‹ Traité d'anatomie humaine (volume 5)Chapitre 89 sur 176 · ET AVEC LE CRANE · texte numérisé non relu

ET AVEC LE CRANE

Comme ceux du crâne, les os de la mâchoire supérieure s'articulent entre eux en formant des sutures. La suture harmonique est ici la variété prédominante. Il est à remarquer, toutefois, que les surfaces articulaires, au lieu d'être planes et unies, sont le plus souvent hérissées de rugosités ou même de petites dents, qui s'engrènent les unes dans les autres avec la plus grande solidité. L'articulation des deux apophyses palatines, celle de l'os malaire avec le maxillaire supérieur nous offrent des exemples très nets de cet engrènement.

La mâchoire supérieure, prise dans sa totalité, s'unit à la partie antérieure de la base du crâne {zone faciale, p. 171) en formant une nouvelle série de synarthroses. Ces synarthroses cranio-faciales se rattachent aux trois types suivants : la suture dentée, la suture harmonique, la schindylèse (voy. p. 403). — Nous observons la suture dentée dans l'articulation des os propres du nez avec le frontal, dans l'articulation de l'os malaire, soit avec l'apophyse zygomatique, soit avec l'apophyse orbitaire externe du frontal. Nous renconti^ons la suture harmonique dans l'articulation du palatin avec l'apophyse ptérygoïde, dans celle de l'ethmoïde avec le frontal. — La schindylèse, enfin, nous est offerte par l'articulation du bord supérieur du vomer avec le corps du sphénoïde (fig. 404, D).

Voyez, au sujet des articulations des os de la mâchoire supérieure avec le crâne. Zoja. Sopra alcune suture cranio-fasciali, la sutura temporo-zygomatica, Bollet. scientifico, 1892.

§ III. — Articulation de la mâchoire infiîrieure avec le craxe ou articulation t e m p 0 r 0 - m a X I l l a I r e

La mâchoire inférieure, constituée par un seul os, le maxillaire inférieur ou mandibule, s'articule en haut, par la partie supérieure et postérieure de ses deux branches, avec la zone moyenne de la base du crâne : c'est l'articulation tomporomaxillaire (allem. Kiefergelenk, angl. Temporo-maxillary articulation). Cette articulation, où se passent tous les mouvements de la mastication, se modifie considérablement, comme nous le verrons pins loin, suivant le mode de locomotion de la mandibule ou, ce qui revient au même, suivant le régime alimentaire auquel est soumis l'animal. Chez l'homme, la configuration de ses surfaces articulaires l'a fait ranger dans le genre des articulations bi-condyliennes.

1° Surfaces articulaires. — Des deux surfaces articulaires de l'articulation temporo-maxillaire, l'une, l'inférieure, appartient au maxillaire inférieur; l'autre, la. supérieure, au temporal :

a. Surface maxillaire. — Du côté du maxillaire, nous avons les deux condyles de cet os (Ostéologie, p. 213). Ce sont deux saillies ellipsoïdes, mesurant en moyenne 20 à 22 millimètres de longueur sur 7 ou 8 millimètres de largeur. Chez l'homme, ces deux saillies se dirigent obliquement de dehors en dedans et d'avant en arrière.

ARTHROLOGIE

de telle façon que leurs grands axes.

Surfaces articulaires de l'articulation temporomaxillairc : A, surface temporale du côté gauche, vue d'en bas ; B, le ménisque en place, vu^par sa face supérieure ; C, le condyle du maxillaire, vu d'en haut, avec le ménisque soulevé et récliné en arrière pour montrer sa face inférieure.

I, condjle du temporal. — 2, cavitf' gl^noïde — 3, partie non articulaire de cette cavité située en arrière de la scissure de Glaser. — 4, capsule articulaire sectionnée. — 5, apophyse stjloïde réséquée — 6, arcade zygoniatique. — 7, trou orale. — S, trou spliéno-épincux ou petit rond. — !), crête mousse séparant les deux versants antérieur et postérieur du condyle du maxillaire inférieur. — 10, muscle ptérygoïdien externe. — 11, bord antérieur du ménisque. — 12, l'ace inférieure du ménisque. — 13, bord postérieur du ménisque. — 14, ligament postérieur de l'articulation. — 15, conduit auditif exteine .

prolongés en dedans, se rencontreraient un peu en avant de la partie centrale du trou occipital ; leurs petits axes, prolongés en avant, se rencontreraient de même un peu en avant de la symphyse du menton.

Les condyles du maxillaire occupent, comme nous l'avons dit plus haut, la portion postérieure et supérieure des branches montantes, et nous ferons remarquer à ce sujet que la hauteur de ces branches, très variables suivant les espèces, est d'autant plus considérable que la voûte palatine se trouve plus éloignée de la base du crâne. .Vutrement dit, il y a une corrélation constante entre la hauteur de la branche du maxillaire et la hauteur du massif facial : c'est ainsi que cette branche, à peine ébauchée chez les rongeurs, s'accentue chez les carnassiers, pour acquérir chez l'homme et chez les anthropoïdes son plus haut degré de développement.

Envisagé dans ses rappoiis avec la branche du maxillaire, le condyle est supporté par une portion rétrécie appelée col. Le col, arrondi et mousse à sa partie postérieure, nous présente à sa partie antérieure, dans ses trois quarts internes, une dépression toujours très marquée, dans laquelle vient s'insérer le muscle ptérygoïdien externe. Le condyle, avec son col, est fortement déjeté en dedans, mais il est inexact de dire, avec certains auteurs, qu'il est situé tout entier en dedans du plan sagittal passant par la branche du maxillaire. Si, en effet, nous menons une verticale par la face externe de cette branche et si nous regardons alors le condyle par sa face postérieure, nous constatons qu'une partie de ce condyle, son quart ou son cinquième externe environ, est constamment placée en dehors de la verticale précitée.

Chacun des deux condyles, considéré isolément, nous présente deux faces : une face antérieure ou versant antérieur, qui regarde en haut et en avant, presque directement en haut ; une face postérieure ou versant postérieur, qui regarde en

ARTICULATION TEMPORO-MAXI L L AIRE

arrière. Ces deux versants se réunissent au puint culminant du condyle, en formant à ce niveau une arête mousse à direction transversale. Il en résulte que le condyle, dans son ensemble, représente une sorte de dos d'àne, qui est convexe à la fois dans le sens antéro-postéricur et dans le sens transversal.

A l'état frais, les deux versants du condyle sont revêtus par une mince couche de parties molles, qui régularise la surface articulaire, sans la moditier dans sa configuration générale. Il est à remarquer que cette coucha non ossifiée est constituée, non pas par du cartilage hyalin, mais pas un simple tissu fibreux. La raison en est dans ce fait embr3-ologique que le condyle du maxillaire se développe directement, comme les os de revêtement du crâne, au sein du tissu conjonctif, sans cartilage préexistant. Il s'ensuit que, lorsqu'il est arrivé à son complet développement, sa partie toute superficielle et non ossifiée, je veux dire cette mince couche de parties molles qui recouvre sa surface articulaire, est une formation conjonctive et nullement cartilagineuse.

h. Surface temporale. — Le temporal nous présente, pour l'articulation temporo-maxillaire, une saillie transversale, le condyle du temporal, et en arrière du condyle vme cavité dite cavité glénoïde. — Le condyle du temporal (fig. 407,1) n'est autre que la racine transverse de l'apophyse zygomatique. C'est une saillie transversale, fortement convexe d'avant en arrière, légèrement concave de dehors en dedans. Partant du tubercule zygomatique, elle se dirige obliquement en dedans et un peu en arrière. Elle regarde en bas et un peu en dehors, autrement dit son extrémité externe est placée à un niveau sensiblement plus élevé que celui qu'occupe son extrémité interne. — La cavité glénoïde (fig. 407,2) est une dépression profonde, de forme ellipsoïde, dont le grand axe présente exactement la même direction que celle du condyle du maxillaire. Elle est délimitée : 1° en avant, par le tubercule zygomatique, et par la racine transverse de l'areade zygomatique ou condyle du temporal ; 2° en arrièi^e, par l'apophyse vaginale et par la crête pétreuse ; 3° en dedans, par l'épine du sphénoïde ; 4° en dehors, par la racine longitudinale de l'apophyse zygomatique, par la branche de bifurcation inférieure de cette racine et par la paroi antérieure du conduit auditif externe. Une scissure, longuement étutiiée en ostéologie (p. 157), la scissure de Glaser, divise notre cavité glénoïde en deux parties fort inégales : une partie antérieure, plus petite, creusée à la base de l'écaillé, c'est la cavité glénoïde proprement dite ; une partie postérieure, plus grande, qui est formée en grande partie par la paroi antérieure du conduit auditif et qui, embryologiquement, appartient à l'os tympanal. De ces deux parties, la première, plus régulièrement évidée et plus lisse, fait partie de l'articulation. (Juant à la partie postérieure, celle qui est située en arrière de la scissure de Glaser, elle est extra-articulaire et n'est en rapport qu'avec du tissu cellulo-graisseux.

Réunis l'un à l'autre, le condyle du temporal et la portion articulaire de la cavité glénoïde représentent dans leur ensemble une surface quadrilatère, convexe à sa partie antérieure, concave à sa partie postérieure, mesurant en moyenne 22 millimètres dans le sens transversal, 20 millimèti^es dans le sens antéro-postérieur. A l'état frais, elle est revêtue par une mince couche de parties molles. Cette couche non ossifiée est encore formée, comme sur la surface articulaire du maxillaire et pour les mêmes raisons, par du tissu fibreux.

2" Ménisque interarticulaire. — Il résulte de la description qui précède que l'articulation temporo-maxillaire est essentiellement constituée, au point de vue squelettique, par deux surfaces, qui, abstraction faite de la cavité glénoïde, sont

ARTHROLOGIE

l'une et l'autre convexes et, par conséquent, ne se correspondent pas. Pour rétablir l'harmonie, il existe entre elles un disque fibreux, qui se moule exactement, en bas sur la partie correspondante du condyle, en haut sur la face articulaire du temporal.

Ce disque ou ménisque interarticulaire (fig. 407, B et C) a une forme elliptique dont le grand axe, comme celui du condyle, se dirige obliquement de dehors en dedans et d'avant en arrière. Vu en place, il ne se développe nullement suivant un plan horizontal, mais s'incline fortement en bas et en avant, comme l'ont établi depuis longtemps les recherches de Gosselin {Thèse de Paris, 1843). Nous pouvons, du reste, lui considérer deux faces, deux bords et deux extrémités :

Des deux faces l'une est antéro-supérieure, l'autre postéro-inférieure. — La première est à la fois concave et convexe : concave en avant, où elle s'applique contre le condyle du temporal ; convexe en arrière, où elle répond à la cavité glénoïde. Cette partie convexe est beaucoup moins étendue que la partie concave ; elle est, sur quelques sujets, à peine mai'quée. — La face postéro-inférieure coiffe le condyle du maxillaire et, par conséquent, se trouve concave dans toute son étendue. Nous ferons l'emarquer, au sujet des rapports précis du condyle du maxillaire avec le ménisque que, à l'état de repos de l'articulation, je veux dire lorsque l'arcade dentaire inférieure est appliquée contre l'arcade dentaire supérieure, le ménisque en question recouvre seulement (fig. 410,3) le versant antérieur du condyle et la crête transversale qui le surmonte. Quant au versant postérieur, il est libre de tout contact avec le disque fibreux et se trouve en rapport immédiat avec la partie postérieure de la capsule articulaire.

Des deux bords du ménisque, le bord postérieur est beaucoup plus épais que l'antérieur : il mesure 3 ou 4 millimètres de hauteur, tandis que l'antérieur n'en présente que 1 ou 2. Comme nous le montre nettement la coupe sagittale représentée dans la figure 410, le bord postérieur continue en haut la direction du versant postérieur du condyle du maxillaire ; l'antérieur s'avance jusqu'à la limite antérieure du condyle du temporal.

Les deux extrémités du ménisque temporo-maxillaire se distinguent en externe et interne. Contrairement à ce qu'écrivent certains auteurs, la première m'a toujours paru beaucoup plus épaisse que la seconde. Toutes les deux s'infléchissent légèrement en bas et se fixent, à l'aide de minces faisceaux fibreux, aux extrémités correspondantes du condyle du maxillaire. 11 s'ensuit que, dans les différents mouvements dont l'articulation temporo-maxillaire est le siège, le ménisque fibreux accompagne toujours le maxillaire dans ses déplacements.

Au total, le ménisque temporo-maxillaire est un disque fibreux, de forme elliptique à grand axe transversal, concave à la fois sur sa face supérieure et sur sa face inférieure et, par conséquent, beaucoup jdIus mince à sa partie centrale qu'à sa périphérie : il est même quelcfuefois percé d'un trou à son centre, mais l'existence de ce trou est excessivement rare.

3° Moyens d'union. — L'articulation de la mâchoire inférieure avec le crâne nous présente, comme moyens d'union de ses surfaces articulaires, un ligament capsulaire, renforcé sur les côtés par deux ligaments latéraux, que nous distinguerons en externe et interne. Nous rencontrons, en outre, sur le côté interne de la branche du maxillaire, un certain nombre de formations fibreuses, beaucoup moins importantes, qu'il est d'usage de rattacher à l'articulation temporo-maxillaire et que nous désignerons sous le nom de ligaments accessoires.

A 11 T 1 G IJ L A T 1 0 N l' E M P 0 U 0 - M A \ I M. A I RE

A. Ligament c.U'sl i-Miu:. — Le ligament capsulaire revêt ici, comme ailleurs, la forme d'un véritable nuinclioii disposé autour de l'articulation. Il nous présente: en conséquence, une surface extérieure, une surface intérieure et deux circonférences, l'une supérieure, l'autre inférieure. — Par sa circonférence supérieure, ce ligament s'insère sur les points suivants (fig. 407, A) : 'l°en avant, sui- le bord aiib'rieur de la racine transverse de l'apophyse zygomatique; 2" en arrière, dans le fond de la cavité glénoïde, un peu en avant de la scissui-e de Glaser: 3° en dehors, sur le tubercule zygonuîtiqne et sur la partie de la racine longitudinale qui lui fait suite; 4" en dedans, enlln. sur la base de l'épine du sphénoïde. — Sa circonférence inférieure, beaucoup moins ('lendue. se fixe sur le pourtour du col r't nr)ns ferons

.Viiicula.tion temporo-iiiaxillaiic, \uc externe.

t, ligament laléiul cxteruo. — 2, ligamcul, postérieur. — 3, concUul auditif externe. — 4, muscle temporal. — ;i, muscle masséicr. — fi, carotide externe. — 7, maxillaire interne. — S, 8, temporale superlicielle. — 11, temporale prol'ontle postérieure. — iO. temporale profonde moyenne. — 11, temporale )irol'oiide antérieure. — 12, artère et nerf niassflérins. — 13, artère Iransversale de la face.

remarquer, à ce sujel, que sur le versant anl(''i'i('Uf du condyle, celte insertion se fait immédiatement en avant de la surface articulaire, tandis que sur le versant postérieur les fibres ligamenteuses descendent sur le col jusqu'à 4 ou 5 millimètres au-dessous de l'article. — La surface extérieure de la capsule répond aux dilTércnts organes qui avoisinenl l'articulation : nous les énumérerons toid à l'heure à pi^opos des rappoi^ts (voy. p. 445). — La surface intérieure regaixb; la cavité articulaire et la délimite. Sur les points oit elle entre en contact avec le pourtour du ménisque, la capsule lui adhère d'une façon intime, de telle sorte que la cavité articulaire, gi^tce à cette adhéi^ence, se trouve divisée en deux compartiments ou étages : un étage supérieui^ situé entre le crâne et le ménisque ; un étage inférieur, compris entre le ménisque et le condyle.

La capsule artictilaire temporo-maxillaire est mince dans la plus grande partie

ARTHROLOGIE

de son étendue, principalement à sa partie antérieure oîi elle donne insertion à un certain nombre de faisceaux du muscle ptérygoïdien externe. Elle est essentiellement constituée par des faisceaux fibreux à direction verticale, dont les uns {faisceaux longs) descendent directement de la base du crâne sur le col du maxillaire, dont les autres [faisceaux courts) vont de la base du crâne au ménisque ou de celui-ci au condyle. A ces faisceaux fibreux viennent s'ajouter, à la partie postérieure de l'articulation, un certain nombre de faisceaux élastiques, qui naissent en haut sur la scissure de Glaser ou un peu en avant de cette scissure et qui, d'autre part, viennent s'insérer en bas, soit sur la partie postérieure du ménisque, soit sur la partie postérieure du col. D'après S.appey, ces faisceaux élastiques rétroarticulaires contribueraient à limiter le déplacement du ménisque et du condyle dans les mouvements d'abaissement du maxillaire et, aussi, à les ramener en arrière lorsque le maxillaire revient à sa position de repos.

B. Ligament l.\téral externe. — Le ligament latéral externe (fig. 408, 1), qui renforce en dehors la capsule articulaire, constitue le principal moyen d'union de l'articulation tcmporo-maxillaire :ilmesure, àsa partie moyenne, 2 ou3 millimètres d'épaisseur. 11 s'insère en haut sur le tubercule zygomatique et, en arrière de lui, sur la racine longitudinale du zygoma. De là, il se dirige obliquement en bas et en arrière et vient se fixer sur la partie postéro-externe du col. Ses faisceaux antérieurs, qui sont à la fois les plus obliques et les plus longs, descendent jusqu'à 10 ou 12 millimètres au-dessous de la surface articulaire du condyle.

C. Ligament latéral interne. — Le ligament latéral interne [court ligament latéral interne de Morris) occupe, comme son nom l'indique, le côté interne de la capsule (fig. 409, 1). 11 rappelle assez bien, par sa disposition, le ligament latéral externe. Mais il diffère de ce dernier en ce qu'il est beaucoup plus mince et, de ce fait, beaucoup moins résistant. Il prend naissance, en haut, sur le rebord interne de la cavité glénoïde, au niveau du point où cette cavité prend contact avec l'épine du sphénoïde. De là, les faisceaux fibreux qui le constituent se portent obliquement en bas et en arrière, pour venir s'insérer sur la partie postéro-interne du col du condyle. Ici encore ce sont les faisceaux antérieurs qui sont les plus longs et nous les voyons descendre, comme les faisceaux correspondants du ligament latéral externe, jusqu'à 10 ou 12 millimètres au-dessous de la surface articulaire, quelquefois même beaucoup plus bas.

D. Ligaments accessoires. — Nous comprendrons sous ce nom les trois formations fibreuses suivantes : le ligament sphéno-maxillaire, le ligament stylo-maxillaire et le ligament ptérygo-maxillaire.

a. Ligament sphéno-maxillaire . — Le ligament sphéno-maxillaire [long ligament latéral interne de Morris) est une bandelette fibreuse, de forme rectangulaire, large de 3 ou 4 millimètres à son milieu, qui s'étend de la base du crâne à la partie moyenne de la branche du maxillaire inférieur (fig. 409, 2). — Elle s'attache, en haut, sur le côté externe de l'épine du sphénoïde et sur la partie la plus interne de la scissure de Glaser. — De là, elle se porte obliquement en bas, en avant et en dehors, croise tout d'abord le ligament latéral interne ci-dessus décrit, dont les tibres suivent une direction contraire, s'engage ensuite entre les deux muscles ptérygoïdiens, gagne ainsi l'orifice supérieur du canal dentaire et se termine au voisinage de cet orifice, soit sur l'épine de Spix, soit en arrière d'elle. Très fréquemment, comme sur la figure 409, on le voit s'insérer à la fois, sur l'épine de Spix et sur toute la portion de la branche du maxillaire qui s'étend de cette épine

ARTICULATION TEMPORO-MAXILL AIRE

au bord parotidien de l'os : dans ce cas, il passe naturellement au-dessus de la gouttière mylo-hyoïdicnne et, en se fixant aux deux lèvres de celte gouttière, il forme un trou ostéo-fibreux, le trou mylo-hyoïdien, à travers lequel passent le nerf et les vaisseaux de même nom. — Recouvert en dedans par le constricteur supérieur du pharynx et par le ptérygoïdien interne, le ligament sphéno-maxillaire recouvre, à son tour, le nerf et les vaisseaux dentaires inférieurs, qui cheminent le long de sa face externe. Ce dernier rapport nous explique l'opinion émise par certains auteurs, que le ligament en question aurait pour fonction de protéger ces organes. Mais ici, pas plus qu'ailleurs, la nature n'a pris soin de protéger un nerf

Fig. 400.

Articulation temporo-maxillaire, vue interne.

I, ligament latéral interne. — 2, ligament splifno-maxillaire. — 3, ligament stylo-maxillaire. — 4, muscle ptfrygoïdien interne. — 5, muscle temporal. — 0, carotide externe. — 7, temporale superficielle — 8, maxillaire interne, avec : 9, dentaire inférieure; iO, massétérine ; 11, méningée moyenne; 12, petite méningée; 13, temporale profonde moyenne; 14, temporale profonde antérieure. — 13, nerf lingual. — IG, nerf dentaire inférieur, avec 10', nerf m;lohjoïdien. — 17, membrane du tympan.

et des vaisseaux oontre un danger imaginaire et il me paraît plus rationnel de ne voir dans le ligament sphéno-maxillaire, comme dans bien d'autres, que le reliquat fibreux d'un organe disparu : c'est probablement un reste de la portion moyenne du cartilage de Meckel (p. 217).

b. Ligament stylo-maxillaire . — Le ligament stylo-maxillaire (fig. 409,3) est une bandelette fibreuse, plus large en bas qu'en haut, qui s'insère, d'une part sur l'apophyse styloide au voisinage de son sommet, d'autre part sur le bord parotidien du maxillaire un peu au-dessus de l'angle inférieur ou sur cet angle luimême. Il se confond en haut avec le tendon d'origine du muscle stylo-glosse.

c. Ligament ptéry go-maxillaire, — Le ligament ptérygo-maxillaire, qu'on désigne encore sous le nom à' aponévrose buccinalo-pharyngienne (voy. Myologie), est une lame fibreuse, qui s'étend du crochet de l'aile interne de l'apophyse ptérygoïde à l'extrémité postérieure du boi^d alvéolaire du maxillaire inférieur. Cette lame fibreuse, tantôt épaisse et résistante, tantôt mince et peu visible, sert de

ARTHROLO(nE

point d'insertion commun, en arrière au constricteur supérieur du pharynx, en avant aux faisceaux moyens du buccinateur.

d. Significations morphologiques des ligamenls accessoires. — Comme on le voit, les trois ligaments sphéno-maxillaire, stylo-maxillaire et pte'rygomaxillaire prennent une part bien secondaire, pour ne pas dire nulle, à la constitution anatomique de l'ai'ticulation temporo-maxillaire. La lame fibreuse sphéno-maxillaire, nous l'avons dit plus haut, a une signification morphologique toute différente de celle qui caractérise les vrais ligaments articulaires. IjC ligament stylo-maxillaire est encore un pseudo-ligament : il n'est vraisemblablement, comme bien d'autres ligaments, qu'un reliquat fibreux d'un muscle qui a disparu chez l'homme au cours de son développement phylogénique. Quant au ligament ptérygomaxillaire, il peut être considéré comme une simple intersection fibreuse jetée entre deux lames musculaires voisines, le buccinateur et le constricteur supérieur du pharynx. Ainsi se trouve justifié le nom de ligaments accessoires, nous aurions pu dire pseii do-ligaments pour employer une expression de Gegenb.^ur, sous lequel

nous avons décrit ces différentes formations fibreuses , de préférence à celui de ligaments latéraux que leur donnent encore çei'tnins auteurs.

4" Synoviales. — il existe pour l'articulât ion temporo-maxillaire deux synoviales distinctes, correspondant aux deux étages, signal(% ci-dessus, de la cavité articulaire. Ces deux synoviales se distinguent en supérieure et inférieure (fig. 410, 5 et 6) :

I^a synoviale supérieure ou siis-méniscale, située entre le ménisque et le temporal, est beaucoup plus étendue et surtout beaucoup plus lâche que l'inférieure. Elle tapisse intérieui'einent la portion de la capsule fibreuse qui se trouve comprise entre la base du crâne et le bord supérieur du ménisque intra-articulaire. — En bas, elle se fixe sur le pburtoui' du ménisque. — En htiut, ses insertions se font, à peu de chose près, sur les mêmes points que la capsule fibreuse, c'est-à-dire : en avant, sur le bord antérieur de la racine transverse; en dehors, sur le tubercule zygoinatique et sur la partie de la racine longitudinale qui lui fait suite; en arrière, sur la lèvre antérieure de la scissure de Glaser; en dedans, à la base de l'(>pine du sphénoïde.

La synoviale inférieure ou sous-méniscale est située au-dessous du ménisque, entre celui-ci et le condyle. Elle s'attache, en haut, sur le bord inférieur du ménisque ; en bas, sur le col du condyle, où on la voit descendre beaucoup plus bas en arrière qu'en avant.

Fig. 410.

(;()upc sagittale de l'articulation tempoio- maxillaire pratiquée sur un sujet congelé, la bouche étant formée (côté gauche, segment interne de la coupe).

I, condyle du maxillaire. — 2, condyle du temporal. — 3, cavité glénoïde. — 4, ménisque. — 5, synoviale supérieure ou sus-méniscalc.

— 6, synoviale inférieure ou sous-méniscalc. — 7, ptérygoïdien externe.

— 8, temporal. — 9, carotide externe — 10, maxillaire interne. — 11, parotide. — 12, conduit auditif externe. — 13, vestibule et canaux demi-circulaires. — 14, circonvolutions cérébrales.

ARTICULATION TEMPORO-M AXILL AIRE

Dans le cas ou le iiKÎaisquc iiilra-articulaire est percé à son centre, diposition (jui existe, mais qui ine paraît être excessiv^ement rare, les deux synoviales précitées communiquent naLurelIemiMit entre elles à travers cet orifice.

5" Rapports. — ■ L'articulation temporo-maxillairc nous présente des rapports importants. Nous les examinerons successivement en dehors, en dedans, en avant, en arrière et en haut :

a. En deho7'S 411), l'articulation tempoi'o-maxiliaire répond à la peau d(; la face, douhlée à ce niveau d'ime couche plus ou moins épaisse de tissu cellulo-adipeux, au sein duquel cheminent l'artère transversale de la face et les rameaux temporaux du nerf facial.

Le condyle est placé imnuîdiatement en avant (lu tragus et nous rappellerons, en passant, qu'il existe sur ce point un petit ganglion lymphatique, le ganglion pri'auriculaire. Entre le condyle et le tragus, dans le tissu cellulaire sous -cutané, montent le nerf auriculolemporal, l'artère temporale superficielle et la veine de même nom.

h. En dedans (fig. 409), elle est en rapjïort :

l" avec le nerf denlaire inférieur et le nerf lingual, deux hranches du maxillaire inférieur ; 2'^ avec la corile du tympan.

(]ui rejoint ce dernier nerf; 3" avec l'aurieulotemporal, autr.'> lu'anche du maxillaire inférieur, qui croise uhliquemcnt le ligament latéral interne, en passant entre ce dernier liganuMil d la handelelte sphéno-maxillaire, et qui contourne ensuite le col du condyle pour gagner la région temporale ;

Fig. 411.

Cuuj)i' liiii'izoïiUle passant par la parlic inférieure ilu condyle (lu maxillaire fsujel congelé, côlé droil, segment inférieur di' la coupe).

A, condyle du niaxillaiic . — t!, a[)Oplnso coi'Oiioïde. — C, rocliei', avec e, canal caiolidieii. — D. apo|)lijsc basilaire. — E, maxillaii'e supérieur, avec c, anlrc d'Higmore. — F, apoplijsc plérygoïde.

I, conque du pavillon. — 1', conduit auditif externe. — 2, caisse du tympan.

— 3. articulation lemporo-niaxillaire (synoviale inférieure). — 4, parotide. — o, plexus veineux périarticulaire. — 6, artère temporale superficielle. — 7, 7'. ai'tère niassétérine. — S. artère ptérjgoïdienne. — 9, masséter. — 10, temporal.

— Il, ptérygoïdien externe. — 12, ptérygoïdien interne. — 1^*, ouverture pharyngienne de la Ironipe d'Eustaclie. — li, cartilage de la trompe. — IS, périslaphjlin interne. — Iti, Ijoule graisseuse de Bicliat. — 17, sinus latéral. — 18, sinus pélreux inférieur.

(ju'elle fournit à ce niveau, notamment avec. la tympanique, la méningée moyenne et la petite méningée ; 5" avec un riclie plexus veineux, qui se continue, comme nous le montre la figure 411, sur les côtés postérieur et externe du condyle.

ARTHROLOGIE

c. En avant (fig. 411), l'articulation temporo-maxillaire est en rapport avec deux muscles puissants : 1° le masséter, qui par ses faisceaux postérieurs longe la partie antéi'O-externe de la capsule articulaire ; 2" en dedans du masséter, le ptérygoïdien externe, qui s'insère à la fois sur le col du condyle, sur la capsule articulaire et sur le ménisque. Entre ces deux plans musculaires, l'articulation répond à l'échancrure sigmoïde du maxillaire, que traversent les vaisseaux et nerf massétérins et où descendent les faisceaux postéi-ieurs du muscle temporal.

d. En arrière (fig. 411), la face postérieure du condyle et le ménisque, qui le surmonte, sont en rapport avec le conduit auditif osseux et cartilagineux. Toutefois, ce rapport n'est pas immédiat : entre le plan ménisco-condylien et le plan aviriculaire existe toujours un étroit espace, comblé, en partie par du tissu cellulegraisseux, en partie par un prolongement ascendant de la parotide, qui remonte souvent jusqu'à la racine longitudinale du zygoma.

e. En haut (fig. 410), l'articulation répond à la paroi crânienne et, par son intermédiaire, aux méninges et aux circonvolutions céi^ébrales. Cette jDaroi diminue d'épaisseur en allant de la racine transverse à la cavité glénoïde. Sur ce dernier point, elle est toujours fort mince, pai'fois même transparente : dans ce cas, on le conçoit, la cavité articulaire n'est séparée du cerveau et de ses enveloppes que par un intervalle de 1 ou 2 millimètres.

6° Artères. — Les artères de l'articulation temporo-maxillaire proviennent des sources les plus diverses : i° de la temporale superficielle, branche de bifurcation de la carotide externe ; 2° de la tympanique, de la méningée moyenne et de la temporale profonde moyenne, branches de la maxillaire interne ; 3° des branches parotidiennes de l'auriculaire postérieure ; 4° de la palatine ascendante, branche de la faciale ; 5° de la pharyngienne inférieure, par les l'ameaux qu'elle envoie à la trompe d'Eustache.

7° Nerfs. — Les nerfs ont une double origine. Ils émanent : 1° du massétérin, branche du maxillaire inférieur ; 2° de l'auriculo-temporal, autre bi-anche du maxillaire inférieur, soit directement, soit par les rameaux que ce dernier envoie à la parotide et au conduit auditif externe.

Mouvements. — Le maxillaire inférieur peut exécuter trois ordres de mouvements : 1° des mouvements d'abaissement et d'élévation : 2" des mouvements de projection en avant et de projection en arrière ; 3° des mouvements de latéralité ou de diduction.

a. Mouvements d'abaissement et d'élévation. — Ces mouvements, qu'il n'est pas besoin de définir, s'exécutent l'un et l'autre autour d'un axe transversal, qui passerait par la partie moyenne de la branche du maxillaire inférieur, un peu au-dessus de l'orifice du canal dentaire. Il en résulte que, la partie moyenne de la branche restant immobile, le menton et le condyle se déplacent simultanément, mais en sens inverse.

Dans le mouvement d'abaissement, en effet, nous voyons le menton se porter en bas et en arrière en décrivant un arc de cercle à concavité postéro-supériem'e ; le condyle, de son côté, glisser d'arrière e» avant, abandonner la cavjté glénoïde et venir se placer sous la racine transverse de l'arcade zygomatique. Le déplacement du condyle est de 1 centimètre environ. — Le ménisque interarticulaire accompagne le condyle dans son déplacement, non seulement parce qu'ils sont unis l'un à l'autre, comme nous l'avons vu, par des expansions membraneuses, mais aussi parce que le muscle ptérygoïdien externe, qui se contracte toujours quand le condyle se déplace en avant, s'insère à la fois sur le col du condyle et sur le ménisque. — Il serait pourtant inexact de dire que le condyle et le ménisque qui le coiffe sont absolument immobiles l'un sur l'autre dans les mouvements d'abaissement. Il y a lieu, à ce sujet, d'admettre deux temps : dans le premier temps, condyle et ménisque quittent l'un et l'autre la cavité glénoïde pour se porter en avant ; dans le deuxième temps, le ménisque s'arrête et le condyle, continuant son mouvement, glisse d'arrière en avant sur la face inférieure de ce ménisque, en se rapprochant de plus en plus de son bord antérieur. Le ménisque, qui, au début du mouvement, était oblique en bas et en avant, devient d'abord horizontal et, finalement, oblique en bas et en arrière

(fig. 412, A, B, c).

ARTICULATION TEMPORO

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