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CHAPITRE

ARTICULATIONS DU THORAX

Le thorax est essentiellement constitué, ainsi que nous l'avons vu en ostéologie, par les douze arcs costaux, reliant, de chaque côté du squelette, la colonne dorsale à la colonne sternébrale. Envisagé au point de vue de l'arthrologie, il nous offre à considérer les cinq groupes d'articulations suivants ;

1° Les articulations des côtes avec la colonne vertébrale ;

2" Les articulations des côtes avec les cartilages costaux;

3° Les articulations des cartilages costaux avec le sternum ;

4° Les articulations des cartilages costaux entre eux ;

5° Les articulations des différentes pièces du sternum entre elles.

§ I. — Articulations des côtes avec la coloxne vertébrale

ou ARTICULATIONS COSTO-VERTÉli RALES

Les cotes s'articulent avec la colonne vertébrale sur deux points différents, constituant ainsi deux articulations distinctes : la tète de la côte, tout d'abord, s'articule avec la partie latérale des corps vertébraux, c'est V articulation costovertébrale proprement dite ; la tubérosité de la côte s'articule, à son tour, avec le sommet des apophyses transverses, c'est Varticulation costo-transoersaire.

A. — Articulations costo-vertébrales proprement dites

Les articulations costo-vertébrales proprement dites sont constituées chacune par deux arthrodies :

1° Surfaces articulaires. — ■ Chaque côte s'articule, nous l'avons d(^à vu en ostéologie, non pas avec une seule vertèbre, mais avec deux vertèbres contiguës. Comme surfaces articulaires, nous avons :

a. Du côté de la côte, deux facettes planes, l'une supérieure, l'autre inférieure, s'inclinant réciproquement l'une vers l'autre et séparées par une crête mousse dirigée d'avant en arrière. A l'état frais, ces deux facettes sont revêtues par une mince couche de fibro-cartilage.

b. Du côté des vertèbres, deux facettes similaires, appartenant, l'une à la vertèbre qui est au-dessus, l'autre à la vertèbre qui est au-dessous. Ces deux facettes sont dirigées obliquement comme les facettes costales et se trouvent séparées l'une de l'autre par le disque intervertébral correspondant. Envisagées dans leur ensemble, elles forment un angle dièdre ouvert en dehors^ angle dièdre admira-

anatomie humaine. — T. I, 4'= édit. 57

AUTHROI.OGIE

e ligament

Le liga-

l^lonnent disposé pour recevoir la têle de la cùte, qui s'avance vers lui à la manière d'un coin (voy. flg. 413). Comme les facettes costales, les facettes vertébrales sont revêtues à l'état frais par une mince couche fihro-cartilagineuse.

2" Moyens d'union. — Dans chaque articulation costo-vertébrale, la tête de la côte et la colonne sont maintenues en présence : 1° par un ligament interosseux ;

"2° par une capsule périphérique. Cette capsule, par elle-même fort mince, est renforcée, en avant et en arrière, par deux ligaments, le vertébral antérieur et costo-vertébral postérieur.

a. Ligament interosseux ment interosseux (fig. 413, 15) s'insère, d'une part, sur la crête horizontale qui sépare l'une de l'autre les deux facettes costales ; d'autre part, il se confond avec la partie latérale du disque intervertébral con'espondant. C'est, comme un le voit, une lame transversale fort courte, plus épaisse en avant qu'en arrière, et divisant l'articulation costovertébrale en deux étages, l'un supérieur, l'autre inférieur. Il est à remarquer, cependant, que cette séparation n'est le plus souvent qu'incomplète, la lame en C[uestion n'occupant ordinairement que la partie antérieure de la cavité articulaire. L'articulation supérieure et l'articulation inférieure, dans ce cas, communiquent l'une avec l'autre à leur partie postérieure.

b. Ligament antérieu7\ ■ — Le ligament antérieur, plus connu sons le nom de ligament rayonné {^is,. 413, 1 J ), est situé, comme son nom l'indique, à la partie antérieure de l'articulation costo-vertébi^ale. Il s'attache, en dehors, sur la partie antérieure de la tête de la cote. De là, il se porte en dedans en s'étalant à la manière d'un large

éventail : ses faisceaux supérieurs, obliquement ascendants, s'insèrent sur la partie latérale de la vertèbre qui est au-dessus ; ses faisceaux inférieurs, obliquement descendants, s'insèrent sur la partie latérale de la vertèbre qui est audessous ; ses faisceaux moyens, dirigés transversalement, s'insèi^ent sur le disque intervertébral. .

c. Ligament postérieur. — Le ligament postérieur (fig. 414, 8) occupe, comme son nom l'indique, la partie postérieure de l'articulation costo-vertébrale. Il est représenté par un ensemble de faisc(?aux nacrés, ordinairement très forts et très

Fig. 413.

Articulations des côtes avec le racliis, vue antéro-latérale droite.

A, cotes. — 1, corps des vertèbres. — 2, disques intervertébraux. — 3, apophyses articulaires supérieures. — 4, apophyses articulaires inférieui'es. — 5, apophyse épineuse.

— (i, apophyses transverses, avec G', facette articulaii'e pour la lubérosité. — 7, demi-facette costale du corps vertébral.

— 8, ligament vertébral commun antérieur (portion moyenne), avec 9, ses portions latérales. — 10, fente séparant la portion moyenne de la portion latérale. — 11, ligaments antérieurs ou rayonnés de l'articulation costo-vertébrale. — 12, ligament costo-transversaire supérieur, avec 13 et 13'; ses deux faisceaux accessoires interne et externe. — 14, ligament costo-transversaire intérieur. — I.t, ligament interosseux de l'articulation costo-vertébrale proprement dite. — in, 16', synoviales de cette articulation. — 17, canal rachidien.

ARTICULATIONS DU THORAX

résistants, qui se détachent de la partie postéro-supérieurc du col de la côte, un peu en dehors de la tète. De là, ils se dirigent en dedans, passent sur la pai'oi antérieure du trou de conjugaison correspondant et viennent se terminer, en partie sur la face postérieure du corps vertél)ral, en partie sur le ménisque fibro-

Les trois premières articulations costo-vertébrales gauches, vues par leu]' l'ace pustérieuri'.

Cvii, septième vertèbre cervicale. — D'. Du, première et deuxième dorsales. — 1,2. 3, première, deii\ième el troisième cotes. — 4, pédicules vertébraux. — 5, ligament vertébral commun postérieur. — ti, 0, ligaments coslo-transversaires postérieurs. — 7, ligament costo-transversairo inicrosseux. — X, ligament coslo-\ ertébral postérieur. — 0, disque intervertébral. — 10, une arliculation costo-vertébrale, vue en coupe frontale, pour montrer ses deux synoviales et son tégument interosseux. — 11. capsule fibreuse de cette arliculalion.

cartilagineux qui sépare les deux vertèbres voisines. Ce ligament costo-vertébral poste'rieur, que j'ai fait repre'senter (fig. 414,8) sur la partie supérieui^e de la colonne dorsale, se continue, en haut, avec les faisceaux les plus élevés du ligament costo-vertébral a'ntérieur, en bas avec les trousseaux fibreux qui unissent le col de la tête à l'apophyse transverse.

M.4YER a décrit en 1834, dans les Archives d'analomie de Mûller, chez un certain noiidti'c iranimaux. notamment chez le chat, le chien, le renard, le veau, le lapin, un faisceau iibreuv. il direction transversale, qui réunit l'une à l'autre, à travers le canal vertébral, les tètes de deux; côtes homologues et auquel il a donné le nom

très signiticatif de liqamentum conjugale cos- * (arum. Je représente dans la figure 415 ce ligament conjugal des côtes, d'après M.\yi-;[i lui-même. Depuis longtemps déjà, Luschic.v a émis l'opinion que ce ligament était représenté chez l'homme par un faisceau fibreux {iir/runenttan conjugale colli coslœ), qui, partant de la face postérieure du col d'une côte. Iraversait horizontalement le canal vertébral en passant entre le ménisque et le ligament vertébral commun postérieur et, finalement, venait s'insérer sur le col de la côte opposée. SuTTON a repris, en 1882, l'étude du ligament de Mayer, et si je m'en rapporte à une citation du Quain-Thane (édit. de 1892, p. 139), il l'aurait rencontré fréquemment chez le nouveau-né. M. Beht, mon préparateur, et moi. avon> «■herché dans de nombreuses dissections, sur des sujets de tout âge, le faisceau ligamenteux décrit par Mayer et Sutton chez les animaux. Nous ne l'avons jamais rencontré d'une façon nette, même chez le fœtus. J'estime donc que son existence est très rare chez l'homme, et qu'il faut vraisemblablement en chercher les homologues dans les faisceaux du ligaïucnt costovertébral postérieur, ci-dessus décrits, qui se rendent au ménisque.

Fig. 41 D.

Liganioiïl conjugal des côtes, chez le veau (d'après MA-i EH)

1. corps de la cinquit-me vertèbre dorsale. — 3, cùte gauche. — 4, ligament conjugal des côtes, corps vertébraux dans laquelle passe le ligament.

côte droite. — i, gouttière des

ARTHROLOGIE

3° Synoviales. — Chaque articulation costo-vertébrale présente deux synoviales rudimentaires, l'une supérieure, l'autre inférieure (fîg. 413). Ces deux synoviales sont séparées l'une de l'autre par le ligament interosseux. Mais, comme dans la plupart des cas, le ligament interosseux ne sépare qu'incomplètement les deux articulations, elles communiquent entre elles en arrière de ce ligament.

4° Artères et nerfs. — Les articulations des côtes avec les corps vertébraux reçoivent leurs artères des branches intercostales avant leur bifurcation. Chaque intercostale envoie ordinairement un rameau ascendant pour l'articulation costovertébrale qui est au-dessus et un rameau descendant joour l'articulation costovertébrale qui est au-dessous. — Les nerfs proviennent des nerfs intercostaux.

5" Caractères particuliers à quelques articulations costo-vertébrales. —

Parmi les douze articulations costo-vertébrales, il en est trois qui présentent des caractères anatomiques particuliers. Ce sont naturellement celles qui sont placées aux extrémités de la série : la première, la onzième et la douzième. En effet, les trois côtes qui leur correspondent, la première, la onzième et la douzième, ne s'articulent chacune qu'avec une seule vertèbre. Les articulations en question sont constituées par conséquent par une seule arthrodie et, de ce fait, ne présentent qu'une seule synoviale. Elles possèdent, du reste, comme moyens d'union, un ligament antérieur et un ligament postérieur, rappelant assez exactement les ligaments homonymes des aiticulations costo-vertébrales en général. En ce qui concerne le ligament interosseux, il est très rudimontaire ou même fait complètement défaut. Quand il existe, il se détache de la partie supérieure de la facette costale.

Mouvements. — (Voy. plus loin, p. 45.5.) Muscles moteurs. — (Voy. plus loin, p. 455.)

B. — Articulations co sto -tr an s versaires

L'articulation costo-transversaire réunit la tubérosité de la côte au sommet de l'apophyse transverse correspondante : c'est encore une arthrodie. Elle fait défaut pour les onzième et douzième côtes, dites côtes flottantes.

1° Surfaces articulaires. — Comme surfaces articulaires, nous avons : i° du côté de la tubérosité costale, une facette à peu près circulaire et légèrement convexe ; 2° du côté de r apophyse transverse, une facette similaire, arrondie et légèrement concave. Ces facettes sont verticales pour les articulations costo-transversaires les plus élevées, obliques de haut en bas et d'arrière en avant pour les articulations inférieures. Elles sont revêtues, dans toute leur étendue, d'une mince couche de cartilage diarthrodial.

Nous ajouterons que les facettes costales n'occupent pas sur toutes les côtes une situation uniforme, mais se rapprochent d'autant plus du bord inférieur de la côte que celle-ci se trouve plus rapprochée elle-même de la base du thorax. Il en résulte que, tandis que les côtes supérieures sont placées sur le même niveau que les apophyses transverses correspondantes, les côtes moyennes et inférieures débordent en haut leurs apophyses transverses et les débordent d'autant plus qu'elles occupent un rang plus inférieur. Cette disposition apparaît d'une façon très nette quand on regarde le squelette par sa face postérieure.

2° Moyens d'union. — Quatre ligaments, dits costo-transversaires (transversocostaux de la plupart des auteurs), maintiennent en présence la tubérosité de la

ARTICULATIONS DU THORAX

côte et les apophyses transverses correspondantes. Nous appellerons le premier, d'après sa situation, ligament interosseux; nous distinguerons les trois autres, d'après la direction qu'ils prennent en s'éloignant de la côte, en postérieur, supérieur et inférieur. A ces quatre ligaments, qui ont pour caractère commun d'unir la côte à une apophyse transverse, nous en ajouterons un cinquième, qui va de la côte aux lames vertébrales et que nous dési-

nom de ligament costo-

lamellaire.

a. Ligament coslo-transveraaire interosseux. — Le ligament costo-transversaire interosseux (fig. 416,3) est constitué par un ensemble de faisceaux fibreux, à la fois très courts et très résistants, qui s'insèrent, d'une part sur la partie postérieure et inférieure du col de la côte, d'autre part sur la face antérieure de l'apophyse transverse cori'espondante.

b. Ligament coslo-transversaire postérieur. — Le ligament costo-transversaire postérieur (fig. 417,8) est une bandelette rectangulaire, longue de 1 centimètre et demi cà 2 centimètres, large de 1 centimètre, située, comme son nom l'indique, à la partie postérieure de l'articulation. Il prend naissance, par son extrémité externe, sur la partie postéro-externe de la tubérosité costale immédiatement en dehors de la facette articulaire. De là, il se porte obliquement en dedans, en arrière et en bas et vient se fixer sur le sommet de l'apophyse transverse correspondante.

c. Ligament costo-transversaire supérieur. — Le ligament costo-transversaii'e supérieur, très épais, très résistant, est formé essentiellement par un faisceau aplati et quadrilatère, présentant 8 ou

10 millimètres de largeur sur une hauteur moyenne de 10 millimètres (fig. 415,12).

11 prend naissance, en bas, sur le bord supérieur du col de la côte, soulevé en forme de crête. De là, ses fibres se portent en haut et un peu en dehors, vers l'apophyse transverse située au-dessus; elles se fixent sur le bord inférieur de cette apophyse, dans la plus grande partie de son étendue.

Indépendamment de ce faisceau, faisceau essentiel, faisceau principal, il existe deux petits faisceaux accessoires, l'un externe, l'autre interne. — Le faisceau accessoire externe (fig. 413,13 et 417,10) s'insère en haut sur le bord inférieur du sommet de l'apophyse transverse, où il se confond plus ou moins avec le ligament intertransversaire correspondant. De là, il se dirige obliquement en bas et en dehors pour venir se fixer sur le plan postérieur de la côte, immédiatement en avant de la tubérosité. Il se fusionne plus ou moins, à ce niveau, avec le ligament costo-transversaire supérieur. Une nappe cellulo-adipeuse, plus ou moins développée, le sépare du faisceau principal. — Le faisceau accessoire interne (fig. 413,13),

Fig. 416.

Articulation costo-vertébrale, vue sur une coupe horizontale (côté droit, segment intérieur rte la coupe).

1, ligamonl coslo-lransvcrsaire postérieur. — 2, arliculalion de la tète costale avec le corps vertébral. — 3, ligament costo-transversaire inlcrosseux. — 4, corps vertébral. — 3, articulation de la tubérosité costale avec l'apophyse transverse.

— C, ligament vertébral commun antérieur. — 7, ligament costo-vertébral antérieur ou rayonné.

— 8, côte. — 0, apophyse transverse. — 10, apophyse épineuse.

ARTHROLOGIE

ordinairement très grêle, va de la base de Fapophj-se transverse à la tèle de la côte. Assez souvent, il s'attache à la fois sur la tête costale et sur le corps vertébral correspondant, quelquefois exclusivement sur le corps vertébral immédiatement au-dessus de la demi-facette articulaire. Le faisceau accessoire interne n"est pas constant. Quand il existe, il partage l'espace compris entre le faisceau principal et la colonne vertébrale en deux orifices : un orifice interne, qui livre passage à une'

veine de conjugaison, tributaire de l'intercostale ; un orifice externe, par lequel passent le nerf intercostal et deux petits rameaux artériels, l'un pour le rachis, l'autre pour les musc'les des gouttières.

d . Ligament costo-transversaire inférieur. — Le ligament costo-transvcrsaire inférieur (fig.

413,44), beaucoup moins important que le précédent, occupe, comme son nom l'indique, le côté inférieur de l'articulation costotransversaire : il est très visible quand on soulève la côte, en cherchant à l'écarter de son a^Doph^-se transverse. Il est formé par un ensemble de petits faisceaux, qui s'insèrent en haut sur le bord inférieur de la côte. De là, ils se portent en bas, en convergeant légèrement et viennent se fixer, en partie sur le sommet de l'apophyse transverse correspondante, en partie sur la portion de cette apophyse qui est située en de-

ligamenls coslo-iamcllaii-os. — I k ligament inlcri5pinoux. — 13, liga- daUS du SOmmCt.

nient surépineux. ^

e. Ligament costo-lamellaire.

— Le ligament costo-lamellaire (fig. 417,12 et 13j, décrit par Trolard sous le nom de ligament lamello-costal (j'ai modifié cette dénomination, excellente du reste, uniquement pour rharmoniser avec la terminologie que j'ai adoptée 'pour les autres ligaments de l'articulation costo-transversaire), prend naissance en dehors sur le bord supérieur de la côte, immédiatement en dedans du ligament costotransversaire postérieur. De là, il se porte obliquement en dedans et un peu en haut, pour venir se terminer sur le bord inférieur de la lame vertébrale, tout près de la base de l'apophyse transverse.

3" Synoviale. — Chaque articulation costo-transversaire possède une synoviale rudimentaire (fig. 416,5), destinée à faciliter les glissements, très faibles du i^esle, de la tubérosité costale sur son apophyse transverse.

4° Artères et nerfs. — Les artères des articulations costo-transversaires sont

Articulations des vertèbres entre elles et articulations des côtes avec le racliis, vue postérieure.

1, ligament vertébral commun postérieur. — 2, lames vertébrales.

— 3, apophyses articulaires supérieures. — 4, apophyses articulaires inférieures. — .d, '6, apophyses épineuses. — 0, apophy ses transverses.

— 7, ligaments intertransversaires, — 8, ligament costo-transversaire postérieur. — 0, ligament costo-transversaire supérieur, avec 10, son faisceau nccessoire pvff^pno — Il iitr.imoittc i^imoc lo \-i

ARTÏCLiLATIONS DU THORAX

fournies par le rameau dorso-spinal des intercostales. — Les nerfs proviennent, de uK'ine, des branches postérieures des nerfs dorsaux.

Mouvements des côtes. — Los côtes s'élèvent et s'abaissent : tels sonl 1rs ilrux uiouvcments fondaïuentaiix que présentent les articulations costo-vei'tébrales. Rn s'i'levant, les côtes augiiiiMitent l'ouverture de l'angle aigu qu'elles délimitent on s'iniijlantanl sur le racliis. En s'abaissunl, elles diminuent l'ouverture do ce même angle.

Dans ces deux mouvements. c]ia(iuc côte se comporte comme ùn levier du troisième genre, dont le point d'appui répond à l'articulation costo-verlébrale, la résistance à son extrémité anti;lii'ure, la puissance à sa partie moyenne, où viennent s'insérer les différents muscles, qui sollicih'ut le levier, soit à s'élever, soit à s'abaisser.

iMais les mouvements d'élévation et d'abaissement ne sont jamais simpb^s. Les connexions iirliculaires des arcs costaux avec le raebis M)id telles que, par le seul fait qu'une côte >Vlèvc, elle exécute en même temps les trois iii drcs de mouvements suivants : 1" elle se |M)rle en avant ; 2° elle se porte en dehors ; 'i" elle tourne de dedans en dehors autour d'un axe lictif passant par ses deux extrémités, de l'iicon à incliner en bas sa face intci'ne.

Au mouvement d'abaissement sont naturelli'iiiont liés les trois ordres de mouvements inverses : la côte, en s'abaissant, se porte en arrière, se porte en dedans et tourne sur l'axe liclit précité, de manière à diriger en dedans sa face inlorne, que le mouvement d'élévation ax ait dii-it;i; légèrement en bas.

Le sternum, étant intimement lié aux côte* par l'intermédiaire des cartilages costaux, accompagne naturellement ces dernières dans leurs déplacements. Lorsque les côtes se lèvent et se portent en avant, le sternum, lui aussi, se porte en avant, en s'éloignant de la colonne V(Mlébrale et en agraiidissant le diamètre antiM'o-postérieur du thorax. Lorsque les côtes s'abaissent et reviennent à leur position de repos, le sternum reprend lui aussi sa position première : il se rapproche de la colonne verl('bralc et diminue d'autant les dimen-

'f , bcpiicuie unie.

^-ions antéro-postérioures du thorax (lig. 418). Pour les côtes et le sternum. Ips ligues pleines indiquent In position

Si maintenant on considère ces mOUVe- on expiration, l.js liçnes polnlillées la position en inspiration : n, dé^ , A, . 1 . . pliieement de la septième cote dans le sens vertical; y, son d 'place-

ments, non plus sur une cote isolée, mais sur meut dans le sens antéro-posleiieur.

l'ensemble des côtes et sur un thorax complet, il est facile de se rendre compte que l'élévation des côtes a pour râsull.at d'agrandir les diamètres transverse et antéro-postérieur de la cage thoracique ; que, pai' contre, rabaissemoni dos côtes a pour effet de raccourcir ces mêmes diamètres. Il en résulte, comme corollaires, que :

1° Tous les muscles qui Élèvent les côtes agrandissenl le 1/iora.r et saut iiis/jiraleurs ;

Tous les muscles qui abaissent les côtes rétrécissent le tltora.f et suiil expiraleurs. Nous aurons fréquemment l'occasion, en myologie, d'utiliser celte doubli' formule.

Muscles moteurs des côtes. — Les muscles moteurs des côtes se distinguent en deux groupes, les éli'vateurs et les abaisseurs :

■ 1° Elévateurs : le diaphragme, le scalène antérieur, le scalène postérieui', les surcostaux, le grand pectoral, le petit pectoral, le grand dorsal, le petit dentelé postérieur et supérieur, les faisceaux supérieurs et les faisceaux inférieurs du grand dentelé.

2° Abaisseurs : le grand droit de l'abdomen, le grand oblique, le petit oblique, le transverse ■de l'abdomen, le petit dentelé postérieur cl inférieur, les faisceaux moyens du grand dentelé.

§ II. AriTICULATIONS DES COTES AVEC LES C .\ it T I I. A (1 E S COSTAUX

ou ARTICULATIONS C H 0 N D H 0 - C 0 S T .\ L E S

Les côtes et les cartilages costaux, qui leur font suite, s'unissent entre eux en formant <les synarthroses.

1^ Surfaces articulaires. — L'extrémité antérieure des cijtes, plus ou moins

Sclicina destiné à montrer les déplacenienls des côtes et du slcrnum au moment de l'ins|)iration. 1. colonne verti'brale. — 2, '1\ sternum. — 3, 3", première côte. —

ARTHROLOGIE

renflée, se creuse d'une cavité ellipsoïde à grand diamètre dirigé de haut en bas. L'extrémité correspondante des cartilages costaux, inversement configurée, s'enfonce dans la cavité ellipsoïde précitée et les deux surfaces, ainsi juxtaposées, se soudent intimement.

2° Moyens d'union. — Cette soudure réciproque des deux pièces squelettiques en présence constitue le principal moyen d'union des articulations chondro-costales. Il convient de signaler encore, comme consolidant ces articulations, la continuité, à leur niveau, de la membrane fibreuse qui entoure la côte (périoste) avec celle qui engaine le cartilage costal (périchondre).

§ III. — Articulations des cartilages costaux avec le sternum

ou ARTICULATIONS CHONDIÎO-STERNALES

Les sept premiers cartilages costaux prolongent les côtes jusqu'au sternum et s'articulent avec les parties latérales de cette colonne osseuse. Ces articulations, dites chondro-sternales, sont des arthrodies, présentant, comme on va le voir, une grande analogie avec les articulations costo-vertébrales précédemment décrites.

1° Surfaces articulaires. — Nous les examinerons séparément sur le sternum et sur le cartilage costal :

a. Dit côté du sternum, nous rencontrons deux petites facettes planes, l'une supérieure, l'autre inférieure. De ces deux facettes, la supérieure regarde en dehors et en bas ; l'inférieure, en dehors et en haut. Elles s'inclinent l'une vers l'autre de façon à former par leur ensemble un angle dièdre ou, si l'on veut, une cavité angulaire ouverte en dehors : c'est ce que nous avons désigné, en ostéologie, sous le nom d'échano'ure costale. — Ces échancrures costales répondent, à droite et à gauche, aux lignes de soudure des pièces sternales primitives et nous ferons remarquer, au sujet de leurs rapports réciproques, qu'elles se rapprochent graduellement les unes des autres en allant de la poignée du sternum vers l'appendice xiphoïde (fig. 419) : les deux ou trois dernières sont pour ainsi dire contiguës. — La forme de la surface articulaire sternale, telle que nous venons de la décrire, est particulière au fœtus et à l'enfant. Avec les progrès de l'âge, l'angle dièdre qui la limite en dedans s'atténue graduellement. En même temps, les deux facettes supérieure et inférieure, de planes qu'elles étaient, deviennent légèrement concaves et l'échancrure costale dans son ensemble revêt l'aspect d'une excavation plus ou lïioins arrondie. — Mais, quelle que soit sa forme, elle est toujours recouverte, à l'état frais, par une mince couche de fibro-cartilage.

b. Du côté du cartilage costal, nous avons également deux facettes, l'une supérieure, l'autre inférieure^ mais regardant en sens inverse et transformant l'extrémité du cartilage sur laquelle elles reposent en un angle saillant : c'est un véritable coin (fig. 419), qui vient se placer dans la cavité aftgulaire correspondante, en la remplissant exactement. — Comme la surface sternale, la surface articulaire du cartilage se modifie avec les progrès de l'âge : l'angle saillant qui la termine s'émousse, les deux facettes supérieure et inférieure deviennent légèrement convexes et, de ce fait, le coin cartilagineux prend peu à peu la forme d'une sorte de tête. — Ici encore une mince couche de fibro-cartilage revêt dans toute son étendue la surface articulaire.

2° Moyens d'union. — Les moyens d'union de l'articulation chondro-sternale rappellent exactement ceux de l'articulation costo-vertébrale. Comme pour cette

ARTICULATIONS 1)1 THORAX 4o7

dernière, nous rencontrons ici : 1" un ligament interosseux ; 2° une capsule fibreuse, que renforcent deux ligaments rayonnes,, l'un antérieur, l'autre postérieur.

a. Ligament interos^seux. — Le ligament interosseux (fig. 419,11) s'insère, d'une part sur le sommet du coin cartilagineux, d'autre part sur la partie la plus profonde de la fossette sternale. Il est situé, comme son nom l'indique, dans l'intérieur même de l'articulation. Mais il n'en occupe le plus souvent que la partie antérieure, nou-

(Du côW droit, la iiioilié du slernum et la partie antérieure des côtes et des cartilages coslaux ont été abrasfs

d'un trait de scie vertico-traiisversal.)

A, clavicule. — C, C, G^... C", les dix premières côtes et les dix premiers cartilages costaux. — I, poignée du sternum. — 2, appendice xiplioïde. — 3. ligament costo-claviculaire. — 4, ligament inierclaviculairc. — o, os suprasternal (anormal). — C, ménisque de l'articulation stcrno-claviculaire. — 7, sjnoviales des articulations cliondrosternales. — 8, articulations interchondrales. — 0, articulations chondro-costales. — 10, ligaments rayonnés antérieurs. — 11, ligament interosseux de la deuxième articulation chondro-sternalc, se continuant avec le fibro-cartilage articulaire qui unit les deux premières pièces du sternum. — 12, ligament costo-xiphoi'dien. — 13, trousseaux fibreux unissant les cartilages costaux entre eux. — U, petits noyaux calcaires contenus dans l'épaisseur des cartilages : quelques-uns (14 ) présentent l'aspect osseux.

velle analogie que présentent les articulations chondro-sternales avec les articulations costo-vertébrales.

h. Ligament capsulaire. — Le ligament capsulaire s'étend du pourtour d'une surface articulaire à l'autre. Il n'est autre que la membrane fibreuse d'enveloppe du cartilage costal (périchondre), se continuant sans s'interrompre avec le périoste qui revêt le sternum.

e. Ligament rayonné antérieur. — Le ligament raj^onné antérieur (fig. 419,10). qui renforce en avant la capsule articulaire, prend naissance par une extrémité

ANATOMIE HUiaAINE. — T. I, 4° ÉDIT. 58

ARTHROLOGIE

relativement étroite sur la partie antérieure du cartilage costal. De là, il se porte en dedans, en s'élargissant à la manière d'un éventail : ses faisceaux supérieurs et ses faisceaux inférieurs, les premiers obliquement ascendants, les seconds obliquement descendants, s'entre-croisent avec ceux des ligaments rayonnes voisins ; ses faisceaux moyens, dirigés transversalement, s'entremêlent sur la ligne médiane avec les faisceaux similaires du côté opposé. Le ligament rayonné antérieur, arrivé sur le sternum, présente des connexions intimes, d'une part avec le périoste sous-jacent, d'autre part avec les faisceaux d'origine du muscle grand pectoral.

d. Ligament rayonné postérieur . — Le ligament rayonné postérieur situé en arrière de l'articulation, présente la même disposition que l'antérieur. Il est, toutefois, beaucoup plus faible, souvent même peu distinct de la capsule articulaire.

3" Synoviales. — Confime les articulations costo-vertébrales, les articulations chondro-sternales ne possèdent que des synoviales rudimentaires. Chaque articulation, la première exceptée (voy. plus bas), en possède une ou deux, suivant le degré de développement du ligament interosseux, je veux dire suivant que ce ligament interosseux occupe, dans le plan horizontal, toute l'étendue ou une partie seulement de la cavité articulaix^e. On en compte le plus souvent deux pour le deuxième cartilage (fig. 419), qui correspond à l'articulation sternale supérieure, une seule pour les cinq cartilages suivants. Dans certains cas, la partie de l'articulation qui est placée au-dessus du ligament interosseux est travei-sée par des faisceaux conjonctifs qui vont du cartilage au sternum : de ce fait, la cavité articulaire est, sur ce point, plus ou moins oblitérée.

Les articulations chondro-sternales présentent suivant les sujets et, sur le même sujet, d'un côté à l'autre, les plus grandes variétés. Musgrove (1893), qui a étudié leur constitution anatomique sur dix-huit sujets, sur trente-six séries d'articulations par conséquent, nous fournit à cet égard des résultats très démonstratifs, que je résume dans le tableau suivant :

Première articulation chondro-sternale Deuxième articulation chondro-sternalé Troisième articulation chondro-sternale Quatrième articulation chondro-sternale Cinquième articulation chondro-sternale Sixième articulation chondro-sternale.

Septième articulation chondro-sternale.

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