‹ Traité d'anatomie médico-chirurgicale et topographique, considérée spécialement dans ses applications à la pathologie, à la médecine légale, à l'obstétricie, et à la médecine opératoireChapitre 10 sur 142 · I. RÉGION SPINALE OU RACHIDIENNE · texte numérisé non relu

I. RÉGION SPINALE OU RACHIDIENNE

1° Limites et subdivisions. Etendue du trou occipital au coccyx, et limitée latéralement par le trapèze, les angles des côtes et les gouttières lombaires et sacrées, la région spinale a la forme d’un triangle très-allongé , à sommet inférieuret tronqué. Elle se subdivise en quatre régions secondaires : 1° cervicale ou nuque, 2° dorsale , 3° lombaire, 4° sacrée. Pour éviter les répétitions , j’étudierai d’abord A. Les parties communes , puis B. les parties spéciales.

2° Couches anatomiques. A. Parties communes: 1° La peau

DU RACHIS

est dense et épaisse surtout aux lombes , et très-adhérente au niveau de la ligne médiane à mesure qu’on se rapproche de la partie inférieure , à tel point que les abcès développés d’un côté du rachis fusent rarement de l’autre. En 1836 , M. Marjolin vit sur une femme , à l’hôpital Beaujon , un abcès par congestion à double foyer, avec communication et reflux du pus de l’un dans l’autre sous les téguments de la ligne épinière. Il lit la remarque que c’était le premier cas de ce genre qu’il eût rencontré jusque-là.

A la nuque , la peau est moins blanche qu’à la région cervicale antérieure; en haut, où elle estcouverte de cheveux, ellea tous les caractères des téguments du crâne. On y trouve une dépression dite fossette sous-occipitale , bornée latéralement par la saillie des complexus ; elle est prononcée surtout chez le vieillard. Les exutoires y sont très-bien placés pour agir sur le cerveau et ses membranes; j’en ai tiré de bons effets dansles affections chroniques de l’encéphale et des organes des sens . Le séton veut être appliquéau milieu de la région; l’aiguille doit traverser la peau et plonger jusque dans le tissu sous-cutané , mais sans intéresser les muscles. M. Blandin a vu cette lésion amener le tétanos et la mort. Nous ne partageons pas les doutes que M. Malgaigne élève sur l’efficacité du vésicatoire à la nuque dans les maladies des yeux ; notre expérience , comme celle de tous les praticiens , vient chaque jour sanctionner les avantages de ce moyen.

Audos, la peau contient beaucoup de follicules sébacés (l’un des sièges de prédilection de l’acné simple), et jouit , malgré le petit nombre de ses nerfs, d’une très-grande sensibilité. On a souvent arrêté un épistaxis par l’application d’un corps froid ou de compresses imbibées d’un liquide glacé entre les épaules.

Aux lombes, la peau a plus d’épaisseur qu’en aucun autre point du corps, le talon excepté; elle est in timément unie sur la ligne médiane avec le ligament épineux. Enfin, au niveau du sacrum, elle s’amincit beaucoup et repose presque

immédiatement sur lesos; de là, leseschares qu’y occasionne, chez les malades , le décubitus prolongé.

2° La couche sous-cutanée est cellulo-adipeuse ; plus épaisse supérieurement qu’inférieurement , elle abonde surtout sur les côtés du rachis. Les aréoles cellulaires qui la composent, communiquent toutes entre elles, ce qui explique la facilité avec laquelle les phlegmons se propagent et s’étendent sur tout le côté correspondant de l’épine ; en effet , la résistance des couches sus-jacentes est telle , que le pus des abcès , ne pouvant se faire jour à l’extérieur , se propage de proche en proche jusqu’à une grande distance; de là, la nécessité de porter de bonne heure le bistouri sur le point de départ du mal.

A la nuque, la couche sous-cutanée constitue un pannicule très-dense et très-adhérent à la peau; au dos , où elle abonde , elle est sujette à s’hypertropbier , et peut donner lieu à des loupes énormes. M. Jansou y a opéré un lipome de 10 kilogrammes. Cette couche se continue avec le fascia superficialisducou et de la paroi antérieure du thorax; elle unit fortement la peau sur la crête médiane des apophyses épineuses dorsales. Aux lombes, elle est celluleuse , abondante et lâche surtout vers les flancs ; enfin, au niveau du sacrum , elle est fort mince; il s’y développe rarement des tumeurs.

3° Une lame cellulo-fibreuserecomre tous les muscles; elle est plus prononcée au dos et aux lombes qu’au cou où l’on ne peut la séparer du trapèze. Sur la ligne médiane de la nuque , elle se confond avec le ligament cervical superficiel.

La série des apophyses épineuses du rachis estunie par deux ordres de ligaments: 1° le sur-épineux formé de fibres trèsfortes au cou où il constitue le ligament cervical superficiel et postérieur; 2° le ligament inter-épineux.

B . Parties spéciales. Ceci posé, nousarrivons à la subdivision du rachis en quatre régions secondaires , chacune avec ses considérations particulières.

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