MILIEUX TRANSPARENTS ET RÉFRINGENTS
L’espace intérieur que circonscrivent les trois tuniques de l’œil se trouve comblé par des milieux liquides et solides, à la fois transparents et réfringents, que doivent traverser les rayons lumineux pour se rendre des objets éclairés aux appareils nerveux terminaux destinés à les recueillir.
Ces milieux transparents sont ordinairement disposés d’une façon telle que
Fig. 433.
Rapport entre les dimensions du globe de l’œil et la fonction visuelle.
A, œil emmétrope (normal). — B, œil hypermétrope (trop court). — C. œil myope (trop long).
Les deux rayons lumineux a et b, venus de l’infini, après avoir traversé le dioptre d, qui représente les milieux réfringents de l’œil, donnent un cône dont le sommet tombe 1° sur la rétine dans l'œil emmétrope (A) ; 2° en arrière de la rétine dans l’œil hypermétrope (B) ; 3° en avant de la rétine dans l’œil myope (C).
les rayons lumineux qui partent d’un objet éclairé placé à l’infini viennent se réunir et former leur foyer sur la rétine : c’est là l’œil normal, Y œil emmétrope (flg- 423, A).
Anormalement, le pouvoir convergent des milieux de l’œil peut être diminué ou augmenté ; ou bien, ce qui revient au même, le diamètre antéro-postérieur de l’œil peut être raccourci ou agrandi. Dans le premier cas, les rayons lumineux, provenant d’un objet placé à grande distance, formeront leur foyer au delà de la rétine : l’œil qui présente cette anomalie est dit hypermétrope (fig. 433, B). Dans le second cas, ces mêmes rayons lumineux formeront leur foyer en avant de la rétine : l’œil qui est ainsi constitué a reçu le nom d'œil myope (fig. 433, C).
Quoi qu’il en soit, les milieux transparents de l'œil, abstraction faite de la cornée.
OEIL OU GLOBE OCULAIRE
qui fait partie des parois de l’œil et que nous avons déjà décrite, sont au nombre de trois, savoir :
1° Immédiatement en arrière de la cornée, Y humeur aqueuse, qui est contenue dans ce qu’on appelle les chambres de l’œil ;
2° En arrière de l’humeur aqueuse, le cristallin ;
3° En arrière du cristallin, le corps vitré .
La description des chambres de l’œil et du corps vitré étant intimement liée à celles du cristallin, nous décrirons tout d’abord cette dernière formation.
§ I. — Cristallin
Le cristallin, le plus important des milieux transparents de l’œil, est une lentille biconvexe, placée en arrière de la pupille, entre l’humeur aqueuse des chambres de l’œil, qui est en avant, et le corps vitré, qui est en arrière. Après quelques considérations générales sur la lentille cristallienne, nous examinerons successivement : 1° sa configuration extérieure et ses rapports; 2° ses propriétés physico-chimiques ; 3° sa constitution anatomique ; 4° son appareil de suspension ou zonula; 5° son mode de nutrition. x
A . — Considérations générales
1° Axe. — L’axe du cristallin se confond à peu de choses près avec l’axe antéropostérieur de l’œil. Il est à remarquer, cependant, que la coïncidence des deux axes, l’axe oculaire et l’axe cristallin, n’est jamais parfaite.
Il résulte des recherches de Tscherning à ce sujet que le cristallin est toujours plus ou moins dévié. Sa déviation principale est telle qu’elle serait si le cristallin avait subi une rotation autour d’un axe vertical, le côté externe se portant en arrière : dans les yeux examinés par Tscherning, cette déviation a varié de 3 à 7°.
Indépendamment de cette déviation autour d’un axe vertical, on observe aussi, dans bien des cas, une légère rotation autour d’un axe horizontal et transversal : le plus souvent alors, c’est la partie supérieure du cristallin, qui s’incline en avant. Cette deuxième déviation est plus petite que la précédente : elle a constamment varié, dans les observations de Tscherning, entre 0 et 3°.
2° Dimensions. — Les dimensions du cristallin sont les suivantes. Son diamètre, c’est-à-dire la ligne droite qui réunit les deux points de la circonférence, en passant par le centre, mesure de 9 à 10 millimètres. Son épaisseur, représentée par la distance qui sépare le centre de la face antérieure du centre de la face postérieure, est en moyenne de 5 millimètres. Cette distance est, toutefois, fort variable : elle augmente dans la vision des objets rapprochés, diminue au contraire dans la vision des objets éloignés.
3° Poids. — Le poids du cristallin, comme son volume, est légèrement variable suivant les sujets : il oscille d’ordinaire entre 20 et 23 centigrammes.
4° Conditions d’équilibre. — Envisagée au point de vue de ses conditions d’ équilibre , la lentille cristallinienne est maintenue en position par une membrane élastique, appelée zone de Zinn ou zonula. Cette membrane, comme nous le verrons plus loin (p. 319), s’implante sur la région équatoriale et la relie
intimement à la partie postérieure de la région ciliaire. De là le nom de ligament suspenseur du cristallin , dont on se sert quelquefois pour désigner la zone de Zinn.