‹ Traité d'anatomie humaineChapitre 102 sur 154 · B . — P O R T I O N G IL I A I H E DG LA RÉTINE · texte numérisé non relu

B . — P O R T I O N G IL I A I H E DG LA RÉTINE

En atteignant l’ora serrata, la rétine perd peu à peu tous ses éléments essentiels (fig. 431) et se termine réellement à ce niveau en tant que membrane nerveuse susceptible d’être impressionnée par les rayons lumineux. Au delà de Fora serrata, elle est complètement rudimentaire et inexcitable.

Au niveau de la zone ciliaire, qui fait suite immédiatement à l’ora serrata, la rétine (pars ciliaris retinæ ) est réduite à une simple pellicule fort mince. Elle répond, en avant, à la partie postérieure des procès ciliaires et adhère intimement, en arrière, à la zone de Zinn qui la sépare du corps vitré. Nous y reviendrons plus loin.

Envisagée au point de vue de sa constitution histologique, la portion ciliaire de la rétine se compose essentiellement de deux couches de cellules; l’une externe, l’autre interne. — La couche externe ou couche des cellules pigmentées, fait suite à la couche la plus externe de la rétine, la couche pigmentaire. Elle est constituée par des cellules cubiques, de 10 a-12 p. de diamètre, fortement chargées de pigment. — La couche interne ou couche des cellules claires est formée par une seule rangée de cellules cylindriques. Ces cellules longues de 40 à 50 p. au niveau de Fora serrata, de 14 g seulement sur les procès ciliaires, sont dirigées perpendiculairement à la membrane elle-même : elles forment une couche continue depuis l’ora serrata jusqu’à la grande circonférence de l’iris. Leur extrémité interne plus ou moins effilée (sommet), répond au corps vitré; leur extrémité externe, élargie et plane (base), est en contact immédiat avec les cellules de la couche pigmentaire. Elles possèdent un noyau ovalaire, lequel est toujours plus rapproché de sa base que de son sommet. Sur la face interne des cellules claires s’étale une mince lamelle, parfaitement transparente, la membrane limitante ou membrane vitrée interne de Salzmann.

Pour Müller, dont l’opinion à cet égard a été adoptée par Kôlliker et par Schültze, les cellules claires de la rétine ciliaire représentent les fibres et noyaux de soutien de la rétine réduits à leur plus simple expression. Il nous paraît plus exact de les considérer comme des cellules embryonnaires du feuillet interne de la vésicule oculaire secondaire, lesquelles n’ont pas évolué et sont restées indifférentes.

Transformations que subit la rétine au niveau de l’orà serrata (d’après Greef).

1, épithélium pigmenté de la rétine proprement dite, se prolongeant en avant pour former 1’, Périthélium pigmenté de la rétine ciliaire. — 2, couche d< s bâtonnets et des cônes. — 3, .couche granuleuse externe. — i, couche plexiforme externe. — 5, couche granuleuse interne. — 6, couche des cellules nerveuses. — 7, pieds des fibres de Müller, formant par leur ensemble 7’, 7’, la membrane limitante. — 8, cellules claires de la rétine ciliaire, représentant a elles seules tous les éléments de la rétine proprement dite qui dérivent du feuillet interne de la vésicule oculaire secondaire.

ORGANES DES SENS

Quant à la vitrée interne, elle se continue en arrière avec la limitante interne de rétine et, de ce fait, a été considérée par bon nombre d’auteurs comme l’homologue de cette dernière membrane. Pour d’autres, au contraire, elle serait de nature cuticulaire et devrait être envisagée, génétiquement, comme un produit de sécrétion des cellules sous-jacentes.

G.— Portion irienne de la rétine

Au niveau de l’iris, la tunique nerveuse de l’œil ( pars iridica retinæ) est représentée par la couche épithéliale postérieure de cette membrane (p. 471), que l’on désigne ordinairement sous le nom d’uvée.

Cette couche, qui est la continuation de la portion ciliaire de la rétine, se compose encore ici de deux assises de cellules. Mais ces cellules sont tellement chargées de pigment que leur contour et même leurs noyaux sont complètement masqués, de telle sorte que la couche tout entière se présente, sur les coupes, sous la forme d’un liséré noir partout continu (fig. 389, 41). La double couche de cellules n’est pourtant pas douteuse et se voit manifestement, comme l’ont établi les recherches de Schwalbe et de Boé, sur les iris des animaux albinos, le lapin par exemple (fig. 432, 3).

a) La couche antérieure fait suite au pigment rétinien et, comme ce dernier,

répond au feuillet externe de la vésicule oculaire secondaire. Les cellules qui la constituent reposent directement sur la membrane basale postérieure de l’iris ou membrane de Henle. Ce sont des cellules cubiques à contours plus ou moins réguliers . Chacune d’elles possède un noyau , arrondi ou légèrement allongé en sens radiaire.

p) La couche postérieure correspond au feuillet interne de la vésicule oculaire secondaire et fait suite aux cellules cylindriques de la portion ciliaire de la rétine. Elle se compose de cellules à contours polygonaux, qui mesurent de 25 à 35 [a d’épaisseur. De même que les cellules de la couche précédente, elles sont ^entièrement remplies de granulations pigmentaires et leurs noyaux, comme leurs contours, ont entièrement disparu. Au niveau de la grande circonférence de l’iris, au voisinage par conséquent des procès ciliaires, les granulations pigmentaires se retirent peu à peu de la face libre de la cellule vers sa face profonde : elles dégagent d’abord la partie interne de la cellule, puis son noyau, et enfin sa partie externe (fig. 389). C’est donc par des transitions graduelles que l’on passe de la cellule pigmentée de la portion irienne de la rétine à la cellule non pigmentée de sa portion ciliaire, et il n’y a aucun doute à avoir touchant la parenté anatomique de ces deux ordres de cellules : elles ont exactement la même signification et les premières ne diffèrent des secondes que parce qu’elles se sont chargées de pigment, en vue d’une adaptation fonctionnelle.

Nous devons ajouter, en terminant cette description, que les cellules de la couche postérieure sont recouvertes en arrière, du côté du centre de fœil par conséquent, par une mince lamelle hyaline (fig. 389,c), laquelle fait suite à la

Fig. 432.

Coupe transversale de l'iris d'un lapin albinos, pour montrer les deux couches de son épithélium postérieur (d’après Koganeï).

1, 1, faisceaux du muscle dilatateur de la pupille. — 2, membrane basale postérieure, apparaissant comme finement ponctuée. — 3, épithélium postérieur, avec : a, sa couche profonde ; b, sa couche superficielle.

OEIL OU GLOBE OCULAIRE

membrane similaire qui recouvre en dedans la rétine ciliaire et a exactement la même signification.

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