‹ Traité d'anatomie humaine (volume 5)Chapitre 57 sur 176 · ARTICLE II MEMBRE INFÉRIEUR OU PELVIEN · texte numérisé non relu

ARTICLE II MEMBRE INFÉRIEUR OU PELVIEN

Le membre inférieur ou membre pelvien est conformé sur le même type que le membre supérieur. Gomme ce dernier, il comprend quatre segments qui sont, en allant de la racine du membre à son extrémité libre : i° la hanche ; 2° la cuisse; 3° la jambe; 4° le pied.

§ I. Os DE LA HANCHE, BASSIN

La hanche ou ceinture pelvienne est constituée par un seul os que l'on désigne sous le nom d'os coxal.

Les deux os coxaux, réunis en avant par la symphyse pubienne, sont séparés l'un de l'autre en arrière par le sacrum, avec lequel ils s'articulent. Ces trois pièces osseuses, les deux os coxaux et le sacrum, circonscrivent ainsi par leur ensemble une vaste enceinte osseuse, le bassin, région anatomique importante avant tout au point de vue de l'accouchement et à laquelle nous consacrerons un paragraphe à part.

A. — Os COXAL

L'os coxal (fig. :238 et 239) est primitivement constitué par trois pièces distinctes, Villon en haut et en dehors, le pubis en avant, Vischion en bas. Ces trois pièces secondaires, dont on peut voir les limites respectives sur la figure 280 (p. 300) viennent se réunir au centime de cette vaste cavité articulaire, la cavile

OSTÉOLOGIE

colyloïde, qui se trouve creusée sur la face externe de l'os et qui est destine'e au fémur. Certains anatomistes décrivent encore à part l'ilion, le pubis et l'ischion. Nous rejetons une pareille méthode qui nous paraît compliquer inutilement la description anatomique. Nous comprendrons dans notre desciiption l'os coxal tout

entier, estimant pour notre part que l'ilion, le pubis et l'ischion ne sont pas des os distincts, mais des centres d'ossification différents d'une seule et même pièce squelettique.

Envisagé au point de vue de sa configuration extérieure, l'os coxal est un os plat, à contour irrégulièrement quadrilatère, profondément échancré et conséquemment rétréci à sa partie moyenne. Nous lui considérerons : 1° deux faces, l'une externe, l'autre interne; 2*^ quatre bords, que l'on distingue, d'après leur situation, en supérieur, inférieur, antérieur et postérieur ; 3" enfin, quatre angles, qui se trouvent naturellement situés aux points où se rencontrent les bords précités.

1° Face externe. — En jetant les yeux sur la face externe, nous reconnaissons tout d'abord, à sa partie moyenne, la cavité colyloïde, dont il a été question plus haut. Au-dessus d'elle, s'étale une vaste surface appelée fosse iliaque externe. Audessous, s'ouvi^e un large orifice, connu sous le nom de trou obturateur o\\ trou ischio-pubien . Examinons successivement chacun de ces éléments :

a. Cavité colyloïde. — La cavité cotyloïde (cotyle ou acelabulum), destinée à recevoir la tète du fémur, présente à cet effet la forme d'un sphéroïde ci^ux, limité du coté de la face externe de l'os par un rebord circulaire, plus ou moins aminci, qui porte le nom de sourcil cotyloïdien.

Ce sourcil cotyloïdien, à la formation duquel participent à la fois l'ilion, le pubis et l'ischion, est nécessairement traversé par les trois lignes de soudure que forment entre elles ces trois pièces osseuses. Les trois points où ces lignes de soudure rencontrent le sourcil cotyloïdien sont marqués par des dépressions en forme d'échancrures et chacune d'elles tire son nom des deux os qui la constituent. C'est ainsi que nous avons : 1° en avant, Véchancrureilio -pubienne, formée parle pubis et l'ilion ; 2° en arrière, l'échancrure ilio-ischiaiique, située entre l'ilion et l'is-

Fig. 272.

Os coxal, vu par sa face e.\terne.

I, 1, J, bord supérieur ou crcte iliaque. — 2, épine iliaque aiiLéro-supérieui'e. — 3, épine iliaque postéro-supéricure. — i. gouttière sus-cotj loïdienne. — 4', fosse iliaque externe, avec : 4", sa ligue demi-circulaire antérieure ; 4"', sa ligne demi-circulaire postérieure. — 5, trou nourricier. — 6, écliancrure sans nom, comprise entre les deux épines iliaques antérieures. — 7, sourcil cotyloïdien. — 8, épine iliaque antéro-inférieure. — '.I, épine iliaque postéro-inférieure. — 10, grande écliancrure sciatique. — 11, épine sciatique. — 12, petite écliancrure scialiquc. — 13, ischion. — 14, corps du pubis. — 15, brandie liorizontale du pubis. — 16, crête pectinéale. — 1", éminence iliopectiiiée. — 18, branche ischio-pubienne. — 19, gouttière souspubienne pour le nerf et les vaisseaux obturateurs. — 20, épine du pubis. — 2l, trou obturateur. — 22, angle du pubis. — 23, cavité cotyloïde, avec 24, son arrière-fond. — 23, écliancrure ischio-pubienne. — 26, écliancrure ilio-ischiatique . — 2", écliancrure ilio-pubienne. — 28, tubercule ischio-pubien externe ou sous-cotyloïdien. — 29, tubercule ischio-pubien interne.

os COXAL 293

chion ; 3" en bas, l'échancriire ischio-pubienne, située au point de rencontre de l'iscliion et du pubis. De ces trois échancrures, les deux premières sont souvent peu accusées. L'écliancrure iscliio-pubienne, au contraire, est large et profonde sur tous les sujets; elle est, à l'état frais, convertie en trou par un liganuMit et livre passage aux vaisseaux nourriciers de la tête fémorale.

La surface intérieure de la cavité cotyloïde se trouve divisé(> en deux porlions bien distinctes : une première portion, lisse et articulaire ; un(; deuxième portion, rugueuse et ne participant qu'indirectement à l'articulation. — La portion non articulaire, que l'on désigne sous le nom A' arrière- fond de la cavité cotyloïde {fossa acelabuli) revêt la forme d'un carré de 35 millimètres de côté environ ; l'un de ses bords, le bord inférieur, répond à l'échancrure iscbio-pubienne ci-dessus d('crite. • — • ha portion articulaire entoure la précédente à la manière d'un croissant, dont les deux extrémités ou cornes viennent aboutir à l'écliancrure iscbio-pubienne. Ces deux cornes sont très inégales en développement : la corne antérieure s'atténue progressivement et se termine en mourant sur la partie la plus élevée de l'échancrure. La corne postérieure, au contraire, se termine, du côté de cette échancrure, par une forte saillie, au-dessous de laquelle se trouve une véritable gouttière.

b. Fosse iliaque externe. — Destinée à l'insertion supérieure des muscles fessiers, la fosse iliaque externe ne mérite vi'aiment ce nom de fosse qu'à sa partie moyenne. Nous trouvons, en effet, en la parcourant d'avant en arrière, tout d'abord une large surface à peu près plane, puis une surface excavée, et enlin une nouvelle surface plane.

Cette fosse iliaque externe est parcourue par deux lignes rugueuses, appelées lignes demi-circulaires. — La première, située en avant, ligne demi-circulaire antérieure , commence au niveau de la grande échancrure sciatique. De là, elle se porte en haut et en avant et vient se terminer vers l'angle antéro-supérieur de l'os coxal. — • La seconde, située en arrière, ligne denii-circutaire postérieure, se détache également de la gi\ande échancrure sciatique, à i (ju !2 centimètres en arrière de la précédente ; elle suit, de là, un trajet presque vertical et se termine sur le bord supérieur de l'os. — Ces deux lignes demi-circulaires divisent la fosse iliaque externe en trois zones distinctes : une zone postérieure, relativement peu étendue, sur la partie supérieure de laquelle s'insère le grand fessier; une zone moyenne, plus grande, répondant au moyen fessier; une zone antérieure, enfin, beaucoup plus gi'ande encore, qui est destinée au petit fessier. — A la partie moyenne de la fosse iliaque externe, au niveau ou un peu en avant de la ligne demi-circulaire antérieure, se trouve le trou nourricier principal de l'os : il se dirige obliquement en bas et en arrière.

La fosse iliaque externe est séparée, en avant, du sourcil cotyloïdien par une dépression rugueuse et plus ou moins creusée en gouttière : c'est la gouttière suscotyloïdienne, qui répond à l'insertion du tendon réfléchi du muscle droit antérieur de la cuisse. Cette gouttière nous présente ordinairement de nombreux trous vasculaires, pour le passage des vaisseaux nourriciers de l'os.

c. Trou obturateur ou ischio -pubien. — Le trou oijturateur, encore appelé ischio-pubien en raison de sa constitution anatomique, est situé au-dessous de la cavité cotyloïde. Il répond, en haut, à la grande échancrure ischio-pubienne, cidessus décrite. Dans tout le reste de son pourtour, il est formé, en allant de haut en bas : par la branche horizontale du pubis, par le corps du pubis, par la branche descendante du pubis, par la branche ascendante de l'ischion, par le corps de l'ischion.

Envisagé au point de vue de sa forme, le trou obturateur est triangulaire dans les deux sexes, avec un angle supérieur, un angle interne et un angle postérieur : toutefois, son angle interne étant beaucoup plus ouvert chez l'homme que chez la femme, ce trou revêt très souvent sur le bassin masculin, la forme d'un ovale à grand axe obliquement dirigé de haut en bas et d'avant en arrière.

Ainsi entendu, le trou obturateur nous présente deux bords ou plutôt deux demi-circonférences, l'une interne, l'autre externe. Ces deux demi-circonférences se rencontrent à la partie inférieure du trou et, là, se continuent réciproquement.

A la partie supérieure du trou, au contraire, elles s'écartent l'une de l'autre, la demi-circonférence interne se dirigeant en arrière, la demi-circonférence externe se portant en avant. L'intervalle compris entre les deux demi-circonférences ainsi écartées a la forme d'une gouttière, obliquement dirigée de haut en bas, de dehors en dedans et d'arrière en avant : c'est la gouttière obturatrice ou sous-pubienne, occupée à l'état frais par le nerf et les vaisseaux obturateurs. Cette gouttière est natui'ellement délimitée par deux lèvres : une lèvre postérieure, qui se rattache à la demi-circonférence interne du trou obturateur ; une lèvre antérieure qui n'est autre que la partie toute supérieure de la demi-circonféi'ence externe. La distance qui sépare les deux lèvres est environ de 5 à 6 millimètres.

Sur la demi-circonférence externe du trou obturateur, au-dessous de l'échancrure ischio-pubienne de la cavité cotyloïde, se voit un petit tubercule plus ou moins saillant (fig. 27:2,!28 et 273,:23j : c'est le tubercule cotyloïdien ou ischio-pubien externe. En face de lui, sur la demi-circonférence interne, se dresse une autre saillie (fig. 272, 29 et 273,24), plus ou moins accusée suivant les sujets : c'est le tubercule ischio-pubien interne. Ces deux tubercules donnent insertion à des trousseaux libreux de la membrane obturatrice, membrane qui, sur le sujet revêtu de ses parties molles, ferme plus ou moins le trou ischio-pubien (voy. Authrologie).

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