NERF MOTEUR OCULAIRE EXTERNE
et le nerf maxillaire inférieur avant leur sortie du crâne. — Le temporal profond moyen envoie quelques filets à la peau (Cruveilhier). — On a vu le buccal se détacher du ganglion de Gasser (Gaillet, Bull. Soc. anat., Paris, 1853), du maxillaire supérieur dans la fosse ptérygo-maxillaire (Turner), du nerf dentaire inférieur (Gegenbàur). — Le nerf du ptérygoïdien interne peut provenir du lingual (Paletta). — G. Krause l’a vu s'anastomoser avec le nerf du muscle interne du marteau. — J’ai constaté, dans un cas, une double anastomose entre le lingual et le dentaire inférieur. — D. Mollière ( Thèse de Paris, 1881) signale un filet qui, du nerf dentaire inférieur, se jette sur l’artère homonyme. Il signale aussi la bifurcation prématurée du tronc nerveux en nerf mentonnier et nerf incisif ; ou même sa trifurcation, dès l’entrée du canal, en un nerf molaire, un nerf mentonnier et un nerf incisif. — Le même auteur ( loc . cit.) aurait rencontré des grains ganglionnaires sur le trajet du nerf incisif. — J’ai vu plusieurs fois le nerf mentonnier s’échapper du canal dentaire par deux orifices distincts. — Finkelstein ( Orvosi Hetilap., 1878) n’a observé qu’une fois, sur onze sujets, l’anastomose jetée entre le nerf mylo-hyoïdien et le lingual et regardée par Sappey comme normale.
Le ganglion otique était semi-lunaire dans une observation d’ARNOLD, fusiforme dans une observation de Valentin. — Fæsebeck a vu ce ganglion envoyer un filet sensitif au sinus sphénoïdal ; dans un cas de Rauber, il envoyait un filet au nerf buccal. — Cruveilhier a rencontré un petit ganglion sur le trajet du petit nerf pétreux superficiel. — Le ganglion sous-maxillaire peut envoyer quelques filets au grand hypoglosse (Meckel, Arnold). — Bosc (Ueber cl. Gang, maxillare , Diss. Giessen, 1859) a observé un petit ganglion accessoire sur des filets qui se rendaient des racines du ganglion sous-maxillaire à la muqueuse buccale. — Bischoff et Rauber ont décrit, entre le ganglion otique et la corde du tympan, une anastomose affectant le plus souvent la forme d’un plexus et renfermant à sa surface de petites cellules ganglionnaires.
Les rapports des différentes branches du maxillaire inférieur avec le ligament ptérygo-épineux de Civinini (voy. Sphénoïde, p. 140) sont extrêmement variables. Sur douze sujets, qu’il a examinés à ce sujet, Liddell a vu passer : 1° au-dessus du ligament , les nerfs temporaux, le buccal et le nerf du ptérygoïdien externe ; 2° au-dessous du ligament, l’auriculo-temporal, le nerf du ptérygoïdien interne et le dentaire inférieur. Quant au lingual, Blacker, sur 22 cas, l’a rencontré 16 fois sur le côté interne du ligament et 6 fois sur son côté externe.
§ VI. — Sixième paire : Nerf moteur oculaire externe
Le nerf moteur oculaire externe ou nerf de la sixième paire (fig. 86, vi) est le plus grêle des nerfs crâniens, après le pathétique. Il s’étend du bulbe à la cavité orbitaire, où il innerve un seul muscle, le droit externe de l’œil. C’est le nervus abducens ou, tout simplement, Yabducens des anatomistes anglais et allemands.
1° Origine apparente. — Le moteur oculaire externe prend naissance a la face antérieure du bulbe, dans le sillon transversal qui sépare la pyramide de la protubérance. Il n’est pas rare de voir l’un de ses faisceaux radiculaires, plus antérieurs que les autres, émerger de la protubérance elle -même, niais en un point qui est toujours très rapproché de la pyramide.
2° Origine réelle. — Voy. t. II, Origines réelles des nerfs crâniens (p. 1011).
3° Trajet. — De la base de la pyramide bulbaire, le nerf moteur oculaire externe
Nerf moteur oculaire externe, vu d’en (haut.
I, nerf olfactif. — II, nerf optique. — III, moteur oculaire commun. — IV, pathétique, avec son rameau récurrent. — V, trijumeau, avec ses trois branches. — VI, moteur oculaire externe.
1, entrée de ce dernier nerf dans le canal fibreux de la dure-mère. — 2, son passage dans le sinus caverneux. — 3, sa terminaison dans le muscle droit externe. — 4, carotide interne. — 5, artère ophthalmique. — 6, artère méningée moyenne.
SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE
se porte d’abord en avant et en haut, vers le bord latéral de la lame quadrilatère du sphénoïde. Là (fig. 60, 5), il perfore cette portion de la dure-mère qui unit l’apophyse clinoïde postérieure au sommet du rocher (voy. Dure-mère) et arrive bientôt dans le sinus caverneux. Il parcourt ce sinus d’avant en arrière, parvient ainsi à la fente sphénoïdale et traverse cette fente pour gagner l’orbite, où il se termine.
4° Rapports. — Les rapports du moteur oculaire externe varient naturellement suivant les régions où on le considère :
a. Du bulbe au sinus caverneux, le nerf moteur oculaire externe chemine entre la protubérance et la gouttière basilaire de l’occipital. Le feuillet viscéral de l’arachnoïde l’applique contre la protubérance dans la plus grande partie de son étendue. Ce n’est qu’au moment où il va perforer la dure-mère, que la membrane séreuse l’enveloppe entièrement et lui forme alors une gaine complète, laquelle, du reste, est toujours très courte.
b. Après avoir traversé la dure-mère, le nerf moteur oculaire externe répond tout d’abord à la paroi externe du sinus pétreux inférieur. Comme lui, il contourne le sommet du rocher pour pénétrer dans le sinus caverneux, où il chemine entre le nerf ophthalmique, qui est en dehors, et la carotide interne, qui est en
dedans (fig. 56, vi). Dans son trajet de l’orifice durai au côté externe de la carotide, le moteur oculaire externe décrit ordinairement deux courbures : une courbure postérieure, située dans le plan vertical, à concavité inférieure; une courbure antérieure, située dans le plan horizontal, à concavité antéro- interne. De ces deux courbures, la première embrasse dans sa concavité la partie la plus interne du bord supérieur du rocher ; la deuxième répond au côté postérieur d’abord, puis au côté externe de la carotide interne.
A son passage sur le bord supérieur du rocher, le nerf moteur oculaire externe glisse en dedans d’une petite saillie osseuse qui se détache de ce bord et qui varie de forme et de dimensions suivant les sujets : elle affecte tantôt la forme d’un petit tubercule, tantôt celle d’une épine ou lamelle mince et tranchante, etc. Je l’ai observée à peu près constamment sur une trentaine de rochers que j’ai examinés à ce sujet. Gomme cette saillie osseuse sert en même temps de limite externe au sinus pétreux inférieur, elle est d’autant plus développée que le sinus est plus large : elle se continue et se confond, sur la face postérieure du rocher avec la lèvre externe de la gouttière pétreuse inférieure. Il convient d’ajouter que, au-dessus du nerf moteur oculaire externe et l’appliquant contre le bord supérieur du rocher, se trouve un épais tractus fibreux, le ligament sphéno-pétreux de Gruber (fig. 87, E), qui, partant de la face postéro-supérieure du rocher, se porte obliquement en dedans et en haut pour venir se fixer sur le bord externe de la lame quadrilatère du sphénoïde immédiatement au-dessous de l’apophyse clinoïde postérieure.
c. Dans la fente sphénoïdale (fig. 69, 8), le moteur oculaire externe est situé dans la partie la plus large de cet orifice. Il passe dans l’anneau de Zinn avec le nerf nasal, les deux branches du moteur oculaire commun et la veine ophthalmique. Il occupe,
Fig. 87.
Le moteur oculaire externe sur le bord supérieur du rocher (T. J.)
(La dure-mère, qui recouvre le sommet du rocher et la lame quadrilatère, a été enlevée du côté droit : on a ainsi ouvert le sinus caverneux et la loge du ganglion de Gasser.)
A, sinus caverneux. — B, loge de Meckel ou loge du ganglion de Gasser. — C, lame quadrilatère. — D, sommet du rocher. — E , ligament sphéno-pétreux. — F, sinus pétreux supérieur. — H, sinus coronaire. — I, tige du corps pituitaire.
1, nerf moteur oculaire externe. — 2, trijumeau. — 3, ganglion de Gasser. — 6, nerf optique.
NERF FACIAL
dans cet anneau, le côté externe de la branche inférieure du nerf moteur oculaire commun.
5° Anastomoses. — Dans son trajet à travers le sinus caverneux, deux anastomoses importantes, l’une avec l’ophthalmique, l’autre avec le grand sympathique, viennent renforcer le moteur oculaire externe.
a) L 'anastomose avec V ophthalmique a été déjà signalée à propos de ce dernier nerf (voy. p. 61).
P) h' anastomose avec le grand sympathique est généralement constituée par des filets multiples (deux ou trois), qui se détachent du plexus carotidien et vont, en suivant un trajet ascendant, se jeter dans le moteur oculaire externe au niveau de son bord inférieur.
Grâce à cette double anastomose, le nerf moteur oculaire externe, qui est exclusivement moteur à son origine bulbaire, possède maintenant, intimement unies à ses fibres motrices, un certain nombre de fibres sensitives et de fibres vaso-motrices.
6° Distribution. — Une fois entré dans l’orbite (fig. 86, vi), le nerf moteur oculaire externe se porte en avant et un peu en dehors, en se séparant à angle aigu de la branche inférieure du moteur oculaire commun, qui lui est d’abord accolée. Après un trajet de 1 centimètre à 1 centimètre 1/2 environ, il s’épanouit en un pinceau de filets terminaux, qui se perdent sur la face interne du muscle droit externe de l’œil, auquel ce nerf est exclusivement destiné.
Variétés. — Quelques filets radiculaires du nerf moteur oculaire externe peuvent naître de l’olive et du sillon qui sépare les deux pyramides (Cruveilhier). — W. Krause l’a vu naître par trois racines, qui émergeaient de la protubérance à 8 millimètres de son bord postérieur. — Le même anatomiste a vu le moteur oculaire externe fournir le nerf nasal, ainsi que deux rameaux ciliaires. — Ce nerf peut envoyer une racine accessoire au ganglion ophthalmique. — Il peut recevoir (Meckel, Valentin) un filet anastomotique du ganglion otique. — Il peut faire défaut et être suppléé, dans ce cas, par une branche du moteur oculaire commun.
Quant aux rapports variables que présente le moteur oculaire externe, d’une part avec la carotide interne, d’autre part avec la paroi externe du sinus, je les résume dans la figure ci-dessus (fig. 88), où se trouvent réunies les principales modalités que présente le tronc nerveux à cet égard.
Il n’est pas rare de voir le moteur oculaire externe émerger du bulbe par deux racines.
Ces deux troncs radiculaires, qui se fusionnent d’ordinaire presque immédiatement après leur émergence, peuvent conserver leur indépendance sur une plus ou moins grande étendue de leur parcours' Dans ce cas, la duremère possède deux orifices distincts, un pour chacun des deux troncs. — J’ai disséqué avec soin, sur trois sujets, le nerf moteur oculaire externe ainsi divisé en deux troncs. J’ai toujours vu ces deux troncs présenter exactement le même trajet et les mêmes rapports et se fusionner ensemble avant d’atteindre la fente sphénoïdale. Dans un cas, le tronc radiculaire interne était accompagné d une branche artérielle très volumineuse, qui provenait de la carotide interne à sa partie ascendante et venait se distribuer, après un long parcours, à la dure-mère de la gouttière basilaire.
Fig. 88.
Rapports variables du moteur oculaire commun dans le sinus caverneux.
(Pour les indications, se reporter à. la figure 56, page 52.)
§ VI ï. - Septième paire : Nerf facial
Le nerf facial constitue la septième paire de nerfs crâniens. Il se distribue à tous les muscles peauciers de la tête et du cou et, de ce fait, devient le nerf de la physionomie, le nerf de V expression , comme on l’appelle quelquefois. Mais à cela
ANATOMIE HUMAINE. — T. III, 6e ÉDIT.
SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE
ne se borne pas son action : il innerve encore les muscles moteurs des osselets de l’ouïe, ainsi que quelques muscles du voile du palais et, par l’une de ses branches, la corde du tympan, qui exercera longtemps encore la sagacité des physiologistes, il prend une large part à la secrétion de la salive, à la vascularisation de la muqueuse linguale et à la perception des saveurs. Gomme on le voit, le nerf facial est un des nerfs les plus importants de l’économie par les fonctions multiples qui lui sont dévolues. Il est aussi, morphologiquement, l’un des plus complexes par ses origines, par son trajet et par sa distribution.
1° Origine apparente. — Le nerf de la septième paire naît dans la fossette latérale du bulbe (fîg. 42, VII), par deux racines parfaitement distinctes, l’une interne, l’autre externe.
a) La racine interne, de beaucoup la plus importante, constitue le facial proprement dit. Elle émerge du bulbe en arrière et en dehors du moteur oculaire externe, dans une sorte de fossette comprise entre le bord inférieur de la protubérance et l’extrémité supérieure de l’olive, la fossette sus-olivaire.
[J) La racine externe , relativement toute petite, se trouve située entre la précédente et le nerf auditif. Wrisberg, en raison de sa situation, le désignait sous le nom de nerf intermédiaire : c’est le nerf intermédiaire de Wrisberg ou, tout simplement, le nerf de Wrisberg.
2° Origine réelle. — Voy. t. II, Origines réelles des nerfs crâniens (p. 1014).
3° Trajet. — Le facial proprement dit et l’intermédiaire de Wrisberg, comme nous l’avons déjà vu à propos de leur origine réelle, sont des nerfs de valeur très différente et il convient de les examiner séparément.
A. Facial proprement dit. — De la fossette sus-olivaire, où il prend naissance, le
facial proprement dit se porte obliquement en haut, en avant et en dehors vers le conduit auditif interne, dans lequel il s’engage en compagnie de l’auditif et de l’intermédiaire. Arrivé dans le fond du conduit auditif'interne, le facial, s’infléchissant en avant, pénètre dans l’aqueduc de Fallope, qui lui est spécialement destiné (Ostéol., p. 168), et le parcourt dans toute son étendue, en suivant régulièrement toutes ses inflexions.
Le nerffacial, dans l’aqueduc de Fallope, nous présente donc, comme le canal osseux lui-même, deux coudes et trois portions déterminées par ces coudes, savoir (fig. 89) : 1° une première portion , horizontale et antéro-postérieure, longue de 3 à 5 millimètres, qui va du fond du conduit auditif interne au premier coude ;
Fig. 89.
Le nerf facial dans l’aqueduc de Fallope (côté droit, vue antéro-supérieure).
1, conduit auditif interne. — 2, aqueduc de Fallope, avec : 2’ son orifice interne ; 2”, son orifice externe ou trou stylo-mastoïdien. — 3, hiatus de Fallope. — 4, nerffacial, avec : a, sa première portion ; è, sa seconde portion; c, sa troisième portion. — 4’, ganglion géniculé. — 5, face antérieure du rocher. — 6, caisse du tympan. — 7, limaçon. — 8, vestibule. — 9, canal demi-circulaire externe. — 10, gouttière du sinus latéral. — 11, canal carotidien. — 12, trompe osseuse. — 13, apophyse mastoïde.
NERF FACIAL
ce premier coude, ne l’oublions pas, se trouve situé en regard de l’hiatus de Fallope; 2° une deuxième portion, transversale, ou plutôt légèrement oblique de dedans en dehors et de haut en bas, allant d’un coude à l’autre et mesurant de 10 à 12 millimètres de longueur; 3° une troisième portion, enfin, dirigée verticalement en bas et s’étendant du deuxième coude au trou stylo-mastoïdien ; elle mesure, comme la précédente, de 10 à 12 millimètres de longueur.
A sa sortie du trou stylo-mastoïdien, le facial se dirige en bas et en avant et, après un trajet de 10 à 15 millimètres, en pleine parotide, il se divise en deux branches terminales, la branche temp or o- faciale et la branche cervico-faciale , lesquelles couvrent ensuite de leurs ramifications divergentes la moitié correspondante de la face et du cou.
B. Intermédiaire de Wrisberg, ganglion géniculé. — Le nerf de Wrisberg, suivant exactement le même trajet que le facial, s’engage avec lui dans le conduit auditif interne. Puis, s’infléchissant en avant, il pénètre également dans l’aqueduc de Fallope, arrive au premier coude du facial et, là, se termine dans un ganglion qui, en raison de sa situation sur le point où le facial change de direction ( coude ou genou), a reçu le nom de ganglion géniculé.
Le ganglion géniculé (fig. 89,5’) se présente ordinairement sons la forme d’une petite pyramide triangulaire, dont la base, dirigée en arrière, coiffe le premier coude du facial et dont le sommet, dirigé en avant, est en regard de l’hiatus de Fallope. Sa coloration est blanc grisâtre ou gris rosé. Quant à son développement, il varie beaucoup suivant les sujets : dans certains cas, il est à peine visible; dans d’autres, il est assez volumineux pour doubler la largeur du nerf à l’endroit où il est adossé. C’est au niveau de son angle interne que le ganglion géniculé reçoit le nerf intermédiaire de Wrisberg. Nous verrons plus loin quelles sont les deux branches collatérales du facial qui se détachent, l’une au niveau de son angle externe, l’autre au niveau de son sommet.
Histologiquement, le ganglion géniculé, comme l’ont établi les recherches de Lenhossék (1894), se compose essentiellement de cellules unipolaires, exactement identiques à celles des ganglions spinaux. Leur prolongement unique, véritable fibre nerveuse en T, se bifurque après un trajet variable, en deux branches divergentes : une branche interne qui, sortant du ganglion par son côté interne, passe dans le nerf intermédiaire de Wrisberg; une branche externe qui, s’échappant du ganglion par son côté externe, se mêle aux fibres propres du facial pour passer ensuite, presque en totalité, dans la corde du tympan. Nous savons déjà (voy. t. II, Terminaisons réelles de V intermédiaire) que les données de la physiologie expérimentale (Mathias Duval), tout comme les recherches anatomiques de Sapolini, de Penzo et de Cannieü tendent à nous faire considérer la corde du tympan comme la continuation de l’intermédiaire de Wrisberg.
Au total, l’intermédiaire de Wrisberg (treizième nerf crânien de Sapolini), avec son ganglion géniculé, a la signification d’une racine sensitive, qui est annexée au facial proprement dit, comme la racine postérieure d’un nerf rachidien est annexée à la racine antérieure correspondante. De ce fait, le facial, primitivement moteur et exclusivement moteur, devient, en aval du ganglion géniculé, un véritable nerf mixte, possédant à la fois, simplement accolées ou plus ou moins mélangées, les fibres motrices qui lui appartiennent en propre et les fibres sensitives qui lui viennent du nerf de Wrisberg.
4° Rapports. — Au point de vue de ses rapports, le nerf facial doit être examiné
SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE
séparément dans le crâne., dans le conduit auditif interne, dans l’aqueduc de Fallope et au-dessous du trou stylo-mastoïdien :
a. Dans le crâne, le facial répond, par sa face supérieure, à la protubérance, au pédoncule cérébelleux moyen et au cervelet. Par sa face inférieure, il repose
successivement sur la partie externe de la gouttière basilaire, sur le sinus pétreux (inférieur qu’il croise à angle droit) et sur la face postérieure du rocher.
b. Dans le conduit auditif interne, le nerf facial suit exactement le même trajet rectiligne que le nerf auditif, qui est situé au-dessous de lui et qui se creuse en gouttière pour le recevoir (fig. 90, 4). Quant au nerf de Wrisberg, il chemine entre les deux, justifiant encore ici, par sa situation, le nom de nerf intermédiaire , que lui donnent aujourd’hui tous les anatomistes. Nous avons déjà vu, à propos des méninges et nous le rappellerons ici en passant, que l’arachnoïde jette sur les trois nerfs facial, auditif et intermédiaire une gaine commune, qui les accompagne ordinairement jusqu’au fond du conduit auditif interne.
c. Dans V aqueduc de Fallope, le nerf facial est accompagné par l’artère stylomastoïdienne. Il remplit entièrement le conduit osseux et, par conséquent, se trouve en rapport dans toute son étendue avec ses parois. Rappelons, encore ici qu’il présente des rapports importants avec la paroi supérieure et la paroi postérieure de la caisse du tympan (voy. t. III, Oreille moyenne).
d. Au-dessous du trou stylo-mastoïdien, le nerf facial s’engage dans l’épaisseur de la glande parotide et ne se dégage de cette glande qu’au niveau du bord
postérieur du masséter et après sa bifurcation en branches terminales. On ne saurait donc extirper la parotide sans intéresser le tronc nerveux.
5° Anastomoses. — Dans le conduit auditif interne, le nerf facial et le nerf auditif sont reliés l’un à l’autre par deux anastomoses (Arnold), l’une interne, l’autre externe (fig. 91).
a) V anastomose interne (fig. 91,4) est représentée par des fibres nerveuses qui naissent de l’intermédiaire et qui vont s’accoler d’autre part, les unes à l’auditif, les autres au facial. La signification de ces fibres, je veux dire leur origine et leur mode de terminaison, nous est complètement inconnue, p) V anastomose externe (fig. 91, 5) est formée par deux ou trois petits filets qui se détachent au niveau de son premier coude, dans l’aqueduc de Fallope par conséquent, et qui, de là, se rendent au ganglion de Scarpa,
Schéma montrant les diverses anastomoses du facial et de l’audilif.
1, facial. — 2, auditif. — 3, intermédiaire de Wrisberg, avec 3’, ganglion géniculé. — 4, anastomose interne. — 5, anastomose externe.
Coupe sagittale du conduit auditif interne passant par sa partie moyenne (côté gauche, segment externe de la coupe).
(La coupe du conduit auditif (3) est figurée à part, à droite de la figure 90, avec un grossissement de trois diamètres.)
1, face antérieure du rocher. — 2, sa face postérieure. — 3, conduit auditif interne, avec : 4, facial; 5, intermédiaire; 6, branche cochléaire ; 7, branche vestibulaire. — 8, canal carotidien. — 9, golfe de la jugulaire. — 10, trompe d'Eustache. — 11, sinus pétreux supérieur. — 12, limaçon.
NERF FACIAL
lequel, comme nous le verrons plus loin, se trouve situé sur le trajet de la branche vestibulaire de l’auditif. Ici encore nous n’avons aucune donnée précise sur la signification anatomo-physiologique des fibres qui constituent cette anastomose.
Au delà du conduit auditif interne, le nerf facial, soit par son tronc, soit par ses branches, contracte plusieurs autres anastomoses avec le glosso-pharyngien, avec le trijumeau, avec le pneumogastrique, avec le plexus cervical superficiel. Nous étudierons ces anastomoses au cours de notre description et au fur et à mesure qu’elles s’offriront à nous.
6° Distribution. — Indépendamment des branches terminales ci-dessus mentionnées et qui sont au nombre de deux, la branche temporo-faciale et la branche cervico-faciale, le nerf facial fournit dix branches collatérales : les cinq premières se détachent de la portion du nerf qui est contenue dans l’aqueduc de Fallope et s’engagent, immédiatement après leur origine, dans des conduits spéciaux qui sont branchés sur l’aqueduc, ce sont les branches intra-pétreuses ; les cinq autres prennent naissance en dehors du rocher, un peu au-dessous du trou stylo-mastoïdien, ce sont les branches extra-pétreuses. Nous décrirons successivement, en suivant précisément l’ordre dans lequel elles se séparent du tronc nerveux :
1° Les branches collatérales intra-pétreuses ;
2° Les branches collatérales extra-pétreuses ;
3° Les branches terminales.
A. — Branches collatérales intra-pétreuses
Ces branches sont, en allant de haut en bas, le grand nerf pétreux superficiel , le, petit nerf pétreux superficiel , le nerf du muscle de V étrier , la corde du tympan , le rameau anastomotique du pneumogastrique :
1° Grand nerf pétreux superficiel. — Le grand nerf pétreux superficiel (fig. 77 et 92) se détache du sommet du ganglion géniculé, en face de l’hiatus de Fallope. Il sort du rocher par cet hiatus et chemine alors sur la face antérieure de l’os, dans une gouttière spéciale qui l’amène au trou déchiré antérieur.
Sur la face antérieure du rocher, le grand nerf pétreux superficiel reçoit du nerf glosso-pharyngien un
petit filet sensitif, le Le nerf facial dans l’aqueduc de Fallope, avec les deux nerfs pétreux
superficiels et profonds (d’après Hirschfeld).
1, nerf maxillaire supérieur. — 2, nerfs dentaires postérieurs. — 3, nerf dentaire antérieur. — 4, plexus dentaire. — 5, rameau orbitaire, sectionné tout près de son origine. — 6, ganglion sphéno-palatin, rattaché au nerf maxillaire supérieur par deux racines sensitives. — 7, nerf vidien, avec : 7’, son filet crânien et 7”, son filet carotidien. — 8, nerf moteur oculaire commun et son anastomose avec le plexus carotidien. — 9, nerf facial. — lu, nerf glosso-pharyngien, avec 11, le rameau de Jacobson. — 12, ganglion supérieur du grand sympathique. — 13, veine jugulaire interne.
94 SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE
grand nerf pétr eux profond , que nous retrouverons plus loin en étudiant la neuvième paire.
Arrivé au trou déchiré antérieur, le grand pétreux superficiel se réunit à un rameau du plexus carotidien pour former le nerf vidien (voy. ce nerf, p. 74). Finalement, il aboutit, par le trou déchiré antérieur et par le canal vidien, à la partie postérieure du ganglion sphéno-palatin.
Le grand nerf pétreux superficiel est, physiologiquement, un nerf fort complexe. On admegénéralement qu’il renferme, outre les fibres du glosso-pharyngien et du sympathique qui vient nent se joindre à lui, les trois ordres de fibres suivantes : 1° des fibres motrices, qui proviennent du facial et qui, par l’intermédiaire du ganglion sphéno-palatin et du nerf palatin postérieur (p. 77), se rendent aux deux muscles péristaphylin interne et palato-staphylin ; 2° des fibres gustatives, qui proviennent de 1 intermédiaire de Wrisberg, ou plus exactement de son ganglion, et qui se distribuent à la muqueuse palatine ; 3° des fibres sensitives , qui, cheminant en sens inverse des fibres précédentes, vont du ganglion sphéno-palatin au nerf facial. On sait que le nerf facial, au-dessous du trou stylo-mastoïdien, est non seulement moteur, mais encore sensitif. Il est à croire que cette sensibilité, qui est une sensibilité d’emprunt, lui vient en partie de ces dernières fibres et, par conséquent, du maxillaire supérieur, branche du trijumeau.
2° Petit nerf pétreux superficiel. — Le petit nerf pétreux superficiel (fig. 85 et 92) se sépare du facial au niveau de l’angle externe du ganglion géniculé : il ne paraît, du reste, avoir aucune relation avec le ganglion. Aussitôt après son émergence du tronc facial, il s’engage dans un petit canal spécial, qui le conduit à la face antérieure du rocher, un peu en arrière et au-dessous de l’hiatus de Fallope. Il se loge alors dans une gouttière parallèle à celle du grand pétreux, sort du crâne
par un petit pertuis situé entre le trou ovale et le trou petit rond et vient se terminer dans le ganglion otique, dont il constitue la racine motrice (voy. p. 85). Comme le grand pétreux superficiel, le petit pétreux superficiel, en passant sur la face antérieure du rocher, reçoit le petit pétreux , profond anastomose sensitive, que lui envoie le glosso-pharyngien et que nous décrirons plus longuement à propos de ce dernier nerf.
3° Nerf du muscle de l’étrier. — Ce nerf, remarquable par sa ténuité, se sépare du facial dans sa portion descendante. Il sort de l’aqueduc, mais non du rocher, par un canalicule particulier qui le conduit dans le canal de la pyramide (voy. Oreille moyenne). Il y rencontre le muscle de l’étrier (fig. 93,10) et se termine dans ce muscle.
4° Corde du tympan. — La corde du tympan (üg. 82, 15’) est un rameau relativement volumineux, qui se sépare du facial un peu en aval du précédent, à 3 ou 4 millimètres au-dessus du trou stylo-mastoïdien.
Suivant immédiatement après un trajet récurrent, la corde du tympan se porte en haut et en avant, s’engage dans un canal osseux particulier, le canal postérieur de la corde , et arrive à la partie postérieure et supérieure de la caisse du tympan. Elle traverse cette caisse d’arrière
Fig. 93.
Le muscle de l’étrier et son nerf.
1, paroi interne de la caisse. — 2, fenêtre ovale avec l’étrier en place. — 3, pyramide. — 4, partie inférieure de la membrane du tympan. — 5, canal tympano-mastoïdien. — 6. antre mastoïdien. — 7, tendon du muscle interne du marteau, s’échappant du bec de cuiller. — 8, aqueiiuc de Fallope et nerf facial, avec 9, corde du tympan. — lü, muscle de l’étrier, avec 10’, son tendon. — 11, conduit du muscle du marteau.
NERF FACIAL
en avant, en décrivant une courbe à concavité dirigée en bas. Puis, poursuivant son trajet, elle s’engage dans un nouveau canal osseux de 8 à 10 millimètres de longueur, le canal antérieur de la corde, lequel est situé un peu au-dessus de la scissure de Glaser. Elle sort de ce canal par un orifice voisin de l’épine du sphénoïde et arrive ainsi à la base du crâne. Elle se porte alors vers le nerf lingual, qu’elle aborde à angle très aigu et avec lequel elle se fusionne.
Dans son passage à travers la caisse (fîg. 82), la corde du tympan présente des rapports qu’il, est important de signaler. Elle s’applique, à la manière d’un arc, contre la partie toute supérieure de la membrane du tympan. Cet arc, que décrit la portion libre de la corde, passe exactement entre le manche du marteau, qui est en dehors, et la branche verticale de l’enclume, qui est en dedans et un peu en arrière. D’autre part, il se trouve situé, dans toute l’étendue de son trajet, entre la couche interne ou muqueuse et la couche moyenne ou fibreuse de la membrane du tympan.
Une fois fusionnée avec le lingual, la corde du tympan partage le trajet et la distribution .de ce dernier nerf. Elle se termine, comme lui :
1° Dans les deux glandes sous-maxillaire et sublinguale, auxquelles elle envoie des fibres vaso-dilatatrices et des fibres sécrétoires ;
2° Dans la muqueuse de la moitié antérieure de la langue, à laquelle elle fournit très probablement des fibres vaso-dilatatrices pour les vaisseaux, des fibres sécrétoires pour les glandes et des fibres gustatives pour les corpuscules du goût.
5° Rameau anastomotique du pneumogastrique. — Ce rameau, qu’on désigne encore sous le nom de rameau auriculaire du pneumogastrique (Arnold), de rameau de la fosse jugulaire (Cruveilhier), se détache du facial à 4 ou 5 millimètres au-dessus du trou stylo-mastoïdien. Il naît par conséquent à la même hauteur que la corde du tympan. Mais, tandis que la corde se dirige en avant, le rameau anastomotique du pneumogastrique se porte directement en arrière.
Il suit, tout d’abord, un petit canal osseux qui l’amène dans la fosse jugulaire. Longeant alors la paroi antérieure de cette fosse, il contourne en demi-cercle la veine jugulaire interne et arrive au ganglion supérieur du pneumogastrique, dans lequel il se termine (voy. fig. 105, p. 111).
On admet généralement que le rameau de la fosse jugulaire est en réalité constitué par deux rameaux accolés, de valeur très différente et cheminant en sens inverse : 1° un rameau moteur, allant du facial au ganglion jugulaire du pneumogastrique ; 2° un rameau sensitif, provenant de ce même ganglion jugulaire et se dirigeant vers le facial.
Ce dernier rameau, arrivé dans l’aqueduc de Fallope, croise le facial sur son côté postérieur et lui abandonne un petit filet descendant. Puis, poursuivant sa route, il sort de l’aqueduc de Fallope et s’engage dans un petit canal osseux ( canaliculus mastoïdeus), qui l’amène à la base du crâne entre le conduit auditif externe et l’apophyse mastoïde. Là, notre rameau sensitif se divise en deux filets, dont l’un s’anastomose avec le nerf auriculaire postérieur, tandis que l’autre vient se distribuer à la face interne du pavillon et à la paroi postéro-inférieure du conduit auditif.
B.— Branches collatérales extra-pétreuses
Les branches collatérales extra-pétreuses du nerf facial sont également au nombre de cinq, savoir : le rameau anastomotique du glosso-pharyngien, le
SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE
rameau auriculaire postérieur
Anastomose
Fig. 94.
du facial
et du glosso-
pharyngien (d’après Bourgery).
1, facial. — 2, glosso-pharyngien, avec son ganglion. — 3, pneumogastrique. — 4, spinal. — 5, anastomose du facial et du glosso-pharyngien. — 6, carotide interne. — 7, jugulaire interne.
le rameau du digastrique, le rameau du stylomastoïdien et, enfin, le rameau lingual.
1° Rameau anastomotique du glosso-pharyngien. — Le rameau anastomotique du glossopharyngien est un filet très grêle qui, comme l’indique son nom, unit le facial au glossopharyngien. Il n’est pas constant.
Quand il existe (fig. 94, 5), il se détache du facial immédiatement au-dessous du trou stylomastoïdien.
Se dirigeant ensuite de dehors en dedans, il contourne en anse ( anse de Haller) le côté antérieur de la veine jugulaire interne et vient se terminer dans le tronc du glosso-pharyngien, un peu au-dessous du ganglion d’Andersch.
2° Rameau auriculaire postérieur.
nerf auriculaire postérieur (fig. 97, 7) se sépare é
Fig. 95.
Branches extra-pétreuses du nerf facial.
1. nerf facial. — 2, 2, glosso-pharyngien. — 3, rameau auriculaire du facial. — 4, nerf du digastrique. — 5. nerf du stylo-hyoïdien. — 6, rameau lingual du facial. — 7, rameau anastomotique, provenant du glosso-pharyngien et se fusionnant, après avoir traversé le muscle stylopharyngien, avec le rameau lingual. — 8, nerf lingual. — 9, corde du tympan. — lo, spinal. — II, conduit auditif externe. — 12, carotide externe. — 13, carotide interne. — 14, jugulaire interne.
gaiement du facial à sa sortie du trou stylo-mastoïdien . De là, se portant transversalement en dehors, il gagne le bord antérieur de l’apophyse mastoïde , contourne ce bord en s’infléchissant en haut et arrive ainsi dans la région mastoïdienne, sur les insertions supérieures du muscle sternocléido-mastoïdien. Il reçoit à ce niveau une anastomose, plus ou moins importante, du rameau auriculaire du plexus cervical superficiel et se divise alors en deux filets, un filet ascendant et un filet horizontal.
a) Le filet ascendant ou supérieur se porte en haut entre l’apophyse mastoïde et le pavillon de l’oreille et vient se terminer dans les deux muscles auriculaire postérieur et auriculaire supérieur.
(3) Le filet horizontal ou postérieur se dirige en arrière.
Il longe quelque temps la ligne courbe occipitale supérieure. Puis, s’infléchissant en
NERF FACIAL
haut, il vient se perdre, par deux ou trois rameaux divergents, dans le muscle occipital.
3° Rameau du digastrique. — Le rameau du digastrique (fig. 95, 4) naît au-dessous du trou stylo-mastoïdien et va se jeter dans le ventre postérieur du digastrique, qu’il pénètre ordinairement par son tiers postérieur, quelquefois par sa partie moyenne.
4° Rameau du stylo-hyoïdien. — Le rameau du stylo-hyoïdien se sépare du facial au même niveau que le rameau du digastrique, très souvent (comme dans la fig. 95) par un tronc commun avec ce dernier nerf. De là, il se porte obliquement en bas, en avant et en dedans et se termine, après un trajet fort court, dans le muscle stylo-hyoïdien.
5° Rameau lingual. — Le rameau lingual (fig. 95, 6), remarquable par son long trajet, s’étend du trou stylo-mastoïdien à labase de la langue. Situé tout d’abord sur le côté externe et antérieur du muscle stylo-pharyngien, il atteint bientôt la face latérale du pharynx, où quelques filets du glosso-pharyngien viennent constamment le rejoindre et le renforcer. Il s’insinue ensuite entre le pilier antérieur du voile du palais et l’amygdale et arrive ainsi à la base de la langue, où il se termine par deux ordres de filets : 1° des filets muqueux, qui s’épuisent, avec les ramifications terminales du glosso-pharyngien, dans la muqueuse linguale ; 2° des filets musculaires, qui se portent aux deux muscles glosso-staphylin et stylo-glosse.
G.— Branches terminales
Les branches terminales du facial (fig. 97, 4 et 5) sont au nombre de deux, l’une supérieure ou temp or o- faciale, l’autre inférieure ou cervico-faciale :
1° Branche temporo faciale. — La branche supérieure ou temporo-faciale, logée d’abord dans l’épaisseur de la parotide, se porte en haut et en avant vers le col du condyle du maxillaire inférieur. Là, elle reçoit, du nerf auriculo-temporal, un ou plusieurs rameaux anastomotiques déjà décrits (p. 81) et se partage immédiatement après en trois ou quatre rameaux, lesquels, se divisant et se subdivisant à leur tour, se résolvent finalement en une multitude de filets divergents et de plus en plus ténus.
Ces filets, fréquemment anastomosés entre eux, anastomosés aussi avec les branches terminales du trijumeau, qui leur apportent une sensibilité dite récurrente, remplissent l’espace angulaire compris entre une ligne verticale qui descend de la région temporale vers le col du condyle et une ligne horizontale qui, de ce même condyle, se dirige vers la commissure des lèvres*.
Pour la commodité de la description, on divise ces filets terminaux de la branche temporo - faciale en un certain nombre de groupes dont les noms seuls indiquent nettement la terminaison. Ce sont :
a) Des filets temporaux , qui se dirigent vers la région temporale et se distribuent au muscle auriculaire antérieur;
1, branche de l’os maxillaire inférieur. — 2, lobule de l’oreille. — H, nerf facial. — 4, sa branche temporo-faciale. — 3, sa branche cervico-faciale. — 6, nerf auriculo-iemporal, avec 7, deux filets anastomotiques pour la branche temporo-faciale. — 8, branche auriculaire du plexus cervical, avec 9, rameau anastomotique pour la branche cervico-faciale.
ANATOMIE HUMAINE. — T. III, 6e ÉDIT.
Fig. 96.
Anastomoses des deux branches terminales du facial avec l’auriculotemporal et la branche auriculaire du plexus cervical.
SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE
P) Des filets frontaux , qui se portent obliquement en haut et en avant, vers le muscle frontal dans lequel ils se terminent;
y) Des filets palpébraux, situés au-dessous des précédents, qui se distribuent au sourcilier et à l’orbiculaire des paupières ;
Fig. 97.
Nerfs superficiels de la tête et du cou.
1, rameaux frontaux du facial. — 2, ses rameaux palpébraux. — 3, ses rameaux sous-oi’bitaires. — 4, 4’, ses rameaux buccaux supérieurs et inférieurs. — 5, ses rameaux mentonniers. — 6, ses rameaux cervicaux. — 7, rameau de l’auriculaire postérieur, avec 7’, filet de l’auriculaire supérieur. — 8, ramifications du nerf frontal. — 9, filet naso-lobaire. — 10, nerf auriculo-temporal. — 11, nerf sous-occipital d’Arnold. — 12, branche auriculaire du plexus cervical superficiel. — 13. sa branche cervicale transverse. — 14, sa branche mastoïdienne, avec 14’, petite mastoïdienne. — 15, rameaux sous-orbitaires du 'nerf maxillaire supérieur. — 16, ramifications du nerf mentonnier.
S) Des filets nasaux ou sous-orbitaires, qui longent tout d’abord le canal de Sténon et viennent se perdre par de nombreux rameaux dans les muscles grand zygomatique, petit zygomatique, canin, élévateur propre de la lèvre supérieure, élévateur propre de l’aile du nez et de la lèvre supérieure, pyramidal, triangulaire du nez, dilatateur des narines et myrtiforme ;
NERF FACIAL
s) Des filets buccaux supérieurs, destinés au muscle buccinateur et à la moitié supérieure de l’orbiculaire des lèvres. Des filets nasaux et des filets buccaux se détachent constamment un certain nombre de ramuscules fort déliés, qui viennent se perdre sur les parois de l’artère faciale (i filets vasculaires) .
2° Branche cervico-faciale. — La branche inférieure ou branche cervico-faciale est d’abord située, comme la précédente, dans l’épaisseur de la parotide. Suivant la direction du tronc dont elle émane, elle se porte obliquement en bas et en avant, reçoit ordinairement un ou deux filets anastomotiques (rameaux sensitifs) de la branche auriculaire du plexus cervical superficiel et, arrivée à l’angle du maxillaire inférieur, se partage en trois ou quatre rameaux divergents, qui se divisent et se subdivisent eux-mêmes en de nombreux filets terminaux. On les distingue en trois groupes, savoir :
a) Des filets buccaux inférieurs , qui se distribuent au risorius de Santorini, au muscle buccinateur et à la moitié inférieure de l’orbiculaire des lèvres ;
P) Des filets mentonniers, qui se terminent dans les trois muscles triangulaire des lèvres, carré du menton et houppe du menton, en s’anastomosant, pour former le plexus mentonnier, avec les ramifications du nerf mentonnier, branche du dentaire inférieur;
y) Des filets cervicaux , qui descendent obliquement dans la région sus-hyoïdienne pour se distribuer au muscle peaucier du cou ; on voit généralement l’un des filets cervicaux du facial s’anastomoser avec la branche transverse du plexus cervical superficiel.
Indépendamment des filets terminaux que nous venons de décrire et qui tous se rendent à des muscles, on rencontre toujours, quand on dissèque le facial avec soin, quelques fines ramifications qui se distribuent manifestement à la peau. Ces filets cutanés, nettement sensitifs, n’appartiennent probablement pas au facial, lequel, est pour ainsi dire à son origine, exclusivement moteur. Ils proviennen vraisemblablement des filets anastomotiques sensitifs, ci-dessus décrits, qui viennent se mêler aux fibres propres du facial, soit au niveau du tronc nerveux luimême, soit au niveau de ses deux branches terminales.