RÉSUMÉ DU NERF CUBITAL
( R. articulaires.
, „ 7 \ R. musculaires, pour .
a) Branches collaterales. { ^
f R. anastomotique.
( N. cutané dorsal . . .
!Br. superficielle . . . .
v Br. profonde
cubital antérieur.
1/2 fléchis, comm. profond des doigts.
r. carpiens et métacarpiens.
^ 9e et 10e collatéraux dorsaux.
n. du palmaire cutané.
<. anast. avec le médian, f 8e, 9e et 10e collatéraux palmaires.
in. des muscles hypothénar.
n. des 3e et 4° lombricaux.
n. des interosseux, n. de l’adducteur du pouce, n. du court fléchisseur du pouce (fais. int.).
Variétés. — Le nerf cubital est parfois renforcé à son origine par un filet surnuméraire, qui provient de la septième cervicale ou bien de la racine externe du médian (Quain). — W. Krause (Arch. f. Anal. u. Phys., 1864) l’a vu se réunir au brachial cutané interne par une anastomose ansiforme située à fi centimètres au-dessus de l’épitrochlée. — 11 passe quelquefois en avant de l’épitrochlée (Gruber, Zuckerkandl). — Turner (Nat. hist. Beview, 1864) l’a vu envoyer quelques filets au fléchisseur superficiel des doigts. — On l’a vu fournir trois filets aux trois faisceaux internes du fléchisseur commun profond. — Je l’ai vu, deux fois, fournir leurs filets aux trois derniers lombricaux. — Il peut innerver, de même, le premier lombrical (Wilson). — Lorsque le muscle épitrochléo-cubital (voy. Myologie) existe, ce muscle reçoit un filet du nerf cubital. — Plusieurs fois, j’ai vu les branches cutanées terminales du cubital, former, en avant de l’éminence hypothénar, un véritable plexus. — Dans un cas, que j’ai observé en 1887, le cubital fournissait au tiers supérieur de l’avant-bras un long rameau, qui descendait à la région palmaire et s’y divisait en quatre filets : le premier pour le nerf médian, le deuxième pour la branche superficielle du cubital, les deux autres pour les deux lombricaux internes.
Villar (Bull. Soc. anat., 1888) a vu, à la partie moyenne de l’avant-bras, le médian et le cubital s’envoyer mutuellement une anastomose.
Assez fréquemment (une fois sur trois ou une fois sur quatre), les deux nerfs cubital et médian s’anastomosent au tiers supérieur de l’avant-bras. Cette anastomose, située entre les muscles épitrochléens et le fléchisseur commun profond des doigts, présente du reste des variations individuelles fort nombreuses : elle est simple ou complexe, transversale ou oblique, volumineuse ou réduite à un filet fort grêle. Sa signification physiologique est encore fort obscure et cette signification varie certainement suivant les cas.
L’anastomose palmaire du cubital et du médian peut se détacher du tronc du cubital avant sa bifurcation. — Elle peut manquer. — Par contre, elle peut être double. — Elle peut être disposée en V, en Y ou former, entre les deux nerfs, un véritable plexus. — Je l’ai vue plusieurs fois traversée par une artère digitale ou même par l’arcade palmaire superficielle.
Assez souvent, la branche profonde du cubital s’anastomose, au niveau des muscles hypothénar, avec le rameau que le médian envoie au faisceau externe du court fléchisseur du pouce. — Dernièrement, j’ai vu cette anastomose formée par un véritable plexus. — Dans un cas observé par Riche, le nerf du premier lombrical s’anastomosait avec un rameau de la branche profonde du cubital.
Sur la face dorsale de la main, le cubital peut suppléer le radial ou, vice versa, être remplacé par lui (voy. Radial, p. 190).
F. — Nerf radial
Le nerf radial (fig. 137, 3 et 149, 6) est l’une des branches les plus considérables du plexus brachial : il n’a d’égal, à ce point de vue, que le nerf médian, qu’il sur-
ANATOMIE HUMAINE. — T. III, 6e ÉDIT. 24
SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE
passe quelquefois en volume. Du reste, comme le médian et le cubital, il s’étend
depuis le creux de l’aisselle jusqu’à l’extrémité inférieure des doigts.
1° Origine. — Le radial naît, à la partie postérieure du plexus brachial, d’un tronc qui lui est commun avec le circonflexe et à la constitution duquel concourent à la fois les cinq branches du plexus. Le nerf radial tire plus particulièrement ses fibres des sixième, septième et huitième nerfs cervicaux, quelquefois aussi du cinquième.
2° Trajet. — Immédiatement après son origine, le radial se porte obliquement en bas. en dehors et en arrière.
Il sort de l’aisselle au niveau de son angle postéro-externe et s’engage alors dans la gouttière de torsion de l’humérus, qu’il parcourt dans toute son étendue. Il longe ensuite le bord externe de cet os, le contourne d’arrière en avant, en perforant l’aponévrose intermusculaire externe, etarrive ainsi au pli du coude, où il se termine en se bifurquant.
Le radial contourne donc l’humérus à la manière d’une demi-spirale, d’où le nom de nerf musculo-spiral que lui donnent les anatomistes anglais, Quain et Gray entre autres.
3° Rapports. — Le nerf radial, se terminant au pli du coude en tant que tronc nerveux, ne nous présente que deux portions, une portion axillaire et une portion brachiale.
a. Dans Vaisselle (fig. 137, 3), le radial est profondément placé en arrière de l’artère axillaire, qui 'le sépare du médian et du cubital. Il repose tout d’abord sur le sousscapulaire, puis sur les tendons réunis du grand dorsal et du grand rond.
Fig. 149.
Le nerf circonflexe et le nerf radial, vus à la face postérieure de l’épaule et du bras.
b. Au bras , le radial occupe successivement la face postérieure ou plan d’extension et la face antérieure ou plan de flexion. — Sur là face postérieure (fig. 149,6), il chemine dans la gouttière de torsion, en compagnie de l’artère humérale profonde et des veines homonymes. En] dehors de lui, se trouve le vaste externe; en dedans de lui, le vaste interne. La longue portion du triceps, qui se trouve entre les deux vastes, le recouvre et le sépare de l’aponévrose superficielle et de la peau. — Sur la face antérieure (fig. l’ 0, l), le radial chemine [dans une gouttière profonde, qui est formée en dedans par le brachial antérieur, en dehors par le long supinateur et
1, nerf sus-scapulaire. — 2, nerf circonflexe, avec : 3, le nerf du petit rond : 4, son rameau cutané de l'épaule; 5. 5, ses rameaux dclloïdiens. — (!, nerf radial, avec : 7, rameaux de la longue portion du triceps ; 8, rameau du vaste interne ; 9, rameau du vaste externe et de l'anconé ; 10, son rameau cutané externe. — 11, nerf cubital. — 12, artère scapulaire supérieure. — 13, artère circonflexe postérieure.
PLEXUS BRACHIAL
le premier radial externe. Il repose directement sur la face externe de Los et se trouve toujours accompagné par l’artère humérale profonde et ses veines.
4° Distribution. — Au cours de son trajet, le nerf radial fournit deux ordres de branches, des branches collatérales et des branches terminales :
A. Branches collatérales. — Depuis son origine jusqu’à sa bifurcation, le nerf radial fournit huit branches collatérales, savoir (fig. 149) : le rameau cutané interne, les rameaux delà longue portion du triceps, le rameau du vaste externe et de Vanconé, le rameau cutané externe , le rameau du brachial antérieur, les rameaux du long supinateur et du premier radial externe.
a. Rameau cutané interne. — Le rameau cutané interne (fig. 141,4) se sépare du radial à la partie supérieure du bras, au moment où le tronc nerveux va s’engager dans la gouttière de torsion. D’abord sousaponévrotique , il perfore bientôt l’aponévrose brachiale et se distribue, par plusieurs filets, à la peau de la région postéro-interne du bras. L’un de ces filets descend ordinairement jusqu’au voisinage de l’olécrane.
b. Rameaux de la longue portion du triceps. — Ces rameaux sont destinés, comme leur nom l’indique, à la longue portion du triceps brachial . Au nombre de trois ou quatre, ils se distinguent en rameaux supérieurs, qui pénètrent le muscle à sa partie supérieure, et en rameaux inférieurs , qui descendent jusqu’au voisinage de son tendon olécranien.
c. Nerf du vaste interne. — Le nerf du vaste interne se perd dans l’épaisseur de ce muscle par des filets toujours multiples. De ces filets, il en est un que l’on pourrait appeler long filet du vaste interne et qui descend verticalement en bas le long du bord interne de l’humérus, le long du nerf cubital par conséquent, pour ne pénétrer dans le vaste interne qu’au voisinage du coude. Ce dernier filet s’accole parfois au nerf cubital d’une façon tellement intime qu’on pourrait le prendre , au premier abord , pour une anastomose jetée entré le radial et le cubital.
d. Nerf du vaste externe et de Vanconé. —
Ce rameau (fig. 149,9), remarquable par sa
longueur, se détache du tronc nerveux dans la gouttière de torsion. Après avoir fourni plusieurs filets au vaste externe, il vient se terminer dans le muscle anconé.
e. Rameau cutané externe. — Le rameau cutané externe (fig. 141, 7) se sépare du radial dans la partie inférieure de la gouttière de torsion. Il perfore le vaste externe et l’aponévrose brachiale au niveau des insertions supérieures du long supinateur et se distribue, par des filets descendants, à la peau de la région postérieure de l’avant-bras.
Fig. 150.
Le nerf radial au pli du coude.
1, nerf radial. — 2, sa branche de bifurcation postérieure. — 3, sa branche de bifurcation antérieure.
— 4, nerf du long supinateur. — 5, nerf du premier radial externe. — 6, nerf du deuxième radial externe.
— 7, nerf du court supinateur. — 8, petit rameau destiné au brachial antérieur. — 9, nerf musculocutané (sa branche cutanée).
f. Rameau du brachial antérieur. — Le rameau du brachial antérieur est un filet nerveux fort grêle (fig. 150,8;, qui se détache du radial au moment où celui-ci ai rive à la face antérieure du bras. Il se perd dans les faisceaux les plus externes du muscle brachial antérieur. Ce rameau, qui n’est signalé, ni par Cruveilhier, ni par Hirschfeld, ni par Sappey, est pourtant à peu près constant : je l’ai observé, pour ma part, avec une proportion de 75 p. 100.
g. Nerf du long supinateur. — Le nerf du long supinateur naît au même niveau que le précédent ou un peu au-dessous. Il se porte obliquement en bas et en dehors,
et vient se terminer à la face profonde du long supinateur.
h. Nerf du premier radial externe.
— Ce nerf se détache du radial un peu au-dessous du précédent. Il se distribue au muscle premier radial externe, qu’il pénètre par sa face profonde.
B. Branches- terminales. — Un peu au-dessus de l’interligne articulaire du coude, le nerf radial (fig. 150) se partage en deux branches terminales, l’une antérieure ou cutanée, l’autre postérieure ou musculaire .
a. Branche postérieure ou musculaire. — La branche postérieure, la plus considérable des deux , tire ses fibres du sixième et du septième nerf cervical, quelquefois aussi du huitième.
Presque immédiatement après son origine, elle fournit un rameau au deuxième radial externe ( nerf du deuxième radial externe). Se portant ensuite en bas, en dehors ou en arrière, elle perfore le court supinateur, auquel elle envoie plusieurs rameaux ( nerf du court supinateur), contourne en spirale le col du radius et arrive ainsi à la face postérieure de l’avant-bras, entre les muscles de la couche superficielle et les muscles de la couche profonde.
Là, la branche postérieure du radial fournit (fig. 151 et 152) un nombre considérable de rameaux, tous musculaires. — Les uns, rameaux postérieurs, se dirigent vers les trois muscles de la couche superficielle, l’extenseur commun des doigts, l’extenseur propre du petit doigt et le cubital postérieur. — Les autres, rameaux antérieurs, se distribuent aux quatre muscles de la couche profonde, le long abducteur du pouce, le long extenseur du pouce et l’extenseur propre de l’index.
Après avoir fourni ces nombreux rameaux musculaires, la branche postérieure
Fig. 151.
Branche postérieure du radial, vue sur le côté externe du coude.
i, tronc du radial. — 2, sa branche antérieure. — 3, sa branche postérieure. — 4, filet destiné au brachial antérieur. — 5, nerf du long supinateur. — 6, nerf du premier radial externe. — 7, nerf du second radial externe. — 8, nerf du court supinateur. — 9, nerf de l’extenseur commun des doigts. — 1Û, nerf de l’extenseur propre du petit doigt. — 11, nerf du cubital postérieur. — 12, nerf destiné aux muscles profonds de la face postérieure de l’avant-bras.
PLEXUS BRACHIAL
du radial, considérablement amoindrie, s’engage avec les tendons de l’extenseur commun des doigts sous le ligament annulaire postérieur du carpe et s’épanouit, sur le dos de la main, en de nombreux filets articulaires, qui se perdent dans les articulations radio-car piennes, carpiennes et carpo-métacarpiennes.
D’après Rüdinger et Rauber, ces filets articulaires peuvent être suivis, le long des espaces interosseux de la main, jusqu’aux articulations métacarpo-phalangiennes.
b. Branche antérieure ou cutanée. — La branche de bifurcation antérieure du radial (fig. 144, 19), beaucoup plus petite que la précédente, comprend des fibres qui proviennent du sixième nerf cervical, quelquefois aussi du cinquième ou du septième. Cette branche, destinée exclusivement à la peau du dos de la main et des doigts, descend verticalement en bas, en dedans du long supinateur et des radiaux, en dehors de l’artère radiale, qui est venue la rejoindre. Elle croise ainsi successivement les insertions radiales du court supinateur, du rond pronateur et du fléchisseur superficiel des doigts, qui la séparent du radius. Arrivée au tiers inférieur de l’avant-bras, elle s’anastomose, comme nous l’avons vu, avec une division du nerf musculo -cutané.
Puis, obliquant en dehors et en arrière, elle contourne le radius, perfore l’aponévrose antibrachiale le long du bord postérieur du muscle long supinateur et se divise alors en trois rameaux, quel’on distingue, d’après leurdirection, en externe , moyen, interne (fig. 153, 4) : a) L % rameau externe, continuant la direction du nerf qui le fournit, longe le bord externe de la main et vient constituer le nerf collatéral dorsal externe du pouce. Il abandonne parfois, tout près de son origine’, un filet à l’éminence thénar. Ce filet thénarien, bien décrit par Lejars (1890), se distribue, en partie à la peau de l’éminence thénar, en partie au muscle court abducteur du pouce, qui, recevant d’autre part un rameau du médian, se trouve avoir ainsi une double innervation.
P) Le rameau moyen descend en arrière du premier espace interosseux et se subdivise luimême en deux filets : un filet externe qui forme le nerf collatéral dorsal interne du pouce ; un filet interne, qui s’épuise en filaments très
Fig. 152.
Branche postérieure du radial, vue à la face postérieure de l’avant-bras.
1, tronc du radial. — 2, nerf du vaste externe et de i’anconé. — 3, petit filet pour le brachial antérieur. — 4, nerf du long supinateur. — 5, nerf du premier radial externe. — 6, branche postérieure du radial, découchant à la face postérieure de l'avant-bras. — 7, nerf de l’extenseur commun des doigts. — 8, nerf de l’extenseur propre du petit doigt. — 9, nert du cubital postérieur. — 10, nerf du long abducteur du pouce. — 11, nerf du court extenseur du pouce. — 12, nerf du long extenseur du pouce. — 13, nerf de l’extenseur propre de l’index. — 14, branche terminale pour le carpe. — 15, nerf cubital, avec 16, sa branche cutanée dorsale. — 17, collatéraux dorsaux des doigts.
SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE
fins dans la peau qui recouvre la face dorsale de la première phalange de l’index.
y) Le rameau interne, enfin, après s’être anastomosé comme nous l’avons déjà vu (p. 183) avec une division du nerf cubital, abandonne quelques filets très grêles à la peau de la région dorsale de la main et se partage ensuite en deux filets terminaux. Ces deux filets, se séparant à angle aigu, se portent, l’un vers la racine de l’index, l’autre vers la racine du médius et, là, fournissent chacun un pinceau de ramuscules à la peau qui recouvre la face dorsale de la première phalange de ces deux doigts.
En résumé, le nerf radial, comme le médian et le cubital, fournit des branches musculaires et des branches cutanées :
a) Par ses branches musculaires , il innerve : 1° tous les muscles de la région postérieure du bras ; 2° tous les muscles de la région externe et de la région postérieure de l’avant-bras ; 3° un muscle de l’éminence thénar, le court abducteur du pouce (pas constant).
P) Par ses branches cutanées , il préside à la sensibilité de la peau : 1° de la partie postéro-interne du bras ; 2° de la face postérieure de l’avant-bras (partie moyenne seulement) ; 3° de la moitié externe du dos de la main ; 4° de la face dorsale du pouce ; 5° de la face dorsale de la première phalange de l’index ; 6° de la face dorsale (moitié externe seulement) de la première phalange du médius.