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RÉSUMÉ DU NERF TRIJUMEAU

a). Br. collatérales | Quelques filets pour la dure-mère.

! 1° Nerf ophthalmique.

ht P.V torninnlp* ) 2° NERF MAXILLAIRE SUPÉRIEUR.

>30 Nebf MAX.LI.AIHE INFÉRIEUR (auquel

\ se réunit la racine motrice ). /

A. — Première branche : Nerf ophthalmique et ganglion ophthalmique

Le nerf ophthalmique (fig. 68, 1), la plus interne et la plus antérieure des trois branches terminales du trijumeau, se détache de la partie interne du ganglion de Gasser. De là, il se porte obliquement en haut, en avant et en dedans, s’engage dans l’épaisseur de la paroi externe du sinus caverneux et se dirige vers la fente sphénoïdale, qui l’amène dans l’orbite.

NERF TRIJUMEAU

Dans cette première partie de son trajet, l’ophthalmique (fig. 56, V1) chemine dans la paroi externe du sinus caverneux, dont il occupe successivement la partie inférieure, la partie moyenne et la partie supérieure. Il est situé au-dessous du pathétique, en dehors de la carotide et du moteur oculaire externe. Envisagé plus spécialement dans ses rapports avec le pathétique (fig. 54), l’ophthalmique est séparé tout d’abord de ce dernier nerf par un intervalle de 3 ou 4 millimètres. Il s’en rapproche ensuite graduellement et finit même par l’atteindre, pour occuper à partir de ce point son côté externe. Tous les deux croisent alors à angle aigu le nerf moteur oculaire commun et viennent se placer au-dessus de lui.

Avant de pénétrer dans l’orbite, l’ophthalmique reçoit du plexus caverneux un ou deux filets anastomotiques et, à son tour, envoie un petit rameau à chacun des trois nerfs moteurs de l’œil : le pathétique, le moteur oculaire commun et le moteur oculaire externe. Il abandonne, en outre, un important rameau sensitif, le nerf récurrent d'Arnold, qui, après avoir perforé le pathétique, vient se distribuer, comme nous l’avons déjà vu (p. 55) à la tente du cervelet et à la partie postérieure de la faux du cerveau. Ce rameau méningien et les filets anastomotiques destinés aux trois nerfs moteurs de l’œil peuvent être considérés comme les branches collatérales de l’ophthalmique.

En atteignant la fente sphénoïdale, le nerf ophthalmique se divise en trois branches terminales, savoir : 1° une branche interne ou nerf nasal ; 2° une branche externe ou nerf lacrymal ; 3° une branche moyenne ou nerf frontal.

1° Nerf nasal. — Le nerf nasal (fig. 68, 6), encore appelé nerf naso-cüiaire , pénètre dans l’orbite, en passant par la partie supéro-interne de la fente sphénoïdale à travers l’anneau de Zinn. Il vient se placer, immédiatement après, au-dessous du releveur de la paupière et du droit supérieur de l’œil. Obliquant alors en avant et en dedans, il croise la face supérieure du nerf optique (fig. 68,6), atteint bientôt la paroi interne de la cavité orbitaire et suit cette paroi jusqu’au trou orbitaire interne antérieur (voy. Ostéol., chap. ni) , où il se- termine en se bifurquant. Nous lui décrirons des branches collatérales et des branches terminales :

A. Branches collatérales. — Au cours de son trajet, le tronc du nasal fournit quelques rameaux collatéraux, dont les principaux sont les suivants :

1° Un filet très grêle, qui se sépare du nasal avant ou peu après son entrée dans l’orbite, et qui aboutit à l’angle supérieur et postérieur du ganglion ophthalmique, c’est la racine longue ou racine sensitive de ce ganglion ;

2° Un ou deux nerfs ciliaires ( longs nerfs ciliaires), quelquefois trois ou quatre, qui se portent au-dessus du nerf optique, rejoignent le groupe des nerfs ciliaires issus du ganglion ophthalmique et en partagent la distribution ;

3° Un filet sphéno-etlimoïdal, décrit par Luschka, qui s’engage dans le trou orbitaire interne postérieur et aboutit à la muqueuse du sinus sphénoïdal et des cellules ethmoïdales postérieures.

B. Branches terminales. — Les deux branches terminales du nasal, résultant de la bifurcation de ce nerf, se distinguent en nasal externe et nasal interne :

a. Nasal externe. — Le nasal externe (fig. 68,8), continuant la direction du tronc du nasal, dont il émane, suit la paroi interne de l’orbite, en longeant le bord inférieur du muscle grand oblique. Arrivé à 5 ou 6 millimètres en arrière du rebord orbitaire, il se divise en trois rameaux :

1° Un rameau supérieur, qui se porte vers la partie interne de la paupière supérieure et l’espace intersourcilier;

SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE

2° Un rameau inférieur , qui se distribue au sac lacrymal, au canal nasal, à la caroncule lacrymale, aux conduits lacrymaux et à la partie interne de la paupière inférieure;

3° Un rameau moyen ou antérieur . qui se dirige horizontalement en avant, sort de l’orbite en compagnie d’une petite artériole située le plus souvent à son côté interne, et, finalement, vient se ramifier dans la peau de la partie supérieure du dos du nez, depuis sa racine jusqu’au bord inférieur des os propres du nez.

Il y a une trentaine d'années, à l’instigation de Badal, on a préconisé, comme un moyen thérapeutique à diriger contre le glaucome, l’élongation ou l’arrachement du nerf nasal externe, préalablement mis à découvert par une incision pratiquée au niveau du rebord orbitaire. Il n’est pas inutile d’insister, à ce sujet, sur ce fait que le nasal externe se divise toujours, comme l’ont établi les dissections de Lagrange, de Delbet et les nôtres, à 5 ou 6 millimètres en arrière du rebord orbitaire, bien souvent plus loin, en un certain nombre de rameaux divergents. 11 en résulte que l’incision précitée ne mettra jamais sous les yeux de l’opérateur le tronc nerveux luimême, mais seulement l’un de ses rameaux. Le nasal externe, en tant que tronc nerveux, se termine en réalité dans l’orbite, et c'est dans cette cavité, non en dehors d’elle, qu’il faudrait le chercher. — Voy.,à ce sujet, Badal. Ann. d’oculistique, 1882, p. 241 ; Trousseau, Th. Paris, 1883; Lagrange, Arch. d'Ophthalmologie, t. VI. p. 43; Delbet, ibid., 1887.

b. Nasal interne. — Le nasal interne (fig. 68,7), ou filet ethmoïdal du rameau nasal, s’engage immédiatement après son origine dans le conduit orbitaire interne

antérieur (voy. Ostéol.) et arrive ainsi dans le crâne, où il chemine sur la lame criblée de l’ethmoïde, au-dessous du bulbe olfactif. 11 fournit alors «h la dure-mère de la région quelques filets fort grêles signalés par Froment en 1846. Puis, quittant de nouveau la cavité crânienne, il descend dans la fosse nasale correspondante en passant, non pas à travers la fente ethmoïdale, comme le disent la plupart des auteurs, mais à travers le trou ethmoïdal (Ostéol., p. 130), et s’y divise en deux filets, l’un interne, l’autre externe.

a) Le filelinterne (fig. 44, 2), destiné à la cloison, se porte en dedans et se termine par deux ou trois ramuscules très fins dans la muqueuse de la partie antérieure de la cloison.

(2) Le filet externe (fig. 43,14) se porte en dehors vers la paroi externe des fosses nasales. Après avoir donné, de même, quelques ramuscules à la muqueuse de la partie antérieure de cette paroi externe, il s’engage dans une gouttière (quelcet effet la face postérieure de l’os nasal. Puis, s’échappant de la fosse nasale entre le bord inférieur de ce dernier os et le cartilage qui lui fait suite, il vient, sous le nom très significatif de nerf naso-lobaire , s’épuiser en ramifications de plus en plus ténues dans la peau du lobule du nez.

Fig. 68.

Branche ophthalmique du trijumeau.

I, nerf olfactif. — 11, nerf optique. — III, moteur oculaire commun. — V, trijumeau, avec ses deux racines.

1. ophthalmique. — 2, maxillaire supérieur. — 3, maxillaire inférieur. — 4, nerf lacrymal, avec 4’, son anastomose avec le rameau orbitaire du maxillaire supérieur. — 5, nerf frontal et ses branches. — 6, nerf nasal, avec ses deux branches. — 7, nasal interne, et 8, nasal externe. — 9, un nerf ciliaire.

quefois un véritable canal), que lui offre à

NERF TRIJUMEAU

2° Nerf frontal. — Le nerf frontal (fig. 68, 5) pénètre dans l’orbite par la partie supérieure et interne de la fente sphénoïdale, mais en dehors de l’anneau de Zinn, dont le rebord supérieur le sépare du nerf nasal (fig. 69, 4). Arrivé dans l’orbite, il chemine directement d’arrière en avant le long de la paroi supérieure de cette cavité, entre le releveur de la paupière et le périoste, envoie chemin faisant une anastomose au nasal externe et se bifurque, un peu en arrière du rebord orbitaire, en deux rameaux, qui sont le frontal externe et le frontal interne :

a. Frontal externe. — Le frontal externe, qu’on désigne encore sous le nom de nerf sus-orbitaire, traverse le trou susorbitaire (quelquefois une simple échancrure) avec l’artère de même nom et se termine alors par trois ordres de rameaux :

1° Des rameaux frontaux ou ascendants, qui cheminent, soit au-dessus, soit au-dessous du muscle frontal, et se perdent, en partie dans lepéricrâne, en partie dans la peau de la région frontale; on peut les suivre jusqu'à la suture lambdoïde;

2° Des rameaux palpébraux ou descendants, qui se distribuent à la peau et à la muqueuse de la paupière supérieure ;

3° Un rameau osseux, toujours très grêle, qui s’engage, au niveau du trou susorbitaire, dans un conduit osseux spécial, se porte directement en haut dans l’épaisseur de l’os frontal et se termine, en partie dans le diploé et le péricrâne, en partie dans la muqueuse des sinus frontaux.

b. Frontal interne. — Le frontal interne est presque toujours un peu plus grêle que le frontal externe, avec lequel il présente du reste une grande analogie de distribution II sort de l’orbite entre ce dernier nerf et la poulie du grand oblique, et s’épuise, au niveau du rebord orbitaire, en trois ordres de rameaux :

1° Des rayneaux frontaux , pour le périoste et la peau du front ;

2° Des rameaux palpébraux , pour la peau et la muqueuse de la paupière supérieure (partie interne) ;

3° Des rameaux nasaux, pour la peau de la région intersourcilière.

Le nerf frontal fournit à peu près constamment un troisième rameau, le nerf sus- trochléaire d’ Arnold. Ce rameau, dans la plupart des cas, n’est autre que l’anastomose, indiquée ci-dessus, que le frontal envoie au nasal externe. Toujours très grêle, le nerf sus-trochléaire se détache du nerf frontal dans le tiers postérieur de l’orbite, se dirige obliquement en avant et en dedans, passe au-dessus de la poulie du grand oblique, comme l’indique son nom, et s’anastomose avec le nasal externe, dont il partage la distribution.

Fig. 69.

Schéma représentant la situation des nerfs de l’orbite au niveau de la fente sphénoïdale.

a , muscle droit externe, avec b, et b\ ses deux tendons d’insertion circonscrivant l’anneau de Zinn. — c, apophyse clinoïde antérieure réséquée.

1, nerf optique. — 2, artère ophlhalmique. — 3, pathétique. — 4. frontal. — 5, lacrymal. — 6, nasal. — 7, branche supérieure, et 7’, branche inférieure du moteur oculaire commun. — 8, moteur oculaire externe. — 9, veine ophthalmique. — 10, Irou grand rond.

3° Nerf lacrymal. — Le nerf lacrymal est la plus grêle des trois branches de division de l’ophthalmique. Il pénètre dans l’orbite par la partie la plus externe et la plus étroite de la fente sphénoïdale (69, 5) et, s’appliquant immédiatement contre le périoste de la paroi externe de la cavité orbitaire, il se dirige en avant vers la glande lacrymale.

Dans cette première partie de son trajet, le nerf lacrymal longe le bord supérieur du muscle droit externe et s’anastomose avec deux nerfs, le pathétique et le rameau orbitaire du maxillaire supérieur. — V anastomose avec le pathétique est

SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE

constituée par un filet nerveux, de dimensions variables, que ce dernier nerf envoie au lacrymal. Il est très probable que ce filet provient réellement de fophthalmique et ne fait que s’accoler pendant quelque temps au côté externe du pathétique. — L 'anastomose avec le rameau orbitaire consiste en un petit filet qui se détache du lacrymal, un peu en arrière de la glande lacrymale, et rejoint le rameau orbitaire situé au-dessous, en décrivant une anse à concavité tournée en arrière (fig. 57, 11’). Cette dernière anastomose n’est pas constante et présente, du reste, les plus grandes variétés individuelles.

En atteignant la glande lacrymale, qu’il traverse souvent, le nerf lacrymal se divise en deux sortes de rameaux, des rameaux lacrymaux et des rameaux palpébraux :

a. Rameaux lacrymaux . — Les rameaux lacrymaux, toujours très courts et en nombre indéterminé, naissent tantôt isolément, tantôt par un tronc commun. Ils se distribuent à la glande lacrymale.

b. Rameaux palpébraux. — Les rameaux palpébraux, continuant le trajet du lacrymal, atteignent la paupière supérieure à l’union de son tiers externe avec ses deux tiers internes. Ils s’épuisent, par le plus grand nombre de leurs filets, dans la peau et la muqueuse de la partie externe de la paupière supérieure et, par quelques filets transversaux, dans la peau de la région temporale.

a). Br. collatérales

b). Br. terminales.

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