RÉSUMÉ DU NERF AUDITIF
| [aucune).
( Br. cochléenne.
('Br. vestibulaire.
§ IX. — Neuvième paire : Nerf glosso-pharyngien
Le nerf glosso-pharyngien constitue la neuvième paire des nerfs crâniens. Nerf mixte dès son origine, comme le démontrent les expériences de Chauveau, de Volkmann et de Klein, ce nerf renferme à la fois des fibres sensitives et des fibres motrices : ses fibres motrices président à quelques mouvements du pharynx et des piliers du voile du palais; ses fibres sensitives recueillent, sur les diverses muqueuses auxquelles elles se distribuent, à la fois des impressions de sensibilité générale et des impressions gustatives.
1° Origine apparente. — Le glosso-pharyngien nait à la partie supérieure du sillon latéral du bulbe, entre le faisceau latéral et le corps restiforme, au-dessous de l’auditif, au-dessus du pneumogastrique (voy. Bulbe). Cette origine se fait constamment par plusieurs filets radiculaires (cinq ou six), qui sont primitivement indépendants, mais qui ne tardent pas à se réunir pour constituer un cordon arrondi.
2° Origine réelle. — Voy. t. II, Origines réelles des nerfs crâniens, p. 1034.
NERF GLOSSO-PHARYNGIEN
3° Trajet. — Immédiatement après son émergence du bulbe (fig. 112,5), le nerf glosso-pharyngien se porte en dehors et un peu en avant vers le trou déchiré postérieur. Se coudant alors à angle droit pour devenir descendant, il s’engage dans ce trou, le traverse et arrive ainsi à la base du crâne. Il se dirige ensuite de haut en bas et d’arrière en avant et arrive à la base de la langue, où il se termine.
4° Rapports. — Le glosso-pharyngien nous offre ainsi à considérer trois portions : une portion intracrânienne, un q portion intra-osseuse ou intra-pariétale et une portion cervicale.
a) Dans sa portion intra-cr antenne (fig. 100,5), le glosso-pharyngien est situé entre le flocculus ou lobule du pneumogastrique, qui le recouvre, et l’os occipital, sur lequel il repose. Il chemine, tout d’abord, dans les espaces sous-arachnoïdiens, entre la pie-mère et le feuillet viscéral de l’arachnoïde. Il est enveloppé par cette dernière membrane dans une véritable gaine, où se trouvent également contenus le pneumogastrique et le spinal. Cette gaine arachnoïdienne, commune aux trois nerfs qui s’échappent par le trou déchiré postérieur, s’étend jusqu’à l’entrée de cet orifice.
P) Dans sa portion intra-par létale (fig. 105, 2), le glosso-pharyngien occupe la partie la plus antérieure et la plus interne du trou déchiré postérieur. 11 est séparé des deux autres nerfs qui traversent cet orifice, ainsi que de la veine jugulaire interne, par une lame fibro-cartilagineuse formant cloison (fig. 100)*
y) Dans sa portion cervicale (fig. 101 ,1), c’est-à-dire du trou déchiré postérieur à la langue, le nerf glosso-pharyngien décrit une longue courbe à concavité dirigée en haut et en avant» A sa sortie du crâne, il est placé tout d’abord sur le côté interne des muscles styliens, entre la carotide interne, qui est en dedans, et la veine jugulaire qui est en dehors. Un peu plus bas, il contourne l’artère pour venir se placer en avant d’elle, chemine quelque temps sur la face postérieure du stylo-pharyngien et s’engage ensuite dans l’intervalle qui sépare ce dernier muscle du muscle stylo-glosse. Il longe alors les côtés du pharynx et de l’amygdale, arrive à la base de la langue et, finalement, s’épanouit au dessous de la muqueuse qui revêt ce dernier organe.
5° Ganglions du glosso-pharyngien. — A sa sortie du trou déchiré postérieur, le glosso-pharyngien présente sur son trajet un petit renflement ganglionnaire, de coloration grisâtre, qui a été décrit par Andersch en 1791 et qui depuis porte son nom : c’est 1 q ganglion d' Andersch. On l’appelle encore, en raison de ses rapports immédiats avec le rocher, le ganglion pétreûx. Il a une coloration grisâtre et une forme légèrement ovoïde ; son grand diamètre, dirigé verticalement, mesure 2 ou 3 millimètres. Envisagé au point de vue de ses rapports avec le rocher, il répond à la partie moyenne du bord postérieur de cet os; il est logé, là, dans une petite excavation en forme de pyramide triangulaire, la fossette pelreuse (Ostéol., p. 162), que certains anatomistes désignaient autrefois sous le nom très signifi-
Les derniers nerfs crâniens s’engageant dans leurs orifices duraux.
1, trijumeau. — 2, moteur oculaire externe. — 3, facial avec : 3’, intermédiaire de Wrisberg. — 4, auditif. — 5, glosso-pharyngien. — 6, pneumogastrique. — 7, spinal. — 8, sinus latéral.
— 9. sinus pétreux inferieur. — 10, sinus pélreux. supérieur.
SYSTEME NERVEUX PERIPHERIQUE
découvert à la fin du siècle derglion, beaucoup moins imporse rencontre ordinairement sur
catif de receptaculum ganglioli noni nervi capitis. Le ganglion d’Andersch est l’homologue d’un ganglion spinal : il en a la valeur et la structure.
Un peu au-dessus du ganglion d’Andersch, le glosso pharyngien nous présente un deuxième ganglion, appelé ganglion d' Ehrenritter , du nom de l’anatomiste qui l’a
nier (1790). Ce gantant que le précédent, le côté postérieur du nerf, au moment où celui-ci va s’engager
dans le trou déchiré postérieur. 11 est, du reste, très variable dans son développement : affectant, dans certains cas, la forme dun véritable renflement, tous les caractères extérieurs d’un ganglion nettement différencié, il se rég, duit, dans d’autres, à une simple traînée de cellules nerveuses qui ne sont perceptibles qu’à l’aide d’un microscope.
Le ganglion d’Ehrenritter est une dépendance du ganglion d’Andersch et a la
Fig. loi.
Nerfs glosso-pharyngien et spinal, vue latérale.
i, glosso-pharvngien. — 2, sa branche pharyngienne. — 3, son rameau carotidien. — 4, sa terminaison à la langue. — 5, rameau du stylo-hyoïdien et du digastrique. — 6, rameau du stylo-glosse et du stylo-pharyngien, avec 6’, rameau pour le stylo-glosse. — 7, ganglion d’Andersch. — 8, nerf de Jacobson et ses six rameaux. — 9, nerf facial, avec 9’, son ganglion géniculé. — 10. grand nerf pétreux superficiel. — 11, petit nerf pétreux superficiel. — 12, ganglion otique. — 13, ganglion sphéno-palatin. — 14, spinal, avec : 14’, sa branche interne; 14”, sa branche externe. — 15, pneumogastrique. — 16, ses rameaux carotidiens. — 17, nerf laryngé supérieur. — 18, ganglion cervical supérieur du grand sympathique. — 19, nerf lingual.
a, ganglion de Gasser. — b, jugulaire interne. — c, sterno-cléido-mastoïdien. — d , glande sous-maxillaire. — e, langue, fortement érignée à gauche.
(La ligne pointillée, que l’on voit sur la face dorsale de la langue, indique la situation qu’occupe le V lingual.)
même signification que ce dernier ganglion. 11 rappelle de tous points ces ganglions aberrants ou accessoires (véritables renflements ou simples traînées de cellules), qui ont été signalés depuis longtemps déjà, sur le trajet des racines pos-
térieures des nerfs rachidiens, par le professeur Hyrtl et décrits à nouveau dans ces dernières années par Rattone (voy. p. 141).
6° Anastomoses. — A sa sortie du crâne, le glosso-pharyngien s’anastomose avec trois nerfs, le pneumogastrique, le facial, le grand sympathique :
a. Avec le pneumogastrique . — L’anastomose avec le pneumogastrique est
NERF GLOSSO-PHARYNGIEN
constituée par un rameau à la fois très court et très grêle, qui s’étend du pneumogastrique au glosso-pharyngien immédiatement au-dessous du trou déchiré. Ce rameau anastomotique aborde le glosso-pharyngien au niveau du ganglion d’Andersch ou un peu au-dessous. Gruveilhier le considère comme un rameau du spinal qui va renforcer le glosso-pharyngien.
b. Avec le facial. — L’anastomose avec le facial a été déjà décrite (voy. ce nerf p. 96).
c. Avec le grand sympathique . — L’anastomose avec le grand sympathique se fait par un filet très grêle, qui se détache, soit du ganglion d’Andersch, soit un peu plus bas, du tronc même du glosso-pharyngien. De là, ce filet anastomotique se porte verticalement en bas et s’unit, après un trajet très court, au rameau carotidien du ganglion cervical supérieur.
d. Autres anastomoses. — D’autres anastomoses, tout aussi importantes, sont établies entre le facial et le glosso-pharyngien, par la première branche collatérale de ce dernier nerf, le rameau de Jacobson. Nous les retrouverons tout à l’heure en décrivant ce nerf.
7° Distribution. — Le nerf glosso-pharyngien, au cours de son trajet, fournit deux ordres de branches : des branches collatérales et des branches terminales.
A. —Branches collatérales
Les branches collatérales du glosso-pharyngien sont : le nerf de Jacobson, le nerf du stylo-pharyngien, le nerf du stylo- glosse, des rameaux carotidiens, des rameaux pharyngiens, des rameaux tonsillaires.
1° Nerf de Jacobson. — Ce nerf, déjà signalé par Andersch en 1792, a été pour la première fois bien décrit en 1818 par Jacobson , médecin danois, qui lui a donné son nom. C’est le nervus tympanicus de certains auteurs. Le nerf de Jacobson ou nerf tympanique, remarquable par la complexité de son trajet et par la multiplicité de ses relations avec les nerfs voisins, prend naissance sur le côté antéro-externe du ganglion d’Andersch. 11 s’engage immédiatement après (fig. 102, 2) dans un conduit osseux spécial, le canal tympanique ou canal de Jacobson, que nous avons déjà étudié (Ostéologie, p. 164) à la face postéro-inférieure du rocher et qui l’amène à la partie inférieure de la caisse du tympan. Arrivé dans cette cavité, le nerf de Jacobson se jette dans une gouttière verticalement ascendante, qui est creusée sur la paroi interne de la caisse, immédiatement au-dessous du promontoire* Puis, sur le promontoire lui-même, il se partage en six rameaux divergents, qui se logent chacun dans une ramification de la gouttière précitée. De ces six rameaux qui constituent les branches terminales du nerf de Jacobson, deux se dirigent en arrière , deux en avant , deux en haut :
a. Rameaux postérieurs. — Les deux rameaux postérieurs, très grêles, sont destinés à la muqueuse de la caisse : l’un (4) se perd sur le pourtour de la fenêtre ronde; l’autre (5) s’épuise en fines ramifications au voisinage de la fenêtre ovale.
b. Rameaux antérieurs . — Des deux rameaux antérieurs, l’un, rameau muqueux (6), se distribue à la muqueuse de la trompe d’Eustache ; l’autre, filet anastomotique (3), se porte dans le canal carotidien, en traversant un conduit osseux spécial, et se perd dans le plexus sympathique qui entoure à ce niveau la
ANATOMIE HUMAINE. — T. III, 6e ÉDIT. 14
SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE
carotide interne. Ce dernier rameau est généralement désigné, en raison de ses relations, sous le nom de filet carotico-tympanique.
c. Rameaux supérieurs . — Les deux rameaux supérieurs ou ascendants ont un trajet beaucoup plus long : mais ils nous sont déjà en grande partie connus. Tous les deux, s’échappant de la caisse du tympan, s'engagent dans des conduits osseux spéciaux qui les amènent sur la face antérieure du rocher. — Là, le rameau le plus interne (7), sous le nom de grand nerf pétreux profond, se réunit au grand nerf pétreux superficiel, qui provient du facial, pour former le nerfvidien. 11
aboutit finalement au ganglion sphéno-palatin, dont il constitue l’une des racines sensitives (voy. Nerf vidien, p. 74). — Le rameau, le plus externe (8) se réunit de même, sous le nom de petit nerf pétreux profond, au petit nerf pétreux superficiel , qui émane du facial et se porte avec lui au ganglion otique, dont il constitue l’une des racines sensitives (voy. Ganglion otiquey p. 85). — Pour atteindre leurs ganglions respectifs, les deux pétreux profonds, fusionnés avec les deux pétreux superficiels, suivent, à partir de la face antérieure du rocher, des trajets fort complexes que nous avons déjà décrits (à propos du facial, p. 93 et 94) et sur lesquels il nous parait inutile de revenir.
d. Résumé : rameaux muqueux et rameaux anastomotiques . — Au total, des six filets terminaux du nerf de Jacobson , trois se distribuent à la muqueuse du voisinage :
ce sont les filets muqueux. Les trois autres, filets anastomotiques , se rendent à un plexus sympathique et à deux ganglions annexes du trijumeau. Ce sont là de nouvelles anastomoses unissant le ganglion d’Andersch, d’une part au plexus carotidien, d’autre part au ganglion sphéno-palatin du nerf maxillaire supérieur et au ganglion otique du nerf maxillaire inférieur. C’est à cet ensemble de rameaux anastomotiques, ensemble fort complexe comme on le voit, que certains anatomistes étrangers donnent le nom de plexus tympanique. Nous avons déjà vu qu’à ce plexus tympanique aboutissait quelquefois un rameau de la corde du tympan.
Le nerf de Jacobson présente, sur certains points de son trajet, des traînées de cellules ganglionnaires. 11 est entouré, en outre, dans son passage à travers le canal tympanique, d’une petite masse ganglionnaire rougeâtre et oblongue, que Valentin avait prise pour un ganglion ( ganglium tympanicum seu intumescentia gangliosa rainum tympanicum ambians) . W. Kiuu*e (Medicin. Centralblatt, 1878, p. 737), qui a fait une intéressante étude de ce renflement, le considère comme une glande vasculaire sanguine, la glande tympanique. Cette glande tympanique ne serait qu'un reliquat d’une circulation embryonnaire, qui persiste quelquefois chez l’homme à titre d’anomalie,
Fig. 102.
Le nerf de Jacobson sur la paroi interne de la caisse du tympan.
1, nerf glosso-pharyngien, avec i’, ganglion d’Anderscli. — 2, nerf de Jacobson. avec ses six filets ; 3, lilet carolico tympanique ; 4, filet de la fenêtre ronde ; 5, filet de la fenêtre ovale ; 6, filet de la trompe ; 7. grand pétreux profond ; 8, petit pétr. ux profond. — 9, nerf facial dans l'aqueduc. — 10, corde du tympan. — il, ganglion géniculé. — 12, grand nerf pétreux superficiel. — 13, petit nerf petreux superficiel.
a, trou stylo-mastoïdien. — b, promontoire. — c, trompe d’Eustache. — d , face antérieure du rocher. — e , carotide interne et plexus carotidien.
NERF GLOSSO-PHARYNGIEN 107
mais qui existe normalement chez quelques mammifères, notamment chez les chéiroptères, chez les insectivores et chez les rongeurs.
2° Nerf du stylo-pharyngien. — Le nerf du stylo-pharyngien se détache du tronc principal à des hauteurs variables, tantôt au voisinage du trou déchiré, tantôt à 3 ou 4 centimètres au-dessous de cet orifice. Quel que soit le niveau où il prend origine, il se porte obliquement en bas et en avant, gagne la face postérieure du stylo-pharyngien et se distribue à ce muscle par un ou deux filets. Le nerf du stylo-pharyngien jette assez souvent un petit rameau sur le muscle stylohyoïdien. Fréquemment aussi, mais non toujours, il envoie un rameau au ventre postérieur du digastrique, d’où le nom de rameau du digastrique et du stylopharyngien qu’on donne quelquefois à ce nerf. Ce rameau du digastrique, quand il existe, s’anastomose, soit à la surface du digastrique, soit dans son épaisseur, avec le rameau que le facial (p. 97) envoie à ce muscle.
3° Nerf du stylo glosse et du glosso-staphylin. — Ce rameau se détache du glosso-pharyngien un peu au-dessous du précédent. Comme lui, il se porte à la face postérieure du muscle stylo-pharyngien, le traverse d’arrière en avant, sans lui abandonner un seul filet, arrive ainsi à sa face antérieure et se réunit alors avec le rameau lingual, ci-dessus décrit (p. 97), que le facial envoie aux deux muscles glosso-staphylin et stylo-glosse.
4° Rameaux carotidiens. — Au nombre de deux ou trois, ces rameaux se portent vers la carotide interne et descendent, le long de ce vaisseau, vers la bifurcation de la carotide primitive. Là, ils contribuent à former, entre les deux carotides, avec quelques rameaux issus du pneumogastrique et des rameaux plus nombreux venus du ganglion cervical supérieur, un important plexus, le plexus intercarotidien., que nous retrouverons plus tard en décrivant le grand sympathique. C’est de ce plexus intercarotidien, disons le tout de suite, que s’échappent les plexus nerveux secondaires qui accompagnent, jusqu’à leur terminaison, les diverses branches de la carotide externe.
5° Rameaux pharyngiens. — Au nombre de deux ou trois, quelquefois davantage, ces rameaux, tout aussi variables par leur volume que par leur nombre, se portent sur les côtés du pharynx et s’y anastomosent avec d’autres rameaux pharyngiens provenant du pneumogastrique et du ganglion cervical supérieur. De l’entrelacement de ces nombreux rameaux, issus de trois sources différentes, résulte un important plexus, le plexus pharyngien , d’où émanent trois ordres de filets terminaux, savoir : 1° des filets moteurs , pour les muscles constricteurs du pharynx ; 2° des filets sensitifs , pour la muqueuse du pharynx ; 3° des filets vasculaires, enfin, pour les vaisseaux de cet organe.
6° Rameaux tonsillaires. — Ces rameaux se détachent du glosso-pharyngien un peu au-dessus de la base de la langue. Toujours très nombreux, ils se portent sur la face externe de l’amygdale et forment là, en s’anastomosant entre eux, un petit plexus, le plexus tonsillaire d’ANUERscH De ce plexus tonsillaire partent des filets très déliés, lesquels se distribuent à la muqueuse qui recouvre l’amygdale et le pilier antérieur du voile du palais. Quelques-uns de ces filets s’arrêtent vraisemblablement dans l’amygdale elle-même,
B. — Branches terminales
Après avoir fourni successivement les nombreuses branches collatérales que
SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE
nous venons de décrire, le glosso-pharyngien, réduit à la moitié de son volume primitif, pénètre dans l’épaisseur de la base de la langue et s’y partage ordinairement en deux branches principales, l’une interne, l’autre externe.
Ces deux branches, se divisant et se subdivisant à leur tour, se résolvent en une multitude de petits filets qui se croisent et s’anastomosent dans tous les sens : leur ensemble constitue un riche plexus, que l’on désigne sous le nom de plexus lingual. Finalement, ces filets vont se perdre dans la muqueuse de la base de la langue, au niveau et en arrière du V lingual.
En avant et en arrière du trou borgne, qui forme le sommet du V, les filets internes de l’un des glosso-pharyngiens se réunissent avec les filets correspondants du glosso-pharyngien du côté opposé : ils forment ainsi, tout autour du trou borgne, un petit plexus en couronne, qui a été décrit par Valentin sous le nom de plexus coronaire du trou borgne.
RESUME DU NERF GLOSSO-PHARYNGIEN
3 fil. muqueux.
N. de Jacobson
3 fil.
anastomotiques. .
f. de la fenêtre ronde, f. de la fenêtre ovale, f. de la trompe d’Eustache.
f. carotico-tympanique.
grand pétreux profond, petit pétreux profond.
a) Br. collatérales. . I N. du stylo-pharyngien.
j N. du stylo-glosse et du glosso-staphylin. 1 R. carotidiens.
' R. pharyngiens.
R. tonsillaires.
b) Br. terminales . . ( R. linguaux (plexus du trou borgne ).
Variétés. * — A la place de l’anastomose que le facial envoie au glosso-pharyngien, on a vu (Cruveilhier, Richet, moi-même) un filet du facial descendre directement à la base de la langue et au voile du palais. — Cruveilhier a vu le nerf de Jacobson constitué par un filet du pneumogastrique réuni à un filet du glosso-pharyngien. Dans un autre cas, il était formé par l'anastomose d’un filet émané du rameau de la fosse jugulaire avec un rameau du glosso-pharyngien. — Il résulte d’une observation de W. Krause que, lorsque la branche tympanique de l'artère stylomastoïdienne se sépare du nerf de Jacobson et pénètre dans la caisse par un conduit spécial, la glande tympanique, dont il a été question plus haut p. 106, est située autour de l’artère et non autour du nerf. — Le rameau du stylo-pharyngien envoie assez souvent quelques filets sensitifs à la muqueuse des amygdales et de la base de l’épiglotte (W. Krause). — J’ai vu, dans un cas où le glosso-pharyngien était considérablement réduit, le rameau lingual du facial beaucoup plus volumineux que d’habitude. Il y avait évidemment suppléance partielle du glosso-pharyngien par ce rameau lingual.
§ X. — Dixième paire : Nerf pneumogastrique
Le pneumogastrique ou nerf de la dixième paire, que l’on désigne encore sous le nom de nerf vague ( Vagus ), est le plus long et certainement aussi le plus important de tous les nerfs crâniens. Il s’étend depuis le bulbe jusqu’au-dessous du diaphragme, jetant des rameaux, chemin faisant, sur tous les viscères contenus dans les trois régions du cou, du thorax et de l’abdomen.
1° Origine apparente. — Le nerf pneumogastrique prend naissance dans le sillon latéral du bulbe, sur la même ligne que le glosso-pharyngien, qui est au-dessus, et le spinal, qui est au-dessous (fig. 42, X). Cette origine, a lieu comme pour le glosso-pharyngien, par un certain nombre de filets radiculaires (sept ou huit), qui, convergeant les uns vers les autres, ne tardent pas à se réunir pour constituer le tronc nerveux.
NERF PNEUMOGASTRIQUE 109
2° Origine réelle. — Voy. t. II, Origines réelles des nerfs crâniens , p. 1038.
3° Trajet. — Du sillon latéral du bulbe où il émerge, le pneumogastrique se dirige obliquement en haut, en dehors et un peu en avant, vers le trou déchiré postérieur. Là, se coudant à angle droit, il s’engage dans ce trou et arrive ainsi à la base du crâne. A partir de ce point, le pneumogastrique suit un trajet verticalement descendant : il traverse successivement le cou et le thorax ; il traverse ensuite le diaphragme au niveau de son orifice œsophagien et débouche alors dans la cavité abdominale, où il se termine, par de nombreux rameaux divergents, sur l’estomac, dans le foie et dans le plexus solaire.
4° Rapports. — Ce rapide coup d’œil jeté sur le pneumogastrique nous permet de le diviser en cinq portions, savoir : une portion intracrânienne, une portion intrapariétale, une portion cervicale, une portion thoracique et une portion abdominale. Les rapports que présentent ces différentes portions du nerf doivent être étudiés séparément pour chacune d’elles :
a. Dans le crâne, le pneumogastrique présente exactement les mêmes rapports que le glosso-pharyngien, qui est placé immédiatement en avant de lui : il chemine entre la paroi crânienne et le flocculus. Il est situé tout d’abord entre la pie-mère et l’arachnoïde. Il reçoit ensuite de cette dernière membrane une gaine complète, qui lui est commune avec le glosso-pharyngien et le spinal et qui l’accompagne jusqu’au trou déchiré postérieur.
b. Dans le trou déchiré postérieur, le pneumogastrique se trouve situé en arrière du glosso-pharyngien, en avant du spinal et de la veine jugulaire interne. Il est accolé au spinal, mais non au glosso-pharyngien ; une petite lame fibro-cartilagineuse, déjà signalée bien des fois (fig. 100, le sépare de ce dernier nerf).
c. Au cou, le pneumogastrique chemine dans l’espace angulaire postérieur que forment, en s’adossant l’une à l’autre, d’une part la veine jugulaire interne, d’autre part la carotide interne, continuée en bas par la carotide primitive (fig. 103). Le nerf répond donc : en dehors, à la veine; en dedans, à l’artère ; en avant, à la ligne d’adossement de ces deux vaisseaux. Une gaine commune, de nature fibreuse ou simplement conjonctive, enveloppe ces trois organes jusqu’à l’orifice supérieur du thorax. Le grand sympathique cervical, situé en dehors de la gaine, chemine verticalement au-devant de l’aponévrose prévertébrale, en arrière de la veine jugulaire interne : il est donc, par rapport au pneumogastrique, postérieur et externe.
d. A son entrée dans le thorax, le pneumogastrique se comporte différemment à droite et à gauche. Cette asymétrie dans le trajet du nerf est la conséquence naturelle de l’asymétrie que présentent les troncs artériels de la région (fig. 110), la sous-clavière et la carotide, provenant à droite, d’un tronc commun qui est le tronc brachio-céphalique, tandis qu’à gauche elles naissent isolément de la crosse aortique. — A droite , le pneumogastrique croise verticalement la face antérieure de l’artère sous-clavière, ayant en avant de lui la veine de même nom. — A gauche , le pneumogastrique, continuant son trajet descendant le long de la carotide primi-
Fig. 103.
Schéma indiquant les rapports des gros vaisseaux du cou avec le pneumogastrique et le grand sympathique (cote' droit ) .
1, carotide primitive. — 2, jugulaire interne. — 3, pneumogastrique. — 4, grand sympathique. — 3, gaine conjonctive.
— S’, la même, incisée à sa partie antérieure et érignée pour laisser voir les vaisseaux.
tive, chemine tout d’abord entre cette dernière artère et l’artère sous-clavière, laquelle est presque verticale à ce niveau. Il croise ensuite verticalement la face antérieure ou face gauche de la crosse aortique.
e. Dans le thorax, les deux pneumogastriques occupent le médiastin postérieur. Ici encore ils suivent un trajet un peu différent à gauche et à droite. — A gauche,
Fig. 104.
Les quatre derniers nerfs crâniens à leur sortie du crâne, vue postérieure.
(Le pharynx a été ouvert en arrière ; puis, sa moitié gauche a été érignée en dehors, pour laisser voir la face postérieure du larynx.)
1, trou déchiré postérieur. — 2, veine jugulaire interne.
— 3, glosso-pharyngien, avec 3’, ses rameaux pharyngiens. — 4, pneumogastrique, avec : 4’. son rameau pharyngien et 4”, son rameau laryngé supérieur. — 5, nerf laryngé inférieur ou récurrent. — G, anastomose de Galien. — 7, spinal. — 8, grand hypoglose. — 9, grand sympathique avec : 9’, sou ganglion cervical supérieur et 9”, ses rameaux pharyngiens. — 10, artère carotide primitive. — tl, artère pharyngienne inférieure, avec 11’, sa branche méningée postérieure. — 12, artère thyroïdienne inférieure.
a, fosses natales. — b, base de la langue. — c, épiglotte. — d, pharynx érigné en dehors. — e, œsophage.
— f , corps thyroïde.
pneumogastrique gauche est placé en avant ( mogas trique droit occupe le plan postérieur c
le nerf, en quittant l'aorte, passe en arrière de la bronche gauche et vient se placer ensuite sur la face antérieure de l’œsophage. — A droite, le pneumogastrique chemine tout d’abord dans l’espace angulaire que forment, en s’adossant l’un à l’autre, l’œsophage et la trachée. Il croise ensuite, en arrière, la bronche droite et vient s’appliquer finalement contre la face postérieure de l’œsophage.
f. Dans l'abdomen, comme dans la portion inférieure du thorax, les deux pneumogastriques occupent l’un et l’autre la ligne médiane : le gauche, placé en avant de l’œsophage, descend sur la face antérieure de l'estomac; le droit , au contraire, situé en arrière de l’œsophage, se porte en arrière de l’estomac, où nous le retrouverons dans un instant.
Cette situation de deux nerfs homologues, qui cheminent l’un et l’autre sur la ligne médiane, peut paraître singulière au premier abord. L’embryologie nous l’explique très nettement. Au début de la formation du tube digestif, l’estomac, comme nous le verrons plus tard, n’est qu’un simple renflement de ce tube, occupant exactement la ligne médiane et présentant deux faces latérales, l’une droite, l’autre gauche. A ce moment, les deux pneumogastriques occupent, comme tous les nerfs,» une situation latérale et se ramifient, l’un sur la face gauche, l’autre sur la face droite de l’estomac embryonnaire. Mais bientôt l’estomac se tord sur son axe de gauche à droite, de telle sorte que le pylore se porte du côté droit et que, des deux faces précitées de l’estomac, la gauche devient antérieure, la droite devient postérieure. Les deux nerfs pneumogastriques suivent tout naturellement, dans leur changement de position, les deux faces de l’estomac sur lesquelles ils s’étalent, et voilà pourquoi, chez le nouveau-né et chez l’adulte, le l’œsophage et de l’estomac, tandis que le pneuces mêmes organes.
5° Ganglions du pneumogastrique. — Le tronc du pneumogastrique se renfle sur deux points de son parcours et présente ainsi deux ganglions superposés : l’un supérieur, ou ganglion jugulaire ; l’autre inférieur, ou ganglion plexi forme. Tous les deux, du reste, ont la même signification morphologique: ce sont, au même titre que le ganglion de Gasser ou le ganglion d’Andersch, des homologues des ganglions spinaux.
NERF PNEUMOGASTRIQUE
a. Ganglion jugulaire. — Le plus élevé des deux ganglions du pneumogastrique, le ganglion jugulaire (fig. 105, 3’), est placé dans le trou déchiré postérieur. Il revêt la forme d’une petite masse ovoïde, mesurant de 4 à 6 millimètres de hauteur. Sa coloration est grisâtre, sa surface inégale et comme raboteuse.
b. Ganglion plexi forme. — Le ganglion plexi forme ( plexus gangliof orrais, plexus nodosus de quelques auteurs) se trouve situé immédiatement au-dessous du précédent, à la partie toute supérieure par conséquent de la portion cervicale du pneumogastrique (fig, 117, 15’). Il a l’aspect d’un fuseau, présentant son maximum de largeur à sa partie moyenne et s’effilant peu à peu à ses deux extrémités. 11 mesure, en moyenne, 20 à 25 millimètres de longueur, sur 4 ou 5 milmètres de largeur. Envisagé au 'point de vue de ses rapports, le ganglion plexiforme est placé en arrière du glosso-pharyngien et de la carotide interne, en avant et un peu en dedans du ganglion cervical supérieur du grand sympathique. Le nerf de la douzième paire, l’hypoglosse, le contournant en spirale, occupe tout d’abord son côté postérieur, puis son côté externe et, enfin, son côté antérieur.
6° Anastomoses. — Au voisinage du trou déchiré postérieur, le pneumogastrique s’anastomose avec le spinal, le glosso-pharyngien, le facial, le grand hypoglosse, le grand sympathique et les deux premiers nerfs rachidiens :
a. Avec le spinal. — L’anastomose avec le spinal est double. — Tout d’abord, à son passage dans le trou déchiré, le nerf spinal s’accole au ganglion jugulaire, auquel il est relié par un ou deux filets, à la fois très courts et très grêles. — Plus bas, au-dessous du trou déchiré, le spinal se partage, comme nous le verrons dans le paragraphe suivant, en deux branches volumineuses, dont l’une, l’interne, se jette tout entière dans le ganglion plexiforme.
b. Avec le glosso-pharyngien. — - L’anastomose avec le glosso-pharyngien a été déjà décrite avec ce dernier nerf (p. 105). Rappelons que c’est un filet très court et très grêle, qui s’étend du pneumogastrique au ganglion d’Andersch immédiatement au-dessous du trou déchiré postérieur.
c. Avec le facial. — L’anastomose avec le facial nous est également connue ; elle est établie par le rameau auriculaire du nerf vague (Arnold) ou rameau de la fosse jugulaire (Cruveilhier), que nous avons décrit plus haut en étudiant le
Fig. 105.
Rameau auriculaire du pneumogastrique (imité d’ Arnold).
1, spinal. — 2, glosso-pharyngien, avec 2’, ganglion d’Andersch — 3, pneumogastrique, avec 3’, ganglion jugulaire. — 4, facial, avec 4’, son rameau auriculaire. — 5, rameau aurkulaire du pneumogastrique. — 6, anastomose unissant le rameau auriculaire du pneumogastrique avec le rameau homonyme du facial. — 7, \eine jugulaire interne. — 8, artère carotide interne. — 9, artère occipitale. — lu, grand sympathique.
SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE
facial (p. 05). Nous nous contenterons de rappeler ici que ce rameau auriculaire, au sortir dii ganglion jugulaire du pneumogastrique, se porte vers Uaqueduc de Fallope, où il rencontre le facial, et jette sur ce nerf un petit filet descendant (fig. 105, 5) ; puis, continuant son trajet, s’engage dans un petit canal osseux ( canali culus mastoïdeus), qui l’amène à la base du crâne entre l’apophyse mastoïde et le conduit auditif externe, et là, se divise en deux branches : l’une, qui s’anastomose avec le nerf auriculaire postérieur; l’autre, qui se distribue à la face postérieure du pavillon de l’oreille et à la paroi postéro-inférieure du conduit auditif externe.
d. Avec le grand hypoglosse. — L’anastomose avec le grand hypoglosse se compose d’un, de deux ou trois filets fort grêles, que ce dernier nerf abandonne au ganglion plexiforme au moment où il le contourne.
e. Avec le grand sympathique. — L’anastomose avec le grand sympathique est constituée par un ou deux filets, qui se détachent du ganglion cervical supérieur du grand sympathique et se perdent à la surface du ganglion plexiforme. Audessous de ce ganglion, le cordon du sympathique entre encore en relation avec le pneumogastrique par de nombreux filets anastomotiques, qui se jettent dans les branches collatérales de ce dernier nerf et que nous signalerons ultérieurement au fur et à mesure que nous étudierons ces branches.
f. Avec les premiers nerfs rachidiens. — L’anastomose du pneumogastrique avec les premiers nerfs rachidiens n’est pas constante. Quand elle existe, elle est constituée par un petit rameau qui se détache de l’arcade formée par les deux premières paires cervicales et vient se jeter, presque immédiatement après son origine, dans le ganglion plexiforme.
7° Distribution. — Les branches que fournit le pneumogastrique, durant son long trajet du bulbe à l’abdomen, sont fort nombreuses. Nous les distinguerons en quatre groupes, suivant la région à laquelle elles se distribuent :
1° Branche intracrânienne ;
2° Branches cervicales ;
3° Branches thoraciques ;
4° Branches abdominales.
A.— Branche intracrânienne
Du côté externe du ganglion jugulaire se détache un rameau très grêle, qui entre dans le crâne par le trou déchiré postérieur et vient se distribuer à la duremère, dans le voisinage du sinus latéral. Nous désignerons ce rameau, évidemment sensitif, sous le nom d q nerf méningien postérieur du pneumogastrique.
B.— Branches cervicales
Le pneumogastrique fournit à la région du cou les nerfs suivants : le nerf pharyngien, des rameaux cardiaques , le nerf laryngé supérieur, et le nerf laryngé inférieur ou récurrent .
1° Nerf pharyngien. — Le nerf pharyngien (fig. 104, 4’), tantôt simple, tantôt double ou même triple, se détache de la partie supérieure et externe du ganglion plexiforme, où il se continue en partie avec la branche anastomotique du spinal, ci-dessus décrite. Se portant ensuite obliquement en bas et en avant, il passe sur le côté externe de l’artère carotide interne et, après avoir abandonné quelques
NERF PNEUMOGASTRIQUE
filets descendants au plexus intercarotidien (voy. Grand sympathique), il arrive sur les côtés du pharynx, où ses ramifications concourent à la formation du plexus pharyngien, de concert avec d’autres rameaux pharyngiens issus du glossopharyngien et du grand sympathique. Nous avons déjà dit que les branches efférentes de ce plexus se distribuaient, les unes aux muscles , les autres à la muqueuse du pharynx (voy.
Pharynx).
1, portion cervicale du pneumogastrique. — 2, sa portion thoracique. — 3, ganglion semi-lunaire droit. — 4, plexus intercarotidien. — 5, nerf cardiaque supérieur. — 6, laryngé supérieur, avec 6’, laryngé externe. — 7, laryngé récurrent. — 8, branches cardiaques inférieures. — 9, plexus bronchique. — 10, plexus solaire. - 11, facial — 12, glosso-pharyngien. — 13. hypoglosse.
— 14, branche externe du spinal, avec : 15, son rameau pour le sterno-cléidomastoïdien ; 16, son rameau pour le trapèze. — 17, nerf phrénique. — 18, sympathique cervical, avec : 19, ganglion cervical supérieur ; 20, ganglion cervical moyen ; 21, ganglion cervical inférieur.
— 22, sympathique thoracique, avec :
23, grand splanchnique; 24, petit splanchnique. — 25, plexus brachial.
a, parotide, érignée en haut. — b , lai’ynx. - c, trachée. — d, bronche et scs divisions. — e, œsophage. — f, estomac, coupé et érigné pour montrer à la fois ses deux faces antérieure et postérieure. — g , carotide primitive. — h , artère sous-clavière. — z, aorte thoracique. — j , aorte abdominale. — k, tronc cœliaque. — l, artère rénale. — m, artère mésentérique supérieure. — n, veine cave supérieure. — o, veine azygos. — p, canal thoracique.
2° Rameaux cardiaques cervicaux. — Les rameaux cardiaques cervicaux, encore appelés rameaux cardiaques supérieurs du pneumogastrique (nous rencontrerons plus loin des rameaux cardiaques moyens , venant du laryngé récurrent, et des rameaux cardiaques inférieurs, fournis par le pneumogastrique thoracique), sont représentés par deux rameaux, quelquefois trois, qui se détachent de la portion cervicale du pneumogastrique à des hauteurs diverses. Ces rameaux, suivant un trajet descendant, pénètrent dans le tho-
jr>'
Fig. 106.
Pneumogastrique droit (d’après Hirschfeld).
SYSTEME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE
rax en passant en avant des gros troncs artériels de la région et viennent se jeter dans le plexus cardiaque, qui est situé, comme on le sait, à la base du cœur et que nous retrouverons plus tard, en étudiant le grand sympathique (voy. Sympathique).
3° Nerf laryngé supérieur. — Le nerf laryngé supérieur (fig. 101,17), à la fois sensitif et moteur, naît de la partie inférieure et interne du ganglion plexiforme et se porte ensuite vers le larynx, en décrivant une courbe à concavité dirigée en haut et en avant. Dans ce trajet, il croise obliquement le côté interne de la carotide A interne, s’applique contre le pharynx et se par-
tage, un peu en arrière de l’os hyoïde, en deux rameaux, Uun supérieur, l’autre inférieur :
a. Hameau inférieur. — Le rameau inférieur (fig. 106,6’), plus connu sous le nom de nerf laryngé externe, se porte obliquement en bas et en avant, entre le constricteur inférieur du pharynx et le corps thyroïde, sous les muscles soushvoïdiens par conséquent . Il arrive ainsi au muscle crico-thyroïdien et innerve ce muscle.
Perforant ensuite de dehors en dedans la membrane crico-tbyroïdienne , il vient se distribuer en ramuscules terminaux à la muqueuse de la portion sous-glottique du larynx, ainsi qu’à la muqueuse du ventricule.
Dans son trajet descendant, le nerf laryngé externe envoie quelques filets très déliés au corps thyroïde et au constricteur inférieur du pharynx.
Sur la face externe de ce dernier muscle, il contracte avec le grand sympathique quelques anastomoses, dont l’ensemble, plus ou moins complexe, constitue le plexus de Haller.
b. Rameau supérieur. — Le rameau supérieur (fig. 106, 6 et 107, 1”), continuant le trajet du laryngé supérieur, suit une.direction à peu près horizontale. 11 est situé, tout d’abord, sur le constricteur inférieur du pharynx; il chemine ensuite, parallèlement à la grande corne de l’os hyoïde, entre le muscle thyro-hyoïdien, qui est en avant, et la membrane thyro -hyoïdienne , qui est en arrière, perfore cette dernière membrane et arrive alors dans l’épaisseur des replis aryténo-épiglottiques, où il s’épanouit en un bouquet de filets terminaux. Ces filets se distinguent, d après leur direction, en antérieurs, moyens, postérieurs :
a) Les filets antérieurs se distribuent à la muqueuse des deux faces de l’épiglotte, ainsi qu’à une petite portion de la muqueuse linguale.
(2>) Les filets moyens se ramifient dans les replis aryténo-épiglottiques et dans la muqueuse qui tapisse la portion sous-glottique du larynx, y) Les filets postérieurs, enfin, se distribuent à la portion de la muqueuse pha-
Nerfs
Fig. dü7.
du larynx, vue postérieure.
1, laryngé supérieur, avec : 1’, son rameau laryngé externe : 1”, ses rameaux lingaux.
— 2, laryngé inférieur ou récurrent du côté gauche. — 2’, laryngé inférieur du côté droit.
— 3, rameaux œsophagiens. — 4, rameaux tracüéens. — 5, rameaux thyroïdiens. - 0, rameaux du crico-aryténoïdien postérieur et du crico-aryténoïdien latéral. — 7, rameau de l’ary-aryténoïdien. — 9, anse nerveuse de Galien. — 10, 10’, nerfs pneumogastriques.
A, larynx. B, épiglotte. — C, trachée.
— D, corps thyroïde. — E, œsophage. — F, crosse aortique. — G, sous-clavière droite.
NERF PNEUMOGASTRIQUE
ryngienne qui recouvre la face postérieure du larynx. Parmi ces filets, il en est un, plus long* que les autres, qui se porte verticalement en bas entre la muqueuse et le muscle crico-aryténoïdien postérieur et vient s’anastomoser ou plutôt se fusionner bout à bout avec un filet ascendant du laryngé inférieur : cette longue anastomose longitudinale (fig. 107, 9), jetée entre les deux nerfs laryngés, est généralement connue sous le nom d 'anse nerveuse de Gallien.
c. Résumé. — En résumé, nous voyons le nerf laryngé supérieur innerver : 1° toute la muqueuse qui tapisse le larynx; 2° deux muscles seulement, le constricteur inférieur du pharynx et le crico- thyroïdien.
4° Nerf laryngé inférieur ou récurrent. — Le nerf laryngé inférieur (fig. 107, 2 et 2’) prend naissance à la partie supérieure du thorax et remonte de là vers le larynx, en suivant un trajet rétrograde, d’où le nom de nerf récurrent qui lui a été donné.
A. Trajet et rapports. — Gomme la portion du pneumogastrique dont il émane, le nerf récurrent diffère sensiblement à gauche et à droite, dans sa longueur, dans son trajet et dans ses rapports. Quant à sa distribution périphérique, elle est la même des deux côtés du corps.
a. Récurrent droit. — Le récurrent du côté droit (fig. 107, 2’) se détache du pneumogastrique au moment où ce nerf croise la face antérieure de l’artère sousclavière. Il contourne cette artère en passant successivement sur sa face inférieure et sur sa face postérieure, et, devenu ascendant de descendant qu’il était, il s’élève vers le larynx en suivant- le bord droit de l’œsophage. Arrivé sur le constricteur inférieur du pharynx, il perfore ce muscle et vient se loger alors, à la face postérieure du larynx, dans la gouttière verticale que forment le cartilage cricoïde et le cartilage thyroïde . Rappelons ici que, avant de perforer le constricteur, le nerf récurrent droit (et il en est exactement de même pour le récurrent gauche) chemine sur la partie postéro-interne du corps thyroïde et, d’autre part, est croisé transversalement ou obliquement par l’artère thyroïdienne inférieure correspondante (voy. , à ce sujet, t. IV, Corps thyroïde).
b. Récurrent gauche. — Le récurrent du côté gauche (fig. 107,2) se détache du pneumogastrique au niveau de la face antérieure de la crosse aortique. Il naît donc plus bas que le précédent et, de ce fait, se trouve être plus long que lui de toute la distance qui, en verticale, sépare la sous clavière droite de la crosse aortique. Le récurrent gauche se comporte du reste, à l’égard de la crosse de l’aorte, de la même façon que se comporte le récurrent droit à l’égard de la sous-clavière : il contourne le vaisseau d’avant en arrière, puis de bas en haut, en formant autour de lui une anse à concavité supérieure. Il arrive ainsi sur la
Fig. 108.
Coupe transversale de fœsophage et de la trachée, pratiquée au niveau de la première dorsale, pour montrer la situation respective des deux récurrents (en partie d’après Braune).
1, trachée. — 2, œsophage. — 3, corps thyroïde, avec soja enveloppe conjonctive. — 4, nerf récurrent gaurhe. — d, nerf récurrent droit. — fl, carotide primitive. — 7, jugulaire interne. — 8, pneumogastrique. — 9, ganglion sympathique. — 10, muscles prévertébraux. — Di, corps de la première dorsale.
SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE
face antérieure de l’œsophage, dans le sillon que forme ce dernier organe en s’adossant à la trachée. C’est en suivant ce sillon qu’il parvient au constricteur inférieur du pharynx, pour le perforer, passer au-dessous de lui et gagner finalement la gouttière crico-thyroïdienne. Chez le fœtus (Chaput), le récurrent gauche embrasse par sa concavité, non pas l’aorte, mais le côté inférieur du canal artériel.
Au sujet des cellules nerveuses ganglionnaires qui se disposent le long des récurrents, voy. plus loin, Nerfs du larynx.
B. Branches collatérales. — Dans le long trajet qu’il parcourt depuis son origine jusqu’au larynx, le nerf récurrent fournit de nombreuses branches collatérales, savoir :
a) Des rameaux cardiaques {rameaux cardiaques moyens), en nombre variable, ’ qui se détachent de l’anse formée par chaque nerf récurrent autour de l’artère qu’il contourne et viennent se perdre à la base du cœur dans le plexus cardiaque (voy. Cœur);
P) Des rameaux œsophagiens, toujours très nombreux et très grêles, qui se portent sur l’œsophage, où ils se terminent, les uns dans la couche musculaire de ce conduit, les autres dans sa couche muqueuse;
y) Des rameaux trachéens , qui se distribuent de même à la couche musculaire et à la couche muqueuse de la trachée ;
8) Des rameaux pharyngiens (un ou deux seulement), destinés au muscle constricteur inférieur du pharynx.
C . Branches terminales. — Arrivé au larynx, sur le côté postéro-externe du cartilage cricoïde, le laryngé récurrent fournit cinq branches terminales, dont une est anastomotique, les quatre autres musculaires :
a. Rameau anastomotique. — Le rameau anastomotique (fig. 107, 9) se détache du laryngé inférieur à la partie inférieure de la gouttière crico-thyroïdienne. Se portant verticalement en haut, il croise successivement les deux muscles cricoaryténoïdien postérieur et ary-aryténoïdien et vient se réunir avec un filet descendant, déjà décrit (p. 115), du nerf laryngé supérieur pour former cette longue anastomose connue sous le nom d 'anse nerveuse de Galien.
b. Rameaux musculaires. — Au nombre de quatre, ces rameaux musculaires se portent à tous les muscles du larynx, sauf le muscle crico-thyroïdien, lequel est déjà innervé par le laryngé supérieur. — Le premier de ces rarùeaux(fig. 107) se dirige obliquement en haut et en dedans. 11 s’engage au-dessous du muscle crico-aryténoïdien postérieur et se perd dans ce muscle. — Le second, suivant exactement la même direction, passe lui aussi sous le muscle crico-aryténoïdien latéral, s’en dégage au niveau de son bord supérieur et gagne alors la face profonde du muscle ary-aryténoïdien, où il se termine. — Le troisième, souvent double, se détache du récurrent un peu au-dessus du précédent. Il se distribue au muscle crico-aryténoïdien latéral, qu’il pénètre par sa face superficielle. — Le quatrième, enfin, qui représente, à vrai dire, la terminaison du nerf récurrent, s’infléchit un peu en avant et se perd dans le muscle thyro-aryténoïdien.
Nerl de Cyon. — Cyon et Ludwig ont décrit, chez un certain nombre de mammifères, un rameau nerveux dont l’excitation centripète a pour effet d’abaisser la tension sanguine dans les artères périphériques et auquel on donne, pour cette raison, le nom de nerf dépresseur.
Chez le lapin, où il a été surtout étu lié, le nerf dépresseur naît par deux racines : l’une, constante, provient du laryngé supérieur; l'autre qui fait souvent défaut, se détache du pneumogasttique, un peu au-dessous du gangdon plexiforme. Le tronc qui résulte de la réunion de ces deux filets radiculaires descend dans le thorax, le long du grand sympathique, et vient se terminer dans le cœur. Mais ce nerf, considéré chez les autres mammifères, se présente rarement avec cette indépendance anatomique qui le caractérise chez le lapin.
NERF PNEUMOGASTRIQUE
Chez l’homme notamment, on a généralement considéré le nerf dépresseur comme ayant perdu toute individualité, fusionné qu’il était avec le grand sympathique. Gela peut être vrai pour certains sujets, mais non pour tous. Kreidmann (1878) et Schumaker (1902) l’ont rencontré avec une disposition entièrement semblable à celle qu’il présente chez le lapin, avec une première racine provenant du laryngé supérieur et une deuxième racine émanant du pneumogastrique. Yiti (1883) , sur 200 préparations, l’a trouvé 165 fois représenté par un rameau du laryngé supérieur qui se portait, directement ou indirectement, vers le plexus cardiaque. Alpiger (1890), de son côté, a rencontré très fréquemment un rameau issu du laryngé supérieur qui se rendait au nerf cardiaque supérieur du grand sympathique et qui vraisemblablement renfermait des fibres dépressives.
Que conclure de tous ces faits, sinon que le nerf dépresseur se présente , chez l'homme, avec une morphologie extrêmement variable.
Il en est de même du reste chez le lapin où Koster et Tschermak (1902), sur 100 dissections, l’ont vu : 29 fois naître par deux racines (disposition classique), 14 fos naître du vague seul, 25 fois naître du laryngé supérieur seul, 20 fois naître de l’angle formé par le vague et le laryngé supérieur, etc. Le nerf dépresseur est un rameau nerveux qui relève de la physiologie bien plutôt que de l’anatomie macroscopique.