‹ Traité d'anatomie humaine (volume 5)Chapitre 68 sur 176 · ARTICLE III OS SÉSAMOÏDES · texte numérisé non relu

ARTICLE III OS SÉSAMOÏDES

• Les sésamoïdes sont des os coui-ls, arrondis ou ovaiaires, généralement de tout petit vulunie, qui se développent, soit an voisinage de certaines articulations du pied et de la main, soit dans l'épaisseur d'un certain nombre de tendons. TIs tirent leur nom des grains de sésame (do c;Y|(Txij.rjv, sésame, et etôoç. forme) auxquelles un les a comiDarés. [I est à remarquer, cependant, que cette cumpai'aison est peu justifiée et que les osselets en question n'ont qu'une ressemblance très éloignée avec les semences de sésame. Les sésamoïdes étaient parfaitement connus des anciens anatomistes et S^mmering, dans son Ostéologie, nous en a tionné une assez bonne description. A notre époque, ils ont été bien étudiés par Gillette en 1874, par jEby en 187o et par Retteueu rn 1884. Tout récemment, en 189:2, leur ('tudc a été reprise par F^fitzneu, qui a publié à leur sujet, dans les Morphologische Arheilen de Schwalbe, un volumineux mémoire basé sur l'examen minutieux de 388 mains et de 385 pieds.

1° Topographie des sésamoïdes. — Les sésamoïdes. avons-nous dit dans nuire définition, apparaissent, sort autour des articulations, soit dans l'épaisseur des tendons. De là leur division en deux groupes : les sésamoïdes péri-arliculaires (M les sésamo'ides intra-lendineux . Cette division, qui a ('té proposée par Gillette, n'est pas à l'abri de tout reproche, et si nous l'acceptons nous-mêmes c'est faute d'en avoir une meilleure. Comme nous le verrons tout à l'heure, en effet, il y a des sésamoïdes péri-articulaires qui présentent avec les tendons des connexions intimes; et. d'autre part, il existe au moins un sésamoïde intra-tendineux. la rotule, qui, par ses relations avec le genou, mériterait tout aussi bien de prendre ]jlace dans le groupe des sésamoïdes péri-articulaires. Ces réserves faites, voyons quelle est la situation, chez l'homme, des différents groupes de sésamoïdes.

A. SÉs.\MoÏDEs péri-auticul.vires. — Les sésamoïdes péri-articulaires, à la fois les plus nombreux et les plus importants, se développent sur les extrémit('s libres des membres. Nous les examinerons séparément <à la main et au pied :

1" Sésamoïdes de la main. — Les sésamo'ides péri-articulaires de la main sont tous situés sur la face palmaire (fig. 3o3), du côté de la flexion par conséquent. D'autre part, on les rencontre exclusivement, soitau niveau des articulations nu-tacarpo-phalangiennes, soit au niveau des articulations interphalangiennes. Ces petits os sont très variables par leur forme, par leur volume, par leur nombre. On en compte de 2 à 7 pour chaque main. Deux sont constants : ce sont ceux qui répondent à l'articulation métacarpo-phalangienne du pouce. Les autres, non constants, ne se montrent que sur certains sujets : ce sont, par ordre décroissant lie fréquence, ceux de l'articulation métacarpo-phalangienne de l'index et du petit doigt, celui de l'articulation interphalangienne du pouce, ceux des articulations miMacarpo-phalangiennes et interphalangiennes des autres doigts.

a. Les sésamoïdes méiacarpo-phalangiens du pouce sont toujours au nomiire ilo (l(Hix. l'un interne ou cubital, l'autre externe ou radial. Ils sont log('s. à l'état Irais, dans l'i-paissiuir du ligament glénoïdien et re](osent direcliMuent sur la face

OSTÉOLOGIE

Fig. 353.

La main droite, vue par sa face palmoire, avec les sésamoïdes (d'après Pfitzner).

palmaire de l'extro'mité phalangienne du premier métacarpien. — Du reste, chacun

d'eux nous présente deux faces : une face antérieure ou musculaire, qui donne insertion aux muscles thénar (vo}'. Myologie) ; une face postérieure ou articulaire, qui répond à l'articulation et qui, à cet effet, se trouve recouverte d'une mince couche de cartilage. — ■ Quoique conformés sur le même type, les deux sésamoïdes métacarpo-phalangiens du pouce se distinguent l'un de l'autre par les caractères suivant (fig. 354) : l'interne (1) est arrondi, l'externe (2) ovalaire à grand axe transversal ; l'interne mesure 7 à 8 millimètres de diamètre, l'externe 4 ou 5 millimètres seulement ; la face articulaire est plane ou légèrement convexe dans le premier, plus ou moins excavée dans le second . En raison de ces différences morphologiques, Gillette compare le sésamoïde interne au pisiforme, le sésamoïde externe au scaphoïde. b. ha sésamoïde inlerphalangien du pouce, allongé transversalenient, se trouve situé à la partie antérieure de l'articulation de la première phalange avec la seconde. Il est logé, comme le précédent, dans l'épaisseur de la lame fibreuse qui agrandit en avant la cavité articulaire de la phalangette. A l'état frais, deux petits ligaments, l'un interne, l'autre externe, le relient aux côtés de la phalange.

c. Les sésamoïdes métacarpo-phalangiens de l" index et du petit doigt se disposent, comme leur nom l'indique, au niveau des articulations métacarpo-phalangiennes du deuxième et du cinquième doigt, toujours du côté de la flexion. Il peut exister pour chacune de ces articulations, comme pour celle du pouce, deux os sésamoïdes distincts, l'un interne, l'autre externe ; mais cette disposition est excessivement rare. Le plus souvent, on n'en rencontre qu'un seul : l'observation démontre que, dans ce cas, le sésamoïde métacarpo-phalangien répond au côté antéro-interne de l'articulation pour le petit doigt, au côté antéro-externe pour l'index.

d. Les sésamoïdes métacarpo-phalangiens du médius et de V annulaire sont relativement fort rares. Déplus, il n'en existe jamais deux, du moins chez l'homme, pour la même articulation. Pfitzner a observé le sésamoïde externe du médius et le sésamoïde interne de l'annulaire. Il n'a jamais rencontré, sur les 388 mains qu'il a examinées, ni l'externe de l'annulaire, ni l'interne du médius.

e. Il peut se dévelojDper^ enfin, sur les quatre derniers doigts, des sésamoïdes inter-

Fig. 3.54.

Tète du métacarpien du pouce droit et appareil phalango-sésamoïdien :

l'articulation a été ouverte par la face dorsale et les surfaces articulaires écartées (d'après Gillette).

1, sésamoïde interne (pisiformc <hi pouce). — 2. sésamoïde ex- Lerne (scaphoïde du pouce). — 3, lêtc du métacarpien. — 4, surl'ace glénoïde de la phalange.

■5, ligament interosseux ou méfacarpo-sésamoïdien.

os SÉSAMOÏDES

phalangiens analogues à celui que nous avons décrit sur le pouce. Mais ils doivent être excessivement rares : Pfitzner n'en a observé qu'un seul, situé sur l'index.

2" Sésamoïdes du pied. — Les sésamoïdes du pied présentent, dans leur disposition, la plus grande analogie avec ceux de la main. Ici encore, il convient de distinguer les sésamoïdes métatarso-plialangiens du gros orteil, les sésamoïdes métatarso-phalangiens du deuxième et du cinquième et, enfin, les sésamoïdes interphalangiens :

a. Les sésamoïdes métatarso-phalangiens du gros orteil sont constants et au nombre de deux, l'un interne. Fautif externe. Tous les deux, à l'état frais, sont situés dans l'épaisseur du fibro-cartilage glénoïdien et revêtent habituellement une forme ovalaire. Toutefois, l'externe est plutôt arrondi, l'interne plutôt allongé dans le sens antéro-postérieur. Le premier mesure, en moyenne, 9 millimètres de long sur 8 millimètres de large, le second 13 ou 14 millimètres sur 10. Chacun d'eux présente deux faces : une face inférieure, convexe et plus ou moins rugueuse, sur laquelle viennent s'insérer les muscles de i'éminence thénar (voy. Myolo(;ie) ; une face supérieure, concave, qui répond à l'articulation et qui, pour cette raison, est lisse, unie et encroûtée de cartilage diarthrodial. Cette face articulaire du sésamoïde nous présente à sa partie moyenne une crête mousse à direction antéro-postérieure et, de chaque côté de cette crête, deux facettes légèrement excavées et s'inclinant l'une vers l'autre : elles se moulent exactement, tant pour le sésamoïde externe que pour le sésamoïde interne, sur les deux rainures que nous avons précédemment décrites (p. 357) au niveau du premier métatarsien.

b. Le sésamoïde interphalangien du gros orteil présente la même disposition que celui du pouce : il est couché transversalement au-dessous de l'articulation de la première phalange avec la seconde. Pi'itzner a ubservé un sésamoïde analogue sur le deuxième orteil (3 fois sur 385 pieds).

c. Les sésamoïdes métatarso-phalangiens des deuxième et cinquième orteils

sont presque toujours uniques comme ceux qui leur correspondent à la main.

Ils sont à la fois moins fréquents et moins volumineux que ces derniers : mais ils

présentent la même disposition, je veux dire que celui du deuxième orteil est

interne par rapport à l'axe de l'orteil, tandis que celui du cinquième orteil est

externe. Los articulations métatarso-phalangiennes des troisième et quatrième

orteils, chez l'homme, n'ont jamais de sésamoïde.

Le sésamoïde iaterne du gros orteil jouissait autrefois de la singulière propriété, un peu oubliée aujourd'hui, de ne pas retourner en poussière, comme le font toutes les antres pièces du squelette. « Il n'est aucunement subject à corruption, écrivait Jacques Grévin en I5G9, ainsi qne le disent les sectateurs de la philosophie cachée, soustenants frivollement qu'il est conservé dans la terre jusques à ce qu'au temps de la résurrection il s'en élève un homme comme d'une graine. «

B. Sksamoïdes iNTR\-TENDrN'Er.\ . — • Lcs sésamoïdes qui se développent dans l'épaisseur des tendons sont encore beaucoup plus variables que les sésamoïdes péri-articulaircs.

Fig. 35.5.

Le pied gauche, vu par sa face plantaire, avec ses sésamo'ides (d'après Pfitznfr).

de l'extrémité phalangienne

OSTÉOLOGIE

a. Sm- le membre supérieur, il n'en existe pas à l'état normal. Certains anatomistes ont bien cm devoir ranger l'os pisiforme au nombre des sésamoïdes ; mais nous avons déjà vu, en étudiant la main, qu'une pareille interprétation était erronée, et que le pisiforme devait être considéré comme un os du carpe. Anormalement, on a observé des sésamoïdes dans le tendon du deuxième radial externe el dans le tendon du triceps brachial.

b. Sur le membre inférieur, les sésamoïdes sont beaucoup plus nombreux. Nous avons d'abord la rotule, développée dans l'épaisseur du quadriceps crural, qui est constante et qui est le type des formations sésamoïdes. Nous rencontrons ensuite, avec une fréquence variable pour chacun d'eux, les sésamoïdes du jumeau externe, du jambier postérieur et du long péronier latéral. Le sésamoïde décrit par quelques auteurs dans le tendon du jambier antérieur n'existe pas. Nous aurons naturellomonl à revenir sur les sésamoïdes intra-tendineux en étudiant, dans la Myologie, les muscles auxquels ils appartiennent.

2" Conformation intérieure. — Les sésamoïdes, qu'ils soient péri-articulaires ou intra-tendineux, se composent toujours d'une inasse centrale de tissu spongieux ou aréolaire, ordinairement très serré, qui se trouve emprisonnée dans une mince coque de tissu compacte. Ils présentent, comme on le voit, tous les caractères des os courts. Les fines travées osseuses qui forment leur portion spongieuse se disposent parfois parallèlement les unes aux autres, ce qui donne à l'os, vu en coupe, un aspect fibrillaire. Quelques anatomistes en ont conclu que les sésamoïdes sont le produit d'une ossification du tissu lihreux : mais cette opinion n'est plus soutenable aujourd"luii on |ir('sence des faits emlrr^yologiques.

3" Développement. — Les sésamoïdes se développent de la même façon que les autres pièces du squelette. Comme ces dernières, ils sont primitivement constitués par de simples nodules cartilagineux. Puis, à une époque variable et encore mal connue, apparaît dans leur épaisseur un centre d'ossification, qui envahit peu à peu le tissu cartilagineux et luiit par le remplacer.

Les sésamoïdes cartilagineux se montrent de très bonne lieure sur le squelette primitif. Retterer, auquel nous devons une excellente étude sur ce sujet, les a rencontrés chez les ruminants et chez les solipèdes, alors que les cavités articulaires . voisines n'étaient pas encore formées. Chez un fœtus humain de 9 centimètres (de 4 à 5 mois), les deux sésamoïdes métacarpo-phalangiens du gros orteil existaient déjà sous la forme de deux nodules cartilagineux, présentant 480 [j. de hauteur sur 180 \i. d'éjîaisseur. Tout récemment (1894), Thilenius les a rencontrés, nettement différenciés, sur un embryon de 10 à 12 semaines.

Toutefois, s'ils apparaissent de bonne lieure, les sésamoïdes s'ossifient très tard, probablement de dix à vingt-cinq ans. Ils parcourent, du reste, comme l'a établi Retterrr, les mêmes pliases que les autres pièces du squelette. Ils deviennent

Fig. 356.

Tête du métatarsien du gros orteil droit et appareil phalango-s'ésamoïdien : l'articulation est ouverte du côté dorsal et les surfaces articulaires sont écartées (d'après Gillette).

1, si''samoï(:lc inlcrne. — 2, sésamoïde cxlerne. — .9, lêlc du niétalarsien. — i, surface glénoïde de la phalange. — S, liganicn( inlerosseiix ou niétatarsoplialangicn.

os SÉSAMOÏDES

.vasculaires en même temps on peu après que les vaisseaux ont pe'nétre' dans les extrémités cartilagineuses voisines et, d'autre part, chacun d'eux ne présente jamais qu'un seul point d'ossification. Ce point d'ossification apparaît à son centre et rayonne de là vers la périphérie.

Au fur et à mesure que le sujet avance en âge, les sésamoïdes perdent leur l'urme arrondie ; ils se creusent et s'élargissent ; leurs apophyses deviennent plus saillantes et ils présentent des rugosités qu'ils n'avaient pas dans la jeunesse (Gili.etïk).

4° Signification morphologique. — Nous ne possédons encore que des notions bien vagues sur la signification des sésamoïdes péri-articulaires et des sésamoïdes intra-tendineux. On trouve bien écrit çà et là, dans les diverses publications consacrées à ces osselets, qu'ils ont pour rôle « d'agrandir les articidations » autour desquelles ils se développent, qu'ils sont « destinés à protéger ces articulations », qu'ils « opèrent la transformation des mouvements » qu'ils servent de poulie à certains tendons^ » etc. Mais ces diverses assertions, outre qu'elles satisfont mal l'esprit, ne nous expliquent nullement : 1" pourquoi les sésamoïdes sont constants au niveau des articulations uK'tacarpo-phalangiennes du pouce et du gros orteil, inconstants ou même absents au niveau des articulations homonymes des autres doigts ; 2° pourquoi il existe un sésamoïde interphalangien sur le premier doigt et le premier orteil et pas sur les autres ; 3" pourquoi il y a une rotule au genou et "pas au coude ; 4° pourquoi le jambier postérieur et le long péronier latéral possèdent chacun un sésamoïde, tandis que le jambier antérieur et le court péronier n'en présentent jamais, etc., etc.

On a invoqué, pour expliquer le di'veluppement des sésamoïdes sur certains points, l'infhience des pressions et des frottements. — tl va sans dire qu'en proposant une pareille explication on ne saurait avoir en vue le développement ontogéniquc, je veux dire l'apparition des sésamoïdes chez l'individu : les sésamoïdes en effet, comme nous l'avons vu plus haut, sont déjà formés à un stade embryonnaire oii les mouvements n'existent pas encoi'e et où il ne saurait être question, pour les^régions qui en sont le siège, de pressions ou de frottements. — Mais, même en se plaçant sur le terrain phylogénique, il serait fort difticile d'établir que, là où se trouvent des sésamoïdes, les pressions sont plus fortes et les frottements plus fréquents (jue sur d'autres points où il n'en existe pas. — L'influence sexuelle est à peu près nulle : d'après les statistiques de Pfitzxei!, la fréquence des sésamoïdes chez l'homme est à peine supérieure à celle que nous présente la femme, la proportion étant dans le rapport de 28 à Tl . — 1^'influence ethnique n'est pas étudiée.

Une opinion courante, c'est que le développement des sésamoïdes est en rapport avec la constitution des sujets : « leur nombre, a écrit Gillette, est en raison directe de la force musculaire de l'individu ». Je ne sais sur quoi est basée un<; pareille assertion, mais les recherches récentes de Pfitzxeh ne lui sont nullement favorables : sur les individus qui présentaient de nombreux sésamoïdes, cet anatomiste n'en a rencontré que trois qui possédaient une constitution vigoureuse; la plupart présentaient une charpente osseuse grêle et appartenaient au sexç féminin. D'autre part, le même observateur nous apprend, confirmant en cela les conclusions d'^Euv, qu'il existe des sujets taillés en hercule, sur lesquels on rencontre à peine quelques traces des formations sésamoïdes.

Nous ajouterons que Thilexils [loc. cit.), à la suite de ses recherches sur les embryons, croit devoir considérer Içs sésamo'ides de l'homme, comme des forma-

OSÎÉOLOGIE

lions rudinientaires, héritées des mammifères chez lesquels ils existent en plus grand nombre et à un degré de développement beaucoup plus avancé.

Somme toute, la signification morphologiqne des os sésamoïdes péri-articulaires et intra-tendineux est encore fort obscure. Elle restera telle jusqu'au jour où des études nombreuses et raisonnées d'anatomie comparée nous auront entièrement fixés sur les dispositions variables qu'ils présentent dans la série animale et sur les relations morphogéniques qui existent entre ces variations et les conditions mécaniques de la locomotion.

A consulter, au sujet des os sésamoïdes : Gillette, Des os sésamoicles chez Vhomme, Journ. de TAnatomie, 1872 ; — ^^Iby, Die Sesambeine der menschlichen Hand, Arch. f. anat. Physiol. u. wiss. Med., 1875 ; — Retterer, Contribution au développement du squelette des extrémités chez les mammifères, Journ. de FAnat. et de la Physiol., 1884 ; — Pfitzner, Die Sesambeine des menschl. Korpers, in Morpholog. Arbeiten von Schwalbe, 1880; — Thilenius, Die metacarpo-phalangeal Sesambeine der menschl. Embryonen, Anat. Anzeiger, J89i; — Du méwe, Zur Entwic/cel. der Sesambeine der menschl. Hand, Morphoi. Arb., 1895.

ARTICLE IV

DÉVELOPPEMENT GÉNÉRAL ET liOMOLOGIE DES MEMBRES

Nous examinei'ons tout d'abord, dans ce dernier article, le développement général des membres et établirons ensuite les homologies qui unissent les membres supérieurs aux membres inférieurs.

§ L — Dkveloi'pemkxt giLxéral des membres, anomalies

Les membres apparaissent, sur les côtés du tronc, vers la fin de la troisième semaine ou au commencement de la quatrième, alors que la gouttière intestinale est close et que l'évolution de la tête est déjà très avancée. Leur origine embryonnaire sur la crête de Wolff, ainsi que les phases diverses qu'ils parcourent pour arriver à leur complet développement, seront exposées plus tard (voy. Embryologie). Nous ne devons nous occuper ici que de leur squelette et, par conséquent, de leur ossification. D'autre part, comme cette ossification a été déjà étudiée en détail, à propos de clîacun des os qui entrent dans la constitution des membres, nous nous contenterons ici, pour ne pas tomber dans des redites invitiles, de résumer sous forme de tableaux synthétiques les notions éparses dans les deux articles qui précèdent.

1° Nombre des points d'ossification. — Nous indiquerons dans Je premier tableau le nombre des points d'ossification, points primitifs et points secondaires, aux dépens desquels se développe chacun des os des membres.

Nombre des points d' ossification pour chaque os des membres :

' total

FOINTS

secoDilaires

POINTS

priiïlitirs

memrre supérieur

iMEJlBRE INFÉRIEUR

POINTS

primitif!!

POINTS

secondaires

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