‹ Traité d'anatomie humaineChapitre 12 sur 154 · N. LACRYMAL · texte numérisé non relu

N. LACRYMAL

Frontal externe . .

Frontal interne . .

Ç f. palpébraux.

■ f. frontaux.

' f. osseux { f. palpébraux.

] f. frontaux.

‘ f. nasaux.

^ r. lacrymaux.

l r. palpébraux.

Ganglion ophthalmique ou ciliaire .

Au nerf ophthalmique se trouve annexé un petit ganglion qui porte le même nom : le ganglion ophthalmique .

1° Ganglion proprement dit. — Le ganglion ophthalmique, qu’on désigne encore sous le nom de ganglion ciliaire, est un petit renflement d’un gris jaunâtre, situé sur le côté externe du nerf optique à la réunion de son tiers postérieur avec ses deux tiers antérieurs. Aplati dans le sens traversai, il affecte le plus souvent (fig. 71, 1) la forme d’un quadrilatère aux angles légèrement arrondis : il mesure en moyenne 2 millimètres dans le sens antéro-postérieur, 1 millimètre seulement dans le sens vertical.

Ainsi disposé, le ganglion ophthalmique nous offre à considérer deux faces et quatre angles. De ses deux faces, l’une, l’interne, est accolée au nerf optique ;

NERF TRIJUMEAU

l’autre, l’externe, répond au tissu cellulo-graisseux de l’orbite. De ses quatre angles, deux sont antérieurs, deux sont postérieurs : c’est par ces quatre angles que le ganglion ophthalmique entre en relation, d’une part avec les différents cordons nerveux auxquels il est annexé, d’autre part avec les territoires organiques auxquels il est destiné.

Le ganglion ophthalmique n’est pas constant, du moins en tant que masse nerveuse nettement différenciée (voy. plus loin). Par contre, on a signalé (Fæsebeck, Switzer,

Adamuck , Antonellt ,

Gallemaerts) des ganglions ophthalmiques accesoires.

Gomme tous les ganglions périphériques, qui ne sont que des centres d’innervation à territoire peu étendu, le ganglion ophthalmique reçoit des rameaux nerveux et il en émet : les premiers qui, comme nous le verrons, l’abordent par son extrémité postérieure sont ses branches afférentes ou racines', les seconds, qui se détachent de son extrémité antérieure, constituent ses branches efférentes ou branches de terminaison .

La signification morphologique du ganglion ophthalmique a été longtemps controversée et la place qu’il convient de lui assigner en anatomie générale, malgré les recherches nombreuses qu’a suscitées une pareille question, est encore incertaine. Tandis que certains auteurs, avec Jerogoff et Antonelli, le considèrent comme un ganglion spinal, d autres, comme Retzius, le rattachent au système du grand sympathique. Kitfu.SE, à son tour, conciliant les deux opinions, n’hésite pas à regarder le ganglion ophthalmique comme formé par deux ganglions distincts, l’un appartenant au sympathique, l’autre représentant un ganglion spinal, ganglions fusionnés sur la plupart des sujets, mais séparés parfois par anomalie.

Dans un travail relativement récent publié dans les Morphol. Arbeiten de Schwalbe, de 1896, Holtzm ann a repris la question de la structure du ganglion ophthalmique, et ses recherches, poursuivies comparativement dans de nombreux groupes zoologiques, nous apprennent que cette structure varie beaucoup suivant les espèces. C’est ainsi que, chez les batraciens, le ganglion renferme à la fois des cellules sympathiques et des cellules rappelant celles des ganglions spinaux. Chez les oiseaux (poulet, pigeon, canard, oie), on ne rencontre que des éléments à type spinal. Memes discordances chez les mammifères : chez le chien, le ganglion nous présente, comme chez les batraciens, des cellules sympathiques et des cellules à type spinal en proportions variées ; chez le chat, il est purement sympathique; chez le lapin, il est constitué exclusivement par des cellules à type spinal ; mais on rencontre des éléments ganglionnaires sympathiques sur la portion orbitaire de l’oculo-moteur.

L’étude histologique du ganglion ophthalmique a été reprise, chez l’homme et chez le chien, par Parhon et Goldstein (1900). Ces deux neurologistes ont constaté des cellules d'aspect très différent : les unes volumineuses, d autres plus petites et. enfin, des intermédiaires. Les grains chromatiques, bien distincts, sont d’habitude disposés concentriquement autour du noyau. En se basant, d’une part sur les caractères morphologiques de ces cellules, d’autre part sur ce fait que des lésions se produisent dans le ganglion à la suite d’altérations de la cornée (Bkrnheimer) ou de l’extirpation du globe oculaire (Marinesco), Parhon et Goldstein rejettent toute assimilation entre

anatomie humaine. — T. III, 6® édit. 9

Fig. 70.

Le ganglion ophthalmique droit, vu en place par sa face externe (T et J) .

1, trijumeau, avec 1’ sa racine motrice. — 2, .ganglion de Gasser. — 3, ophthalmique, avec : 4, frontal; 5, lacrymal; 8, nasal. — 7, ganglion ophthalmique, avec sa racine longue (sensitive) provenant du nasal, sa racine courle (motiice) provenant du rameau que le moteur oculaire commun envoie au petit oblique. — 8, nerfs ciliaires provenant du ganglion. — 8’ longs nerfs ciliaires provenant directement du nasal. — 9, nerf optique. — 10. nerf oplique oculaire commun. - 11, nerf moteur oculaire exterqe. — 12, nerf paihétique. - 13. nerf maxillaire inférieur. — 14, muscle droit supérieur avec son nerf. — 15. muscle droit inférieur avec son nerf. — 16, artère carotide interne. — 17, artère ophthalmique.

SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE

le. ganglion ophthalmique et les ganglions sympathiques. En ce qui concerne la fonction de ce ganglion, ils pensent qu'il doit régler par action réflexe la circulation des milieux intra-oculaires et peut-être encore le tonus des muscles striés et lisses. Ils pensent aussi que les fibres centripètes pourraient être influencées par la lumière et avoir ainsi une part dans la production du réflexe pupillaire (voy., à ce sujet, les Traitéç de Physiologie).

Au total, la signification morphologique du ganglion ophthalmique, envisagée dans la série, est fort variable : le ganglion serait, suivant les espèces, un ganglion sympathique, un ganglion spinal ou un ganglion mixte, je veux dire un ganglion renfermant à la fois des éléments à type spinal et des éléments sympathiques.

2° Branches afférentes. — Les branches afférentes ou racines du ganglion ophthalmique sont au nombre de trois : une racine sensitive, une racine motrice, une racine sympathique (fig. 70 et 71).

a. Racine sensitive. — La racine sensitive(4) lui vient du nasal. Elle se détache de ce nerf, avant ou peu après son entrée dans l’orbite, et aboutit à l’angle postérieur et supérieur du ganglion. On l’appelle encore racine longue ou racine grêle : racine longue en raison de la longueur de son trajet, racine grêle en raison de sa ténuité.

Indépendamment de cette première racine sensitive qui est située au-dessus du nerf optique, il existerait, d'après Valentin et Hvrtl, une deuxième racine sensitive qui passerait au-dessous du nerf optique et qui, partant comme la précédente du nerf nasal, aboutirait à la partie postérieure et inférieure du ganglion ; c'est la racine longue inférieure. Valentin la considère comme constante.

b. Racine motrice. — La racine motrice (2) se détache, comme nous l’avons déjà vu, du long rameau que le moteur oculaire commun envoie au petit oblique. Se portant obliquement en haut et en avant, elle aboutit à l’angle postérieur et inférieur du ganglion, dont elle n’est séparée, à son origine, que par un intervalle de 1, de 2 ou de 3 millimètres. Cette branche afférente du ganglion ophthalmique est donc très courte. Elle est en même temps beaucoup plus volumineuse que la branche que lui envoie le nerf nasal : aussi la désigne-t-on souvent en raison de l’un ou l’autre de ces deux caractères, sous les noms de racine courte ou de grosse racine. Quelques expériences récentes d’ApoLANT (1896) nous apprennent que les fibres de l’oculo-moteur commun, sectionnées à leur émergence du névraxe, dégénèrent jusqu’au ganglion ophthalmique, mais pas au delà. Il en résulte que les fibres constitutives de notre racine motrice se terminent réellement dans le ganglion ophthalmique par des extrémités libres, et, comme conséquence, que les cellules de ce ganglion représentent de nouveaux neurones qui transmettent aux muscles intrinsèques de l’œil les incitations que leur apportent les fibres de l’oculomoteur commun. Du reste, les recherches de Marina (1899) complètement confirmatives de celles d’ÀPOLANT, nous apprennent que la section des nerfs ciliaires ne détermine une dégénérescence rétrograde que jusque dans le ganglion ophthalmique.

c. Racine sympathique. — La racine sympathique (6) prend naissance dans le plexus caverneux, je veux dire dans le plexus nerveux qui entoure la carotide interne à son passage dans le sinus caverneux. Elle entre dans l'orbite avec le nerf nasal et se jette dans le bord postérieur du ganglion ophthalmique, soit isolément, soit en se fusionnant préalablement avec la racine sensitive.

Depuis Longet, on décrit, non seulement au ganglion ophthalmique, mais à tous les ganglions qui se disposent le long des branches du trijumeau : 1° une racine sensitive ; 2° une racine motrice ; 3° une racine sympathique ou végétative. Une pareille classification des rameaux afférents des ganglions, fort commode pour ia description, peut être conservée, et nous la conservons; mais elle ne doit pas être prise à la lettre dans le sens physiologique de ces expressions. La plupart de ces racines, en effet, proviennent d’un nerf mixte et constituent naturellement, des leur origine, un petit tronc mixte dans lequel l’expérimentation physiologique trouve des fibres nerveuses sensitives, motrices ou végétatives déjà mélangées. Pour citer quelques exemples (Morat), les éléments irido-dilatateurs, qui sont de provenance sympathique, se rendent au ganglion ophthalmique par ce rameau long et grêle qui lui vient du nasal sous le nom de racine sensitive. De même, les éléments vaso-dilatateurs de la voûte palatine, contenus dans le nerf

NERF TRIJUMEAU

palatin antérieur (voy. plus loin), traversent ou côtoient le ganglion sphéno-palatin ; mais ici encore ils proviennent, non pas de la racine sympathique de ce ganglion, mais bien du nerf maxillaire supérieur par la racine dite sensitive. Les vaso-dilatateurs du voile du palais contenus dans le nerf palatin postérieur proviennent bien du nerf vidien, mais, justement, pas de sa racine sympathique : ils sont fournis par sa racine motrice (grand nerf pétreux superficiel), laquelle provient du facial, probablement du nerf de Wrisberg.

3° Branches efférentes, nerfs ciliaires. — Les branches efférentes du ganglion ophthalmique constituent les nerfs ciliaires. Ces nerfs prennent tous naissance sur les deux angles antérieurs du ganglion et se partagent, dès leur origine, en deux groupes : un groupe supérieur , composé de 3 ou 4 rameaux ; un groupe inférieur, plus important, qui en renferme de 5 à 7. Ces 8 ou 10 rameaux, bientôt

Fig. 71.

Ganglion ophthalmique, vu par son côté externe [schématique).

a, globe de l’œil du côté droit. — b , muscle petit oblique. — e, nerf optique. — d, artère carotide interne.

1, ganglion ophthalmique, — 2, sa racine motrice , provenant de 3, rameau que le moteur oculaire commun envoie au petit oblique. — 4, sa racine sensitive , provenant de 5, nerf nasal. — 6, sa racine sympathique, provenant de 7, plexus caverneux. — 8, nerfs ciliaires. — 8' un nerf ciliaire ( long nerf ciliaire ), provenant directement du nasal. — 9, les nerfs ciliaires dans leur trajet intra-oculaire. — 10, bifurcation du tronc du nasal en nasal interne et en nasal externe. — 11, un segment de la sclérotique, incisé et érigné ên haut.

rejoints par le ou les nerfs ciliaires que fournit directement le nerf nasal (p. Gl) et qui forment les longs nerfs ciliaires, se portent vers le globe oculaire en décrivant des flexuosités nombreuses. Ils sont très fins et baignent en plein dans le tissu cellulo-graisseux qui entoure le nerf optique.

Dans cette première partie de leur trajet, les nerfs ciliaires fournissent quelques filets très déliés : 1° à la gaine externe du nerf optique ; 2° à l’artère ophthalmique ou à ses branches.

Parvenus au globe oculaire, les nerfs ciliaires perforent la sclérotique, tout autour de l’entrée du nerf optique. Ils cheminent alors (fig. 71, 9), comme autant de méridiens, entre la sclérotique et la choroïde, dans la couche de tissu conjonctif lâche qui unit l’une à l’autre ces deux membranes et que l’on désigne sous le nom de lamina fuse a (voy. Choroïde). Chemin faisant, ils abandonnent quelques rameaux à la sclérotique et à la choroïde et arrivent ainsi sur la face externe du muscle ciliaire. Là, ils forment un riche plexus très nettement décrit par Arnold et par Ivanoff. De ce plexus s’échappent en divergeant une multitude de petits filets terminaux, destinés au muscle ciliaire, à l’iris et à la cornée.

Nous nous contenterons, pour l’instant, de ces indications sommaires : nous reviendrons sur ,ces terminaisons nerveuses, pour les décrire alors avec quelques détails, en étudiant le globe de l’œil (voy. Organes des sens).

Variétés. — Les variations anatomiques de l’ophthalmique et de ses branches sont extrêmement nombreuses; nous ne signalerons ici que les principales, renvoyant le lecteur, pour les

SYSTEME NERVEUX PERIPHERIQUE

anomalies moins importantes, à la Névrologie de Valentin, aux Anomalies des nerfs de Krause et Tegelmann et au mémoire de Svitzer, Von einigen nicht haiifig vorkommenden Variationen der Augennerven, Copenhague, 1845.

1° Branches de l’ophthalmique. — Le nerf lacrymal reçoit parfois une anastomose, soit du nasal, soit du frontal. Sciilemm a vu cette anastomose naître de la racine sensitive du ganglion ophthalmique. — On l’a vu présenter un volume anormal et remplacer, dans ce cas, une portion du sus-orbitaire. — Je l’ai vu, deux fois, envoyer un filet au groupe des ciliaires. — On l’a vu fournir un petit rameau qui accompagnait l’artère ciliaire longue du côté externe,

Le nerf frontal envoie assez fréquemment une anastomose au lacrymal. — Cruveilhier a vu le nerf sus-trochléaire traverser le sinus frontal.

Le nerf nasal envoie quelquefois un filet au sinus frontal. — Fæsebeck ( Arch . f. Med. u. Phys., 1839) l'a vu envoyer quelques filets au muscle releveur. — Cruveilhier (Anat., III, 514) signale un filet récurrent, qui se détache du nasal interne sur la lame criblée, retourne à l’orbite par un conduit spécial et se jette, soit dans le nasal externe, soit dans le frontal. — Dans un cas de Svitzer, le nasal envoyait une anastomose au moteur oculaire commun et au moteur oculaire externe. — J’ai vu, dans deux cas, le nasal externe faire défaut et être suppléé par un rameau du frontal. — Dans un autre cas, que j’ai observé en 1874, ce même nasal externe se partageait en deux branches : l’une suivait le trajet ordinaire; l’autre pénétrait dans l’os frontal à 15 millimètres en arrière du rebord orbitaire, en ressortait un peu au-dessus de l’articulation naso-frontale et se ramifiait alors dans la peau de la racine du nez.

2° Ganglion ophthalmique. — On l'a vu absent (Haller); il est probable que, dans ce cas, les cellules nerveuses, qui le constituent normalement, étaient éparses sur les filets qui sont en relation avec le ganglion, comme on l’observe du reste dans quelques espèces animales, les ampliibiens et les sélaciens par exemple (Schwalbe). — Par contre, on rencontre parfois, mais bien rarement, un petit ganglion accessoire, lequel est situé, selon les cas, soit au-dessus, soitau-dessousdu ganglion principal. Je l’ai rencontré deux fois; dans les deux cas, le petit ganglion surnuméraire reposait sur le rameau que le moteur oculaire commun envoie au petit oblique.

La racine sensitive est bien souvent multiple, comme aussi elle peut faire défaut : dans ce dernier cas, les filets sensitifs sont probablement apportés au ganglion par la racine motrice, devenant ainsi une racine mixte. Il est rationnel d’admettre que, lorsque la racine sensitive fait défaut, les nerfs ci iaires directs, c’est-à-dire ceux qui émanent directement du nerf nasal, sont plus nombreux ou plus volumineux que d’habitude. — On a vu cette racine sensitive naître anormalement du ganglion de Gasser, du tronc même de l’ophthalmique, du nerf lacrymal. On l’a vue donner un filet à l’élévateur de la paupière, un ou plusieurs filets au groupe des ciliaires. — Le ganglion ophthalmique est relié quelquefois au ganglion sphéno-palatin par un filet anastomotique. que Hyrtl considère à tort comme étant toujours un faisceau fibreux; ce filet, figuré par Arnold, a présenté à Valentin de véritables fibres nerveuses.

La racine courte ou motrice a été vue absente, double ou multiple (4 filets dans un cas de Svitzer). — Elle peut provenir du tronc même du moteur oculaire commun ou de sa branche de bifurcation supérieure. — Elle peut provenir aussi du moteur oculaire externe : W. Krause estime que, dans ce cas, elle n'a fait que s’accoler à ce dernier nerf, et qu’elle émane en réalité du moteur oculaire commun. — Une racine surnuméraire, issue du moteur oculaire externe, peut exister concurremment avec la racine normale fournie par le moteur oculaire commun. — Cette racine motrice peut fournir directement quelques rameaux ciliaires.

La racine sympathique peut naître du plexus caverneux par plusieurs radicules distinctes. — On a signalé une racine accessoire partant du plexus carotico-tympanique. — Patruban et Valentin décrivent un filet qui, du plexus carotidien, se rendait directement au globe oculaire sans, présenter aucune connexion avec le ganglion.

Le nombre des filets efférents du ganglion ophthalmique est fort variable : ce nombre diminue d’ordinaire, quand augmente celui des longs nerfs ciliaires provenant directement du nasal. — Henle décrit un filnt ciliaire, plus long que les autres, perforant la sclérotique à la partie antérieure du globe oculaire. — Delbet [toc. cit.) a vu, une fois, un nerf ciliaire se diriger jusqu’à l’hémisphère antérieur de l’œil, puis revenir sur ses pas en se recourbant en anse et traverser la sclérotique dans l’hémisphère postérieur.

B .—Deuxième branche : nerf maxillaire supérieur ET GANGLION SPHÉNO-PALATIN

Branche moyenne du trijumeau, le nerf maxillaire supérieur se détache du bord inférieur du ganglion de Gasser, entre l’ophthalmique qui est en dedans et le maxillaire inférieur qui est en dehors (fig. 74, 5). De là, il se porte d’arrière en avant et un peu de dedans en dehors, vers le trou grand rond. Il sort du crâne par cet orifice et arrive dans la fosse ptérygo-maxillaire (voy. Ostéol., p. 247), s’in-

NERF TRIJUMEAU

fléchissant alors en dehors, il traverse obliquement la fosse en question, en se dirigeant vers l’extrémité postérieure de la gouttière sous-orbitaire. Là, il s’infléchit de nouveau pour devenir antéro-postérieur, s’engage dans la gouttière sous-orbitaire d’abord, puis dans le canal sous-orbitaire et débouche enfin par le trou sous-orbitaire pour se terminer dans les parties molles de la joue. Gomme on le voit, le nerf maxillaire supérieur, au cours de son trajet, se coude deux fois (en baïonnette) et, de ce fait, peut être divisé en trois portions (fig. 73) : 1° une première portion,

située dans le crâne et dans le trou grand

Fig. 72.

La fosse ptérygo-maxillaire, vue d’en haut, après ablation de la portion du sphénoïde qui forme sa voûte.

(Le sphénoïde est teinté en bleu ; le maxillaire supérieur, en rose ; le palatin, en vert ; l’ethmoïde, en jaune ; le malaire, en violet.)

1, fosse ptérygo-maxillaire. — 2, trou grand rond, ou mieux canal grand rond , dont la paroi supérieure a é Lé enlevée. — 3, canal vidien et 4, conduit ptérygo-palatin, dont la paroi supérieure a été également enlevée. — 5, trou sphéno-palatin. — 6, fente sphéno-maxillaire. — 7, gouttière sous-orbitaire. — 8, plancher de l’orbite. — 9, cellules ethmoïdales. — 10, trou ovale. — 11, trou petit rond.

rond ; elle est antéro-postérieure, un peu

Fig. 73.

Trajet du nerf maxillaire supérieur, depuis le ganglion de Gasser jusqu’au canal sousorbitaire.

(Pour le substratum osseux de la figure, se reporter à la figure 72.)

1, trijumeau. — 2, 2, nerf maxillaire supérieur, avec ses deux inflexions. — 3, ganglion sphéno-palatin. — 4, rameau orbitaire. — 5, artère maxillaire interne, venant se terminer dans la fosse ptérygo-maxillaire (pour les détails des branches artérielles et nerveuses de la fosse ptérygo-maxillaire, voyez la figure 6). — 76, nerf maxillaire inférieur. — 7, nerf ophthalmique. — 8, carotide interne. — 9, méningée moyenne. — 10, petite méningée.

oblique cependant d’arrière en avant et de dedans en dehors; 2° une deuxième portion, répondant à la fosse ptérygo-maxillaire; elle est fortement oblique d’arrière en avant et de dedans en dehors; 3° une troisième portion, répondant au plancher de l’orbite ; elle est antéro-postérieure.

Le nerf maxillaire supérieur présente les rapports suivants — Dans le crâne, tout d’abord, il chemine au-dessous de la pointe du lobe temporal, sur le côté externe du sinus caverneux, au-dessous de l’ophthalmique. Comme le ganglion de Gasser, dont il émane, il est contenu dans un dédoublement de la dure-mère, continuation du cavum de Meckel. Au voisinage du ganglion, il est aplati, rubané, plexiforme. Ce n’est que plus loin, en traversant le trou grand rond, qu’il se condense et s’arrondit pour revêtir, à partir de ce point, la forme d’un cordon plus ou moins cylindrique. — Dans la fosse ptérygo-maxillaire, le nerf maxillaire supérieur occupe

SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE

la partie la plus élevée de la région. 11 baigne en plein dans le tissu graisseux demifluide qui comble tout l’espace compris entre l’apophyse ptérygoïde, la tubérosité du maxillaire et la lame ascendante du palatin. Sur son côté inféro-interne, comme nous le verrons plus loin, se trouve le ganglion sphéno-palatin. — Dans la gouttière sous-orbitaire, le maxillaire supérieur est séparé des parties molles de l’orbite par une simple lame fibreuse, dépendant du périoste, qui le recouvre en transformant cette gouttière en canal. — Dans le canal sous-orbitaire, il répond sur tout son pourtour à la paroi osseuse de ce conduit. Depuis son entrée dans la gouttière sousorbitaire jusqu’au trou sous-orbitaire, le nerf maxillaire supérieur répond au plafond du sinus maxillaire, dont il n’est séparé que par une mince lame osseuse, laquelle fait ordinairement saillie dans la cavité sinusale. Cette lamelle osseuse peut même manquer par places, auquel cas le nerf n’est séparé du sinus que par une simple muqueuse. Avec le nerf maxillaire supérieur chemine l’artère sous-orbitaire, occupant d’abord son côté externe, puis son côté interne. — A la joue, enfin, les ramifications terminales du nerf maxillaire supérieur ( bouquet sous-orbitaire) , reposent sur la face antérieure du muscle canin. Elles sont situées immédiatement au-dessous de la peau.

A . Branches collatérales. — Depuis le ganglion de Gasser, où il prend naissance, jusqu’au trou sous-orbitaire, où il fournit ses branches terminales, les rameaux sous-orbitaires, le nerf maxillaire supérieur donne cinq branches collatérales, savoir : une dans le crâne, le rameau méningien moyen; quatre en dehors du crâne, le rameau orbitaire , les rameau du ganglion sphéno-palatin, les rameaux dentaires postérieurs , le rameau dentaire antérieur. Nous décrirons tout d’abord ces différents rameaux du nerf maxillaire supérieur et étudierons en dernier lieu le ganglion qui lui est annexé, le ganglion sphéno-palatin.

1° Rameau méningien moyen. — Nous désignerons sous ce nom un filet nerveux extrêmement fin, qui se détache du nerf maxillaire supérieur avant son passage à travers le trou grand rond et se distribue à la dure-mère de la région, en accompagnant l’artère méningée moyenne.

2° Rameau orbitaire. — Le rameau orbitaire (fig. 74, 7) se détache de la face supérieure du nerf maxillaire supérieur, immédiatement après sa sortie du trou grand rond. Se portant directement en avant, il traverse la fosse ptérygo-maxillaire, pénètre dans l'orbite à travers la fente sphéno-maxillaire et se divise, sur la paroi externe de cette cavité, en deux rameaux plus petits, un rameau supérieur ou lacrymo-palpébral et un rameau inférieur ou temporo-malaire :

a. Rameau lacymo-palpébral. — Le rameau lacrymo-palpébral se dirige en haut et en avant vers la glande lacrymale. Il se partage lui-même en deux filets : i°un filet lacrymal , qui s’anastomose, comme nous l’avons déjà vu (p. 64),*avec la branche lacrymale de l’ophthalmique et se rend à la glande lacrymale ; 2° un filet palpébral, qui passe au-dessous de la glande lacrymale et se distribue à la paupière supérieure.

b. Rameau temporo-malaire . — Le rameau temporo-malaire pénètre dans le conduit malaire (Ostéol., p. 211) et se divise, en même temps que ce conduit, en deux rameaux secondaires : 1° un filet malaire, qui sort à la face externe de l’os malaire et se perd dans la peau de la pommette ; 2° un filet temporal , qui débouche dans la fosse temporale, s’y anastomose avec le nerf temporal profond antérieur et vient se distribuer, après avoir perforé le muscle temporal, dans la peau de la région temporale.

NERF TRIJUMEAU

3° Rameaux pour le ganglion sphéno-palatin. — Ces rameaux (fig. 74 et 75, 9'), au nombre de deux ou trois, toujours très courts, se détachent du nerf maxillaire supérieur à la partie moyenne de la fosse ptérygo-maxillaire. De là, ils se portent obliquement en bas et en dedans et, après un parcours de quelques millimètres seulement, rencontrent le ganglion sphéno-palatin et s’accolent à lui. Us constituent, dans leur ensemble, le nerf sphéno-palatin de certains auteurs (de Valentin, de Quain, de Gegenbaur).

On désigne encore ces rameaux sous le nom de racines descendantes du ganglion sphéno-palatin. Disons tout de suite que ce mot de racines n’est qu’en partie justifié. Les racines en question, 5 en effet, ne se perdent pas en totalité dans le ganglion, mais n’y laissent qu’une 2 partie de leurs fibres; les autres, et c’est le plus grand nombre, passent directement dans les rameaux nerveux qui sont sous-jacents au ganglion et qui y prennent leur origine (nerf ptérygopalatin, nerf sphéno-palatin, nerfs palatins).

Nous les retrouverons tout à l’heure à propos du ganglion otique.

4° Rameaux dentaires postérieurs.

— Au nombre de deux ou trois, les rameaux dentaires postérieurs (fig.

75, 2) se séparent du nerf maxillaire supérieur au moment où celuici va s’engager dans la gouttière sous-orbitaire.

Se portant en bas et un peu en dehors, ils descendent sur la tubérosité du maxillaire, envoient quelques filets à la muqueuse buccale et aux gencives et s’engagent ensuite dans les conduits osseux que nous avons décrits, en Ostéologie, sur la partie postérieure du maxillaire. Ils descendent ainsi dans l’épaisseur de l’os, jusqu’au voisinage des dents molaires.

Là, ils se divisent et s’anastomosent de façon à former une sorte de plexus, à mailles irrégulières, d’où s’échappent quatre ordres de filets terminaux, savoir :

1° Des filets dentaires, qui pénètrent dans les racines des grosses et des petites molaires et se distribuent aux parties sensibles des dents ;

2° Des filets alvéolaires, qui se rendent au périoste des alvéoles ;

Fig. 74.

Nerf maxillaire supérieur, vue latérale.

1. ganglion de Gasser. — 2, grosse racine du trijumeau. — 3, sa petite racine. — 4, ophthalmique. — 5, nerf maxillaire supérieur. — 6, nerfs dentaires postérieurs. — 7, rameau orbitaire, s’anastomosant, en 7’, avec le lacrymal. — 8, bouquet sous-orbitaire. — 9, ganglion sphéno-palatin, avec 9’, ses racines sensitives. — 10, nerf vidien. — 11, 12, 13, nerfs palatins antérieur, moyen et postérieur. — 14, nerf maxillaire inférieur. — 15, un rameau du facial, s’anastomosant avec les filets sousorbitaires.

72 SYSTÈME NERVEUX PÈ RIPHÉRIQ UE

3° Des filets muqueux , qui viennent se ramifier dans la muqueuse du sinus maxillaire ;

4° Des filets osseux, qui se perdent dans le maxillaire lui-même.

5° Rameau dentaire antérieur. — Le rameau dentaire antérieur (fig. 73,3) naît

du maxillaire supérieur, à 8 ou 10 millimètres

en arrière du trou sous-orbitaire. De là, il se dirige obliquement en bas, vers les incisives, en suivant un conduit spécial creusé dans l’épaisseur du maxillaire (OsTÉoL. , p. 226).

Dans son trajet, il fournit quelques filets récurrents, qui vont s’anastomoser avec le plexus dentaire que nous venons de décrire.

11 s’épuise ensuite

Rameaux dentaires du nerf maxillaire supérieur (d’après Hiuscufeld)-

1, nerf maxillaire supérieur. — 2, nerfs denlaires pustérieurs. — 3, nerf dentaire antérieur. — 4, plexus dentaire. — 5, rameau orliilairc, sectionné tout près de son origine. — 6, ganglion sphéno palalin, rattaché au nerf maxillaire supérieur pardeux racines sensilives. — 7, nerf vidien, avec : 7’, son filet crânien et 7”, son filet carotidien. — 8, nerf moteur oculaire commun et son anastomose avec le plexus carotidien. — 9, nerf facial. — 10. nerf glosso-pliarvngien, avec 11, rameau de Jacobson. — 12, ganglion supérieur du grand sympathique. — 13, veine jugulaii’c interne.

en quatre ordres de filets, savoir :

1° Des filets msaux,qm se rendent à la muqueuse du canal nasal ;

2° Des filets dentaires, pour les racines des deux incisives et de la canine correspondante ;

3° Des filets alvéolaires, pour le périoste alvéolaire et la muqueuse gingivale ;

4° Des filets osseux, pour la portion du maxillaire qu’il traverse.

En se réunissant avec les nerfs dentaires postérieurs, le nerf dentaire antérieur forme au-dessus des racines des dents une anse plexiforme (fig 75, 4), dont la concavité est dirigée en haut et qui porte le nom de plexus dentaire. Il existe, en outre, un peu au-dessus de la canine, toujours dans l’épaisseur de l’os, un petit ganglion plexiforme, décrit par Bochdaleck (OEsterr. Jahrbuch., t. XIX, p *253), auquel aboutissent des filets du dentaire antérieur et un filet provenant du nerf nasal postérieur : c’est le ganglion cle Bochdaleck. La nature ganglionnaire de ce plexus nerveux a été mis en doute par Valentin.

B. Branches terminales : bouquet sous-orbitaire. — A sa sortie du trou sousorbitaire, le nerf maxillaire supérieur s’épanouit en un grand nombre de rarpeaux et ramuscules terminaux, dont l’ensemble constitue le bouquet sous-orbitaire (fig. 74, 8). Envisagés au point de vue de leur distribution, ces filets nerveux du bouquet sous-orbitaire se divisent en trois groupes, savoir :

\° Des filets ascendants ou palpéraux, qui viennent se perdre en haut dans la peau et la muqueuse de la paupière inférieure;

2° Des filets descendants ou labiaux, qui se dirigent en bas vers la lèvre supérieure et se perdent, en partie dans la peau et les bulbes pileux, en partie dans la muqueuse et la couche glandulaire sous-jacente;

3° Des filets internes ou nasaux, qui, se portant en dedans, s’épuisent dans

NERF TRIJUMEAU

la peau de l’aile du nez et aussi dans la peau qui tapisse le vestibule des fosses nasales.

RÉSUMÉ DU NERF MAXILLAIRE SUPÉRIEUR 1 intra-cranienne. . . | R. méningien moyen.

a) Br. collatérales .

4 extra-craniennes

R. orbitaire \ ^crymo-palpébral .

' temporo-malaire.

R. du gangl. sphéno-palatin.

R. dentaires postérieurs .

R. dentaire antérieur

b) Branches terminales | R. sous-orbitaires .

f. dentaires.

\ f. alvéolaires.

I f. muqueux.

\ f, osseux.

[ f. nasaux.

> f. dentaires.

f f. alvéolaires.

\ f. osseux. f f. palpébraux.

? f. labiaux, f f. nasaux.

Ganglion sphéno-palatin ou ganglion de Meckel.

Au nerf maxillaire supérieur est annexé un petit ganglion que l’on désigne indifféremment sous le nom de ganglion sphéno-palatin ou ganglion de Meckel.

1° Ganglion proprement dit. — Découvert par Meckel en 1749, le ganglion sphéno-palatin, ou ganglion de Meckel, a été parfaitement étudié dans ses relations anatomo-physiologiques par Longet près d’un siècle plus tard, en 1842. C’est un petit renflement grisâtre ou gris jaunâtre, qui se développe dans la fosse ptérygomaxillaire en regard du trou sphéno-palatin, d’où son nom. Il est situé (fig. 76, 2), non pas au-dessous du nerf maxillaire supérieur, mais sur son côté interne, quoique à un niveau un peu inférieur. Il en résulte qu’on ne peut que difficilement l’apercevoir quand on regarde de face la fosse ptérygo-maxillaire et que toutes les figures qui, à la suite de celles d’HmscHFELD, le représentent dans cette disposition comme suspendu au côté inférieur du tronc nerveux (fig.

75, 6) sont plutôt schématiques que conformes à la réalité.

Pour prendre une notion exacte de la situation réelle du ganglion de Meckel, le meilleur procédé consiste cà l’examiner par en haut, après avoir fait sauter à la gouge et au maillet le plafond de la fosse ptérygo-maxillaire. Nous voyons alors (fig. 76, grossissement d’une partie de la fig. 73) : 1° que le ganglion est placé en dedans du nerf maxillaire supérieur ; 2° qu’il occupe la partie postérieure et supérieure de la fosse ; 3° qu’il est appliqué contre la paroi postérieure de cette fosse, tandis qu’il est séparé de la

Fig. 76.

Le ganglion sphéno-palatin vu d’en haut, grossissement d’une partie de la figure 73 (T. J.)

1, nerf maxillaire supérieur. — 2, ganglion sphéno-palatin, avec 3, 3’, ses deux racines. — 4, artère maxillaire interne. — 5, nerf vidien et artère vidienne. — G, nerf ptérygo-palalin et artère ptérygo-palatine. — 7, nerf palatin antérieur et artère palatine descendante. — 7’, nerf palatin moyen. — 7”, nerf palatin postérieur. — 8, artère sous-orbitaire. —

9, artère sphéno-palaline, avec ses deux branches de bifurcation. —

10, rameau orbitaire. — 11, nerf dentaire postérieur. — 12, muqueuse pituitaire, érignée en dedans.

SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE

paroi antérieure par un certain intervalle dans lequel cheminent, irrégulières et flexueuses, les dernières branches de l’artère maxillaire interne, c’est-à-dire la palatine supérieure, la sphéno palatine, la ptérygo-palatine et la vidienne.

Quant à sa forme, le ganglion sphéno-palatin est assez variable : il est ordinairement aplati de haut en bas (de dehors en dedans dans son ancienne orientation), tantôt quadrangulaire, tantôt triangulaire ou conoïde à base externe. Il mesure 3 ou 4 millimètres de diamètre.

Morphologiquement, le ganglion sphéno-palatin paraît avoir la même structure et la même signification que le ganglion ophthalmique précédemment décrit : c’est un centre réflexe périphérique à territoire peu étendu. De même que le ganglion ophthalmique, il reçoit des filets nerveux (ce sont ses branches afférentes ) et il en émet (ce sont ses branches efférentes).

2° Branches afférentes. — Le ganglion sphéno-palatin reçoit, à titre de branches afférentes ou racines : 1° des branches externes, provenant du maxillaire supérieur ; 2° une branche postérieure , constituant le nerf vidien.

A. Branches externes. — Nous avons déjà signalé, à la page 71, les deux ou trois filets nerveux, tantôt indépendants, tantôt plus ou moins anastomosés en plexus, qui, du nerf maxillaire supérieur, se portent vers la base du ganglion. Ce sont là (fl g. 74, 9’) de vraies racines sensitives, pénétrant en partie dans la masse ganglionnaire, en partie aussi ne faisant que s’accoler à elle pour se jeter, un peu plus bas, dans ses branches efférentes.

/j. Branche postérieure : nerf vidien. — Indépendamment de ces racines, issues

du nerf maxillaire supérieur lui-même, le ganglion sphéno-palatin en possède trois autres, qui se trouvent réunies en un seul tronc, le nerf vidien.

a. Trajet et constitution anatomique. — Le nerf vidien (fig. 77, 14) aboutit au cô^té postérieur du ganglion.

Si nous le suivons à partir de ce point en nous acheminant vers ses origines, nous le voyons s’engager dans ce canal vidien qui est situé en arrière (Ostéol. , p. 249), le parcourir dans toute sa longueur et arriver ainsi au-dessous du trou déchiré antérieur. Là , il s’infléchit en haut, traverse la lame fibreuse qui ferme cet orifice et se divise alors en deux rameaux, un rameau carotidien et un rameau crânien :

Fig. 77.

Ganglion sphéno-palatin et ses différentes racines, vus par le côté externe [demi-schématique).

1. nerf facial. — 2. ganglion géniculé. — 3, ganglion de Gasser, avec scs trois branches : 4. ophthalmique ; 3, maxillaire supérieur ; G, maxillaire inférieur. — 7. glosso-pharyngien f ganglion d’Andersch), avec 8, le nerf de Jacobson. — 9. ganglion sphéno-palatin. — 10. grand nerf pétreux superficiel.

— 11, grand nerf pétreux profond. — 12, filet crânien du nerf vidien, formé par la réunion des deux rameaux précédents. — 13, filet carotidien du même nerf. — 14. nerf vidien. — 13, ganglion cervical supérieur du sympathique.

— IG, carotide interne. — 17. plexus carotidien. — 18, rocher, scié parallèlement à la portion descendante de l’aqueduc de Fallope.

NERF TRIJUMEAU

a) Le rameau carotidien (13) se dirige, comme son nom l’indique, vers le canal carotidien du rocher et se perd dans le plexus nerveux du grand sympathique qui entoure à ce niveau la carotide interne.

(3) Le rameau crânien (12), se séparant du précédent, mais restant toujours dans le crâne, se porte en dehors et un peu en arrière. Il s’engage alors dans une petite gouttière que. lui offre la face antérieure du rocher et se subdivise bientôt luimême en deux rameaux secondaires : l’un, sous le nom de grand nerf pétr eux superficiel (10), pénètre dans l’hiatus de Faîlope et aboutit au facial au niveau du ganglion géniculé ; l’autre, sous le nom de grand nerf pétreux profond (11) traverse également le rocher, arrive dans la caisse du tympan et se jette dans le rameau de Jacobson, branche du glosso-pharyngien (voy. ce nerf), dont il n’est en réalité qu’un rameau collatéral.

b. Le nerf vidien, suivi de ses origines vers le ganglion. — Tel est le nerf vidien suivi du ganglion vers son origine, comme le suit le scalpel dans les salles de dissection. Si nous l’envisageons maintenant en sens inverse, à un point de vue plus conforme à son véritable rôle, nous le voyons constitué par deux rameaux : 1° un rameau carotidien, émanant du plexus sympathique qui entoure l’artère carotide interne dans son passage à travers le rocher; 2° un rameau crânien, situé sur la face antérieure du rocher, au-dessous du ganglion de Gasser et formé lui-même par la réunion d’un filet moteur issu du facial et d’un filet sensitif issu du glosso-pharyngien. Rameau carotidien et rameau crânien convergent l’un et l’autre vers le trou déchiré antérieur. Là, ils se réunissent en un tronc commun, qui n’est autre que le nerf vidien.

Ce tronc, ainsi constitué, traverse tout d’abord le trou déchiré antérieur, qui l’amène au-dessous du crâne. Se portant alors d’arrière en avant, il s’engage dans le canal vidien, le parcourt dans toute son étendue, débouche dans la fosse ptérygo-maxillaire, y rencontre le ganglion sphéno-palatin et disparaît dans la partie postérieure de ce ganglion.

c. Résumé. — Au total, le ganglion sphéno-palatin reçoit, comme le ganglion ophthalmique, trois racines physiologiquement différentes, savoir :

a) Un q racine sensitive : cette racine est double; l’une émane du nerf maxillaire supérieur ; l’autre, par l’intermédiaire du nerf vidien, lui vient du glosso-pharyngien {grand pétreux profond) ;

(3) Une racine motrice : elle lui vient du facial {grand pétreux superficiel) par l’intermédiaire du nerf vidien ;

y) Une racine sympathique : elle provient du plexus carotidien et aboutit encore au ganglion par l’intermédiaire du nerf vidien {filet carotidien) .

Nous pouvons maintenant aborder la description des branches efférentes.

3° Branches efférentes. — Les branches efférentes du ganglion de Meckel (fig. 74 et 78), à la fois très nombreuses et très importantes, peuvent être groupées comme suit : 1° un rameau pharyngien ; 2° des filets orbitaires; 3° le nerf sphéno-palatin ; 4° les nerfs palatins. Rappelons une fois pour toutes que ces différents rameaux, quoique se détachant du ganglion de Meckel, ne méritent qu’en partie le nom des branches efférentes du ganglion, que nous continuerons à leur donner avec Cruveilhier, Sappey, Quain, Gegenbaur, etc. Tous ces rameaux possèdent, en effet, deux ordres de fibres ; des fibres qui émanent réellement des cellules du ganglion, ce sont les vraies fibres efférentes; des fibres qui proviennent du nerf maxillaire supérieur et qui, sous le nom de racines sensitives du gan-

76 SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE

glion, se portent vers ce ganglion, mais ne font que le traverser ou même s’accoler à lui pour passer ensuite dans ses branches efférentes. Cette réserve faite, voyons le trajet de ces branches.

1° Rameau pharyngien ou ptérygo-palatin. — Ce rameau (fig. 78, 6), que Ton désigne encore sous le nom de nerf de Bock , du nom de l’anatomiste qui l’a le premier bien décrit, se détache de la partie postérieure et interne du ganglion sphéno-palatin. Se portant de là obliquement en arrière et en dedans, il s’engage dans le conduit ptérygo-palatin (Ostéol., p. 249), et se divise, à sa sortie de ce canal, en plusieurs filets terminaux, qui se distribuent : les uns, à la muqueuse de

la partie supérieure et postérieure des fosses nasales ; les autres , à la partie de la muqueuse pharyngienne qui avoisine la trompe d’Eustache.

2° Filets orbitaires. — Ce sont des filets très grêles qui se détachent de la partie supérieure et antérieure du ganglion et pénètrent dans l’orbite par la fente sphéno-maxillaire. Très variables en nombre, deux, trois ou quatre, ils sont également très variables dans leur terminaison. On rencontre généralement un filet pour le périoste de la partie inféro-externe de l’orbite. On peut rencontrer, en outre, un filet pour le nerf optique (Arnold), un filet pour le ganglion ophthalmique (Tiedmann), un filet pour le nerf moteur oculaire externe (Bock).

3° Nere sphéno-palatin. — Le nerf sphéno-palatin (fig. 78, 8 et 9) naît sur le côté supéro-interne (souvent sur le bord antérieur) du ganglion deMeckel.

De là, il se porte obliquement en dedans et en avant, vers le trou sphéno-palatin, qu’il traverse (d’où son nom) et qui le conduit dans les fosses nasales. Arrivé dans les fosses nasales, ou même avant d’y arriver, en pleine fosse ptérygo-maxillaire par conséquent, il se divise en deux rameaux, l’un externe, l’autre interne (fig. 78 et 79).

a. Rameau externe. — Le rameau externe (nerf sphéno-palatin externe de ITirschfeld), destiné spécialement à la paroi externe des fosses nasales, se résout en cinq ou six filets, les nerfs nasaux postérieurs et supérieurs de Valentin, qui se distribuent à la muqueuse du cornet supérieur et du cornet moyen, ainsi qu’au sinus sphénoïdal et aux cellules ethmoïdales postérieures. On voit encore quelques filets très grêles se porter à la partie postérieure et supérieure de la cloison.

b. Rameau interne. — Le rameau interne constitue le nerf sphéno-palatin interne d’HiRscHFELD, le nerf naso-palatin de Scarpa.

Beaucoup plus long que le précédent, il se porte sur la paroi interne des fosses nasales et la parcourt en diagonale depuis sa partie postérieure et supérieure jusqu’au conduit palatin antérieur, en lui abandonnant deux ou trois filets très

Le nerï sphéno-palatin externe, vu sur la paroi externe des fosses nasales.

I, bandelette olfactive. — 2, bulbe olfactif. — 3, ramifications externes du nerf olfactif. — 4, nerf maxillaire supérieur. — 5, ganglion sphéno-palatin. — 6, nerf ptérygopalatin. — 7, nerf vidien. — 8, nerf sphéno-palatin interne, sectionné près de son origine. — 9, nerf sphéno-palatin externe. — 10, nerf palatin postérieur. — 11, nerf palatin moyen. — 12, nerf palatin antérieur, avec 12’, son anastomose avec le sphéno-palatin interne. — 13, nerf nasal postérieur. — 14, rameau externe du nasal interne, avec 14’, naso-lobaire. — 15, orifice de la trompe d’Eustache. — IG, branches terminales du nerf palatin moyen.

NERF TRIJUMEA.U

déliés et d’une dissection difficile. Arrivé au conduit palatin antérieur, le nerf nasopalatin interne s’y engage et arrive ainsi à la voûte palatine, où il se perd dans la muqueuse de la région rétro-alvéolaire.

Dans le conduit palatin antérieur, les deux nerfs naso-palatins, celui du côté droit et celui du côté gauche, s’adossent l’un à l’autre, mais sans échanger entre eux de filets anastomotiques, comme quelques auteurs l’ont prétendu par erreur.

4° Nerfs palatins. — Les nerfs palatins (fig. 78) se détachent de la partie inférieure du ganglion sphéno-palatin et descendent verticalement vers la voûte palatine, en suivant des conduits spéciaux déjà décrits (Ostéol., p. 249) entre le maxillaire supérieur et le palatin. Ces nerfs sont au nombre de trois: on les distingue, d’après leur situation respective, en palatin antérieur, palatin moyen et palatin postérieur :

a. Nerf palatin antérieur. — Le nerf palatin antérieur (12), le plus volumineux des trois, s’engage dans le conduit palatin postérieur, arrive à la partie postérieure et externe de la voûte palatine et se divise alors en deux groupes de filets terminaux : 1° des filets postérieurs, très grêles, qui se distribuent à la muqueuse du voile du palais et à la couche glanduleuse sous-jacente; 2° des filets antérieurs, plus longs et plus volumineux, qui s’épuisent en ramuscules de plus en plus ténus dans la muqueuse des gencives et de la voûte palatine : ces derniers filets s’anastomosent parfois (12’) avec les filets terminaux du sphéno-palatin interne.

Dans son trajet à travers le conduit palatin, le nerf palatin antérieur abandonne quelques filets collatéraux à la muqueuse du sinus maxillaire.

Il fournit, en outre, un rameau beaucoup plus important, le nerf nasal postérieur et inférieur (13). Ce nerf, souvent double, s’échappe du conduit palatin par un petit canal spécial (quelquefois un simple orifice), #qui l’amène dans les fosses nasales, sur l’extrémité postérieure du cornet inférieur. De là, il chemine d’arrière en avant sur la face interne de ce cornet et se distribue, par des filets ascendants et des filets descendants, à cette portion de la muqueuse pituitaire qui revêt le méat moyen, le cornet inférieur et le méat inférieur.

b. Nerf palatin moyen. — Le nerf palatin moyen (11) est le plus grêle du groupe, il s’engage un peu en arrière du précédent, dans un conduit palatin accessoire et vient se terminer dans la muqueuse du voile du palais et dans la couche glanduleuse sous-jacente.

c. Nerf palatin postérieur. — Le nerf palatin postérieur (10) descend de même dans un conduit palatin accessoire jusqu’à la voûte palatine. Là, il se divise en deux groupes de rameaux : des rameaux sensitifs, pour la muqueuse des deux

Fig. 79.

Le nerf sphéno-palatin interne ou naso-palatin, vu sur la paroi interne des fosses nasales.

1, ramifications du nerf olfactif dans la pituitaire. - 2, filet interne du nasal interne, se portant obliquement en bas et en avant jusqu’au lobule. — 3, nerf sphénopalatin interne ou naso-palatin, sectionné en arrière, se portant obliquement en bas et en avant, vers le trou palatin antérieur où il s’engage pour gagner la voûte palatine. — 3’, son anastomose, à la voûte palatine, avec le nerf palatin antérieur 4, qui provient du ganglion sphéno-palatin.

SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE

faces du voile du palais; des rameaux moteurs, pour les muscles péristaphylin interne et palato-staphylin. Si l’on veut bien se rappeler que le ganglion sphénopalatin reçoit comme unique racine motrice le grand nerf pétreux superficiel, issu du facial, et que, d'autre part, les branches efférentes de ce ganglion n’innervent que deux muscles, le péristaphylin interne et le palato-staphylin, on en conclura naturellement que ces deux muscles sont, en réalité, innervés par le nerf facial.

Variétés. — L'une ou l'autre branche du rameau orbitaire peut faire défaut, suppléée dans ce cas par les nerfs voisins. — Ce même rameau orbitaire peut fournir un filet surnuméraire à la peau du front. Kravse l’a vu fournir un nerf ciliaire. — Cruveilhier a vu le nerf dentaire postérieur naître dans le canal sus-orbitaire. — Entre le dentaire postérieur et le dentaire antérieur, il peut exister un dentaire moyen. — Le ganglion sphéno-palatin envoyait un rameau au sinus sphénoïdal dans un cas de Longet, un rameau au plexus caverneux dans un cas de Fæsebeck. — Les filets nasaux et palpébraux du sous-orbitaire peuvent se détacher du tronc nerveux avant le dentaire antérieur et sortir du maxillaire par un canal spécial, situé en dedafis et au-dessus du trou sous-orbitaire normal (voy. Ostéologie). — Il n’est pas rare de voir quelques-unes des branches efférentes du ganglion sphéno-palatin, les branches palatines notamment, se détacher en totalité ou en partie du tronc même du maxillaire supérieur.

G. — Troisième branche : Nerf 31 axillaire inférieur

ET GANGLION OTIQUE

Troisième et dernière branche du trijumeau, le nert maxillaire inférieur (fig. 74, 14) est constitué par deux racines : une racine sensitive , qui se détache de la partie la plus externe du ganglion de Gasser, immédiatement en dehors du nerf maxillaire supérieur; une racine motrice , qui n’est autre que la petite racine du trijumeau, que nous avons vu naître de la protubérance et que nous avons conduite (p. 57) jusqu’à la face profonde du ganglion de Gasser.

La racine sensitive, superficiellement placée, est, comme le maxillaire supérieur, aplatie et plexiforme ; la racine motrice, située au-dessous d’elle, affecte la forme d’un petit cordon blanchâtre, légèrement aplati de haut en bas. L’une et l’autre, comprises dans un dédoublement de la dure-mère, se dirigent en dehors et un peu en avant vers le trou ovale. Jusque-là, elles restent simplement accolées et conservent toute leur indépendance. Ce n’est que dans le trou ovale et surtout à la sortie de cet orifice que les deux racines entrent en relation : on les voit, tout d’abord, se dissocier et s’envoyer mutuellement des faisceaux plus ou moins anastomosés ( plexus rétiforme de Santorini); puis, elles se fusionnent entièrement pour constituer un tronc unique, qui est le nerf maxillaire inférieur.

Ce nerf, on le voit, est un nerf mixte, présentant une analogie remarquable avec les nerfs rachidiens, lesquels possèdent comme lui une racine motrice et une racine sensitive, cette dernière pourvue d’un ganglion.

Le nerf maxillaire inférieur est fort court. A quelques millimètres au-dessous du trou ovale, il s’épanouit en un bouquet de sept branches nerveuses, que nous diviserons en collatérales et terminales :

A Branches collatérales — Les branches collatérales, très dissemblables par leur volume et par leur importance, peuvent d’après leur direction être classées comme suit : 1° trois branches externes, qui sont le nerf temporal profond moyen, le nerf massétér in et le nerf buccal ; 2° une branche interne, le nerf du ptérygoï dien interne ; 3° une branche postérieure, le nerf auriculo -temporal.

1° Nerf temporal profond moyen. — Le nerf temporal profond moyen (fig. 80, 5) se détache de la partie inférieure et externe du nerf maxillaire inférieur, immédia-

NERF TRIJUMEAU

tement au-dessous du trou ovale. De là, il se porte obliquement en dehors et en avant, entre la paroi supérieure de la fosse zygomatique, contre laquelle il est appliqué et le muscle ptérygoïdien externe, sur lequel il repose. Il arrive ainsi à la crête antéro-postérieure [crête sphéno-temporale ) qui sépare la fosse zygomatique de la fosse temporale. S’infléchissant alors en haut et en dehors, il chemine quelque temps entre la paroi crânienne et la face profonde du muscle temporal et, finalement, se perd dans ce muscle.

Au moment de passer dans la fosse temporale, le nerf temporal profond moyen contracte généralement des anastomoses avec les deux nerfs suivants, le massétérin et le buccal. Ces anastomoses sont parfois assez multipliées pour former, dans ce cas, une sorte de plexus.

2° Nerf massétérin.

— Le nerf massétérin (fig. 80, 3), né du maxillaire inférieur au même niveau que le précédent, se dirige en dehors et un peu en arrière, cheminant entre la paroi supérieure delà fosse zygomatique et le muscle

ptérygoïdien externe. Il sort de la fosse zygomatique en croisant le bord supérieur de ce dernier muscle, traverse de dedans en dehors l’échancrure sigmoïde du maxillaire inférieur et arrive ainsi à la face profonde du masséter, dans lequel il se termine [rameaux terminaux) par plusieurs rameaux divergents.

Fig. 80.

Nerf maxillaire inférieur, vue latérale.

1, nerf auriculo-lcmporal. — 2, son anastomose avec le facial. — 3, nerf massétérin, avec 4’, nerf temporal profond postérieur. — 5, nerf temporal profond moyen. — 6, nerf buccal, avec 7, temporal profond antérieur. — 8, nerf lingual. — 9, nerf dentaire inférieur, avec 10, nerf mylo-hyoïdien et 11, nerf mentonnier. — 12, nerf sous-orbitaire. — 13, rameau malaire. — 14, facial.

Mais déjà, au cours de son trajet, le nerf massétérin a abandonné trois rameaux collatéraux , savoir :

a) Un filet anastomotique , pour le nerf temporal profond moyen ;

P) Un filet sensitif , quelquefois double, pour l’articulation temporo-maxillaire ;

ï) Le nerf temporal profond postérieur (4) : celui-ci, plus important que les deux autres, se détache du nerf massétérin au niveau de la crête sphéno-temporale : de là, il s’infléchit en haut, en contournant cette crête, chemine alors entre la paroi du crâne et la face profonde du temporal et se termine dans la partie postérieure de ce muscle.

SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE

3° Nerf buccal. — Le nerf buccal (fig.80, 6) naît du maxillaire supérieur au-dessous du trou ovale, soit par une racine unique, soit par deux racines qui, d’abord distinctes, ne tardent pas à se réunir. Ce nerf, se portant en dehors et un peu en avant, s’engage dans l’interstice qui sépare les deux portions du muscle ptérygoïdien externe. Puis, s’infléchissant en bas et en avant, il descend vers le muscle buccinateur, en passant entre l’apophyse coronoïde du maxillaire inférieur et la tubérosité du maxillaire supérieur,

a. Branches collatérales. — Dans ce trajet descendant, le nerf buccal abandonne un certain nombre de branches collatérales :

a) Il fournit, tout d'abord, un ou deux rameaux musculaires au muscle ptérygoïdien externe qu’il traverse, ce sont les rameaux du ptérygoïdien externe ;

P) Il fournit ensuite un rameau ascendant (7), qui est le nerf temporal profond antérieur. Ce rameau se sépare du buccal au moment où ce dernier se dégage du muscle ptérygoïdien externe. Il se porte ensuite en haut et un peu en avant, audessous du muscle temporal, et se perd dans la partie antérieure de ce muscle, après s’être anastomosé avec le filet temporal du rameau orbitaire du maxillaire supérieur (p. 70).

b. Branches terminales , — En atteignant la face externe du muscle buccinateur, le nerf buccal s’épanouit en de nombreux rameaux terminaux, que l’on distingue en rameaux superficiels et en rameaux profonds. Tous ces rameaux sont sensitifs :

a) Les rameaux superficiels ou cutanés s’épuisent en filets très grêles h la face profonde de la peau des joues ; l’un d’eux s’anastomose, en avant du canal de S ténon, avec un rameau du facial, en formant avec ce dernier une arcade à concavité dirigée en haut et en arrière.

(3) Les rameaux profonds ou muqueux perforent le muscle buccinateur et viennent se distribuer à la muqueuse buccale et à la couche glanduleuse sous-jacente.

4° Nerf du ptérygoïdien interne. — Le nerf du ptérygoïdien interne ou, tout simplement, le nerf ptérygoïdien interne (fig. 82, 10) se détache de la partie postérieure du maxillaire inférieur un peu au-dessous du trou ovale.

Immédiatement après son émergence, il s’accole au ganglion otique ou même le traverse. Puis, se dirigeant obliquement en bas et un peu en dehors, il vient se terminer dans le muscle ptérygoïdien interne, qu’il pénètre par sa face interne.

Chemin faisant, le nerf du ptérygoïdien interne abandonne un rameau au muscle péristaphylin externe : ce rameau, assez grêle, pénètre le muscle au voisinage de son bord postérieur.

Le nerf ptérygoïdien interne fournit aussi assez fréquemment, dans le voisinage du ganglion otique, un petit filet au muscle ptérygoïdien externe. Mais ce dernier muscle est innervé le plus souvent, comme nous l’avons déjà vu tout à l’heure, par un rameau issu du buccal.

5° Nerf auriculo-temporal. — Le nerf auriculo-temporal (fig. 80,1), qu’on désigne encore parfois sous le nom de nerf temporal superficiel par opposition aux trois nerfs temporaux profonds ci-dessus décrits, se détache delà partie postérieure du maxillaire inférieur par deux racines plus ou moins plexiformes, lesquelles, naissant sur un même point et ne se réunissant l’une à l’autre qu’après un trajet de 1 ou 2 centimètres, forment dans leur ensemble une sorte de boutonnière , à travers laquelle passe l’artère méningée moyenne. Formé par ces deux racines, le nerf auriculo-temporal se dirige tout d’abord en arrière et en dehors, vers le col du condyle du maxillaire inférieur. Puis, contournant ce col, if s’infléchit brusquement

NERF TRIJUMEAU

en haut, passe entre le tubercule zygomatique et le conduit auditif externe et arrive ainsi à la région temporale, où il se termine.

a. Branches collatérales. — Le nerf auriculo-temporal fournit un grand nombrede branches collatérales, que l’on peut, pour la commodité de l’étude et d’après leur émergence, classer en deux groupes : 1° branches se détachantes dedans du condyle ; 2° branches naissant au niveau du condyle.

a) Du ganglion otique au condyle, le nerf auriculotemporal, en partie plexiforme, fournit : 1° un filet pour le ganglion otique; 2° un filet anastomotique pour le nerf dentaire inférieur ; 3° des filets vasculaires pour l’artère méningée moyenne et pour l’artère maxillaire interne ;

4° un filet articulaire , enfin, pour l’articulation temporomaxillaire.

P) Au niveau du col du condyle, il abandonne successivement : 1° des rameaux anastomotiques ou faciaux, au nombre de 1 ou 2 (fig. 81, 7), qui se jettent sur la branche supérieure du nerf facial et, finalement, viennent se distribuer à la peau de la région temporale (portion antérieure) et de la région massétérine (portion supérieure seulement) ; 2° des rameaux parotidiens, qui se perdent dans la parotide en traversant parfois de petits ganglions (Cruveilhier) ; 3° des filets auriculaires inférieurs, destinés au conduit auditif externe ; 4° un filet auriculaire antérieur, qui se distribue à la peau du tragus et à la partie antérieure du pavillon de l’oreille; 5° des filets vasculaires, enfin, qui se jettent sur l’artère temporale superficielle.

b. Branches terminales. — Après avoir fourni ces différents rameaux, le nerf auriculo-temporal, considérablement amoindri dans son volume, poursuit son trajet ascendant dans le tissu cellulaire sous-cutané de la région temporale et s’épanouit en de nombreux filets divergents, lesquels se perdent dans la peau des tempes. On peut suivre ces filets terminaux jusqu’au delà de la bosse pariétale.

B. Branches terminales. — Nous comprendrons sous ce nom deux branches volumineuses du nerf maxillaire inférieur, à direction descendante : le dentaire inférieur et le lingual.

1° Nerf dentaire inférieur. — Le nerf dentaire inférieur (fig. 82, 8) est la plus volumineuse de toutes les branches qui émanent du maxillaire inférieur. Continuant la direction de ce tronc nerveux, il se porte en bas et un peu en avant vers l’orifice supérieur du canal dentaire. Dans cette première partie de son trajet, il est situé tout d’abord entre les deux muscles ptérygoïdiens, puis entre le ptérygoïdien interne et la branche du maxillaire inférieur. Arrivé au canal dentaire, le nerf dentaire inférieur s’y engage avec l’artère et la veine de même nom et le parcourt jusqu’au niveau du trou mentonnier, où il se divise en deux branches, ses branches terminales.

a. Branches collatérales. — Mais déjà au cours de son long trajet, le nerf dentaire inférieur a fourni de nombreuses branches collatérales.

Fig. 81.

Anastomoses des deux branches terminales du facial avec l’auriculotemporal et la branche auriculaire du plexus cervical.

1, branche de l’os maxillaire inférieur. — i, lobule de l’oreille.

— 3, nerf facial. — 4, sa branche temporo-faciale. — 5, sa branche cervico-faciale. — 6, nerf auriculo-temporal, avec 7, deux filets anastomotiques pour la branche temporo-faciale. — 8, branche auriculaire du plexus cervical, avec 9, rameau anastomotique pour la branche cervico-faciale.

ANATOMIE HUMAINE. — T. 111, 6e ÉDIT.

SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE

C’est d’abord, en allant de haut en bas, le rameau anastomotique du lingual , rameau toujours très court, quelquefois double (fig. 82), qui se détache du nert dentaire à 1 ou 2 Centimètres au-dessous du ganglion otique et, de là, se porte vers le lingual en suivant une direction oblique en bas et en avant.

Nous trouvons ensuite le nerf mylo-hyoïdien : ce rameau (fig. 82, 8’) se sépare du dentaire inférieur au moment où celui-ci s’engage dans le canal dentaire. Il gagne immédiatement après la gouttière mylo-hyoïdienne, contre laquelle l’applique une lame fibreuse et, après avoir fourni dans bien des cas un filet récurrent qui remonte vers le lingual en perforant ou en contournant les faisceaux postérieurs du muscle mylo-hyoïdien, il s’épuise en filets terminaux dans le muscle mylo-hyoïdien et dans le ventre antérieur du digastrique.

Dans le canal dentaire enfin, le nerf dentaire inférieur fournit: 1° des filets dentaires,, pour les racines des grosses et des petites molaires; 2° des filets gingivaux, pour la muqueuse des gencives; 3° des filets osseux , pour le périoste et l’os.

b. Branches terminales. — Les branches terminales du dentaire inférieur naissent, comme nous l’avons vu plus haut, au niveau du trou mentonnier. Elles sont au nombre de deux, le nerf incisif et le nerf mentonnier :

a) Le nerf incisif continuant la direction du dentaire inférieur dont il émane, pénètre dans le canal incisif (Ostéol., p. 226) et y fournit trois filets : l’un pour la racine de la canine; les deux autres pour les racines des deux incisives correspondantes.

P) Le nerf mentonnier { fig. 80, 11), beaucoup plus important, s’échappe par le trou mentonnier et arrive ainsi à la région du menton. Comme le sous-orbitaire, avec lequel il présente les plus grandes analogies, il s’épanouit en un bouquet de filets divergents, qui se distribuent, les uns à la peau du menton et de la lèvre inférieure, les autres à la muqueuse labiale et à la couche glanduleuse sous-jacente.

2° Nerf lingual. — Le nerf lingual (fig. 82, 7), deuxième nerf branche terminale du maxillaire inférieur, est situé en avant du nerf dentaire inférieur. D’abord accolé à ce dernier nerf, il s’en sépare bientôt à angle très aigu, pour se porter vers la pointe de la langue en décrivant une courbe à concavité dirigée en haut et en avant.

a. Rapports. — 11 présente ainsi deux portions, une portion descendante et une portion horizontale. — Sa première portion ou portion descendante est située tout d’abord entre le pharynx et le ptérygoïdien externe ; plus bas, entre les deux ptérygoïdiens et, finalement, entre le ptérygoïdien interne et la branche du maxillaire. — Sa deuxième portion ou portion horizontale chemineau-dessous de la muqueuse du plancher de la bouche, en dehors de l’hyo-glosse, au-dessus de la glande sous-maxillaire et du muscle mylo-hyoïdien. Avant d’atteindre la pointe de la langue, où il se termine, le nerf lingual vient se loger dans l’interstice qui sépare le muscle lingual du génio-glosse; il a, à son côté interne, le canal de Wharton.

b. Anastomoses. — Au cours de son trajet, le lingual présente quatre anastomoses, savoir :

a) La première, située un peu au-dessous du ganglion otique, n’est autre que le rameau, déjà décrit, que lui envoie le nerf dentaire inférieur.

P) La deuxième, beaucoup plus importante, est constituée par la corde du tympan (fig. 82, lo'), rameau du facial (voy. plus loin, p. 94) qui le rejoint un peu au-dessous, quelquefois au-dessus de l’anastomose précédente.

NEUF TRIJUMEAU

y) La troisième (fig. 116, 10) s’étend du nerf lingual au nerf grand hypoglosse. Elle a la forme d’une arcade à concavité dirigée en arrière, dont l’une des extrémités naît du nerf lingual à la partie moyenne de sa portion buccale, dont l’autre se perd dans l’hypoglosse au moment où ce nerf croise la face externe du muscle hyo-glosse. Cette anastomose peut être double ou même plexiforme.

6) La quatrième anastomose, enfin, lui vient du nerf mylo-hyoïdien et a été déjà décrite à propos de ce nerf. Ajoutons qu’elle n’est pas constante.

c. Distribution. — Du nerf lingual émanent une multitude de rameaux et ramuscules, très variables par leur volume et par leur nombre, mais assez constants leur mode de distribution :

a) Le plus grand nombre de ces filets terminaux sont destinés à la muqueuse linguale, à la portion de cette muqueuse qui recouvre la face inférieure de la langue, ses bords et les deux tiers antérieurs de sa face dorsale.

Nous aurons à étudier plus tard les particularités intéressantes, que présente leur mode de terminaison { voy. Organes des sens).

P) Quelques-uns, mais en plus petit nombreuse perdent dans la muqueuse du voile du palais et dans les amygdales, ainsi que dans la muqueuse des gencives et du plancher de la bouche.

y) D’autres, enfin, relient le nerf lingual à deux petites masses ganglionnaires qui lui sont annexées, le ganglion sous -maxillaire et le ganglion sublingual.

d. Ganglion sous-maxillaire . — Le ganglion sous-maxillaire (fig. 83, 1) est un petit renflement de forme ovoïde et de couleur rougeâtre, situé entre le nerf lingual, qui est au-dessus, et la glande sous-maxillaire, qui est au-dessous. Son volume est fort variable, mais son existence est constante. Par sa situation, par son rôle et par sa structure, il appartient au groupe des ganglions sympathiques, au même titre que les trois ganglions ophthalmique, otique et sphéno-palatin. Il nous

TWEBAULT

Fig. 82.

Nerf maxillaire inférieur et ganglion otique, vus en dedans.

(Le ganglion de Gasser a été retourné en haut et en dehors.)

1» ganglion de Gasser. — 2, sa racine sensitive. — 3. sa racine motrice, allant se perdre dans 4, le nerf maxillaire inférieur. — 5, maxillaire supérieur, avec : 5’, ganglion sphéno-palatin et 5”, nerf vidien. — 6, ophthalmique. — 7, nerf lingual, avec 7’, ganglion sous-maxillaire. — 8, nerf dentaire inférieur, avec 8’, son rameau mylo-hyoïdien. — 9, nerf auriculo-temporal. — 10, nerf du ptérygoïdien interne. —11, ganglion otique, réuni au maxillaire inférieur par deux racines sensitives. — 12, autre racine, venant du facial et du glosso-pharyngien. — 13, nerf du muscle interne du marteau. — ■ 14, nerf du péristaphylin externe. — 15, nerf facial, avec 15’, corde du tympan. — 16, artère méningée moyenne ; on voit, sur cette artère, un plexus nerveux d’où émane 16’, la racine sympathique du ganglion otique.

SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE

présente, comme ces derniers, des branches afférentes et des branches efférentes : a) Les branches afférentes ou racines sont constituées par trois ou quatre filets nerveux, qui descendent du lingual sur la face supérieure du ganglion. Il est généralement admis aujourd'hui que ces filets afférents proviennent en partie du nerf lingual et en partie de sa principale anastomose, la corde du tympan :

ils sont à la fois sensitifs et sensoriels . Une dernière racine, celle-ci sympathique, lui est fournie par le plexus nerveux qui entoure l’artère faciale, artère qui, comme nous l’avons déjà vu, se creuse un sillon et quelquefois même un canal complet sur l’extrémité postérieure de la glande sous-maxillaire.

J=. P) Les branches efférentes du ganglion sous -maxillaire, toujours très grêles, descendent de la face inférieure du ganglion sur la glande sous-maxillaire, où elles se terminent (voy. Glande sous -maxillaire) en traversant parfois de nouveaux ganglions, qui ont été parfaitement décrits par Paladino (1876) chez l’homme et chez le cheval.

Quelques-uns de ces filets efférents se distribuent au canal de Wharton.

e. Ganglion sublingual. — Découvert par Blandin, le ganglion sublingual est un renflement minuscule, situé entre le nerf lingual et la glande sublinguale. Il est à cette dernière glande ce que le précédent ganglion est à la glande sous-maxillaire : il reçoit du lingual ses filets afférents et jette sur la glande sublinguale ses branches efférentes. Ce ganglion n’est pas constant.

Fig. 83.

Schéma représentant le mode d’innervation de la glande sous-maxillaire.

1, glande sous-maxillaire. — 2, canal de Wharton. — 3, corde du tympan. — 4, nerf lingual sensitif. — 4’, nerf lingual mixte. — 5, ganglion cervical supérieur. — 6, plexus intercarotidien. — 7, ganglion sous-maxillaire. — 8, ses racines descendantes provenant du lingual. — 9, sa racine sympathique. — 10, ses filets efférents. — 11, carotide primitive. — 12, carotide externe. — 13, artère faciale.

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