure, l'autre inférieure :

a. Au-dessus et en avant de la ligne innominée, se trouve une excavation, large mais peu profonde, connue sous le nom de fosse iliaque interne. La fosse iliaque interne, de forme triangulaire, partout lisse et unie, regarde en haut, en avant et en dedans. Elle répond au muscle iliaque, qui prend sur elle la plus grande partie de ses insertions. .\ sa partie postérieure, mais à une hauteur toujours très variable, se voit l'un des trous nourriciers de l'os: il se dirige obliquement en dehors et en bas.

b. Au-dessous et en arrière de la ligne innominée, nous rencontrons successivement en allant de haut en bas : 1° une première surface, rugueuse et irrégulièrement quadrilatère, destinée à l'implantation des ligaments puissants qui unissent l'os coxal au sacrum ; on la désigne sous

le nom de tubérosité iliaque;!" une deuxième surface, articulaii'e celle-là, que l'on a comparée à une oreille et qui est appelée pour cette raison facette auriculaire de Vos coxal; elle est encroûtée par place de cartilage et s'applique exactement contre une facette similaire, que nous avons déjà observée sur les côtés du sacrum (A^oy. Sacrum) ; à sa partie inférieure, cette facette auriculaire de l'os coxal présente un tubercule saillant (fig. 273,6'), qui s'engrène dans une échancrure correspondante située sur le bord de la facette auriculaire du sacrum et qui sert de pivot aux mouvements de nutation que subit ce dernier segment du bassin pendant l'accoucliement (voy. Arthrologie) ; 3'' une troisième surface, plane et quadrilatère, répondant à la cavité cotyioïde et donnant insertion, à sa partie supérieure, au muscle obturateur interne ; 4'' au-dessous d'elle, et surmontant l'angle inférieur de l'os, une quatrième surface, beaucoup moins étendue, qui regarde en dedans et un peu en bas ; comme la surface précédente regarde en dedans et un peu en haut, les deux surfaces se réunissent l'une à l'autre en formant une sorte de dos d'àne (fig. 274,4), ordinairement peu accusé: nous verrons plus loin, à propos du bassin (p. 305), que ce dos d'àne correspond à ce que les accoucheurs appellent le détroit moyen du bassin ; 5", enfin, en avant et au-dessous des deux surfaces que nous venons de signaler, le trou obturateur et les divers éléments osseux, déjà connus, qui en constituent le pourtour.

Os co.Kal, coupe vertico-transversale passant par l'ischion (d'après BuDiN et Cp.ouz.m).

1, 2. liijne imiomiju-e. — .3, plan suiirrieiu' du dos d'âne. — 4, crcle du dos d'àne. — 5, plan inrérieur du dos d'àne. — C, tubérosité de l'ischion. — 7, cavité cotyioïde. — 8, épine iliaque antérieure et inférieure.

— 9, éiiine iliaque antérieure et supérieure.

— 10, créle iliaque. — il, surface auriculaire. — 12, épine sciatique. — 13, fosse iliaque interne.

3" Bord antérieur. — Le bord antérieur de l'os coxal (fig. 27o) se dirige d'abord en bas ; puis, changeant brusquement de direction, il se porte en avant et en dedans. Sa portion verticale forme ainsi avec sa portion horizontale un angle obtus à large ouverture mesurant 140'^ environ.

Suivi de haut en bas, le bord antérieur de l'os coxal, fort accidenté et très important, nous présente : 1° une saillie mamelonnée, Vépine iliaque antérieure

OSTEOLOGIE

et supérieure, donnant insertion à l'arcade fe'morale, ainsi qu'aux deux muscles couturier et tenseur du fascia lata ; 2° une échancrure sans nom, à travers laquelle s'échappe le nerf fémoro-cutane' ; 3" une deuxième saillie mamelonnée, V épine

iliaque antérieure et inférieure, à laquelle vient s'attacher le tendon direct du muscle droit antérieur; 4° une nouvelle échancrure, en forme de gouttière, large de 25 à 30 millimètres, dans laquelle glisse le muscle psoas-iliaque ; o°une large saillie, arrondie et mousse, Véminence ilio-pectinée, où vient s'insérer la handelette de même nom ; 6° une surface triangulaire et lisse, répondant au muscle pectiné et appelée, pour cette raison, surface pectinéale ; cette surface est limitée en arrière par une crête presque tranchante, la crête pectinéale, qui n'est que la continuation de la ligne innominée que nous avons décrite sur la face interne: sur cette crête, en un point voisin de son extrémité externe, il n'est pas rare de rencontrer un petit tubercule aplati, d'avant en arrière et à sommet dirigé en haut, qui donne attache au muscle petit psoas ; c'est le tubercule du petit psoas; 1° un autre tubercule arrondi, Vépine du pubis, situé exactement au sommet du triangle pectinéal ; il donne insertion à l'arcade fémoi^ale ; 8" une petite surface rugueuse, de 1 à 2 centimètres d'étendue, sur laquelle viennent s'insérer les deux muscles pyramidal et grand droit de l'abdomen ; cette dernière surface nous amène à l'angle antérieur de l'os coxal ou angle du pubis.

Fio-. 275.

Os coxal, bord antérieur.

1, C'iiine iliaf|uc anléro-sup(5ricure. — 2, épine iliaciuo anl/TOiiiK'rieure. — 3, émincnce ilio-pectiiido. — 4, croie pecliiiL'ale. — 5, surface peclinéalc. — C, épine du pubis. — 7, angle du pubis. — 8, trou obturateur. — 9, ligne indiquant la direction de l'arcade i'énioraie. — 10,iscliion — 1 1 , brandie iscliio-|iubienne. — 12, goutlifre sous-pubicnne ou obturalrice. — 1.3, cavité cotyloïde. — 14. son arriére-fond. — 15, échancrure ilio-isclnatique. --16, échancrure iliopubienne. — 1 7, échancrure iscliio-pubienne ou sous-cotj loïdienne. — 18, tubercule scus-cot; loïdien . — tubercule ischio-pubien interne.

A" Bord postérieur. — Le bord postérieur de l'os coxal (fig. 273) présente une direction sensiblement verticale. Il est tout aussi accidenté que le précédent. En le parcourant de haut en bas, nous rencontrons successivement : i° une première saillie arrondie et mousse, Vépine iliaque postérieure et supérieure, destinée à des insertions ligamenteuses et musculaires ; 2° une petite échancrure, sans importance et sans nom ; 3° une deuxième saillie, Vépine iliaque postérieure et inférieure, où s'insèrent encore des ligaments et des muscles; 4° une échancrure large et profonde, la grande échancrure sciatique, traversée à l'état frais par toute une série d'oi^ganes (muscle pyramidal, vaisseaux et nerfs fessiers supérieurs, grand et petit nerfs sciatiques, vaisseaux ischiatiques, vaisseaux et nerfs

os COXAL

honteux internes), qui sortent du bassin pour se répandre ensuite, soit dans la cuisse, soit dans le pe'rinée, soit dans la région fessière ; 5« une forte saillie triangulaire, aplatie transversalement, Vépine sciatique, donnant insertion, par son sommet au petit ligament sacro-sciatique, par sa face externe au muscle jumeau supérieur, par sa face interne aux faisceaux les plus reculés du releveur de l'anus ; 6° au-dessous de l'épine sciatique, une nouvelle échancrure, plus petite que la précédente, \d. petite échancrure sciatique , traversée par le muscle obturateur interne, ainsi que par les vaisseaux et le nerf honteux internes ; ces derniers organes, déjà sortis du bassin à travers la grande échancrure sciatique^ croisent l'épine sciatique, la contournent et rentrent de nouveau dans le bassin par la petite échancrure sciatique ; 7" au-dessous de cette échancrure, nous trouvons une saillie volumineuse : c'est le corps de l'ischion, qui forme le bord inférieur de l'os et sur lequel nous reviendrons dans un instant.

5° Bord supérieur. — Le bord supérieur de l'os coxal, (fig. 276) que l'on appelle encore crête iliaque, se contourne en S italique, de façon à présenter deux courbes de direction contraire : concave en dehors dans sa moitié postérieure, ce bord est concave en dedans dans sa moitié antérieure. — Son tiers antérieur et son tiers postérieur sont fort épais; par contre, son tiers moyen est relativement fort mince. — Le bord supérieur présente généralement son maximun d'épaisseur à 5 ou 6 centimètres en arrière de l'épine iliaque antéro-supérieure. Il existe le plus souvent en ce point une saillie (L), très variable du reste suivant les sujets, qui se projette en deliors vers la fosse iliaque externe et qu'on appelle, en raison de sa destination, le tubercule d'un moyen fessier. — Sur la crête iliaque s'insèrent sept muscles dont les principaux sont les muscles larges de l'abdomen : le grand oblique, le petit oblique et le transverse. Le premier de ces muscles s'attache à la lèvre externe de la créle, le second à l'interstice, le troisième à la lèvre interne.

Fig.

Bord supérieur de l'os coxal, avec les insertions musculaires.

1, lèvre exlerne. — !', lulicrcule du mojen fessier. — 2, épine iliaque antéro-supérieure. — 3, épine iliaque postéro-supérieurc.

— 4, fosse iliaque interne, arec 4', trou nourricier. — 5, insertion du grand dorsal. — 6, insertion du carré des lombes. — 7, tubérosité iliaque, avec l'insertion du sacro-lombaire. — 8, insertion du grand oblique. — interstice de la crête avec l inserlion du pelit oblique. — 10, lèvre interne de la crête avec l'insertion du transverse de l'abdomen.

6" Bord inférieur. — Le bord inférieur (fig. 275), étendu de l'angle du pubis au corps de l'ischion, se trouve constitué par la branche ascendante de l'ischion et la branche descendante du pubis. — Il se porte d'abord en bas et en

arrière, en conservant toujours ses rapports avec le plan médian. Puis, changeant brusquement de direction, il déjette en dehors en s'écartant de plu-s en plus de la ligne médiane. — Il se trouve ainsi divisé, par sa direction même, en deux portions, l'une supérieure, l'autre inférieure. Sa première portion nous présente une facette ovalair-e, la facette pubienne, dont le grand axe est parallèle au bord luimême et qui s'articule avec une facette similaire de l'os coxal du côté opposé, pour constituer la symphyse pubienne. Au-dessous de cette facette articulaire, dans sa deuxième portion ou portion inférieure, le bord inférieur devient rugueux et donne insertion à l'aponévrose périnéale moyenne, aux corps caverneux de la verge, ainsi qu'à deux muscles de la cuisse, le droit interne et le grand adducteur.

ANATOM'iE HUMAIXE. — T. I, 4'' ÉDIT.

OSTÉOLOGIE

1" Angles. — Les quatre angles de l'os coxal se distinguent en antéro-supérieur, antéro-inférieur, postéi'o-supérieur et poste'ro-inférieur. L'angle antéro-supérieur est constitué par l'épine iliaque antérieure et supérieure; V angle postéro-supérieur, par l'épine iliaque postérieure et supérieure ; Vangle antéro-inférieur ou interne, par l'angle du pubis : Vangle poster o-inférieur ou inférieur, par le corps de l'ischion, masse volumineuse que l'on désigne le plus souvent sous le nom de tubérosité ischialique. Tous ces angles nous sont déjà connus ; le dernier seul mérite de nous arrêter un instant.

La tubérosité ischiatique représente la partie la plus épaisse de l'os coxal ; c'est sur elle que repose le corps dans la station assise. — Sur sa partie interne prennent naissance les muscles ischio-caverneux et transverse du périnée. — Sur sa partie externe s'attache le muscle grand adducteur. — Sa partie antérieure se confond avec la branche ascendante de l'ischion ou, ce qui revient au même, avec le bord inférieur de l'os. — Sa partie postérieure enfin, convexe, très large et très iné- ■gale, donne insertion au jumeau supérieur, au carré crural et, un peu plus bas, aux trois muscles de la région postérieure de la cuisse, le demi-tendineux, le demi-membraneux et le biceps.

8° Conformation intérieure. — L'os coxal appartient à la classe des os plats. Comme tel, il est constitué par deux lames de tissu compacte, interceptant entre elles une couche très variable de tissu spongieux. Ce tissu spongieux est surtout abondant au niveau de la crête iliaque, du pubis et de l'ischion. Il fait défaut dans la zone la plus amincie des fosses iliaques.

Connexions. — L'os coxal s'articule avec trois os : 1° en arrière et en dedans, avec le sacrum ;

Os

(Pour la signification des cliillres, se reporter au tableau ci-contre page 299.)

2° en avant et en dedans, sur la ligne médiane, avec l'os coxal du côte opposé; 3° en dehi en bas, avec le fémur.

Insertions musculaires. — L'os coxal donne insertion à trente-six muscles. Nous résu

DU BASSIN EN GÉNÉRAL

ces inserlions niusculaives dans les deux figures 277 et 278 et dans le tableau synoptique suivant. Les cliilfres, placés entre parenthèses à la droite de chaque muscle, se rapportent aux chiirres de niêuie valeur inscrits sur les deux figures précitées.

a. Fosse iliaque exlerne

b. Fosse iliaque interne

c. Crele iliaque el tubérosité de la cvête iliaque . . .

(1. Epine iliaque an/érieure el supérieure

e. Epine iliaque antérieure et inférieure

1'. Grande échancrure scialique . .

Grand fessier (1).

Moyen fessier (2).

Petit fessier (3).

Droitantérieur de lacuisse, tendon réfléchi (4).

I, Iliaque (5).

/ Obturateur interne (6).

1 Sacro-lombaire (7) .

Long dorsal et transversaire épineux (8).

Grand dorsal (9).

\ Carré lombaire (10).

I Transv. de l'abdomen (11).

f Petit oblique (12).

Grand oblique (13).

^ Tenseur du fascia lata (14).

Couturier (15).

Transv. de l'abdomen (11).

Petit oblique (12).

Grand oblique (13).

Tenseur du fascia lata (14).

Droitantérieurdelacuisse, \ tendon direct (4').

Iliaque, faisceau extrapelvien (.5') .

Pyramidal du bassin (16).

g. Epine el petite échancrure sciatiqucs

h . Isc/iion et branche ischio-pubienne C face superficielle)

, Bord in l'é rieur.

]. Ischion el branch e isc/i io-p ub ien n e {face profonde] . .

k. Pubis {corps el bi'anc/ie horizontale)

Jumeau supérieur (17).

Jumeau inférieur (18).

Ischio-coccygien (19).

Releveur de l'anus (20).

Demi-membraneux (21).

Demi-lendineux (22).

Biceps (23).

Carré crural (24).

Grand adducteur (25).

Obturateur externe (26). / Premier adducteur (27).

Deuxième adducteur (28).

Droit interne (29).

Transverse superficiel du

périnée (30).

Obturateur externe (26).

Obturateur interne (6).

Ischio-caverneux (31).

Transverse profond ou

muscle de Guthrie (32).

Petit psoas (33).

Pectiné (34).

Droitant. del'abdomen (35) Pyramid. de l'abdom. (36). Premier adducteur (27).

Deuxième adducteur (2S).

Obturateur interne (G).

Obturateur externe (26).

\ Releveur de l'anus (20).

Développement. — L'os coxal se développe par trois points primitifs, que viennent compléter plus tard de nombreux point secondaires :

a. Points primitifs. — Les points primitifs (fig. 279) sont destinés à l'ilion {point iliaque), au pubis {point pubien) et à l'ischion {point ischiatique). De ces trois points, le point iliaque apparaît le premier, du quarante-cinquième au cinquantième jour de la vie intra-utérine ; vient ensuite le point ischiatique, vers la fin du troisième mois, et enfin, vers la fin du quatrième, le point destiné au pubis. Ces trois centres d'ossification de l'os co-Kal, se développant rapidement, envahissent la cavité cotyloïde, où ils ne sont plus séparés à la naissance que par trois branches cartilagineuses (fig. 280), qui rayonnent autour d'un centre commun : c'est Vétoile cotyloïdienne, avec un rayon antérieur ou ilio-pubien, un rayon inférieur ou ischio-pubien, un rayon postérieur ou ilio-ischiatique. L'ensemble de ces trois rayons rappelle assez bien la forme d'un y couché (^), d'où le nom de cartilage en Y que l'on donne quelquefois aux cloisons cartilagineuses qui séparent, chez le fœtus et chez l'enfant, les trois pièces principales de l'os coxal.

b. Points complémentaires. — Les points complémentaires sont variables eu nombre et en importance. Nous citerons comme étant à peu près constants : 1° un point pour l'épine iliaque antérieure et inférieure (il apparait de quatorze à quinze ans) ; 2° un point pour la crête iliaque (de quinze à seize ans) ; 3» un point pour la tubérosité de l'ischion (également de quinze à seize ans) ; 4° un point pour l'épine sciatique (vers seize ans) ; 5» un point pour l'épine du pubis (vers dix-huit ans) ; 6» un point pour l'angle du pubis (de dix-neuf à vingt ans) ; 7° trois points pour la cavité cotylo'ide. De ces trois points cotyloidiens, l'un occupe le centre de l'étoile cotyloidienne ; le second se développe à l'extrémité terminale du rayon postérieur ; le troisième, le plus important des trois, répond à la partie terminale du rayon antérieur. C'est à cette dernière pièce osseuse complémentaire qu'on a donné le nom d'os acétabuli ou os colyloidien : il revêt la l'orme d'une petite lamelle plus ou moins régulièrement quadrilatère et se trouve situé entre l'ilion et le pubis au niveau de la partie antéro-supérieure de la cavité cotyloïde et du sourcil cotylo'idien (fig. 280,7). L'os cotyloïdien, découvert par Albinus, a été regardé à tort par Sehrus comme l'homologue de l'os marsupial des mammifères didelphiens. Nous admettons, avec la plupart des anatomistes, que l'os marsupial est représenté chez l'homme par l'épine du pubis. Le point d'ossification, qui formera en se développant l'os cotylo'idien, fait ordinairement son apparition vers l'âge de douze ans. Les deux autres points complémentaires de la cavité cotylo'ide ne se montrent que plus tard, de treize <à quatorze ans.

c. Soudure des différentes pièces osseuses. — Le pubis et l'ischion se réunissent l'un à l'autre de dix à douze ans; l'ischion se soude à l'ilion de douze à treize ans; le pubis et l'ilion, enfin,

OSTÉOLOGIE

s'unissent ensemble de quinze à seize ans. O'iant aux points complémentaires, ils sont tous réunis aux divers centres primitifs de quinze à vingt ans, à l'exception de la crête iliaque, qui ne perd absolument son indépendance que de vingt-quatre à vingt-cinq ans. L'os cotyloïdien se soude ordinairement aux deux pièces osseuses sous-jacentes de quinze à dix-huit ans. On le voit

Fig. 279.

Développement de l'os coxal : points primitifs (nouveau-nù d'après Raubaud et Renault).

(Les tracés pointillés indiquent la l'orme et le trajet des portions des points primitifs noyés dans le cartilage.)

A, point iliaque. — B, point iscliiatlqiie. — C, point pul)ien. — A'," B', C, noyaux osseux dépendant de ces derniers points et émergeant au fond du cotyle qu'ils contribuent à former. — D, étoile cartilatrineuse.

Fig. 280. , ,

Scliéma dos points primitifs et secondaires.

A, B, C, parties formées par les points primitifs. — D, étoile cartilagineuse.

1, point pour l'épine iliaque antéro-inférieure. — 2, point pour la Crète iliaque. — 3, point pour la tubérosité ischiatique. — 4, point pour l'épine sciatique. — o, point pour l'épine du pubis. — 6. point pour l'angle du pubis. — 7, os cotyloïdien ou acétabulaire. — à, ])Oint central. — 9, point postérieur.

quelquefois persister chez l'adulte. — (Voyez, au sujet de l'os cotyloïdien, W. Lèche, Journ. internai. cVAnalomie et crHistologie, t. 1,1884, et W. Krause, iôif/., t. II, 1885.)

Variétés. ■ — M. Verneau [Le bassin dans les sexes et dans les races, Th. Paris, 1875, p. 43) a signalé, au-devant de la symphyse sacro-iliaque, l'existence de prolongements apophysaires, constituant entre le sacrum et l'os coxal autant de petites articulations distinctes. On trouve parfois même une véritable jetée osseuse, soudée d'une part au sacrum, de l'autre à l'os coxal, résultant probablement (Verneau) de l'ossification des ligaments sacro-iliaques antérieurs. — En dedans de l'épine iliaque antérieure et supérieure, et partant de la lèvre interne du bord supérieur, existe parfois (Verneau) une petite saillie spécialement réservée à l'insertion de l'arcade fémorale. — Au-dessus de la cavité cotyloïde, on trouve quelquefois, à la place d'une gouttière rugueuse, une véritable saillie, le lubercule sus-colijloidien, pour l'insertion du tendon réfléchi du muscle droit antérieur delà cuisse. — Au-dessous de cette même cavité, il existe souvent une large gouttière, la gouttière sous-cotyldidienne, pour le passage de l'obturateur externe : l'existence de cette gouttière est à peu près constante ; sa profondeur exagérée, seule, constitue une anomalie. — L'épine sciatique, au lieu de se terminer en pointe, peut être tronquée et présenter alors trois faces, supérieure, inférieure, postérieure ; cette disposition nous paraît fréquente. — Dans la fosse iliaque externe, il existe parfois une troisième ligne courbe, placée tout à fait en avant et en bas et se détachant du voisinage de l'épine iliaque antérieure et inférieure pour venir se terminer sur le pourtour du sourcil cotyloïdien : c'est la ligne spino-cotyloidienne. — La branche descendante du pubis peut ne pas se souder avec la branche ascendante de l'ischion (IIyrtl). — Par contre, la soudure de ces deux branches peut se traduire à l'extérieur par une série plus ou moins irrégulière de rugosités qui constituent la crête pénienne ou cliloridienne. Hyrtl [Lehrb. d. Anat. d. Menschen) a vu une languette osseuse se détacher de la portion antérieure de la cavité cotyloïde et se porter vers le trou obturateur. — Le même anatomiste parle d'un bassin déposé au musée de Prague, dont le sourcil cotyloïdien ne présentait aucune échancrure.

Sillon préauriculaire de l'os coxal. — Le bord inférieur de la facette auriculaire de l'os coxal est longé par un sillon, qui se dirige parallèlement à < e bord et se termine à sa partie postérieure au-dessous de l'épine iliaque postérieure et inférieure. Le professeur Zaaijer {Arch. néerl. des Se. exactes, Harlem, 1866), qui le premier a appelé l'attention sur ce sillon, lui a donné le nom de sillon préauriculaire et le considère comme servant à l'insertion du ligament sacro-

DU BASSIN EN (jÉNÉRAL

iliaque antérieur. Sur 40 iliaques européens qu'il a examinés à ce sujet, il n'a rencontré ce sillon que 10 fois, tandis qu'il ne faisait défaut que sur trois des 26 bassins javanais qu'il a eu l'occasion d'étudier. Viîrneau, reprenant en 1875 (Zoc. cil.) l'étude du sillon préauriculaire, l'a rencontré dans toutes les races : il présentait même des dimensions considérables sur des sujets péruviens et indiens. Pour lui, ce sillon correspondrait au trajet de l'artère hypogastrique et ne serait pas dû exclusivement, comme le pense Zaaijer, à des insertions ligamenteuses. Cinq ans plus tard, Hen.nig (Die kindliche Becken, in Arch. f. Anat. u. Physiol., J8S0) considère le sillon auriculaire comme destiné à l'insertion de muscles. Dans un travail tout récent [Sur le sillon préauriculaire de l'iléon, in Arch. néerl., t. XXVIl!, Zaaijer, à la suite de nouvelles recherches, reconnaît que le sillon en question n'a aucune valeur comme caractère de race; mais il affirme de nouveau, contre Verneau et IIennig, qu'il n'a d'autre destination que de servir de surface d'attache au ligament sacro-iliaque antérieur. Cette dernière conclusion est encore celle à laquelle est arrivé Lohr [Anal. Anzeiçjer, Bd. IX, 1894).

B . — Bassin ex ( ; é x é h a l

On désigne sous le nom de bassin ou pelvis cette portion du squelette, particulièrement intéressante pour l'accoacheur, qiie forment les os coxaux et les deux dernières pièces de la colonne vertébrale, le sacrum et le coccyx. Tous ces

G, Dcvf 6 12 C. Bi\cL£MZ

Fig. 281.

Bassin féminin, vue postérieure.

] , sacrum. — 2, coccjx. — 3, crête sacrée. — 4, canal sacre. — 3, fosse iliaque externe. — 6, ischion. — 7, épine sciatique. — 8, grande échancrurc sciatique. — 0, petite échancrure sciatique. — 10, trou obturateur ou iscliio-pubien . — 11, sjniplijse sacro-iliaque. — 12, symplijse pubienne.

OS ont été déjà étudiés séparément, ce qui nous permettra d'être sobre de détails dans la description, qui va suivre, de l'ensemble qu'ils contribuent à former.

Considéré au point de vue de sa situation dans le squelette, le bassin constitue la partie la plus inférieure du tronc et répond approximativement, chez un adulte de taille ordinaire, à la partie moyenne du corps; il est, toutefois, situé relativement un peu plus haut chez l'homme que chez la femme. Il supporte, en arrière, les trois premiers segments de la colonne vertébrale et repose lui-même sur les deux fémurs, dont la tête, comme on le sait, s'articule avec les cavités cotyloïdes.

Nous examinerons successivement, dans l'étude du bassin : l°'sa conformation générale ; 2° son inclinaison et la direction de ses différents axes ; 3° ses deux indices; 4° les dilférences qu'il présente suivant les sexes; o" son développement;

OSTÉOLOGIE

1" Conformation générale. — Envisagé dans son ensemble, le bassin a la forme d'un cùnc tronqué, dont la base, largement échancrée à sa partie antérieure, est situés en haut et dont le sommet se dirige en bas. Il présente à l'étude, comme le thorax déjà décrit : une surface extérieure, une surface intérieure et deux ouvertures ou circonférences, l'une supérieure, l'autre inférieure.

yl. Surface EXTÉRiEURii: ou exopelvienne. — La surface extérieure ou exopelvieniie se divise en quatre régions que l'on distingue en antérieure, postérieure et latérales:

a. Région antérieure. — La région antérieure (fig. 283), sur un bassin bien orienté, regarde plutôt en bas qu'en avant et serait mieux dénommée antéro-inf ér ieure . Elle nous présente tout d'abord la symphyse pubienne, qui occupe le plan sagittal ou médian et dont la hauteur varie, suivant les sujets et le sexe, de 35 à 50 millimèti'es ; puis, de chaque côté de ce plan médian, le corps du pubis avec ses deux branches horizontale et descendante, la branche ascendante de l'ischion et le trou obturateur ou ischio-pubien, que nous avons décrit plus haut (p. 293).

b. Région postérieure. — La région postérieure ou xawivL postéro-supérieure , fortement convexe (fig. 280), est constituée en grande partie par la face postérosupérieure du sacrum dont les nombreux détails nous sont déjà connus (p. 76). — En dehors du sacrum, nous trouvons la symphyse sacro-iliaque et le bord postérieur de l'os coxal, sur lequel nous remarquons successivement, en allant de haut en bas : les deux épines iliaques postérieures, la grande échancrure sciatique, l'épine

sciatique, la petite échancrure sciatique et enfin l'ischion, saillie massive et fortement rugueuse, à laquelle viennent s'attacher des muscles nombreux et puissants. — Entre le sacrum et le bord postérieur de l'os coxal, existe une profonde échancrure, plus large en bas qu'en haut, et que comblent en partie, à l'état frais, les deux ligaments sacro-sciatiques (voy. Articulations).

c. Régions latérales. — Les régions latérales (fig. 282), comprises entre les deux régions précédentes, sont très étendues, très irrégulières, fortement obliques : elles regardent en arrière, en dehors et un peu en bas dans leur moitié supérieure; en avant en dehors et en bas, dans leur moitié inférieure. Nous y retrouvons successivement, en allant de haut en bas : la fosse iliaque externe, avec ses deux lignes demi-circulaires ; la cavité cotyloïde, avec son sourcil cotyloïdien et son échancrure iscliio-pubienne et, enfin, la tubérosité de l'isclTiion . Constatons, en passant, à la partie postérieure et inférieure de cette région latérale, une large échancrure, Véchancrure sacro-sciatique, qui sépare la moitié inférieure du sacro-coccyx de la partie correspondante de l'os coxal. Nous verrons plus tard comment est comblée cette échancrure.

Fig. 282.

Bassin féminin, vue latérale.

1, 1, crête iliaque. — 2, fosse iliaque externe et ligne demi-circulaire antérieure. — 2', ligne demi-circulaire postérieure. — .S, sacrum. — 4, coccyx. — 5, cavité cotyloïde. — ti, angle du pubis. — 7, tubérosité de l'iscbion. — 8, trou obturateur ou ischio-pubien. — 9, épine sciatique. — 10, grande échancrure sciatique. — U, petite échancrure sciatique.

DU BASSIN EN GÉNÉRAL

D. Surface [ntérieure ou ENDOPELvriîXNE. — Ce qui frappe tout d'abord, en jetant les yeux sur la surface intérieure du bassin, c'est la présence d'une ligne ou, plutôt même, d'un étranglement annulaire qui, partant de la base du sacrum, aboutit à la symphyse du pubis. Cet étranglement, appelé détroit supérieur du bassin, divise la cavité pelvienne en deux cavités secondaires : l'une, plus grande et située au-dessus du détroit, c'est le grand bassin; l'autre, plus petite et située au-dessous, c'est le petit bassin.

a. Détroit supérieur. — Le détroit supérieur, très irrégulièrement circulaire, a été comparé tour à loui' à un ovale, à une ellipse, à un cœur de carte à jouer, à

Fig. 283.

Bassin féminin, vue antéro-supérieure.

I, sacrum. — 2, coccjx. — 3, canal sacré. — 4, fosse iliaque interne. — 5, épine iliaque aaléro-supérioure. — (i, syniplivse pubienne. — 7, symphyse sacro-iliaque. — 8, cavité cotyloïdc. — 9. épine sciatique. — 10, trou iscliio-pubien.

I.,es lignes en pointillé indiquent les axes du détroit supérieur: AA', diamètre antéro-postérieur ; TT', diamètre transverse; 00', diamètre oblique.

un triangle curviligne dont les angles seraient fortement arrondis. Aucune de ces comparaisons, il faut bien le reconnaître, ne nous donne une idée parfaitement exacte de sa configuration. Cette configuration, du reste, varie beaucoup suivant les sexes et suivant les individus : il est à remarquer, cependant, que la disposition cordiforme appartient plus particulièrement au sexe féminin.

Quoi qu'il en soit de sa forme, le détroit supérieur est constitué : 1° en arrière, par l'angle sacro-vertébral on promontoire des accoucheurs et, de chaque côté du promontoire, par le bord antérieur des ailerons du sacrum : remarquons, en passant, que le promontoire fait une saillie plus ou moins accusée dans l'aire du détroit et, d'autre part, que les ailerons du sacrum sont sensiblement en retrait par rapport au promontoire ; 2" en avant, par l'épine du pubis et le bord supérieur de la symphyse; 3" sur les côtés, par la ligne innominée de l'os coxal et par la crête pectinéale.

On considère au détroit supérieur du bassin quatre diamètres, savoir : 1" Un diamètre antéro-postérieur ou sacro-sus-pubien , appelé encore conjugué anatomique, qui s'étend de la partie supérieure de la symphyse pubienne à l'angle sacro-vertébral et qui mesure 1 1 centimètres : c'est le diamètre promontosus-pubien des accoucheurs. 11 est à remarquer que, la sj'mphyse du pubis étant

OSTÉOLOGIE

convexe en arrière, il existe sur sa face postérieure un point {poi7it post-pubien de Crouzxt) qui se trouve plus rapproché du promontoire que le bord supérieur de la symphyse ; le nouveau diamètre antéro-postérieur qui tombe sur ce point constitue le diamètre promonto-pubien minimum ou conjugué vrai obstétrical {diamètre utile de Pinard). Il représente la plus petite distance qui sépare la symphyse du promontoire : il est de 10 centimètres et demi.

2° Un diamètre transverse, qui mesure la plus grande largeur transvei^sale du détroit; ce diamètre, appelé transverse maximum, atteint 13 centimètres et demi et rencontre perpendiculairement le précédent à l'union de ses deux tiers antérieurs avec son tiers postérieur ; il ne doit pas être confondu avec le diamètre transverse utile des accoucheurs, qui se trouve situé à égale distance du sacrum et du pubis et dont la longueur atteint à peine 128 millimètres (Balandin).

3° Deux diamètres obliques, qui s'étendent de la sj-mphyse sacro-iliaque d'un côté à l'éminence ilio-i)ectinée du côté opposé ; chacun d'eux mesure 13 centimètres (Verneau).

Tous les chiffres précités, est-il besoin de le dire, se réfèrent au bassin féminin ; ce sont les seuls intéressants, à cause des applications obstétricales. Nous indiquerons brièvement plus loin les différences qu'ils présentent avec ceux du bassin masculin.

Nous ajouterons, en ce qui concerne la direction du déti^oit supérieur, que la ligne qui circonscrit ce détroit ne peut pas êti'e inscrite dans un même plan. En effet, le niveau du promontoire et de l'angle du pubis dépasse celui des lignes innominées, de telle sorte qu'une coupe, qui passe à la fois par l'angle sacro-vertébral et le point le plus élevé de la symphyse pelvienne, laisse ces lignes au-dessous d'elle en intéressant la partie inférieure des fosses iliaques internes et les épines iliaques antéro-inférieures (Balandin).

b. Grand bassin . — Le grand bassin est essentiellement formé par les fosses iliaques internes de l'os coxal et par les ailerons du sacrum. Il présente deux échancrures, l'une antéro-inférieure, l'autre postéro-supérieure : Véchancrure antéro-inférieure, remarquable par .ses dimensions, est fermée, sur le sujet revêtu de ses parties molles, par la partie inférieure de la paroi abdominale; Véchancrure liostéro-siipérieiire , beaucoup plus petite, reçoit la colonne lombaire qui la comble en grande partie.

c. Petit bassin. — Le petit bassin, encore appelé excavation pelvienne, nous présente quatre parois, que l'on distingue en antéro-inférieure, postéro-supérieùres et latérales. — La paroi antéro-inférieure, inclinée en bas et en arrière, forme avec la verticale un angle d'environ 60° (Charpy). Sa hauteur est bien différente suivant qu'on l'examine sur la ligne médiane ou sur les côtés, à l'endroit où elle se confond avec la paroi latéi'ale : sur le premier point, cette hauteur est en moyenne de 45 millimètres chez la femme, de 50 millimètres chez l'homme; sur le second, elle mesure 9 centimètres chez la femme, 10 centimètres et demi chez l'homme. Au point de vue de sa constitution anatomique, cette paroi est formée : sur la ligne médiane, par la symphyse pubienne ; latéralement, par le corps du pubis, par la branche horizontale de cet os et, enfin, par une portion du trou ischio-pubien, que ferment à l'état frais la membrane obturatrice et les muscles obturateurs interne et externe. — La paroi postéro-supérieure beaucoup plus étendue, mesure de 12 à 15 centimètres, suivant les sujets ; elle est constituée par a colonne sacro-coccj^gienne et affecte la forme d'une voûte triangulaire, dont la

DU BASSIN EN GÉNÉRAL

concavité regarde en bas et en avant. — Les parois latérales, enfin, répondent, à droite et à gauche, à des surfaces quadrilatères, qui sont situées en dedans de la cavité cotyloïde. Ces deux surfaces, dont la hauteur varie de 9 à 10 centimètres, s'inclinent obliquement de haut en bas et un peu de dehors en dedans. Il résulte d'une pareille obliquité que l'excavation pelvienne est un peu moins large à sa partie inférieure qu'à sa partie supérieure.

Quant à ses limites supérieure et inférieure, le petit bassin se trouve délimité, en haut, par le détroit supérieur, qui le sépare du grand bassin et que nous avons déjà décrit. Il est délimité, en bas. par la circonférence inférieure du grand bassin, qui i^rend, pour la circonstance, le nom de détroit inférieur et que nous décrirons dans un instant.

L'exoivatia;! p3lvieiin3, qui joue iia rôle si important en obstétrique, est divisée en deux étages par une ligne légèrement saillante, que les accoucheurs décrivent sous le nom de déiroit moyen. Sur le squelette, ce détroit moyen est constitué par les angles ou tubercules inférieurs du sacrum et par une sorte de crête très mousse « qui part de l'épine sciatique et aboutit en avant au tubercule ischio-pubien externe ou sous-cotyloïdien : il en résulte, au niveau de cette crête osseuse, un rétrécissement de l'excavation qui se trouve très accentué en arrière par les saillies que les deux épines sciatiques font dans l'intérieur du bassin >■ (Budin), Le détroit moyen n'est osseux qu'en partie. Dans l'intervalle qui sépare l'épine sciatique de l'angle tlu sacrum, la ceinture osseuse est couqilétée par le petit ligament sacro-sciatique qui rattache l'une à l'autre ces deux apophyses.

La distance eu ligne droite qui sépare transversalement les deux épines sciatiques, ou diamètre hi-scialique, est égale en moyenne à 11 centimètres. On voit dès lors combien peu exacte est l'assertion des auteurs qui assignent à tous les diamètres de l'excavation une longueur identique de 12 centimètres.

Deux autres diamètres de l'excavation, tous deux antéro-postérieurs, sont utiles à connaître. — Le premier, diamètre sacro-sous-pubien supérieur ou promonto-sous-pubien, s'étend, comme son nom l'indique, du promontoire à la partie inférieure de la symphyse pubienne {point sous-pubien). Il mesure tl cent. 9 millimètres chez la femme (G. Devy), 12 centimètres en chiffres ronds. Sur le sujet vivant, il est possible de l'évaluer au moyen du toucher vaginal, et sa mensuration permet ensuite aux accoucheurs de tirer des indications approximatives sur la longueur du promonto-sus-piibien et du promonto-pubien minimum. — Le second, diamètre sacro-sous-pubieu inférieur, s'étend de l'articulation sacro-coccygienne au point sous-pubien : il est de 11 centimètres. L'angle qu'il fait avec l'horizcmtale présente environ 25' d'ouverture.

C. CntcoNFÉiuvxcK sri'ÉHiErRE ou U.VSE. — En raisun de l'inclinaison que présente le bassin sur le plan horizontal, cette circonférence regarde obliquement en haut et en avant. Elle est formée, en arrière, par l'articulation sacro-vertébrale et par le bord postérieur des ailerons du sacrum ; sur les côtés, par la crête iliaque, plus ou moins contournée en S italique ; en avant, par le bord antérieur de l'os coxal, sur lequel nous reconnaissons successivement, en allant de dehors en dedans : l'épine iliaque antéro-supérieure. une échancrure sans nom, l'épine iliaque antéroinférieure, l'éminencc ilio-pectinée, la surface pectinéale, l'épine du pubis, la symphyse pubienne.

Les différents diamètres transversaux de la circonférence supérieure du bassin, mesurés sur une femme adulte bien constituée, nous donnent les chiffres suivants :

1° La distance rectiligne qui existe entrée l'épine iliaque antéro-supérieure d'un côté et l'épine homologue du côté opposé, est de 25 centimètres ;

2° Celle qui sépare Lune de l'autre les deux épines iliaques antéro-inférieures est de 20 centimètres ;

3° Le diamètre transversal maximum, mesuré d'une crête iliaque à l'autre, est de 29 centimètres.

D. CiRCOiXi'ÉUE.NCE ixFÉRiEUKE OU DETROIT INFÉRIEUR. — La circonfércnce inférieure du bassin, plus connue sous le nom de détroit inférieur, déiroit périnéal, petit

ANATOMIE UUMAIN'E. — T. I, 4" ÉDIT. 39

OSTÉOLOGIE

détroit, est constituée : en avant, par la partie la plus inférieure de la symphyse pubienne ; en arrière, par le sommet du coccyx ; sur les côtés, par les ischions, reliés à la symphyse par les branches ischio-pubiennes et au coccyx par le grand ligament sacro-sciatique. Le détroit inférieur se dislingue donc du détroit supérieur en ce que son pourtour, au lieu d'être osseux dans toute son étendue, se trouve constitué dans sa portion postéro-latérale par un simple ligament.

Sur le sujet revêtu de ses parties molles, le détroit inférieur est fermé par plusieurs plans musculo-membraneux, dont l'ensemble constitue l'importante région du périnée ou plancher pelvien.

On distingue au détroit inférieur quatre diamètres, dont les noms et l'orientation rappellent exactement ceux du détroit supérieur. C'est ainsi que nous avons :

Fig. 28i.

Bassin lemiaiû, vu par le détroit inférieur.

1, sacrum. — 2, coccyx. — 3, 3, fosses iliaques exlenies. — 4, 4, épines iliaques antéro-supérieures. — 5, 5, cavilfs cotyloïdcs. — 6, symphyse pubienne. — 7, tubérosités do l'ischion. — 8, épines scialiques. — 9, grande échancrure sciatique. — 10, tubérosité iliaque. — 11, branches ischio-pubiennes.

Les lignes en pointillé représentent les diamètres du détroit inférieur : AA', diamètre antéro-postérieur on coccypubicn ; TT', diamètre transverse ou bi-ischiatique ; 00', diamètre oblique.

1° Un diamètre antéro-postérieur ou coccy-sous-pubien, qui s'étend de la pointe du coccyx à la partie la plus inférieure de la symphyse pubienne et dont la longueur, à l'état statique, mesure en moyenne 9 centimètres (Budin, Foster, Verneau). Pendant le passage de la tête fœtale, ce diamètre s'agrandit considérablement, tout d'abord par le mouvement de nutation du sacrum, ensuite et surtout par la rétropulsion du coccyx. Il peut alors dépasser 425 millimètres. Naturellement, dans les cas d'ankylose des articulations sacro-coccygienne et intercoccygiennes, il demeure à peu près invariable.

2° Un diamètre transversal ou bi-ischiatique, qui va de la face interne de l'une des tubérosités ischiatiques à la face interne de la tubérosité ischiatique du côté opposé. La situation de ce diamètre est assez difficile à déterminer. Demelin propose de prendre comme extrémités les points d'attache extrêmes du grand ligament sacro-sciatique sur la lèvre interne de chaque ischion. La longueur du diamètre transversal est d'environ 12 centimètres et demi.

3° et 4" Deux diamètres obliques, qui s'étendent du milieu d'un ligament sacro-

DU BASSIN EN GÉNÉRAL

scialique au milieu de la branche ischio-pubieniK^ du côté oppose. Chacun d'eux mesLire 112 centimètres.

Ces différents diamètres du détroit inférieur, on le voit, ne sont pas exactement égaux, comme on l'imprime généralement. Le plus considérable est le (liamètre transversal ; viennent ensuite, par ordre de longueur décroissante, les diamètres obliques et le diamètre antéro-postérieur. Nous ferons remarcjuer, en outre, que si le diamètre bi-ischiatique est entièrement fixe, en raison même de la fixité des saillies osseuses qui lui servent de limites, il n'en est pas de même des trois autres : le diamètre antéro-postérieur et les deux diamètres obliques, en efTet, sont susceptibles d'un certain accroissement, le premier, comme nous l'avons dt^jà dit, grâce à la mobilité du coccyx, les seconds par 1(^ fait du refoulement possible des ligaments sacro-sciatiques.

2" Inclinaison et axes du bassin. — Jusqu'ici nous n'avons envisagé le bassin que comme un organe isolé. Il nous reste maintenant à le considérer en place, je veux dire à déterminer sa position exacte par rapport au squelette.

Cette position nous est nettement indiquée par la direction de deux plans qui seraient tangents, l'un au bord supérieur de la symphyse pubienne et au promontoire, l'autre à la pointe du coccyx et au sommet de l'arcade pubienne (fig. 285). Le premier de ces deux plans, plan du détroit supérieur, incliné de haut en bas et d'ari'ière en avant, forme avec la ligne horizontale un angle qui est en moyenne de 60° (N.egele) Le second, jo^an du détroit inférieur, présente une obliquité de même sens, quoique beaucoup moins prononcée : l'angle qu'il forme avec l'horizontale mesure seulement 10 degrés à l'état statique. Ces deux plans, prolongés en avant, se rencontrent au-devant du pubis en interceptant un angle de SO degrés.

Le bassin est donc fortement incliné sur la colonne vertébrale. Cette inclinaison est telle que la première pièce du sacrum forme avec la colonne lombaire, chez la femme adulte, un angle d'environ liO degrés (Charpy). On peut exprimer cette inclinaison d'une autre façon, en indiquant quelle est la hauteur du promontoire et de la pointe du coccyx au-dessus des deux horizontales sus- et sous-pubiennes. En présence des contradictions qu'on relève, à ce sujet, dans les divers auteurs, G. Devy {Bull, delà Soc. obst. et gynécol. de Paris., 1894) a repris ces calculs pour -le type idéal du bassin normal féminin. Les résultats qu'il a obtenus en s'appuyant sur les données généralement admises, très voisins de ceux de N^gele et de Tar- NiER et Chantreuil, concordent exactement avec ceux de Spiegelberg. Ces chiffi'es sont les suivants : 1° pour Vangle sacro-vertébral, 9^,5 au-dessus de l'horizontale sus-pubienne, 11% 75 au-dessus de l'horizontale sous-pubienne ; 2° pour la pointe du coccyx, à l'état statique, 1^56 au-dessus de l'horizontale sous-pubienne. Pendant l'accouchement, quand le coccyx est rétropulsé, cette dernière hauteur diminue notablement : elle n'excède pas 12 millimètres.

Si par le milieu des deux plans précités, le plan du détroit supérieur et le plan du détroit inférieur, nous abaissons deux perpendiculaires, nous aurons ce qu'on est convenu d'appeler les axes des détroits supérieur et inférieur. L'expérience démontre que Vaxe dic détroit supérieur est fortement oblique de haut en bas et d'avant en arrière, que Vaxe du détroit inférieur ne présente, au contraire, qu'une faible obliquité et se rapproche beaucoup de la verticale. — Le premier, prolongé en haut, rencontrerait la paroi abdominale dans le voisinage de l'ombilic ; continué en bas, il tombe un peu en avant du coccyx. Quant à l'axe abaissé du milieu du diamètre promonto-pubien minimum, il atteint le coccyx à l'union

OSTÉOLOGIE

de son tiers moyen avec son tiers infe'rieur. — Le second, prolongé de même dans les deux sens, tomberait en haut sur la première vertèbre sacrée, un peu audessous du promontoire, et traverserait en bas les parties molles du périnée, à quelques millimètres en avant de l'anus.

On désigne, enfin, sous le nom à.'' axe de V excavation, une ligne fictive (fig, 285,a; y) qui traverse de haut en bas le petit bassin, en suivant le plan médian et en l'cstant

Fig. 285.

Diamètre et a-\es du bassin (d'après G. Devy).

H', |)oiiil sus-pubien. — h\ point sous-pubien . — m, point post-pubien. — S, promontoire. — S, sommet du sacrum. — G, pointe du coccyx. — H' H, ligne liorizontale sus-pubiemie [en roiiffe). — V/i' h, ligne horizontale sous-pubienne {en rouge). — H'S, diamètre sacro-sus-pubien (détroit supérieur), (en rouge) — Soi, diamètre sacro-sus-pubien minimum {diamètre utile) (en rouge], — S7i', diamètre sacro-sous- pubien inférieur (en rouge). — Sh\ diamètre sacro-sous-pubien supérieur (en rouge). — C/t', diamètre coccy -sous-pubien (détroit inférieur), [en rouge). — A'a, diamètres antéro-postérieurs de l'excavation. — xx, axe du détroit supérieur anatomique {en bleu), — x'x\ axe du détroit supérieur obstétrical (en Ijleu). — yy, axe du détroit inférieur (en bleu). — xy, axe de l'excavation (en bleu). — A, sommet de l'angle formé par la rencontre des diamètres sacro-sus-pubiens et coccy-sous-pubien, prolongés en avant de la symphyse. — SS', corde de l'arc formé par la face antérieure du sacrum. — HS, hauteur du promontoire au-dessus de l'horizontale sus-pubienne (9c, 5). — V'S, hauteur du promontoire au-dessus de l'horizontale souspubienne (Uc,06). — /iC, hauteur de la pointe du coccyx au-dessus de l'horizontale sous-pubicune (le, 30).

toujours à égale distance des parois de là cavité. Cette ligne passe nécessairement par le centre des deux détroits. On a proposé, pour déterminer cet axe, divers procédés mécaniques qu'il serait trop long d'exposer ici. Nous nous contenterons d'indiquer ici (voy. pour plus de détails les Traités d' Obstétrique) que l'axe du petit bassin est une ligne courbe, fortement courbe, comme le disait Pajot, dont la concavité embrasse le pubis et dont la convexité, dirigée en arrière et en haut, est sensiblement parallèle à la courbure du sacrum. Cette ligne représente le chemin que suit le fœtus pour descendre sur le plancher périnéal et se dégager des parties maternelles.

3" Différences sexuelles. — Le bassin est constitué sur le même type fondamental dans les deux sexes. Le bassin de la femme présente cependant, en raison de la fonction spéciale qui lui est dévolue dans la grossesse et dans la parturition, des caractères propres qui permettront, dans In plupart des cas, à un œil

DU BASSIN EN GÉNÉRAL 309

exercé de reconnaître, un groupe de bassins étant donné, ceux qui appartiennent à la femme et ceux qui appartiennent à l'homme (fig. i286 et 287).

Nous pouvons, à l'exemple de Sappey, rattacher ces caractères différentiels aux

Fig. 286. è

Bassin de reimne, vu de l'ace.

Bassin d'homme, vu de face.

1, sacrum. — 2, fosse iliaque iutcnie. — 3, épine iliaque antéro-supéi-icure. — 4, cavité cotjloïde. — 5, symphyse pubienne. — 6, ischion. • — 7, trou ischio-pubicn. — 8, tubercule de l'os coxal, pivot des mouvements de nutalion du. sacrum.

quatre chefs suivants : 1" à l'épaisseur des pai^ois du bassin ; 2° à ses dimensions ; 3° à son inclinaison ; 4° à sa configuration.

a. Aie point de vue de VépaiSseur, le bassin de l'homme l'emporte généralement et de beaucoup sur celui de la femme. Autant le bassin de l'homme est forteinent

OSTÉOLOGIE

constitué, xnassif et solide, autant celui de la femme est faible, délicat et d'apparence fragile : les os coxaux, chez cette dernière, sont tellement minces au centre des fosses iliaques c[u'ils deviennent translucides ; assez souvent même ils sont percés d'un trou (Tarnier et Chantreuil). Dans les bassins' masculins, les saillies rugueuses, destinées aux insertions musculaires, sont fortement développées ; dans les bassins féminins, elles sont bien moins marquées, quelquefois à peine visibles ou même absentes.

b. Aîi point de vue des dimensions, on peut résumer les caractères distinctifs du bassin dans l'un et l'autre sexes par les deux formules suivantes : chez l'homme, les dimensions verticales l'emportent sur les dimensions correspondantes du bassin de la femme ; chez celle-ci, au contraire, les dimensions transversales l'emportent sur les dimensions correspondantes du bassin de l'homme. Suivant Sappey, la différence qui existe, dans les deux sexes, entre les dimensions transversales, c'est-à-dire entre les diamètres bi-iliaques homologues, serait environ de 5 millimètres ; l'écart entre les dimensions verticales serait triple,. On conçoit quelles difficultés présentent les recherches quand il s'agit d'exprimer exactement de tels rapports. Il faudrait établir, chose presque impossible, la moyenne sur des bassins ayant appai^tenu à des sujets de même taille. Quoi qu'il en soit, il résulte de nos mensurations que les chiffres donnés par Sappey sont notablement trop faibles, surtout en ce qui concerne les dimensions verticales.

c. Aupoint de vue de ï'inclinaiso7i, le bassin de la femme est plus incliné que celui de l'homme : il résulte, en effet, des statistiques de Sappey que l'angle que forme le plan du détroit supérieur sur la ligne horizontale est de 58° chez la femme, de 54° seulement chez l'homme. Les recherches ultéineures de Mayer, de Prochownick et de Charpy confirment pleinement les résultats obtenus par Sappey. Il est à croire que la grossesse n'a pas été sans influence pour la production et la fixation chez elle de ce caractère morphologique. Prochownick a démontré, en effet, par des mensurations prises sur le vivant que la grossesse augmente l'inclinaison pelvienne de 8 à 10°. Ce n'est là bien certainement qu'une variation temporaire et lorsque, après l'accouchement, le globe utérin sera revenu à ses dimensions premières, le bassin se redressera et tendra à reprendre à son tour la position qu'il occupait avant la grossesse. Toutefois, il ne la reprendra pas exactement et s'arrêtera un peu au-dessous. Comme le dit fort judicieusement Charpy, dont je partage l'opinion à cet égard, chaque grossesse laisse sa trace et, si petite soitelle, accumulée dans les générations, elle a fini par-faire partie du plan de l'organisme féminin.

Une autre différence sexuelle du bassin, c'est que l'angle sacro-vertébral est plus ouvert chez l'homme (110°) que chez la femme (i07°), dont la cambrure lombo-sacrée est par conséquent plus accusée. Cette même différence se retrouve chez les nouveau-nés (Charpy), ce qui prouve qu'ici encore nous avons affaire à une disposition congénitale transmise par hérédité.

L'inclinaison de la symphyse sur la verticale est un peu moins accentuée chez la femme que chez l'homme : elle est de 60° chez la première, de 55° seulement chez le second.

b. Aih point de vue de la configuration, le bassin de l'homme et celui de la femme présentent de notables différences, que nous résumons dans le tableau suivant :

DU BASSIN EN GÉNÉRAL

POliNlS AIN A 1 UiVlinUll^

f'IiV/ TA P17\1\II7 btlt^/i LA t Cj1V11>Uj

^■rlil/j 1 j riulTi iVll .

1" Fosses iliaques internes.

Plus liir^es. plus évasocs, plus fléjetées en dehors.

Moins larges, plus excavées, plus verticales.

2" Crêtes iliaques.

Moins sinueuses.

Plus contournées en .^^

3» Ançile sacrovertébral.

Plus prononcé et plus Sciilluiit en avant.

Moins prononcé et moins saillant.

4" Sacrum.

I^liic lioc! ot T\liic lni*fr£»

I lus JJi ls cl UlLlo idlgc.

Plus haut et plu.s éti'oit.

5'> Courbure du sacrum.

Moins prononcée.

Plus prononcée.

6" Petit l)assiu.

Plus spacieux, dans le sens de

la. laljj^cUl J^U lliuipclldi-icii l .

Moins spacieux.

7» Sijmpliyse pubienne.

Plus basse (45 millini.).

Plus haute (50 uiillim.).

%^ Paroi antérieure du petit bassin.

Plus étendue transversalement.

Plus étendue verticalement.

9" Corps du pubis.

Plus large; épines plus écartées.

Plus haut I épines plus rapprochées.

10" Arcade pubienne.

Angle plus ouvert (l 10» à sa partie supérieure) .

Angle moins ouvert (70° à sa partie supérieure) .

11" Branches ischiopubiennes.

Lèvre interne notablement rejetée en dehors.

Lè\re interne moins rejetée en dehors.

12" Trous iscliiopubiens.

Forme plutôt triangulaire (?), angle interne moins ouvert (70»).

Forme plutôt ovalaire ("?), angle interne plus ouvert (110'").

13» Cavités colyldides.

Séparées l'une de l'autre par une distance plus considérable, d'où l'obliquité plus grande des fémurs .

Plus rapprochées l'une de l'autre, d'oii l'obliquité moins prononcée des fémurs.

1 i" Grandes échancrures scialiques.

Diamètre horizontal plus grand (72 mill.).

Diamètre horizontal plus petit (60 niilL).

15» Détroit inférieur.

La pointe du coccyx reste en arrière du plan frontal bi-sciatiqiie.

La pointe du coccyx dépasse en avant le plan frontal bi-sciatique.

16» Détroit supérieur.

Le rapport centésimal du diamètre sacro-sus-pubien (11») avec le diamètre transverse (13,5) plus élevé = 81 ,4.

Le diamètre transverse maximum passe en avant du point où se croisent les diamètres obliques.

Le rapport centésimal du diamètre sacro-sus-pubien (10», 4, Ver- NEAu) avec le diamètre transverse (13», Verneau) moins élevé = 80.

Le diamètre transverse maximum passe en arrière du point oii se croisent les diamètres obliques.

4° Développement général du bassin, bassin infantile, mécanisme de son évolution morphologique. — Des trois grandes cavités osseuses que nous présente le squelette, la cavité pelvienne est, sans conteste, celle dont l'évolution est le plus tardive. Le bassin participe tout naturellement à l'infériorité de développement des membres inférieurs, dont les deux os coxaux ne sont que les premiers segments. C'est apparemment pour une raison de même ordre que la portion supérieure ou abdominale du bassin se développe plus tôt que la portion infé-

OSÏÉOLOGIE

férieure ou cotyloïdienne, cetU? dernière étant plus directement en rapport avec les membres.

Chez le fœtus et chez l'enfant naissant, les dimensions du bassin sont encore si réduites que les viscères qu'il contiendra plus tard ne peuvent s'y loger et se tassent alors dans la cavité abdominale, dont ils refoulent les parois dans tous les sens.

Morphologiquement, le bassin du nouveau-né diffère beaucoup du bassin de l'adulte. Ses principaux caractères sont les suivants : 1° Y absence du promontoire, disposition que l'on retrouve chez les anthropoïdes ; le sacrum, d'une part, offrant une convexité dans le sens vertical (sauf dans son quart inférieur), la courbure lombaire, d'autre part, ne s'étant pas encore dessinée, il en résulte que l'angle

Bassin du nouveau-né {schématique, d'après Bonnaire).

A, COUPE SAGITTALE ET B, COUPE TRANSVERSALE. — HH', liopizontale sus-pubionne. — W, vei'lioale. — IID, axe de la symphyse. — SII, diamètre sacro-sus-pubien. — V'HD, angle mesurant l'inclinaison de la symphyse sur la verlicale (4j°1. — SHH', angle mesurant l'inclinaison du détroit supérieur sur l'horizontale (80°). — i, racliis. — 2, promontoire (angle sacro-vertébral). — 3, sacrum. — 3', coccyx. — 4. ilion. — 5, ischon.

C, DIAGRAMME DU DÉTROIT SUPÉRIEUR. — AP, diamètre anléro-postéricur. — 00, diamètre oblique. — TT. diamèire Iransversc.

sacro-vertébral est nul, ou, s'il existe, ne proémine que d'une façon insignifiante ; 'i" V élévation de V articulation sacro-lombaire au-dessus du plan horizontal suspubien ; le plan du détroit supérieur est en effet très rapproché de la verticale et forme - avec l'horizontale sus-pubienne un angle d'environ 80°; ^° V inclinaison moindre de la symphyse pubienne; l'ouverture de l'angle vcrtico-symphysaire mesure 45° en moj^enne ; i" le peu de profondeur de l'excavation, résuUanl h la fois de la forme convexe et de la direction joresque verticale du sacrum, du médiocre développement des arcs pubiens et du rapprochement des cavités cotyloïdcs qui, à cette période, appartiennent bien plus à la paroi autérieure du bassin qu"à sa paroi externe; 5° Végalité des dimensions transversales et des dimensions antéropostérieures ; 6° Vexigu'ité du détroit inférieur; 7° Vaspect infundibuli forme très régulier de la cavité pelvienne, considérée dans son ensemble; le réti^écissement qui sépare le grand et le petit bassin (détroit supérieur) est encore peu marqué : le plan des fosses iliaques internes se continue en effet presque sans ressaut avec celui de la face interne des ischions qui est oblique en bas et en dedans.

Comme on le voit, le bassin chez le nouveau-né est normalement cyphotique

Dr liASSIX EN (iKNKIlAI.

(vifi.'ition spi'fiali' du bassin i|ui' Iimi i-i'iii'niiln' ilaiis la ryplnisc mi r'Miii'liiir.' aïKinnalc à roiivcxiti' poshM'icn ri' ilc la coldiiin' n'ci'Ii'IiimIi' i. Il ra])|M'lli' aiii>i. par sa (■()ii(iiiurali(ui ^l'iK'ralc. un (Mal (pu' l'on riMicnn I n' parl'nis clu'/, l'adiill". ni iis (pii. pour ce (Icrnii'r. rclrvr de causes pal lu»l()n'i(pn's. Aulrrunuil dil, le lia>sin cyplu)li(pu' de l'adulli' ronsi ilui' un ndourà r('lal iiifaidili'.

Api'f's la naissanr(\ la ('(udiiAUi'alion lU'iuinidli' du ha-sin se luodilii' pronrossivcnuMil. IMusiiMirs l'acli'ui's inlrr\ ii'niirnl ahus pour le niodi'lrr cl lui ini|)i'inii'r les foruu's lypi(pn's (pic nous avons i'liuli('cs |)i'(''C('di'ninn'nl . (iCsI. iTaliord. le d(''\-('!oppiuni'nl des divers sciiimuds sipirli'lliipics. l'uis, louli' uni' siM'ir d'adions nu'rani(pu's (pu' nous pouvons ramoner à deux gi'oujx's : le preniii'i- r(unpi'('nd les l)ri'iisi())is (le haut en bax la uiassi> du li'onc oximtc sur le saeia\iu el ni('dialeinenl sur les aul l'es pièces du bassin: dans le serond. se ran^'enl les ;>ress/o»s en sens conlraii'e cxereeos par les tèles fémorales sur les parties labuales des os eoxaux (Litzmann, SciiiuiDioit. IIenmg, (]harpy). ÏVoiis devons menlionni'r. eidin. les din'('ren|es altitudes (pron donne à reniant lUi (jiu^ eelui-ei ]U'end nal ui'ellenu'ul . attitudes qui ne sont pas sans retentir eUectivement sur des organes aussi malléables que ceux qui constituent le squelette ostéo-cartilagineux.

Durant les deux premières années de la vie extra-utérine, les modilications évolutives du bassin sont loin d'avoir rimportance de celles que vont entraîner bientôt la marcbe et la station debout. — Sous le poids de la colonne lombaire le sacrum descend et s'enfonce comme un coin entre les deux os iliaques. Le cor])s de la première pièce sacrée, qui n'est encore relié aux ailerons que par du cartilage, proémine et fait saillie dans l'excavation. Quant aux ailerons eux-mènu^s. solidement rattachés aux os iliaques par des ligaments, ils ne suivent pas le corps dans ce mouvement de descente ; ils restent un peu au-dessus du promontoire qui s'ébauche et continuent le circuit des lignes innominées. — Une autre conséquence de la descente du sacrum, c'est l'abaissement du plan du détroit supérieur : l'angle de 80". que ce plan formait avec l'bori/.ontale. s'amoindrit. — De plus, la pression de haut en bas tend à aplatir le bassin, et, de ce fait, les dinu'nsions transversales gagnenl peu à peu sur les diuu^nsions antéro-poslérieures.

La courl)ur(Mlans le sons vert ical de la paroi ])osti'i'ieure di'pend du mou\enu^nl de l)ascule en avant que subit la base du sacro-coccyx. Ce mouvement implique nécessairement un mouvement de translation en haut et en arrière de la part du sommet de ce sacro-coccyx. Mais, contrarié par les ligaments sacro-sciatiques qui attirent le coccyx en avant vers les ischions, ce mouvenu:'nt de translation en haut et en arrière demeure forcément très limit(". L'antagonisme des deux forces qui agissent dans ce cas tend donc à rapprocher l'une vers l'autre les deux extrémités opposées de la paroi posti'rieure du bassin (le promontoire et le sommet du coccyx) en incurvant la pai-oi. (Test particulièrement au niveau di^s vertèbres coccygiennes et des trois dernièiTs vertèbres sacrées, non enclavi'i^s ni maintenues par l'os coxal, que la courbure s'étaldit.

En nuMne temps, la courbure loud)aii'e se dessine. Ce fait est la conséquence de l'attitude bipède qui devient de plus en plus celli' di^ l'enfant. Pour l'viti'r les chutes et réagir contre les forces multiples qui sollicitent son corps à tomber en avant (poids des membres et des viscères thoraciques, poids des viscères abdominaux, etc.), le petit être redresse le torse en arrière, et, de ce fait, la saillie du promontoire s'affirme : elle s'affirme d'autant mieux qu'à cette convexité antérieuiv du rachis s'oppose la concavité antérieure du sacrum, qui se creuse de haut en bas.

OSTÉOLOGIE

Du coté du pubis, à mesiu^e que les branches horizontales et l'arcade se de'veloppent, on voit augmenter le faible e'cart constaté, lors de la naissance, entre les cavités cotyloïdes. La pesée des viscères sur la symphyse et le corps du pubis contribue à incliner ces parties en avant, en même temps qu'elle tend à disjoindre les surfaces articulaires pubo-pubiennes. Leur contact est assuré par la contrepression du fémur, qui limite en outre l'inclinaison symphysaire. . Ainsi disparaissent progressivement tous les caractères de la cyphose infantile du bassin. Le déti^oit inférieur s'agrandit. La translation en haut et en arrière de la partie inférieure du sacro-coccyx augmente la longueur du diamètre coccy-souspubien. L'ampliation des autres diamètres résulte surtout de l'écartement des ischions : sous l'elfort des tractions, directes ou médiates, que les muscles pelvitrochantériens exercent sur ces tubérosités, celles-ci sont attirées en dehors et le plan de leur face interne, primitivement oblique en bas en dedans, se rapproche peu à peu de la verticale.

Quant aux ditférences sexuelles, encore qu'on les trouve déjà très nettes chez le nouveau-né (voy. plus haut), c'est principalement aux environs de la puberté (Qu'elles s'accusent. A cet âge, lorsque les organes génitaux, jusque-là rudimentaires, se développent pour atteindre en c[uelques années leur état parfait, le bassin suit un développement parallèle et s'adapte merveilleusement à son nouveau rôle qui est de loger ces organes et de les protéger. Il s'accroît et se transforme graduellement et revêt, lui aussi, en quelques années^ sa configuration définitive.

Indices du bassin. — Le bassin, comme le thorax et le crâne, se prête à des mensurations nombreuses, qui ont pour but et pour résultat de représenter par des chiffres, facilement comparables entre eux, leurs différentes modalités anatomiques. De toutes ces mensurations, (,ue Garson a porté à 14 et Verne.au à 53, nous n'en retiendrons ici que deux ; l'indice général et l'indice antéro-postérieur du détroit supérieur.

a. Indice rjenéral du bassin. — L'indice général du bassin peut être défini ; le rapport centésimal de la largeur maxima du bassin [larg.], prise au niveau des crêtes iliaques, à sa hauteur niaxima [h) mesurée de l'ischion au point culminant de la crête iliaque.

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Indice = -, •

Voici maintenant quelques chiffres que j'emprunte à Topinard :

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