NERF AUDITIF
le facial, arrondi ou légèrement aplati de haut en bas, repose dans cette gouttière; quant a Y intermédiaire, il est, comme précédemment, situé entre les deux. Du reste, les trois nerfs auditif, facial et intermédiaire sont reliés entre eux par un tissu conjonctif lâche. Ils cheminent en outre sous une gaine arachnoïdienne commune, qui les accompagne jusqu’au fond du conduit auditif interne.
5° Anastomoses. — Les anastomoses de l’auditif avec l’intermédiaire et le facial ont été déjà décrites à propos de ce dernier nerf (voy. p. 92).
6° Distribution. — En atteignant le fond du conduit auditif interne lui-même, le plus souvent même avant de l’atteindre, le nerf auditif se partage en deux branches terminales :
jo) Une branche antérieure ou cochléenne, qui, comme son nom l’indique, se distribue au limaçon ;
P) Une branche postérieure ou vestibulaire, qui se subdivise à son tour, dans le conduit auditif interne lui-même, en trois rameaux, destinés au vestibule et aux canaux demi -circulaires.
Ces branches terminales, analogues en cela aux deux nerfs sensoriels que nous avons déjà étudiés, le nerf olfactif et le nerf optique , qui traversent le premier la lame criblée de l’ethmoïde , le second la lame criblée de la sclérotique, se tamisent,
elles aussi, à travers les fossettes criblées qui ferment en dehors le conduit auditif interne (Ostéol., p. 163). Elles arrivent alors dans les différentes portions de 1 oreille interne (limaçon, vestibule, canaux demi-circulaires), où elles se terminent suivant des modalités que nous décrirons en détail quand nous étudierons les organes des sens (voy. Oreille interne).
Fig. 99.
Schéma montrant le mode de distribution du nerf auditif.
a, vestibule, avec : b, utricule ; e, saccule ; d , portion initiale du canal cochléaire ; e, ampoule du canal demi-circulaire postérieur. — f, limaçon. — g, aqueduc de Fallope. — h, fond du conduit auditif interne, avec ses quatre fossettes. — i, foramen singulare de Morgagni.
I, tronc de l’auditif. — 2, sa branche cochléenne, avec 2’, section de ses fais-
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vestibulaire supérieur, fournissant : 8, le nerf utriculaire ; 9, le nerf ampullaire supérieur; 10, le nerf ampullaire externe. — 11, nerf vestibulaire inférieur, fournissant : 12, le nerf sacculaire ; 13, le nerf ampullaire postérieur. — 14, ganglion de Scarpa. — 15, nerf facial. — 16, étrier dans la fenêtre ovale. — 17, caisse du tympan.
7° Structure. — Le nerf auditif se compose, comme les nerfs ordinaires, de fibres nerveuses à myéline, disposées parallèlement à l’axe du cordon nerveux et réunies les unes aux autres par du tissu conjonctif. Ces fibres nerveuses, cepen-
SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE
dant, ne sont pas toutes d’égal volume et l’on doit, à ce point de vue, diviser le nerf auditif en deux parties : un q partie postérieure, formée par des fibres relativement volumineuses ; une partie antérieure, comprenant des fibres beaucoup plus fines.
De ces deux parties, la première répond à la branche vestibulaire : la seconde représente la branche cochléenne. La différence morphologique que présentent ces deux parties répond donc à une différence dans leur mode de distribution périphérique et, probablement aussi, dans leurs attributions fonctionnelles. Nous ajouterons que, d’après Erlitky, les fibres de Remak, déjà très rares dans la portion à fibres grosses, paraissent faire complètement défaut dans la portion à fibres fines..
Le nerf auditif nous présente en outre, à sa surface ou dans son épaisseur, de nombreuses cellules nerveuses, signalées depuis longtemps déjà par Hyrtl, par Stannius, par Kolliker, par Pierret. Erlitky, qui les a étudiées de nouveau en 1882, déclare ne les avoir jamais rencontrées que sur les faisceaux à fibres grosses, autrement dit sur la portion du nerf qui représente la branche vestibulaire.
Ces cellules, de forme bipolaire, tantôt éparses, tantôt réunis en îlots plus ou moins considérables, me paraissent avoir la même signification que les cellules constitutives du ganglion de Scarpa, qui se développe sur le trajet du nerf vestibulaire et que nous étudierons plus loin à propos de l’innervation de l’oreille interne. Ce sont des cellules ganglionnaires disséminées le long du nerf vestibulaire, rappelant vraisemblablement ces cellules éparses qui ont été signalées par plusieurs auteurs (voy. p. 141) sur les racines postérieures des nerfs spinaux.
Erlitky a émis ropinion que les fibres efférentes d’un certain nombre des cellules nerveuses précitées s’échappaient du nerf auditif pour rejoindre et renforcer l'intermédiaire de Wrisberg. Cette opinion, toute hypothétique du reste, ne repose sur aucun fait précis. Si ces relations entre les cellules nerveuses de l’auditif et l'intermédiaire étaient nettement établies, il faudrait admettre que ces cellules, ou bien représentent des cellules centrales analogues à celles qui forment les noyaux terminaux de l’intermédiaire, ou bien sont des cellules ganglionnaires périphériques, que l'on devrait, dans ce cas, homologuer à celles du ganglion géniculé.
a) Branches collatérales
b) Branches terminales .