‹ Traité d'anatomie humaine (volume 5)Chapitre 86 sur 176 · ARTICULATIONS DE L'ATLAS ET DE L'AXIS · texte numérisé non relu

ARTICULATIONS DE L'ATLAS ET DE L'AXIS

dans le sens transversal, est surtout très accusée dans le sens antéro-postérieur : si, en effet, nous regardons l'articulation atloïdo-axoïdienne par son côté externe, nous constatons nettement (fig. 398, A) que la facette articulaire supérieure et la facette articulaire inférieure, en contact immédiat par leur partie moyenne, sont séparées en avant et en arrière par deux angles dièdres, dans lesquels s'insinuent, sur des articulations non ouvertes, des franges synoviales. Cette disposition est très visible encore sur des coupes sagittales de l'articulation (fig. 394).

2° Moyens d'union. — L'atlas et l'axis sont maintenus en pi-ésence par quatre ligaments, qui leur appartiennent en propre. On les distingue en latéraux, antérieur et postérieur :

a. Ligaments alloïdo-axo'idiens latéraux. — Les ligaments atloïdo-axoïdiens latéraux sont constitués, à droite et à gauche, par une sorte de capsule fibreuse, qui s'étend du pourtour de la facette atloïdienne au pourtour de la facette axoïdienne. Cette insertion, toutefois, n'est pas la même sur tous les points et mérite d'être précisée. Elle se fait : 1° pour la partie postérieure et interne de l'article, à la limite même du revêtement cartilagineux ou très peu en dehors de lui ; 2° pour la partie antérieure et externe, à une certaine distance du cartilage (3 ou 4 millimètres), tant sur l'atlas que sur l'axis. La capsule articulaire atloïdo-axoïdienne est très lâche et permet ainsi à l'atlas des déplacements fort étendus. Elle est renforcée en dedans par un faisceau fibreux, plus ou moins nettement différencié (lîg. 401,8), qui, partant de la face postérieure du corps de l'axis, se porte obliquement en haut et en dehors et vient se fixer sur les masses latérales de l'atlas, immédiatement en arrière de l'insertion du ligament transverse. Comme nous le verrons plus loin (p. 432), ce ligament {ligament latéral inférieur d'ARNOLi)) n'est qu'une dépendance du ligament occipito-axoïdien latéral.

b. Ligament alloïdo-axoïdien antérieur. — Le ligament atloïdo-axoïdien antérieur (flg, 346) est constitué par une lame fibreuse, qui s'étend du bord inférieur de l'arc antérieur de l'atlas et de son tubercule à la face antérieure du corps de l'axis. Cette lame se continue, sur les côtés, avec les ligaments atloïdo-axoïdiens latéraux. Au-devant d'elle, sur la ligne médiane, se voit un petit cordon vertical, représentant la portion supérieure du ligament vertébral commun antérieur.

c. Ligament atloïdo-axoïdien postérieur. — Ce ligament (fig. 400,8) minutieusement décrit par Sappey, se détache, en haut, de l'arc postérieur de l'atlas et de son tubercule ; il vient se fixer, en bas, sur les lames de l'axis et sur la base de son apophyse épineuse. Il se compose, en réalité, de deux ordres de faisceaux : des faisceaux superficiels, qui occupent la ligne médiane et qui représentent le ligament interépineux des vertèbres sous-jacentes ; des faisceaux profonds, qui s'étendent, sur les côtés, jusqu'à la capsule atloïdo-axoïdienne ci-dessus décrite. Ces derniers faisceaux, très riches en fibres élastiques, sont naturellement les homologues des ligaments jaunes. Latéralement, le ligament atloïdo-axoïdien postérieur est ti'aversé d'avant en arrière par le deuxième nerf cervical ou grand nerf sous-occipital d'ARxoLo (fig. 400, 11).

3° Synoviale. — Une synoviale très lâche, surtout en avant, favorise le glissement des surfaces articulaires. Elle émet constamment, comme nous l'avons déjà dit plus haut, deux franges synoviales, l'une antérieure, l'autre postérieure : ces deux franges s'avancent à la manière de deux coins dans les angles dièdres que forment, en se superposant, la facette articulaire de l'atlas et celle de l'axis.

ARTHROLOGIE

La synoviale atloïdo-axoïdienne communique assez fréquemment (fig. 397) avec l'une ou l'autre des deux synoviales de l'articulation atloïdo-odontoïdienne.

Articulation altoïdo-odontoïdienne

L'articulation de l'atlas avec l'apophyse odontoïde représente le type le plus parfait des articulations trochoïdes.

1° Surfaces articulaires. — A la constitution de cette articulation concourent : 1° du côté de l'axis, un cylindre osseux à direction verticale, l'apophyse odontoïde ;

2° du côté de l'atlas, une sorte d'anneau, moitié osseux, moitié fibreux.

a. Anneau atloïdien. — L'anneau ostéo-fibreux est constitué par deux parties bien distinctes: i°en avant par l'arc antérieur de l'atlas, portant, sur sa face postérieure et sur la ligne médiane, une facette assez régulièrement circulaire de 10 à 12 millimètres de diamètre, légèrement concave dans le sens vertical comme dans le sens transversal ; 2° en arrière, par une bandelette fibreuse, qui s'étend transversalernent d'une masse latérale à l'autre, en décrivant concavité

Coupe horizontale, passant par l'articulation atloïdo-odontoidienne.

1, atlas, masses latérales. — 2, arc antérieur, avec 2', son tubercule. — 3, arc postérieur, avec 3', son tubercule. — 4, apophyse odontoïde. — S, ligament transverse. — 6, ligament occipito-axoïdien moyen. — 7, articulation atloïdo-odontoïdienne proprement dite. — 8, articulation de la dent avec le ligament Iransverse ou articulation syndesmo-odontoïdienne. — 9, tissu cellulaire séparant les deux synoviales. — 10, artère vertébrale.

une courbe à

antérieure, et qu'on désigne sous le nom de ligament transverse.

Aplati d'avant en arrière, ce ligament nous offre à considérer deux extrémités, deux faces et deux bords. — Par ses deux extrémités, il se fixe solidement sur les rugosités que nous présente la face interne des masses latérales de l'atlas. — - Sa face postérieure, convexe, est recouverte par le ligament occipito-axoïdien, qui la croise à angle droit et la sépare du ligament vertébral commun postérieur. — Sa face antérieure, concave, répond à l'apophyse odontoïde. — Elle est revêtue, à sa partie moyenne, par une mince couche de cartilage articulaire. — De son bord •inférieur se détache une languette fibreuse, qui descend verticalement sur la ligne médiane pour venir s'insérer sur la face postérieure du corps de l'axis : nous la désignerons sous le nom de ligament transverso-axoïdien. — Son bord supérieur, à son tour, donne naissance, par sa partie moyenne, à une deuxième bandelette médiane, celle-ci ascendante, qui vient se fixer d'autre part sur la gouttière basilaire à quelques millimètres en avant du trou occipital : c'est le ligament transverso-occipital .

Il résulte d'une pareille disposition, nettement représentée dans la figure 402, que le ligament transverse est croisé en son milieu par deux ligaments longitudinaux, dont l'un, ascendant, l'empêche de descendre et l'autre, descendant, l'em-

ARTICLILATIONS DE L'ATl.AS ET DE L'AXIS

pêche de remonter. C'est à cet ensemble ligamenteux réiro-oduntoïdien, dispos»en forme de croix, qu'on a donné le nom de ligament cruciforme : les moitiés du ligament transverse constituent les deux bras latéraux de la croix ; les deux ligaments transverso-occipital et transverso-axoïdien en représentent le bras supérieur et le bras inférieur,

b. Apophyse odontoïde de Vaxis. — L'apophyse odonloïdc ou plus simpleiïieni la dent, qui occupe le centre de l'anneau atloï- (io-transversaire et qui joue dans cette articulation le rcMe de pivot, a été déjà décrit, en ostéoiogie, à propos de l'axis (voy. p. 70). Nous nous contenterons de rappeler ici qu'elle s'élève verticalement au-dessus du corps de cette vertèbre et qu'elle nous présente deux facettes articulaires : l'une, antérieure, répondant à l'arc antérieur de l'atlas; l'autre, postérieure, en rapport avec le ligament transverse. De ces deux facettes odontoïdiennes, la première revêt une forme ovalaire à grand axe vertical : plane ou légèrement convexe en allant de haut en bas, elle est franchement convexe dans le sens transversal.

La seconde, également ovalaire, est concave dans le sens vertical, convexe transversalement. L'une et l'autre sont revêtues de cartilage articulai l'e.

2" Moyens d'union. — Contrairement aux apparences, le ligament transverse, ci-dessus décrit, ne contribue nullement à fixer l'apophyse odontoïde dans l'anneau ostéo-flbreux qui la reçoit. Le plus souvent, en elTet, on peut sans gran<jF' difficulté, les autres ligaments étant détruits, la faire sortir de l'anneau ou l'y faire rentrer. Les vrais moyens d'union de l'articulation atloïdo-odontoïdienne son! représentés par des faisceaux fibreux, qui s'insèrent, d'une part, sur l'occipital el. de l'autre, sur la dent. Ces ligaments appartiennent à l'articulation occipitoaxoïdienne et seront décrits dans l'article suivant (p. 433).

Fig. S96.

Les ligaineiUs occipito-odoiito'idiciis, vue postéiieiuo.

(li'occiiiital, l'allas cl l'axis ont été sciés suivant un plan vcrtico-transvcisal passant un peu en arrière tic l'artère vertébrale.)

1, occipital. — 2, atlas. — 3, axis, avec 3', son apoplijse odontoi'dc. — i, nients occipito-oilontoïdiens latéraux, avec 4', le laisccau occipito-occipital. — 0, ligament occipito-odontoïdien niojen ou suspcnseur de la dent. — 6, liganieul transverse. — 7, ligament transverso-occipital, réséqué et érigné. — 8, liganieni transverso-axoïdien. — 9, ligament occipito-axo'i'dien moyen. — 10, ligaments occipilo-axoïdiens latéraux. — 11,12, articulations occipilo-atloi'dienne ctaltoiMoaxoïdienne, sciées suivant le plan frontal. — 13, artère vertébrale.

3" Synoviales. — L'articulation atloïdo-odontoïdienne possède deux synoviales, ordinairement indépendantes l'une de l'autre : une synoviale antérieure, pour l'articulation de la dent avec l'arc antérieur de l'atlas; une synoviale posttMeure.

ANATOMIE HUMAINP. — T. I, 4"' ÉDIT. 54

ARTHUOLOGIE

pour l'articulation de la dent avec le ligament transverse ou articulation syndesmoodontoïdienne. Ces deux synoviales sont très lâches et, par conséquent, permettent: aux surfaces articulaires en présence des déplacements très étendus. Elles sont

nettement visibles sur les coupes, soit horizon-' taies (flg. 395), soit sagittales (fig. 403), de l'articulation.

La synoviale antérieure, la plus petite des deux, s'étend un peu au-dessus et un peu au-i dessous (2 ou 3 millimètres environ) des surfaces articulaires, en foi'mant ainsi deux petits culsde-sac, l'un supéiieur, l'autre inférieur.

La synoviale poslérieiore est beaucoup plus étendue que la précédente, à la fois dans le sens transversal et dans le sens, vertical. — En bas, elle forme au-dessous du ligament transverse un petit cul-de-sac de 3 ou 4 millimètres de hauteur.. — En haut, elle s'étale sur la face postérieure de la dent et remonte ainsi jusqu'à son sommet elle, se termine d'oixlinaire au niveau de l'insertion du ligament suspenseur de la dent. — Sur les côtés, elle s'étend jusqu'à l'arc antérieur de l'atlas ou à son voisinage et communique parfois, à ce niveau, comme nous le montre nettement la figure cicontre, avec la partie antéro-interne de l'articulation atloïdo-axoïdienne correspondante.

4" Artères et nerfs. — Les artères destinées à l'articulation de l'atlas avec l'axis sont fournies' par la vertébrale. — Les nerfs proviennent de la deuxième branche cervicale ou de l'anastomose' cjui unit cette deuxième branche à la première.

Mouvements de l'atlas sur l'axis. — L'atlas, uni au crâne, tourne autour do l'apophyse odontoïde « comme une roue autour de son essieu » (Gruveilhier). C'est là le seul mouvement

Fig. 398.

Mouvements de rotation de l'atlas sur l'axis.

A, position de la masse latérale et de Papopliyse articulaire inférieure droite de l'atlas, quand la tète regarde en face. — B, position de. ces mêmes éléments osseux quand ia tète, rej^ârde à gauche. — C, position de la masse latérale et de l'apophyse articulaire inférieure gauche de l'atlas, quand la tete regarde à gauche.

On voit que, dans ce mouTenient de rotation de la tète à gauche, les masses latérales de l'atlas, tant la droite que la gauche, descendentde XX (niveau ([u'elles occupaient avant la relation) en xx (niveau ([u'clles occupent quand la rotation est ellectuée). L'ahaissenient total est exactement égal à la distance verticale' qui sépare les deux horizontales XX et xx.

cju'il puisse exécuter : l'appareil ligamenteux, qui descend de l'occipital sur l'axis, ne saurait lui en permettre d'autres.

Dans ce mouvement de rotation, l'axis et sOh apophyse odontoïde restant immobiles, les deuxi masses latérales de l'atlas glissent dans le sens antéro-postérieur, mais en sens inverse, sur les-;

Fig. 397.

Coupe horizontale passant parla base de l'apophyse odontoïde, montrant la communication de la synoviale atloïdo-axoïdienne avec la synoviale postérieure de l'articulation alloïdo-odontoïdienne (sujet congelé, segment inférieur de la coupe, vu d'en haulj.

1, masse latérale de l'atlas. — 2, facette articulaire de l'axis. — 3, apophyse odontoïde.

— 4, ligament atloido-axo'idien antérieur. — 5, ligament transversc. — 6, synoviale antérieure de l'articulation atloïdo-odonto'ïdienne.

— 7, synoviale postérieure, se confondant en avant avec la synoviale atlo'ido-axo'idienno correspondante. — 8, moelle épiniére. — 9, veines intra-racliidiennes.

facettes articulaires sous-jacciites. Ainsi, lorsque la tète se porte à gauche, la masse latérale gauche se porte d'avant en arrière, tandis que la masse latérale droite se porte d'arrière en avant. L'un des deux ligaments occipito-odontoïdicns latéraux se relâche ; l'autre se tend et limite le mouvement.

Il est à remarquer que ce glissement de l'atlas sur l'axis ne s'effectue pas suivant un plan parfaitement horizontal. Les deux facettes atloïdienne et axoïdienne sont l'une et l'autre, comme nous l'avons vu plus haut (p. 422), fortement convexes dans le sens antéro-postéricur. Autrement dit, elles sont constituées chacune par deux plans inclinés, qui regardent, l'un en avant, l'autre en arrière. Il résulte forcément d'une pareille disposition anatomique que chaque facette atloïdienne descend légèrement toutes les fois qu'elle se déplace pour se porter, soit en arrière, soit en avant du point qu'elle occupe dans sa position ordinaire (fig. 398).

Un mouvement d'abaissement est donc nécessairement lié, dans l'articulation atlo'ido-odontoïdienne, au mouvement de rotation. Par conséquent, toutes les fois que la tête se' -porte à gauche ou à droite, non seulement elle tourne, mais elle s'abaisse. Cet abaissement est exactement mesuré par la distance verticale qui sépare le point le plus élevé de la facette atloïdienne, de son point le plus déclive.

Muscles moteurs. — Les muscles moteurs do l'atlas sur l'axis se divisent en rotateurs du même côlé et rotateurs du côté opposé :

1° Rotateurs du même côté : le splénius, le grand droit postérieur et le grand oblique de la tète, le grand droit antérieur et le petit droit antérieur de la tète.

2° Rotateurs du côté opposé : le trapèze, le grand complexus, le stcrno-cléido-mastoïdien.

ARTICLE III

La tête s'unit par un de ses os, l'occipitaL avec les deux premières vertèbres cervicales, l'atlas et l'axis. De là, deux articulations distinctes : V articulation occipilo-atloïdienne et l'articulation occipito-axoïdienne .

§ I. — Articulation ogcipit o-atlg'i'dienne

L'articulation qui unit l'occipital à l'atlas appartient à la classe des diarthroses, genre double-condylienne.

i° Surfaces articulaires. — Les surfaces articulaires sont : 1° du côté de l'occipital, les deux condyles de cet os ; 2° du côté de l'atlas, les deux cavités glénoïdes, qui surmontent les masses latérales.

Les surfaces articulaires des condyles, convexes à la fois dans le sens transversal et dans le sens antéro-postérieur, regardent en bas, en avant et en dehors. Elles sont oblongues, à grand axe obliquem.ent dirigé d'arrière en avant et de dehors en dedans : un plan vertical, tangent à leur extrémité antérieure, passe à 1 ou 2 millimètres en avant du trou occipital ; un deuxième plan, tangent à leur extrémité postérieure, passe par le centre de ce même trou occipital ou dans son voisinage.

Les cavités glénoïdes de l'atlas, concaves dans tous les sens, regardent en haut, en arrière et un peu en dedans. Elles répondent assez exactement aux condyles occipitaux : elles sont, cependant, un peu moins longues et un peu moins larges. Comme ces derniers, elles sont allongées d'arrière en avant et de dehors en dedans et, de ce fait, sont beaucoup plus rapprochées à leur extrémité antérieure qu'à leur extrémité postérieure : tandis qu'elles sont séparées, en. arrière, par un intervalle de 35 à 40 millimètres, cet intervalle se réduit, en avant, à 25 qu 28 millimètres. Nous avons déjà vu en ostéologie, et nous le rappellerons, ici en.

ÀRTHROLOGIE

passant, que les cavités glénoïdes de l'atlas, de même que les condyles de l'occipital, présentent assez fréquemment deux e'chancrures latérales, qui tendent à les diviser en deux facettes distinctes.

Les quatre surfaces précitées sont recouvertes, à i'étnt frais, par une mince couche de cartilage hyalin.

2° Moyens d'union. — Les ligaments qui unissent l'occipital à l'atlas sont au nombre de quatre, savoir : deux ligaments capsulaires, l'un droit, l'autre gauche, un ligament antérieur et un ligament postérieur.

a. Ligaments capsulaires. — Les ligaments capsulaires sont constitués par un ensemble de faisceaux verticaux, qui s'insèrent, en haut, sur le pourtour du condyle

Articulations oocipito-atloïdienne et atloïdo-axoidienne, vue antérieure.

1, apophyse basilaire de l'occipital, avec 1', le trou condylien antéi'ieur. — 2, loclier, avec : 2', le canal carotidici» ïl", l'apophyse styloïdc. — 3, atlas. — 4, axis. — 5, troisième cervicale. — fi, ligament capsulaire occipito-atloïdien. — 7, ligament occipito-atloïdien antérieur. — 8, bandelette médiane, représentant l origine du ligament vertébral commun antérieur 9. — 10, ligament atloïdo-axoïdien antérieur. — li, synoviale occipilo-atloïdienne, injectée au suif. — 12, synoviale atloïdo-axoïdicnne, également injectée au suif . — 13, artère vertébrale.

et> en bas, sur le pourtour de la cavité glénoïde correspondante. Cette dernière insertion se fait toujours à une certaine distance ou 3 millimètres) du revêtement cartilagineux. — En dehors, la capsule occipito-atloïdienne est relativement très épaisse ; elle parait renfoi^cée à ce niveau par un ensemble de faisceaux fibreux, toujours très visibles, que certains auteurs, Sappey entre autres, ont décrits sous le nom de ligament occipito-atloïdien latéral. — En dedans, elle est fort mince, tellement mince que la cavité articulaire, sur ce point, n'est pour ainsi dire fermée que par la synoviale. — En avant et en arrière, la capsule occipito-atloïdienne se continue et se confond avec, les parties corresi^ondantes des deux ligaments occipito-atloïdiens antérieur et postérieur. Avant de décrire ces ligaments.

AMTICULATIONS DE I. A COLONNE VEHÏKBllA J.E AVEC LA TÈTE 42'.»

je sii^iialerai l'existence, sur le plan postérieur de l'arliciilation ofcipito-atloniieinir, d'un certain nombre de faisceaux qui s'insèrent, d'une part sur l'occipital en arrière de la fosse rétro-condylienne. d'autre part sur la ])ase et sur le sommet de l'apophyse transverse de l'atlas. Ils forment par leur ensemltle (fig. 400,5) une lame quadrilatère, large de 1 centimètre environ, obliquement dirigée de haut en bas et de dedans en dehors. Il est à peine besoin d'ajouter que cette lame constitue, pour la capsule fibreuse de l'ai-ticulation qui nous occupe, un puissant faisceau de renforcement.

b. Ligament occipito-atloïdien antérieur. — Le ligament occipito-atloïdien antérieur (fig. 399,7) est représenté par une membrane, large de 3 ou 4 (-entiniètres, qui s'insère, d'une part sur la partie antérieure du trou occipital, d'autre

1m g. iUO.

Articulaliiins oceipilo-aHoklienne et atloHlo-aMiïilirniir, \ ur posLi'i'iouii'.

I. occipital. — 2, atlas, avec : 2', son tubcrciilo i)OStcrieui' ; 2". ses apoplnses transverses. — 3, axis. — -i. troi-iiènie cervicale. — 5, faisceauv renforçant la capsule filjreuse (le l'articulation oecipito-atloïdiennc (ces faisceaiiv ont éti^ enlevés à gauche). — C, capsule occipito-atloïdienne (la sjnovialc est injectée au suif). — 7, ligament occipito-atloïdien postérieur. — 8, ligament atloïdo-axoïdien postérieur, avec 8', son faisceau médian. — 9, artère vertébrale. — 10, premier nerf cervical, avec ses deux branches antérieure et postérieure. — 11. grand nerf sous-occii)ital d'AnNot n . — 12. (l oisiéme nerf cervical .

part sur le bord supérieur de l'arc antérieur de l'atlas. Cette membrane est renforcée, sur la ligne médiane, par un faisceau plus superficiel, qui, sous la forme d'une petite bandelette large de 5 ou 6 millimètres, descend de la surface basilaire sur le tubercule antérieur de l'atlas (fig. 369,8j. On peut considérer cette bandelettf médiane comme constituant l'origine du ligament vertébral commun antérieur.

c. Ligament occipito-atlo'idien postérieur. — Le ligament occipito-atloïdien postérieur (fig. 400,7). beaucoup plus mince que le précédent, se détache,, en haut, du rebord postérieur du trou occipital et vient se fixer, en bas, sur le bord supérieur de l'arc postérieur de l'atlas. Il occupe, en arrière des condyles. tout l'intervalle compris entre l'occipital et l'atlas et représenté ainsi le premier des ligaments jaunes.

ARTHROLOGIE

Latéralement, au niveau du point où il se confond avec la capsule occipitoatloïdienne ci-dessus décrite, le ligament occipito-atloïdien postérieur est percé, à droite et à gauche, d'un orifice circulaire pour le passage de l'artère vertébrale, qui, après avoir contourné de dehors en dedans les masses latérales de l'atlas, pénètre dans le canal rachidien. Par cet orifice passe encore, ainsi que nous le montre la figure 400, le premier nerf cervical ; il est placé au-dessous de l'artère.

3° Synoviales. — Chaque condylarthrose occipito-atloïdienne possède une synoviale. Cette synoviale est très lâche, surtout en dedans, où on la voit se prolonger plus ou moins loin sur les ligaments odontoïdiens et sur le ligament transverse.

4° Rapports. — L'appareil ligamenteux qui unit l'occipital à la première vertèbre cervicale présente des rapports importants. — La capsule occipito-atloïdienne tout d'abord répond, en dehors au muscle droit latéral de la tête, en dedans aux différents ligaments qui, de l'occipital, descendent sur l'apophyse odontoïde, sur le ligament, transverse et sur l'axis, — Le ligament occipito-atloïdien antérieur est en rapport : en avant, avec les muscles grands droits et petits droits antérieurs de la tête, qui le recouvrent et le séparent du pharynx ; en arrière, avec le ligament suspenseur de la dent et la partie la plus élevée de la synoviale atloïdoodontoïdienne, dont il est séparé par une couche de tissu cellulo-adipeux. — • Le ligament occipito-atloïdien postérieur est recouvert en arrière par les muscles petit-oblique, grand droit et petit droit postérieurs de la tête. En avant, il répond au bulbe, dont il est séparé par la d,ure-mère et par une mince couche de tissu cellulaire.

5° Vaisseaux et nerfs. — Les artères de l'articulation occipito-atloïdienne sont ' fournies par la vertébrale et par la branche méningée de la pharyngienne inférieure. — Les nerfs émanent du sous-occipital.

Mouvements. — La tète peut exécuter sur l'atlas trois ordres de mouvements : clic se fléchit, elle s'étend, elle s'incline latéralement.

a. Les mouvemenls de flexion et d'extension s'exécutent autour d'un axe transversal passant par la partie la plus élevée des cavités gléno'ides de l'atlas. — Dans le mouvement de flexion, la tête s'incline en avant, tandis c|ue les condyles occipitaux glissent d'avant en arrière sur les facettes atloïdiennes. — Dans l'extension, la tète s'incline en arrière et les condyles glissent eux-mêmes sur l'atlas, mais en sens inverse, c'est-à-dire d'arrière en avant.

6. Les mouvements d'inclinaison latérale sont très limités. L'inclinaison de la tête, soit à droite, soit à gauche, résulte avant tout d'un mouvement de même sens, s'accomplissant dans toute la hauteur de la colonne cervicale.

Muscles moteurs. — Nous les diviserons en fléchisseurs, extenseurs et fléchisseurs latéraux :

1° Fléchisseurs : le grand droit antérieur, le petit droit antérieur et le droit latéral de la tête ; accessoirement, les muscles sus- et sous-hyoïdiens.

2° Extenseurs : le trapèze, le splénius, le grand complexus, le grand droit postérieur et le petit droit postérieur delà tète, le petit oblique de la tête.

3° Fléchisseurs latéraux : le trapèze, le splénius, le petit complexus, le sterno-cléido-mastoïdien, le droit latéral et le petit oblique de la tète.

§ IL — Articul.\tion oc cipito-axoïdienne

L'occipital n'étant en contact avec l'axis sur aucun point, il ne saurait exister, dans leur mode d'union, de surfaces articulaires et par conséquent d'articulation véritable. Ces deux os sont reliés néanmoins par des ligaments, à la fois très nombreux et très résistants, qui ont pour effet, non seulement de les unir l'un à l'autre, mais aussi de maintenir la dent de l'axis dans l'anneau ostéo-fibreux qui se meut autour d'elle. Ces ligaments deviennent ainsi, comme nous l'avons déjà fait remar-

quer plus haut, les véritables moyens d'union de l'articulation atloïdo-odontoïdiennc. Ils se divisent en deux groupes : les uns se rendent au corps de l'axis, ce sont les ligaments occipUo-axoïdiens proprement dits; les autres s'insèrent sur l'apophyse odontoïde, ce sont les ligaments occipito-odontoïdiens.

1" Ligaments occipito-axoïdiens proprement dits. — Les ligaments occipitoaxoïdiens proprement dits, au nombre de trois, se distinguent en ligament moyen et ligaments latéraux :

a. Ligament occipilo-axoïdien moyen. — Le ligament occipito-axoïdion moyen

Fig. 401.

Articulations do l'occipital avec les deux premières vertèljres cervicales, vue postérieure. ■

(Los arcs postérieurs des vertèbres ont él6 rt^équfs, lo bulbe et ses enveloppes enlevés, de façon à montrer la paroi antérieure du canal l'achidien.)

1, occipital, avec 1', le trou condylien antérieur. — 2, atlas, avec 2', son apoplivse transversc. — 3, axis. — 4, troisièm* cervicale. — .5, ligament vertébral commun postérieur, réséqué et érigné en liant. — 5', le même, érigné en bas. — I 6, ligament occipito-axoïdien moyen. — 7, ligaments occipito-axoïdiens latéraux, avec 8, ligament latéral inférieur d'AHNOLD. — 9, articulation occipito-atloïdienne, injectée au suif. — 10, 11, les deux articulations suivantes, également injectées au suif.

(fig. 401,6) est une bandelette fibreuse, large de 10 à 12 millimètres, qui s'étend, comme son nom l'indique, de l'occipital à l'axis. Elle prend naissance en haut sur la gouttière basilaire, à 1 ou 2 millimètres en avant du trou occipital. De là, elle descend dans le canal rachidien, passe en arrière de l'apophyse odontoïde et du ligament transverse et vient se fixer à la face postérieure du corps de l'axis. A son origine et dans la première partie de son trajet, ce ligament se confond : 1° en

432 AHTHliOLOGIE

avant, avoc le ligament Iransversu-occipital, déjà décrit (p. 424j, qui s"arrèle sur le bord supérieur du ligament transverse ; 2° en arrière, avec la portion la plus élevée du ligament verti'bral commun postérieur qui, lui, descend jusque dans le canal sacré.

1). Ligaments occipilo-axoldiens latéraux. — Au nombre de deux, l'un droil. l'autre gauche, les ligaments occipito-axoïdiens latéraux (fig. 401,7) sont représentés, de chaque côté, par un faisceau fibreux à direction oblique, ([ui s'insère d'une

Fis- 402.

Lo ligarneul rruciloriiic, vue postéiieure (même préparalion que dans la ligure 401).

1, occipital, avec 1', le Irou coiidylieii anlérieur. — 2, atlas, avec i\ son apophyse transverse. — 3, axis. — 4, troisième cervicale. — ii, ô', ligament vertébral commun postérieur, érigné en liaut et en bas. — fl, 6', ligament occipitoaxoïdien moyen, également ?rigné en haut et en bas. — 7, 7', ligaments occipito-axoïdiens latéraux, réséqués à leur partie moyenne. — 8, ligament latéral inférieur d'AaNOLD. — 9, ligament transversc [bras latéraux de la croix). — 10, ligament transverso-occipital [bras supéruur de la croix). — 11, ligament transverso-axoi'dien [bras inférieur dr la croix). — 12, ligaments occipito-odontoïdiens latéraux. — 13, articulation occipito-atloïdienne, injectée au suit. — 14, articulation atloïdo-axoïdienne ouverte.

part sur les parties latérales du trou occipital, entre le condyle et le trou condylien antérieur, d'autre part sur la face postérieure du corps de l'axis, immédiatement en dehors de l'insertion du ligament occipito-axoïdien moyen. Ce faisceau^ ordinairement très fort et très résistant, large de 5 millimètres en moyenne, ne remonte pas tout entier de l'axis à l'occipital. Ses fibres les plus externes, comme nous le montre la figure 402 (8), s'arrêtent sur les masses latérales de l'atlas, devenant ainsi un faisceau de renforcement pour la partie interne de la capsule atloïdo-axoïdienne : c'est le ligament latéral inférieur d'.\RNOLD.

2° Ligaments occipito-odontoïdiens. — Au nombre de trois e'galement, les ligaments qui unissent l'occipital à l'apophyse odontoïdc se distinguent encore, d'après leur situation, en ligament moyen et ligaments latéraux :

a. Ligament occipilo-odontoïdien moyen. — Le ligament occipito-odontoïdien moyen (fig. 396,5 et 403,13), impair et médian, s'étend de la partie antérieure du trou occipital au sommet de l'apophyse odontoïde : on lui donne quelquefois, en raison de ses relations avec cette apophyse, la dénomination, fort impropre du reste, de ligament suspenseur de la dent. Il est exactement situé entre le ligament occipito-atloïdien antérieur, qui est en avant, et le ligament transverso-occipital ou occipito-transversaire, qui est en arrièi^e. Toujours très court, le ligament suspenseur de la dent présente dans sa constitution anatomique de nombreuses variétés : tantôt c'est un coi'don arrondi, très épais et très résistant, de 3 ou 4 millimètres de diamètre ; tantôt, au contraire, c'est un simple tractus conjonctif, qui relie l'apophyse odontoïde à l'apophyse basilaire ; entre ces deux dispositions extrêmes se trouvent toutes les dispositions intermédiaires. Morphologiquement, la formation en question n'est qu'un

pseudo-ligament : elle représente le disque in- D

tervertébral qui unit la dernière vei"tèbre céphalique à la première vertèbre cervicale, dont le corps, nous l'avons dit bien des fois, n'est autre que l'apophyse odontoïde. E

Le ligament suspenseur de la dent nous présente parfois dans son épaisseur ou dans son voisinage des nodules osseux ou osséiformes. Leur signification nous parait encore fort obscure. Sutton a cru devoir les considérer comme le résultat de l'ossification d'un disque ^ intervertébral, Albrecht comme le rudiment d'une vertèbre supplémentaire, qu'il aurait observée chez cot ÏHatterla punctata et à laquelle il a donné le nom de proatlas. La formation osseuse d" Albrecht n'a malheureusement pas été rencontrée depuis chez l'Halteria punctata, ni par l'abbé Gérard Smits, ni par Cornet, et l'existence d'un proatlas est tout au moins très problématique. Les recherches récentes de Chiarugi l'ont conduit aux mêmes conclusions. Dès lors, les nodules osseux précités représenteraient des productions sans valeur morphologique, développées accidentellement dans le tissu fibreux ou conjonctif qui constitue le ligament suspenseur de la dent. Peut-être pourrait-on cependant les considérer, mais dans certains cas seulement, comme provenant du point d'ossilication spécial qui forme le sommet de la dent et qui, au lieu de se souder à cette dernière, serait resté libre {ossiculum terminale de Bergsian.n).

b. Ligaments occipito-odontoïdiens latéraux. — Les ligaments occipito-odontoïdiens latéraux (fig. 396,4j, encore appelés ligaments alaires de la dent, sont au nombre de deux, l'un droit, l'autre gauche. Ils sont situés, comme

Coupe sagittale des articulations occipito-atloïdicnne , occipito-axoïdienne et occipi to-odontoïdienne.

A, apophyse basilaire. — B, arc aiiléi'ieiir de l'allas. — C, apophjse odontoïde. — 0, corps de l'axis. — E, F, troisième et quatrième vertôbi-es cervicales.

I, vestige du disque cartilagineux qui unit le corps de l'axis avec la dent. — ï. articulation alloïdo-odontoïdicune. — 3, articulation de la dent avec le ligament transverse. — 4, ligament occipito-atloïdien antérieur — 3, bandelette médiane, constituant l'origine du ligament vertébral commun antérieur 5'. — 0, ligameni atloïdo-axoïdien antérieur. — 7, capsule atloïdoodonto'idienne. — 8, ligament vertébral commun postérieur. — 9, ligament occipito-axo'idien moyen. — 10, ligament Iransverso-occipital. — 11, ligament Iransverse. — 12, ligament transverso-axoïdicn. — 13, ligament occi|iito-odonloïdien moyen ou suspenseur de la dent.

leur nom l'indique, sur les côtés

ARTHROLOGIE

de l'apophyse odontoïdc. A la fois très courts et extrêmement puissants, ces ligaments prennent naissance, en dehors, sur la face interne des condyles occipitaux. De là, ils se portent en dedans et en bas, en suivant un trajet presque horizontal, et viennent se terminer, en majeure partie, sur les côtés de la moitié supérieure de l'apophyse odontoïde. Leurs faisceaux les plus élevés, obliquant un peu en arrière, gagnent la face postérieure de cette apophyse et se continuent, sur la ligne médiane, avec les faisceaux homologues du côté opposé. Il en résulte la formation d'un petit cordon ansiforme à concavité supérieure (fig. 396, 4'), qui s'étend d'un côté à l'autre de l'occipital en passant en arrière de l'apophyse odontoïde. Ce faisceau oceipito-occipital (ligament transverse de r occipital de L.\uth) présente, du reste, avec la dent des rapports qui varient suivant les sujets : tantôt, il lui adhère intimement en prenant réellement insertion sur elle ; tantôt il ne lui est uni que par du tissu conjonctif ; dans certains cas, enfin, il en est entièrement distinct, passant en arrière de son sommet et n'ayant avec lui que de simples rapports de voisinage

A consulter, au sujet des articulations de la colonne vertébrale, parmi les travaux récents : Albbecht, Ueber den Proatlas, Zool. Anz., 1880 ; — Lacchi, Sul modo di f'ormazione e sid sif/nificalo del 3° condilo neiruomo, Meni. dei Fisiocritici, Siena, 1885 ; — Sutton, On tlie inler-vertebral d'isck betwen the odontoid process and the centrinn of the axis in Man, Proc. Zool. Soc, London, 1886 ; — Cornet, A'ote sur le prétendu Proatlas, Bull. Acad. roy. des Se. de Belgique, 1888 ;, — Chj.vrugi, Perla storia dell'articolazione occipito-atlo-assoideo, Monit. zool. italiano, 1890; — Trolard, Quelques articulations de la colonne vertébrale^ Journ. intern. d'Anatornie et de Physiologie, 1893 ; — DU .MÊME, Les articulations de la tète aoec la colonne vertébrale, Journ. de l'anatomie,

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