CHAPITRE I
De la Hanclie«
La hanche est l’analogue de l’épaule , et forme la base qui lie au tronc les membres inférieurs. Toutefois de la différence de leurs usages dérivent de profondes différences d’organisation : l’épaule, n’ayant à soutenir que le membre thoracique, devait surtout contribuer par sa mobilité à la liberté de ses fonctions. La hanche . servant d’insertion au
membre abdominal destiné à supporter le poids du corps dans la station et la progression , devait surtout offrir une grande solidité. Elle la trouve dans ses connexions avec le bassin ; le seul os iliaque représente ici les deux pièces (clavicule , omoplate) du squelette de l’autre. En avant, la symphyse pubienne établit entre les ilium une soudure directe et immobile qui fournit un point fixe ; tandis que les deux clavicules sont articulées séparément et d’une manière mobile avec le sternum; en arrière , comme en avant , les hanches se joignent également d’une manière immobile à la colonne vertébrale , et forment avec elle un cercle complet, tandis que les omoplates sont séparées des vertèbres par un assez grand intervalle (Béclard). La hanche aura ainsi des limites moins tranchées , mais des rapports plus simples et un nombre plus limité de divisions secondaires. Chez l’homme, elle est moins évasée et par contre a plus de hauteur que chez la femme. L’anatomie topographiqne de la hanche comprend : 1° la région fessière ou pelvi-lrochanlérienne; 3° celle de l’aine; 3° l’articulation coxo-fémorale.
§ I. RÉGION FESSIÈRE OU PELVI-TROCHANTÉRIENNE .
La fesse est la partie supérieure et externe de la hanche ; c’est à tort que M. Velpeau en rapporte l’étude au bassin. Elle est l’analogue des régions du deltoïde et de l’omoplate. — Son développement est un des caractères de l’espèce humaine; formée principalement par un groupe démuselés qui agissent dans la station bipède , elle est beaucoup moins prononcée chez les animaux qui marchent à quatre pattes ( Blandin). Chez la femme , elle est plus grasse et plus rebondie que chez l’homme, où le trochanter et l’ischion font plus de saillie.
La fesse constitue une région naturelle, limitée en haut par la crête iliaque, en arrière par les gouttières sacrées , en
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bas par la rainure du pli de la fesse , en avant par une ligne tirée de l’épine iliaque antéro-supérieure au grand trochanter.
Couches anatomiques. — 1° La peau est dense et fort résistante, d’une apparence rugueuse et comme chagrinée; M. Blandin dit qu’elle est fine, M. Malgaigne prétend au contraire que : « c’est peut-être la plus épaisse que l’on trouve sur le corps humain. » La vérité est qu’elle est moins épaisse qu’au dos et moins fine qu’au ventre et à la poitrine. Elle m’a paru renfermer plus de veinules que dans les autres régions. On y trouve peu de follicules piliféres. Elle est fort adhérente aux tissus sous-jacents; nous verrons plus loin par quel mécanisme elle se fixe autour du grand trochanter. Entre celte éminence et l’ischion , existe une large dépression , plus profonde dans la station debout et pendant la contraction des fessiers. Dans les luxations en arrière , la tête du fémur , en se portant sur l’ilium, tend à faire disparaître cet enfoncement, et déforme le pli de la fesse.
— 2° La couche sous-cutanée est cellulo-adipeuse; elle est très-adhérente à la peau et à l’aponévrose. Elle est traversée de filaments fibreux qui lui donnent plus de fermeté et une sorte d’élasticité , et devient abondante autour de l’ischion où elle représente un coussinet épais, destiné à amortir la pression de la peau dans la station assise. Les froissements qu’elle éprouve rendent compte de la fréquence des furoncles et des abcès qu’on y observe.
— 3° Le développement du tissu cellulo-adipeux souscutané absorbe souvent le fascia superficialis , dont cependant il est toujours possible de reconnaître quelques traces. J’ai trouvé sa texture fibreuse très-apparente chez certains sujets maigres et bien musclés, et parfois la trame précédente est formée de deux couches distinctes, dont la profonde, de nature fibro-celluleuse , est l’analogue ou le rudiment du fascia superficialis.
Au pourtour du grand trochanter, j’ai constaté qu’il s’en
détache des fibres distinctes qui traversent la couche soustégumentaire , et vont s’unir à la peau qu’elles fixent circulairement autour de celte éminence osseuse. C’est le ligament cutané ou suspmseur des téguments.
— 4° L 'aponévrose fessière s’insère à la crête iliaque et au sacrum ; mince en arrière, elle devient forte et dense en avant où elle se confond avec le fascia lata. Elle constitue une gaine incomplète, se dédouble en arrière pour envelopper le grand fessier, et en avant pour fournir une double cloison au muscle du fascia lata.
5° 1er plan musculeux. Le grand fessier (sacro-fémoral) converge obliquement de la crête iliaque , du sacrum et du coccyx , vers le grand trochanter au-dessous duquel son tendon s’implante en s’unissant à l’aponévrose crurale. Il est abducteur de la cuisse qu’il porte dans la rotation en dehors et en arrière.
Entre son tendon et le fémur on trouve une large bourse muqueuse ou synoviale destinée à faciliter le glissement réciproque des parties. Elle peut devenir le siège d’hygroma, d’hématocèle ou d’abcès; à la longue, le pusaltère le périoste et le tissu osseux. La carie du grand trochanter en est parfois la conséquence. Dans mon Mémoire sur les résections du membre inférieur (Gaz. Méd., janvier, 1837), j’ai rapporté l’observation d’unecariedugrand trochanter qui datait de 15 ans, 'et que sa gravité pouvait faire confondre avec une lésion de l’articulation de la hanche. Elle provenait de cette cause. Une résection méthodique en délivra le malade en conservant le membre. J’ajoutais qu’il était facile d’entrevoir la conséquence de pareils faits pour la pratique chirurgicale. Les cas d’en faire l’application se rencontrent plus souvent qu’on ne le pense généralement , parce qu’on ne s’est pas toujours occupé de les distinguer avec soin des maladies propres de la hanche. — J’ai relaté aussi le cas d’un étudiant en médecine qui , depuis \\ ans , était affecté d’une altération osseuse de ce genre. La maladie avait débuté par