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NERF OLFACTIF

Leur nombre varie, lui aussi, non seulement sur chaque sujet, mais, sur le même sujet, d’un côté à l’autre.

2° Relations avec les centres nerveux, voie olfactive. — Yoy. t. If, Origine des nerfs crâniens, p. 963.

3° Trajet, distribution. — En quittant le bulbe, les nerfs olfactifs, suivant un trajet descendant, traversent les trous de la lame criblée, enveloppés chacun dans un prolongement de la dure-mère, et arrivent ainsi à la partie supérieure des fosses nasales. Là, ils se séparent en deux groupes, l’un interne , l’autre externe : a. Rameaux externes. — Les rameaux externes (fig. 43), au nombre de douze

Fig. 43. Fig. 44.

Fig. 43. — Paroi externe des fosses nasales, pour montrer les rameaux externes

du nerf olfactif.

1, bandelette olfactive. — 2, bulbe olfactif. — 3, ramifications externes du nerf olfactif. — 4, nerf maxillaire supérieur. — . 5, ganglion «phéno-palatin. — 6, nerf ptérvgo-palatin. — 7, nerf vidien. — 8, nerf sphéno-palatin interne, sectionné près de son origine. — 9, nerf sphéno-palatin externe. — 10, nerf palatin postérieur. — il, nerf palatin moyen. — 12, nerf palatin antérieur, avec 12’, son anastomose avec le sphéno-palatin interne. — 13, nerf nasal postérieur. — 14, rameau externe du nasal interne, avec 14’, naso-lobaire. — 15, orifice interne de la trompe d'Eustache. — 16, branches terminales du nerf palatin moyen.

Fig. 44. — Paroi interne des fosses nasales, pour montrer les rameaux internes

du nerf olfactif.

1, ramifications du nerf olfactif dans la pituitaire. — 2, filet interne du nasal interne. — 3, nerf sphéno-palatin interne, sectionné en arrière. — 3’, son anastomose avec le nerf palatin antérieur 4.

à vingt (Valentin), s’étalent sur le cornet supérieur et sur le cornet moyen, en formant un riche plexus à mailles losangiques, dont les filets terminaux se perdent dans cette portion de la muqueuse olfactive qui recouvre la face interne des deux cornets précités. Nous verrons plus loin, à propos des organes des sens, que certains histologistes, notamment von Brunn, restreignent beaucoup en hauteur ce domaine des nerfs olfactifs. En tout cas, la muqueuse des deux méats moyen et supérieur ne paraît recevoir aucun rameau des nerfs olfactifs.

b. Rameaux internes. — Les rameaux internes (fig. 44), au nombre de douze à seize (Valentin), se portent en dedans vers la cloison des fosses nasales et s’y résolvent en une multitude de filets divergents, qui s’étalent, à la manière d’un éventail, sur la face profonde de la muqueuse. Gomme les rameaux externes, les rameaux internes s’envoient mutuellement de nombreuses anastomoses et forment un plexus. Ce plexus, toutefois, est beaucoup moins riche que celui qui s’étale sur

ANATOMIE HUMAINE. — T. III, 6e ÉDIT.

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la paroi externe des fosses nasales : malgré les anastomoses précitées, qu'ils échangent entre eux, les rameaux internes de l’olfactif affectent une disposition plus ou moins pénicillée. Finalement, ils s’épuisent dans la partie supérieure de la cloison. Remy (Th. d’agrég., 1878, p. 25) a pu suivre quelques filets olfactifs jusque dans la muqueuse des sinus sphénoïdaux.

4° Structure. — Les filets olfactifs diffèrent des nerfs ordinaires, des filets du trijumeau par exemple, par une coloration grisâtre : ce sont des nerfs gris, demi-

transparents, gélatineux, ressemblant au tissu tendineux à l’état embryonnaire (Schultze). Cet aspect spécial, qui rappelle les filets sympathiques, provient de ce que les fibres constitutives des nerfs olfactifs sont dépourvues de myéline. Elles présentent ainsi la plus grande analogie avec les fibres de Remak : comme ces dernières, elles sont cylindriques, striées longitudinalement, parsemées de gros noyaux ovalaires à grand axe dirigé dans le sens de la fibre elle-même (fig. 45, A et B). \

Les fibres olfactives diffèrent cependant des fibres de Remak, par leur volume d’abord, qui est beaucoup plus considérable, puis par l’absence d’anastomoses : elles sont intimement accolées les unes aux autres, mais elles n’échangent jamais de fibrilles. D’autre part, à leur terminaison, les filets nerveux constitués par des fibres de Remak affectent une disposition plus ou moins plexiforme, tandis que les ramifications olfactives nous présentent une disposition plutôt arborescente.

Du reste, les fibres olfactives se groupent en faisceaux, entourés chacun, comme les faisceaux des nerfs à myéline, par une gaine lamelleuse simple ou feuilletée. Ces gaines renferment, dans leur intérieur, un nombre plus ou moins considérable de faisceaux primitifs, séparés les uns des autres par de minces tractus conjonctifs et par des espaces lymphatiques.

Fig. 45.

Fibres du nerf olfactif de l’homme : A, réunies en faisceau ; B, isolées par dissociation (d’après A. Key et Retziiis).

5° Terminaison. — Le mode de terminaison des nerfs olfactifs dans la muqueuse nasale sera étudié plus loin, à propos des organes des sens (voy. Sens de V olfaction). Nous nous contenterons de rappeler ici que chacune des fibres olfactives se continue avec le prolongement central d’une cellule olfactive, laquelle, nous le savons, est une véritable cellule nerveuse. Les fibres olfactives représentent, ainsi, les prolongements cylindraxiles des cellules olfactives (voy. t. Il, Voie olfactive). Depuis longtemps déjà, Swann et Fischer ont signalé, le premier chez les oiseaux, le second chez les batraciens, l’existence d’anastomoses unissant, en pleine muqueuse pituitaire, les filets de l’olfactif et les filets du trijumeau ; mais ces anastomoses, comme l’établissent les recherches ultérieures de Brocchi (Bull. Soc. phi lom. de Paris, 1877), n’existent ni chez les animaux ni chez l’homme.

Variétés : absence des nerfs olfactifs. — Des faits d’absence congénitale de la bandelette olfactive et du bulbe olfactif ont été signalés depuis déjà longtemps par Rosënmüller , par Cerijtïi,

NERF OPTIQUE

par Pressât, etc. Cette anomalie paraît avoir coïncidé, dans les cas précités, avec l’absence du sens de l’odorat (anosmie). Une pareille coïncidence est en parfait accord avec ce que nous enseignent la physiologie et la clinique, à savoir : que le nerf olfactif est le nerf de l’odorat et que l’anosmie accompagne fatalement la destruction du nerf, que cette destruction soit expérimentale ou pathologique.

Il existe pourtant dans la littérature anatomique deux faits , celui de Cl. Bernard ( Leçons sur le système nerveux, 1858, p. 229) et celui de Le Bec (Bull. Soc. de Biologie , 1883), où l’absence des nerfs olfactifs a été constatée à l’autopsie chez des sujets qui, de leur vivant, possédaient comme tout le monde l’impressionnabilité pour les odeurs. A ces deux faits, je puis en ajouter un troisième : au mois de juin 1890, en faisant l’autopsie d’un sujet qui était mort la veille à l’Hôtel- Dieu de Lyon, dans le service de M. le professeur Lépine, je n’ai trouvé sur son cerveau aucune trace du bulbe olfactif et de la bandelette olfactive ; or, il résulte des renseignements très précis qui m’ont été fournis depuis par sa femme, que le sujet en question jouissait de l’odorat et percevait les odeùrs comme le commun des hommes.

Pour expliquer ces faits de persistance de l’odorat malgré l’absence des nerfs olfactifs, certains physiologistes n’ont pas craint, suivant en cela l’exemple de Magendie, de déposséder le nerf olfactif de la fonction de transmettre au cerveau des impressions odorantes et d'accorder ce rôle au nerf de la cinquième paire. Une pareille interprétation ne me paraît nullement acceptable : l’anatomie comparée, la physiologie expérimentale et l’observation anatomo-clinique déposent contre elles, en établissant, par des faits aussi nombreux que précis, que le nerf olfactif est bien réellement le nerf qui relie aux centres nerveux les cellules olfactives de la pituitaire.

M. Duval [Bull. Soc. d’ Anthropologie, 1884), en étudiant avec soin le cerveau qui fait l’objet de l'observation de Le Bec, a constaté : d’une part, la présence de filets olfactifs dans la muqueuse pituitaire, d’autre part, sur le cerveau lui-même, l’existence de véritables moignons d’implantation des nerfs olfactifs. Il en conclut, avec raison, que ces deux parties extrêmes ne peuvent avoir existé sans la présence de parties intermédiaires établissant leur continuité. Dans ce cas, l’absence des nerfs olfactifs devient une ■prétendue absence, une simple réduction de ces nerfs. Rien d’étonnant alors que la fonction persiste, l’orgaiie existant réellement quoique atténué.

En supposant même (comme c’est probablement le cas pour l’observation qüe j’ai rapportée, plus haut) que l’appareil olfactif fasse complètement défaut, il n’y aurait pas là une raison suffisante pour déposséder le nerf olfactif de ses fonctions classiques au profit du trijumeau. L’exercice du sens de l’odorat s’explique suffisamment, en effet, par un phénomène de suppléance, suppléance d’un nerf non développé par un nerf voisin : les impressions odorantes, au sortir de l’épithélium olfactif, au lieu de suivre les fibres olfactives, comme cela a lieu d’ordinaire, suivent exceptionnellement les filets du trijumeau et n’en arrivent pas moins, par cette voie détournée, par cette voie suppléante, aux centres corticaux des hémisphères.

§ Il Deuxième paire : Nerf optique

Le nerf optique ou nerf de la deuxième paire est le nerf de la vision . Il s’étend du chiasma optique au globe de l’œil et, par conséquent, occupe successivement la cavité crânienne et la cavité orbitaire. Bien que le nerf optique soit un dérivé du cerveau intermédiaire ou thalamencéphale, constitué par des fibres nerveuses qui, comme nous l’avons vu (voy. t. II), appartiennent réellement au névraxe, nous le considérerons ici comme un nerf ordinaire et le suivrons, comme les autres nerfs crâniens, depuis son origine à la partie antérieure du chiasma, jusqu’à sa terminaison dans la rétine.

1° Origine apparente. — Le nerf optique se détache de -'l’angle antéro- externe du

Le globe de l’œil, vu par son hémisphère postérieur, pour montrer le point de pénétration du

nerf optique [demi-schématique) .

P, pôle postérieur de l’œil. — N, côté interne ou nasal. — T, côté externe ou temporal.

1, méridien vertical. — 2, méridien horizontal. — 3, nerf optique. — 4, 4, vaisseaux et nerfs ciliaires. — 4’, 4’, les deux artères ciliaires longues. — 5, 5’, les deux vasa vorticosa supérieurs. — 6, 6’, les deux vasa vorticosa inférieurs.

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chiasma, dont il constitue le prolongement antérieur. Le prolongement postérieur, comme on le sait, est formé par la bandelette optique.

2° Relations avec les centres nerveux, voie optique. — Voy. t. II, p. 978.

3° Direction et trajet. — Du chiasma, on il prend naissance, le nerf optique se dirige obliquement d’arrière en avant et de dedans en dehors. 11 atteint ainsi le trou ou canal optique, qu’il traverse d’arrière en avant pour pénétrer dans l’orbite.

Arrivé dans cette cavité, il s’infléchit légèrement sur lui-même, en faisant un coude dont la convexité regarde en dehors. Suivant alors une direction à peu près postéro-antérieure, il se porte vers le globe de l’œil et le pénètre.

Le point où se fait l’union du nerf optique avec le globe oculaire ne répond pas exactement au pôle postérieur de ce dernier : il est situé (fig. 46,3), ainsi que nous le verrons à propos de l’œil, à 3 millimètres en dedans de ce pôle et à 1 millimètre au-dessous.

4° Divisions et rapports. — Envisagé au point de vue de ses rapports, le nerf

optique peut être divisé en quatre portions, qui sont, en allant d’arrière en «' avant : 1° une portion intra-cranienne ; 2° une portion intraosseuse ou intra-canaliculaire ; 3° une portion intra - orbitaire ; 4° une portion intraoculaire ou intra-bulbaire De ces quatre portions, la première mesure de 10 à 12 millimètres, la seconde 6 ou 7 millimètres, la troisième 30 millimètres , le quatrième 6 ou 7 dixièmes de millimètre. Au total, la longueur du nerf optique est, en chiffres

Fig.

ronds, de 5 centimè-

Coupe horizontale de l’orbite passant par le nerf optique (sujet congelé) .

(La coupe est grossie de 1/2 diamètre).

1, nert optique, avec : a, sa portion intracrânienne ; b, sa portion canaliculaire ; c, sa portion orbitaire; rf, sa portion ïntra-buibaire. — 2, chiasma. — 3, globe oculaire. — 4. droit externe, avec son nerf. — 5, droit interne, avec son nerf. — 6, ganglion ophthalmique. — 7, glande lacrymale. — 8, carotide interne. — 9, artère oplithalmique son trajet au-dessous et au-dessus de la coupe est figuré en pointillé). — 10, muscle tempor al. — 11, cerveau. — 12, artère cérébrale moyenne, intéressée par la coupe — 13, artère cérébrale antérieure. — 14, sinus sphéno-pariétal de Breschet. — 13, cellules ethmoïdales. — 16, artère centrale de la rétine.

très.

a . Portion intra crânienne. — La portion intra-cranienne, seressentantencore du voisinage du chiasma, est un peu aplatie de haut en bas : elle me-

sure, a sa partie moyenne, 5 millimètres de largeur sur 3 millimètres de hau

NERF OPTIQUE

teur. — En haut, elle répond à la partie externe de l’espace quadrilatère perforé et à la racine blanche interne du nerl olfactif. — En bas, elle repose successivement sur la tente de l’hypophyse et sur la partie externe de la gouttière optique. A sa partie inféro-externe se trouvent la carotide interne et la portion initiale de l’artère ophtalmique. — Nous ajouterons, au sujet des rapports de la portion intra-cranienne, que le rebord supérieur du trou optique est prolongé en arrière par un petit repli falciforme delà dure-mère (voy. Méninges), qui s’étale au-dessus du nerf et que, pour cette raison, on pourrait appeler la tente du nerf optique.

b. Portion intra-canaliculaire . — Nous désignerons sous ce nom la portion du nerf qui se trouve située dans le trou ou canal optique (voy. Ostéol.), entre la cavité crânienne et la cavité orbitaire. En entrant dans ce canal, le nerf optique, jusque-là aplati comme nous l’avons vu, prend la forme d’un cordon cylindrique, forme qu’il conservera désormais jusqu’à sa terminaison. Il mesure environ 3 millimètres de diamètre. Le nerf, dans le canal optique, est solidement uni à la paroi du canal. L’artère ophthalmique, qui traverse avec lui le canal optique, est encore située (fig. 47, 9) à sa partie inféro-externe.

c. Portion intra-orbitaire. — Le nerf optique, en débouchant dans l’orbite, traverse tout d’abord un anneau fibreux, que lui forment les tendons d’origine des quatre muscles droits de l’œil. Puis, quand les muscles droits s’écartent en divergeant et circonscrivent ainsi une sorte de cône ou de pyramide, le nerf chemine assez exactement dans l’axe de cette pyramide.

Toutefois, il n’est pas rectiligne. Si nous le suivons d’arrière en avant, nous le voyons décrire deux courbes (fig. 47 ,c) : une première courbe ou courbe postérieure, à concavité inférieure et interne; une deuxième courbe, ou courbe antérieure, à concavité externe. Il est donc, dans son ensemble, configuré en £ italique et, de ce fait, présente une longueur un peu supérieure à la distance qui sépare en ligne droite le trou optique du pôle postérieur de l’œil. C’est grâce à cette disposition, on le conçoit, que le segment postérieur du globe de l’œil peut à son gré se mouvoir librement et dans tous les sens : le nerf, en effet, redresse ses courbures quand se déplace son point d’implantation oculaire, et sa longueur, ainsi accrue, est toujours plus que suffisante, d’une part pour que le nerf ne gêne en

Fig. 48.

Le nerf optique et ses rapports avec les vaisseaux de l’orbite.

1, carotide interne. — 2. artère oplithalmique. — 3, veine ophthalmique, avec : 3’ son anastomose avec la faciale; 3” son anastomose avec le plexus ptérygoïdien. — 4, artère lacrymale. — 4’, artère centrale de la rétine. — 5, artère musculaire supérieure. — 6, artère musculaire inférieure. — 7, artères ciliaires. - 8, artère ethmoïdale postérieure. — 9, artère ethmoïdale antérieure. — lu, arlère sus-orbitaire. — il, artère palpébrale supérieure. 12, artère palpébrale inférieure. — 13, artère frontale. — 14, artère nasale. — 15, artère et veine faciales.

A, paupières, érignées en dedans. — B, nerf optique. — C, glande lacrymale. — D, sinus frontal. — E, sinus maxillaire.

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rien les mouvements de l’œil, d’autre part pour que ces mouvements de l’œil ne tiraillent jamais le nerf.

Dans la traversée orbitaire, le nerf optique est entouré de toutes parts parle tissu cellulo-adipeux de cette cavité. Il est particulièrement en rapport : 1° avec l’artère ophthalmique, qui croise obliquement sa face supérieure en se portant de

la paroi externe de l’orbite à sa paroi interne ; 2° avec le ganglion ophthalmique, qui s’applique contre sa face externe, à l’union de son tiers postérieur avec les deux tiers antérieurs ; 3° avec les nerfs et les vaisseaux ciliaires, qui se disposent irrégulièrement tout autour de lui ; 4° avec les vaisseaux centraux de la rétine, qui pénètrent dans l’épaisseur du nerf par son côté externe et à 10 millimètres environ en arrière du pôle postérieur de l’œil. Nous reviendrons plus loin sur ces derniers vaisseaux.

d. Portion intr a -bulbaire. — La portion intra-bulbaire répond à la sclérotique et à la choroïde. En pénétrant dans l’orifice que lui offrent ces deux membranes (voy. Œil), le nerf optique, tout en conservant sa forme circulaire, se rétrécit graduellement au point que son diamètre, qui était de 3 millimètres, descend à 1 millimètre et demi. Il s’effile ainsi (fig. 47, d) en une sorte de tronc de cône dont la pointe répond à la lamina cribrosa (voy. Sclérotique). Cette atténuation du nerf, disons-le tout de suite, relève de ce double fait : 1° en partie, de la disparition de la myéline autour de chacune des fibres nerveuses qui le constituent (le nerf au delà de la lamina cribrosa est complètement amyélinique) ; 2° en partie, de la réduction plus ou moins considérable que subit à ce niveau le tissu névroglique du cordon nerveux.

5° Structure. — Envisagé au point de vue de sa structure, le nerf optique nous offre à considérer : 1° le tronc nerveux proprement dit ; 2° les diverses gaines qui l’enveloppent; 3° les vaisseaux centraux de la rétine.

A. Nerf proprement dit : éléments nerveux et éléments de soutien. — Le nerf optique proprement dit est essentiellement constitué par des fibres nerveuses longitudinales, accolées et parallèles, d’où l’aspect en moelle de jonc que présentent les coupes transversales de ce nerf (fig. 51). Ces fibres sont remarquables par leur ténuité : leur diamètre varie d’ordinaire de 2 g à 10 g ; mais il en existe de plus ténues encore, incomparables comme finesse, pour employer l’expression de Schwalbe. Elles appartiennent toutes à la classe des fibres à myéline, comme la grande majorité de celles qui entrent dans la constitution des nerfs cérébro-spinaux. Elles diffèrent, cependant, de ces dernières en ce qu’elles n’ont pas de gaine de Scbwann, se rapprochant en cela des libres nerveuses des centres.

La gaine piale, qui enveloppe le nerf optique et que nous décrirons plus loin, envoie par sa face profonde de nombreuses cloisons conjonctives, les unes relativement épaisses, les autres extrêmement minces, qui s’insinuent entre les fibres nerveuses et les divisent en faisceaux plus ou moins volumineux. Le tissu con-

Fig. 49.

Coupe frontale de l’orbite gauche passant un peu en arrière du globe de l’œil (sujet congelé, segment postérieur de la coupe, T. J.).

«, releveur de la paupière supérieure. — b , droit supérieur. — c, droit inférieur. — rf, droit interne. — e, droit externe. — f. grand oblique.

4, nasal, avec 4’, nasal interne s’engageant dans le conduit orbitaire interne antérieur. — o, lacrymal. — 6, frontal. — 8, artère ophtbalmique. — 10, nerf maxillaire supérieur, avec 10’, son rameau orbitaire.

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jonctif qui forme ces cloisons présenté toujours les caractères histologiques du tissu conjonctif lâche . On ne le voit sur aucun point se disposer en gaines lamelleuses, et le nerf optique, à ce sujet, diffère considérablement des nerfs ordinaires.

Outre les cloisons conjonctives précitées, le nerf optique nous présente encore, comme éléments de soutien, du tissu névroglique, et ceci n’a rien que de très naturel, puisque le nerf optique, nous l’avons déjà dit bien des fois, est une dépendance du névraxe. La névroglie du nerf optique forme tout d’abord, immédiatement au-dessous de la gaine piale, une couche mince mais continue, qui repose directement sur les éléments nerveux : c’est la gaine névroglique de certains auteurs (fig. 51, 7). Elle forme ensuite, dans l’épaisseur même du nerf, un riche réticulum dont les mailles entourent les fibres nerveuses. Aux fibres de ce réticulum se trouvent annexées de nombreuses cellules névrogliques, qui, comme des cellules endothéliales, se disposent souvent en séries le long de la sur-

face externe des faisceaux nerveux. Des cellules analogues sont encore disséminées à l’intérieur des faisceaux (Schwalbe).

Entre les fibres optiques et leurs éléments de soutien, que ces éléments soient conjonctifs ou névrogliques, se trouvent des espaces en forme de fentes : ce sont les espaces lymphatiques du nerf optique (fig. 50). C’est là que circule la lymphe. Ces espaces communiquent, comme l’établissent les injections de Schwalbe et celles d’ÀXEL Key et Retzius,

d’une part avec les espaces lymphatiques qui entourent le nerf (voy. plus loin), d’autre part avec les cavités arachnoïdienne et sous-arachnoïdienne du cerveau.

Fig. 50.

Les espaces lymphatiques du nerf optique, vus sur une coupe transversale du nerf (d’après A. Key et Retzius).

Les espaces lymphatiques, injectés au bleu de Prusse, sont représentés en bleu.

B. Gaines du nerf optique. — Dans le crâne, le nerf optique, placé dans les espaces sous-arachnoïdiens, n’est revêtu que par une enveloppe cellulo-vasculaire, prolongement de la pie-mère cérébrale. Mais, au niveau du trou optique, les deux autres méninges se réfléchissent sur lui et l’accompagnent jusqu’au globe de l’œil. Les portions intra-canaliculaire et intra-orbitaire du nerf optique nous présentent donc, comme le névraxe lui -même, trois enveloppes concentriques, que nous désignerons sous le nom de gaine interne , de gaine moyenne et de gaine externe :

a) La gaine interne ou gaine piale (fig. 51, 6) est une membrane conjonctive, très mince et très délicate, enveloppant le nerf optique sur tout son pourtour et constituant son névrilème proprement dit. Elle est le prolongement de la pie-mère cérébrale et, de ce fait, présente les mêmes caractères histologiques que cette dernière. Rappelons, en passant, que la gaine piale du nerf optique, comme la piemère cérébrale, est doublée sur sa face profonde d’une mince couche de névroglie.

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qui la sépare entièrement des fibres nerveuses. Fuchs, auquel nous devons une bonne description de la gaine névroglique du nerf optique, la considère, mais sans preuves bien convaincantes, comme résultant de l’atrophie des faisceaux nerveux périphériques, qui auraient disparu, ne laissant à leur lieu et place que le réticulum névroglique dans lequel ils étaient contenus.

P) La gaine externe ou gaine dur ale (fig. 51, 4), beaucoup plus épaisse et plus résistante que la gaine interne, présente une structure franchement fibreuse. Elle se confond, en arrière, sur le pourtour du trou optique, avec la dure-mère crânienne, dont elle n'est qu’un prolongement. Sappey a signalé dans la gaine durale du nerf optique l’existence d’un riche plexus de fibres nerveuses à myéline, provenant des nerfs ciliaires.

y) La gaine moyenne ou gaine arachnoïdienne (fig. 51, 5) est une membrane

extrêmement mince, intermédiaire aux deux gaines précédentes. Elle représente, autourdu nerf optique, le feuillet viscéral de l’arachnoïde crânienne (Y arachnoïde des anatomistes allemands).

C. Espaces lymphatiques périoptiques. — Ces esj paces sont au nombre de deux :

Immédiatement au-dessous de la gaine durale, entre elle et la gaine arachnoïdienne, se trouve un espace en forme de fente : c’est l 'espace arachnoïdien ou subdural, représentant ici la cavité arachnoïdienne ou espace subdural des centres encéphaliques. Cet espace lymphatique est tapissé par un endothélium continu et, d’autre part, est cloisonné à l’infini (fig. 51, 8) par un système de tractus conjonctifs très fins, revêtus eux aussi de cellules endothéliales : c’est une séreuse cloisonnée.

En dedans de l’espace arachnoïdien, entre la gaine arachnoïdienne et la gaine piale nous rencontrons un nouvel espace, Yespace sous-arachnoïdien du nerf (fig. 51, 9), lequel se continue en arrière avec les espaces sous-arachnoïdiens du cerveau. Comme ces derniers, il est divisé par un système de trabécules conjonctives diversement entrecroisées en une multitude de cavités ou aréoles, dans lesquelles circule la lymphe. C’est à l’espace sous-arachnoïdien du nerf optique qu’aboutissent directement les divers espaces lymphatiques, espaces péri-fasciculaires et espaces interstitiels, qui se trouvent dans l’épaisseur du même cordon nerveux.

Fig. 51.

Coupe transversale du nerf optique et de ses gaines ( demischématique ).

i, nerf optique proprement dit, avec : 1’ ses faisceaux nerveux; 1”. ses travées conjonctives. — 2, artère centrale de la rétine. — 3, veine centrale de la rétiue. — 4, gaine durale. — 5, gaine arachnoïdienne. — 6, gaine piale. — 7, couche névroglique sous-piale. — 8, espace sous-dural (en bleu). — 9, espace sous-arachnoïdien (en bleu).

D. Vaisseaux centraux de la rétine. — Au voisinage du globe oculaire, le nerf optique s’enrichit de deux nouveaux éléments : l’artère et la veine centrales de la rétine :

NERF OPTIQUE

a) V artère centrale de la rétine , branche de l’ophthalmique, pénètre dans l’épaisseur du nerf par son côté externe et à 10 millimètres environ de la sclérotique. Elle chemine d’abord quelque temps à la face profonde de la gaine piale. Puis, elle gagne obliquement la partie centrale du nerf, qu’elle occupera désormais jusqu’à sa bifurcation au niveau de la papille optique.

P) La veine centrale de la rétine accompagne l’artère homonyme dans tout son trajet et présente naturellement les mêmes rapports. Elle émane du réseau sanguin de la rétine et vient, à sa sortie du nerf optique, se jeter dans la veine ophthalmique supérieure ou bien directement dans le sinus caverneux.

Artère et veine, chacune avec ses vaso-moteurs (le nerf de Tiedmann n’existe probablement pas en tant que rameau isolé et indépendant), sont contenues dans une masse de tissu conjonctif lâche (fig. 51, 2 et 3), dépendant de la gaine piale.

6° Terminaison antérieure du nerf optique. — Le mode de terminaison antérieure du nerf optique nous est nettement indiqué par une coupe, soit horizontale (fig. 52), soit sagittale, intéressant à la fois le cordon nerveux et la paroi oculaire correspondante.

Les faisceaux nerveux , tout d’abord, se dépouillent de leur myéline. Ainsi réduits de volume, ils traversent les mille pertuis de la lamina cribrosa et, arrivés au-devant de cette membrane , s’épanouissent en sens radiaire pour se continuer avec la rétine (voy.

Rétine).

Les gaines et les espaces périoptiques se comportent de la façon suivante (fig. 52). — La gaine dur ale, tout d’abord , arrivée au globe oculaire, s’infléchit en dehors sous un angle de 100 à 110 degrés et se continue sans ligne de démarcation aucune avec les couches

externes de la sclérotique, environ avec les deux tiers externes de cette membrane. — La gaine arachnoïdienne , toujours appliquée contre la face interne de la gaine durale, se continue de même avec les faisceaux fibreux de la sclérotique, à l’union de ses deux tiers externes avec son tiers interne. L’espace subdural, que circonscrivent les deux enveloppes précitées, se termine là en formant un cul-desac. — La gaine piale , au niveau de la lamina cribrosa, s’infléchit en dehors comme la gaine durale et se continue, à son tour, avec les couches internes de la sclérotique : un certain nombre de ses fibres, celles qui sont les plus internes, entrent en relation avec la choroïde. Quant à l’espace sous-arachnoïdien , il se termine

ANATOMIE HUMAINE. — T. III, 6e ÉDIT. 7

Fig-. 52.

Coupe longitudinale du nerf optique à son entrée dans le globe de l’œil (d’après Schwalbe).

a ; sclérotique. — b, choroïde. — c, rétine, avec ses différentes couches. 1, gaine durale. — 2, gaine arachnoïdienne. — 3, gaine piale. — 4, faisceaux nerveux du nerf optique. — 5, couche centrale du tissu conjonctif, avec 6 et 7, la veine et l’artère centrales de la rétine. — 8, lame ci’iblée. — 9, excavation centrale de la papille. — 10, espace subdural. — 11, espace sous-arachnoïdien .

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en cul-de-sac comme le précédent, mais un peu en avant de lui : ce cul-de-sac terminal, comme nous le montre la figure 52, est situé en pleine sclérotique au niveau du plan postérieur de la lamina cribrosa.

7° Vaisseaux du nerf optique. — Le nerf optique reçoit ses vaisseaux de sources multiples. L’artère centrale de la rétine, tout d’abord, abandonne quelques rameaux, toujours fort grêles, à la portion tout antérieure du cordon nerveux. Le reste de sa portion intra-orbitaire est irrigué par les artères ciliaires. Enfin, les deux portions intra-canaliculaire et intra-cranienne reçoivent quelques fines artérioles de la cérébrale antérieure.

§ III. - 1 1 ’ oisième paire : Nerf moteur oculaire commun

Le nerf moteur oculaire commun ou nerf de la troisième paire est le plus volumineux et le plus important des nerfs moteurs de l’œil : il se distribue à tous les muscles de l’orbite, à l’exception de deux, qui sont le droit externe et le grand oblique.

1° Origine apparente. — Ce nerf (fig. 53) naît, par dix à quinze filets, sur le côté interne du pédoncule cérébral, entre la protubérance annulaire et le tubercule

mamillaire. Ces filets radiculaires émergent du névraxe, pour la plupart, au niveau d’un sillon, le sillon de V oçulo-moteur commun, qui longe le bord interne du pédoncule cérébral, tout à côté de l’espace triangulaire perforé. Un certain nombre, cependant, bien décrits récemment par Zander (Anat. Anzeiger , 1896), naissent en dehors des précédents, non plus sur le bord interne du pédoncule, mais sur sa face antérieure ou ventrale. Dans son ensemble, la surface d’implantation des faisceaux radiculaires du moteur oculaire commun représente assez bien un V majuscule (Zander), dont l’ouverture

Fig. 53.

Mode d’émergence du moteur oculaire commun.

serait dirigée en avant'.

1, protubérance. — 2, pédoncule cérébral. — 3, espace interpédonculaire. — 4, tubercules mamillaires. — 5. moteur oculaire commun, avec 5’, sa surface d implantation.

Les filets radiculaires les plus postérieurs sont très rapprochés de la ligne médiane et entrent presque en contact, au niveau de cette ligne, avec les filets homologues du côté opposé. Mais on ne voit jamais les filets de gauche et les filets de droite se fusionner ensemble ou même s’entrecroiser, comme l’ont enseigné à tort un certain nombre d’anatomistes, Varole et Vieussens entre autres.

Envisagés maintenant au point, de vue de leurs rapports réciproques, les filets radiculaires du moteur oculaire commun sont assez bien isolés au niveau de leur origine sur le pédoncule. Mais aussitôt après .leur sortie du névraxe, ils convergent les uns vers les autres pour constituer, par leur réunion, un cordon nerveux unique, légèrement aplati d’abord, puis régulièrement arrondi.

2Û Origine réelle. — Voy. t. Il, Origine réelle des nerfs crâniens (p. 993).

3° Trajet. — En quittant le pédoncule, le nerf moteur oculaire commun se dirige

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