‹ Traité d'anatomie humaine (volume 5)Chapitre 67 sur 176 · sa l'atx supérieure · texte numérisé non relu

sa l'atx supérieure

propre du gros urli'il. Des ilciix li-vrcs qui ci rcuriscrivciiL celte goullière, l'extei'iio est ordinairement plus accusée et plus saillante que l'interne; sur elle viennent s'attacher le ligament péronéo-asti'agalien postérieur de l'articulation du cou-de-pied et le ligament postérieur de l'articidation astragalo-calcon('enne (voy. Aktiikologiiî).

Connexions. — L'astragale s'articule avec quatre os : 1" en liant et en dedans, avec le liina; 2' en dehors, avec le péroné: 3' en bas, avec le calcanéuni; 'i" en avant, avec le scaplioïde. 5

Variétés, os trigonum, — On vencontre quelquefois à la partie postérieure de l'aslragale, sur le rebord externe de la gouttière du tléchisseur propre du gros orteil, un osselet indépendant réuni par une suture au reste de l'astragale. Cet osselet, signalé dès 1804 par Ghuiieh, rencontré de nouveau quelques années plus tard par Stied.a, par Siieimieiui et par Ai.inîECiri', a été particulièi'enient bien étudiée, en 1883, par Bau- DEi.EiîEN {Das Inlermcdunii larsi heiin Menschen, Sitz. d. Jenaischen Gesellschaft f. Medicin. l" mars . qui lui a donné le norn (ïos /rir/oinan Tig, 33J,li.

I/os trigoiuim (le IJamuei.euen' se dévelojjpe aux dépens du cartilage embryonnaire de l'astragale et, sur les sujets porteurs de cette anomalie, le cartilage en question donne en réalité naissance à deux os distincts : un os antérieur, relativement volumineux, que l'on pourrait appeler l'astragale proprement dit: un os postérieur, beaucoup plus petit, qui n'est autre que le trigonum. Ce remplacement de nolrj astragale par deux pièces osseuses distinctes existe normalement chez un grand nombre de vertébrés inférieurs, notamment chez l'axolot {i.it/er-

médiaire I et inlermédiaire II). On le reucontrp encore très l'réc[uennnent chez les marsupiaux L'anomalie humaine est donc la reproduction d'une disposition f|ui est tvpif|ue dans la série ani maie et acciuiert ainsi toute la valeur des anomalies réveisives.

L'os trigonum, quand il existe à l'élat d'isolement, représente le pyramidal du carpe. Le reste de l'astragale on astragale proprement dit est riiomologiic du semi-lunaire.

2" Calcanéum. — l.o calcanéum est l'os le plus volumineux, du larse. dmit il constitue la partie posléro-inférieure : il esl si'paré des os de la jambe par l'astragale et repose directement sur le sol. .Allongé d'avant en arrière, a])lati li'ansversalement, il présente, comme l'os pri'cédeid . une forme irrégulièrement cul)ique et possède par conséquent six faces. Ces six faces ont la même oi'ienlation et portent le même nom que celles de l'astragale :

a. Face supérieure. — La face supérieure (tig. 334) diffère beaucoup d'aspect suivaid. qu'on la considère à sa partie antérieure ou à sa partie postérieure. — Dans ses deux tiers antérieui's. elle s'articule avec l'astragale. Aussi y renconli-ons-nous les mêmes éléments ostéologiques que sur la face inférieure de ce dernier os, à savoir : 1" une première facette. facette antéro -interne, allongée et concave d'avant en arrière, subdivisée parfois en deux facettes secondaires ; 2° une deuxième facette, facette postéroexlerne, convexe d'avant en arrière et plus large que la ])récédente ; 3" entr(> ces deux facettes, une gouttièix' oblique en avant et en dehors, la rainure calcanéenne, étroite à son origine, s'étalant à sa terminaison en une large surface quadrilatère, qui contribue à former le creux calcani'o-.istragalien. La rainure calcnnéenne. ainsi que la sur-

.\i\ATOMIE IIU.MA1MC. — T. I, 4'' lÎDlT. - 4i

Fi^

Galcanéunm,

face supérieure.

1, facello ai'liciilaii'c postéro-cxterne et 2, i'acetle arliculairc antéro-iatcnic pnur rasiragalc, — :î, ^ouUiL're rugueuse sfparant ces doux faccUes. — 4, l'acello articulaire antérieui'e pour leculjoïdc. — •5, tulicrcule calcajii''eu externe, séparant les deux goutlières des péroniers.

OSTÉOLOGIE

face rugueuse qui lui fait suite, donnent insertion au ligament interosseux de

l'articulation calcanéo-astragalienne. — ■ En arrière des deux facettes articulaires précitées, la face supérieure du calcanéum devient inégale et rugueuse. Arrondie transvei^salement, elle est concave d'avant en aiTière et répond à ce niveau à une masse cellulo-gi^aisseuse, qui sépare le tendon d'Achille de l'articulation tibio-tarsienne.

b. Face inférieure. — La face inférieure (fig. 335) est irrégulière et criblée de trous vasculaires dans toute son étendue. — Si nous la parcourons d'arrière en avant, nous rencontrons tout d'abord, à sa partie postérieure, deux saillies osseuses toujours très apparentes : ce sont les tubérosités interne et externe du calcanéum. L'interne, de beaucoup la plus volumineuse, donne insertion aux muscles court fléchisseur plantaire et adducteur du gros orteil. L'externe, plus petite, donne attache au muscle abducteur du petit orteil. — En avant de ces deux tubérosités, s'étale une surface rugueuse à peu près plane, striée longitudinalement et criblée de trous, pour l'insertion du grand ligament calcanéo-cuboïdien inférieur. — Cette surface se termine en avant par une troisième saillie osseuse, plus ou moins bien délimitée : c'est la tubérosité antérieure, sur laquelle s'insèrent encore les faisceaux pro-

Fig. 335.

Calcanéum, face inférieure.

1, tubérosité interne. — 2, tubérosité externe. — .3, petite apophyse, avec .T, gouttière pour le flécliisseur commun des orteils.

— 4, gouttière pour le fléchisseur propre du gros orteil. — 5, tubercule calcanéen externe, séparant les gouttières des péroniers latéraux.

— 6, facette articulaire pour le cuboïde.

fonds du ligament calcanéo-cuboïdien inféiieur

c. Face externe.

La face externe (fig. 336) répond à la peau. Nous y rencontrons, 57 à la réunion de son tiers antérieur

avec ses deux tiers postérieurs, un tubercule, plus ou moins développé suivant les sujets : c'est le tubercule externe du calcanéum.

— Au-dessus de ce tubercule se trouve une gouttière, oblique en bas et en avant, pour le passage du tendon du iTiuscle court péronier latéral. Au-dessous, existe une deuxième gouttière, de même direction, pour le tendon du long péronier latéral. Quant au tubercule lui-même, il donne insertion aux gaines fibreuses des deux muscles précités. — Au-dessus et en arrière dutubeixule externe que nous venons de décrire se voit assez fréquemment, mais pas toujours, une empreinte i^ugueuse destinée à l'insertion du ligament péronéo-calcanéen.

Fig. 336.

Calcanéum, face externe.

1, facette postéro-externe et 2, facette antéro-interne pour l'astragale. — 3, gouttière rugueuse qui les sépare. — 4, face postérieure. -- 5, tubercule externe, séparant la gouttière du long péronier latéra Ij, de la gouttière du court péronier 7. — 8, face antérieure.

os DU PIED

3 il

d. Face interne. — La face interne (fig. 337), fortement excavée, constitue une large gouttière^ obliquement dirigée en bas et en avant : c'est la gouHière calcanéenne

Fig. 337.

Calcaaéum, face interne.

I, facette posléro-extpriie et 2, facette aiitéro-intcnic pour l'astragale. — 3, gouttière rugueuse qui les sépare. — 4, [jetite apophyse du calcanéum. — 5, gouttière, située au-dessous pour le passage du fléchisseur pro|)re du gros orteil. — 5', autre gouttière située sur le bord libre du calcauéum et dans laquelle glisse le tendon du fléchisseur commun des orteils. — 6, grande apophyse du calcanéum. — 7, facette articulaire pour le cuboïdc. — 8, tubérosité interne du calcanéum.

interne, lieu de passage pour les muscles, vaisseaux et nerfs qui abandonnent la face postérieure de lajambe pour gagner la plante du pied. — Cette gouttière, limitée en arrière par la tubérosité intei'ne déjà connue, se trouve cii^conscrite en avant par une forte saillie qui se porte directement en dedans et que l'on désigne sous le nom de petite apophyse du calcanéum : c'est le sustentaculum tali des anciens anatomistes, ainsi appelé parce que sur lui repose la partie interne de l'asti'agale ou talus. — La base de la petite apophyse du calcanéum est parcourue, du côté de la gouttière calcanéenne, par une gouttière mousse et lisse,

destinée au tendon du fléchisseur propre du gros orteil. — Sur le bord libre de la petite apophyse du calcanéum, on voit une deuxième gouttière, dirigée en avant, en bas et en dedans, dans laquelle, à l'état frais, glisse le tendon du muscle fléchisseur commun des orteils (fig. 335, 3' et fig. 337, 5').

e. Face antérieure. — La face antérieure du calcanéum nous présente une facette articulaire, concave de haut en bas, convexe transversalement, s'adaptant exactement à la face postérieure du cuboïde. Elle est limitée en haut par une saillie mince et tranchante, qui la surplombe et qui a son importance dans l'amputation de Chopart. La facette articulaire de la face antérieure est supportée par une sorte de colonne osseuse (fig. 337^ 6), à laquelle on a donné le nom de grande apophyse du calcanéum.

f. Face postérieure. — La face postérieure (fig. 338), plus large en bas qu'en haut, forme la portion la plus reculée de la saillie du talon. — Sa moitié inférieure, rugueuse et confondue en partie avec les tubérosités de la face inférieure, donne insertion au tendon d'Achille. — Sa moitié supérieure est lisse. Sur elle s'étale une bourse séreuse qui la sépare de ce même tendon.

Connexions. — Le calcanéum s'articule avec deux os : 1" en haut, avec l'astragale, qui le sépare des os de la jambe ; 1° en avant, avec le cuboïde.

Insertions musculaires. — Le calcanéum donne insertion à huit muscles, savoir (fig. 339, A, B et C) : \° sur sa face postérieure, au plantaire grêle (2) et au triceps sural par l'intermédiaire

Fig. 338.

Calcanéum, l'ace postérieure.

I, I, surface rugueuse jiour le tendon d'Achille. — i, partie plus lisse séparée du tendon précité par une bourse séreuse. — jietite a|)opbyse du calcanéum, surmontant 4, la gouttière du fléchisseur propre du gros orteil. — 5, tubérosité interne de la face inférieure.

OSTÉOl.OGlE

l'ig. ;j39.

Calcanéuin avec les inseiiions musculaires. A, vue inférieure ; B, vue supérieure ; C, vue poslérieure. ^ouLticre du néchisscur du gros orteil. — 10, gouttière du long fléclli&seuiiPour I.

signiriratioii des autre il l'alinéa ci-dessus.

chifTrcs, rolatil' a

qui désignent dos muscles, se reporte V Insertions musculaires.)

du lendon d'Achille (I); 2» sur sa face supérieure, au pédieux i3); 4° sur sa face inférieure, au court fléchisseur commun des orteils (i), à raddiicteur du gros orteil (5), à l'abducteur du petit

orteil (6), au faisceau externe de l'accessoire du long fléchisseur commun (8) et quelquel'ois au .iambier ou tibial postérieur (7); 3° sur sa face interne, au faisceau interne de l'accessoire du long fléchisseur commun (8').

Variétés. — La facette antéro-interne de la face supérieure du calcanéum est souy , < '/ \ '■' ' / vent (40 p. 100) divisée en deux

J \^ Ir^- ■ y portions par une ligne trans-

^^-""'^ ^, \ / versale ivoy. Artiiroi.ogiei.

La même disposition s'observe aussi sur la facette correspondante de l'astragale.

— La tubérosité externe, provenant d'un point d'ossification spécial, peut, par défaut de soudure de ce pdiut, rester isolée et ressembler ainsi à un os sésamoïde (Ramb.-\ud et Renault). — Le tubercule externe du calcanéum fait défaut sur bien des sujets; par contre, il prend parfois un développement assez considérable pour mériter le nom à'apoplinse sous-malléolaire que lui a donné IIyrtl {Ueber die Trochlearfor/za/ze d. menscld. Knochen, in Denkscbr. d. kais. Akad., vol. XVIII), auquel cas il fait saillie sous la peau et peut même déterminer, à ce niveau, la formation de callosités. — On désigne en anthropologie, sous le nom de lalon, la portion du calcanémn située en arrière d'une ligne transversale qui réunirait l'une à l'autre les saillies maxima des deux malléoles. Très développée chez l'homme, la saillie du talon est à peine marquée chez les singes. On conçoit dès lors que le degré de saillie du talon puisse devenir un

caractère anthropologique d'une grande importance. L'étude de ces variations suivant les âges, les sexes et les races, fournirait assurément des conclusions fort intéressantes.

3° Cuboïde. — Loeulioïde (iig. 349) est siiuo' on avant (le la grande apophj'sedii calcanéum dont il prolonge la direction. Libre à sa partie exlerne. il répond en avant aux deux derniers métatarsiens, en dedans au scaphoïde etau troisième cunéiforme. Sa forme euboïdale, qui lui a valu son nom, nous pernu^tde lui considérer si. k faces :

a. Face supérieure. — La face supérieure fait partie du dos du pied. Elle regarde à la fois en haut et en dehors. Plane et irrégulière, elle est recouverte par des ligaments et par le muscle pédieux.

b. Face inférieure. — La face inférieure (fig. 340), la plus importante de toutes, nous présente à sa partie moyenne ou un peu en avant de cette partie moyenne, une forte saillie, tantôt ovalaire, tantôt cylindroïde, r]ui se dirige obliquement d'arrière en a\'ant et de dehors en tiedans : c'est la tubérosité ou crête du cuboïde. Cette saillie, qui donne insertion au ligament calcanéo-cuboïdien inférieur, divise la face inférieure de l'os en deux

parties d'aspect bien différent : 1° une partie postérieure, légèrement excavée et rugueuse^ pour des insertions ligamenteuses et musculaires ; 2° une partie antérieure, creusée en une sorte de gouttière^ la gouttière du cuboïde. laquelle, comme la

Fig. 340.

Cuboïde droit, vu par sa face inférieure.

1, faceUe articulaire pour le calcanéum . — 2, bord inférieure de la face antérieure. — .3, surface rugueuse, donnant insertion à l'abducteur oblique du gros orteil. — 4, tubérosité du cubo'i'de, avec 4', empreinte du sésamoi'de du tendon du long péronier laléral. — 5, autre insertion de l'abducteur oblique. — ti, insertion du court fléchisseur du gros orteil. — 7, insertion d'un faisceau inconstant du tibial postérieur.

os DU PIED 349

crête elle-même, se dirige obliquement eu avant et en dehors vers rextrémité postérieure du premier métatarsien ; à l'état frais, elle est recouverte et convertie en un canal complet par une expansion du ligament calcanéo-cuboïdien. Dans ce canal passe le tendon du long péronier latéral. On voit assez souvent sur le versant antérieur de la crête du cuboïde, au voisinage du bord externe du [''''•'• '"^'^^ empreinte ovalaire, qui répond au sésauujïde du ieudou di^ ce dernier ]iiuscle.

c. Face postérieure. — La face postérieure est occupée tout entière par une surface articulaire, destinée au calcanéLiui. Légèrement convexe dans le sens transversal, elle est, aucontraire, concave dans le sons vertical. De plus, elle a une forme Iriangulaire : sa base, curviligne, répond <à la face supérieui'e ou dorsale de l'os ; son sommet se prolonge en bas et en dedans en une saillie, souvent fort prononcée^ que l'on désigne sous le nom d'apophyse pyram idale du cubo'ide. »

d. Face antérieure. — La face antérieure, également articulaire, est divisée en deux facettes secondaires par une crête verticale mousse : la facette qui est en dedans répond à l'extrémité postérieure du qiialrièino mélatarsien; celle (jiii est en debors s'articule avec le cin(:[uième.

e. Face interne. — La face interne nous présente, à sa partie moyenne, une facette articulaire, plane et ovalaire, destinée à s'articuler avec le troisième cunéiforme ; en arrière d'elle, existe quelquefois une deuxième facette, toute petite, pour le scapboïde. Le reste de cette face présente de nombreuses rugosités pour des insertions ligamenteuses.

f. Face externe. — La faco oxtei-ne, située lo long du bord externe du pied, se trouve réduite aux dimensions d'un simple bord. On y voit une forte échancrure, qui n'est que le commencement de la gouttière du long péronier, déjà décrite sur la face inférieure.

Connexions. — Le cuboïde s'articule avec quatre os : I» en arrière, avec le calcanéum; 2° en dedans, avec le troisième cunéiforme ; 3» en avant, avec les quatrième et cinquième métatarsiens.

Insertions musculaires. — Cet os donne insertion à une expansion tendineuse du tibial postérieur, à l'abducteur oblique du gros orteil et, quelquefois, à des faisceaux du court fléchisseur du gros orteil i fig. .340,3 et •">) .

4° Scaphoïde. — lMac(' en dedans du cubo'ide, le long du bord interne du pied, le scapbo'ide s'articule en arrière avec la tête de l'astragale, en avant avec les trois cunéiformes. Aplati dans le sens antéropostérieur, convexe en avant, fortement excavé en arrière, il a <'té comparé à une nacelle dont le grand axe serait oblique en bas et en dedans, d'où le nom de scapbo'ide (de 'îxâcp-Q, barque, et îIôoç, forme) sous lequel on le désigne. On lui considère deux faces, deux bords et deux extrémités :

a. Faces. — Des deux faces, l'une regarde en avant, l'autre en arrière. — La face postérieure présente une cavité profonde et l'égulière, plus large que haute, segment de sphère ou d'ovo'i'de, destiné à s'articuler avec la tête aiTondie de l'astragale. — ■ La face antérieure (fig. 341), également articulaire, est divisée par deux crêtes mousses en trois facettes triangulaires, correspondant chacune à l'un des trois cunéiformes.

Fig. Ul.

Scapboïde, vu par sa face antérieure.

l, boi'd supérieui'. — Ijord itirérieur. — 3, côIl' oxtcnie, avec facclte articulaire pour le cuboïde. — 4, côLé interne. — I, 11, Ul, facettes articulaires pour les 1' '', 2" et 3' cunéil'ornics.

OSTÉOLOGIE

b. Bords. — Les deux bords se distinguent en supérieur et infe'rieur. — Le bord supérieur, incliné en bas et en dedans, fait partie de la face dorsale du tarse. — Le bord inférieur, qui lui est opposé, fait saillie à la face plantaire. L'un et l'autre sont rugueux et donnent insertion à des ligaments.

G. Extrémités. — Des deux extrémités du scaphoïde, l'une est externe, l'autfe interne. — Vextrémité externe, assez mal délimitée, réunit par une courbe non interrompue le bord supérieur et le bord inférieur. — L'extrémité interne (fig. 341,4), au contraire, constitue une forte saillie, qui se dirige en bas et en arrière : c'est le tubercule du scaphoïde, sur lequel vient s'attacher le tendon principal du jambier postérieur. On rencontre quelquefois sur le bord inférieur du scaphoïde, un peu au-dessous de l'extrémité externe, une petite facette articulaire pour le cuboïde (fig. 341,3).

Connexions. — Le scaphoïde s'articule avec cinq os : !<> en arrière, avec l'astragale; 2» en avant, avec les trois cunéiformes; 3° en dehors, avec le cuboïde (articulation non constante).

Insertions musculaires. — Il donne attache à un seul muscle, le jambier postérieur (fig. 348, .5).

5° Cunéiformes. — Les trois cunéiformes (lig. 345) sont enclavés à la manièi^e de coins entre le scaphoïde, le cuboïde et les quatre premiers métatai^siens. On les désigne sous les noms de premier, deuxième et troisième cunéiformes, en allant de dedans en dehors. On les distingue encore, en ne considérant que leurs dimensions, en grand, moyen et petit cunéiformes : le gr-and est le premier, le moyen est le troisième, le petit est le second ou celui du milieu.

A. Premier cunéiforme. — Le premier ou grand cunéiforme (fig. 345,o) occupe le bord interne du pied. Il a la forme d'un coin à base inférieure et à sommet supérieur. On lui considère, comme à un coin, quatre faces, une base et un sommet.

a. Faces. — Les quatre faces se distinguent, d'après leur situation, en postérieure, antérieure, interne et externe. — La face postérieure, triangulaire et concave, s'articule en totalité avec la facette interne de la face antérieure du scaphoïde.

— La face antérieure, également articulaire, répond à l'extrémité postérieure du premier métatarsien. Elle nous présente, à cet effet, une large surface articulaire, convexe et allongée de haut en bas, affectant plus ou moins la forme d'un croissant à concavité tournée en dehors (voy. Variétés, p. 353). — La face interne, rugueuse et inégale, plus ou moins excavée à sa partie moyenne, fait partie du bord interne du pied. On y remarque, à sa partie antérieure et inférieure, une empreinte circulaire, toujours très accusée, sur laquelle vient prendre insertion le muscle jambier antérieur (fig. 343, 1). ■ — La face externe nous présente en haut deux facettes articulaires : l'une en avant, toute petite, pour le deuxième métatarsien ; l'autre en arrière, beaucoup plus large, pour le deuxième cunéiforme. Au-dessous de ces deux facettes, la face externe de l'os est inégale et raboteuse pour l'insertion des ligaments interosseux.

b. Base. — La base du premier cunéiforme (/"ace inférieure de quelques auteurs) fait saillie à la plante du pied (fig. 347, 5). Large et inégale, elle donne attache à des ligaments et au tendon du jambier postérieur.

c. Sommet. — Le sommet, qui forme le tranchant du coin et que certains auteurs désignent encore sous le nom de bord supérieur, regarde la région dorsale du. pied. — Dans ses deux tiers postérieurs, où il répond au deuxième cunéiforme, il est mince, tranchant, obliquement dirigé d'arrière en avant et de dedans en dehors.

— Dans son tiers antérieur, où il s'articule avec le deuxième métatarsien, il est plus épais et franchement antéro-postérieur.

os DU PIED 3S1

Connexions. — Le premier cunéiforme s'articule avec quatre os : eu arrière, avec l'astragale; en dehors, avec le deuxième cunéiforme et le deuxième métatarsien; en avant, avec le premier métatarsien.

Insertions musculaires. — Il donne insertion à trois muscles (fig. 343, A) ; le janibier antérieur (1), le jambier postérieur (2) et le premier interosseux dorsal.

B. Deuxième cunéiforme. — Le deuxième ou petit cunéiforme (fig. 345,6) ressemble encore à un coin,, à base supe'rieure et à sommet inférieur. Comme le précédent, il nous présente quatre faces parfaitement distinctes, une base et un sommet :

a. Faces. — Les quatre faces se distinguent en antérieure, postérieure, interne et externe. — La face postérieure, triangulaire et légèrement concave, s'articule dans

Fig. 342.

Os de la deuxième rangée du tarse et métatarsiens, vus par leur face dorsale, avec les insertions musculaires.

1, H, m, IV, V, premier, deuxième, troisième, quatrième et cinquième métatarsiens. — 1, scaphoïde, avec ses trois facettes, antérieures 1', 1", 1"', pour le premier cunéiforme (2), pour le second cunéiforme (3) et pour le troisième cunéiforme (4). — 5, cuboïde.

a, a, insertions du premier intcrossoux dorsal sur le premier et le second métatarsiens. — a\ son insertion sur le premier cunéiforme. — 6, insertions du deuxième interosseux dorsal sur le deuxième et le troisième métatarsiens. — c, insertions du troisième interosseux dorsal sur les troisième et quatrième métatarsiens. — insertions du quatrième interosseux dorsal sur le cinquième métatarsien. — e, c', insertions du péronier antérieur. — insertions du court péronier latéral.

toute son étendue avec la facette moyenne du scaphoïde. — La face antérieure , également triangulaire, s'articule avec l'extrémité postérieure du deuxième métatarsien. — La face interne, articulée avec le premier cunéiforme, nous offre à cet effet : en arrière et en haut, une facette articulaire en forme d'équerre ; en bas et en avant, entre les deux branches de l'équerre, une surface rugueuse pour l'insertion de ligaments interosseux. — La face externe, articulée avec le troisième cunéi-

OSÏÉOLOGIE

forme, nous pi'ésente, de inéme, une facette articulaire en arrière et des rui^osités en avant,

b. Base. — La hasç (face sitpérieure de c[uelques auteurs) fait partie de la région dorsale du pied ; elle est .quadrilatère et rugueuse pour donner insertion à des ligaments.

c. Sommet. — Le sommet {bord inférieur de quelques auteurs), rectiligne, mince et presque trancliant, re'pond à la plante du pied.

Connexions. — Le deuxième cunéiforme s arlicule, comme le premier, avec quatre os : le scaphoïde en arrière, le deuxième métatarsien en avant, le premier cunéiforuTe en dedans et le troisième cunéiforme en dehors.

Insertions mnsculaires. — 11 donne insertion à une expansion du tendon du jambierou lihial postérieur (lig. 343,3).

C. Troisième cunéiforme. — Le troisième ou ino^-en cunéiforme (fig. 345,7) est exactement conformé sur le modèle précédent, dont il diffère toutefois par son volume qui est un peu plus considérable. Comme à ce dernier, on lui consitlèir quatre faces, une base et un soinmet :

a. Faces. ■ — Les quatre faces du troisième cunéiforme, orientées connue celles du second, prennent le même nom. — La face postérieure, plane et articidaire, répond à la facette externe ou troisième facette du scaphoïde. — La face antérieure^ plane et triangulaire, s'articule avec le troisième métatarsien. — La face interne nous présente deux facettes articulaires distinctes, l'une antérieure, l'autre postérieure, séparées l'une de l'autre par une surface excavée et rugueuse. La facette postérieure, allongée de haut en bas, répond à une facette semblable située sur le deuxième cunéiforme. La facette antérieure, beaucoup plus petile. très longue mais fort étroite, s'articule avec le deuxième métatarsien. — Sur la face externe, nous

rencontrons également deux facettes articulaires : une facette postérieure, plane et ovalaire, pour le cuboïde ; une facette antérieure, toute petite et non constante, pour le quatrième métatarsien. Entre ces deux facettes et au-dessous d'elles, s'étend une surface rugueuse destinée à donner insertion à des ligaments interosseux.

b. Base. — La base ou face supérieure, quadrangulaire et rugueuse, fait partie de la région dorsale du tarse.

c. Sommet. — Le sommet ou trancliant du coin fait saillie à la région plantaire. Il est arrondi, inégal et se dirige directement d'avant en ari'ière.

Connexions. — Le troisième cunéiforme s'articule avec six os : le scaphoïde, le deuxième cunéiforme, le cuboïde et les deuxième, troisième et cjuatrième métatarsiens.

Insertions musculaires. — Il donne attache à trois muscles (fig. 343, C) : le jambier postérieur (4), le coiu't fléchisseur du gros orteil (.">) et l'abducteur oblique du gros orteil (6).

6° Massif ossfiux du tarse. — Considéré dans son ensemble, le massif osseux du tarse peut être comparé à une voûte à concavité dirigée en bas. La face supérieure du tarse, en effet, est convexe d'avant en arrière, convexe aussi dans le sens transversal. La face inférieure, au contraire, est fortement Concave, comme il est facile de s'en rendre compte en faisant reposer un pied articulé sur un plan horizontat. — Comme à la région palmaire, nous voyons se développer ici une large gouttière antéro-postérieure. circonscrite de chaque côté par de puissantes saillies.

A B , fi

: ; '.Il 1

Fig. 343.

Les trois ciiniiforiiies, vus par leur l'ace inférieure, avec les inserlions musculaires.

A, B, C, face postérieure des premier, deuxième et troisième cunéiformes.

1, insertion du jiimbier antérieur sur le premier cunéiforme. — % 3, 4, insertions du j.Tmbier postérieur sur les preiriier, deuxième et troisième cunéil'ornies. — îi, insertion du court llécliisscur du ^rros orteil. — 6, insertion de l'abducteur oblique du gros orteil. — 7. facette de la lace externe du troisième eanéifurnie pour le cuboi'de.

os DU PIED

Cent dans cette gouttière, appelée gouUière du tarse, que viennent se loger et chercher protection une foule d'organes importants qui, sans elle, seraient forcément comprimés et gênés dans la station verticale et dans la marche. — Nous constatons enfin que, contrairement au carpe, le la)'se est beaucoup plus allongé dans le sens antéro-post('rieur (jue flans le sens transversal et que, relativement étroit en arrière, il s'élargit progressivement en se rapprochant du métatarse.

7° Conformation intérieure des os du tarse. — Les os du tarse appartiennent, comtne ceux du car|)(', à la classe des os courts. Ils sont conslilui's par du Lissu spongieux, ejnprisonné dans une mince enveloppe de tissu compacte. Les travées du tissu spogieux présentent dans l'astragale et le calcanéum une disposition remarquable, mise en lumière par les rechei'ches de Meyer {Die Archilectur d. Spongiosa, .\rch. f.

Anat. und Phys., 1867, t. XX.XIV, p.

615). — Dans l'astragale, les travées osseuses constituent deux groupes distincts, comme l'indique nettement la figure ci-contre : les unes se dirigent obliquement en bas et en avant, les autres se portent obliquement en bas et en arrière ; les unes et les autres s'entre-croisent à angle aigu au-dessous de la trochlée. • — Dans le calcanéum, il existe trois systèmes de travées : 1° des travées obliques en bas et en avant ; 2° des travées oldiques en Ijas et en arrière; 3° des travées antéro-pos- ^''S'^'i'e schématique, inontiant l' architecture de

. . 11 1 1 l'extrémité inférieure du tibia, de l'astragale et

terieures, croisant celles des deux autres calcauéum (d'après Mkvek) .

systèmes et formant un ensemble d.> ,^ ^^-^ ^^^,.^^„^|^ 3 calcanéum.

courbes à concavité dirigée en haut.

A la partie antérieure de l'os, ces trois systèmes ménagent un vide ou plus exactement une espèce de cavité médullaire.

Développement. — Le calcauéum se dévelo^jpe par deux points d'ossilicaliun : un point primitif, qui apparaît à la partie moyenne de l'os cartilagineux vers le quatrième ou le cinquième mois de la vie intra-utérine ; un point secondaire, qui ne se montre qu'après la naissance, à sept huit ou même dix ans. Ce dernier point constitue la siu-face postérieure du calcanéum, ainsi que les deux tubérosités de la face inférieure. Rambaud et Renault (Zoc. cit., p. 238) décrivent, en outre, un point spécial pour la tubérosité externe. Les points épiphysaires du calcanéum se soudent au point primitif de seize à vingt ans.

Chacun des autres os du tarse se développe par un point d'ossification spécial, dont l'apparition s'etTectue dans l'ordre suivant : le point osseux de l'astragale, dans les quatre derniers mois de la vie fœtale (6' mois d'après Rajibald et Renault, 9" mois d'après Sappev); le point osseux du cuboïde et du premier cunéiforme, dans la première année (pii suit la naissance ; celui du scaphoïde, de quatre à cinq ans ; ceux des deuxième et troisième cunéiformes, vers la même époque.

Variétés. • — Les pièces squelettiques qui entrent dans la constitution du tarse peuvent augmenter en nombre ou, au contraire se réduire. De là deux ordres d'anomalies, très ditférentes par leur signification morphologique :

a. Auf/inentalion numérique des os du tarse. — Le nombre des os du tarse peut augmenter à la suite de l'apparition d'une pièce osseuse surnuméraire ou du dédoublement de l'une des pièces normales. — Nous avons signalé plus haut, à propos de l'astragale (p. 3lù), l'apparition sur la partie postérieure de cet os d'un osselet surajouté, Vos trif/onum de Hardeleben : nous n'yrevien-

ANATO.MIE HUMAI.NE

T. I, i'" ÉDIT.

OSTÉOLOCIE

lirons pas ici. — Le premier cunéiforme est assez souvent divisé (2 l'ois sur 100) en deux pièces distinctes, l'une dorsale, l'autre plantaire. Déjà à l'état normal, comme l'ont fait remarquer Martsiann et Mordret, ou observe dans la plupart des cas, sur la face antérieure de cet os, soit -un léger étranglement de sa partie moyenne, soit un sillon transversal décomposant la face articulaire en ciuestion en deux facettes secondaires : c'est là bien certainement un premier degré du dédoublement de l'os. — On a observé, de même, le dédoublement du cuboïde (Clandin;. — CiiuDziNSKi a vu, dans un cas, le tubercule du scaphoïde complètement séparé du reste de l'os.

b. Réduction numérique des os du tarse. — Par contre, on peut observer une réduction numéricjue des pièces squelettiques du tarse par suite de la soudure de deux ou de plusieurs pièces voisines. C'est ainsi que I on.rencon-tre parfois la soudure du calcançuui avec le scapho'ide, de l'astragale avec le calcanéum, des trois cunéiformes entre eux ou avec le scaphoïde, etc. Les faits de cette nature sont même fort nombreux, four les expliquer, on à invoqué une influence pathologique et, à l'appui de cette thèse, on a fait intervenir ce fait que les synostoses en question sont d'autant plus fréquentes que les sujets sont plus avancés en âge. Une pareille interprétation est certainement exacte pour un grand nombre de cas. Mais elle ne saurait convenir à tous et il faudrait bien se garder de la généraliser. Nous rencontrons en efl'et, ces synostoses tarsiennes chez des sujets jeunes et sur des os c(ui ne présentent, ni en eux-mêmes,, ni dans leur voisinage immédiat, aucune trace d'un processus pathologique quelconque. Leboucq, du reste, a observé une soudure calcanéo-scapho'idienne et une soudure calcanéo-astragalienne chez deux fœtus humains du troisième mois, alors que les os du tarse sont encore cartilagineux.

Nous devons donc admetti'e, à côté des soudures pathologiques, des soudures non pathologiques ou congénitales, ces dernières relevant exclusivement d'une déviation locale du processus embryonnaire. 11 ne me parait pas irrationnel de considérer ces fusions congénitales de c[uelc[ues os du tarse comme des anomalies que j'appellerai éversives, je veux dire des dispositions morphologiques que nous sommes en train d'acquérir et qui sont la conséquence des modiûcations fonctionnelles que l'homme a fait subir à son pied en passant définitivement à l'attitude bipède. Nous ajouterons que ces transformations graduelles qui tendent à l'ankylose du pied sont puissamment favorisées aujourd'hui, dans nos races civilisées, par l'usage presque continuel des chaussures étroites, C(ui en emprisonnant les os du pied, en les tassant les uns contre les autres, immobilisent d'une façon plus ou moins complète les articulations qui les unissent : ces articulations deviennent peu à peu inutiles et, comme telles, tendent à disparaître.

B. — Métatarse

Les métatarse (fig. 342, 345 et 347) est formé par cinq os, appelés métatarsiens , qui se séparent de la deuxième rangée du tarse et se dirigent d'avant en arrière, pour servir de base à chacun des cinq orteils.

On désigne les métatarsiens sous les noms de l^ 2% 3% etc., en allant de dedans en dehors. Réunis et articulés entre eux à leur extrémité postérieure, ils sont séparés dans tout le reste de leur étendue par un espace ovalaire, connu sous le nom d'espace interosseux.

Comme les u^étacarpiens de la main, dont ils sont les homotypes, les cinq métatarsiens présentent : 1° des caractères généraux, qui conviennent à tous; 2° des caractères différenciels, qui conviennent à chacun d'eux en particulier et permettent ainsi de les déterminer.

1" Caractères généraux des métatarsiens. — Les métatarsiens appartiennent à la classe des os longs et nous présentent, comme tous les os longs, un corps et deux extrémités, que l'on distingue ici en postérieure et antérieure.

A. Corps. — Le corps décrit une courbe à concavité inférieure. Il est, en outre légèrement tordu sur son axe, de telle façon que sa surface supérietire tend à devenir interne au fur et à mesure qu'elle se rapproche de l'extrémité digitale de l'os. Prismatique et triangulaire, il offre à considérer trois faces et trois bords :

a. Faces. — Des trois faces, l'une est supérieure et fait partie de la région dorsale du pied. Les deux autres sont latérales, interne et externe, et circonscrivent les espaces interosseux.

b. Bords. — Des trois bords, l'un, inférieur, répond à la plante du pied. Les deux autres, latéraux, se distinguent en interne et externe.

os DU PIED

B. Extrémité postérieure. — Envisagée dans son ensemble,, l'extrémité postérieure ou tarsienne (extrémité proxiniale) ressemble assez nettement à un coin, dont la base, quadrangulaire, fait partie de la face dorsale du pied et dont le sommet, toujours plus étroit, est dirigé vers la région plantaire ou, si l'on veut, vers le sol. Elle nous présente, d'une façon générale, cinq facettes, dont ti:ois articulaires et deux non articulaires :

a. Facettes non articulaires — Des deux facettes non articulaires, l'une supé-

t, calcanéuin. — 2, astragale. — 3, scaphoïde. — 4, cuboïde. — 5. premier cunéiforme. — 6, T.' déuxièiiic ot troisième cunéiformes. — I, II, III, IV. V. les cinq métatarsiens. — S, première phalange et (i, deuxième phalange du gros orteil. — 10, première phalange, 11, deusièrao phalange et 12, troisième phalange des orteils.

Fig. 3i6. — Le même, avec les insertions musculaires.

1, tendon d'Achille. — 2, pédieiix, avec 2', son insertion à la phalange du gros orteil, sur laquelle s'attache également le tendon surnuméraire de l'extenseur propre du gros orteil. — 3. court péronier latéral. — 4, péronier antérieur, avec 4', insertion (non constante) du péronier antérieur au quatrième métatarsien. — o, long extenseur du gros orteil. — ij, 6', extenseur commun des orteils. — 7, 7 . premier interosseux dorsal. — 8. 8', deuxième interosseux dorsal. — fi, 9', troisième interosseux dorsal. — lo. 10'. quatrième interosseux dorsal.

rieurs^ répond à la région dorsale du pied ; l'autre, inférieure et moins large, fait saillie à la région plantaire. L'une et l'autre donnent insertion à des ligaments.

b. Facettes articulaires. — Les trois facettes articulaires se distinguent en facette postérieure et facettes latérales. — La facette postérieure a une forme plus ou moins triangulaire ; elle est articulaire dans toute son étendue et répond au bord antérieur

OSÏKOLOGIE

du tarse. — Les facettes latérales, articulées avec les métatarsiens voisins et parfois; aussi avec certains os du tarse, présentent, à cet effet, une ou plusieurs facettes articulaires disposées en haut et, au-dessous d'elles, des rugosités pour des insertions ligamenteuses.

C. Extrémité antéiueure. — L'extrémité antérieure ou digitale (extrémité distale) revêt la forme d'une tète articulaire aplatie dans le sens transversal : c'est un

De 1 à 12, même légende que dans la figure 34.t. — 13, gouUièi-o du ciiboïde pour le long péronier latéral. 14, os sésamoïde interne, et 1.?. o? sésamoïdc externe de l'arliculalion niétatarso-plialangiennc du gros orteil.

Fie. 348. — Le même, avec les insertions musculaires.

1, adducteur du gros orleil. — 1', son inserlion à la première phalange, commune à l'adducteur cl au court llrcliisscur (faisceau interne) du gros orteil. — 2, 2', court fléchisseur commun des orteils. — 3, abducleur du petit orteil. — 4, 4', accessoire du long fléchisseur commun. — 5, jambier postérieur. — 6, jambier antérieur. — 7, court fléchisseur du gros orteil. — 8, abducteur oblique du gros orteil. — 8', son insertion piialangienne par un tendon commun avec l'abducteur transverse et le court Aîchisseur du gros orteil. — 0, long péronier latéral. — 10. long fléchisseur commun. — 11, 11, court fL'chisseur (faisceau externe) et adducteur du petit orleil. — 12, long fléchisseur du gros orleil. — 13, 14, 15, premier, deuxième et troisième interosseux plantaires. — 16, opposant du pelit orteil.

vrai condyle, s' étendant un peu plus loin du côté de la région plantaire que du côté de la région dorsale. — En haid, la surface articulaire est limitée par une rainure transversale. — En bas, elle se prolonge en une sorte de gros tubercule, échancré a son milieu pour le passage des tendnns fléchisseurs. — Sur les côtés, le con-

OS DÏI PIED 357

dy\e nous présente une fossette riii^iieuse et, en an-ière d'elle, ini lul)erciil(' poiif l'insertion des ligaments latf'ranx de l'artienlation niétatarso-plialangienne.

2° Caractères différentiels des métatarsiens. — f^i^s métatarsiens dirrciciil beaucoup entre eux par leur volume et leur longiu'nr. A ce point de viii', le premier est de beaucoup le plus court, mais il est aussi le plus volumineux. N ient ensnite le cinquième, qui est à la fois plus court et moins volumineux que cliacun des métatarsiens du milieu. Des trois nnUatarsiens qui restent, le second l'st le |)lus long; le troisième déborde le quatrième en avani, mais il est débonb' par lui en arrière, de telle sorte qu'ils sont à peu près égaux en longueur. Nous pourrions, dès lors, arriver à déterminer les divers métatarsiens d'un mèuu' pied en les comparant seulement au point de vue de leurs dimensions. Mais une telle base d'appréciation serait manifestement insuffisante, si on avait sous les yeux plu-

Pied dreit, vu par son tiord interne.

i. calcanéuni. — 2, astragale. — 3, scaplioïdc. avec 3', son liibciiculc pour le jambier postérieur. — 4, prcniior cunéirorme, avec 4', sa facette d'insertion pour le jambier antérieur. — 'j, deuxième cunéiforme. — fi, première plialange et 7, deuxième phalange du gros orteil. — 1. premier niélalarsien. a\'ec n . insertion du jamttier anlérieur. — 11. deuxième mélatarsien.

sieurs séries tie métatarsiens, a ppa l'tenant à <les sujets de taille et d'jige dil'lei-ents. Il faut s'adresser, dans ce cas, aux caractères ])urement niorpb(il(igi(jues et lout particulièrement à la configuration de l'extrémité proximale ou larsienne.

A. PKKMiiiii MKTATARSiEx. — L' extrémité poHtérieure du ])reiiiier m(''talar»;ieii nous présente tout d'abord, pour le premier cunéiforme, ime facette articulaire en forme de croissant, dont la concavité serait dirigée en (l(diors. En avant et au-dessus d'elle, sur le coté externe de cette extrémité, existe souvent une toute petite facette destinée à s'articuler avec le deuxième métatarsien. En bas et en deliors. l'extrémité tarsienne du premier m('tatarsien se prolonge en une apophyse plus ou moins développée, Vapophyse du premier métatarsien, destinée à l'insertion du tendon du long péronier latéral ; à la place de cette apophyse, il n'existe parfois qu'une simple empreinte rugueuse. — L'extrémité antérieure du premier métatarsien se distingue de l'extrémité homologue de tous les autres par sa forme quadrilatère et ses grandes dimensions. Elle nous présenti', en (uitte. du cùti- de la région plantaire, deux rainures antéro-postérieures, à fond liss" et uni, séparées l'une de l'autre par une crête mousse plus ou moins saillante. Ces deux rainures répondent aux deux os sésamoïdes (fig. 347. 14 et 15) de railiculation métatarso-plialangienne du gros orteil (voy. plus loin p. 363).

Connexions. — Le premier métatarsien s'articule avec trois os : en arrière, avec le premier cunéiforme; en arrière et en deiiors, avec le deuxième métatarsien; en avant, avec la première phalange du gros orteil.

OSTÉOLOGIE

Insertions musculaires. — H donne insertion (voy. fig. 346 et o48) à trois muscles : le jauibier antérieur, le long péronier latéral et le premier interosseux dorsal.

B. Deuxième mét.viaksiex. — L'extrémité postérieure du deuxième métatarsien, la seule que nous examinerons, nous présente, en arrière, une facette articulaire, triangulaire et légèrement concave, répondant au deuxième cunéiforme. — Su7^ le côté interne de cette extrémité, se voit une première facette pour le premier cunéiforme et, en avant de celle-ci, une seconde facette, non constante, pour le premier métatarsien. — Sur le côté externe, nous trouvons tout d'abord une gouttière rugueuse, dirigée d'arrière en avant et séparant l'une de l'autre deux facettes articulaires : l'une supérieure, l'autre inférieure. Ces deux facettes se trouvent ellesmêmes subdivisées par une crête verticale en deux facettes secondaires, de telle sorte que le deuxième métatarsien possède réellement en dehors quatre petites

Fig.- 350;

Pied droit, vu par son bord externe.

t, calcanfum. — 2, aslra^ale. — a, scaplioïdp . — 4. cuboïde. — ii. ti-oisième cuniMlormc. — 6, deusionie cuni'i forme.

. I, 11, III, IV c( V. les cinq m^ialarsicns.

facettes articulaires. Elles répondent : les deux postérieures au troisième cunéiforme, les deux antérieures au troisième métatarsien. ^

Connexions. — Le deuxième métatarsien s'articule avec six os : par son extrémité postérieure, avec les trois cunéiformes et avec les premier et troisième métatarsiens: par son extrémité antérieure, avec la première phalange du deuxième orteil.

Insertioiîs musculaires. — Quatre muscles s'insèrent sur cet os : 1" sur l'extrémité postérieure, le jambier aulérieur et l'abducteur obliciue du gros orteil; 2' sur le corps, les premiers et deuxième interosseux doi'saux.

C. TaoïsiÈMii jiiîT.vTAKsiEx. — Contcntons-nous d'examiner, comme pour le précédent, son extrémité tarsienne. Nous voyons : '[° en arrière , une facette triangulaire à base supérieure, articulaire dans toute son étendue, pour le troisième cunéiforme ; 2° en dedans, deux petites facettes articulaires, l'une supérieure, l'autre inférieure, répondant aux deux facettes similaires du deuxième métatarsien; 3° en dehors, une seule facette, plane et ovalaire, pour le quatrième métatarsien.

Connexions. — Le troisième métatarsien s'articule avec quatre os : en arrière, avec le troisième cunéiforme; en arrière et sur les côtés, avec les deuxième et quatrième métatarsiens; en avant, avec la première phalange du troisième orteil.

Insertions musculaires. — Il donne insertion à cinq muscles : 1" sur l'extrémité postérieure, au jambier postérieur et à l'abducteur oblique du gros orteil ; 2" sur le corps, au premier interosseux dorsal, au deuxième interosseux dorsal et au premier interosseux plantaire.

D. Quatrième mktatahsie.x. — L'extrémité postérieure du quatrième métatarsien, articulée avec le cuboïde, nous présente en arrière, pour cette articulation.

os DU PIED 350

une surface aiiicalaii'.% plaiii* ou légèrement cuncave, uvalain' ou ([uadrilatère,,

plutôt que triangulaire. — S^^r le coté interne île cette exlréinilé et le long de sa

face dorsale, se voient deux petites facettes, séparf-es Tune de l'autre par une crête

verticale : l'une, située en avant, s'articule avec le ti'uisiènie nu'tatarsien ; l'autre.

située en arrière, répond au troisième cunéiforme. — Sur le côté externe, nous ne

rencontrerons qu'une seule facette ; elle est dcsiini'c à s'unir avec une facette som-

l)lable du cinquième métatarsien.

Connexions. — Le quatrième métatarsien s'articule avec cinq os, savoir : par son extrémité postérieure, avec le cuboïde, ie troisième métatarsien, le cinquième métatarsien et, quelquefois, le troisième cunéiforme; par son extrémité antérieure, avec la première phalange ilu cpialrième orteil.

Insertions musculaires. — Il donne attaclie, comme le précédeni, à cinq muscles : 1" sur Ve.v- Irémilé postérieure, au jambier postérieur et à l'abducteur oblique du gros orteil: 2" sur le corps, au troisième interossenx dorsal, au quatrième interosseux dorsal et au deuxième interosseux plantaire.

E. Cinquième iMÉT.\TAiisiii.\. — Q: métatarsien ne nous [irésente. du caAv du larse, que deux facettes articulaires : l'une, située en arrière, revêt la forme d'un triangle à base interne et à sommet dirigé en deliors, elle répond au cuboïde; l'autre, située en dedans, s'articule avec le métatarsien précédent. — L'extrémité postérieure du cinquième métatarsien se prolonge en arrière et en deliors en une puissante apophyse, Vapophyae du cinquième métatarsien, sur laquelle vient s'insérer le tendon du court péroniei' latéral. J'ai vu, dans un cas, cette apophyse complètement séparée du reste de Tos.

Connexions. — Le cinquième métatarsien s'articule avec lr(5is os seulement : en arrière et en haut, avec le cubo'ide; en arrière et en dedans, avec le quatrième métatarsien: en avant, avec la première phalange du cinquième orteil.

Insertions musculaires. — Sept muscles prennent attache sur le cinquième métatarsien, savoir : 1° sur la base, le court ])éronier latéral, le péronier antérieur, l'adducteur du cinquième orteil et le court iléchisseur du cinquième orteil; l» sur le corps, le quatrième interosseux dorsal, le troisième interosseux plantaire et l'opposant du petit orteil.

F. RÉ.-iUAiÉ. — Il résulte de la description succincte qui précède que les caractères dilférentiels, à l'aide desquels nous pouvons toujours reconnaître chacun des os du métatarse, appartiennent, ici comme à la main, à la morpliolugie de l'extrémité postérieure et tout particulièrement au nombre et à la disposition des facettes articulaires latérales. Nous ri'sunions comme suit ces caractères différentiels :

INDIQUANT I.KS i ; .\ K A C T È li II S D I F K li H E iN TI lO I, S Ui:S CINlJ M É T A T A n S I E N S

,„ ,T I r ,1 ? I - I \ ")■ Située en dehors, non constante . . 1"' Métatarsien.

1° Une seule facette latérale. , , , , c« ht-.l i.

' / Ij). Située en dedans, constante .... 5<^ Métatarsien.

a). Superposées dans le sens vertical,

l'une supérieure, l'aulre inférieure, sè- ' 3"= Métatarsien. 2" Tj'ois facettes latérales, dont deux \ parées par une gouttière. )

situées en dedans. \ 6;. Superposées dans le sens aiitéro-pos- \

térieur, l'une antérieure, l'autre posté- 4° Métatarsien, rienre, contiguë.s. ^

3" Six facettes latérales, quatre eu dehors, deux en dedans 2' Métatarsien.

3° Conformation intérieure des métatarsiens. — l^os métatarsiens présentent

la texture caractéristique des os longs : le corps, constitué par du tissu conqîacte,

est creusé d'un canal médullaire fort variable dans ses dimensions ; les extrémités

sont formées par du tissu spongieux.

Trous nourriciers des métatarsiens. — Les conduits nourriciers des métatarsiens présentent dans leur disposition les plus grandes analogies avec ceux des métacarpiens (voy. p. 288

OSTÉOLOGIE

ils occupent le tiers moyen de l'os, s'ouvrent dans la grande majorité des cas (96 p. 100) sur l'une des deux faces plantaires et se dirigent obliquement vers l'extrémité distale pour le premier

métatarsien, vers l'extrémité proximale pour les quatre autres. — Sur 10 pieds que nous avons examinés à ce sujet, M. SuiAUD et moi (50 métatarsiens par conséquent), le trou nourricier manquait une seule fois, sur le troisième métatarsien du pied droit ; deux fois il s'ouvrait à la face dorsale de l'os, sur le quatrième métatarsien du pied gauche et du pied droit d'un même sujet; sur tous les autres métatarsiens, ils occupaient l'une des deux faces plantaires. — Pour le premier métatarsien, nous l'avons toujours rencontré près du bord externe ou péronier. — Pour le deuxième métatarsien, nous l'avons trouvé 6 fois près du bord péronier et 2 fois près du bord tibial. — Pour le troisième métatarsien, 6 fois près du bord péronier, 3 fois près du bord tibial et 1 fois à égale distance des deux bords. — Pour le quatrième métatarsien, 6 fois prés du bord tibial et 3 fois près du bord péronier. — Pour le cinquième métatarsien, 9 fois près du bord tibial, 1 fois seulement près du bord péronier. — Nous pouvons donc établir en principe que le conduit nourricier des métatarsiens est placé : I" près du bord péronier, pour le premier métatarsien ; 2" près du bord tibial, pour les deux derniers : 3" tantôt sur le bord tibial, tantôt sur le bord péronier, pour les deuxième et troisième.

Développement. — Le développement des métatarsiens rappelle de tous points celui de leurs homologues, les métacarpiens. Chacun d'eux possède deux points d'ossificalion : un poinl d'ossification primitif, qui apparaît dans le troisième mois de la vie intra-utérine et aux dépens duquel se formeront le corps et l'extrémité tarsienne; un point d'ossification seconda'ire, pour l'extrémité antérieure. Ce dernier ne se montre qu'après la naissance, de deux à quatre ans, et se soude au point primitif de seize à dixhuit ans.

Par une exception l'emarquable, que nous avons déjà constatée à la main et qui se répète ici, le point épiphysaire du premier métatarsien est destiné, non pas à l'extrémité digitale, mais à l'extrémité tarsienne ; aussi certains anatomistes ont-ils considéré le premier métatarsien connue une phalange.

Un caractère distinctif de premier ordre du pied d'un grand nombre de singes est la brièveté du gros orteil par rapport aux autres doigts. Tandis que chez l'homme le gros orteil mesure la moitié de la longueur totale du pied (Huxley), le gros orteil de l'orang n'atteint pas le quart de cette longueur. Des recherches fort intéressantes de Leboucq (Le développetnenl du premiev métatarsien et

l)i;velo|)i)emeiit des os du pied (scluinuttli/iii.' j.

1, poiut primitif du calcanéuin, avec : 1', point accessoire de Tépipliyse ; 1", point aorossoire de la tubérosité externe. — 2, point primitif de t'astrafiale. — 3, 3, les deux points pi'imitifs du scaphoïde.

— -V, Jj, 6, points priuiilifs des trois cunéiformes.

— 7, point prindlif du cuboïde. a, point primitif du premier métatarsien, avec

a\ son point complémentaire. — 6, ù, points primitifs des quati'e derniers métatarsiens, avec b, h\ leurs points complémentaires, — c, c, points primitifs des phalanires. avec e', c', leurs points complémentaires. — d, d, points primitifs des plialangines, avec d\ d', leui-s points complémentaires.

— c, e, points primitifs des phalangettes, avec i;\ e% leurs points complémentaires.

de son articulation tarsienne chez Vliomnie, in Ann. de la Soc. de méd. de Gand, 1883) sont venues démontrer qu'une telle disproportion entre la disposition humaine et la disposition simienne, s'atténue, comme tant d'autres du reste, au fur et à mesure qu'on remonte vers les premières phases du développement embryonnaire. En ell'et, chez l'oraug, le rapport du deuxième métatarsien au premier, ce premier étant I, est de 2,140 en moyenne; il est de 1,500 chez le gorille, de 1,235 chez le chimpanzé, de 1,323 chez le gibbon. Chez l'homme adulte, ce même rapport est de 1,178 en moyenne. Or, il atteint 1,215 chez l'enfant de un à quatorze ans, 1,294 chez le fœtus de six mois et 1,530 chez l'embryon de trois à quatre mois ; il était de 1 ,593 chez un embryon de deux à trois mois. Ce dernier rapport est, comme on le voit, plus fort que chez certains singes, le gibbon par exemple.

Placés en avant tles métatarsiens dont ils continuent la direction, les orteils ou doigts de pied (flg. 345 et 347) sont au nombre de cinq, désignés sous les noms de l'^'", 2^ 3^ 4'' et S*" orteils, en allant de dedans en dehors. Le premier et le cin-

os DU PIED

quième sont également appele's gros orteil et petit orteil. Chacun des orteils est constitué par trois pièces osseuses ou phalanges superposées dans le sens antéropostérieur. On les distingue, comme à la main, en première, deuxième et troisième phalanges en allant d'arrière en avant. On les désigne encore sous les noms de phalange, phalangine et phalangette. Comme sur le membre thoracique, le gros orteil, homologue du pouce, ne possède que deux phalanges, la première et la troisième ; la deuxième lui fait défaut.

1" Caractères généraux des phalanges. — I^es phalanges des orteils (Tig. 352) sont conformées sur le même type (]ue celles de la main et nous ne saurions nous

Fig. 352.

Le second orteil désarticulé, vu : A, par sa face inférieure ou plantaire ; B, par sa face supérieure ou dorsale ; C, latéralement.

I, phalange. — II, iihalaiigine. — III, plialaiigeUc.

I, cavité gléiioïde de la phalange. — 2, tubérosilés de la lèle. — 3, troclilée, avec 3', enipieiiite d iiLscrtion des ligaments latéraux. — 4,4, crêtes d'insertion de la gaine des fléchisseurs. — 5, double cavité glénoïde ou glcne de la phalangine. — B, trochlée, avec U', empreinte d'insertion des ligaments latéraux . — 7, crête d'insertion du lléchisseur superficiel. — 8, double glène de la phalangette. — 9, rugosités pour l'insertion du fléchisseur profond. — 9', rugosités pour l'extenseur. — 10, extrémité libre de la phalangette.

étendre longtemps sur elles sans tomber dans des redites inutiles. Nous renvoyons donc le lecteur à nos descriptions précédentes (p. 289).

Nous nous contenterons de rappeler ici que les phalanges des orteils sont beaucoup moins développées et en particulier beaucoup moins longues : ce sont les phalanges de la main frappées d'atrophie. Le rôle si réduit des phalanges du pied dans la locomotion nous explique suffisamment cette déchéance organique, que l'usage des chaussures exagère, du reste, tous les jours.

2° Caractères particuliers des phalanges. — Comme à la main, les premières, deuxièmes et troisièmes phalanges se distinguent les unes des autres par des caractères nettement tranchés :

a. Premières phalanges. — Les premières phalanges (fig. 352,1) nous présen-

AiNAïOMlE HUMAINE. — ï. I, 4"= ÉDIT. 46

OSTÉOLOGIE

tent un corps très grêle, et ce corps, au lieu d'être aplati de haut en bas. comme nous l'avons vu à la main, est cylindrique ou aplati dans le sens transversal.

b. Deuxièmes phalanges. — ■ Les deuxièmes phalanges (Tig. 35:2,11), plus réduites encore que les précédentes, n'ont plus, dans bien des cas, qu'un corps purement théorique, constituées qu'elles sont par leurs deux extrémités adossées.

c. Troisièmes phalanges. — Quant aux troisièmes phalanges (fig. 3S2,1II), elles sont tout aussi atténuées et se terminent, comme à la main, par une demi-couronne, qui sert de base à la pulpe de l'orteil et à l'ongle. Le bord latéral de la phalangette présente une échancrure profonde, souvent convertie en trou, pour le passage de quelques lilets vasculaires et nerveux.

2' Conformation intérieure des phalanges. — Les phalanges des orteils sont des os longs en miniature, pour employer l'expression pittoresque de Hyrtl, et sont conformées comme les os longs : tissu compacte sur le corps, tissu spongieux sur les extrémités.

Insertions musculaires. — Sur les phalanges des orteils viennent prendre attache des muscles fort nombreux. Nous envisagerons successivement ces insertions sur la première phalange, sur la phalangine et sur la phalangette (voy. fig. 346 et 348) :

A. Première phalange. — Sur la première phalange viennent s'insérer : 1" poup le gros orteil, quatre muscles : le pédieux, le tendon commun à l'adducteur et au court fléchisseur (faisceau interne) du gros orteil, le tendon commun à l'abducteur et au court fléchisseur (faisceau externe du gros orteil ; 2° pour le deuxième orteil, trois muscles : le premier interosseux dorsal, le deuxième interosseux dorsal et le premier lombrical ; 3° pour le troisième orteil, trois muscles également ; le troisième interosseux dorsal, le premier interosseux plantaire et le deuxième lombrical ; i" pour le quatrième orteil, encore trois muscles : le quatrième interosseux dorsal, le deuxième interosseux plantaire et le troisième lombrical; f»" pour le cinquième oï'teil, quatre muscles : le court fléchisseur du petit orteil, l'abducteur du petit orteil, le troisième interosseux plantaire et le quatrième lombrical.

B. Phalangine. — Sur la phalangine viennent s'insérer : pour les deuxième, troisième, quatrième et cinquième orteils, les tendons correspondants de l'extenseur commun et du court fléchisseur plantaire.

C. Phalangette. — Enfin, sur la phalangette prennent insertion : 1" pour le gros orteil, deux muscles : le long extenseur propre du gros orteil et le long fléchisseur propre du gros orteil : '1° pour les deuxièyne, troisième, quatrième et cinquième orteils, deux muscles également, l'extenseur commun des orteils et le long fléchisseur commun des orteils.

Développement. — Les phalanges du. pied, comme celles de la main, se développent par deux points d'ossification : un point d'ossification primitif pour le corps et l'extrémité antérieure ; un point d'ossification secondaire pour l'extrémité postérieure. — Le point primitif apparaît dans la première moitié du deuxième mois (Rambaud et Renault) pour les premières phalanges, -vers le quatrième mois pour les phalangines et les phalangettes. — Le point épipliysaire ne se montre qu'après la naissance, de trois ans et demi à quatre ans. 11 se soude au corps de l'os de .quinze à seize ans pour la première phalange, de seize à dix-huit uns pour la phalangine et la phalangette.

Réduction graduelle du nombre des phalanges. — Parmi les variations morphologiques f|ue nous présentent les phalanges des Orteils, l'une dés plus intéressantes est la soudure de la phalangine avec la phalangette. Cette soudure s'observe avec une fréquence toute particulière sur le petit orteil : Pfitzner (Die kleine Zehe, Arch. f. Anat. u. Physiol., 1890), l'a rencontrée sur -cet orteil dans une proportion de 36 p. 100, soit 1 fois sur 3. — La fusion en une pièce unique des deux phalanges terminales du petit orteil n'est nullement pathologique, comme l'admettent la plupart des auteurs : on n'observe en effet, sur les phalanges soudées, aucune trace de processus inflammatoire et, d'autre part, ces faits de soudure interphalangienne existent chez le nouveau-né et même chez le fœtus, où Pfitzner les a retrouvés à peu près aussi fréquemment que chez l'adulte. — Elle me parait avoir exactement la même signification que les soudures congénitales, signalées plus haut (p. 35i), des pièces squelettiques du tarse : c'est une réduction numérique des pièces phalangiennes, conséquence de l'adaptation du pied à l'attitude bipède. Nous marchons graduellement, du moins pour le petit orteil, vers le type biphalangien. Pfitzneis va même plus loin et son opinion me paraît très soutenable : il pense que ce processus réducteur ne s'arrêtera pas au stade où nous le trouvons aujourd'hui et que la première phalange perdra à son tour son individualité. Comme, d'autre part, ces phénomènes de réduction s'observent constamment sur les trois derniers orteils et non sur les deux premiers, il en conclut que le pied

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linmain est en train de se réduire à deux orteils seulement : un orleil principal. (\m sera le premier, et un orteil accessoire, qui sera le second.

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