TRANSVERSAL
P. droil.
P. gauche.
P. droit.
P. gauche.
APPAREIL DE LA RESPIRATION ET DE LA PHONATION
Le volume des poumons n’est pas exactement le même à droite et à gauche. Le poumon droit, par suite de la saillie considérable que forme le lobe droit du foie, descend un peu moins bas que le poumon gauche. Par contre, le poumon gauche, fortement déprimé par le cœur, qui, comme on le sait, s’incline de droite à gauche, a un diamètre transverse de beaucoup inférieur à celui du poumon droit. Toute compensation faite, le volume du poumon droit Remporte toujours sur celui du poumon gauche d’un cinquième ou d’un sixième environ (d’après Aeby, 873 centimètres cubes pour le poumon droit, 744 pour le poumon gauche). Ce chiffre, toutefois, n’est qu’une moyenne : sur dix sujets que j’ai examinés à cet égard, j’ai observé comme maximum un tiers, et comme minimum un quatorzième.
Abstraction faite des influences d’ordre pathologique, dont nous n’avons pas à nous occuper ici, le volume des poumons varie suivant les âges, suivant les sexes et suivant les individus. — En ce qui concerne les variations suivant les âges, chacun sait que, chez le nouveau-né qui n’a pas encore respiré , le poumon est réduit à des dimensions qui diffèrent beaucoup de celles qu’il présentera plus tard. Il n’occupe alors qu’une toute petite portion de la cage thoracique : en avant, il ne recouvre pas le cœur et, d’autre part, il est fortement refoulé de bas en haut par la voussure diaphragmatique, qui remonte parfois jusqu’à la troisième côte. Lorsque la respiration s’établit et que l’air pénètre dans le thorax, le bloc pulmonaire. jusque-là compacte, immobile et pour ainsi dire inerte, s’adapte rapidement à la fonction qui lui est brusquement dévolue : il s’amplifie dans tous les sens et, en quelques jours, il a acquis les dimensions relatives qui le caractérisent chez l’adulte. — Les variations sexuelles des poumons sont à peu près les mêmes que celles du thorax : le volume de ces organes est plus considérable chez l’homme que chez la femme. Nous devons ajouter que, chez cette dernière, l’usage continu du corset, surtout d’un corset très serré, en rétrécissant le thorax et en refoulant vers cette cavité le foie et l’estomac, réduit d’autant les dimensions de la masse pulmonaire. — Quant aux variations individuelles, elles sont considérables pour le poumon comme pour les autres viscères, mais les lois qui régissent ces variations ne nous sont pas connues. Nous savons, toutefois, que le développement de la masse pulmonaire n’est en relation, ni avec la taille, ni avec l’embonpoint des sujets, mais bien plutôt avec la capacité du thorax. Une poitrine étroite, avec des poumons peu développés, se rencontre assez fréquemment avec des sujets de
Fig. 734.
Les deux poumons en place, vue antérieure.
A, trachée artère. — B, bronche droite. — B’, bronche gauche.
C, poumon droit, avec : 1, son sommet ; 2, sa base; 3, sa face interne; 4, son lobe supérieur; 5, son lobe moyen; 6, son lobe inférieur ; 7, sa scissure interlobaire supérieure ; 8, sa scissure interlobaire in férieure .
C’, poumon gauche, avec : 9, son sommet ; 10, sa base ; 11, sa face interne, excavée en bas pour loger la pointe du cœur; 12, son lobe supérieur ; 13, son lobe inférieur ; 14, sa scissure interlobaire, aboutissant en bas à une forte échancrure du bord antérieur, l’échancrure cardiaque.
POUMONS
grande taille, mais de constitution faible. Par contre, on voit très souvent des sujets de petite taille, mais fortement constitués présenter une poitrine large, fortement bombée en avant et abritant dans sa cavité des poumons d’un volume considérable.
3° Poids. — 11 importe de considérer le poids des poumons à deux points de vue : 1° en lui-même, c’est le poids absolu ; 2° comparativement à un même volume d’eau, c’est, le poids spécifique.
a. Poids absolu. — Les deux poumons, chez un fœtus à terme, qui n’a pas encore respiré, pèsent en moyenne 65 grammes ; chez ce même fœtus à terme, après l’établissement régulier de la fonction respiratoire, 90 grammes. Si l'on estime à 3 500 grammes le poids total du fœtus, on constate par une règle arithmétique des plus simples que le rapport du poids des poumons au poids du corps est, en chiffres ronds, de 1/53 dans le premier cas, de 1/37 dans le second. Ces deux rapports sont, comme on le voit, notablement différents. Ploucqüet, se basant sur ce dernier fait, avait émis l’opinion qu’il suffisait, un fœtus étant donné, de comparer le poids du corps tout entier à celui des poumons pour savoir s’il avait ou non respiré : c’est le procédé de Ploucquet ou procédé de docimasie pulmonaire par la balance (voy. les Traités de médecine légale).
Chez l’adulte, le poids absolu des deux poumons varie de 900 grammes à 1 300 grammes : soit une moyenne de 1100 grammes, dont, en chiffres ronds, 600 pour le poumon droit et 500 pour le poumon gauche.
b. Poids spécifique. — Les poumons grâce à l’air que renferment leurs alvéoles, sont d’une légèreté remarquable. Lorsqu’on les jette dans l’eau, ils surnagent toujours, qu’ils appartiennent à un vieillard, à un adulte ou même à un fœtus, à condition toutefois que ce fœtus ait respiré. S’ils appartiennent, en effet, à un fœtus qui n’a pas encore respiré, ils tombent au fond de l’eau comme le ferait une rate ou un morceau de foie. On conçoit aisément toute l’importance qu’acquiert ce fait en médecine légale. 11 est utilisé, de préférence au procédé de Ploucquet ou concurremment avec lui, pour savoir si un enfant mort-né a respiré ou n’a pas respiré : c’est \q procédé de docimasie pulmonaire hydrostatique.
D’après les recherches de Sappey, le poids spécifique des poumons, chez l’enfant qui n’a pas encore respiré, est de 1,042 à 1,092, soit une moyenne de 1,068. Chez le fœtus qui a respiré et chez l’adulte, il descend à 0,625 ou même à 0,356 soit un chiffre moyen de 0,490.
4° Capacité. — La capacité des poumons est mesurée par le volume d’air que renferment les alvéoles après une inspiration ordinaire. Cette quantité d’air comprend : 1° l’air en circulation, c’est-à-dire l’air qui pénètre dans les poumons à chaque inspiration et qui en sort à chaque expiration, c’est Y air de la respiration des physiologistes ; 2° la masse d’air qui, après une expiration ordinaire, peut être encore chassée des poumons par une expiration forcée, c’est Y air de réserve des physiologistes ; 3° l’air qui reste emprisonné dans les alvéoles après une expiration forcée, c’est Y air résidual des physiologistes.
Si nous nous en rapportons aux données de la physiologie expérimentale, la colonne d’air en circulation, dans la respiration ordinaire, est égale à 500 centimètres cubes, tandis que l’air de réserve réuni à l’air résidual est six fois plus considérable, soit 3 000 centimètres cubes. Ap total, la quantité d’air qui se trouve emmagasinée dans les deux poumons après une inspiration ordinaire, autrement dit la capacité pulmonaire, est de 3500 centimètres cubes ou 3 litres et demi.
APPAREIL DE LA RESPIRATION ET DE LA PHONATION
D’après Marc Sée, la surface des vésicules pulmonaires réunies, représentant ce qu’on pourrait appeler la surface respiratoire, mesurerait près de 81 mètres carrés, soit environ cinquante-quatre fois la surface du corps.
5° Couleur. — La couleur des poumons est notablement différente suivant qu'on la considère chez le fœtus, chez Y enfant, chez Yadutte et chez le vieillard :
a) Chez le fœtus à terme, qui n’a pas encore respiré, les poumons nous présentent une coloration rouge foncé, qui n’est pas sans analogie avec celle v du foie.
P) Chez le nouveau-né, en même temps que s’établit la fonction respiratoire, la teinte rouge brun est remplacée peu à peu par une teinte plus claire, qui est d’abord rouge vif, puis nettement rosée. Cette teinte rosée se maintient, sans changement notable, pendant les premières années de la vie.
Y) Chez V adulte, en dehors de tout état pathologique, les poumons sont d’un blanc grisâtre. La teinte rouge plus ou moins foncée qu’on rencontre encore à cet âge au niveau du bord postérieur de l’organe, est due à une stase sanguine, qui se
produit dans cette région comme conséquence du décubitus dorsal dans lequel on a l’habitude de placer les sujets après la mort.
o) Vers V âge de trente à trente-cinq ans, on voit apparaître à la surface extérieure des poumons une multitude de petits points bruns ou noirâtres. Peu à peu, ces points se multiplient et s’unissent les uns aux autres pour former des lignes. Les lignes à leur tour, en s’allongeant et en se réunissant avec les lignes voisines, délimitent des figures polygonales dont le contour répond exactement à celui des lobules pulmonaires (fig. 735). Ces dépôts de matière noirâtre augmentent avec les progrès de l’âge et, chez le vieillard, les poumons présentent une coloration d’un gris ardoisé ou même d’un bleu noirâtre. — Du reste, cette matière noire, dont la présence caractérise les poumons de l’adulte et du vieillard ( charbon pulmonaire) , n’existe pas seulement à la périphérie de l’organe. On la rencontre encore dans son intérieur, dans les cloisons conjonctives interlobulaires, autour des vaisseaux lymphatiques, dans les ganglions du hile, dans les parois des lobules et jusque dans les cellules épithéliales des alvéoles. — Examinée au microscope, elle nous apparaît sous la forme d’un amas de petites particules irrégulièrement arrondies et de dimensions très inégales. Ce sont des poussières et plus particulièrement des particules de charbon qui, entraînées par l’air inspiré, pénètrent dans les lobules pulmonaires et y sont absorbées par les lymphatiques, lesquels lymphatiques vont les déposer ensuite sur tous les points de la trame pulmonaire, mais plus particulièrement sur le pourtour des lobules périphériques et dans les ganglions dont ils sont tributaires. C’est grâce à ces dépôts que les ganglions broncho-pulmonaires présentent à la coupe, chez les sujets âgés, une coloration noire caractéristique.
Fig. 735.
Une portion de la face externe du poumon pour montrer les contours des lobules périphériques.
POUMONS
6° Propriétés physiques. — Le poumon a une consistance molle, rappelant assez bien celle d’une éponge. Il cède à la moindre pression. Mais quand la pression a cessé, il ne reprend qu’incomplètement ses dimensions premières : car Pair qui a été chassé des lobules comprimés, soit dans les lobules voisins, soit à l’extérieur, n’y revient qu’en partie ou pas du tout.
Lorsqu’on presse fortement entre les doigts une portion de la masse pulmonaire, on perçoit un bruit tout particulier, indéfinissable, appelé crépitation. On l’a comparé au bruit que produit la décrépitation du sel ou le froissement du papier. Le bruit de crépitation parait être le résultat de la rupture d’un certain nombre de vésicules pulmonaires sous l’influence de la pression qui la détermine. Si l’on vient, en effet, à examiner attentivement la partie du poumon qui a ainsi crépité, on observe sous le feuillet viscéral de la plèvre de nombreuses bulles d’air, qui n’ont pu y arriver que grâce à la rupture des vésicules dans lesquelles elles étaient primitivement emprisonnées.
Malgré sa faible consistance, le tissu pulmonaire jouit d’une grande cohésion : il se laisse difficilement déchirer quand il est sain et résiste merveilleusement aux pressions élevées de l’air qui remplit ses alvéoles, que ces pressions élevées soient expérimentales ( insufflation ) ou physiologiques [toux, effort).
Enfin, le tissu pulmonaire est très élastique. Pour mettre en évidence cette dernière propriété, il suffit d’enlever un poumon et d’injecter alors une certaine quantité d’air dans le conduit aérifère à l’aide d’un tube muni d’un robinet. L’insufflation une fois faite, on ferme le robinet et le poumon conserve le volume exagéré qui résulte de la réplétion forcée de ses alvéoles. Mais, si l’on vient à ouvrir le robinet, on voit l’organe, en vertu de l’élasticité qui lui est propre, revenir peu à peu sur lui-même en chassant l’air qu'il possède en excès. C’est encore grâce à son élasticité que le poumon s’affaisse toutes les fois que l’on vient à ouvrir la plèvre, soit sur le vivant, soit sur le cadavre. 11 est facile de s’expliquer ce fait : dans les conditions ordinaires, les parois thoraciques étant intactes, la pression atmosphérique s’exerce exclusivement sur la surface interne des vésicules ; or, cette pression, faisant équilibre à l’élasticité pulmonaire, empêche cette dernière d’agir. Mais lorsque la plèvre est ouverte sur un point quelconque et que l’air atmosphérique arrive librement par cette ouverture sur la surface extérieure du poumon, les conditions sont toutes différentes. La pression atmosphérique, dans ce cas, s’exerce à la fois à l’intérieur et à la périphérie : or, comme la pression extérieure est exactement égale à la pression intérieure, la première annihile la seconde et l’élasticité pulmonaire, redevenue libre maintenant, entre immédiatement en jeu : de là, l’affaissement du poumon, l’agrandissement graduel de la cavité pleurale et l’entrée de l’air dans cette cavité.
§ II. — Conformation extérieure et rapports
Les poumons ont la forme, non pas d’un cône, comme l’écrivent la plupart des auteurs, mais d’un demi-cône, convexe en dehors, dont la base reposerait sur le diaphragme et dont le sommet serait en haut du côté du cou. Chacun d’eux nous présente à étudier : 1° deux faces , l’une externe , l’autre interne ; 2° deux bords, l’un antérieur , l’autre postérieur ; 3° un sommet ; 4° une base. Nous décrirons successivement ces différentes régions, en considérant chacune d’elles au double point de vue de sa forme et de ses rapports.
APPAREIL DE LA RESPIRATION ET DE LA PHONATION
1° Face externe. — La face externe, convexe, lisse et unie, répond dans toute son étendue à la face interne des côtes et, entre les côtes, aux espaces intercostaux. Il n’est pas rare de rencontrer, à sa partie supérieure, des gouttières transversales, plus ou moins accusées suivant les sujets et résultant d’une compression exercée à leur niveau par les premières côtes ( empreintes costales).
La face externe des poumons nous présente une scissure profonde qui se dirige obliquement de haut en bas et d’arrière en avant et qui, pour cette raison, est appelée scissure oblique. Commençant en haut à 6 ou 7 centimètres au-dessous du sommet du poumon, elle se termine en bas à la partie antérieure et inférieure de l’organe, immédiatement au-dessus de sa base (fig. 736,5 et 737, 4). Plus rarement, elle empiète un peu sur cette dernière.
Cette scissure oblique est simple sur le poumon gauche. Sur le poumon droit, au contraire, elle est bifurquée; ou plutôt elle abandonne, un peu au-dessous de son origine, un prolongement qui se dirige vers le bord antérieur du poumon, en suivant une direction horizontale ou voisine de l’horizontale. Pour distinguer cette nouvelle scissure de la scissure oblique dont elle émane, on lui donne, en raison de sa direction, le nom de scissure horizontale.
Les scissures précitées s’étendent en profondeur jusqu’au voisinage du hile.
Fig. 736.
Face externe du poumon droit.
1, lobe supérieur. — 2, lobe moyen. — 3, lobe inférieur. — 4, bord antérieur. — 5, scissures interlobaires (sc. oblique et sc. horizontale). — 6, empreintes costales.
* Fig. 737.
Face externe du poumon gauche.
1, lobe supérieur. — 2, lobe inférieur. — 3, bord antérieur. — 4, scissure interlobaire (scissure oblique, non bifurquée). — 5, empreintes costales.
Elles divisent ainsi chaque poumon en segments plus petits, appelés lobes ; ellesmêmes, pour cette raison, prennent le nom de scissures interlobaires. — Le poumon] gauche, n’ayant qu’une scissure, possède deux lobes seulement, l’un supérieur, T autre inférieur . Ces deux lobes sont à peu près égaux en volume. — Le poumon droit, ayant deux scissures, se décompose naturellement en trois lobes, que l’on distingue en lobe supérieur , lobe moyen et lobe inférieur. Le lobe inférieur est ordinairement le plus volumineux des trois ; viennent ensuite, par ordre de volume décroissant, le lobe supérieur et le lobe moyen. Nous verrons plus loin comment doivent être homologués les lobes du poumon droit et ceux du poumon gauche.
POUMONS
La lobulation des deux poumons est sujette à de nombreuses variétés. Dans des cas qui ne sont pas extrêmement rares, on observe trois lobes sur le poumon gauche; par contre, on rencontre parfois des poumons droits qui ne présentent que deux lobes.
On a signalé des poumons à quatre et cinq lobes. J’ai eu l’occasion, en 1882, d’étudier un poumon droit qui possédait six lobes parfaitement distincts. [1 convient de signaler enfin, comme une anomalie des plus intéressantes, l’apparition, au niveau de la base du poumon droit, d’un petit lobe surnuméraire, connu sous le nom de lobe azygos. Ce lobe azygos, accidentel et rudimentaire chez l’homme, existe normalement et à un état de développement parfait chez tous les mammifères quadrupèdes. Il acquiert ainsi, en anatomie humaine, toute la valeur des anomalies dites réversives. J’ajouterai que ces vestiges du lobe azygos, relativement rares chez l’adulte, sont extrêmement fréquents chez le fœtus. 'Je les ai rencontrés à un état de différenciation variable, 15 fois sur 60 sujets de l’un et l’autre sexes que j’ai examinés à cet effet, soit une proportion de 25 p. 100 environ.
2° Face interne. — La face interne, concave, est en rapport avec le médiastin, d’où le nom de face médiastine que lui donnent encore certains auteurs . Cette face nous présente tout d’abord le hile du poumon , c’est-à-dire le point de la surface extérieure où passent tous les organes qui pénètrent dans le poumon ou qui en sortent.
a. Hile. — Le hile (fig. 738,5) est relativement étroit, si on le compare au développement considérable de la masse pulmonaire : il mesure, en moyenne, 5 centimètres de hauteur sur 4 centimètres de largeur. Il est situé, non pas au centre de la face interne, mais à la réunion de son quart postérieur avec ses trois quarts antérieurs, à peu près à égale distance du sommet et de la base. Il livre passage aux ramifications du conduit aérifère, à l’artère pulmonaire et aux veines de même nom, à l’artère et aux veines bronchiques, à des vaisseaux lymphatiques et à des nerfs. Ces différentes formations, immédiatement en dehors du hile, se trouvent réunies en un volumineux paquet, que l’on désigne sous le nom de pédicule du poumon. Nous aurons naturellement à les décrire à propos de la structure des poumons (voy. p. 846) et nous indiquerons alors les rapports réciproques qu’elles présentent, soit dans le pédicule, soit dans le hile.
b. Portion rétro-hilaire . — La portion de la face interne qui est située en arrière du hile, portion rétro-hilaire , répond à la colonne vertébrale et, en avant de la colonne vertébrale, à ce qu’on appelle le médiastin postérieur (voy. les Traités d’anatomie topographique), c’est-à-dire : 1° pour le poumon gauche, à l’aorte descendante et à la partie supérieure du canal thoracique ; 2° pour le
Fig. 738.
Le poumon gauche, vu par sa face interne.
A, lobe supérieur. — B, lobe inférieur.
1, scissure interlobaire. — 2, bord postérieur du poumon. — 3, son bord antérieur. — 4, sa base. — 5, hile, avec : a, artère pulmonaire : b, b, veines pulmonaires; c, bronche gauche. — 6, feuillet antérieur du ligament triangulaire. — 7, son feuillet postérieur. — 8, son extrémité inférieure.
APPAREIL DE LA RESPIRATION ET DE LA PHONATION
poumon droit, à l’œsophage, à la partie inférieure du canal thoracique et à la grande veine azygos.
c. Portion préhüaire. — La portion de la face interne qui est située en avant du hile, portion préhüaire, s’applique contre le médiastin antérieur , lequel est formé par la trachée et les bronches, par le cœur revêtu de son péricarde, ainsi que par tous les vaisseaux qui émergent de sa base (aorte, artère pulmonaire, veines pulmonaires, veines caves). Au niveau du cœur, la paroi pulmonaire se déprime pour recevoir cet organe. Or, comme le cœur ne se développe pas symétriquement suivant le plan médian, mais s’incline fortement de droite à gauche, il s’ensuit que la dépression cardiaque est notablement plus prononcée sur le poumon gauche que sur le poumon droit : c’est à cette dépression du poumon gauche, on le sait, qu’on donne le nom de lit du cœur. Nous devons ajouter que deux nerfs importants, le pneumogastrique et le phrénique, sont encore en rapport avec la face interne des poumons dans toute l’étendue de leur portion thoracique (voy. ces nerfs).
Eig. 739.
Les deux poumons en place, vue postérieure.
A, trachée-artère. — B. sa bifurcation.
C. poumon droit, avec : 1, son sommet ; 2, son bord inférieur ; 3, son bord postérieur , 4, son lobe supérieur; 5, son lobe moyen ; 6, son lobe inférieur ; 7, sa scissure intei’lobaire horizontale ; 8, sa scissure interlobaire oblique.
C’, poumon gauche, avec : 9, son sommet ; 10, son bord inférieur; 11, son bord postérieur; 12, son lobe supérieur ; 13, son lobe inférieur; 14, sa scissure interlobaire.
4° Bord antérieur. — Le
bord antérieur diffère du précédent en ce qu’il est fort mince, presque tranchant, plus ou moins sinueux. 11 en diffère aussi par sa longueur, qui est beaucoup moindre : il s’arrête, en effet, au niveau de la cinquième ou de la sixième côte. Celui du côté droit est presque vertical ; celui du côté gauche se porte obliquement de haut en bas et de dedans en dehors. Ce dernier présente à sa partie inférieure une échancrure plus ou moins profonde, qui répond à la pointe du cœur : c’est Y ecliancrure cardiaque du poumon gauche (fig. 734 et 738).
Envisagé au point de vue de ses rapports, le bord antérieur du poumon s’avance plus ou moins sur le péricarde. Il répond tour à tour, en allant de haut en bas, à la face postérieure du sternum, au bord de cet os, à l’extrémité interne des cartilages costaux et aux vaisseaux mammaires internes, qui longent la partie postérieure de ces cartilages. ' : ‘
3° Bord postérieur. — Le bord postérieur du poumon, très épais, régulièrement arrondi, remplit la gouttière costo-vertébrale correspondante. Il s’étend de la première côte à la onzième et répond successivement, en allant de dedans en dehors :
1° à la face latérale des corps vertébraux ; 2° aux articulations costo-vertébrales ; 3° à l’extrémité postérieure des côtes et des espaces intercostaux; 4° au cordon du grand sympathique, qui, comme nous l’avons dit en névrologie (voy.
Grand sympathique ), repose sur la tête des côtes.
POUMONS
Assez souvent, à la partie supérieure du thorax, le bord antérieur du poumon droit dépasse la ligne médiane et vient se mettre en contact avec le poumon du côté opposé, soit en arrière du sternum, soit en avant des cartilages costaux du côté gauche. Sur un sujet congelé et débité en coupes horizontales, j’ai vu le poumon droit s’avancer ainsi jusqu’à 25 millimètres en dehors du bord gauche du sternum.
5° Sommet. — Le sommet du cône pulmonaire est arrondi. Il répond à l’orifice supérieur du thorax, qu’il déborde en haut de 20 à 25 millimètres, quelquefois plus. 11 est en rapport : 1° en dehors, avec la première côte, qui imprime ordinairement sur lui un sillon plus ou moins prononcé (fig. 736,6) ; 2° en dedans, avec l’artère sous-clavière, qui l’embrasse dans sa concavité, avec l’origine de l’artère intercostale supérieure et de l’artère mammaire interne, avec la branche antérieure de la première paire dorsale et avec le ganglion cervical inférieur du grand sympathique. L’observation démontre que les sommets des deux poumons ne sont pas situés sur un même plan horizontal : d’après les recherches de Braune et Stahel (1886), le
Fig. 740.
Coupe frontale du tronc passant par le cardia, pour montrer les rapports des poumons avec les viscères abdominaux (sujet congelé, segment postérieur delà coupe).
1, foie. — 2, grosses tubérosités de l’estomac. — 3, œsophage. — 4, diaphragme, avec : 4', son centre phrénique ; 4”, ses piliers. — 5, poumon droit, avec 5’, sa scissure interlobaire — 6, poumon gauche. — 7, feuillet pariétal de la plèvre, avec 7’, sou feuillet viscéral. — 8, sinus costo-diaphragmatique du côté droit. — 9, sinus costo-diaphragmatique du côté gauche. — 10. cœur (paroi postérieure des ventricules). — 11. cavité du péricarde. — 12, rate. — 13, pancréas. — 14, portion descendante du duodénum, avec 14’ sa portion ascendante. — 15, côlon descendant. — 16. anses grêles. — 17, veine cave inférieure. — 18, veines sus-hépatiques. — 19, aorte abdominale. — 20, muscle grand dentelé. — 21, muscle grand dorsal.
Cvi, Cvii, Oui, Cix, O, O'i, sixième, septième, huitième, neuvième, dixième et onzième côtes ; la douzième côte, non intéressée par la coupe, est placée dans l’épaisseur du segment.
sommet du poumon droit dépasse celui du poumon gauche d’un demi-centimètre à un centimètre en moyenne.
6° Base. — La base du poumon, concave et fort large, répond aux parties latérales du dôme diaphragmatique, sur lequel elle se moule exactement. Par conséquent, le plan suivant lequel elle se développe est oblique de haut en bas, d’avant
en arrière et cle dedans en dehors. En d’autres termes, elle regarde en bas, en avant et en dedans.
Par l’intermédiaire du diaphragme, les poumons sont en rapport avec les viscères abdominaux (fig. 740) : la base du poumon droit répond au lobe droit du foie; la base du poumon gauche répond au lobe gauche et, en dehors de ce lobe, à la grosse tubérosité de l’estomac et à la rate. Nous avons déjà dit plus haut, et, nous le rappellerons ici en passant, que la base du poumon droit, en raison même de ses rapports avec le lobe droit du foie, se trouve située sur un plan un peu plus élevé que celui qu’occupe la base du poumon gauche. Cette disposition se voit très nettement sur les coupes frontales du tronc pratiquées sur sujets congelés.
La base du poumon, en s’unissant avec la face externe, forme une espèce de languette demi-circulaire, laquelle s’insinue dans la gouttière anguleuse qui est constituée, en dedans par le diaphragme et, en dehors, par la paroi thoracique ( sinus costo-diaphragmatique) . Il est à peine besoin de faire remarquer que cette languette circonférentielle du poumon descend plus ou moins bas dans le sinus, suivant que les alvéoles pulmonaires sont plus ou moins distendues par l’air de la respiration. Nous reviendrons du reste, sur cette question, à propos des plèvres (voy. plus loin, p. 865).
§ III Constitution anatomique
Envisagés au point de vue de leur constitution anatomique, les poumons se composent essentiellement, abstraction faite des vaisseaux et des nerfs, auxquels nous consacrerons un paragraphe à part : 1 0 d’une multitude de segments, naturellement plus petits, appelés lobules pulmonaires ; 2° de nombreux canaux ramifiés, qui, sous le nom de bronches intr a- pulmonaires, continuent le conduit aérifère jusqu’aux lobules ; 3° d’un tissu conjonctif, le tissu conjonctif du poumon, qui unit ensemble les lobules et les différents canaux précités.
A.— Lobules pulmonaires
Les poumons, comme le foie, sont décomposables en une série de segments qui, malgré leur diversité de forme et de volume, sont tous équivalents au double point de vue morphologique et fonctionnel. Chacun d’eux revêt la forme d’un petit sac membraneux dont la cavité se remplit d’air à chaque inspiration et dont les parois toujours fort minces, servent de substratum aux vaisseaux de l’hématose.
1° Disposition générale — En se réunissant pour former le poumon, les lobules pulmonaires se tassent les uns contre les autres, sans ordre apparent. Un tissu conjonctif, assez abondant chez l’enfant, mais très rare chez l’adulte, les unit entre eux d’une façon intime. Chez l’enfant, on peut arriver, en insufflant de l’air dans ces cloisons conjonctives et en produisant ainsi un emphysème artificiel, à isoler les masses lobulaires et à prendre alors une notion suffisamment précise de leur volume , de leur nombre, de leur forme et de leurs rapports.
a. Volume et nombre. — Leur volume est, en moyenne, de 1 centimètre cube : mais il en existe de beaucoup plus petits ; comme aussi, on en rencontre qui sont deux ou trois fois plus volumineux. En comparant ce chiffre à celui qui représente le volume des deux poumons, on voit que le nombre des lobules est très considérable : mais il ne saurait être évalué même d’une façon approximative.
b. Forme. — La forme des lobules pulmonaires est fort variable et nous pou-
POUMONS
. vons à cet égard les diviser en deux groupes, les lobules périphériques et les lobules centraux :
a. Les lobules périphériques, c’est-à-dire ceux qui occupent la couche toute superficielle du poumon, y compris les deux faces des scissures interlobaires, ont une forme plus ou moins pyramidale. Leur base, plane ou légèrement bombée, répond à la surface intérieure de l’organe, et ce sont précisément les bases des lobules périphériques qui y forment ces champs polygonaux, de trois, quatre, cinq ou six côtés (fig. 741), que nous avons déjà signalés plus haut (p. 832) à propos de la coloration extérieure du poumon. Quant au sommet du lobule, il se dirige du côté du,hile et se continue avec l’une des divisions terminales des bronches, la bronche sus-lobulaire , qui lui sert ainsi de pédicule : le lobule périphérique est suspendu à la bronche suslobulaire comme une poire à sa tige.
(3. Les lobules centraux fortement tassés les uns contre les autres, prennent, de ce
fait, les formes les plus diverses. Tout ce
, , , , ... , . Une portion de la face externe des poumons,
qu on peut due, c est qu ils sont plus ou pour montrer son mode de lobulation.
moins allongés, elliptiques ou ovoïdes,
taillés à facettes par suite de pressions réciproques. Comme les précédents, ils sont suspendus, par celle de leurs deux extrémités qui regarde le hile, à une division bronchique.
c. Rapports. — Les rapports des lobules pulmonaires sont les suivants : 1° ceux qui occupent la périphérie répondent à la plèvre par leur base et, par tous les autres points de leur surface, aux lobules ambiants ; 2° les lobules centraux sont en contact, soit avec les lobules voisins, soit avec les divisions vasculaires ou bronchiques qui cheminent dans les espaces interlobulaires. Quelque intimes que soient leurs relations réciproques, les lobules pulmonaires ne communiquent jamais entre eux, mais restent entièrement indépendants, tant au point de vue physiologique qu’au point de vue anatomique. Chacun d’eux, pris à part, représente donc un organe complet, un vrai poumon minuscule, de telle sorte que résoudre le problème de la structure du lobule, c’est établir du même coup la formule histologique du poumon.
2° Constitution anatomique. — Nous avons vu plus haut, que chez l’enfant, les lobules pulmonaires se laissent assez facilement isoler les uns des autres. Chez l’adulte, ils adhèrent, au contraire, très fortement entre eux et leur dissection devient très difficile ou même impossible. Des lobules voisins peuvent aussi se souder entre eux, grâce à la disparition progressive du tissu conjonctif interlobulaire, et ne plus former alors qu’une masse indivise. Chez certains animaux, le bœuf par exemple, chaque lobule est séparé de ceux qui l’entourent par une véritable cavité séreuse, incomplètement cloisonnée par des brides de tissu conjonctif et revêtue d’un endothélium que l’on peut imprégner d’argent (Renaut et Pierret). Dans ce cas, on le conçoit, les lobules sont incomparablement plus facile^ à isoler que chez l’homme.
A. Bronche intra-lobulaire et son mode de ramification. — Si l’on fait une coupe
APPAREIL DE LA RESPIRATION ET DE LA PHONATION
passant par Taxe du lobule (fig. 742), on constate que la bronche sus-lobulaire se prolonge dans l’intérieur de ce dernier, en changeant de nom : elle devient la bronche intr a-lobulaire. Cette bronche intra-lobulaire (fig. 742,4) suit assez régulièrement Taxe du lobule, rectiligne ou très légèrements flexueuse. Elle abandonne chemin faisant, un certain nombre de collatérales et, arrivée à la partie moyenne du lobule, se termine en^se bifurquant. Ses ramifications se distinguent donc en deux groupes : des branches collatérales et des branches terminales.
a) Les branches collatérales se séparent ordinairement à angle aigu, plus rarement à angle droit, très exceptionnellement à angle obtus (ce sont alors des
Schéma du lobule pulmonaire de l’homme (imité de Laguesse et d'H ardi ville r, avec quelques légères modifications). *
xx, plau horizoulal, passant au niveau de la bifurcation de la bronche intra-lobulaire. — yy, autre plan horizontal passant à égale distance du plan précédent et de la base du lobule.
1. étage supérieur. — 2, étage moyen. — 3, étage inférieur. — 4, bronche sus-lobulaire. — 5, bronche intra-lobulaire. — 6, 6, 6, ses collatérales. — 7, ses branches terminales, dont les ramifications forment dans leur ensemble le panache terminal. — 8, 8, cloisons conjonctives délimitant les lobulins. — 9, 9, deux acini.
branches récurrentes) . Leur nombre varie naturellement suivant le volume et surtout suivant la longueur du tronc générateur : on en compte habituellement trois ou quatre. Chacune d’elles se divise bientôt en deux branches plus ou moins égales, lesquelles se ramifient à leur tour, souvent plusieurs fois de suite, en un certain nombre de rameaux divergents, les uns ascendants, les autres descendants (Laguesse et d’Hardiviller). Les ramifications ultimes se terminent chacune par un acinus et, de ce fait, sont appelées bronches ou bronchioles acineuses.
P) Les branches terminales subissent, elles aussi, un certain nombre de bifurcations successives, formant dans leur ensemble une sorte de panache terminal
POUMONS
(Lagüesse et d’Hardiviller), assez régulièrement dichotomisé. Ici encore, les dernières divisions aboutissent à des acini et prennent le nom de bronchioles acineuses.
B. Nombre des bronchioles acineuses. — Le nombre des bronchioles acineuses ou ce qui revient au même, le nombre d’acini que renferme le lobule pulmonaire est considérable, mais les chiffres donnés par les auteurs sont fort variables : Charcot donne un total de 4 à 20 ou 30 pour l’ensemble des bronches acineuses, tant collatérales que terminales ; Mathias Duval donne le chiffre de 10 à 14; Grancher celui de 21. Lagüesse et d’Hardiviller arrivent à un chiffre de beaucoup plus élevé : pour eux; le nombre des bronchioles acineuses est normalement au-dessus de 36 ; il peut aller jusqu’à 50 et même 100.
C. Topographie du lobule. — Il résulte de la description qui précède, schématisée dans la figure 742, que le lobule pulmonaire peut être divisé par un plan perpendiculaire à son axe (xx) en deux portions : l’une, en rapport avec le sommet, répondant au tronc de l’artère intralobulaire; l’autre, en rapport avec la base, répondant non plus à l'artère mtra- lobulaire, mais à son panache terminal. Cette dernière portion peut, à son tour, être subdivisée par un deuxième plan horizontal ( yy ) en deux segments, l’un périphérique ou superficiel, l’autre central ou profond. Au total, chaque lobule nous présente trois étages que nous distinguerons en supérieur , moyen et inférieur. Les coupes transversales du lobule varient
naturellement suivant le niveau auquel elles sont faites et la figure précitée (742) nous indique nettement quel sera l’aspect de ces coupes dans chacun des trois étages :
a) Les coupes pratiquées dans V étage supérieur nous montreront toutes (fig.743), à leur centre ou sur un point voisin du centre, le tronc même de la bronche intra- lobulaire, plongée dans une sorte de gangue conjonctive, au sein de laquelle chemine la branche correspondante de l’artère pulmonaire. Tout autour se voient les coupes transversales ou plus ou moins obliques, d’un cerlain nombre de collatérales, chacune avec sa gaine conjonctive et une division de l’artère pulmonaire.
P) Les coupes pratiquées dans V étage moyen nous montrent en coupe deux d’abord, bientôt quatre et très souvent, vers le bas, huit bronches principales, provenant des trois premières divisions successives de la bronche intra-lobulaire et s’écartant assez régulièrement l’une de l’autre. Il est rare que l’on ne trouve pas, en outre, plusieurs petits rameaux se ramifiant sur place, ou même récurrents, et l’extrémité de quelques-unes des collatérales nées dans l’étage précédent. Les espaces conjonctifs intra-lobulaires, qui entourent les ramifications bronchiques,
ANATOMIE HUMAINE. — T. III, 6e ÉDIT. 106
Fig. 743.
Lobule cortical dos poumons : section transversale faite au voisinage du pédicule (d’après Grancher).
1, espace périlobulaire, circonscrivant le lobule. — 2, espace inlralobulaire, occupant le centre du lobule. — 3, espace alvéolaire
APPAREIL DE LA RESPIRATION ET DE LA PHONATION
vont se divisant avec toutes ces bronches, mais leur importance va graduellement diminuant jusqu’au pédicule de l’acinus (Laguesse et d’HARDiviLLER).
y) Les coupes pratiquées dans V étage inférieur , enfin, nous présentent (fig. 744)
Fig. 744.
Section transversale du même lobule, faite au voisinage de la base (d’après Gràncher).
1, traclus conjonctifs, émanant du tissu conjonctif périlobulaire, tendant à diviser le lobule en quatre segments ou lobulins (voy. p. 846). — 2, espaces intra lobulaires au nombre de quatre pour chaque lobulin, et seize pour le lobule tout entier. — 3, mêmes espaces, dont la bronche a été un peu déchirée par la coupe. — 4, espaces périlobulaires.
des divisions bronchiques de différent calibre, au nombre de huit à trente, sectionnées en tous sens, les unes transversalement, les autres obliquement, quelques-
unes parallèlement à leur axe. Tout à fait en bas de l’étage, à 1 ou 2 millimètres de la base du lobule, les divisions bronchiques n’existent plus. A leur lieu et place se voient maintenant les canaux alvéolaires et les infundibula.
D Acini. — Les acini sont de petites masses irrégulièrement ovoïdes ou pyramidales, de 1 ou 2 millimètres de largeur, suspendues à la bronchiole acineuse, comme le lobule pulmonaire à la bronche sus-lobulaire. Voici comment ils sont formés. Immédiatement en avant d’un rétrécissement (fig. 745) qui indique le point où la bronchiole acineuse s’ouvre dans l’acinus, se voit une sorte de renflement qui est le vestibule. De ce vestibule partent, en divergeant, trois, quatre ou cinq conduits, dits conduits
1, bronchiole acineuse. — 2, rétrécissement terminal. — 3, vestibule. — 4, 4, 4, trois conduits alvéolaires, — o, o, 5, quatre infundibula latéraux. — 6, 6, infundibula terminaux. — 7, 7, alvéoles.
POUMONS
alvéolaires, lesquels se terminent dans des cavités plus vastes et fermées en culde-sac, les infundibula. Suivant les cas, chaque conduit alvéolaire s’ouvre dans un infundibulum unique ou bien présente des infundibula multiples. Dans ce dernier cas, les infundibula se distinguent en latéraux et terminaux : latéraux, quand ils naissent sur les parois du conduit alvéolaire ; terminaux, quand ils se détachent de son extrémité terminale. Le vestibule, les conduits alvéolaires et les infundibula constituent les différentes parties de l’acinus.
E. Alvéoles. — La bronchiole acineuse et le renflement vestibulaire qui lui fait suite sont ordinairement lisses ; mais il n’en est pas de même des conduits alvéolaires et des infundibula. Ces derniers, vus extérieurement, sont hérissés de bosselures, irrégulières de forme et de dimensions, qui se traduisent, sur la surface interne delà cavité, par des dépressions également fort irrégulières. Autrement dit, la paroi des conduits alvéolaires et des infundibula est formée par une série de logettes disposées en nid d’abeilles, d’où le nom d 'alvéoles sous lequel les désignent aujourd’hui la plupart des histologistes. Rappelons ici la comparaison bien connue de Charcot, disant que les alvéoles pulmonaires s’ouvrent dans le conduit alvéolaire ou dans l’infundibulum comme s’ouvrent les cellules dans le corridor central d’une prison.
Les dimensions des alvéoles augmentent avec l’âge, ainsi que le démontrent les chiffres suivants, que j’emprunte à Rossignol :