PÉRONÉ
Face postérieure, dans son tiers moyen.
Oblique de haut en bas.
Face postérieure, à la réunion de son tiers supérieur avec son tiers moyen.
Oblique de haut en bas.
On voit par ce tableau que les conduits nourriciers présentent, suivant les os, des positions différentes. C'est ainsi qu'on les rencontre : pour l'humérus et pour le fémur, à la partie moyenne de fi'piphysc ou un peu au-dessous ; pour le cubitus, le radius, le tibia et le péroné, ù l'union du tiers supérieur avec le tiers moyen, ou même dans le tiers supérieur. Mêmes variations en ce qui concerne leur direction : obliques de haut en bas sur l'humérus et les deux os de la jambe, ils sont, au contraire, obliques de bas en haut sur le fémur et les deux os de l'nvantbras. En termes plus simples, ils se dirigent vers le coude el fiUent le genou.
Aucun fait morphologique n'est le produit du hasard et toutes les divergences que nous venons de signaler, au sujet des conduits nourriciers des os, doivent trouver leur explication dans quelque loi de l'ostéogénèso. 3Iais cette loi, malgré les intéressantes recherches de Schwalbe (Zeilschr. f. Anat. u. Entwickl., 1876), nous parait être encore à trouver. Je ferai ici cette simple remarque : c'est que.
A N A ï 0 M I E G K N È RALE
dans rattitudc primitive que présente le fœtus dans rutéras maternel, ces divergences disparaissent, tous les conduits nourriciers des os longs sans exception se dirigeant alors de haut en bas. Là peut-être est le nœud de la question.
§ III. — COXI- OUMATIOX IXTÉIUEUUE DES OS
Vus en coupe et à l'état frais, les os présentent une teinte, tantôt rougeàtre, tantôt jaunâtre ou grisâtre, due à la présence dans leur épaiss nir d'une sul)stance molle et diversement colorée (voy. plus loin), appelée moelle. Cette substance est renfermée dans des cavités de grandeurs fort diverses, que circonscrivent des lames d'une substance dure, la substance osseuse ou tissu osseux proprement dit.
1° Différentes variétés du tissu osseux. — La substance osseuse pi'oprement dite est une substance de coloration blanchâtre, de consistance ligneuse, se présentant, suivant les points oii on l'examine, sous trois aspects différents et formant ainsi trois variétés : le tissu compacte, le tissu spongieux et le tissu l'éticulaire. — Le tissu compacte (fig. 1,3) est constitué par des lamelles osseuses immédiatement appliquées les unes contre les autres sans cavités intermédiaires. — Le tissic spongieux (11g. 1,1) est formé, lui aussi, par des lamelles, mais par des lamelles orientées en sens différents, n'entrant en contact que sur certains points et, de ce fait, ménageant enti'e elles un s^-stème de petites cavités où s'amasse la moelle. \ cet état d'organisation le tissu osseux est creusé intérieurement comme Test une éponge, d'où son nom de tissu spongieux. — Le tissu réticulaire (fig. 1,2), enfin, n'est qu'une variété du tissu spongieux, un tissu spongieux dans lequel les cloisons osseuses sont plus espacées et les cavités intermédiaires plus grandes.
Ces trois variétés d'aspect que nous pri'seiile le tissu osseux, tissu compacte, tissu spongieux et tissu aréolaire, résultent tout simplement d'une disposition arrbitocturale différente de la substance osseuse. La structure intime du tissu, comme nous le verrons dans le paragraphe suivant, est partout la même.
Voyons nuxintenant comment s'agenceiit les différentes variétés du tissu osseux dans chacun des trois groupes d'os, les os longs, les os larges et les os courts.
2° Conformation intérieure des os longs. — Les^os longs, nous le savons déjà, se com|Hisenl cliarun d'une partie moyenne, le corps ou diapliijse, et de deux extrémités plus ou moins renflées, les épiplujses. Pour prendre une notion exacte du mode de constitutiun de chacun de ces segments de l'os, il suflit de prati(pier sur celui-ci une coupe longitudinal passant par son axe (fig. 1).
Coupe lonoiludinale du tibia.
I, éj)iplnsc (tissu spousioux) .
— 2, dia|ili\so (tissu réticulaire).
— 3,dia|ili\sc (tissu compacte).
— -i, canal niédullairo. — 3, vestige de la soudure de lï'piplij se avec la diaplijse. — G, périoste.
— 7, coupe du cartilage d'encroûlenicnt.
OSTÉULOGIE
a. Épiphyses. — Les épiphyses, tout d'abord , nous apparaissent comme formées presque exclusivement par du tissu spongieux. Ce n'est rpi'à la i^ériphérie, je veux dire dans la partie qui conlîae à la surface extérieure de l'os, cjue le tissu spongieux épiphysaire est doublé par une mince couche de tissu compacte. Cette coque périphérique de tissu compacte fait défaut naturellement au niveau du point oii l'épiphyse se réunit à la diaphj'se. Elle fait défaut aussi, au niveau de son extrémité libre, sur tous les points où se trouve du cartilage articulaire.
b. Diaphyse. — La diaphyse est essentiellement constituée par du tissu compacte. Mais ce tissu compacte n'occupe que la périphérie de l'os. A son centre se trouve creusée une cavité longitudinale (lig. 1,4), qui s'étend ordinairement
j jusqu'aux épiphyses et parfois même empiète sur elles :
c'est le canal médullaire, ainsi appelé parce qu'il loge la moelle osseuse.
Il est à remarquer que le canal médullaire a une forme cjdindroïde et que sa coupe transversale est plus ou moins circulaire. Il en résulte que la conformation du canal ne reproduit nullement celle de l'os, lequel est le plus souvent 23rismatif{ue triangulaire. Il en résulte aussi, comme corollaire, que l'épaisseur de sa paroi (lig. 2) est plus grande au niveau des bords de l'os rju'au niveau de ses faces.
A Tune et à l'autre de ses extrémités, le canal médullaire nous présente ordinairement un système de minces lamelles qui vont d'une paroi à l'autre en s'entre-croisant sous les angles divers et en circonscrivant entre elles de larges aréoles : c'est le tissu aréolaire du canal. Du côté du centre de l'os, ce tissu aréolaire se raréfie de plus en plus et huit par disj^araitre. Du côté opposé, au contraire, les travées se multiplient en même temps cpie les aréoles deviennent plus étroites et c'est par des gradations insensibles que le tissu aréolaire se continue avec le tissu spongieux de l'épiphyse. Rappelons en passant que c'est au canal médullaire qu'aboutissent les conduits nourriciers de l'os, dont il a été cjucstion plus haut.
Fig-. 2.
Coupe transversale du tibia à sa partie moyenne.
i, bord anliji'ieur — 2, bord intci-nc. — 3, bord externe. — 4, l'ace inlerne. — 5, l'ace externe. — 6, face postérieure. — 7, canal médullaire.
3- Conformation intérieure des os larges. — Les os larges ou os plats se composent essentiellement de deux lames de tissu compacte, occupant les deux faces opposées de l'os et emprisonnant entre elles une couche plus ou moins épaisse de tissu si^ongieux. Au niveau des bords de l'os, les deux lames de tissu compacte se fusionnent réciproquement l'une avec l'autre, de telle sorte que le tissu spongieux se trouve enveloppé sur tout son pourtour par une coque ininterrompue de tissu compacte. Pour les os plats de la boite crânienne, les deux lames de tissu compacte prennent le nom de tables (table interne et table externe) ; le tissu spongieux, compris entre les deux lames, prend celui de diploé.
Le tissu spongieux des os plats présente généralement son maximum d'épaisseur au voisinage des Jjords. De là, il s'atténue graduellement en allant vers le centre et parfois même disparait complètement. Dans ce dernier cas, les deux tables de tissu compacte se fusionnent, à la partie centrale de l'os, en une lame unique qui, sur certains os, est mince et transparente : telle est la disposition que l'on rencontre au centre du scapulum et à la partie moyenne de la fosse iliaque.
Sur certains points du tissu spongieux des os plats se voient de larges canaux^
ANATO.MIE CÉiNÉRALE
à contours irro'gulicrs et plus ou moins sinueux, qui vont constamment s"ouvrir sur l'une ou l'autre de ses deux faces : ce sont des canaux veineux, comblés à l'ëtat frais par des veines de mêmes dimensions, qui ranu''nent au torrent circulatoire général le sang veiniMix de l'os. Ces canaux veineux présentent leur maximum de développement dans les os 5 du crâne. Leur paroi, formée par une mince lame de tissu compacte, est comme criblée de petits orifices, à travers lesquels passent les veines et veinules tributaires du canal veineux jirincipal.
4° Conformation intérieure des os courts. — Les os courts ])résentent, dans leur conformation intérieure, la l^lus grande analogie avec les épi-
Fig. :i.
Coupe d'un os court (astragale).
1, earlilago ai-liculaire . — 2, pêriosle. — 3, lissu spongieux et ses aréoles.
physes des os longs. Comme ces derniers, ils se composent d'une masse centrale de tissu spongieux, enveloppée sur tout son pourtour, les surfaces arlirnlaires exceptées, par une mince coque de tissu compacte.
Les os courts comni(> les os plats possèdent des canaux veineux souvent très développés. Les corps verU'braux nous offrent un exemple très net de cette disposition.
A première vue, les travées osseuses qui constituent la portion spongieuse des os courts paraissent être irrégulières et disposées sans ordre aucun.
Mais, à un examen plus attentif et suides coupes lieureuses, on constate qu'il n'en est rien, que ces travées, au contraire, se disposent suivant un type particulier qui est constant pour le même os. C'est ainsi que dans l'astragale (fig. 4) nous vo yons les travées osseuses se partager en deux groupes, les unes se dirigeant obli(|iiement en bas et en avant, les autres se portant obliquement en bas et en arrière. De même, dans le calcanéum, nous voyons les fibres antérieures se porter obliquement en bas et en avant, les filires l^ostérieures se porter obli(|ii('ineiit en bas et en arrière, etc. Une telle systématisation des travées osseuses dans les os courts, sur laquelle Misyer et WoLF ont depuis longtemps déjà appcb spécial qui est dévolu à ces os dans la locomotion, et on peut établir en principe que les travées osseuses suivent toujours la même direction que les forces qu'elles
Coupe schématique représentant ù la l'ois la direction des travées du tissu spongieux et les directions des forces composantes dans certains os en contact (d'après Meveiî).
I, exli-éniil^ inférieure du liliia.
3, calcanéum.
■2, aslrasale.-
l'attention, est en rapport avec le rôle
li OSTÉOLOGIE
ont à supporter. Leur résistance en est ainsi considérablement accrue. Nous aurons ù revenir plus tard sur cette question à propos des os du pied.