II. — Articulations i n t e r c g c c y g i e x x e
Les articulations des différentes j^ièces du coccyx entre elles, articulations intercoccy giennes , sont encore de véritables amphiarthroses, mais des amphiarthroses toutes rudimentaires. On retrouve pour chacune d'elles des facettes planes et ovalaires, un petit disque interosseux et un ensemble de ligaments périphériques disposés sous forme de manchon tout autour de l'articulation.
Ces articulations intercoccygiennes n'ont le plus souvent qu'une existence temporaire. Nous avons vu en effet, en ostéologie (p. 90), que les quatre ou cinq vertèbres rudimentaires qui constituent le coccyx se soudent de bonne heure en deux pièces ou même une pièce unique. L'articulation qui persiste le plus longtemps est celle qui unit la première pièce coccygienne à la seconde : il n'est pas rare de la rencontrer encore chez le vieillard, même à un âge très avancé.
Les vaisseaux et les nerfs des articulations intercoccygiennes sont les mêmes que ceux de l'articulation précédente.
Cruveilhier (Anat., 4° édit., I, p. 306} a rencontré, entre la première et la deuxième pièce du coccyx, une véritable diarthrose, avec capsule fibreuse et synoviale. Cette articulation, très mobile, permettait à la deuxième pièce coccygienne de s'infléchir en arrière au point de former avec la première un angle droit, à ouverture postérieure. Henle {Ilandb. d. Banderlehre, z\v. Aull., p. 40) a signalé une articulation analogue entre les deux dernières pièces coccygiennes.
La pointe du coccyx donne naissance à un petit faisceau fibreux, parfois très accusé, qui vient s'insérer d'autre part, à la face profonde des téguments. Sur c|uelques sujets, ce faisceau ligamenteux coccy-cutané, continuation de la colonne vertébrale, vestige de la queue par conséquent, soulève la peau de façon à former immédiatement au-dessous du coccyx une excavation en forme de fossette : c'est la fossette coccrjgienne ou f'oveota coccygea.
§ II I. 7\ R T I C U L A T 1 0 X s DE L ' A T L A .S AVEC L ' A X I S
L'axis s'articule avec l'atlas : 1° par ses éléments propres ; 2" par son apophyse odonto'ide. La première de ces articulations constitue V articulation atloïdoaxoïdienne proprement dite; la seconde, V articulation atloïdo-odontoidienne. Nous les étudierons séparément.
A. — Articulation altoïdo-axoïdienne proprement dite
L'articulation atloïdo-axoi'dienne proprement dite représente, entre l'atlas et l'axis, les articulations des apophyses articulaires des vertèbres suivantes. Elle appartient à la classe des arthrodies.
ARTHROLOGIE
1° Surfaces articulaires. — Comme surfaces articulaires, nous avons : 1" du côté de l'atlas, les facettes qui occupent la face inférieure de ses masses latérales ; 2° du côté de l'axis, les apophyses articulaires supérieures de cette vertèbre. Ces deux facettes diffèrent beaucoup dans leur disposition, suivant qu'on les considère à l'état sec ou à l'état frais :
a. A létal sec, les facettes atloïdiennes, irrégulièrement arrondies, regardent en bas et un peu en dedans. Concaves dans le sens transversal, elles sont, dans le sens antéro-postérieur, planes ou légèrement excavées et nullement convexes.
Fig. 392.
Les facettes articulaires do l'atlas et de l'axis, à l'état sec.
1, atlas. — 2. axis, avec 3, son apoplijse odonloïde. — 4, 4, lignes liointillées, indiquant la ligne d'insertion de la capsule articulaire.
Fig. 393.
Les facettes articulaires de l'atlas et de l'axis, à l'état frais.
1, atlas. — 2, axis, avec 3, son apoplijse odonloïde. — 4, 4, capsule articulaire, érig'n(!'c en haut et en bas.
Fig. 394.
L'articulation atloïdo - axoï dienno, vue en coupe antéro-postérieure.
), atlas. — 2, axis. • 3, capsule articulaire, présentant, en avant et en arrière, deux petites franges synoviales 4 et 4.
comme l'écrivent la plupart des auteurs : sur 24 atlas que j'ai examinés à ce sujet, les facettes en question étaient planes sur 8, légèrement concaves sur 11, légèrement convexes sur 5. — Quant aux facettes axoi'diennes, elles revêtent la forme d'un ovale à grand axe dirigé en avant et en dedans'. Elles regardent en haut et un peu en dehors. Planes ou légèrement convexes dans le sens transversal, elles sont nettement convexes dans le sens antéro-postérieur. — Comme on le voit, les deux facettes articulaires atloïdienne et axoïdienne sont configurées d'une façon différente et, de ce fait, ne se correspondent pas. Il en résulte que lorsque l'on regaixle les deux os en place, on constate tout de suite que les deux surfaces articulaires en c£uestion ne se recouvrent pas exactement comme cela s'observe généralement pour les artlirodies. C'est ainsi que vues de face (fig. 392), soit par leur plan antérieur, soit par leur plan postérieur, elles entrent en contact seulement par les deux extrémités de leur diamètre transverse ; à leur partie moyenne, elles sont séparées l'une de l'autre par un intervalle de forme semi-lunaire, dont* le bord supérieur, convexe, est formé par l'atlas, tandis que le bord inférieur, rectiligne ou légèrement convexe, répond à l'axis.
b. A Vétat frais, les quatre facettes articulaires que nous venons de décrire sont revêtues, dans toute leur étendue, par une couche de cartilage hyalin. Cette couche présente cette particularité importante qu'elle est beaucoup plus épaisse à son centre qu'à sa périphérie (l^^^S à 2""" sur l'atlas, 2"™ sur l'axis) et, de ce fait, modifie considérablement l'aspect des surfaces articulaires. Grâce à elle, les facettes en présence, tant les facettes atloïdiennes que les facettes axoïdiennes, sont maintenant convexes, et convexes dans tous les sens. Cette convexité, peu marquée