BRONCHES
a) D’une tunique externe, fibreuse et élastique, dans l’épaisseur de laquelle se développent des cerceaux incomplets de cartilage hyalin et à laquelle se trouve annexée, à sa partie postérieure seulement, une couche de fibres musculaires lisses à direction transversale.
P) D’une tunique interne, la muqueuse bronchique, à la surface de laquelle viennent s’ouvrir une multitude de petites glandes en grappe. Du reste, la muqueuse et les glandes des bronches présentent les mêmes caractères histologiques que celles de la trachée et nous ne saurions y revenir ici sans tomber dans des redites.
4° Éperon trachéal — L’éperon trachéal, comme nous l’avons vu plus haut, est cette cloison antéro-postérieure qui s’avance de bas en haut dans la lumière de la trachée et qui sépare, à leur origine, la bronche droite de la bronche gauche. Vu d’en haut, à travers une coupe horizontale de la trachée passant un peu au-dessus de sa bifurcation (fig. 732,4), il nous apparaît sous la forme d’un bourrelet ou plutôt d’une crête, qui s’étend en sens sagittal, de la paroi antérieure de la tranchée à sa paroi postérieure. Yu latéralement il revêt la forme d’un croissant, à concavité supérieure.
Mince à sa partie moyenne, l’éperon trachéal s’épaissit graduellement au fur et à mesure qu’il se rapproche des parois de la trachée. A son extrémité antérieure, ses deux bords droit et gauche s’écartent l’un de l’autre, et, en même temps, se relèvent le long de la paroi antérieure de la trachée, de façon à délimiter une petite région triangulaire, c’est le triangle antérieur de V éperon. A son extrémité postérieure, il forme de même un triangle, le triangle postérieur ; ce triangle postérieur, toutefois, est généralement plus petit que l’antérieur.
Quoique disposé en sens sagittal, l’éperon trachéal n’est pas toujours exactement médian, Heller et Schrôtter (-1897), qui ont eu l’occasion de l’étudier sur 125 sujets, ont trouvé qu’il était médian dans 42 p. 100 des cas, reporté un peu à gauche dans
En ce qui concerne sa constitution anatomique, l’éperon trachéal est tantôt cartilagineux, tantôt membraneux. Sur certains sujets, il est mixte, c’est-à-dire possède un squelette en partie fibreux en partie cartilagineux. Dans la statistique de Heller et Schrôtter, l’éperon était cartilagineux dans 56 p. 100 des cas, membraneux dans 33 p. 100, mixte dans 11 p. 100. Nous ajouterons que, dans les cas d’éperons cartilagineux, le cartilage peut dépendre soit du dernier cartilage trachéal, soit des premiers anneaux bronchiques, tantôt le droit, tantôt le gauche, ou même les deux à la fois.
5° Vaisseaux et nerfs. — Les bronches, comme latrachée dont elles dérivent, nous offrent à considérer des artères , des veines, des lymphatiques et des nerfs :
a) Les artères destinées aux bronches proviennent des artères bronchiques, branches de l’aorte thoracique (voy. p. 857, Bronches pulmonaires).
P) Les veines accompagnent les artères et, comme elles, sont au nombre de deux, l’une pour la bronche gauche, l’autre pour la bronche droite. — La veine bron-
4 è i Fig. 732.
L’éperon trachéal, vu d’en haut à travers une coupe horizontale de la trachée passant immédiatement au-dessus de la bifurcation.
1, trachée (face postérieure). — 2, bronche gauche. — 3, bronche droite. — 4, éperon trachéal, avec : 5, son triangle antérieur ; 6, son triangle postérieur.
APPAREIL DE LA RESPIRATION ET DE LA PHONATION
chique+droite se jette habituellement dans la grande azygos, tout près de sa terminaison; maison la voit encore, dans certains cas, s’ouvrir dans le tronc commun des veines intercostales supérieures droites ou directement dans la veine cave supérieure. — Quant à la veine bronchique gauche , elle se rend, suivant les cas, à la petite azygos ou dans le tronc veineux brachio-céphalique gauche, quelquefois mais plus rarement, à la veine mammaire interne. Les deux veines bronchiques sont dépourvues de valvules.
y) Les lymphatiques des bronches se jettent dans les nombreux ganglions qui entourent ces conduits.
S) Les nerfs émanent pour la plupart du plexus pulmonaire postérieur; quelques-uns proviennent directement des récurrents. Sur leur trajet, se trouvent de nombreux ganglions : ces ganglions, d’après les recherches de Kandarazki, s’observent depuis la trachée jusque sur les divisions bronchiques de troisième ordre (voy. Poumons ) : on les rencontre, non seulement sur les filets nerveux qui cheminent à la surface extérieure des bronches, mais encore sur ceux qui sont situés dans l’épaisseur même de la muqueuse. Le mode de terminaison des filets nerveux est ici exactement le même que pour la trachée.
Voyez au sujet des bronches : Aeby, Der Bronchialbaum der Sdugethiere und des Menschen, Leipzig, 1888; — Kandarazki, Veber die Nerven der Respirationswege, Arch. f. Anat. u. Physiol., 1881; — Schrôtter, Beitrag zur Ætiologie der Lungengangen nebst Bemerkungen zur Anat. der grossen Bronchien , Wien. klin. Wochenschr., 1890 ; — ISarath, Vergleich. Anatomie des Bronchialbaumes, Verhandl. der anat. Gesellsch. auf der sechsten Versamml. in Wien, 1892; — Biancki e Cocchi, Sui rapport i delT albero bronchiale colla parete posteriore del lorace, Arch. ital. de Biol., 1891 ; — Heller et Schrôtter, Die carina tracheæ. ein Beitr. zur Kenntniss der Bifurcation d. Luftrôhre , Denk. d. math. Naturw. Cl. d. k. Akad- Wien, 1897; — Blake, The relation of the trachea and bronchi to the thoracic Walls as determinad by the Rôntgen rays , Americ.Jour. of Med. Soc., 1899 ; — Lüke, Der Bronchialbaume de Sdugethiere, Zool. Centr., 1901 : — Morel, Anat. chirurg. et chirurgie des bronches, Progr. méd., 1903; — Lefas, Étude du syst. élastique de la trachée et des bronches cartilagineuses, Arch. Méd. expérim. et d’Anat. path., 1906; — De Ivervily, Sur les variétés de structure du cartilage élastique des bronches chez l’homme, C. R. Soc. Biol., 1908.
ARTICLE III
POUMONS
Coupe transversale d’une bronche de l’homme (d’après Bôhm et Davidoff).
1, épithélium cylindrique cilié, avec, au-dessous de lui. la membrane basale. — 2, fibres élastiques coupées en travers. — 3, glandes. — 4, couche propre (stratum proprium). — 5, anneau cartilagineux. — 6, tissu conjonctif péritrachéal.
Les poumons ^vsuawv, de -jt veto, je respire; angl. Lungs , allem. Lung) sont les organes essentiels de l’appareil respiratoire. C’est en effet dans leur profondeur que s’accomplit, sous l'action de Pair atmosphérique que leur apportent incessamment
POUMONS 829
les bronches, l’important phénomène de l’hématose, c’est-à-dire la transformation du sang veineux en sang artériel.
§ 1. — Considérations générales
1° Situation. — Au nombre de deux, l’un droit, l’autre gauche, les poumons sont comme appendus aux deux branches de bifurcation du conduit aérifère. Ils sont situés en entier dans la cavité thoracique, dont les parois se moulent exactement sur eux. Séparés des viscères abdominaux par la cloison diaphragmatique, ils sont séparés l’un de l’autre, sur la ligne médiane, par une série d’organes ou formations, qui, comme eux occupent le thorax ou bien ne font que le traverser pour se rendre dans les régions voisines. Ces formations, que nous aurons à énumérer plus tard en décrivant les rapports des poumons, constituent par leur ensemble, entre les deux organes respiratoires, une sorte de cloison sagittale, à laquelle on donne le nom de mèdiastin.
2° Volume. — Le poumon étant essentiellement constitué par un système de petites cavités où s’engage l’air atmosphérique, son volume varie naturellement avec le degré de réplétion de ces cavités ou, ce qui revient au même, avec la quantité d’air qu’il confient: c’est ainsi que, dans le rythme respiratoire, la masse pulmonaire s’amplifie notablement pendant l’inspiration et se réduit au contraire au moment de l’expiration.
A un état de développement moyen, je veux dire à un état intermédiaire à l’inspiration et à l’expiration, le poumon nous présente les dimensions suivantes : son diamètre vertical ( longueur ou hauteur ), mesuré en arrière, où il atteint sa plus grande longueur, est de 25 centimètres en moyenne; son diamètre antéro-postérieur {largeur), mesuré au niveau de la base de l’organe, est de 16 centimètres; son diamètre transverse maximum {épaisseur), mesuré également au voisinage de la base, est de 10 centimètres pour le poumon droit et de 7 centimètres seulement pour le poumon gauche. Ce dernier diamètre, comme le précédent cfu reste, diminue graduellement en allant de bas en haut. En les mesurant 1 l’un et l’autre sur un certain nombre de coupes horizontales du thorax pratiquées sur un sujet congelé, j’ai obtenu les chiffres suivants :