‹ Traité d'anatomie humaine (volume 5)Chapitre 73 sur 176 · CEINTURE THORACIQUE CEINTURE ABDOMINALE · texte numérisé non relu

CEINTURE THORACIQUE CEINTURE ABDOMINALE

Scapulum [corps] Uion.

Apophyse coracoïde (procoracoïde) Pubis.

Tubercule ou point sus-glénoïdien [coracoïde) Ischion.

La clavicule, qui, dans la ceinture thoracique, réunit à la manière d'un arcboutant l'acromion à la fourchette sternale, n'a pas de représentant à la ceinture abdominale.

2° Homologie des membres proprement dits. — Les membres supérieurs et les membres inférieurs sont originellement semblables et ce n'est que dans le cours du développement qu'ils revêtent graduellement la physionomie qui leur est propre, pour s'adapter aux fonctions différentes qui leur sont dévolues dans la mécanique animale. Aussi, s'il est relativement facile à un stade encore peu avancé de leur développement, de déterminer les homologies du membre thoracique et du membre abdominal, cette détermination présente chez l'adulte des difficultés nombreuses et encore mal résolues.

Ces difficultés nous expliquent les divergences des anatomistes sur ce point délicat d'anatomie philosophique ; elles nous expliquent aussi le nombre considérable d'hypothèses qui ont été émises.

Vicq-d'Azyr (1774), auquel nous devons la première tentative sérieuse pour établir scientifiquement le parallèle des membres, eut la malencontreuse idée de comparer le membre supérieur d'un côté au membre inférieur du côté opposé. Cette méthode, dite méthode de croisement, qui fait du tibia l'homologue du cubitus et qui, d'autre part, fait correspondre au tibia et au cubitus le gros orteil et le petit doigt, lesquels ne sont nullement homologues, viole ainsi le principe de connexion et est manifestement inexacte.

Flourens (1838), se préoccupant à juste titre de ramener le pouce en dedans, comme le gros orteil, place l'avant-bras dans la pronation et obtient ainsi le résultat cherché. Mais, dans cette nouvelle position, le plan de flexion du coude est dirigé en avant, tandis que, pour le genou, ce même plan de flexion est tourné en arrière. En outre, les deux os de l'avant-bras se trouvent, dans sa démonstration, entrecroisés en X, tandis que les deux os de la jambe sont parallèles l'un à l'autre.

La théorie de Flourens et celle de Vicq-d'Azyr dispar-aissent, en 1857, devant la théorie de Charles Martins, dite théorie de la torsion. Cette théorie, justement célèbre, repose sur ce fait fondamental que l'humérus, tel qu'il nous apparaît chez l'adulte, est un os qui s'est tordu sur S07i axe de 180° environ : « L'humérus étant

HOMOLOCilE DES MEMBRES 373

un fémur tordu, si l'on veut comparer ces deux os, il faut avant tout détordre l'humérus. Le résultat de cette opération est de placer l'épitrochlée en dehors et l'épicondyle en dedans. Cela fait, la comparaison des membres n'offre plus aucune difficulté. En effet, le col de l'humérus est dirigé en dedans comme celui du fémur ; la partie postérieure ou tricipitale de l'os du bras se trouve en avant, comme la partie convexe ou quadricipitalc de l'os de la cuisse. Les deux os sont donc semblables ; leurs condyles articulaires se contournent en arrière ; l'olécràne est en avant comme la rotule; de plus, elle est attachée à la portion antérieure et interne de la tête du tibia, qui représente la portion olécranienne de la tète du cubitus, soudée et confondue avec celle du radius. » (Mautins, Dictionnaire encyclopédique des Sciences médicales, p. 480.) Comme preuve de la réalité do cette torsion.

Comparaison des membres, l'humérus étant détordu et l'avant-bras ramené au type de la jambe (d'après Cii. MAnxiNs).

1, lium(?rus dctordu tic 140. — 1', fémur. — 2, olécrâne et 2', rotule. — 3 et 4, radius et cubitus, homologues de 3' et 4', tibia cl péroné (on voit que l'extrémité supérieure du cubitus a été sciée et raltacliée au radius).

Martins invoque, entre autres faits, la direction fortement oblique de cette gouttière {gouttière de torsion) que l'on remarque à la face postérieure de l'humérus et dans laquelle cheminent le nerf radial et l'artère humérale profonde.

Martixs a enseigné longtemps que la torsion de l'humérus était purement virtuelle. Mais, à la suite des recherches de Gegenbaur, recherches que nous avons déjà fait connaître en étudiant l'humérus (p. 26G), il a modifié ses idées sur ce point : il persiste à considérer comme virtuelle la torsion initiale de l'os ; mais il admet que cette torsion s'effectue réellement dans l'état fœtal, infantile et adulte ; elle serait, d'après Gegexbaur, de 47" à partir du huitième mois jusqu'à l'âge adulte.

Dans la pratique, pour démontrer l'homologie des membres. Ch. Martixs détord l'humérus en le plongeant quelque temps dans de l'acide chlorhydrique étendu d'eau, ou bien il se contente de le scier à la jonction du tiers supérieur avec le

OSÏÉOLOGIE

tiers moyen et il introduit dans le canal médullaire un axe me'tallique, autour duquel il le fait tourner {détorsion) de 170 à 180°. 11 dispose alors côte à cote sur une planchette, comme dans la figure 357, les deux membi^es supérieur et inférieur et les homologies éclatent d'elles-mêmes avec la plus grande netteté.

Pozzt, qui s'est rallié entièrement aux idées de Martins, procède d'une façon inverse : au lieu de détordre l'humérus, il tord le fémur de 180" et arrive ainsi,

par une nouvelle méthode à des conclusions identiques (fig. 358). On peut voir au musée de la Faculté de médecine de Paris des préparations ostéologiques qu'il y a déposées en 1870 et qui rendent les homologies des membres tout aussi saisissantes que la planchette de Mautins figurée jîlus haut.

Deux faits, .cependant, restent à élucider : l'absence d'une rotule au coude et puis le développement si différent des deux os homologues, le cubitus et le péroné, dont l'un s'articule par une large surface avec l'hunuh'us, tandis que l'autre ne prend aucune part à l'articulation du genou. Voici comment MAirriNs a résolu la question : 1" la rotule est représentée au coude par l'olécràne ; il détache alors par un trait de scie l'olécràne de l'extrémité supérieure du cubitus et rend l'homologie évidente ; 2° en ce qui concerne les caractères morphologiques si différents du cubitus et du péroné, il considère l'énorme chapiteau du tibia comme s'étant incorporé, par coalescence, l'extrémité supérieure du péroné et coiume représentant par conséquent, à lui tout seul, les tètes du radius et du cubitus. Dès lors, pour rétablir le parallélisme, il scie longitudinalement la moitié environ de la face postérieure du cubitus, y compris sa face articulaire et accole cette partie ainsi détachée à la face antérieure et supérieure du radius : « le radius, accru par cette addition, rappelle complètement le tibia; le cubitus, réduit à son corps grêle et mince, est l'image fidèle du péroné ». Pozzi, suivant encore ici un procédé inverse, comme on peut le voir dans la figure 358, détache la partie antérieure et péronéale du tibia et la restitue au péroné, qu'il transforme ainsi en un cul )i tus ; le chapiteau tibial, ainsi l'éduit par cette soustraction, ne s'articule plus qu'avec un seul condyle et rappelle le radius.

Telle est, sommairement résumée, la théorie de la torsion de Ch. Martins. Cette théorie a eu à son apparition un grand retentissement et a été acceptée par nos meilleui's anatomistes, notamment par Cruveilhier et par S.^ppey. Attaquée dans ces dernières années par Alexis Julien et par A. Sabatier, elle a perdu beaucoup de sa valeur. Elle est, en effets passible d'objections fort sérieuses :

Sans nous arrêter à l'absorption par le chapiteau tibial de l'extrémité supérieure

Comparaison des membres, le fémur étant tordu et la jambe ramenée au type de l'avant-bras (d'après Pozzi).

1, fémur tordu. — 1', liumérus. — 2, partic externe de rextrémité supérieure du tibia, sciée et rattachée au péroné ; elle est liomologue de la portion olécranienne du cubitus 2'. — 3, plateau externe du tibia, liomologue de la grande cavité sigmoïde du cubitus 3'. — 4, plateau externe, homologue de la cupule du radius 4'.

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