‹ Traité d'anatomie médico-chirurgicale et topographique, considérée spécialement dans ses applications à la pathologie, à la médecine légale, à l'obstétricie, et à la médecine opératoireChapitre 111 sur 142 · GS · texte numérisé non relu

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de s’y engager. C’est en dedans des vaisseaux que descend presque toujours la tumeur herniaire (99 fois sur 1Ü0, selon M. Blandin); elle n’est pas en rapport immédiat avec la veine , que sa cloison en sépare.

En divisant en 5 parties l’arcade de Poupart, longue d’environ 5 pouces , on a remarqué que, en dehors 3/s sont occupés par les muscles psoas et iliaque , avec le nerf crural ; en dedans, l/s par le ligament de Gimbernat, et au centre 1/5 par l’anneau crural , qui aurait ainsi 1 pouce de gueule.

Aux éléments déjà connus de cet anneau il faut ajouter les suivants : — Derrière et sous l’arcade de Fallope, en remarque la bandelette ilio-pubienne qui correspond au ligament inguinal externe d’Hesselbach. Née du tiers antérieur de la crête iliaque , elle descend en dedans , couchée à plat entre le fascia iliaca et le bord inférieur des trois muscles abdominaux, jusqu’au côté externe des vaisseaux cruraux, où elle se bifurque; une partie passe en avant et l’autre en arrière des vaisseaux. L’antérieure se rend à la partie Gimbernaliquedu pubis et à son angle. Du mêmepointde l’os s’élèvent quelques fibres ligamenteuses résistantes, quelquefois même musculaires, qui se fixent à 1 pouce plus haut derrière les parois abdominales, et doivent pousser en dehors du ventre les tumeurs herniaires ou autres qui existent dans le trajet du canal inguinal (Verpillat, Thèse , Paris, 1834 , n° 281). Si nous considérons que le ligament ilio-pubien est simplement accolé au fascia iliaca , dans sa moitié externe , on concevra qu’une hernie puisse se faire entre ces deux parties, et parla même en dehors des vaisseaux cruraux. Hesselbach fils en cite deux cas, où la tumeur, rapprochée de l’épine iliaque , en dehors des vaisseaux , était en rapport avec le ligament iléo-pubien et le fascia lata en avant, et le fascia iliaca en arrière. Ce sont là des faits exceptionnels dont l’anatomie topographique donne la clef.

Le ligament pubien de A. Coopéra acquis beaucoup d’importance depuis un nouveau mode de débridemenl. « Le

pubis, dit-il, est recouvert par une expansion aponévrolique qui forme , au-dessus de la ligne iléo-pectinée (1), une lame libreuse, remarquable pai"sa force, et qui de l’épine du pubis se prolonge en dehors sur cette ligne. » Ce ligament est couché en bas et en arrière , sur la branche horizontale du pubis; inséré à l’éminence iléo-pectinée et à l’épine du pubis , il est à cheval , pour ainsi dire , sur la crête du pubis , mais sans y adhérer , comme le croyait A. Cooper. La distance qui les sépare de l’os varie suivant l’état de laxité ou de gonflement du ventre ; dans ce dernier cas , il se tend, prend une direction presque verticale, et peut s’élever audessus du pubis jusqu’à 3 ou 4 lignes; si bien que sa section pourrait alors donner un dégagement suffisant, et se faire même sans toucher au ligament de Gimbernat. M. Verpillat a combiné ces deux débridements ( Thèse, p. 9).

Le ligament de Gimbernat répond au ligament interne de l’anneau crural; c’est une plaque fibreuse, triangulaire, formée par le pilier réfléchi du grand oblique, muscle dont l’arrangement aux environs du pubis a quelque analogie avec celui des fibres du grand pectoral aux environs de l’ais-

(1) La distance, dit A. Cooper, qui sépare la symphyse pubienne de l’épine iliaque antérieure et supérieure est de S pouces '/* à 6 pouces; en supposant une ligne tirée d’un de ces points à l’autre, la moitié interne répondrait à l’os pubis, la moitié externe à l'os iliaque. A 1 pouce '/% environ de la symphyse, le pubis présente à sa partie antérieure et supérieure une tubérosité, ou, comme on l’a improprement appelée, une épine ( épine du pubis). De celte éminence , on voit partir une ligne qui s’étend obliquement en arrière et en dehors, le long de la partie supérieure du pubis, jusqu’à sa jonction avec l’os ilium. Cette ligne , qui concourt à former le rebord du bassin , a reçu le nom de ligne iléo-pectinée ( crête iléopectinée). — A 13 lignes environ en dehors de l’épine du pubis, se trouve, à la partie supérieure de l’os, une dépression destinée au passage de Tarière fémorale, de la veine et des lymphatiques. En dehors, cette dépression est limitée par une saillie qui indique la réunion du pubis avec l'ilium et qui s’étend au-dessus de la cavité cotyloide ( (IF.uvr . Chirurg., Iraduct. franr. ).

RÉGION Dli L’AINE. 691

selle. Ce ligament est tendu presque horizontalement dans la position verticale du tronc; une de ses faces, inclinée en bas, regarde l’aponévrose du pecliné; l’autre , inclinée en arriére et en haut , est doublée par le fascia transversalis , qui est réellement une de ses parties constituantes. Son sommet répond à l’épine du pubis. De ses bords , l’un est continu à l’aponévrose du grand oblique, et au fascia transversalis, et de plus (nous devons ici l’ajouter) à la bandelette ilio-pubienne ; l’autre s’insère, non à la crête iléopectinée, comme on l’enseigne généralement, mais au ligament pubien de A. Cooper. De cette disposition résulte un plus grand écartement après la division opérée sur un point de ce contour fibreux. Le côté externe , ou la base du ligament de Gimbernat, concave et falciforme, se dirige en dehors et regarde la veine iliaque externe , qu’elle n’atteint cependant jamais. L’ouverture crurale se trouve ainsi considérablement rétrécie. Le ligament de Gimbernat correspond en avant à l’arcade de Poupart dans une étendue de 18 à 19 lignes (40à42mm); en arriére , au ligament pubien , dans une étendue de 10 à 12 lignes (22 à 27nim); terme moyen, son bord antérieur est distant du ligament de Cooper de 6 lignes (13mm), et du rebord de l’os de 9 lignes (20mm), ce qui donne 3 lignes (6mm) à gagner par le débridement. — Au reste, il offre beaucoup de variétés individuelles; d’ordinaire il a 6 à 10 lignes (13 à 22 mm) d’étendue. M. J. Cloquet lui a parfois trouvé une texture celluleuse; il est susceptible de s’érailler; M. Laugier a opéré une hernie crurale qui s’était faite à travers ses fibres. Ce sont là des cas anormaux. Je l’ai toujours trouvé dense et aponévrotiquê.

L’ouverture de l’anneau n’est pas libre et perméable; elle est fermée par un mince diaphragme , cellulo-fibreux, découvert par A. Cooper qui l’a nommée fascia propria de la hernie crurale ; c’est le septum crurale de M. J. Cloquet. Né de tout le pourtour de l’anneau , il s’étend en travers

692 ANATOMIE MÉUICO-CUIUIKGICALE.

sur cct orifice , ce qui l’a fait nommer aussi fascia Iransversalis du canal crural. Il s’unit en dehors à la gaine des vaisseaux et au tissu lamineux qui entoure l’artère épigastrique; en dedans, au ligament de Gimbernat ou au tissu cellulaire qui le tapisse. 11 s’étend ainsi , au-dessous du péritoine dont il est revêtu, sur le [asciailiacae tles ligaments de A. Cooper et d’Hesselbach. Il est percé de trous pour le passage des lymphatiques, ce qui l’a fait considérer comme une lame criblée interne. De ces ouvertures la plus grande, qui est centrale, est traversée d’ordinaire par un ganglion lymphatique allongé, et peut à peine admettre l’extrémité du petit doigt qui se trouve étranglé par elle comme par un anneau fibreux élastique. Le sac de la hernie crurale tantôt pousse devant lui le septum crural, tantôt s’engage par unede sesouvcrtures qui peut devenir cause d’étranglement.

2° Le canal crural commence à l’anneau que nous venons de décrire. MM. Manec et P. Bérard ont nié son existence : « Aucun canal , écrit ce dernier, ne fait suite à celte ouverture; elle aboutit aussitôt, en dehors de l’aponévrose fascia lata, au-devant du muscle pectiné; en sorte que le nom d 'anneau crural devrait lui être réservé; et l’on pourrait sans inconvénient supprimer l’expression de canal crural qui désormais ne peut plus s’appliquer arien. » ( Dict . 1832, Y. — 30.) M. Laugier est de cet avis ( ib. 1835, X — 97 ). Mais à ce compte, il n’existerait pas même d’anneau, tel que l’entendent ces auteurs. Cet orifice n’est point libre; nous avons fait voir son mode d’occlusion. Quant au canal , son existence est facile à démontrer, avec M. J. Cloquet. Ce qui a pu conduire à l’opinion opposée, c’est que sa paroi interne est trois fois plus courte que l’externe , que l’ouverture de la saphène y offre une coupe oblique , et qu’il y a de nombreuses variétés individuelles. Ce canal çst triangulaire, comme son anneau; ses angles toutefois sont tellement arrondis qu’ils lui donnent une forme elliptique. La direction combinée des axes de son (rajetetde ses deux ouvertures

est celle d’une courbe dont la concavité , tournée en haut , en dedans et en avant, embrasserait le bord inférieur de l’arcade crurale. L’axe de son ouverture supérieure se porte en bas et en avant ; sa partie moyenne offre un trajet sensiblement perpendiculaire; tandis que l’axe de l’ouverture inférieure est dirigé en dedans et eu avant ( Blandin). La connaissance de ces lignes éclaire sur la direction à donner aux efforts du taxis.

Le périmètre du canal crural est d’autant plus grand qu’on l’examine plus près de l’arcade , ce qui l’a fait comparer à un entonnoir. Il est en général moins long et plus large chez la femme que chez l’homme , ce qui aide à expliquer la plus grande fréquence de la hernie fémorale chez elle. Hesselbaeh a trouvé à l’anneau , qu’il appelle lacune interne pour les vaisseaux cruraux, un diamètre transversal de 1 pouce (27 mm) chez la femme, et 1/2 pouce seulement (13 mm) chez l’homme; par contre, chez ce dernier, il est un peu plus étendu d’avant en arrière ; d’où il suit qu’un bassin aussi large que celui de la femme et aussi haut que celui de l’homme offrirait le plus de chances pour la production de la hernie crurale ( Malgaigne). A. Cooper dit en effet l’avoir vue plutôt chez celles qui ont le bassin évasé et les épines iliaques proéminentes. Remarquons aussi que, en même temps, le canal inguinal est plus grand dans notre sexe que dans l’autre.

La longueur du canal varie; en dehors on l’évalue à 1 pouce ou 1 pouce 1/2 (27 à 40 mra); en dedans elle ne dépasse pas 6 lignes ( 13 mm). Il sera démontré plus loin pourquoi la moyenne générale est difficile à établir.

De ses trois parois , l 'externe est formée par la cloison des psoas ; la postérieure parle feuillet profond du fascia lata qui glisse au-devant du pectine et va s’insérer à la crête du pubis; enfin l’ antérieure par le feuillet superficiel du fascia jata qui , fixé à l’arcade et étalé en toile mince , est percé d’une foule de trous que traversent des lymphatiques et des nerfs ( lame criblée , fascia crebriformis ) ; c’est là qu’on trouve l’orifice inférieur du canal.

3° L 'orifice inférieur (lu canal crural ( orifice externe ; fosse ovale , de Scarpa: ouverture cutanée, de Blandin ; repli falci forme, d’Allan Burns; lacune externe pour les vaisseaux cruraux, d’Hesselbach) a été diversement décrit. A ce niveau , le feuillet superficiel du fascia lata offre un bord concave , dont une pointe va se fixer à l’épine du pubis et l’autre en dehors de l’embouchure de la saphène; c’est le repli faici forme d’AUan-Burus; l’ouverture qu’il circonscrit est l’orifice inférieur du canal, dont la coupe oblique, analogue à celle d’une plume à écrire , fait que sa paroi antérieure est beaucoup plus courte que sa postérieure. Cet orifice correspond à un espace que Scarpa nomme fosse ovale , et Hesselbacli , lacune externe des vaisseaux cruraux. Toutefois cet orifice n’est pas libre; il est fermé par un diaphragme; le repli falciforme n’est pas naturellement distinct , il se continue en dedans avec un feuillet aponévrotique percé de trous pour le passage des vaisseaux lymphatiques; ce qui lui a valu le nom de fascia crebri forme (J. Cloquet), lame criblée du fascia lata (Thomson). Il ne serait pas exact de dire avec M. Blandin : « Le canal crural est constitué par la partie la plus élevée de la gaine des vaisseaux fémoraux , et par conséquent il se continue en bas avec le reste de celle gaine. »

( Jnatom. topogr., 1834 , page 350. ) Nous avons fait voir qu’il en est distinct; ajoutons que la lame criblée est manifestement interrompue par l’embouchure de la saphène interne, ce qui ne saurait convenir à une gaine vasculaire ; cette embouchure veineuse forme son orifice inférieur et sa terminaison.

Cet orifice se dirige en dedans et en avant; sa forme est ovalaire; sou contour est constitué par le tascia la (a. Remarquons au reste que cette ouverture n’est point libre; elle est entièrement remplie par la saphène; on peut en outre démontrer, avec Béclard , que le repli falciforme envoie sur le tronc veineux un prolongement celluleux , analogue au fascia que j’ai appelé septum inguinal externe. On

pourrait désigner celui-ci sous le nom de septum crural externe. Ln hernie peut sortir par l’embouchure de la saphène* Rèclard et M. J. Cloquet ont eu de nombreuses occasions de le constater. Mais fréquemment aussi le sac s’échappe par une des ouvertures qui livrent passage aux lymphatiques. Hesselbach et Langenbeck en ont fait dessiner plusieurs cas. — Je dois signaler une particularité peu connue , c’est que le fascia crebriformis , qu’on regarde comme une lame celluleuse et faible, est parfois fort et résistant, et se laisse distendre sans se déchirer. A. Thomson et M. Verpillat ont disséqué un sujet où il était dilaté sans rupture par une hernie crurale du volume d’un gros œuf de poule. Il était tellement dense que le doigt poussé de dedans en dehors avec force ne put le rompre. La tumeur possède alors une enveloppe de plus. On répète partout que le plus ou moins d’épaisseur de ce feuillet, et le plus ou moins grand nombre des orifices dont il est percé , influent beaucoup sur la fréquence et la facilité des hernies. Il serait plus exact de borner cette influence à la marche de la hernie dans le canal et à sa protrusion au dehors. On comprend maintenant que la longueur du canal crural dépend delà hauteur à laquelle la saphène interne va s’ouvrir dans la crurale; on la limite entre 6 et 15 lignes ( 13 et 33 mm ). Cela varie beaucoup; j’ai rencontré des cadavres , où cette étendue allait à prés de 2 pouces. Voilà pourquoi on ne peut donner de moyenne juste. — D’après ce que j'ai dit, cette longueur ne mesure pas toujours le parcours de la hernie, 1° parce que le canal se raccourcit ici , à la longue , comme le trajet inguinal ; 2° parce que la tumeur peut émerger par d’autres points , en général plus élevés.

La hernie crurale présente plusieurs espèces , comme l’inguinale, suivant qu’elle se fait jour 1° à travers une éraillure du ligament de Gimbernat; 2° dans la gaine des vaisseaux cruraux ; 3° en dehors de cette gaine, par un des points que nous avons signalés, d’après Hesselbach et Richter; 4° M. J.

Cloquet l’a vue s’opérer entre le pectiné et le feuillet profond du fascia lata; 5° enfin , la plus commune est celle qui s’engage par le canal crural proprement dit. Encore ces espèces ne sont-elles établies que d’après le mode seul selon lequel la hernie pénétre dans le canal et sans tenir compte de leurs variétés de sortie.

Elle offre deux degrés qui veulent être distingués, comme pour l’inguinale. — 1 0 Hernie crurale interstitielle ou incomplète. Les viscères s’enfoncent dans le canal , le dilatent ainsi que son anneau , et peuvent descendre jusqu’à l’embouchure de la saphène en formant une tumeur profonde et allongée. A. Cooper a disséqué trois cadavres qui en présentaient des exemples et chacun des deux côtés à la fois. La dilatation qu’a dû subir l’anneau interne et la forme infundibulaire du canal rendent la réduction aisée, et l’étranglement rare. Le taxis doit s exercer suivant la direction connue du canal. Si le sac s’étrangle , ce ne peut être qu’à l’anneau supérieur. — En se développant , la tumeur repousse devant elle 1° le péritoine; 2° le tissu sous-péritonéal; 3° 1 e. septum crural interne , le tissu celluleux et les lymphatiques qui se trouvent à l’entrée. — Telles sont ses enveloppes auxquelles il faut ajouter 4° la lame criblée , Ô° le fascia superficialis , et la peau avec son paunicule adipeux. — J’appliquerai à ce 1er degré les remarques pratiques qui ont été développées pour la hernie inguinale interstitielle, c’est qu’ici le bandage doit comprimer, outre la fosse ovale, le trajet crural. — 2° hernie crurale complète. Une fois sortie par un des orifices du fascia crebriformis , la hernie s’épanouit à l’extérieur; le sac herniaire acquiert un volume disproportionné relativement à son collet; de là une nouvelle difficulté pour la réduction , à ajouter à celle du changement de direction ; difficulté qui augmente suivant que l’ouverture de sortie est plus ou moins éloignée de l’arcade de Fallope. Le taxis doit être fait suivant le sens 1° de l’anneau externe, c’est-à-dire d’avant en arrière et un peu de dedans en dehors ; — 2° dans le sens du canal ,

c’est-à-dire obliquement en haut et en arriére; il est rare qu’une impulsion unique suffise , comme on l’a dit , sur l’axe de l’anneau , à savoir en haut et un peu en dehors et en arrière. Nous avons développé plus haut les règles générales du taxis méthodique (p. 335). Sans parler du collet du sac, l’étranglement peut siéger ici endeux endroits, je veux parler des deux orifices. Les enveloppes de la tumeur sont les mêmes que pour le 1er degré, excepté que le plus ordinairement le fascia crebriformis se déchire. On a récemment beaucoup trop multiplié ces couches; il est impossible de les distinguer sur le vivant, ce qui est le point capital. En général, on comprend dans l’incision du pli cutané le 1er feuillet du fascia superficialis. On rencontre alors les ganglions lymphatiques , le 2mc feuillet souvent confondu avec le fascia crebriformis quand il a résisté , elle septum crural. Il est rare de trouver 1 à 2 pouces (27 à 54 mm) d’épaisseur à la couche sous-cutanée, comme l’a vu M. J. Gloquet; mais il est assez commun de voir le tissu sous-péritonéal se charger de graisse , ce qui simule une épiplocèle. En débridant en dehors du pédicule on s’exposerait alors à réduire une hernie étranglée par le collet du sac.

Il est des moyens de relâcher un peu les anneaux de manière à favoriser la réduction par l’attitude du malade. Voici les corollaires des expériences que j’ai tentées sur le cadavre pour éclairer ce point : 1° anneau crural interne. J’ai trouvé que la position qui relâche le mieux cet anneau , consiste dans la rotation de la cuisse en dedans, en même temps qu’on la porte dans la flexion et un peu dans l’abduction . — Ce résultat tout à fait nouveau m’a frappé; Scarpa, le seul auteur à ma connaissance qui ait fait à ce sujet des expériences sur le cadavre, avait seulement constaté que l’anneau se relâche quand on fléchit la cuisse et qu’on porte le genou en dedans, mais il n’a pas même entrevu l’influence de l’abduction combinée, comme je l'indique, avec la rotation en dedans. Mon procédé mérite quelque attention. — En portant le doigt

698 ANATOMIE MÉDICO-CUIRIJRGICALE.

dans l’anneau, on sent une constriction prononcée quand on étend le membre en arrière et en dehors, comme cela arrive quand on soulève les lombes sur un coussin. C’est donc une mauvaise position pour le taxis et la herniotomie, qu’il convient en général de proscrire. Je me suis bien trouvé de l’attitude combinée que je signale. — 2° Orifice externe. J’ai reconnu que ce qui lui procure le plus grand relâchement , c’est de fléchir légèrement la cuisse , en même temps qu’on la porte très-peu dans l’adduction , mais fortement dans la rotation en dedans. Scarpa n’avait vu que la flexion et l’adduction ; or on comprendra que la disposition du ligament falcil'orme qui fait la limite externe de la fosse ovale , ne doit pas comporter une adduction complète, qui pourrait le tendre. La rotation en dedans évite cet inconvénient et remplit mieux le but. Remarquons que la lame criblée se tend à peu près dans les mêmes circonstances que l’aponévrose crurale dont elle est une dépendance; et ce qui précède nous fait concevoir comment la tension du fascia lata, qui déprime évidemment l’arcade de Poupart, peut réagir jusque sur les anneaux.

Je signalerai ici la source d’une méprise qui pourrait avoir des suites fâcheuses. Le gros ganglion qui est placé à l’entrée du canal a été pris pour une hernie ; deux fois j’ai été appelé en consultation par des confrères qui, sentant cette tumeur, croyaient la réduction de la hernie incomplète et craignaient l’imminence d’une opération. Jai éclairé le diagnostic en explorant l’anneau par derrière , à travers les parois abdominales. On sentira alors qu’aucun pédicule herniaire ne s’y engage.

4° Rapports vasculaires. La question du débridement domine tous les procédés de herniotomie, et la valeur de ceuxci s’apprécie par les rapports vasculaires. — L’étranglement siége-t-jl à l’orifice externe? il faut ménager en bas la saphène, et en dehors la crurale; il reste une large ellipse accessible au bistouri. Siége-t-il au contraire à l’orifice interne? le problème change. L’artère épigastrique a son origine à

KÉGION DE L’AINE.

environ 9 lignes (20 ra,n) en dehors du centre de l’anneau, puis elle se dirige transversalement en dedans, côtoie l’anneau à une distance de 4 lignes (9 mm) et parfois moins; aussi risque-t-on de la léser en débridant en haut et en dehors. Est-il bien vrai qu’on ait vu quelquefois l’épigastrique naître de l’obturatrice et passer derrière le ligament de Gimbernat? Meckel attribue à une faute d’impression ce qu’on lit à ce sujet dans Hesselbach. MM. P. Bérard et Blandin n’ont jamais vu cette anomalie qui pourrait être l’occasion d’accidents fâcheux dans l’opération de la hernie fémorale.

L’artère obturatrice naît en général de l’bypogq^trique ou d une de ses branches, sans connexion avec l’anneau; mais souvent elle provient de l’iliaque externe ou de l’épigastrique. M. P. Bérard dit avoir rarement examiné 5 ou 6 cadavres de suite sans en trouver un qui présentât cette variété d’un côté ou des deux. Si elle sort très-bas de l’épigastrique, elle se recourbe de suite derrière le pubis pour gagner le trou sous-pubien, et n’a rien à craindre dans la herniotomie; mais si elle en naît plus haut , elle descend derrière le ligament de Gimbernat, et peut être ouverte par l’incision en dedans.

Voici, d’après M. J. Cloquet, un tableau de ces anomalies :

2° De l’épigastrique ou de la crurale.

1° De l’hypogastrique

4° De l’épigastrique des deux côtés

6” De la crurale

3° De l’iiypogastrique des deux côtés . . 160

Total .... 500

Total

191 hommes.

157 femmes.

58 hommes.

94 femmes.

87 hommes.

73 femmes.

21 hommes.

35 femmes.

15 hommes.

13 femmes.

2 hommes.

4 femmes.

Il en résulte que l’obturatrice sort de l’épigastrique dans le tiers environ des cas : : 3 : 7 , et que cette anomalie est plus fréquente chez la femme : : 94 : 58 surun total deÔ00,etc.

L’ artère spermatique ou testiculaire croise l’artère épigastrique en dehors de l’anneau , s’engage dans le canal inguinal, et repose sur le ligament de Fallope , au-dessus de l'anneau crural , à une distance de 6 lignes (1 3 mœ), selon A. Cooper, et de 3 lignes (6 mm) seulement, suivant Scarpa, de sorte qu’un débridement de plus de 3 lignes de bas en haut exposerait à l’ouvrir. Chez l’homme , la lésion de ce vaisseau et du canal défèrent, outre les dangers de l’hémorrhagie, entraîne l’atrophie et la perle du testicule ; il paraît que cet accident est arrivé à Arnaud. Mais ici j’établirai une distinction : chez l’homme, cette méthode est périlleuse; mais, chez la femme, la lésion du ligament rond n’entraîne pas des désordres sérieux; or, c’est précisément chez elle qu’on observe la hernie crurale, et qu’on a à l’opérer. D’ailleurs un débridement unique, étendu , n’est pas la meilleure méthode. A. Cooper, pour éviter la lésion du cordon, ou du ligament rond, divise l’aponévrose du grand oblique, au-dessus de l’arcade de Fallope, met à nu ces organes, qu’il soulève, et débride ensuite. Ce procédé ne met pas à l’abri de l’hémorrhagie dans les anomalies de l’obturatrice , et a l’inconvénient grave de produire une sorte d’éventration.

Dupuytren débridait en haut et en dehors; dans ce procédé, le bistouri marche à la rencontre de l’épigastrique , et peut tomber sur une obturatrice anormale. « Il fallait, dit M. Blandin , toute l’habileté de son auteur pour ne pas causer d’accidents. » Dans un cas , il ouvrit la spermatique (Yerpillat). Gimbernat, Scarpa, Hey, Hesselbach , Lawrence, débrident en dedans sur le ligament de Gimbernat, ce qui permet d’éviter l’épigastrique, le cordon spermatique et le ligament rond ; l’obturatrice seule reste exposée à la lame , dans les cas rares où elle glisse derrière cette aponévrose; Scarpa croyait que cette anomalie n’arrivait pas

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