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CAVITÉ

Ces synoviales s'atténuent, du reste, au fur et à mesure que le sujet avance en âge. Il en est de même, naturellement, de la cavité qu'elles limitent : l'arthrodie perd graduellement, avec sa mobilité, ses caractères de diarthrose, pour se rapprocher peu à peu des amphiarthroses.

4° Caractères propres à quelques articulations chondro-sternales. — La première, la deuxième et la septième des articulations chondro-sternales se distinguent des autres par quelques caractères particuliers :

La première articulation chondro-sternale diffère des articulations suivantes, tout d'abord en ce que ses surfaces articulaires sont à la fois très larges et très hautes, planes au lieu d'être anguleuses. — D'autre part, il n'existe que très rarement, entre les deux pièces squelettiques, de cavité articulaire. Le plus souvent, la surface cartilagineuse se continue directement avec le sternum, constituant ainsi une sorte de synarthrose, qui rappelle morphologiquement les articulations chondro-costales. Musgrove, comme nous l'avons vu plus haut, a rencontré cette

ARTICULATIONS DU THORAX 459

disposition 36 fois sur 36 articulations examinées. Le professeur Tschaussow, qui a eu l'occasion d'étudier les différentes articulations chondro-sternales sur 89 sujets de dix à quatre-vingt-dix ans, a constaté, sur 19 d'entre eux, l'existence d'une cavité articulaire entre le premier cartilage costal et le sternum : sur 8 sujets, la cavité était bilatérale ; sur les 11 autres, elle était unilatérale, à droite sur 6, à gauche sur 5. — La première articulation chondro-sternale nous présente, enfin, deux petits ligaments triangulaires, l'un en avant, l'autre en arrière. Ces deux ligaments dits conoïdes (fig. 421, 6), s'insèrent, en dehors, sur le bords supérieur du cartilage costal. De là, ils se portent en dedans et viennent se fixer à la partie correspondante du sternum, en s'écartant légèrement l'un de l'autre et en ménageant ainsi, au-dessus du premier cartilage costal, une petite dépression de forme triangulaire destinée à recevoir la facette costale de la clavicule.

La deuxième articulation chondro-sternale est caractérisée par une disposition angulaire (fig. 419) qui est beaucoup plus prononcée que pour les autres articulations. De plus, sa cavité articulaire est à peu près constante, quel que soit l'âge du sujet.

La septième articulation chondro-sternale, enfin, nous présente un ligament qui lui appartient en propre : c'est le ligament costo-xiphoïdien (fig. 419,12j, large bandelette fibreuse, qui s'insère, d'une part sur le bord inférieur du septième cartilage costal, d'autre part à la face antérieure de l'appendice xiphoïde.

5° Artères et nerfs. — Les artères des articulations chondro-sternales sont fournies par les rameaux antérieurs de la mammaire interne. — Les nerfs proviennent des intercostaux.

§ IV. — Articulations des cartilages intercostaux entre eux

ou ARTICULATIONS liNTERCHONDRALES

Les sixième, septième et huitième cartilages costaux (quelquefois le cinquième, quelquefois aussi le neuvième) s'articulent chacun avec le cartilage sous-jacent au moyen d'une arthrodie.

1° Surfaces articulaires. — Ces articulations, dites interchondrales, sont situées, non pas à l'extrémité antérieure des cartilages costaux, mais à leur partie moyenne, le plus souvent sur un point qui est plus rapproché de leur extrémité externe que de leur extrémité interne. Pour les former, les cartilages correspondants s'élargissent au niveau de leurs bords, marchent ainsi l'un vers l'autre et arrivent à se rencontrer (fig. 419,8). Au point de contact se développe, sur chacune des deux pièces cartilagineuses, une facette ovalaire à grand axe transversal.

2° Moyens d'union. — Les deux facettes articulaires sont maintenue en présence : 1° par le périchondre, qui, au niveau de chaque articulation interchondrale, passe sans s'interrompre, d'un cartilage à l'autre, en constituant une sorte de ligament capsulaire ; 2° par quelques faisceaux fibreux, à direction verticale ou oblique (fig. 419,13), qui se disposent sur la face antérieure de l'articulation et qui vont d'un cartilage à l'autre. On trouve encore, sur la face postérieure, des faisceaux analogues ; mais ces faisceaux interchondraux postérieurs sont beaucoup plus minces que les antérieurs.

3" Synoviale. — Une synoviale rudimentaire revêt intérieurement la capsule articulaire et permet ainsi aux surfaces en présence de légers mouvements de glissement.

ARTHROLOGIE

4° Artères et nerfs. — Les artères destinées aux articulations interchondrales sont fournies par la musculo-pbrénique, l'une des branches terminales de la mammaire interne. — Les nerfs émanent des intercostaux voisins.

Ligaments interchondraux. — Outre les articulations ci-dessus décrites, les cartilages costaux sont encore réunis à distance par un ensemble de faisceaux fibreux, qui, parfois, forment entre eux de véritables membranes. Ces faisceaux, que l'on peut, en raison de leur situation, désigner sous le nom de lirjaments interchondraux, s'étendent d'un cartilage à l'autre et sont particulièrement bien développés du troisième au neuvième. Ils sont situés immédiatement on dedans des muscles intercostaux externes, dont ils continuent la direction, et représentent vraisemblablement l'extrémité antérieure de ces muscles frappée d'atrophie. Ce sont encore là des pseudo-ligaments.

§ V. AkïICULATI OXS DES DirrÉltENTES PIÈCES DU STERNUM ENTRE ELLES

ou ARTICULATIONS S T K R N A I. E S

Le sternum se compose, chez l'adulte, de trois pièces distinctes : la poignée, le corps et l'appendice xipho'ide. Ces trois pièces sont unies entre elles par deux articulations, dites sternales, que nous distinguerons en supérieure et inférieure.

Articulation sternale supérieure

L'articulation sternale supérieure réunit l'une à l'autre la poignée et le corps du sternum. C'est, suivant les cas, une amphiarthrose ou une diarthro-amphiarthrose.

1° Surfaces articulaires. — Pour cette articulation, la poignée du sternum nous présente une surface plane, ovalaire, à grand axe transversal, revêtue dans toute son étendue d'une mince couche de cartilage hyalin. Sur le corps du sternum se voit une surface similaire, également revêtue de cartilage hyalin.

2° Fibro-cartilage interarticulaire. — Entre ces deux surfaces se dispose un fibro-cartilage, qui présente exactement la même configuration que ces dernières

B et qui, d'autre part, adhère inti-

mement à l'une et à l'autre. Ce libro-cartilage, véritable ligament interosseicx , se continue latéralement avec le ligament homonyme de la deuxième articulati o n c ho n d r 0- ste r n a 1 e (fi g . 41 9 , i 1 ) . il est très variable dans sa constitution anatomique : tantôt, il nous offre une consistance identique sur tous ses points ; tantôt, sa partie centrale se distingue nettement des parties périphériques en ce qu'elle est plus molle et comme diffluente (fig. 420,A); sur certains sujets, enfin, il existe à son centre une véritable cavité, allongée transversalement comme le fibro-cartilage lui-même (fig.

420,B). L'articulation sternale, dans ce dernier cas, présente une certaine analogie avec les diarthroses : c'est une diarthro-amphiarthrose. •■

Fig. 420.

Coupe sagittale de l'articulation de la première pièce du sternum avec la seconde : A, articulation sans ' cavité articulaire; B, articulation avec cavité articu- . laire.

I, 2, première et deuxième pièces du slernum. — .3, 3, périoste. — 4, couche cartilagineuse. — a, couche fibro-cai-tilagiiieuse, avec o'. cavité centrale.

ARTICULATIONS DU TllOHAX

Quand elle existe, La cavité arliculaire occupe la pai'tie ant(''i'i(nire (moitié antélieure ou tiers antérieur) du disque intersternal. KUe est limitée en haut (fig. 420,B) par une lame libro-carlilagineuse d'un gi'is Jamiàli'e, tranchant nettement sur la coloration blanclie du cartilage hyalin qui est situé au-dessus d'elle. En I)as, elle est limitée encore par un liséré fibro-cartilagineux reposant sur une couche de cartilage. Mais ici, connue nous le montre nettement la figure précitée, les deux couches fibrocartilagineuse et cartilagineuse sont moitié moins épaisses qu'à la partie supérieure : le liséré fibro-cartilagineux est à peine visible, tellement il est mince.

D'après Luschka, le fibro-cartilage interarticulaire se compose exclusivement, chez le nouveau-né, de faisceaux fibreux et élastiques sans cellules cartilagineuses : ces dernières ne feraient leur apparition que vei's la huilième ou la dixième année.

3° Moyens d'union. — Outre le fibro-cartilage précité, les deux premières pièces sternales sont encore maintenues en présence par le périoste, qui, sans s'interrompre, passe d'une pièce à l'autre en constituant à l'articulation une sorte de ligament capsulaire. Ce manclion périostique se trouve renforcé, tant sur la face postérieure du sternum que sur sa face antérieure, par de nombreux faisceaux fibreux à direction verticale ou plus ou moins oblique.

Mouvements. — L'articulation sternale supérieure ne nous présente que des mouvements peu étendus. Dans le jeu respiratoire, la poignée et le corps du sternum s'infléchissent l'une sur l'autre, en se portant soit en avant, soit en arrière. Ces deux pièces, on le sait, s'unissent l'une à l'autre, en formant un angle fortement obtus, à sinus postérieur : cet angle, appelé an^jle de Louis, est agrandi dans le premier cas, diminué dans le second.

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