‹ Traité d'anatomie humaineChapitre 27 sur 154 · BRANCHES POSTÉRIEURES DES NERFS CERVICAUX · texte numérisé non relu

BRANCHES POSTÉRIEURES DES NERFS CERVICAUX

a. Rameaux anastomotiques. — Des deux branches anastomotiques, l’une, ascendante, se réunit avec la branche anastomotique, déjà décrite, du premier nerf cervical ; l’autre, descendante, s’unit de même avec un rameau ascendant de la branche postérieure du troisième nerf cervical. De cette double anastomose résultent deux arcades superposées, qui embrassent, l’une les masses latérales de l’atlas, l’autre l’apophyse transverse de l’axis. Ces deux arcades, décrites par Cruveilhier sous le nom de plexus cervical postérieur , abandonnent, par leur convexité, de nombreux filets qui se distribuent aux muscles voisins.

b. Rameaux musculaires. — Les branches collatérales fournies aux muscles par le grand nerf occipital sont multiples : l’une se détache au niveau du bord inférieur du grand oblique de la tête et se distribue a la fois à ce dernier muscle, au grand complexus, au petit complexus et au splé-

nius ; d’autres prennent naissance au-dessous du grand complexus et au-dessous du trapèze et se perdent dans l’un et dans l’autre de ces deux muscles.

Fig. 128.

Branches postérieures des trois premiers nerfs rachidiens.

1, branches postérieures de la première paire rachidienne, donnant des rameaux aux muscles droits et obliques de la tête. — 2, branche postérieure de la deuxième paire. — 3, branche postérieure de la troisième paire.

a, trapèze. — b, grand complexus. — c, grand droit postérieur de la tête. — d . petit droit. — e, petit oblique. — f , grand oblique. — g, artère vertébrale .

B. Branches terminales. — Les branches terminales ou branches cutanées du grand nerf occipital s’épanouissent en de nombreux rameaux divergents, dont l’ensemble occupe toute la région occipitale (fig. 127,2). Ces rameaux sont situés immédiatement au-dessous du cuir chevelu, au-dessus du nerf occipital et de l’aponévrose épicranienne. Au point de vue de leur distribution, ils sont exclusivement destinés à la peau et à ses annexes. Le muscle occipital, comme nous l’avons déjà vu (p. 96), est innervé parle rameau auriculaire du nerf facial.

3° Branches postérieures des six derniers nerfs cervicaux. — Pour les six derniers nerfs cervicaux, les branches postérieures décroissent successivement de volume en allant de haut en bas.

Immédiatement après leur arrivée dans les gouttières vertébrales, elles se portent obliquement en bas et en dedans, entre le grand complexus, qui les recouvre, et le transversaire épineux, sur lequel elles reposent. Dans cette première partie de leur trajet, elles fournissent des filets moteurs aux muscles grand complexus, transversaire du cou et transversaire épineux. A quelques millimètres de la ligne médiane, elles perforent le splénius d’abord, le trapèze ensuite, et arrivent ainsi dans le tissu cellulaire sous-cutané. Là, elles s’infléchissent de dedans en dehors et se distribuent à la peau de la nuque.

Cette description générale s’applique à toutes les branches cervicales. Seule, la

SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE

première de ces branches, qui répond à la troisième paire cervicale, présente en outre les deux particularités suivantes :

1° Elle fournit un petit rameau ascendant, qui s’anastomose derrière l’axis avec un rameau descendant du grand nerf occipital, pour constituer l’arcade inférieure déjà mentionnée, du plexus postérieur ;

2° Elle émet un deuxième rameau cutané, qui, après avoir perforé le trapèze, s’élève verticalement en haut en longeant la ligne médiane et vient, comme le grand nerf occipital, se terminer dans la peau de la région occipitale.

Variétés. — Dans certains cas la branche postérieure du premier nerf cervical fournit un rameau cutané qui se distribue à la partie postérieure de la tête. Ce rameau s’anastomose, audessous de la peau, avec les filets terminaux du grand nerf occipital. Le grand nerf occipital peut fournir un rameau auriculaire pour la face interne du pavillon (W. Krause). — Il peut fournir encore la branche postérieure du premier nerf occipital ou, vice versa, être remplacé par cette dernière branche. — On l’a vu s’arrêter à la peau de la nuque. — Gruveilhier a vu les anastomoses en arcades qui relient les branches postérieures des trois premiers nerfs cervicaux faire défaut ; elles étaient suppléées dans ce cas par un plexus situé entre le grand complexus et le splénius. — De petits renflements gangliformes peuvent exister sur les branches postérieures des premier, troisième, quatrième, cinquième nerfs cervicaux (Cruveilhier), des sixième et septième (Hirschfei.d) ; ils n’ont été observés jusqu’ici que sur les rameaux musculo-cutanés de ces branches postérieures.

§ II. — Branches postérieures des nerfs dorsaux

Au nombre de douze, comme les paires dorsales dont elles dérivent, les branches postérieures des nerfs dorsaux se distinguent, au point de vue de leur distribution, en deux groupes : un groupe supérieur, comprenant les huit premières ; un groupe inférieur, formé par les quatre dernières.

1° Branches postérieures des huit premiers nerfs dorsaux. — Les branches postérieures des huit premiers nerfs dorsaux sont destinées à la région postérieure du tronc, spécialement à la partie postérieure des parois thoraciques.

a) La branche postérieure du premier nerf dorsal, analogue aux branches postérieures vies derniers nerfs cervicaux, fournit, comme ces dernières, des rameaux musculaires et des rameaux cutanés : des rameaux musculaires, pour les muscles qui se disposent en arrière des vertèbres ; des rameaux cutanés, pour la peau qui recouvre ces muscles.

P) Les branches postérieures des sept nerfs dorsaux suivants (2e, 3e, 4e, 5e, 6e, 7' et 8e), se portant obliquement en dehors et en arrière, passent en dedans du ligament costo-transversaire supérieur (voy. Arthrologie) et, dès leur entrée dans la gouttière vertébrale, elles se divisent chacune en deux rameaux : un rameau externe ou musculaire et un rameau interne ou musculo-cutané. — Le rameau externe ou musculaire (fig. 129,4) se porte dans l’espace celluleux qui sépare le long dorsal du sacro-lombaire et se ramifie dans ces deux muscles. — L q rameau interne (fig. 1 29,3; ou musculo-cutané, s’infléchissant en dedans vers la ligne médiane, glisse tout d’abord sur la face postérieure du transversaire épineux auquel il fournit quelques filets. Arrivé au sommet des apophyses épineuses, il traverse successivement les insertions d’origine du grand dorsal et du trapèze et arrive dans le tissu cellulaire sous-cutané. Fuyant alors la ligne médiane, il se porte en dehors et se perd en de fines ramifications dans la peau du dos et de l’épaule.

2J Branches postérieures des quatre derniers nerfs dorsaux. — Les branches postérieures des quatre derniers' nerfs dorsaux diffèrent des précédents, en ce qu’elles

Page 1