VERTÉBRALE
rôle important à jouer, rôle qui consiste à maintenir la tète et le cou, lesquels, sans lui, seraient entraînés par leur propre poids en bas et en avant. Chez l'homme, où le rachis a une direction verticale, la tête repose sur lui dans une position voisine de l'e'quilibre et le .ligament cervical postérieur, dépourvu de rôle, reste alors à un état rudimentaire. Son atrophie est, comme on le voit, une conséquence immédiate de l'attitude bipède.
§ V . — Union des apophyses t r a n s v e r s e s entre elles
Les apophyses transverses sont reliées les unes aux autres par des formations fibreuses, dont l'ensemble constitue les ligaments intertransversaires . Ces ligajnents sont éminemment variables dans leur forme et dans leurs dimensions. — Au cou, ils sont peu développés ou même n'existent pas du tout, confondus qu'ils sont avec les muscles intertransversaires. — Au dos, ils se présentent sous la forme de petits faisceaux arrondis, réunissant le sommet d'une apophyse transverse au sommet de l'apophyse transverse sous-jacente (fig. 417,7). — Aux lombes, les ligaments intertransversaires sont plus développés. Ils s'insèrent, d'une part sur la base de l'apophyse transverse d'une vertèbre, d'autre part sur le tubercule mamillaire et sur l'apophyse articulaire supérieure de la vertèbre située au-dessous. Ce sont les ligaments arliculo-transversaires de Bourgeuy. Ils atteignent parfois des dimensions considérables : ïholaiid en a rencontré qui affectaient une forme cylindrique et mesuraient jusqu'à 5 millimètres de diamètre.
§ VI. — Mouvements d'ensemble de la colonne vertébrale
Considérée au point de vue de sa mobilité, la colonne vertébrale, dans son ensemble, peut exécuter cinq ordres de mouvements, savoir : la flexion, l'extension, l'inclinaison latérale, la circumduction et la rotation.
1° Dans la flexion, la colonne verlébiule s'incline en avant en gardant la ligne médiane. La partie antérieure du disque interosseux se plisse et s'affaisse ; sa partie postérieure, au contraire, se tend et augmente de hauteur. Quant aux ligaments périphériques, le ligament vertébral comnmn antérieur se relâche, tous les autres se tendent. Dans ce mouvement, la colonne vertébrale représente un levier du troisième genre, à direction verticale : le point d'appui est situé au niveau de l'articulation sacro-vertébrale ; la résistance répond à son extrémité supérieure ; la puissance est représentée par les muscles abdominaux et par les psoas, qui se fixent entre la résistance et le point d'appui, soit sur la colonne elle-même, soit sur le thorax.
i" Dans ['extension, la colonne se renverse en arrière. Ce mouvement est beaucoup moins étendu cjue le précédent, mais il s'accomplit suivant le même mécanisme. La colonne vertébrale se comporte encore ici comme un levier du troisième genre, dans lequel le point d'appui répond, ainsi que dans la flexion, à l'articulation sacro-vertébrale, la résistance à l'extrémité céphalique du rachis, la puissance aux muscles spinaux, qui se fixent par d'innombrables tendons aux apophyses épineuses, aux lames, aux apophyses transverses, voire mémo à l'extrémité postérieure des côtes. Contrairement à ce qui se passe dans la flexion, le ligament vertébral commun antérieur se tend ; tous les autres se relâchent. En ce qui concerne le disque intervertébral, il s'affaisse à sa partie postérieure et se tend à sa partie antérieure.
3" Dans les mouvements iVincUnaison tatérate, la colonne vertébrale, fonctionnant toujours à la manière d'un levier du troisième genre, s'incline soit à droite, soit à gauche. Comme on le conçoit, les disques intervertébraux s'affaissent du côté vers lequel se produit l'inclinaison, se tendent au contraire du côté opposé. L'inclinaison latérale est limitée à la fois par la résistance lies ligaments distendus et par la rencontre des apophyses transverses.
4° Le mouvement de circumduction résulte, ici comme ailleurs, de la succession régulière des (juatre mouvements précédents. En l'accomplissant, la colonne vertébrale décrit un cône à base supérieure, dont le sommet répond au point d'appui du levier, c'est-à-dire à l'articulation sacrovertébrale.
00 Le mouvement de rotation s'elTectue soit à droite, soit à gauche : il est le résultat d'une sorte
anatomie humaine. —
ARTHROLOGIE
de torsion qui se produit dans la substance même des disques intervertébraux. Ce mouvement est très limité, presque imperceptible pour un disque considéré isolément ; mais, comme il s'accoziiplit simultanément et dans le même sens sur toute la hauteur de la colonne, les résultats partiels totalisés aboutissent à une rotation très appréciable. On sait que, dans la station verticale, la tète peut accomplir une rotation d'un demi-cercle, soit 180 degrés : or, sur ces 180 degrés, 73, suivant les calculs de Weber, reviennent aux pieds' et au bassin, 79 à la région cervicale et 28 aux autres régions de la colonne.
Les trois portions de la colonne vertébrale ne prennent pas une part égale aux différents mouvements d'ensemble que nous venons de décrire. La région cervicale est, à cet égard, de beaucoup la plus mobile ; vient ensuite la région lombaire et, enfm, la région dorsale. Cette dernière, en raison de l'imbrication si parfaite de ses lames et de ses apophyses, bt aussi en raison de ses connexions si intimes avec les éléments squelettiques du thorax, ne présente que de simples vestiges de mouvements qui lui appartiennent en propre.
D'autre part, la mobilité de la colonne vertébrale varie beaucoup suivant les âges : très étendue chez le fœtus et même chez l'enfant, elle s'affaiblit progressivement chez l'adulte et chez le vieillard, par suite de l'affaissement des disques intervertébraux, qui deviennent en même temps plus denses et partant moins élastiques. Il n'est même pas extrêmement rare de voir cette mobilité disparaître d'une façon complète, à la suite d'une soudure des pièces vertébrales intéressant une étendue plus ou moins considérable de la colonne. L'exercice peut toutefois maintenir et même développer dans une large mesure la mobilité du premier âge : on sait, à cet égard, quelle est la complaisance des articulations de la colonne vertébrale chez certains acrobates.
Muscles moteurs. — Les muscles moteurs de la colonne vertébrale se distinguent, suivant les déplacements qu'ils produisent, en fléchisseurs, extenseurs, lléchisseurs latéraux, rotateurs du même côté, rotateurs du côté opposé :
1" Fléchisseurs : le grand droit antérieur de l'abdomen, le grand et le petit obliques, le grand et la petit psoas, le sterno-cléido-mastoïdien, les scalènes, le long du cou.
2° Extenseurs : le long dorsal, le sacro-lombaire, le transversaire épineux, l'interépineux et le sus-épineux du cou, les surcostaux, l'angulaire, le splénius.
3" Fléchisseurs latéraux : le sacro-lombaire, le carré des lombes, les surcostaux, l'angulaire, le transversaire du cou, les scalènes, les intertransversaires du cou et des lombes;
4» Rotateurs du même côté : le long dorsal, les splénius, les faisceaux supérieurs du long du cou, le petit oblique de l'abdomen.
5° Rotateurs du côté opposé : le transversaire épineux, les faisceaux inférieurs du long du cou, le grand oblique de l'abdomen.
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