RÉSUMÉ DU NERF RADIAL
r. cutané interne, i n. du triceps et de l'anconé.
] r. cutané externe, j r. du brachial antérieur.
! r. du long supinateur.
\ r. du premier radial externe.
/ r. du deuxième radial externe.
( r. du court supinateur.
\ r. pour tous les muscles de la région postéj rieure de l’avant-bras, excepté l’anconé. • f r. articulaires.
\ r. pour le court abducteur du pouce, y r. carpiens et métacarpiens.
) i or et 2e collatéraux dorsaux.
Variétés. — Le nerf radial peut, pour gagner la face postérieure du bras, passer par le quadrilatère que suit le circonflexe, au-dessus du grand rond par conséquent. — J’ai vu plusieurs fois le nerf radial donner un rameau au muscle sous-scapulaire. — Il envoie un petit rameau au trou nourricier de l’humérus. — Le rameau de la longue portion du triceps fournit un filet articulaire à la capsule de l’épaule (W. Krvuse). — Villar [Bull. Soc. anat., 1888) a vu le radial émettre un rameau qui, après un certain trajet, se bifurquait : l’une des branches se rendait au vaste interne ; l'autre se fusionnait avec le nerf cubital. — Le nerf de l’anconé est décrit comme provenant du nerf du vaste externe (Cruveilhier), du nerf du vaste interne (Henle), de la branche terminale postérieure du radial (Lusckha). Krause estime que ce muscle reçoit deux rameaux : Lun, supérieur, qui vient du tronc du radial, en empruntant l’un ou l'autre des rameaux des vastes ; l’autre, inférieur, qui émane de la branche postérieure du radial. — Du nerf de l’anconé se détache un rameau articulaire pour le coude (Langer). — On a vu la branche terminale antérieure double. — Cette dernière branche peut fournir un rameau à la paume de la main.
Sur le dos de la main, la branche antérieure du radial peut être remplacé'1, en partie ou même quelquefois en totalité, par les nerfs voisins : le musculo-cutané, la branche postérieure du radial et même le cubital, que j’ai vu dans un cas s’avancer jusqu’au côté interne du pouce. — Par contre, la branche cutanée du radial peut, plus importante qu’à l’ordinaire, se distribuer au quatrième doigt ou même au cinquième, prenant ainsi la place du cubital. J’ai observé deux faits de ce genre : dans le premier cas, la branche dorsale du cubital s’arrêtait à la racine du petit doigt et ne prenait aucune part à l’innervation des doigts ; dans le second, elle se terminait sur le côté interne du petit doigt, en constituant un dixième collatéral très grêle.
Au sujet de la part qui revient, dans l’innervation du dos de la main, à chacun des deux nerfs
a). Branches collatérales
Br. postérieure
b). Branches terminales.
Br. antérieure
PLEXUS BRACHIAL
radial et cubital, voy. Brooks, On the distribution of the cutaneous nerves on the dorsum of the humanhand. Internat. Monatsschrift f. Anatomie u. Physiology, t. V, 1888 ; Hédon Etude critique sur l’innervation de la face dorsale de la main, ibid. , t. VI, 1889.
G. — Nerfs collatéraux des doigts
Chacun des cinq doigts reçoit quatre rameaux nerveux qui cheminent verticalement le long de ses bords et que l’on désigne, pour cette raison, sous le nom de nerfs collatéraux des doigts. De ces quatre nerfs, deux sont principalement destinés à la face antérieure ou palmaire : ce sont les collatéraux palmaires , que l’on distingue, d’après leur situation, en collatéral palmaire interne et collatéral palmaire externe. Les deux autres se distribuent à la face postérieure ou dorsale : ce sont les collatéraux dorsaux, que l’on distingue également en collatéral dorsal interne et collatéral dorsal externe.
1° Collatéraux palmaires. — Les collatéraux palmaires longent latéralement les tendons fléchisseurs et se partagent, au niveau de sa dernière phalange, en deux filets terminaux : l’un, antérieur, qui s’épanouit dans la pulpe des doigts; l’autre, postérieur, qui se ramifie dans le derme sous-unguéal. Chaque collatéral palmaire s’anastomose en outre :
en avant, avec le deuxième collatéral palmaire du doigt auquel il appartient ; en arrière, avec le collatéral dorsal correspondant.
2° Collatéraux dorsaux. — Les
collatéraux dorsaux s’épuisent, en filaments très grêles, sous la peau qui recouvre la face dorsale des doigts.
3° Provenance des nerfs collatéraux des doigts. — Ce mode de distribution générale des collatéraux étant connu, il ne sera pas inutile de rappeler sommairement quelle est leur provenance :
a) Les collatéraux palmaires étant au nombre de dix, les sept premiers, en allant du pouce au petit doigt, proviennent du médian ; les trois autres sont fournis par le cubital (fi g. 146 et 147).
P) Les co llatéraux dorsaux sont également au nombre de dix. On admettait autrefois, et quelques classiques admettent encore aujourd’hui, que les cinq premiers
Nerfs de la face dorsale de la main.
1, rameaux cutanés de la face dorsale de l'avant-bras. — 2, nerf musculo-cutané. — 3, nerf cubital. — 4, nerf radial. — 5, anastomose entre ces deux nerfs. — 6. collatéral dorsal interne du petit doigt. — 7, collatéral dorsal externe du pouce. — 8, rameaux provenant d’une branche palmaire du cubital. — 9, 9, 9, 9. 9, 9, rameaux provenant des branches palmaires du médian.
SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE
sont fournis par le radial, les cinq derniers par le cubital. Les recherches de Henle (. Nervenlehre , 1873, p. 499) et de Richelot ( Arcli . de Physiologie, 1875, p. 116), confirmées aujourd’hui par la plupart des anatomistes, ne nous permettent pas d’accepter cette formule comme parfaitement exacte. Les deux collatéraux dorsaux du pouce proviennent bien du radial ; de même, les deux collatéraux dorsaux du petit doigt émanent du cubital et descendent, comme sur le pouce, jusqu’à la phalange unguéale. Mais, pour les trois doigts du milieu, index, médius et annulaire, l’innervation est tout autre. Les rameaux dorsaux, collatéraux dorsaux tout rudimentaires. que le radial et le cubital envoient à ces trois doigts (fig. 153), se distribuent exclusivement à la face dorsale de la première phalange et ne dépassent pas ou ne dépassent que très peu l’articulation de la première phalange avec la seconde. Les rameaux destinés à la face dorsale de la deuxième et de la troisième phalange, véritables collatéraux dorsaux de ces trois doigts du milieu, sont fournis par les collatéraux palmaires correspondants : par le médian, pour l’index et le médius; par le médian encore, pour le côté externe de l’annulaire ; par le cubital, enfin, pour le côté interne du même doigt (fig. 153 et 155).
4° Mode de terminaison des collatéraux des doigts, sensibilité récurrente. — Nous venons de voir que chacun des doigts reçoit quatre nerfs collatéraux, deux pour la région palmaire, deux pour la région dorsale. Si nous nous en tenions à ces simples données fournies par le scalpel, nous en conclurions que chaque nerf collatéral se distribue à une région déterminée des doigts et que chaque doigt possède, en conséquence, quatre territoires à innervation indépendante.
Les recherches expérimentales d’AuLOiNG et Tripier (Arch. de Physiologie , 1859, p. 33 et 307) sont. en opposition formelle avec de pareilles conclusions. Ces expérimentateurs sectionnent, sur le chien, l’un des quatre collatéraux qui se rendent à un doigt. Cette section devrait, ce semble, entraîner la paralysie dans un quart de la peau du doigt. Or, il n’en est rien : aucun changement ne survient dans la sensibilité. La section de deux nerfs collatéraux la modifie à peine. Celle de trois nerfs collatéraux ne fait que l’atténuer, et il faut, pour l’abolir entièrement, sectionner à la fois les quatre collatéraux. L’enseignement qui découle de ces expériences est que le champ de distribution des nerfs collatéraux est beaucoup plus étendu qu’on serait tenté de le croire avec les seules données de l’anatomie descriptive. Chacun d’eux, soit par ses rameaux directs, soit par les rameaux anastomotiques qu’il jette sur les nerfs voisins, couvre de ses ramifications terminales toutes les parties du doigt, et comme corollaire, chaque partie du doigt, si minime soit-elle, reçoit -des fibres nerveuses des quatre collatéraux.
Les expériences d’ÀRLoiNG et Tripier ont mis en lumière ce deuxième fait que, lorsqu’un nerf cutané de la main a été sectionné, le bout central et le bout périphérique sont l’un et l’autre également sensibles. Toutefois, cette sensibilité du bout périphérique n’est qu’une sensibilité d’emprunt, appartenant en réalité aux filets nerveux voisins. Elle s’explique nettement par la disposition anatomique suivante : au moment de se terminer dans les téguments des doigts, les nerfs collatéraux jettent sur les nerfs voisins un certain nombre de leurs fibres, lesquelles, au lieu de poursuivre leur chemin vers la périphérie, se réfléchissent sur ellesmêmes pour suivre un trajet récurrent et remonter ainsi vers les centres. Il s’ensuit que, lorsqu’on excite le bout périphérique d’un nerf sectionné, l’excitation rencontre dans ce bout périphérique un certain nombre de fibres (les fibres récurrentes que nous venons de décrire), qui ont conservé leurs relations avec la
INNERVATION DU MEMBRE SUPÉRIEUR
moelle et qui, comme telles, sont capables de la recueillir et de la transporter par un chemin détourné jusqu’aux centres récepteurs. C’est de la sensibilité récurrente tout à fait analogue à celle que Longet d’abord, Magendie ensuite ont constatée depuis longtemps sur les racines antérieures des paires rachidiennes.
Cette explication anatomique n’est pas une simple hypothèse et les fibres récurrentes existent réellement. Arloing et Tripier, en effet, examinant un mois après l’opération les deux bouts d’un nerf sectionné, ont constaté la présence : 1° dans le bout périphérique, d’un certain nombre de fibres restées saines ; 2° dans le bout rentrai, d’un certain nombre de fibres dégénérées. Ces fibres ne sont autres que nos fibres récurrentes, qui ont dégénéré dans le bout central parce qu’elles ont été séparées de leur ganglion spinal, qui est leur véritable centre trophique, qui, au ■contraire, sont restées saines dans le bout périphérique parce qu’elles ont conservé leurs relations avec ce même ganglion spinal.
Si l’existence des fibres récurrentes sur les nerfs de la main est un fait anatomique nettement établi, il est impossible de rien préciser en ce qui concerne leur terminaison ultime. Tout ce qu’on peut dire, c’est que la sensibilité récurrente est d’autant plus prononcée qu’on se rapproche davantage de l’extrémité terminale des nerfs. Elle s’atténue graduellement au fur et à mesure qu’on s’éloigne des doigts et, déjà au pli du coude, elle n’existe plus. Aucune de ces fibres ne remonte donc jusqu’aux centres. Il est probable qu’après un certain parcours, variable pour chacune d’elles, elles se séparent du nerf qui leur avait servi momentanément de substratum et qu’elles viennent se terminer dans les téguments.
§ III. — Résumé de l'innervation du membre supérieur
Le membre supérieur ou thoracique reçoit trois ordres de nerfs : 1° des nerfs vasculaires , vaso-constricteurs et vaso-dilatateurs, qui se distribuent aux vaisseaux -et qui, en réglant l’apport du sang, tiennent sous leur dépendance la calorification et la nutrition ; 2° des nerfs moteurs, qui se terminent dans les muscles de la vie de relation et qui président aux mouvements, si variés et si importants chez l’homme, du bras, de l’avant-bras et de la main ; 3° des nerfs sensitifs , enfin, .affectés à la sensibilité.
1° Nerfs vasculaires. — Les nerfs vasculaires forment autour des artères de riches plexus, portant le même nom que les vaisseaux sur lesquels ils sont situés ■et qu’ils enlacent de leurs mailles irrégulières. Ces nerfs proviennent en majeure partie du plexus sous-clavier (voy. Grand sympathique ), lequel à son tour tire son origine du ganglion cervical inférieur. Mais, au fur et à mesure qu’ils s’éloignent de leur lieu d’origine, les plexus périvasculaires sont bien certainement renforcés par des filets additionnels, qui se détachent, sur des points divers, des différentes branches du plexus brachial. J’ai déjà signalé plus haut le filet vasculaire que le nerf musculo-cutané envoie à l’artère humérale, filet qui se rencontre chez l’homme dans une proportion de une fois sur six. Des filets de même nature se détachent, h l’avant-bras, du nerf cubital et du nerf radial et se jettent sur les artères homonymes. J’ai vu dans un cas, comme je l’ai signalé plus haut, le nerf médian traversé au pli du coude par' l’artère cubitale et fournissant à ces vaisseaux deux filets à la fois très courts et très grêles. J’ai rencontré aussi fréquemment, à la région palmaire, des filets nerveux très ténus qui se détachaient des branches palmaires du médian ou du cubital et se terminaient sur les artères digitales.
ANATOMIE HUMAINE. — T. III, 6e ÉDIT.
Quelle est la nature de ces rameaux que les nerfs du système cérébro-spinal jettent, au cours de leur trajet, sur les artères voisines ? Vont-ils se terminer dans les fibres lisses de ces artères, et, dans ce cas, les sollicitent-ils à se contracter, ou bien exercent-ils sur elles une influence d’arrêt ? Sont-ce, au contraire, des nerfs sensibles, transportant continuellement aux centres médullaires ou périphériques des sensations de pression intra-vasculaire et réglant ainsi, par voie réflexe, les circulations locales? Nous l’ignorons complètement : seule, l’expérimentation physiologique pourrait résoudre le problème.
2 Nerfs moteurs. — Les muscles de l’épaule, du bras, de l’avant-bras et de la main reçoivent leurs nerfs du plexus brachial.
A. Provenance des différents nerfs musculaires. — Le tableau suivant indique pour chaque muscle, le mode d’origine de son nerf :