millimètres
ANNEXES DE L’OEIL
c. Point précis de V insertion scier ale. — La distance respective qui sépare l’insertion sclérale de chaque muscle droit de la circonférence de la cornée est indiquée par les chiffres suivants, qui représentent des millimètres :
MERKEL SAPPEY TILI.AUX FUCHS TESTUT
Pour le droit interne
— droit inférieur
— droit externe
— droit supérieur
Les résultats obtenus dans cette quintuple série d’observations, quoique différant un peu dans les détails, concordent admirablement dans l’ensemble. Ils nous font connaître que le droit interne est celui des quatre muscles droits qui se rapproche le plus de la cornée; vient ensuite le droit inférieur, puis le droit externe et, enfin, le droit supérieur.
En conséquence, si nous réunissons par une ligne continue les quatre points ^ d’insertion sclérale des muscles droits, nous voyons (fig. 471) que cette ligne n’est pas une ligne circulaire parallèle à la circonférence de la cornée, mais bien une ligne spirale qui, partant de l’insertion du droit interne, s’écarte de plus en plus du centre de la cornée, [>
en passant successivement par les insertions du droit inférieur et du droit externe, et aboutit finalement à celle du droit supérieur.
d. Étendue et direction de l'insertion sclérale. — Quant à l’étendue
linéaire de l’insertion sclérale de chacun des quatre muscles droits (fig. 472, a, 6,
Fig. 471.
Insertions des muscles droits de l’œil sur la sclérotique (œil droit).
a, droit supérieur. — b. droit inférieur. — c, droit interne. — d, droit externe. — e, pupille. — Les chiffres représentent des millimètres.
Fig. 472.
Représentation schématique de l’insertion des muscles de l’œil sur la sclérotique, d’après les recherches de Fuchs (œil droit).
A, le globe de l’œil, vu par sa face supérieure. — B, le globe, vu par sa face interne. — C, le globe, vu par en bas.
D, le globe, vu en dehors.
xx, axe antéro-postérieur. — EE, équateur. — a, muscle droit supérieur. — b, droit inférieur. — c, droit interne. d, droit externe. — e, grand oblique. — f. petit oblique.
c, d), elle nous est nettement indiquée par les nombreuses mensurations de Fuchs.
ORGANES DES SENS
Cette ligne d’insertion mesure :
Pour le droit supérieur 10,6 millimètres.
— droit interne 10,3 —
— droit inférieur 9,8 —
droit externe. . 9,2 —
Les recherches de Füchs nous apprennent en même temps que la ligne d’insertion sclérale des quatre muscles droits n’a pas une direction quelconque, mais une direction qui est fixe, quoique différente pour chacun d’eux. C’est ainsi (fig. 471 et 472) qu’elle est à peu près parallèle à l’équateur pour le muscle droit interne ; oblique en arrière et en dehors pour le droit supérieur ; légèrement oblique en avant et en bas pour le droit externe; légèrement oblique en arrière et en dehors pour le droit inférieur.
4° Action des muscles droits. — 11 est universellement admis aujourd’hui, en mécanique oculaire, que l’œil n’exécute aucun mouvement de translation dans son ensemble, mais bien des mouvements de rotation sur place autour d'un centre qui reste toujours fixe, quel que soit le mouvement exécuté. Ce centre de rotation est situé, non pas sur le milieu de l’axe antéro-postérieur de l’œil, mais bien à 2 millimètres en arrière, comme l’a établi Donders. Il se trouve, en moyenne, à 13mm,60 en arrière du sommet de la cornée et à 10 millimètres en avant de la surface postérieure de la sclérotique. Ceci posé, on conçoit sans peine que l’action qu’exerce l’un quelconque des muscles droits sur la sphère oculaire dépend à la fois de sa direction et de son point d'insertion sur la sclérotique. A ce propos, quelques définitions nous paraissent nécessaires.
On désigne, sous le nom de plan d'action du muscle, le plan qui passe par les trois points suivants : le centre de rotation de l’œil, l’insertion orbitaire du muscle, son insertion sclérale. Une perpendiculaire, abaissée sur ce plan au centre de rotation, nous donne l’axe autour duquel se meut le globe oculaire quand le muscle en question se contracte, ou autrement dit son axe de rotation. Or, les recherches de Fick, de Rüte et de Wolkmann nous démontrent que chacun des muscles droits (nous verrons plus tard qu’il en est de même pour les obliques) possède un axe de rotation qui lui est propre et, d’autre part, que ces divers axes de rotation ne coïncident jamais exactement avec les coordonnées de l’œil, c’est-à-dire avec l’un de ses axes antéro-postérieur, vertical ou transversal. L’action des muscles droits est donc fort complexe et sa détermination soulève des difficultés nombreuses, si du moins l’on veut arriver à des formules rigoureusement exactes.
Dans la pratique ordinaire, on considère l’axe de rotation du droit interne comme coïncidant exactement avec celui du droit externe et l’on admet de même que le droit supérieur et le droit inférieur agissent l’un et l’autre sur le globe de l’œil, suivant un seul et même axe de rotation. On voit déjà, en se. rappelant la disposition respective de ces différents muscles, que le droit interne et le droit externe d’un part, le droit supérieur et le droit inférieur d’autre part, font rouler l’œil en sens inverse, autrement dit, sont réciproquement antagonistes.
Quant à la direction exacte de l’axe de rotation de chacune de ces deux paires musculaires, elle est établie comme suit, à la fois par le calcul et par l’expérience : 1° l’axe de rotation de la première paire musculaire ( droit interne et droit externe) coïncide à peu de chose près avec le diamètre vertical de l’œil ; 2° l’axe de rotation de la seconde paire musculaire ( droit supérieur et droit inférieur) est situé à peu près dans le plan horizontal et se dirige obliquement de dedans en dehors et
ANNEXES DE L’OEIL
d’avant en arrière, formant avec l’axe transversal du globe oculaire un axe de 27° (fig. 473).
Nous avons en mains maintenant tous les éléments nécessaires pour établir l’action respective de chacun des muscles droits sur le globe de l’œil. Si nous voulons bien nous rappeler, d’une part, ce principe de mécanique, que les mouvements exécutés par une sphère sont toujours déterminés par le mode de déplacement de deux points de sa surface et que, d’autre part, l’usage a prévalu de prendre pour ces deux repères dans la sphère oculaire le centre de la cornée et la partie supérieure du méridien vertical, nous pouvons établir les quatre formules suivantes :
1° Le droit interne porte la cornée en dedans dans le plan horizontal , le méridien vertical conservant sa position verticale.
2° Le droit externe porte la cornée en dehors, toujours dans le plan horizontal et le méridien vertical restant encore dans sa position verticale.
3° Le droit supérieur porte la cornée en haut et un peu en dedans et, de plus , il incline légèrement en dedans la partie supérieure du méridien vertical .
4° Le droit inférieur porte la cornée en bas et un peu en dedans et, de plus, il incline légèrement en dehors la partie supérieure du méridien vertical.
Avons nous besoin d’ajouter que, dans ces différents mouvements et en raison même de la situation à peu près centrale du centre de rotation, les deux hémisphères de l’œil se déplacent constamment en sens inverse, l’hémisphère postérieur se portant en haut quand l’hémisphère antérieur se porte en bas, le premier se déplaçant en dedans quand le second se déplace en dehors, etc., etc.
Volkmann estime que le muscle, pendant sa contraction, se raccourcit environ d’un quart. Tandis que le muscle antagoniste s’allonge et s’enroule de plus en plus autour du globe de l’œil, le muscle qui se contracte se déroule successivement de telle sorte que, lorsque la contraction est effectuée et que le raccourcissement est à son maximum, son tendon n’est plus en rapport de contact avec l’œil que par sa ligne d’insertion sclérale. Ce déroulement complet du muscle en contraction limite lui-même le mouvement : en effet, un nouveau raccourcissement du muscle ne pourrait avoir d’autre résultat que de rapprocher le globe de l’œil du fond de l’orbite ; or, nous avons vu que ce mouvement de translation totale est impossible.
Le muscle limite donc lui-même, en se contractant, son degré de contraction et devient ainsi son propre frein. Mais les mouvements de l’œil ont encore d’autres régulateurs : ce sont les prolongements, décrits ci-dessus (p. 341), que les gaines conjonctives envoient vers l’orbite et les paupières.
Il suffit de jeter les yeux sur la figure 474, A et B, pour comprendre quel est le rôle de ces prolongements orbitaires pour les deux muscles droit interne et droit
ANATOMIE HUMAINE. — T. Ilf, 6S ÉDIT.
Fig. 473.
L’orbite vue d’en haut, pour montrer le mode d’action des quatre muscles droits .
1, droit supérieur. — 2, droit interne. — 3, droit externe. — 4, grand oblique, dont le tendon a été coupé à sa sortie de la poulie de réflexion. — 5, nerf optique. — yy, axe antéro-postérieur de l’œil. — aa, axe transversal. — xx, axe de rotation des muscles droit supérieur et droit inférieur, s’inclinant de 27° sur l’axe transversal xx.
554 ORGANES DES SENS
externe. Quand l’un de ces muscles se contracte, le droit externe par exemple, son prolongement orbitaire est naturellement tendu. Or, cette tension amène un double résultat : tout d’abord, elle écarte le muscle contracté de l’équateur de l’œil et protège ainsi ce dernier contre les effets d’une compression latérale, qui ne serait probablement pas sans influence sur la fonction visuelle. En second lieu, elle retient le muscle en avant et l’empêche ainsi de se raccourcir davantage, d’où le nom significatif de tendons d'arrêt, que l’on donne encore à ces prolongements orbitaires. Une pareille dénomination est parfaitement juste au point de vue physiologique. Mais elle est manifestement inexacte au point de vue de l’anatomie générale, les prolongements en question étant de nature conjonctive, dépendant de
CD
Schémas destinés à montrer l’action des ligaments d’arrêt sur les muscles droit interne et droit externe : A, ligaments d'arrêt à l’état de repos ; B, les mêmes pendant la contraction du droit externe.
yy, axe optique. — 1, globe de l'œil. — 2, nerf optique. — 3, muscle droit interne, avec 4, son prolongement orbitaire ou ligament d’arrêt. — 5, muscle droit externe, avec 6, son ligament d’arrêt.
On voit que pendant la contraction du droit externe (fig. B), le ligament d’arrêt 6 qui lui correspond est fortement tendu, tandis que le ligament d’arrêt 4 du droit externe est relâcbé.
la gaine des muscles et n’ayant rien de commun avec leur tendon. Nous leur substituerons celle, plus juste, de ligaments d'arrêt.
En ce qui concerne le droit supérieur et le droit inférieur, nous avons vu que leurs prolongements orbitaires, au lieu de s’arrêter sur les os de l’orbite comme les précédents, allaient en grande partie se terminer dans les paupières sur les deux lamelles fibreuses appelées tarses. Il résulte d’une pareille disposition : 1° que le droit supérieur, quand il se contracte, élève légèrement la paupière supérieure en même temps qu’il porte la cornée en haut; 2° que le droit inférieur en abaissant la cornée, détermine en même temps un léger abaissement de la paupière inférieure. Pour constater ce double fait, il suffit de se placer devant une glace et de porter alternativement la tête dans la flexion et dans l’extension, tout en fixant les deux yeux dans la glace. Lorsque la tête s’abaisse (flexion), on voit, sous l’influence de la contraction du droit supérieur, la cornée se porter en haut et la paupière supérieure se relever sur elle. De même, quand la tête s’élève (extension), on voit la contraction du droit inférieur porter la cornée en bas en même temps qu’elle abaisse légèrement la paupière inférieure.
Variétés. — Le droit interne et le droit inférieur peuvent être réunis dans tout le tiers postérieur de l’orbite (Mxcxlister). — Schlem.m a signalé un faisceau anastomotique entre le droit externe et le droit inférieur. — Le droit externe peut-être divisé en deux faisceaux. — Dans un cas de Curnow, le droit externe envoyait deux faisceaux sur le tarse de la paupière inférieure. — Le droit interne et le droit externe peuvent faire défaut dans des cas de strabisme. — Tous
ANNEXES DE L’OEIL
les muscles de l’œil étaient absents dans un cas de Klincosh. — Sous le nom de gracillimus orbitis, Albinus et, après lui, Bochdaleck ont signalé un faisceau surnuméraire qui longeait le bord supérieur du grand oblique et venait s’attacher sur sa poulie de réflexion. — Moseley a rencontré un faisceau anormal, qui se détachait de la paroi externe de l’orbite au voisinage de la suture sphéno-malaire, et se perdait dans le tissu cellulaire de l’angle extern* de l’œil.