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ABC D

Fig. 446.

Insertion supérieure des libres zonulaires : A, d’après Salzmann ; B, d’après Schon ; G. d’après Damianoff ; D, d’après Terrien (schématique).

1, choroïde. — 2, lame vitrée. — 3,4, épithélium pigmenté et épithélium clair de la rétine ciliaire. — 4’ (dans la fig. A),

membrane vitrée recouvrant, eu dedans,, l’épithélium ciliaire. — 5, fibres zonulaires, allant vers le cristallin.

feraient que continuer l’extrémité postérieure de ces cellules claires : ce seraient, si l’on veut, la partie postérieure même de ces cellules qui se prolongeraient en une mince fibre jusqu’au cristallin. — A son tour, Damianoff (G) considère les fibres zonulaires comme formées par une sécrétion des cellules épithéliales de la couche interne de la rétine ciliaire; mais, contrairement à Schon, qui les fait naître de la surface de ces eellules, il les fait naître de la profondeur. — Terrien (D), les faisant encore plus profondes, leur fait traverser à la fois les deux couches (couche claire et couche pigmentée) de la rétine ciliaire pour venir prendre naissance sur la lame vitrée sus-jacente. — Enfin, pour Mawas, elles naîtraient à toute la périphérie de la couche cellulaire sous forme de fines fibrilles, qui bientôt s’accolent les unes aux autres, à leur sortie de l’épithélium, pour former des fibres plus volumineuses, qui ne sont autres que les fibres de la zonula.

Ceci dit sur les fibres zonulaires, revenons à notre zonula.

3° Forme et rapports de la zonula. — La zonula, étant un anneau aplati d’avant en arrière, nous offre à considérer : 1° deux bords ; l’un externe, l’autre interne ; 2° deux faces, l’une antérieure, l’autre postérieure.

a. Bord externe. — Le bord externe {bord postérieur ou grande circonférence de quelques auteurs) répond à la grande circonférence de l’anneau zonulaire. Il regarde l’ora serrata. A ce niveau, les fibres zonulaires sont encore rares et, de ce fait, la zonula est fort mince, fort mal différenciée. Au fur et à mesure qu’elle se rapproche du cristallin, elle reçoit de nouvelles fibres, venues de la face postérieure du muscle ciliaire et même des procès ciliaires. Elle s’épaissit donc graduellement au fur et à mesure qu’elle s’éloigne de son origine et présente son maximum de développement au niveau même de son insertion sur le cristallin, autrement dit au niveau de son bord interne.

b. Face postérieure. — La face postérieure de la zonula {face interne de quel-

ORGANES DES SENS

Le cristallin et son ligament suspenseur ou zonula, tus par leur face antérieure.

1, cristallin. — 2, partie postérieure de la zonula, lisse et unie. — 3, sa partie antérieure, plissée en sens radiaire. — 4, son insertion dans la région prééquatoriale. — Les rayons noirâtres sont des traînées de pigment arrachées aux procès ciliaires et appartenant l’éellement à la portion ciliaire de la rétine.

ques auteurs) est en rapport avec le corps vitré. Les fibres zonulaires répondent g donc, en arrière, à la membrane hyaloïde, qu’elles

séparent de la rétine ciliaire et qui est fort amincie à ce niveau.

c. Face antérieure. — La face antérieure de la zonula ( face externe de quelques auteurs) répond à la zone ciliaire de la choroïde et de la rétine. Elle présente une disposition un peu différente suivant qu’on l’examine en arrière ou en avant : a) En arrière, au voisinage de fora serrata, alors que la zone ciliaire est encore lisse et unie, la zonula, lisse elle-même, s’applique immédiatement contre la limitante interne de la rétine et lui adhère d’une façon tellement intime qu’elle fait pour ainsi dire corps avec elle.

P) En avant , au niveau des procès ciliaires, la zonula se plisse exactement comme ces derniers, formant ainsi un système de crêtes et de sillons, qui se disposent en sens méridien et alternent régulièrement avec les vallées et les monticules ciliaires (fig. 449, 5). Ici encore, il y a non seulement contact, mais adhérence intime entre la zonula et la portion ciliaire de la rétine, ce qui fait que, lorsqu’on enlève un cristallin avec sa zonula, on enlève en même temps une partie du pigment ciliaire, lequel se dessine en lignes noirâtres sur la face antérieure de la zonula. Il est à remarquer, cependant, que si l’adhérence est intime entre les deux membranes au niveau des monticules ciliaires, il n’en est pas de même au niveau des vallées. Là, la membrane zonulaire n’arrive même pas au contact des procès ciliaires ; autrement dit, elle saute d'un procès sur l’autre (fig. 449,5) sans atteindre le fond de la vallée intermédiaire : elle ménage ainsi, entre elle et le

Fig. 448.

L’insertion cristallinienne de la zonula et le canal godronné de Petit, vus sur une coupe méridienne de l’œil.

xx, 'axe antéro-postérieur de l’œil. — 1, cristallin, avec 1’, sa capsule. — 2, iris. — 3, cornée. — 4, sclérotique. — 4’ ligne de soudure scléro-cornéenne. — 5, procès ciliaires. — 6, portion ciliaire de la rétine. — 7, zonula. — 8, canal de Petit. — 9, fibres zonulaires à insertion prééquatoriale. — 9’, fibres zonulaires à insertion équatoriale. — 9”, fibres zonulaires à insertion postéquatoriale. — 10, espace post-lenticulaire. — 11, chambre postérieure. — 12, chambre antérieure. — 13, ligament pectiné et espaces de Fontana.

OEIL OU GLOBE OCULAIRE

fond des vallées ciliaires, de petits espaces libres, qui ont été parfaitement décrits par Kuhnt sous le nom de recessus cameræ posterioris (prolongements de la chambre postérieure). Ces espaces, en effet, communiquent largement, au niveau de la base des procès ciliaires, avec la chambre postérieure de l’œil et ne sont en réalité que de simples diverticulums de cette cavité. Leur nombre est exactement égal a celui des vallées ciliaires, soit 70 environ : ils ont la même longueur que ces vallées et se terminent, par conséquent, un peu en avant de l’ora serrata, par de simples culs-de-sac. Du reste, ils sont remplis, comme la chambre postérieure ellemême, par un liquide incolore, qui n’est autre chose que de la lymphe.

d. Bord interne. — Le bord interne de la zonula (bord antérieur ou petite circonférence de quelques auteurs) 'répond à la région équatoriale du cristallin et s’y termine en s’y continuant peu à peu avec les cristalloïdes.

La plus grande partie des fibres zonulaires (fig.

450, 8) se fixent sur la cristalloïde antérieure, un peu en avant de l’équateur : leur zone d’insertion mesure environ 1 millimètre et demi de largeur. D’autres (9), mais en plus petit nombre, s’attachent sur l’équateur lui-même. Il en est quelques-unes enfin (10) qui, se portant plus en arrière encore, viennent s’insérer sur la cristalloïde postérieure.

Les fibres zonulaires divergent donc, au niveau de leur insertion antérieure, pour occuper, sur le cristallin, une zone bien plus étendue que l’épaisseur de la membrane dont elles émanent : il en résulte que leur ensemble, vu sur une coupe méridienne de l’œil (fig. 448), revêt l’image d’un triangle dont le sommet regarde l’ora serrata et dont la base, dirigée en sens opposé, répond à la fois à la cristalloïde antérieure, a la ligne équatoriale et à la cristalloïde postérieure.

Il résulte encore de cet éparpillement des fibres constitutives de la zonula, que cette formation est en réalité représentée, autour du cristallin, par une multitude de cordages tendiniformes, suivant des directions fort différentes, s’entrecroisant parfois (la figure 450 nous montre quelques fibres obliques qui, partant de la base des procès ciliaires, croisent les fibres 8 et 9), non immédiatement contigus, mais au contraire séparés les uns des autres par des espaces en forme de fente.

3° Canal de Petit. — Nous venons de voir que, des faisceaux constitutifs de la zonula, les uns venaient se terminer sur la cristalloïde antérieure, tandis que d’autres, se séparant des premiers sous un angle très aigu, se portaient sur la cristalloïde postérieure. Entre ceux-ci (faisceaux à insertion postéquatoriale) et

Fig. 449.

Coupe transversale des procès ciliaires et de la zonula un peu au-dessus de l’équateur cristallinien et du canal godronné (schématique).

1, 1, 1, trois procès ciliaires, séparés par les vallées ciliaires. — 2, couche des cellules pigmentaires. — 3, couche des cellules claires. — 4, vitrée interne. — 5, zonula, représentée par une série de points, chacun de ces points représentant la coupe d’une fibre zonulaire qui se rend au cristallin. — 6, corps vitré, avec 6’, la membrane hyaloïde. — 7, 7, 7, 7, espaces prézonulaires de Kuhnt (on voit nettement qu’ils répondent aux vallées ciliaires et qu’ils sont formés, en avant par la face postérieure du corps ciliaire, en arrière par les fibres zonulaires et le corps vitré ; il convient d’ajouter que ces espaces sont traversés et plus ou moins cloisonnés (Mawas) par des fibres zonulaires extrêmement fines qui partent des vallées ciliaires pour se porter obliquement en arrière et qui, pour ne pas surcharger la figure, n’ont pas été réprésentés ici.

ORGANES DES SENS

ceux-là ( faisceau à insertion prééquatoriale) se trouve un espace triangulaire qui

fait tout le tour du cristallin et que Petit, le premier, en 1726, a décrit sous le nom de canal circulaire godronné. On le désigne aujourd’hui sous le nom de canal godronné de Petit ou, tout simplement, de canal de Petit.

Ce canal péricristallinien ou périèquatorial est prismatique triangulaire et se présente par conséquent, sur des coupes méridiennes de l’œil (fig. 450), sous la forme d’un triangle, dont la base répond au cristallin. 11 est limité : 1° en dedans, (paroi interne) par la portion équa-

Fig. 450.

Le canal de Petit, vu sur une coupe méridienne de

toriale du cristallin : 2° en arrière

i, cristallin, avec I’, sa capsule. — 2, iris. — 3, procès ciliaires. — 4 zone ciliaire, avec : a , vitré interne ; b, couche pigmentaire; c, cellules claires ; d, vitré externe. — 5, corps vitré. — b, membrane hyaloïde. — 7. zonula, avec : 8, ses fibres à insertion prééquatoriale ; 9, ses fibres a insertion équatoriale ; 10, ses filtres à insertion posiéquatoriale. — 11, canal de Petit on le voit traversé par deux fibres à direction antéropostérieure, qui vont des procès ciliaires a la cristalloïde postérieure). — 12, chambre postérieure de l’œil.

l'œil (schématique).

(paroi postérieure), par les faisceaux postérieurs de la zonula, recouverts par la membrane hyaloïde et le corps vitré ; 3° en avant (paroi antérieure), par les faisceaux antérieurs' de la zonula. Le canal de Petit se trouve donc situé, non pas entre la zonula et le corps vitré comme on le disait autrefois, mais dans l’épaisseur même de la zonula entre les faisceaux antérieurs et les faisceaux postérieurs : autrement dit, il est intrazonulaire et non rétrozo-

nulaire.

Ces faisceaux zonulaires rayonnés, auxquels viennent se joindre un certain nombre de libres annulaires (Claeys), ne sont nullement accolés et réunis les uns aux autres, comme l’ont prétendu certains auteurs, par une substance ci- 4 mentaire : comme nous l’avons déjà dit plus haut, ils sont isolés'et plus ou moins indépendants. Ils ne forment donc pas une paroi continue, mais bien une paroi percée à jour, une paroi présentant une multitude de fentes interfasciculaires, qui deviennent autant de voies de communication entre le canal de Petit et la chambre postérieure.

Quand on insuffle le canal de Petit à l’aide d’un tube en verre soigneusement effilé, on le voit se distendre de proche en proche et présenter bientôt, dans toute son étendue, un système de bosselures arrondies ou godrons, qui lui ont valu son nom de canal godronné. lireprésente assez bien, alors, un chapelet de bulles d’air disposé en collier autour du cristallin (fig. 451,3). Ce fait s’explique nettement par la constitution même du canal de Petit. Ce canal, en effet, n’est pas uniforme

Fig. 4ol.

Le cristallin et son ligament suspenseur, Si vue postérieure, après insufflation du canal de Petit.

cristallin. — 2, partie postérieure de la zonula. lisse et unie. — 3, sa partie antérieure, soulevée par places et formant la paioi antérieure du canal de Petit. — 4, les renflements arrondis ou godrons de ce dernier canal.

Les parties renflées répondent aux vallées ciliaires ; les parties rétrécies, aux monticules.

OEIL OU GLOBE OCULAIRE

dans son calibre et cela en raison même de la configuration extrêmement irrégulière de sa paroi antérieure, qui, comme on le sait, est alternativement saillante et déprimée, saillante au niveau des procès ciliaires ( monticules ciliaires ), déprimée dans l’intervalle de ces mêmes procès ciliaires (vallées ciliaires) : il en résulte, naturellement, que le canal se trouve rétréci en regard de chaque monticule, élargi au contraire en regard de chaque vallée ; autrement dit, il se compose de parties rétrécies, alternant régulièrement avec les parties plus larges. Cette disposition, invisible sur l’œil avant toute préparation, est rendue très manifeste par l’injection d’air : l’air, en effet, en distendant le canal, fait bomber ses parties larges, sans modifier beaucoup ses parties étroites ; elle les modifie d’autant moins que, en regard de chaque procès ciliaire (Ti g. 45:2), la zonula jette un paquet de fibres sur la région postéquatoriale du cristallin, paquet de fibres qui, en s’appliquant sur la paroi postérieure du canal godronné, l’empêche de se distendre à son niveau. Ainsi insufflé, fortement distendu dans ses parties larges, peu ou point distendu dans ses parties étroites, le canal dans son ensemble, revêt cette disposition en chapelet que nous avons signalée ci-dessus.

Comme les recessus prézonulaires de Kuhnt, le canal de Petit renferme de la lymphe, laquelle s’écoule dans la chambre postérieure de l’œil à travers les fentes de sa paroi antérieure.

La question du canal de Petit a soulevé de nombreuses controverses et l’accord n’est pas encore fait, à son sujet, parmi les anatomistes. A côté des auteurs qui, comme Schwalbe, Iwanoff, Aeby, Ulrich, admettent son existence et le décrivent avec force détails, il y en a un certain nombre d’autres, Henle et Mf.rkel par exemple, qui le rejettent formellement : pour eux, le prétendu canal de Petit ne serait qu’un produit artificiel.

Les raisons mises en avant par ces derniers anatomistes peuvent se résumer en ce simple fait : c'est que, sur des coupes méridiennes de l’œil, sans injection préalable , le corps vitré se trouve en contact immédiat avec la partie antérieure de la zonula et qu’on n'observe sur ce point, entre les fibres zonulaires, aucun espace libre.

Cette objection, basée sur un fait d’observation purement négatif, ne me paraît pas avoir la valeur que lui attribuent les auteurs. 11 ne faut pas oublier, en effet, que si les vrais canaux lymphatiques ont une membrane propre qui les rend facilement reconnaissables, il n’en est pas de même de ces espaces plus petits et moins hautement différenciés, qui, sous le nom de fentes lymphatiques, précèdent les vrais canaux. Ces espaces n’ont d’autres parois que les tissus mêmes qui les délimitent et au sein desquels ils recueillent la lymphe. De plus, ils sont toujours très étroits et échappent naturellement à l’observation quand ils sont vides. Or, c’est vraisemblablement le cas, quand on examine, sur des yeux préalablement durcis, la fente lymphatique péricristallinienne : le séjour dans le liquide durcissant en a chassé la lymphe ; la pression du couteau à l’aide duquel la coupe a été pratiquée a fait le reste, et voilà pourquoi le corps vitré et la paroi postérieure de la zonula viennent, sur tous les points, s’appliquer immédiatement contre la paroi antérieure de cette même zonula.

Pour voir et étudier les fentes lymphatiques qui, comme le canal de Petit, ou espace de Petit, n’ont pas de revêtement endothélial, il faut, non pas les vider, mais au contraire les remplir par une injection. Or, les résultats des injections pratiquées dans la chambre antérieure sont admirablement concordants, quelle que soit la substance employée (bleu de Prusse, hématoxyline, albumine) : la substance injectée vient constamment se collecter tout autour de l’équateur cristallinien, dans un espace à coupe triangulaire qui est limité, d’une part par les fibres zonulaires anté-

Fig. 452.

Insertion de la zonula sur le cristallin, vue postérieure ( schématique ) .

1, cristallin, vu par sa face postérieure avec une partie de son équateur. — 2, 3, zonula, avec : 4, ses parties saillantes, répondant aux procès ciliaires ; 5, ses parlies déprimées, répondant aux vallées ciliaires. — fi, fibres à insertion prééquatoriale. — 7, faisceaux de fibres à insertion postéquatoriale; on voit que ces dernières fibres se détachent de la zonula au niveau de ses parties saillantes, autrement dit en arrière des procès ciliaires.

(Une flèche est passée dans le canal de Petit).

ORGANES DES SENS

rieures, d’autre part par les fibres zonulaires postérieures et le corps vitré, et qui n’est autre que le canal de Petit que nous venons de décrire. L'existence de ce canal, qu’on l’appelle canal ou espace , me paraît donc absolument certaine.

F. —Nutrition du cristallin, voies lymphatiques

Le cristallin, chez l’adulte, est entièrement dépourvu de nerfs et de vaisseaux, soit sanguins, soit lymphatiques. La circulation des liquides nutritifs s’y effectue dans les interstices des fibres et des cellules que nous venons de décrire, tout particulièrement le long du noyau central et des rayons stellaires.

1° Liquides afférents. — Les liquides afférents, apportant au cristallin les matériaux nécessaires à sa nutrition, proviennent des vaisseaux des procès ciliaires.

2° Liquides efférents. — Les liquides efférents, charriant à l’extérieur les matériaux de déchet, se déversent, à travers la capsule cristallinienne, dans le canal de Petit et dans la chambre postérieure de l’œil. Samelsohn et Fuchs, ayant introduit des paillettes de fer dans le cristallin du lapin, ont rencontré, quelque temps après l’expérience, des parcelles de rouille sur la cristalloïde antérieure en des points parfaitement déterminés : elles étaient situées au voisinage de l’équateur et formaient là, parleur ensemble, une sorte de couronne répondant assez exactement au bord antérieur de la zonula. Schlôsser, qui a étudié plus récemment (1888) la circulation des liquides dans le cristallin et auquel j’emprunte le résumé de ces expériences, en conclut que les points sus-indiqués, où s’étaient déposées les parcelles de rouille, répondent à de véritables orifices par lesquels s’effectue la sortie des liquides nutritifs. Ces orifices de sortie, comme les dépôts de rouille euxmêmes, se déposent en couronne un peu en avant de l’équateur du cristallin, et s’ouvrent à la fois, comme nous l’avons dit plus haut, dans le canal de Petit et dans la chambre postérieure.

£ Durant la vie fœtale, le cristallin est entouré par un riche réseau vasculaire ( capsule vasculaire

Fig. 453.

1, La capsule vasculaire du cristallin chez un chat nouveau-né : A, vue sur la face postérieure de l’organe B, vue sur sa face antérieure (d’après une injection de Thiersch).

1, artère hyaloïdienne sectionnée. — 2, vaisseaux radiés se dirigeant vers l’équateur. — 4, ces mêmes vaisseaux après avoir contourné l’équateur. — 5, vaisseaux veineux se rendant à l’iris. — 6, membrane capsulo-papillaire.

de quelques auteurs), qui provient, en partie de l’artère centrale de la rétine, en partie des vaisseaux de l’iris.

OEIL OU GLOBE OCULAIRE

L’artère centrale de la rétine, en débouchant au centre de la papille optique, fournit tout d’abord les artères de la rétine et se prolonge ensuite en avant sous la forme d'un tout petit vaisseau, Y artère capsulaire ou hyaloidienne . Cette artère traverse d’arrière en avant toute l’épaisseur du corps vitré et se résout, à la partie antérieure de celui-ci, en un élégant pinceau do rameaux et de ramuscules, lesquels s’étalent à la face postérieure du cristallin et se dirigent en sens radiaire vers l’équateur (fig. 453, A). Arrivés là, ils le contournent et descendent alors sur la face antérieure du cristallin, en se portant vers son centre (fig. 453, B). Avant de l’atteindre, ils sont rejoints par des vaisseaux provenant de l’iris, lesquels s’anastomosent avec eux pour former, en avant du pôle antérieur du cristallin, un réseau commun. La portion de la capsule vasculaire, où les vaisseaux iriens et les ramifications ultimes de l’artère hyaloidienne sont ainsi mêlés et confondus, n’est autre que la membrane pupillaire ou membrane de Wachendorff, que nous avons décrite à propos de l’iris (p. 467).

Les rameaux anastomotiques que le réseau irien envoie à la capsule vasculaire du cristallin sont de deux ordres : les uns, relativement petits, sont des artérioles ou des capillaires ; les autres, plus volumineux, présentent tous les caractères extérieurs des veines et, comme l’artère liyaloïdienne n’est accompagnée dans la plupart des cas d’aucune veine satellite, il faut en conclure que le sang du réseau péricristallinien retourne au cœur par l’intermédiaire des veines de l’iris.

L’artère hyaloidienne a pour destination d'apporter au cristallin embryonnaire les matériaux nécessaires à sa nutrition et 'surtout à son accroissement. Aussi voit-on ses ramifications s’atténuer peu à peu dans les derniers mois de la vie fœtale, quand le cristallin a atteint un développement à peu près complet. Chez le nouveau-né et, a fortiori, chez l’enfant et chez l’adulte, il ne reste aucune trace, soit du réseau péricristallinien, soit de l’artère hyaloidienne.

Des cas de persistance de cette artère ont été signalés par plusieurs observateurs, notamment par Liebreich, par Meissner, par Sæmisch, par Welcker, etc., mais ces faits sont anormaux et tout à fait exceptionnels.

Voyez, au sujet du cristallin et de la zone de Zinn: Samelsohn, Klin. Monastbl., Bd. XIX, p. 265; — Ulrich, Zur Anat. u. Phys, des Canalis Petiti. u. der anstossenden Gewebe, Arch. f. Ophtalm., t. XXVI, 1880; — Fuchs, Wien. klin. Wochenschr., 1888; — Claeys, De la région ciliaire de la rétine et de la zonule de Zinn, Arch. de Biol., t. VIII, 1888 ; — Tscherning, Sur la position du cristallin de l’œil humain, G. R. Acad, des Sc., 1888; — Schlôsser, Ueber die Lymphbahnen, der Linse, Münch. medicin. Wochenschr., 1889 ; — Haase, Ueber den Canalis Petiti des Menschen, Th. de Rostock, 1889 ; — Robinsky, Ein weiterer Beitrag zur Anat., Phys, und Pathol, der Augenlinse , Berlin, 1889 ; — Collin, The composition of the human lens in Health and in Cataract, Illustr. med. News, London, 1889; — Stuart, Anderson, On the connexion between the sus pensory ligament of the crystalline lens and the lens capsule, Proceedings of the Roy. Soc., XLIX, 1891 ; — V. Garnier, Ueber den normalen und pathologischen Zustand der Zonula Zinnii, Arch. f., Augenheilkunde, XXIV, 1891 ; — Topolanski, Uber den Bau der Zonula und Umgebung nebst Bemerkungen über das albinotische Auge, Arch. f. Ophth., XXXVII, 1891; — Fridenberg, Ueber die Sternfigur Kristall-Linse, Th. Strasbourg, 1891 ; — Anderson, The lens in an albino rat, Int. Monatsschr. f. Anat. u. Phys., X, 1893 : — Bertin-Sans, Variations que subissent sous l'influence de l’âge les rayons de courbure du cristallin, Anal, in Arch. d’Opht., 1893 ; — Barab vschew, Beitrag z. Anat. der Linse, Arch. f. Ophtalm., XXXVIII, 1892; — Du même, Beitr. z. Anat. der Linse, Græfe’s Arch., 1893 ; — Duclos, Etude sur les dimensions du cristallin, Th. Bordeaux, 1895 ; — Fridenberg, La forme étoilée du cristallin de l’homme et des vertébrés, Arch. of Ophtalm., 1895 ; — Schon, Zonula und ora serrata , Anat. Anz.,Bd. X, 1895 ; — Agababow, Untersuch. über die Natur der Zonula ciliaris , Arch. f. mikr. Anat., 1897 ; — Campos, La portion réfléchie de la membrane hyaloide , Arch. Ophtalm., t. XVIII, 1898; — Ulry, La nutrition du cristallin, Arch. d’Ophtalm., t. XVIII, 1898; — Rabl, Ueber der Bau u. die Entwick. der Linse, Zeitschr. Wiss. Zoologie, 1898; — Terrien, Bech. sur la structure de la rétine ciliaire et l’origine des fibres de la zonule de Zinn , Th. Paris, 1898; — Du même, Mode d’insertion des fibres zonulaires sur le cristallin et rapports de ces fibres entre elles, Arch. d’Ophthalm., 1899; — Damianoff, Bech. histol. sur la cristalloïde et sur la zonule de Zinn, Th de Montpellier, 1900 ; — Salzmann, Die zonula ciliaris u. ihre Verhàltniss zur Ungebung, Wien, 1900 ; — Ballowitz, Stab und fadenfôrmige Krystalloide in Linsen epithel, Arch. Anat. u. Physiol., 1900 ; — Hosch, Das Epithel. der vorderen Linsenkapsel, Arch. Ophtalm., Bd. LU, 1901 ; — Tufesco, Sur le cristallin normal, Th. Paris, 1906 ; — Terrien, Infl. de l’insert. des fibres zonulaires sur la forme de V équateur du cristallin, Arch. d’oplith., t. XVII, 1906 ; — Zeemann, Ueb. d. Form d. hint. Linsenflâche , Monatsbl. Augenh., 1908; — Wolfrum, Ueb. Ursprung u. Ansatz. d. Zonula fasern, Arch. f. Ophthalmol., 1908 ; — Mawas, Bech. sur l'origine et la signification histol. des fibres de la zonule de Zinn, C. R. Assoc. Anat., 1908.

§ II. — Corps vitré

On donne le nom de corps vitré à cette masse transparente et de consistance gélatineuse qui remplit tout l’espace compris entre la rétine et la face postérieure

ORGANES DES SENS

du cristallin (fig. 454,17). Il occupe, à lui tout seul, les deux tiers postérieurs de la cavité oculaire et devient ainsi le plus considérable, sinon le plus important, çles milieux réfringents de l’œil.

A. — Considérations générales

1° Forme. — Le corps vitré, comme nous le montrent nettement les coupes méridiennes de l’œil (fig. 454,1), revêt dans son ensemble la forme d’un sphéroïde, déprimé en cupule à sa partie antérieure (fossa patellaris) pour loger le cristallin. Il est traversé d’arrière en avant, du moins chez le fœtus, par un canal central, le canal hyaloïdien ou canal de Cloquet , que nous étudierons plus loin.

2° Rapports. — Envisagé au point de vue de ses rapports, le corps vitré répond successivement en allant d’arrière en avant : 1° à la rétine proprement dite; 2° à la portion ciliaire de la rétine ou, plus exactement à la zonula (p. 519), qui la recouvre ; 3° à la face postérieure du cristallin.

Au niveau de la rétine proprement dite, le corps vitré s’applique tout simplement contre la surface interne de cette membrane sans lui adhérer. Il en est de même au niveau du cristallin. Wieger et Berger (1889) ont bien décrit, sous le nom un peu prétentieux peut-être de ligament hyaloïdéo -capsulaire , un certain nombre de fibres conjonctives qui, partant de la face antérieure du corps vitré, viennent s’implanter circulairement sur la cristalloïde postérieure, à un millimètre en arrière de l’équateur. Mais la présence de ces fibres n’établit entre le corps vitré et le cristallin qu’une bien faible adhérence : car ce dernier se détache sans difficulté et par son simple poids de la fossa patellaris , lorsqu’on a incisé circulairement son ligament suspenseur.

Par contre, le corps vitré adhère d’une façon intime à l’ora serrata et, en avant de fora serrata, à la rétine ciliaire ou plus exactement à la zonula qui en émane.

3° Poids. — Le poids spécifique du corps vitré est de 1,005 (Chenevix). Son pouvoir réfringent est de 1,339 d’après Brewster, de 1,338 d’après Helmholtz.

B. — Constitution anatomique

Envisagé au point de vue de sa constitution anatomique, le corps vitré se compose essentiellement de deux parties : 1° d’une membrane enveloppante, qui est la membrane hyaloïde ; 2° d’un contenu, qui est Y humeur vitrée.

1° Membrane hyaloïde. — La membrane hyaloïde (de éa'Xoç, verre et stSoç, ressemblance), que quelques anatomistes ont eu le tort de nier ou de confondre avec la limitante interne de la rétine, est une pellicule mince et délicate (fig. 454,2) qui enveloppe l’humeur vitrée. Elle appartient réellement au corps vitré.

a. Disposition générale. — Pour prendre une notion exacte de la manière dont elle se comporte par rapport au corps vitré et aux formations voisines, il suffit de la suivre sur une coupe horizontale de l’œil passant par le nerf optique. Pratiquons donc cette coupe et examinons successivement notre membrane : 1 0 entre la papille et V ora serrata ; 2° au niveau même de la papille optique ; 3° en avant de Vora serrata.

a) De la papille à Vora serrata, la membrane hyaloïde s’applique directement contre la face interne de la rétine proprement dite, et, pour spécifier, contre la limitante interne. Elle est, dans toute cette partie de son étendue, à la fois très nette et très régulière.

OEIL OU GLOBE OCULAIRE

P) Auniveau du bord delà papille, la membrane hyaloïde, au lieu de s’étaler sur cette papille pour la recouvrir, se réfléchit en avant pour tapisser intérieurement le canal qui traverse d’arrière en avant le corps vitré et que nous décrirons plus, loin (p. 533; sous le nom de canal hyaloïdien, de canal de Cloquet, de canal de Stilling. La papille optique, au niveau de l’extrémité postérieure du canal de Cloquet (area Martegiani, voy. p. 533), n’est donc pas en rapport avec la membrane hyaloïdienne, mais bien avec le contenu du canal hyaloïdien. Ajoutons que, en se réfléchissant dans le canal hyaloïdien, la membrane d’enveloppe du corps vitré présente un amincissement très prononcé.

y) Au niveau de l'ora serrata , la membrane hyaloïde s’amincit également au point qu’il est très difficile de la suivre. On a cru pendant longtemps que, là, elle changeait de nature et formait la zone de Zinn ou zonula : elle se séparait alors de l’humeur vitrée et constituait, sur le pourtour de l’équateur cristallinien, la paroi antérieure du canal triangulaire de Petit, dont la paroi postérieure était formée par l’humeur vitrée elle-même (fig. 454).'

Mais des recherches plus récentes tendent à établir que, contrairement à l'opinon ancienne , les fibres zonulaires n’ont avec la membrane hyaloïde que des rapports de voisinage et doivent être considérées génétiquement comme un produit de sécrétion des cellules de la rétine ciliaire (voy.

plus haut). Dès lors, on admet que la membrane hyaloïde, en avant de l’ora serrata (voy.

fig. 450), s’étale sur la face postérieure de la zonula, qui la sépare de la rétine ciliaire.

Elle descend ainsi (fig. 450, 7) vers l’équateur cristallinien d’abord, puis sur la face postérieure du cristallin, en conservant toujours le contact immédiat avec l’humeur vitrée. Arrivée au pôle postérieur du cristallin ou, plus exactement à l’extrémité antérieure du canal de Cloquet, elle se réfléchit en arrière pour tapisser les parois de ce canal et se continuer bientôt avec ellemême, autrement dit se fusionner avec le prolongement postéro-antérieur, ci-dessus mentionné, que la membrane hyaloïdienne envoie dans le canal de Cloquet au niveau de la papille optique. Il existe donc, sur la face postérieure du cristallin, une petite zone circulaire, répondant au pôle postérieur, qui, comme la papille optique, n’est pas recouverte par la membrane hyaloïde.

Au total, la membrane hyaloïdienne enveloppe l’humeur vitrée dans toute son

Fig. 454 .

Le corps vitré et le canal hyaloïdien, vu sur une coupe horizontale passant par le nerf optique.

1. corps vitré. — 2, membrane hyaloïde. — 3, région de l’ora serrata.

— 4, zone de Zinn ou zonula (sur cette figure remontant à la première édition, elle se continue suivant la conception ancienne avec la membrane hyaloïde, alors qu’elle en est complètement indépendante, voy. le texte et voyez aussi la fis:, nouvelle 450). — 5, nerf optique. — 6, cristallin. — 7, iris. — 8, canal hyaloïdien, avec 8’, son extrémité postérieure évasée [area Martegiani). — 9, espace postlenticulaire. — 10, canal de Petit, répondant à l’insertion sur le cristallin des faisceaux zonulaires antérieurs et postérieurs (les faisceaux postérieurs ne sout pas représentés).

— 11, chambre postérieure de l’œil. — 12, chambre antérieure.

ANATOMIE HUMAINE. — T. III, 6e ÉDIT.

ORGANES DES SENS

étendue, en même temps qu’elle envoie le long de son axe antéro-postérieur, un prolongement tubuleux qui constitue la paroi du canal hyaloïdien. Il convient d’ajouter que la membrane hyaloïdienne ne présente pas partout la même épaisseur : relativement épaisse dans toute sa portion qui répond à la rétine proprement dite, elle est extrêmement mince dans le canal hyaloïdien, extrêmement mince aussi au niveau de la zonula et du cristallin.

b. Signification morphologique. — La membrane hyaloïde se présente, à l’examen microscopique, sous la forme d’une membrane complètement anhiste. Elle est, du reste, inséparable du corps vitré et on voit nettement, sur les coupes, qu’elle fait corps avec lui. Elle n’est vraisemblablement que la partie toute périphérique du vitré condensé en une pseudo-membrane.

Sur la face interne de la membrane hyaloïde se rencontrent, soit sous forme d’amas, soit à l’état de dissémination irrégulière, des éléments cellulaires à un ou deux noyaux : ce sont les cellules sub- hyaloïdienne s de Ciaccio. Ces cellules, tantôt arrondies, tantôt fusiformes, ou même étoilées, sontplus nombreuses (Schwalbe) au niveau de l’ora serrata et de la papille optique que sur tout autre point de la membrane hyaloïde. Leur nombre décroît progressivement de ces deux régions vers l’équateur.

Les cellules subhyaloïdiennes ne paraissent être que des globules blancs, qui occupent les couches les plus externes de l’humeur vitrée et qui se sont échappées par diapédèse des réseaux vasculaires voisins.

2° Humeur vitrée. — L’humeur vitrée est l’élément le plus important, l’élément essentiel du corps vitré. Contenue dans la membrane hyaloïde, elle se présente

sous la forme d’une substance gélatineuse, gluante, un peu plus ferme que celle du blanc d’œuf, toujours plus consistante chez l’enfant que chez l’adulte.

A. Disposition. — L’humeur vitrée ne forme pas, comme on pourrait le penser au premier abord, un bloc compacte et homogène. Mais elle est divisée en de nombreux segments par un système d’interstices ou fentes, qui jouent à leur égard le rôle de véritables cloisons séparatives.

Ces fentes affectent deux directions principales. A la périphérie du corps vitré, elles sont circulaires, plus ou moins concentriques, dirigées parallèlement aux membranes de l’œil. Au centre du corps vitré, au contraire, elles sont radiées et forment autant de cloisons antéro-postérieures qui tombent perpendiculairement, d’une part sur la membrane hyaloïde, d’autre part sur le canal hyaloïdien : IIannover a compté sur le corps vitré humain 180 rayons ; Schwalbe, 37 seulement.

Cette double disposition des fentes du corps vitré, qui est très manifeste sur les

Fig. 455.

Schéma représentant, sur une coupe équatoriale du corps vitré, la double disposition de ses segments et les fentes qui les séparent.

1, canal central ou hyaloïdien. — 2, segments en quartier d’orange. — 3, segments en écailles d’oignon. — 4, l'entes radiaires. — 5, fentes circulaires.

OEIL OU GLOBE OCULAIRE

coupes équatoriales (fig. 455), nous explique surabondamment le double mode de fragmentation de cet organe en écailles d'oignon et en quartiers d'orange , qui a été observé par Demours, par Brücke, par Gerlach, par Hannover et autres sur des corps vitrés congelés ou simplement durcis dans l’acide chromique.

Reste à savoir quelle est la signification réelle des fentes vitréennes. Existentelles réellement à l’état physiologique et, dans ce cas, sont-elles le résultat de condensations variables dans la substance qui constitue la masse vitréenne ? Ou bien ne sont-elles que des produits artificiels, dues aux méthodes auxquelles on a eu recours pour les mettre en évidence ? Les deux opinions ont été soutenues, chacune avec des arguments qui, tout en ayant leur valeur, sont loin d’être suffisants pour solutionner nettement la question.

B. Composition chimique. — Les analyses de Berzélius attribuent à l’humeur vitrée la composition suivante :

Eau 98,50 p. 100

Albumine 0,16 —

Chlorure de sodium 1,42 —

Substance soluble dans l’eau 0,02 —

Total 100,00

Lohmeyer signale en outre, dans l’humeur vitrée, l’existence d’une certaine quantité de mucine et de caséine, ainsi que quelques traces de graisse. Lorsqu’on dépose sur un filtre une certaine quantité d’humeur vitrée, la plus grande partie s’en écoule goutte à goutte sous forme d’un liquide transparent. Il ne reste sur le filtre qu’une faible proportion de substances solides, que l’on doit évaluer à 0,041, d’après Lohmeyer.

C. Structure. — Histologiquement, la masse gélatineuse du corps vitré comprend, au milieu d’une substance amorphe semi-liquide, deux ordres d’éléments figurés : des fibres et des cellules .

a. Fibrilles de V humeur vitrée {fibres vitréennes). — L’humeur vitrée est parcourue par un système de fibrilles qui, tout en occupant toute l’étendue du corps vitré, ont une disposition un peu différente à la partie centrale et à la périphérie.

A la partie centrale, les fibrilles en question se disposent d’une façon extrêmement irrégulière présentant les directions les plus diverses, s’entremêlant dans tous les sens.

A la partie périphérique ou corticale, au contraire, les fibres vitréennes sont plus régulières se disposant pour la plupart parallèlement à la surface même du corps vitré. Elles sont dans certains cas particulièrement denses, formant alors à la périphérie du vitré une sorte de limitante.

Nous verrons, tout à l’heure, quelle est la signification de ces fibrilles. Décrivons auparavant les cellules vitréennes.

b. Cellules de l'humeur vitrée {cellules vitréennes). — Les cellules disséminées dans l’humeur vitrée, cellules assez rares du reste, forment trois types (fig. 457),

Fig. 456.

Une partie du tissu vitréen d’un adulte d’environ 40 ans : fibrilles vitréennes (d’après Retzius).

ORGANES DES SENS

Fig. 457.

Cellules de l'humeur vitrée (d’après Schwalbe).

1 et 4, cellules sans vacuole. — 2, 3, 5, 6 et 7, cellules avec vacuoles, les cellules 3 et 4 avec des prolongements se terminant par des renflements protoplasmiques.

d’après Ivanoff. Ce sont : 1° des cellules rondes à un ou plusieurs noyaux, rappelant par leur aspect les pellules subhyaloïdiennes que nous avons décrites plus haut; 2° des cellules munies de prolongements protoplasmiques, toujours fort variables en nombre et en dimensions ; ces prolongements se terminent fréquemmentpar de petits renflements sphériques susceptibles de s’isoler et de devenir libres; 3° des cellules caractérisées par l’existence, dans leur protoplasma, d’une ou de plusieurs vésicules à contenu clair et homogène. Ces trois espèces de cellules sont reliées les unes aux autres par toute une série de formes intermédiaires, qui établissent nettement leur parenté et même leur identité.

c. Nature de ces divers éléments. — Nous devons nous demander maintenant quelle est la nature des éléments figurés

que l’on observe dans l’humeur vitrée.

a) Les cellules tout d’abord ne sont autre chose que des cellules lymphatiques plus ou moins modifiées dans leur forme par l’influence du milieu où elles sont appelées à vivre. La preuve nous en est fournie par cette expérience intéressante de Schwalbe qui, en emprisonnant un fragment de corps vitré dans le sac lymphatique d’une grenouille, a pu artificiellement reproduire avec des cellules lymphatiques toutes les diversités d’aspect que présentent les cellules de l’humeur vitrée.

P) En ce cfui concerne les fibres, on a cru pendant longtemps devoir les considérer comme étant de nature conjonctive. Il est généralement admis aujourd’hui, après les récents travaux de Tornatola (1897), de Salzmann (1900), de IIoemers (1903), d’ADDARio (1904), de Mawas (19 1 0), qu’elles émane.nt au même titre que les fibres de la zonula, du protoplasma des cellules rétiniennes, principalement des cellules de la rétine ciliaire. Salzmann, à ce sujet, signale et figure au-dessus de l’ora serrata ( fig. 458) une zone, large de lmm,5, où l’on voit très nettement les fibrilles vitréennes prendre naissance (à la surface de l’épithélium rétinien. Ces fibrilles sont

/ïêM.

0ÊM

mÊm

Fig. 458.

Coupe méridienne de la région de l’ora serrata pour montrer l’origine des libres vitréennes (d’après une figure de Salzmann).

1. ora serrata. — 2, zone ciliaire du tractus uvéal. — 3, et 3’, couche externe (cellules pigmentaires) et couche interne ; cellules claires) de la rétine ciliaire. — 4, 4’, couche limitante du corps vitré. — 5, fibres zonulaires allant à la zonula. — 7, fibrilles vitréennes (on voit nettement qu’elles émanent, comme les fibres zonulaires, de la zone claire de la rétine ciliaire).

OEIL OU OLOBE OCULAIRE

donc de nature cuticulaire et, d’autre part, elles ont, comme les cellules dont elles dérivent, une origine ectodermique.

D . — Signification morphologique du vitré

La signification morphologique du corps vitré est encore discutée.

Un fait paraît certain : c’est que le vitré dérive du mésoderme. Comme nous le verrons plus tard en embryologie (voy. t. IV), quand la partie antérieure de la vésicule oculaire s’invagine dans la partie postérieure, transformant ainsi la vésicule oculaire primitive en vésicule oculaire secondaire, une petite masse du mésoderme céphalique se projette dans la cupule ainsi formée (cupule optique). Cette masse mésodermique, en avant de laquelle se développe le cristallin, constitue le rudiment du corps vitré. Bientôt elle est envahie par des vaisseaux provenant de la centrale de la rétine, et le corps vitré est alors constitué. Mais ce n’est là que le corps vitré de l’embryon ou, si l’on veut, le corps vitré primitif, le corps vitré primaire.

Un peu plus tard, au 3e mois chez l’homme, on voit apparaître à la périphérie de ce corps vitré primitif, tout contre la rétine, une couche spéciale, entièrement avasculaire qui, s’épaississant de plus en plus, repousse devant elle les vaisseaux du corps vitré et le corps vitré lui-même, et peu à peu prend sa place. Ce nouveau corps vitré est le corps vitré secondaire, le corps vitré définitif , et l’on voit nettement qu’il provient génétiquement de la rétine embryonnaire, autrement dit de l’ectoderme.

Au total, il existe, morphologiquement, deux corps vitrés : 1° le corps vitré primaire ou primitif, vasculaire, d’origine mésodermique; 2° un corps vitré secondaire ou définitif , avasculaire, dérivant de la rétine (soit de toute l’étendue de la rétine, soit de la rétine ciliaire seulement) et, par conséquent, d’origine ectodermique.

E. — Canal central ou canal hyaloïdien

Le corps vitré, nous l’avons déjà dit plusieurs fois au cours de notre description, est traversé par un canal à direction antéro-postérieure, qui suit assez exactement son axe et que, pour cette raison, on appelle canal central. Ce canal, mentionné pour la première fois par Cloquet en 1818, et minutieusement décrit cinquante ans plus tard par Stilling, porte indifféremment le nom de canal de Cloquet ou celui du canal de Stilling.

1° Forme et trajet. — Le canal central du vitré commence, en arrière, au niveau delà papille, par une extrémité élargie en forme d’entonnoir, Y area Martegiani.

De là, et en se rétrécissant graduellement, il se porte en avant, traverse le vitré dans toute sa longueur et, s’élargissant de nouveau, il vient se terminer au voisinage du pôle postérieur du cristallin par une extrémité configurée comme la postérieure en une sorte d’entonnoir ou de pavillon : il se continue là avec un espace lymphatique qui répond à la cristalloïde postérieure et qui a reçu de Berger le nom d 'espace postlenticulaire (fig. 454, 9). Cet espace communique très probablement, dans la région équatoriale, avec le canal de Petit, et je rappellerai à ce sujet l’expérience de Michel qui, par une injection dans la chambre antérieure, a obtenu à la fois le remplissage du canal de Petit et du canal hyaloïdien.

Une membrane vitrée, très délicate et dépendant de l’hyaloïde (p. 529), délimite sur tout son pourtour et dans toute son étendue le canal central du vitré. Çà et là,

ORGANES DES SENS

le long de sa surface, on rencontre des cellules aplaties, qui rappellent par leur aspect les cellules subhyaloïdiennes (p. 530) et qui ont vraisemblablement la même signification.

2° Signification morphologique. — Durant la vie foetale le canal central de

l’hyaloïde livre passage à Y artère capsulaire ou hyaloïdienne, branche de l’artère' centrale de la rétine, chargée d’apporter au cristallin embryonnaire les matériaux nécessaires à son développement (voy. p. 526). C’est un cordon cylindroïde de substance visqueuse tout autant qu’un canal, et nul doute qu’il représente alors (comme plus tard du reste), le reliquat du corps vitré primitif, remplissant autrefois tout l’espace compris entre la rétine et le cristallin, fort réduit maintenant et refoulé dans la partie axiale de cet espace par le corps vitré secondaire.

L’artère hyaloïdienne, on le sait, s’atrophie peu à peu et sa disparition est ordinairement complète, chez l’homme, au moment de la naissance : ce n’est que dans

des cas tout à fait exceptionnels qu’elle persiste chez l’enfant et chez l’adulte à des degrés de développement divers.

Une fois l’artère disparue, le canal qui lui livrait passage ou, plus exactement peut-être, le cordon de substance visqueuse qui lui servait de support, disparaîtil aussi ?

Pendant longtemps, et sur la foi des travaux de Stilling, on a répondu par la négative : le canal existait chez l’adulte comme chez le foetus, cela se trouvait dans tous les classiques. Tout récemment, à la suite de Wolfrum (1907), bon nombre d’anatomistes et d’ophthalmologistes ont soutenu, contre Stilling, que le canal hyaloïdien disparaissait avec l’artère homonyme et qu'après la naissance on n’en trouvait plus aucune trace. Une affirmation aussi catégorique ne saurait être acceptée qu’avec une extrême réserve. Les conclusions de Wolfrum ont été vivement critiquées par Schaff qui, dans un tout récent mémoire inséré dans les Archives d’Ophthalmologie de Græfe de 1909, attribue les résultats négatifs de Wolfrum à la méthode employée et affirme, pour l’avoir toujours vu dans ses coupes en série, l’existence constante du canal de Stilling chez l’adulte comme chez le foetus.

Chez l’adulte, par suite de la disparition de l’artère capsulaire, le canal central du vitré ne renferme plus qu’un liquide transparent qui n’est vraisemblablement que de la lymphe : Schwalbe a pu, en effet, le remplir par une injection de matière colorante poussée dans les espaces lymphatiques du nerf optique.

Consultez, parmi les travaux récents au sujet du corps vitré : Beauregard, Élude du corps vitré,

tî 4 o 4 b

Fig. 459.

L’artère hyaloïdienne, vue sur une coupe horizontale du globe de l’œil.

1, rétine. — 2, corps vitré. — B, cristallin. — 4, iris. — 5, artère centrale de la rétine, avec : 5’, ses branches externes ou temporales; 5’’, ses branches internes ou nasales. — 6, artère hyaloïdienne. — 7, 7, s^s ramifications sur les deux faces du cristallin. — 8, 8, artères iriennes. 9, anastomoses des deux systèmes et membrane capsulo-pupillaire.

OEIL OU GLOBE OCULAIRE

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§ 111. — Chambres de l’oeil, humeur aqueuse

On désigne sous le nom de chambres de £’œï7(fig. 460) tout l’espace qui se trouve compris entre le cristallin et la cornée. L’iris, placé en avant du cristallin, divise cet espace en deux parties : 1° une partie antérieure, plus grande, appelée chambre antérieure ; 2° une partie postérieure plus petite, appelée chambre postérieure. Séparées l’une de l’autre, chez le fœtus, par la membrane de Wachendorff (p. 467), les deux chambres communiquent largement entre elles, chez l’enfant et chez l’adulte, par l’orifice central de l’iris, la pupille. Elles sont remplies l’une et l’autre par Y humeur aqueuse.

1° Chambre antérieure. — La chambre antérieure (fig. 354, 13 et 460, 14) est placée en avant de l’iris, entre l’iris et la cornée. Elle affecte, dans son ensemble, la forme d’une lentille, convexe en avant, légèrement concave en arrière. Sa hauteur, comme sa largeur du reste, mesure 13 millimètres. Son diamètre antéro-postérieur maximum, mesuré du centre de la cornée au pôle antérieur du cristallin, varie de 2 millimètres à 2 millimètres et demi. Nous considérerons à la chambre antérieure : 1° une paroi antérieure ; 2° une paroi postérieure ; 3° une circonférence.

a. Paroi antérieure . — La paroi antérieure est formée par la face postérieure, concave de la cornée transparente et, tout autour de la cornée, parla partie correspondante du limbe scléral. L’étendue de la portion de la sclérotique qui prend part ainsi à la constitution de la paroi antérieure de la chambre est de 2mm, 25 au niveau de l’extrémité supérieure de l’axe vertical, de 2 millimètres au niveau de l’extrémité inférieure de ce même diamètre vertical, de lmm,25 au niveau des deux extrémités nasale et temporale du diamètre horizontal (Rochon-Duvigneaud).

b. Paroi postérieure. — La face postérieure est représentée parla face antérieure de l’iris et par la portion de la face antérieure du cristallin qui répond à la pupille.

c. Circonférence. — La circonférence de la chambre antérieure, formée par la

ORGANES DES SENS

rencontre de ses deux parois, répond à un angle dièdre que l’on désigne indistinctement sous les noms d sangle irido-cornéen ou angle de la chambre antérieure. Rappelons en passant qu’il existe là, entre la circonférence de l’iris et le limbe scléral, un système trabéculaire qui constitue le ligament pectine de Hueck (p. 450 ; et délimite les espaces de Fontana.

2° Chambre postérieure. — La chambre postérieure (fig. 460, 13), rejetée à tort par quelques anatomistes, a la forme d’une cavité annulaire placée en arrière de l’iris. On peut lui considérer : 1° deux parois; 2° deux circonférences.

a. Parois. — Les deux parois se distinguent, comme pour la chambre antérieure, en antérieure et postérieur e :

a) La paroi antérieure , plane ou légèrement concave, est représentée par la face postérieure de l’iris. On sait qu’elle présente une coloration noir foncé.

P) La paroi postérieure, convexe, est formée par la face antérieure du cristallin d’abord et, plus en dehors, par la portion libre de la zone de Zinn qui, comme nous l’avons vu (p. 523), vient s’insérer sur cette face.

b. Circonférences. — Les deux circonférences de la chambre posté-

' rieure se distinguent en grande et en petite :

a) La petite circonférence résulte de la rencontre du bord pupillaire de l’iris avec la face antéangle très aigu, que l’on

Fig. 460.

Schéma, montrant les chambres de l’œil et la circulation de la lymphe sur une coupe méridienne de l’œil passant par l’un des vasa vorticosa.

(Les flèches rouges indiquent le trajet suivi par la lymphe.)

1, corps vitré. — 2, cristallin. — 3, iris. — 4, cornée. — 5, conjonctive. — G. capsule de Tenon. — 7, l’un des vasa vorticosa. — 8, sclérotique. — 9. choroïde. — 10, membre hyaloïde. — 10’ zonula (ses fîbi’es antérieures à insertion prééquatoriale). — 11, espace postlenticulairc. — 12. canal de Petit. — 13, chambre postérieure. — 14, chambre antérieure. — 15. canal de Schlemm. — IG. une veine sclérale. — 17, une veine ciliaire antérieure. — 18, espace suprasclérotical ou espace de Tenon. — 20, canal réunissant ces deux espaces. — 21, rétine.

rieure du cristallin. Cette rencontre s’effectue sous un pourrait appeler Y angle irido-cristallinien.

P) La grande circonférence est formée par la partie flottante ou base des procès ciliaires. Au niveau de la grande circonférence, la chambre postérieure présente, ainsi que nous l’avons dit plus haut (p. 523), une série de diverticulums, qui s’enfoncent en sens radiaire entre les vallées ciliaires, qui sont en avant, et la zone de Zinn, qui est en arrière : ce sont les recessus cameræ posterioris de Kuhnt ou recessus prézonulaires.

3° Humeur aqueuse. — Les deux chambres de l’œil sont remplies par un liquide incolore et d’une limpidité parfaite, Y humeur aqueuse.

OEIL OU GLOBE OCULAIRE

a. Caractères physiques. — La pesanteur spe'cifique de l’humeur aqueuse, peu différente de celle de l’eau, est de 1,005 d’après Brewster. Son pouvoir réfringent est de 1,338 d’après Ghossat, de 1,336 seulement d’après Helmholtz. La tension de l’humeur aqueuse est, en moyenne, de 25 millimètres de mercure.

b. Composition chimique. — Quant à sa composition chimique, elle est établie comme suit par les analyses de Berzélius :

Eau 98.10

Chlorure sodique avec une faible trace d’extrait alcoolique ... 1.15

Matière extractive soluble dans l’eau 0.75

Albumine quelques traces

Total 100.00

c. Structure et signification morphologique. — Histologiquement, l’humeur aqueuse ne présente d’autres éléments figurés que des cellules de la lymphe ou leucocytes. Encore convient-il d’ajouter que ces éléments sont excessivement rares. L’humeur aqueuse doit être considérée, au point de vue de l’anatomie générale, comme un produit de filtration des vaisseaux de l’iris et des procès ciliaires.

d. Circulation de V humeur aqueuse. — Des vaisseaux d’où elle émane, l’humeur aqueuse s’amasse tout d’abord dans la chambre postérieure (voy. fig. 448), où se déversent en même temps le liquide du canal de Petit et les liquides efférents du cristallin (voy. Cristallin.)

De la chambre postérieure, l’humeur aqueuse passe dans la chambre antérieure, soit par l’orifice pupillaire, comme l’indiquent Schoeler et Uthoff (1882), soit, comme le veut Ulrich (1883), par un système de fentes a direction postéroantérieure qui occupent la grande circonférence de l’iris.

L’humeur aqueuse, enfin, s’écoule de la chambre antérieure en suivant une double voie. Tout d’abord, elle se jette dans le canal de Schlemm, comme nous avons déjà eu l’occasion de l’indiquer (p. 441) et, de là, dans les veines sclérales qui l’amènent dans les veines musculaires. Mais ce n’est pas là la seule voie d’écoulement de l’humeur aqueuse, comme le démontrent les recherches de Nuel et Benoit (1900) : elle s’engage aussi dans les stomates décrits par Fuchs sur la face antérieure de l’iris et gagne successivement, par cette nouvelle voie, les espaces lacunaires de l’iris, ceux de la région ciliaire, les gaines périvasculaires des vasa vorticosa et, finalement, l’espace lymphatique de Tenon. Lorsqu’on injecte, en effet, une substance colorante dans la chambre antérieure, comme l’ont fait Leber, Knies et Nicati, on rencontre cette substance, peu de temps après l’injection, dans les espaces lymphatiques de l’iris, dans les espaces lymphatiques de la région ciliaire et jusque dans les vasa vorticosa.

D’après certains auteurs, toute l’humeur aqueuse ne se porterait pas ainsi d’arrière en avant, vers la chambre antérieure. Une certaine partie, suivant un chemin inverse, se dirigerait d’avant en arrière et s’échapperait de l’œil au niveau de la papille pour suivre à. partir de là les gaines du nerf optique. Sans contester ce débouché au pôle oculaire postérieur, Nuel et Benoit estiment qu’il n’existe que chez le lapin. Il est nul ou à peu près nul chez l’homme, le chien, le chat. Une très petite quantité d’humeur aqueuse, ajoutent-ils, est peut-être reprise par les gros vaisseaux rétiniens.

Voyez, au sujet de la chambre antérieure et de la circulation de l’humeur aqueuse, parmi les travaux récents : Knies, Virchow’s Arch., Bd. 65 ; — Heisrath, Ueber den Zusammenhang der vorderen Augenkammer mit de vorderen Ciliarvenen, Arch. f. mikr. Anat., 1878 ; — Ulrich, Ueber die Ernahrung des Auges, Græfe’s Arch., 1880; — Weiss (L.), Ueber der Abflusswege der intraocularen Flüssigkeit, Græfe’s Arch., 1879; — Morf, Exper. Beitr. z. Lehre von den AbfLuss-

ANATOMIE HÜMAINE. — T. III, 6e ÉDIT. 68

ORGANES DES SENS

ivege der vorderen Augenkammer, Dissert. Zurich, 1888 ; — Ulrich, Neue Untersuch. über die LymphStrômung im Auge, Arch. f Augenheilk.. Bd. XX, 1889 ; — Nicati, La glande de l'humeur aqueuse , glande des procès ciliaires ou glande uvêe, Arch. d’ophth., t. X, 1898 ; — Staderini, Ueber die Abflusswege des Humor aqueus, Arch. f. Ophth., XXXVII, 1891; — Mérian, Versuche über die Lymphwege des Auges , Arch. f. Anat. u. Phys., 1891 ; — Tuckermann, Ueber die Vorgànge bei der Résorption in die vorder Augenkammer , Græfe’s Arch , 1892; — Gifford, Weitere Versuche über die Lymphstroeme u. Lymphwege des Auges, Arch.f. Augenheilk., 1893; — Knies, Ueber die vorderen Abflusswege des Auges , etc., Arch. f. Augenheilk., 1894; — Pflüger, Zur Lymphcirculation im Auge , Arch. f. Augenheilk., 1894 ; — Truc et Hédon, Sur la présence du sucre dans les milieux de l'œil à l'état normal et path., Soc. franc, d’ophthalm., 1894; — Bellarminoff, Rech. sur la résorption vers la chambre antérieure, etc., Graefe’s Arch., 1894; — Koster, Ueber den Lymphstrom aus der inter en nach der vorderen Kammer. Graefe’s Arch., 1895; — BEUTZENet Leber, De la filtration hors de la chambre antérieure dans les yeux normaux et glaucomateux, Græfe’s Arch., 1896; — Jeannulatos, Rech. embryologiques sur le mode de formation de la chambre antérieure , etc., Th. Paris. 1896 ; — Levinsohn, Ueb. die freie Kommunikation zwischen Hinter und Vorderkammer des Auges, Verh. Physiol. Ges., Berlin, 1898; — Hamburger, Resteht freie Kommunicati on zwischen vorclerer u. hinterer Augenkammer, Centr. Augenh., 1898; — Nuel, Ueber Abflusswege des Humor aqueus. Zeitschr. Augenh., 1899; — Nuel et Benoit, Des voies d’élimination des liquides extraoculaires hors de la chambre antérieure et au fond de l'œil. Arch. d’Ophthalm. , 1900 : — Hamburger, Ueb. die Quellen des Kammer v assers, Klin. Monatsbl. Augenh., 1900 ; — Wiener, Ueb. Neubilclwig von Glashaut in der vorderen Kammer, Arch. f. Augenh., 1903; — Scalinci, De la nature et du mécanisme de production du liquide endo-oculaire, Arch. d’Ophthalmol., 1907.

ARTICLE III

ANNEXES DE L’OEIL

Les annexes de l’œil comprennent les formations suivantes :

1° Un certain nombre de muscles situés dans l’orbite, les muscles de V orbite, auxquels incombe la fonction de mouvoir le globe de l’œil et la paupière supérieure ;

2° Une membrane fibreuse ou plutôt conjonctive, qui présente avec ces muscles des rapports intimes, c’est la capsule de Tenon ;

3° Les sourcils;

4° Les paupières ;

5° Une membrane muqueuse, la conjonctive ;

6° L’ appareil lacrymal.

Les muscles de l’orbite ne pouvant être bien compris qu’à la condition d’être préalablement fixés sur la disposition de la capsule de Tenon, nous étudierons tout d’abord cette dernière formation.

§ [. — Capsule de Tenon

La capsule de Tenon, ainsi appelée du nom de l’anatomiste qui l’a découverte, est une membrane de nature conjonctive qui recouvre toute la portion scléroticale de l’œil, en se moulant exactement sur elle. On la désigne encore sous le nom d'aponévrose orbitaire, d'aponévrose orbito-oculaire , d’ aponévrose oculo-palpébrale. La description de Tenon date de 1803. Depuis cette époque, la membrane conjonctive rétro-oculaire a été étudiée à nouveau par Bonnet, par Hélie et par Ferral en 1841 , par Lenoir en 1850, et plus récemment par Schwalbe qui, reprenant une opinion déjà émise par Bogros, nous a fait connaître, au-devant d’elle, la présence d’une véritable cavité séreuse. Nous étudierons successivement, dans la capsule de Tenon : 1° sa conformation générale et ses rapports ; :2° les prolongements divers qu’elle jette sur les muscles qui la traversent ; 3° sa signification morphologique.

1° Conformation générale et rapports. — Envisagée au point de vue de sa confor-

ANNEXES DE L’OEIL

mation générale, la capsule de Tenon (fig. 461, 3), disposée tout autour de la portion scléroticale de l’œil, rappelle assez exactement la cupule qui enlace la base du

jeune

;land.

Gomme la sclérotique elle-même, sur laquelle elle se moule, elle a la forme d’un segment de sphère creuse et nous présente, de ce fait, une face antérieure, une face postérieure et une circonférence. — La face antérieure , concave et parfaitement lisse, est en rapport avec la sclérotique dans toute son étendue. — La face postérieure, convexe, répond, en arrière, à la masse cellulo-adipeuse de l’orbite. En avant , elle est en rapport avec la conjonctive oculaire, dont la sépare une couche toujours fort mince de tissu conjonctif. Cette face postérieure est moins nettement limitée, moins bien isolée que l’antérieure : elle se confond insensiblement avec les parties environnantes. — La circonférence de la capsule de Tenon, enfin, s’amincit progressivement et se confond, sur le pourtour de la cornée, avec le chorion de la conjonctive.

Gomme on le voit, la capsule de Tenon isole le globe oculaire de, la partie postérieure de l’orbite. Elle est donc nécessairement traversée d’arrière en avant par tous les organes qui, de cette portion de la cavité orbitaire , se rendent a l’œil. Ges organes sont nombreux : nous avons tout d’abord le nerf optique, qui perfore la capsule de Tenon un peu en dedans du pôle postérieur de l’œil; la capsule à ce niveau adhère intimement, d’une part à la sclérotique, d’autre part à la gaine fibreuse du cordon nerveux. Nous avons ensuite les nerfs ciliaires et les artères ciliaires postérieures, puis les vasa vorlicosa, qui traversent la capsule sur des points divers, un peu en avant du nerf optique (voy. p. 434). Enfin, dans une zone plus antérieure, notre membrane conjonctive est traversée de même par les six muscles moteurs de l’œil (les droits et les obliques), qui vont prendre sur la sclérotique leur insertion terminale.

Fig. 461.

La capsule de Tenon, vue sur une coupe horizontale du globe de l’œil ; œil droit, segment inférieur de la coupe [demi- schématique).

a, nerf optique. — 6, corps vitré. — c, cristallin. — d, cox-née. — e, coupe du sac lacrymal. — f, cellules ethmoïdales. — g, os malaire. — h , plancher de l’orbite.

1, droit intenie, avec 1 , son tendon. — 2, droit externe, avec 2’, son tendon. — 3, capsule de Tenon. — 4, gaine musculaire du droit interne, avec 5, son prolongement orbitaire. — 6, gaine musculaire du droit externe, avec 7, son prolongement orbitaire. — 8, muscle petit oblique et sa gaine. — 9, conjonctive.

2 Prolongements envoyés par la capsule de Tenon sur les muscles qui la traversent. — Au niveau des orifices précités, qui livrent passage aux six muscles moteurs

ORGANES DES SENS

de l’œil, la capsule de Tenon envoie en avant des prolongements conjonctifs en forme de gaine sur les tendons qui viennent de les traverser, prolongements qui accompagnent les tendons jusqu’à leur insertion sclérale. D’autre part, au niveau de ces mêmes orifices, elle envoie en arrière sur les corps musculaires euxmêmes des prolongements similaires qui constituent les gaines de ces muscles. La capsule de Tenon jette donc sur les muscles qui la traversent deux ordres de gaines :

1° des gaines antérieures, destinées au tendon, ce sont les gaines tendineuses ; 2° des gaines postérieures, destinées au corps musculaire proprement dit, ce sont les gaines musculaires.

A. Gaines tendineuses. — Chacun des tendons des six muscles moteurs de l’œil possède donc une gaine conjonctive, en forme de doigt de gant, qui revêt toute sa portion comprise entre la capsule de Tenon et son insertion sclérale et qui, d’autre part, lui adhère intimement dans toute son étendue.

Cette disposition est très manifeste pour les tendons des muscles droits, et le scalpel de l’anatomiste, comme .le ténotome du chirurgien, rencontre successivement à leur niveau, en allant d’avant en arrière, les six plans suivants : 1° la conjonctive; 2° la partie antérieure de la capsule de Tenon ; 3° la face externe ou antérieure de la gaine conjonctive du tendon; 4° le tendon luimême; 5° la face interne ou postérieure de sa gaine ; 6° la sclérotique. Nous avons dit plus haut que la gaine du tendon adhérait à ce dernier d’une façon intime.

Mais ce n’est pas tout : les gaines tendineuses des quatre muscles droits sont reliées les unes aux autres par des expansions latérales, qui marchent en sens équatorial et qui, chemin faisant, contractent adhérence avec la capsule de Tenon. 11 en résulte que, lorsqu’on vient à pratiquer sur le vivant la section d’un tendon quelconque, celui du muscle droit interne par exemple, le corps musculaire qui lui fait suite ne subit qu’un retrait limité, en raison même des adhérences multiples que nous venons de décrire, et peut encore par ses contractions, toujours à cause de ces adhérences , agir efficacement sur le globe de l’œil.

Fig. 462.

Capsule de Tenon, vue sur une coupe sagittale du globe de l’œil ; œil droit, segment interne de la coupe {demi-schématique).

a , nerf optique. — 6, corps vitré. — c, cristallin. - — d, cornée. — f, tarse supérieur, avec f, son ligament large. — g. tarse inférieur, avec g\ son ligament large.

1, releveur de la paupière supérieure, avec 1’, son tendon. — 2, droit supérieur, avec 2’, son tendon. — 3, droit inférieur, avec 3’ son tendon. — 4, capsule de Tenon. — 5, gaine musculaire du droit supérieur, avec 6, son prolongement orbitaire — 9, muscle petit oblique, avec 10, son prolongement orbitaire. — 11, tendon du grand oblique.

ANNEXES DE L’OEIL

B. Gaines musculaires. — Au nombre de six, quatre pour les muscles droits et deux pour les muscles obliques, les gaines musculaires se détachent du pourtour même des six boutonnières qui livrent passage à ces muscles et s’étalent sur eux d’avant en arrière, en se dirigeant vers leur insertion d’origine :

a. Gaines des muscles droits. — Les gaines des muscles droits revêtent successivement, pour chacun d’eux, la moitié postérieure du tendon seléral, puis le corps musculaire lui-même. Épaisses et résistantes à leur origine, elles s’amincissent peu à peu au fur et à mesure qu’elles s’éloignent de la capsule de Tenon et dégénèrent bientôt en une simple toile celluleuse, laquelle finit même par disparaître sur le tiers ou le quart postérieur du muscle. Nous ajouterons que ces gaines adhèrent intimement, par leur face profonde, avec leurs muscles respectifs.

b. Gaine du grand oblique. — La gaine du grand oblique s’étend de la capsule de Tenon à la poulie de réfloxion de ce muscle, avec laquelle elle se continue. Elle se termine là : la portion du muscle située en arrière est dépourvue de gaine et baigne, pour ainsi dire, à l’état nu dans le tissu graisseux de l’orbite. Gomme pour les muscles droits, la gaine conjonctive du grand oblique adhère intimement au tendon de ce muscle, depuis son insertion à la sclérotique jusqu’à la petite synoviale qui favorise son glissement dans la poulie de réflexion.

c. Gaine du petit oblique. — Quant à la gaine du petit oblique, elle enveloppe le muscle dans toute son étendue et vient se fixer, comme lui, à la base de l’orbite, sur le rebord externe du canal nasal.

3° Prolongements orbitaires des gaines musculaires. — Toutes les gaines musculaires que nous venons de décrire, à l’exception de celle du grand oblique, envoient vers la base de l’orbite des expansions plus ou moins résistantes, que Ton décrit indistinctement sous les noms d 'ailes ligamenteuses , d’ ailerons ligamenteux, de tendons orbitaires, de tendons d'arrêt des muscles de l’œil. Du reste, ces prolongements varient, dans leur disposition, pour chaque muscle et méritent chacun une description particulière.

a. Prolongement orbitaire des deux muscles droit interne et droit externe. —

11 diffère un peu pour l’un et l’autre muscles. — Le prolongement orbitaire de la gaine du muscle droit interne se dirige obliquement d’arrière en avant et de dehors en dedans pour venir s’attacher, à la paroi interne de l’orbite, sur la moitié supérieure de la crête de l’unguis, immédiatement en arrière du sac lacrymal et du tendon réfléchi de l’orbiculaire (fig. 461, 5). — Celui qui émane de la gaine du droit externe est beaucoup plus fort que le précédent, mais il présente une disposition analogue : comme lui, il se porte obliquement vers le côté externe de la base de l’orbite et s’y attache solidement, un peu au-dessus et en arrière du ligament externe des paupières (fig. 641, 7).

Schéma destiné à montrer, sur une coupe horizontale de Tceil, la capsule de Tenon et ses divers prolongements.

1, sclérotique. — 2, muscle droit externe, avec 2‘, son tendon seléral. — 3, feuillet externe de la capsule de Tenon. — 4, son feuillet interne. — o, sa cavité centrale ou espace de Tenon. — 6, gaine du tendon. — 7, gaine musculaire. — 8, prolongement orbitaire de cette gaine. — 9, rebord orbitaire.

ORGANES DES SENS

Les deux prolongements orbitaires des muscles droit interne et droit externe sont manifestement fibreux à leur origine sur la gaine conjonctive du muscle.

Mais, au fur et à mesure qu’ils se rapprochent de la paroi orbitaire, ils se chargent peu à peu de fibres musculaires lisses, lesquelles dominent manifestement dans leur moitié externe. Leur prédominance est même telle, dans certains cas, que Sappey a cru devoir faire de l’ensemble de ces fibres musculaires deux petits muscles distincts, auxquels il a donné le nom de muscle orbitaire interne et de muscle orbitaire externe. Ces faisceaux musculaires, on le conçoit, renforcent les expansions

fibreuses auxquelles elles se surajoutent et jouent à leur égard le rôle dévolu aux muscles tenseurs aponévrotiques.

b. Prolongement orbitaire des deux muscles droit supérieur et droit inférieur. — Les prolongements orbitaires des deux autres muscles droits, droit supérieur et droit inférieur , se dirigent obliquement, eux aussi , vers la base de l’orbite. Mais, au lieu de s’y arrêter et de s’y üxer en totalité comme les précédents, ils se contentent de jeter quelques fibres sur le rebord orbitaire (Mot aïs) et poursuivent leur trajet jusque dans les paupières.

Celui qui provient du droit inférieur (fig. 462, 8), le plus simple des deux, envoie en passant une légère expansion au cul-de-sac de la conjonctive, se fixe ensuite par quelques fibres descendantes sur la partie moyenne du rebord orbitaire et, finalement, vient se terminer sur le rebord inférieur du tarse de la paupière inférieure.

Celui qui émane d u droit supérieur (fig. 462. 6 et 464, 7j vient se placer au-dessous du large tendon du muscle releveur et se confond peu à peu avec lui, pour venir prendre une insertion commune sur le bord supérieur du tarse de la paupière supérieure. Comme le précédent, il jette, au cours de son trajet, un petit faisceau sur le cul-de-sac conjonctival et se fixe à la partie moyenne du rebord orbitaire par un certain nombre de fibres ascendantes, qui se confondent avec le ligament large des paupières. De plus, il laisse échapper deux expansions latérales, qui se portent. Tune sur la poulie du grand oblique, l’autre sur le côté externe de l’orbite.

Rapports de la capsule de Tenon avec les muscles supérieurs de l’orbite {demi-schématique) .

a, os frontal, avec a', son périoste. — b, sclérotique. — c, cornée. — d , procès ciliaires. — e, chambre antérieure de l’œil. — f. cul-de-sac supérieur de la conjonctive. — g , tarse supérieur. — h , muscle orb'culaire des paupières. — i, septum orbitale.

1, capsule de Tenon, avec: 2, son feuillet interne ; 3, son feuillet externe; 4, sa cavité séreuse. — 5, muscle droit supérieur, avec : 5’, son tendon ; 6, sa gaine ; 7, son prolongement orbitaire. — 8, muscle releveur de la paupière supérieure, avec : 9, sa gaine; 10, son tendon conjonctif; 11, son tendon musculaire; 12, son expansion pour le cul-de-sac conjonctival.

ANNEXES DE L’OEIL

c. Prolongement orbitaire du petit oblique. — Le petit oblique possède, lui aussi, son prolongement orbitaire, lequel présente la plus grande analogie avec celui des muscles latéraux, le droit interne et le droit externe. Ce prolongement, bien décrit par Motais (1887), se détache du bord antérieur du petit oblique, ou plutôt de sa gaine, à 10 millimètres environ de l’insertion orbitaire de ce muscle (fig. 465, 3).

De là, il se porte obliquement en dehors et un peu en avant et vient se fixer sur le plancher de l’orbite au voisinage de son angle inféro-externe.

Sa longueur est de 10 à 12 millimètres.

Sa largeur, très variable suivant les points où on le considère, est de 8 millimètres à son origine sur le muscle, de 2 millimètres seulement à sa partie moyenne, de 6 millimètres à sa terminaison sur le plancher orbitaire. Gomme on le voit, il est rétréci à sa partie moyenne, élargi à ses deux extrémités, présentant, dans son ensemble, la forme d’un sablier ou. tout au moins, de deux lames triangulaires qui seraient réunies par leur sommet.

Fig. 465.

Schéma, montrant le prolongement orbitaire du petit oblique.

1, œil droit, fortement érigné en haut. — 2, petit oblique, avec : 2’ son insertion orbitaire. 2” son insertion sclérale. — 'S, son prolongement ; orbitaire. — 4, muscle droit inférieur.

4° Rôle des prolongements orbitaires — Les différents prolongements que nous venons de décrire et qui relient les muscles de l’œil, d’une part à l’orbite, d'autre part aux paupières, jouent dans la mécanique oculaire un rôle important, que nous ferons connaître dans le paragraphe suivant, en étudiant l’action des muscles droits et des muscles obliques (voy. p. 552 et 556).

5° Signification anatomique de la capsule de Tenon. — Les recherches de Schwalbe sur les voies lymphatiques de l’œil (1869) nous démontrent que la capsule de Tenon est constituée, en réalité, par deux feuillets conjonctifs, concentriques l’un à l’autre : 1° un feuillet postérieur ou externe, relativement épais, qui n’est autre que la coque fibreuse qu’on a sous les yeux après l’énucléation de l’œil, qui n’est autre que la capsule de Tenon elle-même, telle que la décrivent les auteurs; 2° un feuillet antérieur ou interne , infiniment plus mince, qui recouvre la sclérotique et lui adhère intimement. Ces deux feuillets, à trajet parallèle et exactement contigus dans toute leur étendue, se fusionnent réciproquement sur le pourtour de la cornée, interceptant ainsi entre eux une cavité close : c’est X espace suprasclérotical de Schwalbe ou tout simplement X espace de Tenon.

Ainsi entendue, la capsule rétro-oculaire, décrite par Tenon, acquiert toute la valeur d’une membrane séreuse, avec son feuillet pariétal , son feuillet viscéral et sa cavité centrale où circule la lymphe.

Ces deux feuillets, cependant, ne sont pas isolés dans toute leur étendue. Ils sont reliés l’un à l’autre par de nombreuses travées de tissu conjonctif, à direction verticale ou oblique. Mais ces travées intermédiaires sont toujours assez minces, assez rares et assez lâches pour permettre au feuillet viscéral, intimement uni au globe de l’œil, de glisser librement sur le feuillet pariétal comme une sphère pleine dans une sphère creuse. C’est bien une séreuse, mais une séreuse cloisonnée. Du

ORGANES DES SENS

reste, sur l’un et l’autre des feuillets qui circonscrivent l’espace de Tenon, ainsi que sur les trabécules intermédiaires, s’étale une nappe continue de cellules endothéliales, caractéristiques des membranes séreuses.

Nous ajouterons, en terminant, que l’espace de Tenon est en communication, d’une part avec l’espace supra-choroïdien par les gaines lymphatiques qui entourent les vasa vorticosa, d’autre part avec l’espace supra-vaginal du nerf optique, grâce à un système de fentes qui sont situées au niveau du point où le nerf précité traverse la capsule de Tenon. La lymphe circule donc librement de l’espace supra-choroïdien dans l’espace supra-sclérotical et, de ce dernier, dans les gaines lymphatiques du nerf optique (p. 47), lesquelles, on le sait, sont en continuité avec les espaces arachnoïdiens et sous-arachnoïdiens de l’encéphale.

A consulter au sujet de la capsule de Tenon, parmi les travaux récents : Boucheron, Sur les adhérences aponévrotiques des muscles droits avec la capsule de Tenon, Ann. d’oculist., 1879 ; — Lockwood, The anatomy of the muscles , ligaments and fasciæ of the orbit , etc., etc., Journ. of Anatomy and Physiology, t. XX, 1886: — Virchow, Ueb. Tenon schen Raum u. Tenon’ schen Kapsel, Anh. z. d. Abh. k. Preuss. Akad. Wiss., 1902: — Wilmart, Des fonctions de la capsule de Tenon, Rev. gén. d’Ophthalm., 1903 ; — Charpy, Capsule de Tenon, conjonctive oculaire et chémosis expérimental . Bibliogr. anat., t. XVIII, 1909; — Du même. Le coussin et adipeux du sourcil, ibid.,t. XIX, 1909.

§ II. — Muscles de l’orbite

La cavité orbitaire renferme sept muscles, tous constitués par des fibres striées et soumis par conséquent à l’influence de la volonté.

On les désigne parfois sous le nom de muscles extrinsèques de l’œil, par opposition aux muscles lisses, le muscle ciliaire et le muscle de l’iris, qui sont situés dans le globe oculaire lui-même et qui en constituent les muscles intrinsèques.

Des sept muscles de l’orbite, le plus élevé préside aux mouvements d’élévation de la paupière supérieure: c’est le muscle releveur de la paupière supérieure.

Les six autres sont spécialement destinés à l’œil lui-même et se divisent, d’après leur direction, en deux groupes, les muscles droits et les muscles obliques.

A.— Muscle releveur de la paupière supérieure

Le muscle releveur ou élévateur de la paupière supérieure affecte la forme d’un long triangle, dont le sommet correspond au fond de l’orbite et dont la base s’étale dans la paupière supérieure en arrière du ligament large. Il est charnu dans sa portion orbitaire, aponévrotique dans sa région palpébrale.

1° Insertions. — Le releveur de la paupière supérieure prend naissance, en arrière, sur la petite aile du sphénoïde, immédiatement en avant du trou optique, ainsi que sur la partie correspondante de la gaine fibreuse du nerf optique.

De là, il se porte en avant vers le rebord supérieur de l’orbite et dégénère, un peu en arrière de ce rebord, en une large aponévrose qui constitue le trajet du corps musculaire et constitue son tendon antérieur. Ce tendon, qui s’étend en largeur d’un côté à l’autre de l’orbite, n’est formé tout d’abord que par des fibres conjonctives. Mais bientôt on voit apparaître sur sa face profonde une nappe de fibres musculaires lisses, qui le renforcent et l’accompagnent jusque dans la paupière (fig. 464, 8)!

Il en résulte que le tendon antérieur du muscle releveur de la paupière supérieure se compose, en réalité, de deux couches distinctes : 1° une couche antérieure ou superficielle, de nature conjonctive ; 2° une couche postérieure ou profonde,

ANNEXES DE L OEIL

formée par des libres musculaires lisses. — La couche antérieure , en pénétrant dans la paupière, rencontre le ligament large ou septum orbitale; elle se confond peu à peu avec lui et vient se placer à la face profonde de l’orbiculaire. Elle se résout alors en une multitude de faisceaux divergents, qui sont très visibles (fig. 466) sur les coupes frontales de la paupière supérieure. De ces faisceaux divergents, formant dans leur ensemble un large éventail, dont la base s’étend de la partie moyenne de la paupière jusqu’à son bord libre, les faisceaux supérieurs s’engagent entre les faisceaux de l’orbiculaire, arrivent au-devant de ce muscle et, finalement, s’attachent à la face profonde du derme cutané. Les faisceaux moyens semblent se terminer entre l’orbiculaire et le tarse dans le tissu cellulaire prétarsal. Les faisceaux inférieurs enfin, comme Zinn (1755) l’a écrit depuis longtemps et comme l’ont montré de nouveau Wolff (1905) et Clermont (1909), viennent prendre insertion sur la moitié inférieure ou le tiers inférieur de la face antérieure du tarse.

Merkel a pu les suivre jusqu’à la face profonde du derme cutané (fig. 464,10). — La couche postérieure , située entre la couche précédente et la conjonctive palpébrale (fig. 464,

11), se compose de fibres lisses à direction longitudinale.

Leur ensemble constitue le muscle palpébral supérieur de Müller, que nous retrouverons plus tard à propos des paupières. Ces fibres viennent s’insérer, à l’aide de petits tendons élastiques, sur le bord supérieur du tarse.

Le muscle releveur se termine donc dans l’épaisseur de la paupière supérieure par deux tendons, qui diffèrent à la fois par leur situation, par leur structure et par leur mode d’inseition : un tendon antérieur ou cutané , de nature conjonctive, qui s’insère à la face profonde de la peau; un tendon postérieur ou tarsal, de nature musculaire, qui se fixe au bord supérieur du tarse.

Fier. 466.

L’insertion antérieure du muscle releveur de la paupière, vu sur une coupe sagittale.

1, peau. — 2, tissu cellulaire sous-culané. — 3, faisceaux de l'orbiculaire, coupés en travers. — 4, tissu cellulaire sous-musculaire. — o, tarse avec 5’, glandes de Meibomius. - 6, ligament large (seplvm orbitale ). — 7, conjonctive palpébrale, avec : T sa portion plissée ; 7 ", son cul-de-sac,

— 8, rebord supérieur de l’orbite. — 9, paquet cellulo-adipeux de la cavité orbitaire. — 10, muscle releveur de la paupière, avec 11, son tendon conjonclif; 12, son tendon musculaire [muscle palpébral de Müt.i.erL

— 13, arc artériel externe. — 14, arc artériel interne. — 15, poils. — 16, glandes sudoripares. — 47, bord libre des paupières, avec: 18, cils ; 19, une glande de Moll ; 20, muscle de Riolan.

ORGANES DES SENS

Rapports. — Le releveur de la paupière supérieure occupe successivement la cavité orbitaire et l’épaisseur de la paupière supérieure :

a) Dans l'orbite, le muscle releveur répond, en haut {face supérieure) , à la paroi supérieure de cette cavité et au nerf frontal qui l’en sépare. — En bas {face inférieure), il recouvre le muscle droit supérieur, qui le déborde légèrement en dehors. — Son bord interne répond au grand oblique et au droit interne, dont il est séparé par un espace triangulaire à base antérieure. Dans cet espace se voient l’artère ophthalmique et le nerf nasal. — Son bord externe répond au droit externe, dont il est séparé, de même, par un espace triangulaire, dans lequel chemine le nerf lacrymal et l’artère lacrymale. Tout en avant, à la partie antérieure et externe de l’orbite, le tendon du releveur, par son bord externe, s'insinue entre les deux portions de la glande lacrymale.

p) Dans la paupière, la face antérieure ou superficielle du releveur est située tout d’abord en arrière du ligament large, à laquelle l’unit une nappe celluloadipeuse plus ou moins épaisse. Plus loin, son tendon traverse obliquement la couche du tissu conjonctif située en arrière de l’orbiculaire et, finalement, disparaît dans l’épaisseur de ce muscle. Sa face postérieure ou profonde répond à la conjonctive palpébrale.

3° Action. — Le muscle releveur, prenant son point fixe dans le fond de l’orbite, agit sur la paupière supérieure, qu’il porte en haut et en arrière : il découvre ainsi la cornée et une portion de la sclérotique. Il a pour antagoniste le muscle orbiculaire des paupières, dont la contraction ou la tonicité détermine, ainsi que nous l’avons déjà vu en Myologie (voy. t. Ier), l’occlusion de la fente palpébrale.

Variétés. — Kelley a vu le muscle releveur de la paupière supérieure se détacher du bord postérieur du frontal. — Son absence a été constatée par Macalister. — Budge a décrit, sous le nom de tensor Irochleæ, un petit faisceau musculaire que l’on voit, chez certains sujets, se détacher du bord interne du releveur et venir s’insérer sur la poulie de réflexion du grand oblique. — Le transversus. orbitis de Bochdvleck est un faisceau surnuméraire qui s'étend transversalement de la paroi interne de l’orbite à sa paroi externe, en passant au-dessus du globe de l’œil et en se confondant plus ou moins avec le releveur. Macalister considère ce muscle comme un faisceau déplacé de l’orbiculaire. — Caldani a signalé un depressor palpebræ inferioris inséré sur le tarse inférieur. Ce n’était probablement, comme le fait remarquer Macalister, qu’un faisceau surnuméraire du peaucier de la face.

B.— Muscles droits de l’oèil

Au nombre de quatre, les muscles droits de l’œil prennent tous naissance dans le fond de la cavité orbitaire, sur le pourtour du trou optique et en dedans de la grande fente sphénoïdale. De là, ils se portent en divergeant vers le globe oculaire et viennent s’insérer sur la sclérotique un peu en avant de l’équateur. D’après la situation qu’ils occupent dans l’orbite (fig. 467) et, aussi, sur le globe de l’œil, on distingue ces muscles en droit supérieur, droit inferieur, droit interne et droit externe.

1° Disposition générale des muscles droits. — Considérés dans leur ensemble, les quatre muscles droits représentent assez bien une pyramide creuse , dont le sommet répond au trou optique et dont la base embrasse le globe de l’œil. Le nerf optique traverse cette pyramide d’arrière en avant et en occupe pour ainsi dire la ligne axiale.

Comme nous le montrent les dissections et mieux encore les coupes frontales sériées de la région orbitaire, chacun des muscles droits est aplati et rubané, un peu plus large à son extrémité antérieure qu’à son extrémité postérieure. Si nous les suivons d’arrière en avant à partir de leur insertion osseuse, nous les voyons glisser

ANNEXES DE L’OEIL

tout d’abord le long de la paroi orbitaire correspondante ; puis, fuyant cette paroi pour se rapprocher de l’œil, s’incliner vers la capsule de Tenon, la traverser ou plutôt la déprimer en doigt de gant au voisinage de l’équateur et, finalement, venir s’insérer sur la sclérotique un peu en arrière (à 7 millimètres en moyenne) de la circonférence de la cornée.

Au point de vue de leur constitution anatomique, ces muscles sont charnus dans la plus grande partie de leur étendue . Ils s’insèrent sur l’orbite, en arrière, par des fibres aponévrotiques toujours fort courtes et se terminent, en avant, par un tendon aplati dont la longueur varie de 4 à 8 millimètres.

Nous rappellerons, en passant, que chacun des muscles droits est enveloppé, dans la plus grande partie de son trajet, par une gaine fibreuse ou conjonctive, dépendant de la capsule de Tenon, et que, de cette gaine, s’échappent des expansions plus ou moins résistantes qui se portent, d’autre part, les unes vers le rebord de l’orbite, les autres dans les

paupières. Nous avons déjà étudié tous ces prolongements à propos de la capsule de Tenon (p. 539) et ne saurions, sans tomber dans des redites inutiles, revenir ici sur leur description.

Fig. 467.

Les muscles de l’œil, vus sur une coupe frontale passant par la partie moyenne de l’orbite (sujet congelé, segment postérieur de la coupe, T. J.).

1, globe oculaire. — 2, grand oblique. — 3, releveur de la paupière et droit supérieur. — 4, droit interne. — 5, droit inférieur. — 6, droit externe. — 7, nerf sous-orbitaire. — 8, sinus maxillaire. — 9, méat moyen. — 10, cornet moyen. — 11, bulle ethmoïdale. — 12, muscle temporal. — 13, aponévrose temporale et son dédoublement. — 14, zygoma. — 15, aponévrose épicranienne. — 16, peau et tissu cellulaire sous-cutané. — 17, cerveau.

2° Insertions, trajet et rapports des muscles droits. — Voyons maintenant les particularités anatomiques que présente, dans ses insertions , dans son trajet et dans ses rapports , chacun des quatre muscles droits :

A. Droit supérieur. — -Le droit supérieur (468,1) s’insère, en arrière : 1° sur la face supérieure de la gaine du nerf optique, tout près du trou optique ; 2° sur le rebord supérieur de cet orifice. En outre, ses faisceaux les plus externes se détachent de la branche supérieure du tendon du muscle droit externe, que nous décrirons dans un instant.

A son extrémité antérieure, le droit supérieur s’insère sur la partie antéro-supérieure de la sclérotique, un peu au-dessus de la circonférence de la cornée (voy. p. 551).

Dans son trajet en arrière de la capsule de Tenon, le droit supérieur longe la paroi supérieure de l’orbite. Il en est séparé seulement par le releveur de la paupière et par le nerf frontal, qui chemine tout d’abord le long du bord externe de ce dernier muscle, puis au-dessus de lui.

ORGANES DES SENS

Inférieurement, le droit supérieur répond au nerf optique, dont il est séparé par une couche graisseuse, au milieu de laquelle cheminent l’artère et la veineophthalmiques, les artères et les nerfs ciliaires. Plus en avant, il est en rapport encore avec la portion réfléchie du grand oblique, qui le croise obliquement et le sépare momentanément du globe de l’œil.

B. Droit inférieur, tendon de Zinn. — Ce muscle (fig. 468,5) naît immédiatement au-dessous du trou optique sur la partie la plus interne de la fente sphénoïdale, à laquelle il est relié par le tendon de Zinn. Pour la première fois, nous rencontrons dans notre description le mot de tendon de Zinn et nous devons, tout d’abord, en donner une définition.

On donne le nom de tendon de Zinn ou de ligament de Zinn à un cordon fibreux , court mais très résistant, qui occupe la partie la plus large de la fente sphénoïdale. Il s’insère là sur le corps du sphénoïde, lequel, pour lui donner attache, présente une petite surface rugueuse qui est tantôt en saillie, tantôt déprimée en forme de fossette. Puis, il se porte en avant et se partage presque immédiatement après en trois faisceaux divergents, qui donnent naissance chacun à un muscle droit : 1° un faisceau interne, pour le muscle droit interne; 2° un faisceau externe , pour le muscle droit externe ; 3° un faisceau inférieur , pour le muscle droit inférieur.

Ce dernier muscle est donc la continuation du faisceau inférieur du tendon de Zinn. Ainsi constitué, il se porte horizontalement en avant, entre le nerf optique, qui est placé au-dessus de lui, et le plancher de l’orbite, sur lequel il repose dans la plus grande partie de son étendue. A sa partie antérieure, cependant, il est séparé de ce plancher par la portion moyenne du muscle petit oblique (fig. 468, 6;, qui le contourne et l’embrasse dans sa concavité.

Le muscle droit inférieur, après avoir contourné la face inférieure du globe

Fig. 468.

Muscles de l’œil, vus d’en haut (œil droit).

A, os frontal. — B, coupe de la grande aile du sphénoïde. — C, coupe de l’os malaire. — D, apophyse clinoïde antérieure. — E, nerf optique.

1, muscle droit supérieur. — 2, muscle grand oblique, avec : 2’, sa poulie; 2”, son insertion sur le globe de l’œil. — 3, muscle droit interne. — 4, muscle droft externe. — 5, tendon de Zinn. — 6, chef orbitaire du muscle releveur de la paupière supérieure, réséqué. — 7, tendon palpébral de ce muscle, avec .• 7’, 7 ”. ses deux expansions latérales. — 8, insertion du petit oblique sur le globe oculaire. — 9, tissu graisseux de l’orbite l^pulvinar oculi ). — 10, orbiculaire des paupières, doublant la peau.

ANNEXES DE L’OEIL

oculaire, vient s’insérer sur la partie antéro-inférieure de la sclérotique, un peu audessous de la circonférence de la cornée (voy. p. 551).

iC . Droit interne. — Le muscle droit interne (fig. 470,5) fait suite, en arrière* au faisceau interne du tendon de Zinn.

Longeant ensuite la paroi interne de l’orbite, il gagne la partie interne du globe de l’œil, la contourne et vient se fixer sur le côté interne de la sclérotique, un peu en dedans de la circonférence de la cornée (voy. p. 551).

Ses rapports sont bien simples. — Sa face interne est directement appliquée contre la paroi orbitaire. — Sa face externe regarde le nerf optique, dont elle est séparée par le tissu çellulo adipeux de l’orbite. — Son bord supérieur répond au muscle grand oblique ; son bord inférieur , au muscle droit inférieur.

D. Droit externe. — Le muscle droit externe (fig. 470, 4 et 4') fait suite au faisceau externe du tendon de Zinn, qui devient ainsi son tendon d’origine.

Ce tendon se subdivise lui-même, tout près de son insertion osseuse, en deux branches que l’on distingue, d’après leur situation, en supérieure et inférieure. 11 convient d’ajouter que la branche inférieure prend ordinairement une insertion supplémentaire sur une petite épine osseuse qui occupe le bord inférieur de la fente sphénoïdale.

Gomme on le voit sur la figure cidessus (fig. 469), les deux branches du tendon d’origine du droit externe (6’ et 6”) interceptent entre elles une espèce

de boutonnière (7) : c’est Vanneau de Zinn, à travers lequel passent le nerf moteur oculaire commun, le nerf moteur oculaire externe, le nerf nasal (branche interne de l’ophthalmique) et la veine ophthalmique.

Du faisceau externe du tendon de Zinn, où il prend son origine, le muscle droit externe se porte d’arrière en avant en longeant la paroi externe de l’orbite Arrivé au globe de l’œil, il en suit la courbure et vient se terminer sur le côté externe de la sclérotique un peu en dehors du rebord cornéen (voy. p. 551).

Dans ce trajet, le muscle droit externe longe, comme nous l’avons dit, la paroi externe dé l’orbite. — Sa face externe est en rapport avec cette paroi dans ses deux tiers postérieurs et, dans son tiers antérieur, avec la portion orbitaire de la glande lacrymale. — Sa face interne répond au nerf optique, dont elle est séparée, comme tous les autres muscles du reste, par la masse graisseuse de l’orbite. Elle en est séparée aussi par le ganglion ophthalmique, qui occupe, comme on le sait, le côté externe du nerf optique. — Son bord supérieur répond au bord externe du droit supérieur; son bord inférieur, au bord externe du droit inférieur.

3° Parallèle anatomique des quatre muscles droits — Quoique conformés sur le même type, les quatre muscles droits diffèrent cependant sur certains points,

Eig. 469.

Les' muscles de l’œil (côté gauclie), vus de face dans le fond de l’orbite.

1, relevmr de la paupière supérieure. — 2, droit supérieur. — 3, grand oblique, avec 3’, sa poulie de réflexion. — 4, droit interne. — 5, droit inférieur. — 6, droit externe, avec 6’, et 6”, son double tendon d’insertion. — 7, anneau de Zinn. — 8, fente sphénoïdale. — 9, f' nte sphéno-maxillaire. — 10, canal nasal. — 11, trou optique.

ORGANES DES SENS

notamment par leur longueur, leur épaisseur, la région précise où se fait leur insertion sclérale, l’étendue et la direction de cette insertion sclérale, etc.

a. Longueur du muscle et du tendon. — Les muscles droits ont tous les quatre une longueur sensiblement égale : cette longueur mesure en moyenne pourciiacun

Fig. 470.

Muscles de l’œil, vus par leur face externe.

a, globe de l’œil. — b, nerf optique. — c, c’, paupières supérieure et inférieure. — d, sinus maxillaire. — e, apophyse ptérygoïde. — /“, trou grand rond. — g, voûte de l’orbite. — h, sinus frontal. — i, nerf sus-orbitaire. — k, septum orbitale.

i, muscle releveur de la paupière supérieure. — 9, muscle droit supérieur. — 3, muscle droit inférieur. — 4, 4’, muscle droit externe, réséqué à sa partie mojenne. — 5, muscle droit interne. — 6, muscle petit oblique. — 7, tendon oculaire du muscle grand oblique. — 8, anneau de Zinn.

d’eux 40 millimètres, y compris le tendon. La longueur de ce dernier, variable pour chaque muscle, atteint d’après Merkel :

Pour le droit externe .

— droit inférieur.

— droit supérieui

— droit interne .

b. Épaisseur des muscles droits. — L’épaisseur des muscles droits varie également pour chacun d’eux. Si nous les sectionnons perpendiculairement à leur longueur, nous voyons la tranche de section mesurer en surface (Volkmann) :

Pour le droit interne 17,04 mill. carrés.

— droit externe 16,77 —

— droit inférieur 15,08 —

— droit supérieur 11,03 —

De la comparaison de ces chiffres, il résulte que le muscle droit interne est le plus fort des quatre muscles droits, le droit supérieur le plus faible. Entre les deux se placent, avec une force à peu près égale, le droit externe et le droit inférieur.

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