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H — R AMI COMMUNICANTES

Chaque ganglion thoracique est relié à l’un des deux nerfs intercostaux voisins (le nerf situé au-dessus généralement) au moins par un ramus communicant , bien souvent par deux.

Il est encore assez fréquent de voir un certain nombre de ganglions thoraciques recevoir chacun deux racines, l’une du nerf intercostal qui est situé au-dessus, l’autre du nerf intercostal qui est situé au-dessous ; ou, ce qui revient au même, de voir un certain nombre de nerfs intercostaux envoyer chacun au grand sympathique deux rameaux, l’un ascendant pour le ganglion thoracique situé au-dessus de lui, l’autre descendant pour le ganglion thoracique situé au-dessous (fig. 198).

Essentiellement variables, comme on le voit, par leur nombre, les rami communicantes des ganglions thoraciques sont beaucoup plus constantes dans leurs rapports avec les deux organes qu’ils sont destinés à relier : en effet, ils s’échappent toujours du ganglion par son côté externe et suivent ensuite un trajet oblique en dehors pour rejoindre les nerfs intercostaux avec lesquels ils doivent se fusionner.

§ 111. - B RANGHES EFFÉRENTES

Indépendamment de quelques filets fort grêles, qui se portent en dehors sur les artères intercostales (: rameaux externes), toutes les branches efférentes des ganglions thoraciques se dirigent en dedans et se distribuent à des viscères : aussi leur donnerons-nous indistinctement le nom de rameaux internes ou de rameaux viscéraux. Ces rameaux, toujours fort nombreux, se comportent différemment dans la partie supérieure et dans la partie inférieure du thorax :

1° Rameaux efférents supérieurs. — Ceux qui émanent des quatre ou cinq premiers ganglions thoraciques se portent obliquement en bas et en dedans vers la ligne médiane. Us fournissent dans leur trajet :

1° Des filets osseux, qui pénètrent dans le corps de chaque vertèbre dorsale, après avoir traversé le ligament vertébral commun antérieur;

2° Des filets cardiaques, qui se séparent plus particulièrement du premier ganglion thoracique et aboutissent au plexus cardiaque;

3° Des filets œsophagiens , qui se portent vers l’œsophage et se perdent dans les différentes tuniques de cet organe, après s’être anastomosés avec les filets œsophagiens du pneumogastrique ;

4° Des filets aortiques , qui se jettent sur l’aorte;

5° Des filets pulmonaires, qui se rendent au plexus pulmonaire (p. 127) et en partagent la distribution.

On voit parfois les filets aortiques et les filets pulmonaires des trois premiers ganglions thoraciques se réunir en un seul tronc, qui est tout à fait analogue aux

GRAND SYMPATHIQUE

nerfs splanchniques et qu’on peut appeler, avec Cruveilhier, le nerf splanchnique pulmonaire .

2° Rameaux efférents inférieurs. — Les rameaux efférents des sept ou huit derniers ganglions thoraciques se réunissent pour former deux troncs principaux, qui sont le grand nerf splanchnique et le petit nerf splanchnique ;

a. Grand nerf splanchnique.

— Le grand nerf splanchnique (fig. 198, 6) naît des ganglions thoraciques moyens par quatre ou cinq racines. La racine la plus élevée, comme aussi la plus volumineuse, se sépare du quatrième ou du cinquième ganglion et se porte obliquement en bas et en dedans, en suivant le côté correspondant de la colonne vertébrale.

Les autres racines se détachent, soit des ganglions sous-jacents, soit du cordon sympathique qui les unit ; elles se portent également en bas et en dedans et viennent successivement s’implanter sur la première racine. Le point où la racine inférieure vient rejoindre la racine principale répond généralement au corps de la onzième vertèbre dorsale.

Ainsi constitué, le nerf grand splanchnique traverse le diaphragme par un orifice spécial, arrive dans la cavité abdominale et se jette dans l’angle externe du ganglion semi-lunaire correspondant (voy. plus loin, p. 274).

Un peu au-dessus du diaphragme, le nerf grand splanchnique présente quelquefois un petit renflement ganglionnaire, affectant la forme d’une olive, que nous désignerons sous le nom de ganglion de Lobstein (fig. 198,7;.

Fig. 198. — Sympathique thoracique.

A. Sympathique thoracique droit et nerfs splanchniques ( demi-schématique ). — 1, ganglion cervical inférieur du côté droit. — 2, 2, chaîne ganglionnaire thoracique, avec 3, rami-communicantes qui lui viennent de 4, 4’, nerfs intercostaux. — 5, 5, rameaux viscéraux, partant des ganglions thoraciques supérieurs; 5’, rameaux viscéraux, partant du ganglion cervical inférieur. — 6, tronc du nerf grand splanchnique, naissant par quatre racines et présentant sur son trajet, 7, le ganglion de Lobstein. — 8, nerf petit splanchnique. — 9, sa terminaison, par trois branches, ■dans : 10, le plexus rénal; 11, le plexus solaire ; 12, le ganglion semi-lunaire droit. — 13, nerf pneumogastrique droit.

i ’ portion de ce nerf se rendant au ganglion semi-lunaire droit et formant, avec ce ganglion et le nerf grand splanchnique du même côté, l’anse de VVrisberg. — a, œsophagv. — b, aorte. — c, tronc cæliaque. — d, artère mésentérique supérieure. — e , colonne vertébrale. — f, coupe de la première côte. — g , diaphragme. — A, carré des lombes. — i, psoas.

l ^\^SE MÉMORABLE DE WRISBERG. — 1, ganglion semi-lunaire droit. — 2, grand nerf splanchnique, se rendant a 1 angle externe de ce ganglion. — 3, pneumogastrique droit, se rendant à l’angle interne de ce même ganglion.

ANATOMIE HUMAINE. — T. III, 6e ÉDIT.

SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE

Ce ganglion serait constant sur le grand splanchnique droit, d’après Cunningham.

Sperino (1886) a signalé l’existence, sur le trajet du grand splanchnique et aussi du petit splanchnique, de nombreuses cellules ganglionnaires, tantôt disséminées, tantôt réunies en groupes, qui entrent en relation avec les fibres constitutives de ces deux nerfs.

b. Petit nerf splanchnique. — Le petit nerf splanchique (fig. 198,8) est formé par la réunion, de deux ou trois rameaux émanant des deux ou trois derniers ganglions thoraciques. Ce nerf, oblique en bas et en dedans, traverse également le diaphragme un peu en dehors du précédent et pénètre dans la cavité de l’abdomen. Au sortir de son orifice diaphragmatique, il se partage généralement en trois rameaux qui se rendent, le premier au grand nerf splanchnique ou au ganglion semilunaire, le second au plexus solaire, le troisième au plexus rénal.

3° Ganglions semi-lunaires et plexus solaire. — On donne le nom de ganglions semi-lunaires à deux ganglions volumineux, qui occupent la partie postéro-supérieure de la cavité abdominale. Ils doivent leur nom à ce qu’ils affectent la forme d’un croissant à concavité dirigée en haut. On les distingue en ganglion semilunaire droit et ganglion semi-lunaire gauche. Situés symétriquement de chaque côté delà ligne médiane, les ganglions semi-lunaires s’appliquent contre les piliers du diaphragme, un peu en dedans des capsules surrénales, immédiatement au-dessus du pancréas. Ils ont une coloration gris rougeâtre et atteignent ordinairement le volume d’un petit haricot. Comme tous les ganglions périphériques, les ganglions semi-lunaires reçoivent des branches ( branches afférentes) et en émettent (branches efférentes) :

A. Branches afférentes. — Les deux ganglions semi-lunaires reçoivent, par leur extrémité externe, le nerf grand splanchnique, que nous venons de décrire.

De leur extrémité interne partent de nombreux rameaux plexiformes, qui se portent transversalement en dedans et se jettent dans le ganglion du côté opposé, constituant ainsi, entre les deux masses ganglionnaires homonymes, une sorte d’anastomose transversale.

A l’extrémité interne du ganglion semi-lunaire droit aboutit encore la portion terminale du nerf pneumogastrique droit (p. 119). Ce dernier tronc nerveux forme, avec le ganglion semi-lunaire droit et le grand splanchnique du même côté, une longue arcade à concavité dirigée en haut : c’est Y anse 'mémorable de Wrisberg (fig. 198, B), du nom de l’anatomiste qui l’a le premier bien décrite.

Rappelons, enfin, qu’aux deux ganglions semi-lunaire aboutissent encore, au niveau de leur bord supérieur ou concave, quelques rameaux du petit splanchnique et du phrénique.

B. Branches efférentes et distribution. — De la convexité des ganglions semilunaires s’échappent, comme autant de rayons partant d’un centre commun, une multitude de rameaux que nous pouvons considérer comme les branches efférentes du ganglion, les nerfs ci-dessus indiqués constituant ses branches afférentes. Ces branches efférentes des ganglions semi-lunaires divergent dans tous les sens, se croisent et s’entrelacent de mille manières, formant ainsi, au-devant de l’aorte, autour du tronc cœliaque et de l’artère mésentérique supérieure, un vaste plexus auquel on a donné le nom de plexus solaire. Sur les rameaux constitutifs de ce plexus sont disséminées de loin en loin plusieurs petits ganglions, ganglions solaires , comme eux irréguliers de forme et fort variables dans leur nombre et dans leurs dimensions.

GRAND SYMPATHIQUE

Le plexus solaire envoie des rameaux à la plupart des viscères de l’abdomen ainsi qu’aux parois de cette cavité. Ces rameaux, essentiellement viscéraux et vasculaires, présentent cette particularité que, pour se rendre aux territoires organiques qui leur sont dévolus, ils suivent le trajet des différentes artères de la région. Ils se jettent sur ces artères, les enlacent de leurs ramifications mille fois anastomosées, en constituant autour d’elles autant de plexus secondaires. Ces plexus secondaires portent le même nom que les artères qui les supportent ; ils en partagent aussi la distribution.

La distribution du plexus solaire est donc réglée par la distribution même des branches supérieures de l'aorte abdominale. Ce plexus se résout en douze plexus secondaires, savoir :

1° Deux plexus diaphragmatiques inférieurs (un pour chaque côté), qui suivent les artères de même nom et fournissent successivement des filets aux capsules surrénales, à la partie inférieure de l’œsophage et au diaphragme ;

2° Un plexus coronaire stomachique, qui envoie des filets aux deux faces de l’estomac, au cardia et au pylore ;

3° Un plexus hépatique , qui se rend au foie avec l’artère hépatique et qui abandonne sur son trajet, le long des artères pylorique, cystique et gastro-épiploïque droite, les trois plexus pylorique, cystique et gastro-épiploïque droit ; indépendamment des rameaux que lui apporte le plexus hépatique, le foie reçoit encore du plexus solaire plusieurs rameaux qui suivent les parois de la veine porte ; ce deuxième groupe de rameaux hépatiques, que l’on peut appeler plexus de la veine porte, s’anastomose, à la face inférieure du foie, avec les rameaux du plexus hépatique et aussi avec la partie terminale du pneumogastrique gauche;

4° Un plexus splénique , qui accompagne l’artère splénique sans la suivre toutefois dans toutes ses inflexions. Ce plexus se perd dans la rate, après avoir fourni, chemin faisant, de nombreux filets collatéraux qui se portent : a) au pancréas avec les artères pancréatiques (; plexus pancréatique) ; ji) à la grande courbure de l’estomac avec l’artère gastro-épiploïque gauche (plexus gastro-épiploïque gauche) ; y) à la grosse tubérosité du même organe avec les vaisseaux courts (plexus des vaisseaux courts) ;

5° Un plexus mésentérique supérieur, qui enlace étroitement l’artère mésentérique supérieure, pénètre avec elle entre les deux feuillets du mésentère et y décrit une longue courbure dont la concavité regarde à droite. De la concavité et de la convexité de cette arcade partent d’innombrables filets, qui se portent vers l’intestm grêle et la moitié droite du gros intestin, en suivant les uns le trajet des artères, les autres l’intervalle compris entre ces vaisseaux. Parvenus au niveau des arcades que forment les artères mésentériques avant leur terminaison sur l’intestin, ces filets nerveux s’anastomosent entre eux plusieurs fois et sous des angles plus ou moins aigus. Finalement, ils atteignent le tube intestinal et se perdent dans ses diverses tuniques ;

6° Deu x plexus surrénaux , l’un droit, l’autre gauche, qui se portent aux capsules surrénales le long des artères capsulaires moyennes. Ces plexus surrénaux, que viennent constamment grossir des filets émanant du phrénique et du petit splanchnique, présentent un développement considérable, eu égard aux faibles dimensions de l’organe auquel ils sont destinés ;

7° Deux plexus rénaux, l’un droit, l’autre gauche, qui se portent aux reins en suivant l’artère rénale. Un peu moins plexiformes que sur les autres artères, les branches constitutives du plexus rénal s’envoient mutuellement des anastomoses

SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE

à direction oblique, qui circonscrivent des mailles elliptiques très allongées. Le plexus rénal nous présente généralement plusieurs petits ganglions, tout aussi variables par leur nombre que par leur situation : l’un d’eux, de forme oblongue, et un peu plus volumineux que les autres, repose sur la face postérieure de l’artère pénale ; avec Hirschfeld, nous lui donnerons le nom de ganglion rénal postérieur. Avant de pénétrer dans l’épaisseur du rein, le plexus rénal abandonne un groupe de filets ascendants pour la capsule surrénale et quelques anastomoses pour le plexus spermatique ;

8° Deux plexus spermatiques (un de chaque côté), dont les filets se jettent sur l’artère spermatique et viennent se distribuer, bien loin de leur origine, au canal déférent, à l’épididyme et au testicule. Chez la femme, le plexus spermatique est remplacé par le plexus utéro -ovarien, qui se jette sur l’artère de même nom et, avec elle, se rend à l’utérus et à l’ovaire. Constamment, les plexus spermatique et utéro-ovarien reçoivent quelques rameaux de renforcement du plexus rénal, du plexus lombo-sacré et même du plexus hypogastrique.

a). Ram. externes.

b). Ram. internes.

RÉSUMÉ DU SYMPATHIQUE THORACIQUE | Grêles et peu nombreux, se jetant sur les artères intercostales.

Filets osseux .

| Filets cardiaques.

1 Filets œsophagiens.

I Filets aortiques.

* Filets pulmonaires.

/ PI. diaphragmatiques inférrs.

J PI. coronaire stomachique.

I i PI. hépatique.

N. grand splanchnique ..... forment ' FF splénique.

' plexus solaire , PI- de la veine porte.

N. petit splanchnique ( d'où partent f PI. mésentérique supérieur.

! PI. surrénaux.

\ PI. rénaux.

' PI. spermatiques.

Variétés. — Hali.er a vu le grand sympathique s’arrêter au niveau de la sixième côte et se reconstituer un peu au-dessous, au niveau du septième nerf dorsal. — Bichat a observé une interruption analogue entre la portion thoracique et la portion lombaire. — Les Filets internes ou aortico-pulmonaires du sympathique thoracique convergent quelquefois vers de petits ganglions surnuméraires, qui sont situés soit au-devant, soit sur les côtés de l’aorte (Cruveiliiier).

Le nerf grand splanchnique peut pénétrer dans l’abdomen à travers l’orifice aortique du diaphragme (Lobstein) . — Le ganglion de Lobstein fournissait, dans un cas, sept ou huit filets pour le diaphragme ; et, dans un autre cas, trois filets, dont deux se rendaient au plexus solaire et le troisième au plexus mésentérique. — Cruveilhier a vu de potits filets émanés des quatre derniers ganglions thoraciques converger vers un petit ganglion accessoire, duquel partaient de nouveaux rameaux qui retournaient au grand sympathique. — Le même anatomiste a rencontré un autre ganglion accessoire, auquel aboutissaient un filet du neuvième ganglion thoracique et ün rameau du grand splanchnique et qui, d’autre part, fournissait quelques filets destinés à 1 aorte. — On peut rencontrer, mais bien rarement (Kollman, Zeitsch. f. wiss. Zool., 1860, p. 413), un nerf splanchnique supérieur, provenant', suivant les cas, du plexus cardiaque, des ganglions cervicaux, des premiers ganglions thoraciques.

ARTICLE III

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