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GD- X

La trachée-artèrû, incisée longitudinalement à sa partie postérieure et étalée.

i, sa porlion fibro -cartilagineuse. — 2, sa portion membraneuse. — 3, cerceaux cartilagineux. — 4, cerceaux membraneux.

Fig. 723.

Coupe longitudinale de la trachée.

1, cerceaux cartilagineux.— 2. membrane fibreuse (cerceaux membraneux).

— 3, muqueuse. — 4. couche sous-mu queuse.

APPAREIL DE LA RESPIRATION ET DE LA PHONATION

diminuent leur nombre dans le premier cas et l’augmentent dans le second.

Deux cerceaux cartilagineux, le premier et le dernier, affectent une disposition qui leur est propre. — Le premier se distingue des autres par sa hauteur, qui est plus considérable. 11 n’est pas très rare de le voir se continuer avec le cartilage cricoïde à l’aide de deux petites apophyses qui occupent ses parties latérales. — Le dernier, celui qui précède immédiatement la bifurcation de la trachée, s’infléchit en bas à sa partie moyenne, de façon à former une sorte d’éperon dont le sommet se dirige en bas et en arrière (fig. 716, 3). Par suite de cette inflexion, il se décompose réellement en deux demi-cerceaux à direction oblique, auxquels font suite, en aval, les cerceaux cartilagineux des bronches.

Envisagés au point de vue de leur structure, les cerceaux cartilagineux de la trachée sont formés par un tissu hyalin, qui ne présente ici rien de particulier. On

les trouve assez souvent, chez les vieillards, plus ou moins envahis par l’ossification. A la fois très élastiques et très résistants, ils ont pour attribution, de même que les cartilages du nez et ceux du larynx, de résister à la pression atmosphérique au moment où elle tend à affaisser le conduit aérifère, de maintenir ce conduit toujours béant et d’assurer ainsi une libre circulation à la colonne d’air qui, à chaque inspiration, se précipite vers les vésicules pulmonaires, c. Fibres musculaires . — Ces fibres, bien décrites en 1883 par Stirling, se rencontrent à la partie postérieure de la trachée, sur toute la portion de la paroi qui est dépourvue de cartilages. Elles forment là (fig. 724, 3) un plan continu, le muscle trachéal , dont l’épaisseur varie, suivant les sujets, de 1 à 2 millimètres. Leur direction est transversale. On rencontre, cependant, sur les portions latérales du muscle trachéal, quelques fibres disposées dans le sens longitudinal (Kolliker, Verson).

Les fibres constitutives du muscle trachéal s’insèrent, à gauche et à droite, sur les extrémités des cerceaux cartilagineux correspondants et, dans l’intervalle des cerceaux cartilagineux, sur la membrane fibreuse qui les unit . Cette insertion se fait à l’aide de tout petits tendons élastiques. Du reste, en avant de ce plan musculaire, entre lui et la muqueuse, s’étalent de nombreux faisceaux de fibres élastiques, la plupart dirigées parallèlement à l’axe du conduit. Elles forment, à la partie postérieure de la trachée, de véritables bandelettes longitudinales d’une coloration blanc jaunâtre, plus ou moins saillantes, reliées les unes aux autres par des faisceaux anastomotiques à direction transversale ou oblique. Leur développement assez faible à la partie supérieure de la trachée, augmente graduellement au fur et à mesure qu'on se rapproche des bronches.

Les fibres musculaires de la trachée sont des fibres lisses. En se contractant

elles rapprochent l’une de l’autre les deux extrémités des cerceaux cartilagineux sur lesquels elles s’insèrent et diminuent d’autant le diamètre transverse de la tra-

Fig. 724.

Coupe transversale de la paroi postérieure de la trachée chez un supplicié pour montrer le muscle trachéal et les glandes trachéales (d’après Tourneux).

1, épithélium prismatique cilié. — 2, choriou de la muqueuse, avec sa membrane basale sous-épithéliale. — 3, couche musculaire. — 4, glandes trachéales, situées en avant et en arrière de la couche musculaire. — 5, cartilage.

TRACHEE-ARTERE

chée. Elles résistent ainsi à l’effort de la colonne d’air expiré qui, dans certaines circonstances, la toux et l’effort par exemple, tendraient à dilater outre mesure le conduit aérifère.

2° Tunique muqueuse. — La muqueuse de la trachée revêt régulièrement toute la surface intérieure de ce conduit, sans présenter aucun pli, soit dans le sens longitudinal, soit dans le sens transversal. Elle est mince, demi- transparente , très adhérente aux parties qu’elle recouvre. Comme la muqueuse laryngée, à laquelle elle fait suite, la muqueuse trachéale se compose : 1° d’une couche épithéliale ; 2° d’un derme ou chorion.

a. Épithélium. — L’épithélium de la trachée (fig. 725, 1) est un épithélium cylindrique cilié, présentant la plus grande analogie avec celui qui tapisse la région non olfactive des fosses nasales et la plus grande partie de la cavité laryngienne.

C’est, d’autre part, un épithélium stratifié, c’està-dire composé de plusieurs rangées de cellules superposées. — Les cellules profondes ou cellules basales sont des éléments arrondis ou plutôt polyédriques à gros noyau. — Les cellules superficielles sont pour la plupart des cellules cylindriques, à noyau ovalaire, portant à leur extrémité libre un plateau cuticulaire garni de cils vibratiles. Dans l’intervalle des cellules cylindriques ciliées, on rencontre çàet là d’autres cellules, triangulaires à base externe qui s’engagent entrerles deux cellules voisines à la manière d’un coin ( cellules cunéiformes de Drasch) : elles présentent au voisinage de leur base un noyau volumineux, arrondi ou ovalaire ; leur extrémité externe, souvent bifurquée ou même trifurquée , descend jusqu’à la membrane basale; leur extrémité interne, plus ou moins effilée, s’avance jusqu’à la surface libre de la muqueuse. Ces cellules cunéiformes sont des cellules muqueuses à différents stades d’activité : quelques-unes d’entre elles, arrivées à la période ultime de leur sécrétion, sont franchement caliciformes.

L’épithélium trachéal, comme l’épithélium laryngien auquel il fait suite, possède, dans les interstices cellulaires, un nombre plus ou moins considérable de leucocytes migrateurs.

Il nous présente encore, çà et là, des îlots d’épithéliums pavimenteux stratifiés (Drasch,

Schutzler chez les animaux, Baraban chez l’homme), dont la signification n’est pas encore bien connue. Pour les uns, ces zones d’épithélium pavimenteux seraient normales et s’expliqueraient peut-être par des actions mécaniques. Pour d’autres, au contraire, elles seraient pathologiques et surviendraient à la suite d’une inflammation locale : ce qui est certain (Drasch, Schuchardt, Griffini), c’est que si l’on détruit expérimentalement l’épithélium trachéal, cet épithélium, sur

Fig. 726.

Cellules superficielles de l’épithélium trachéal (schématique).

1, cellules cylindriques à cils vibratiles, avec 2, leur noyau. — 3, cellules cunéiformes (cellules

muqueuses). — 4, cellules caliciformes, se débarrassant de leur mucus.

Fig. 725.

Coupe perpendiculaire de la muqueuse trachéale de l’homme (d’après Tourneux).

1, cellules épithéliales prismatiques. — 2, cils vibratiles. — 3, membrane basale. — 4, chorion de la muqueuse.

APPAREIL DE LA RESPIRATION ET DE LA PHONATION

les points ou il a été détruit, se régénère à l’état d’épithélium pavimenteux stratifié, b. Chorion. — Le chorion ou derme muqueux (fig. 721, 2) est constitué par du

tissu conjonctif, renfermant un grand nombre de libres élastiques. Dans la portion de la muqueuse qui confine aux fibres musculaires, les fibres élastiques, s’accolant les unes aux autres, forment les bandelettes longitudinales dont il a été question plus haut. Aussi, le tissu élastique est assez abondant pour constituer, dans la tunique muqueuse de la trachée, des formations spéciales : chez les grands animaux même, l’éléphant par exemple (Sappey) il forme à ce niveau de véritables lames de plusieurs millimètres d’épaisseur. Le chorion trachéal se termine, du côté interne, par un mince liséré homogène et finement serré, véritable basale sur laquelle repose l’épithélium. Nous ajouterons qu'il est le siège d’une infiltration abondante de globules blancs. La membrane basale précitée nous présente çà et là des solutions de continuité (fig. 727), sortes d’orifices à travers lesquels émigrent les leucocytes pour gagner l’épithélium d’abord, puis la cavité même du conduit trachéal.

3° Glandes. — Les glandes de la trachée sont des glandes en grappe, composées d’un canal excréteur plus ou moins long, auquel est appendu un nombre variable d’acini. De dimensions très différentes (1/2 mill. à 3 mill. de diamètre), ces glandes sont

situées principalement dans les intervalles des anneaux, cartilagineux et dans la portion postérieure de la trachée. Celles qui occupent cette dernière région sont, en général, les plus volumineuses. Leur corps, formé par la réunion des acini, prend place soit immédiatement au-dessous de la muqueuse, entre celle-ci et les fibres musculaires, soit même extérieurement à ces dernières, entre elles et la tunique fibreuse.

Histologiquement, les acini des glandes trachéales se composent essentiellement (fig. 728) d’une membrane propre, sur la face iqterne de laquelle se disposent deux ordres de cellules : des cellules claires, présentant tous les caractères des cellules muqueuses; des cellules sombres , situées le plus souvent en dehors des précédentes, plus petites qu’elles, ayant la même signification que, dans certaines glandes salivaires, les croissants de Gianuzzi. Quant au canal excréteur, il est tapissé par un épithélium prismatique bas, auquel se substitue, au voisinage de son orifice, l’épithélium prismatique cilié qui caractérise la muqueuse de la trachée.

D. — Vaisseaux et nerfs

1° Artères. — Les artères destinées à la trachée proviennent de plusieurs sources : des thyroïdiennes supérieures et inférieures, des thymiques et de la bronchi-

Fig. 728.

Glandes de la trachée d’un cheval (d’après Füchs-Wolfring).

a, acinus entièrement muqueux : la lumière de l’acinus est. remplie de mucus. — b, deux acini séreux, s’ouvrant dans l’acinus muqueux ; on voit, entre les cellules, de fins canalkules, simples diverticulums inlercellulaires de la lumière de l’aciuus.

Fig. 727.

Coupe verticale de la muqueuse trachéale montrant la membrane basale et les trous dont elle est percée (d’après Nicolas).

Sur la partie droite de la figure, on voit un leucocyte engagé dans un de ces trous ; sur la partie gauche, un autre leucocyte en regard d u i second trou. De la couche épithéliale, les éléments épithéliaux profonds seuls ont été figurés.

TRACHEE-ARTERE

que droite. Les rameaux et ramuscules que ces différentes artères fournissent à la trachée se distribuent principalement à la muqueuse, aux glandes et à la couche musculaire. Ils forment au-dessous de la muqueuse un premier réseau, où la plupart d’entre eux sont dirigés transversalement. Les artères qui émanent de ce réseau pénètrent dans la muqueuse et y affectent de préférence une direction longitudinale. Finalement, elles se résolvent en un riche réseau capillaire, dont les mailles polygonales sont situées immédiatement au-dessous de la membrane basale.

2° Veines. — Les veines de la trachée se disposent en général de la façon suivante. De petites veines, issues du réseau muqueux et des glandes, cheminent d’avant en arrière dans les intervalles des cerceaux cartilagineux. Arrivées sur la paroi postérieure de la trachée, elles y rencontrent un ou deux petits troncs longitudinaux dans lesquels elles se jettent, comme les veines intercostales dans les azygos. Ces petits troncs collecteurs sont situés tout d’abord au-dessous de la muqueuse. Ils perforent ensuite d’avant en arrière, la membrane fibreuse et viennent s’aboucher dans les veines voisines, principalement dans les œsophagiennes et les thyroïdiennes inférieures.

3° Lymphatiques. — Les vaisseaux lymphatiques de la muqueuse trachéale sont fort nombreux ; mais leur origine est encore peu connue.

D’après ïeichmann, ils forment deux réseaux : 1° un réseau superficiel, situé dans l’épaisseur même de la muqueuse, c’est le réseau muqueux ; 2° un réseau profond, situé au-dessous de la muqueuse, c’est le réseau sous-muqueux . Les deux réseaux communiquent largement, du reste, grâce à des anastomoses verticales ou obliques.

Comme les veines, les lymphatiques de la trachée cheminent d’avant en arrière entre les cerceaux cartilagineux, perforent ensuite la membrane fibreuse et, finalement, viennent se jeter dans les ganglions qui s’échelonnent sur les parties latérales de la trachée et de l’œsophage : d’après Most, on en verrait quelques-uns s’échapper entre le cartilage cricoïde et le premier anneau de la trachée, ou bien entre les deux premiers anneaux, pour se jeter dans les ganglions prélaryngés.

4° Nerfs. — Les nerfs destinés à la trachée tirent leur origine de deux sources : du pneumogastrique et du grand sympathique. Ceux qui sont fournis par le pneumogastrique proviennent, en partie du plexus pulmonaire, en partie des récurrents. Les autres, les filets sympathiques, émanent des ganglions cervicaux et des deux ou trois premiers ganglions thoraciques : soit directement, soit par l’intermédiaire des plexus pulmonaires. Ils se distribuent à la muqueuse, à la couche musculaire et aux glandes : ils sont donc, à la fois, sensitifs, moteurs et sécréteurs.

Leur mode de terminaison a été étudié par Benedicenti en 1892 et par Ploschko en 1897.

Benkdicenti décrit dans l’épaisseur de la muqueuse trachéale trois plexus superposés : un plexus profond et un plexus moyen, dont les mailles présentent des rapports intimes avec les vaisseaux et avec les glandes; un plexus superficiel , dont les fibrilles ter-

; fh

Terminaisons nerveuses dans (la trachée (d’après Ploschko).

1, fibres musculaires de la trachée. — 2, cellule nerveuse sympathique. — 3, ses prolongements cylindriques, allant se ramifier et se perdre sur les faisceaux musculaires.

APPAREIL DE LA RESPIRATION ET DE LA PHONATION

minales se perdent dans l’intervalle des éléments épithéliaux. Ploschko a confirmé l’existence de ces terminaisons interépithéliales. 11 a décrit en outre, sur le trajet des fibres nerveuses destinées à la trachée, des cellules ganglionnaires, isolées ou groupées en des ganglions minuscules (fig. 675, 2), qui, vraisemblablement, ont la signification de cellules sympathiques. Elles reçoivent, à titre d 'afférents, des fibres sensitives qui se résolvent autour d’elles en un plexus péricellulaire, et, d’autre part, émettent, comme efférents , des cylindraxes qui, comme nous le montre nettement la figure ci-dessus, viennent s’arboriser sur les faisceaux du muscle trachéal.

A consulter au sujet de la trachée, parmi les travaux récents : Tarchetti, Sulla struttura delle ghianclole mùcipare delta trachea, Rivista di Soresina, 1874 : — Frankenhauser. Tracheo-bronchialschleimhaut, Th. Dorpat, 1879; — Mackensie, IJeber den Befund einer Excessibldung an der Trachea, Heschl’s Med. Jahrb.. 1881 : — Waller et Bjorkman, Studien übcr den Bau der Trachialschleimhaut mit besond. Berücksichtigung des Epithels, Biol. Unters. v. Retzius, 1882 ; — D’Ajütolo, D'una trachea umana con tre bronchi,. Mem. délia Acad, di Bologna, 1885; — Stirling, The trachealis muscle of man and animais , Journ. of. Anat. and. Physiol, 1883 ; — M. Sée, Du calibre de la trachée et des bronches , Bull, de FAcad. de Méd , 1878; — Nicaise, Physiol. de la trachée et des bronches , Revue médicale, 1889 : — Baraban, L’épithélium de la trachée et des bronches chez un supplicié, Rev. méd. de l’Est, 1890 ; — Lejars, La forme et le calibre physiologique de la trachée , Revue de Chirurgie, 1891; — Benedicenti, Ricerche suite terminazioni nervose nella mucosa delta trachea Atti, d. soc. tosc. di Sc. nat., Pisa., 1892; — Schnitzler, Beitr. zur Kenntniss der Trachealschleimhant , etc., Inaug. Dissert,, München, 1893 : — Livrai, Intorno alla struttura délia trachea, Monit. zool. ital., 1896; — Guieysse, Sur quelques points d’anatomie de l’app. respiratoire, Journ. de l’Anat. et de la Physiol, 1898; — Fuchs-Wolfring, voy. p. 811.

§ II. - Bro NCHES

On donne le nom de bronches (de ppo-/yoç, gorge ou gosier ; angl. et allem. Bronchi) aux deux conduits qui résultent de la bifurcation de la trachée. Leur origine est marquée par une cloison sagittale, qui s’avance de bas en haut dans la lumière de la trachée à la manière d’un éperon, V éperon trachéal. Nous la décrirons plus loin.

1° Considérations générales. — Les bronches se trouvant situées dans le médiastin antérieur, au-dessous de la trachée qu’elles continuent, entre le poumon gauche et le poumon droit auxquels elles sont destinées, voyons d’abord quelle est leur direction.

A. Di rection. — Immédiatement après leur origine, les deux bronches s’écartent l’une de l’autre sous un angle de 75 à 85 degrés, pour Se diriger obliquement en bas et en dehors et gagner, celle de gauche le hile du poumon gauche, celle de droite le hile du poumon droit (fig. 716 et 717). Nous verrons tout à l’heure que cette obliquité n’est pas la même pour les deux bronches.

B. Conformation extérieure. — La conformation extérieure des bronches rappelle exactement celle de la trachée. Chacune d’elles représente un cylindre creux, dont on aurait enlevé le quart ou le cinquième postérieur. Elle est, par conséquent, convexe et arrondie sur sa face antérieure et ses faces latérales, assez régulièrement plane sur sa face postérieure.

C. Parallèle anatomique des deux bronches. — Quoique conformées sur un même type, les deux bronches diffèrent l’une de l’autre par leur direction , par leur longueur, par leur calibre et par leurs rapports :

a. Par leur direction. — Les deux bronches, avons-nous dit plus haut, pour se porter de la bifurcation de la trachée au hile du poumon, suivent l’une et l’autre

BRONCH ES

une direction qui est oblique de haut en bas et de dedans en dehors. Mais, tandis que la bronche droite est fortement oblique, la bronche gauche l’est beaucoup moins : la première tend à se rapprocher de la verticale, la seconde de l’horizontale. Pour représenter cette inclinaison par des chiffres, nous dirons que la bronche droite fait avec le plan médian un angle de 25 à 30 degrés, tandis^que la bronche gauche délimite avec ce même plan médian un angle moyen de 45 degrés.

b. Par leur longueur. — La bronche gauche est toujours beaucoup plus longue que la bronche droite. La longueur de la bronche gauche est, en moyenne, de 45 à 50 millimètres ; celle de la bronche droite, de 20 à 25 millimètres seulement. Les deux bronches sont entre elles, sous ce rapport, comme le chiffre 2 est au chiffre 1 .

c. Par leur calibre. — Inversement, la bronche droite, est beaucoup plus volumineuse que la bronche gauche. Tandis que le diamètre de la première mesure 15 ou 16 millimètres, celui de la seconde est, en moyenne, de 10 ou 11 millimètres seulement. La bronche droite est donc à la bronche gauche, sous les rapports du volume comme le chiffre 8 est au chiffre 5 (comme le chiffre 100 est au chiffre 77, 9 d’après Braune et Stahel).

Cette différence de calibre, en faveur de la bronche droite, s’explique naturellement par ce fait anatomique que le poumon droit l’emporte constamment par son volume sur le poumon gauche : il existe,

en effet, une relation étroite entre le conduit aérien et l’organe auquel il aboutit.

Marc Sée, de ses recherches comparatives sur les bronches de l’homme et celles de la femme, est arrivé à conclure que, chez cette dernière, le diamètre des bronches est toujours plus faible que chez l’homme : de 2 millimètres environ pour la bronche droite; de 1 millimètre et demi pour la bronche gauche.

Si maintenant nous comparons les chiffres précités, indiquant le diamètre des bronches à ceux qui représentent les diamètres horizontaux de la trachée, nous

Fig. 730.

La bifurcation de la trachée, vue par sa face postérieure.

1, trachée-artère. — 2, bronche droite. — 3, bronche gauche. — 4, œsophage. — 3, oreillette gauche du cœur. — 6, oreillette droite. — 7, aorte, coupée au point où elle commence à devenir descendante. — — 8, artère sous-clavière gauche. — 9, artère carotide gauche. — 10, tronc artériel brachio-céphalique. — 11, tronc veineux brachio-céphalique gauche. — 12, tronc veineux brachio-céphalique droit. — 13, veine cave supérieure. — 14, grande veine azygos. — lo, veine cave inférieure. — 16, veine coronaire. — 17, artère pulmonaire gauche. — 18, artère pulmonaire droite. — 19, bifurcation du tronc de l'artère pulmonaire. — 20, veines pulmonaires gauches. — 21, veines pulmonaires droites. — 22, pneumogastrique gauche. — 23, nerf récurrent gauche. — 24, renflement ganglionnaire — 26, pneumogastrique droit. — 26, plexus pulmonaire postérieur. — 27, anastomoses des deux pneumogastriques autour de l’œsophdge [plexus œsophagien).

826 APPAREIL DE LA RESPIRATION ET DE LA PHONATION

voyons que les calibres réunis des deux bronches sont un peu supérieurs au calibre de ce dernier conduit.

d. Par leurs rapports. — La bronche gauche et la bronche droite diffèrent encore par un certain nombre de leurs rapports, comme nous allons le voir.

2° Rapports. — Les deux bronches présentent des rapports qui leur sont communs et des rapports qui sont particuliers à chacune d’elles :

A. Rapports communs aux deux bronches. — Les bronches, en se portant de la trachée aux poumons, font partie du pédicule pulmonaire et, de ce fait, présentent des rapports plus ou moins intimes avec les différents organes qui entrent dans la constitution de ce pédicule : artère et veines pulmonaires, artère et veine bronchiques, lymphatiques et nerfs. — V artère pulmonaire , obliquement dirigée en haut et en dehors, croise la bronche correspondante en passant au-devant d’elle. Elle lui était inférieure à son origine ; elle lui devient supérieure au niveau du hile. — Les veines pulmonaires, au nombre de deux pour chaque poumon, passent également au-devant de la bronche, sur un plan un peu postérieur à celui qu’occupe l’artère homonyme. — U artère et la veine bronchiques cheminent sur la face postérieure de la bronche correspondante. — Les vaisseaux lymphatiques qui proviennent

des poumons et les ganglions lymphatiques qui s’échelonnent sur leur trajet sont irrégulièrement disséminés sur tout le pourtour des bronches. — Les nerfs destinés au poumon longent de préférence leur face postérieure. — Tous ces organes, contenus dans le pédicule du poumon, sont unis les uns aux autres par un tissu cellulaire abondant. D’autre part, le pédicule dans son ensemble est entouré par un feuillet séreux, la plèvre du pédicule, sur lequel nous aurons à revenir à propos des plèvres.

B. Rapports particuliers a chaque bronche. — Chaque bronche, avons-nous dit plus haut, a des rapports qui lui sont propres :

a) La bronche droite est en rapport avec deux vaisseaux veineux qui n’ont pas de représentant à gauche. Ce sont : la veine cave supérieure, qui croise de haut en bas sa face antérieure; 2° la portion terminale de la grande veine azygos ou crosse de l’azygos, qui contourne successivement sa face postérieure et sa face supérieure (fig. 737,4 et 5).

p) La bronche gauche, à son tour, est contournée d’avant en arrière parla crosse aortique, dont la concavité répond tout d’abord à sa face antérieure, puis à sa face supérieure, et, enfin à sa face postérieure. Cette même bronche gauche est encore en rapport : en arrière, avec l’œsophage qui la croise de haut en bas : en avant, avec le canal artériel et le plexus cardiaque.

3° Constitution anatomique. — Les bronches présentent exactement la même structure fondamentale que la trachée-artère à laquelle elles font suite. Elles se composent, comme cette dernière :

Fig. 731.

Rapports de la bronche droite, vue latérale.

1 , trachée-artère . — 2, bronche droite, coupée à deux centimètres en dehors de la trachée. - — 3, œsophage. — 4, veine cave supérieure. — 5, grande veine azygos. — 6, artère pulmonaire. — 7, veines pulmonaires.

— 8, 8’, artère et veine bronchiques. — 9, pneumogastrique droit. — 10, deux rameaux du plexus bronchique. — 11, ganglions lymphatiques. — 12, tissu cellulograisseux. — 13, nerf phrénique.

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