I. Face antérieure ou palmaire
— Couches anatomiques. — 1° La peau, dense /ferme et glabre, présente une foule de papilles nerveuses, et trois plis utiles à connaître en médecine opératoire : l’inférieur est à 1/2 ligne (l mm) au-dessous de l’interligne articulaire; le moyen répond à peu près à la jointure dans le quart de flexion; le supérieur est à 6 ou 8 lignes (6, Blandin; 10 à 12, Malgaignc et A. Bérard) au-dessous de l’articulation nié ta-
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ANATOMIE MÉüICO-CmRUKGICALE.
earpo- plialangienue dans la demi-flexion. — Le pouce, qui n’a que deux phalanges, a néanmoins trois plis cutanés; l’inférieur répond à l’interligne articulaire, et le supérieur à l’articulation métacarpo-phalangienne; le moyen est un peu au-dessous. Ces données servent à guider le bistouri dans les désarticulations.- — L’épiderme est dense, formé de plusieurs couches, et passe à l’état corné chez ceux qui se livrent à des travaux manuels, pénibles; ce qui rend le toucher plus obtus, expose les parties sous-jacen tes à des pressions douloureuses, et à des inflammations qu’aggrave la structure nerveuse et vasculaire du derme.
— 2° La couche sous-cutanée se compose d’une trame celluleuse, dense et serrée, adhérente à la peau, et où les rudiments du fascia superficialis forment des cloisons fibreuses qui logent des vésicules adipeuses; de là une sorte de coussinet élastique , qui sur la phalange onguéale prend le nom de pulpe des doigts. — A. Sur les côtés descendent les artères collatérales, qui, nées des arcades palmaires, deviennent plus antérieures et s’anastomosent par arcades sur la phalangette. La compression peut suffire pour arrêter l’hémorrhagie que fournissent leurs blessures; mais il est plus prudent de les lier, surtout dans les amputations pour des lésions chroniques. — B. Les veines, qui n’accompagnent pas toujours les artères (Blandin), naissent par des ramuscuies fréquemment entrelacés , qui , dans la pulpe , forment un réseau veineux analogue au tissu érectile. — C. Les nerfs collatéraux palmaires , émanés du médian et du cubital , et accolés aux artères , communiquent par des branches transversales, et se perdent dans la pulpe en donnant lieu à un plexus compliqué.
La réunion de tous ces éléments nerveux et vasculaires, dans une trame cellulo-fibrcuse qui bride le développement inflammatoire des parties, les expose à un étranglement, et à la gangrène, etc. Le vivacité des douleurs peut produire le délire , le tétanos , des convulsions. Le pus en-
11ÉÜION DES DOIGTS.
suite peut gagner les gaines tendineuses et fuser au loiu. De là, la gravité des panaris dela2me espèce, et l’urgence qu’il y a à en arrêter les progrès. Boyer veut qu’on débride même avant la formation du pus. Il faudra toujours ménager les gaines tendineuses; on ne doit les ouvrir qu’aillant que la suppuration y aurait pénétré et menacerait de remonter plus haut.
— 3° La gaine ossêo-fibreuse des doigts convertit en canal la gouttière de la face palmaire des phalanges et de leur ligament antérieur. Formé par l’aponévrose palmaire et le ligament métacarpien transverse , elle s’insère sur les bords de chaque phalange jusqu’à la dernière où elle s’unit au tendon du fléchisseur profond. A la racine des doigts, ses libres laissent entr’elles des ouvertures pour le passage des vaisseaux et des filaments celluleux qui s’y engagent, ce qui rend compte de la transmission des inflammations et de la suppuration de l’extérieur à l’intérieur de ces coulisses.
— • 4° Les tendons fléchisseurs ( le pouce n’en a qu’un ) glissent dans ces gaînes-osséo-fibreuses ; celui du fléchisseur superficiel , creusé d’une gouttière pour loger le fléchisseur profond , se bifurque ensuite en deux languettes qui se réunissent de rechef pour former une nouvelle coulisse, puis s’insèrent séparément sur les bords de la phalangine; le fléchisseur profond s’implante en s’aplatissant et s’épanouissant sur le périoste de la phalangette; celle 3e phalange est donc dépourvue de gaînes et de tendons; les débridemenls peuvent y aller jusqu’à l’os ; sur les deux autres cela serait dangereux.
Une synoviale très-humide se déploie sur ces gaînes et leurs tendons , en formant des culs-de-sac fort apparents en haut et en bas ; un de ses replis fixe le tendon du fléchisseur sublime à la lre phalange, et un autre, celui du profond à la 2e. — La 3° variété des panaris consiste dans l’inflammation de ces gaînes. Leur liydropisie n’est pas trèsrare , et se révèle par deux tumeurs qui correspondent aux